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Construction et entretien des petits ports de pêche et débarcadères de village (FAO)

Texte: J.A. Sciortino
Illustrations: J.A. Sciortino, A. Barcali, M. Carlesi

Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture Rome, 1996

Les appellations employées dans cette publication et la présentation des données qui y figurent n'impliquent de la part de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites.

Catalogage avant publication de la Bibliothèque David Lubin

Sciortino, J.A. Construction et entretien des petits ports de pêche et débarcadères de village (Collection FAO: Formation, n° 25)
ISBN 92-5-203609-1

1. Pêche artisanale 2. Port 3. Construction de bâtiments 4. Entretien
I. Titre II. Série III. FAO, Rome (Italie)

Code FAO: 05 AGRIS: N01

Tous droits réservés. Aucune partie de cette publication ne peut être reproduite, mise en mémoire dans un système de recherche documentaire ni transmise sous quelque forme ou par quelque procédé que ce soit: électronique, mécanique, par photocopie ou autre, sans autorisation préalable du détenteur des droits d'auteur. Toute demande d'autorisation devra être adressée au Directeur de la Division des publications, Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, Viale delle Terme di Caracalla, 00100 Rome, Italie, et comporter des indications précises relatives à l'objet et à l'étendue de la reproduction.

© FAO 1996

Note de la rédaction

Construction et entretien des petits ports de pêche et débarcadères de village est le dernier ouvrage de la série des manuels de formation réalisés par le Service de la technologie des pêches de la FAO. Il a été élaboré du fait que, dans bon nombre de pays en développement, on réclame, avec de plus en plus d'insistance, des installations plus sûres, plus propres et de meilleure qualité pour les bateaux de pêche, et notamment pour les petites embarcations utilisées par les populations qui pratiquent la pêche artisanale.

Pendant l'élaboration du manuel, la FAO a entrepris de formuler un Code international de conduite pour une pêche responsable, où figureraient, entre autres, certains principes directeurs relatifs aux ports et débarcadères destinés aux bateaux de pêche. On y précise en particulier qu'il importe que les autorités compétentes se conforment aux normes et aux directives concernant la conception, la construction et l'entretien de ces ports et débarcadères, de manière à:

· offrir des abris sûrs aux bateaux de pêche;

· assurer un approvisionnement convenable en eau douce;

· prendre des dispositions adéquates au plan sanitaire;

· mettre en place des systèmes d'élimination des déchets (notamment des hydrocarbures et de l'eau qu'ils polluent);

· éliminer la pollution due à des sources extérieures (activités autres que la pêche);

· éliminer la pollution due à des activités liées à la pêche;

· proposer des installations d'entretien adéquates aux navires, aux vendeurs et aux acheteurs;

· faire figurer, dans les programmes de maintenance, le suivi de l'incidence sur l'environnement des activités accomplies dans ces installations;

· se conformer aux conventions pertinentes concernant la pollution du milieu aquatique;

· assurer, le cas échéant, la liaison avec les autres utilisateurs dans le cas d'installations qui ne sont pas exclusivement réservées à l'industrie de la pêche.

Le présent manuel servira d'ouvrage de référence pour ce qui est de l'annexe des Directives pour des activités de pêche responsables.

Préface

Bon nombre de ports de pêche actuels ont d'abord été des abris pour navires pratiquant une pêche artisanale. Lors de l'aménagement de ces abris, une utilisation judicieuse des particularités naturelles existantes, telles que zones abritées, vastes plages ou embouchures de cours d'eau, permettra de transformer plus aisément et à moindres frais ces abris en ports de pêche convenables.

Le présent ouvrage a été rédigé dans l'intention d'aider les petites communautés de pêcheurs à faire le meilleur usage possible de leurs ressources en vue d'aménager des abris sûrs et commodes, en gardant à l'esprit que ces abris pourraient un jour faire l'objet d'améliorations.

La bonne compréhension de certaines parties de cet ouvrage nécessite des connaissances élémentaires en mathématiques, et le lecteur sera peut-être amené à solliciter l'aide d'un enseignant ou d'un moniteur. A cet égard, le chapitre 9 précise les conventions de représentation, les dimensions et les unités de poids employées dans le présent ouvrage.

Le matériel requis pour mener à bien les travaux décrits ci-après se divise en deux catégories:

· le matériel coûteux, qu'il conviendra d'emprunter ou de louer à un entrepreneur ou dans un entrepôt central d'Etat (services d'un opérateur compris);

· le matériel relativement bon marché, que la communauté peut acheter et qui sera utilisé par les personnes désignées.

Cet ouvrage peut aussi s'avérer utile dans les écoles où l'on enseigne la pêche et dans le cadre de la formation de «capitaines de port» à l'échelon du village.

La FAO souhaiterait vivement savoir ce que les lecteurs pensent du présent ouvrage (langue, style, illustrations, etc.). Les commentaires, critiques et opinions des lecteurs nous permettront d'améliorer la qualité de nos prochaines publications. A cet effet, veuillez nous communiquer vos réflexions à l'adresse suivante: Service de la technologie des pêches, Division des industries de la pêche, Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, Viale delle Terme di Caracalla, 00100 Rome, Italie.

1. Trouver un emplacement idéal

Un emplacement idéal devrait en principe offrir les avantages suivants:

· une protection totale ou partielle contre les tempêtes et les vents dominants;
· une profondeur variant de 1,5 m à 3 m, assurant un accès facile depuis la ligne du rivage;
· un accès convenable du côté des terres pour les piétons ou les automobiles.

Il devrait en outre offrir si possible les avantages suivants:

· une faible amplitude des marées;
· de bonnes possibilités d'échouage volontaire à proximité (plage de sable);
· l'absence d'algues.

Toutefois, comme cela se produit souvent, cet emplacement idéal, qui correspond à une crique sablonneuse bien protégée, ne répond pas toujours aux besoins des pêcheurs locaux, parce que cet abri potentiel est trop éloigné du village. Dans ce cas, il ne reste plus qu'à utiliser au mieux les particularités du milieu local.

Lorsqu'on étudie un emplacement, ce sont cependant les trois premières conditions qui décident du coût éventuel de l'aménagement d'un abri. Si l'emplacement n'est pas protégé contre les vents dominants et les tempêtes qu'ils engendrent, il faudra consacrer davantage d'argent à sa protection en édifiant un brise-lames plus volumineux et solide; par contre, si l'emplacement est convenablement protégé, un appontement est souvent suffisant. Si l'eau est trop profonde, les ouvrages seront tous volumineux et coûteront plus cher; en revanche, si elle ne l'est pas assez, il faudra procéder à des dragages réguliers pour assurer l'accès à l'abri.

Il est inutile de dire que l'emplacement doit être également accessible du côté des terres. Parfois, un simple sentier suffit, mais il est généralement nécessaire de disposer d'une route praticable pour les petits camions en toutes saisons.

Il n'existe pas deux emplacements identiques. Les cas évoqués ci-après ne sont que quelques exemples simplifiés qui sont uniquement destinés à faciliter le choix d'un emplacement approprié pour l'édification d'un quai ou d'un appontement.

Plage exposée

Beaucoup de communautés de pêcheurs sont établies sur une vaste plage exposée (de 1 km ou plus) faisant face à l'océan (figure 1). Dans ce cas, le seul débarcadère convenable est un débarcadère de plage ou, si les vagues incidentes ne sont pas trop grosses, un simple appontement sur pieux établi n'importe où sur la plage la plus proche du village.

Il convient d'observer avec attention la zone où les vagues se brisent. L'appontement ne doit pas atteindre cette zone, car les vagues, en se brisant contre lui, endommageraient toute embarcation qui y serait amarrée. Lorsque les vagues sont importantes (plus de 2 m de haut), l'appontement doit être très solide pour résister à leur action. Aucun ouvrage plein (un brise-lames, par exemple) ne doit être construit sur une plage sablonneuse, car il empêcherait le libre mouvement du sable et pourrait même entraîner la disparition de la plage en quelques années. Si la construction d'un brise-lames est néanmoins jugée indispensable, il convient alors de prendre auparavant l'avis d'un expert.

Baie sablonneuse

La figure 2 présente une petite baie sablonneuse flanquée de deux promontoires. Ces promontoires rocheux constituent une bonne assise pour la construction d'un petit quai et d'un abri contre les vagues engendrées par les vents dominants. Deux quais, construits de part et d'autre du promontoire, permettraient d'affronter tous les temps, puisque les pêcheurs pourraient utiliser le côté sud ou le côté nord selon l'orientation des vagues. Il faut éviter d'édifier tout ouvrage plein qui déborderait sur la plage sablonneuse.


Figure 1 Appontement édifié sur une plage donnant sur le large


Figure 2 Faire le meilleur usage possible des particularités naturelles du rivage


Figure 3 Exploitation des récifs naturels figure 3a


Figure 3b


Figure 3c


Figure 3d


Figure 4 Emplacements les plus propices à l'édification d'un débarcadère sur un cours d'eau à méandres

Récifs

Il est très courant de trouver des récifs le long de certaines côtes et sur les îles coralliennes. En règle générale, un brise-lames ne doit pas être édifié sur le récif, car de grosses vagues pourraient l'arracher (figures 3a et 3b). Outre qu'elles démoliraient le brise-lames, les vagues disperseraient les pierres sur une large zone, ce qui rendrait la navigation dangereuse.

Un brise-lames en pierre doit être construit en arrière du récif (figure 3d), où il bénéficie de la protection de ce dernier. Si la zone située entre le récif et le rivage n'offre pas une marge de sécurité d'environ 30 à 50 m, il faut envisager d'ancrer un mur de béton dans le récif (figure 3c). Toutefois, s'il s'agit d'un récif constitué de corail vivant, on doit s'efforcer de le préserver dans son état naturel, ce corail étant l'une des principales sources du matériau (sable) accumulé sur le rivage; il convient alors de choisir un autre emplacement. Un récif de corail mort assure, quant à lui, une piètre protection car, sous l'effet des vagues, il finira par se désagréger et se transformer en sable, laissant ainsi le rivage entier exposé à l'action de la houle. Le corail vivant, à l'inverse, se reconstitue en permanence.

Rives des cours d'eau

La figure 4 indique les emplacements appropriés d'un débarcadère sur un cours d'eau à méandres (sinueux). Les cours d'eau transportent en général des tonnes de limon et de sable en suspension, notamment pendant les crues. Ce limon et ce sable se déposent aux endroits où le courant ralentit. Dans un coude, l'eau coule plus lentement dans la partie intérieure de la courbe, ce qui amène le limon et le sable à s'y déposer. Au contraire, dans la partie extérieure, la grande vitesse du courant fait que la rive est en permanence soumise à l'érosion, ce qui empêche tout dépôt limoneux. Quoique ce courant rapide rende la navigation plus difficile, la modicité des coûts de dragage peut faire la différence entre un débarcadère commode, accessible toute l'année, et un débarcadère qu'il faut draguer en permanence à grands frais.

Embouchures

Les embouchures des cours d'eau assurent généralement une bonne protection contre le mauvais temps. Elles ont cependant tendance à se déplacer, en particulier dans les plaines côtières soumises à des moussons actives. Il faut dans ce cas apporter une attention particulière au choix de l'ouvrage et à son emplacement par rapport à la ligne de rivage actuelle.

Il convient en outre de préserver toute espèce de végétation présente le long du littoral envisagé (notamment les mangroves), car il s'agit là du seul moyen naturel de maîtriser le tracé de la côte.

2. Faire un relevé d'emplacement

Un relevé d'emplacement consiste à «geler» un paysage sous forme de carte, comparable à la photographie obtenue au moyen d'un appareil photographique. Toutefois, à la différence de la photographie, le relevé fournit beaucoup plus de données que ne pourrait en enregistrer l'œil.

Pourquoi un relevé d'emplacement est-il indispensable?

Dans le passé, beaucoup d'abris artisanaux ont été construits dans des emplacements appropriés sans que l'on accorde une attention particulière à des facteurs environnementaux tels que la hauteur des vagues, la présence de récifs non portés sur les cartes, les courants, les algues ou l'amoncellement de sable.

Toutefois, bon nombre des problèmes mineurs causés par ces facteurs se sont maintenant transformés en problèmes majeurs. Ainsi, certains abris ont été envahis par les algues parce que l'entrée de l'abri était orientée dans la mauvaise direction. D'autres se sont envasés car ils étaient édifiés directement sur une plage, ou bien ils sont simplement devenus inaccessibles par mauvais temps, les récifs étant trop proches de la passe d'entrée.

En conséquence, il est indispensable d'effectuer un relevé complet d'emplacement si on souhaite que l'abri ou le débarcadère puisse remplir sa fonction sans occasionner de problèmes de maintenance dans des conditions normales d'utilisation.

En quoi consiste un relevé d'emplacement?

Un relevé d'emplacement bien fait consiste à élaborer les documents suivants:

· Carte topographique. Elle indique tous les détails pertinents du terrain à proximité de l'abri envisagé (village, chemins, routes, puits, lignes électriques, plage, affleurements rocheux, végétation, etc.).

· Carte bathymétrique. Elle donne les profondeurs marines à l'intérieur et autour de l'abri envisagé, sous forme de quadrillage ou de courbes de niveau.

· Relevé des marées. Il s'agit d'un annuaire indiquant les niveaux maximaux et minimaux de la marée à l'emplacement envisagé.

· Relevé des courants de marée. C'est une carte qui indique la présence, l'emplacement, la direction et la force des courants de marée.

· Relevé de la hauteur des vagues. Cette table indique la direction, la fréquence et l'intensité (ou la hauteur) des vagues dans la zone envisagée.

Quelles sortes d'instruments faut-il employer pour mener a bien un relevé?

Il faut plusieurs sortes d'instruments pour effectuer un relevé convenable. Ces instruments ont été divisés en deux groupes: le groupe A et le groupe B.

Le prix de tous les articles des groupes A et B varie considérablement selon le pays d'origine, la marque, etc.

Les instruments du groupe A sont très onéreux; ils doivent être loués ou empruntés au bureau local des travaux publics ou à un entrepreneur. Il est préférable de s'assurer les services d'un opérateur ou d'un géomètre relevant du même bureau. Les instruments du groupe A sont illustrés aux figures 5 à 9.


Figure 5 Théodolite


Figure 6 Niveau

· Le théodolite (figure 5) est l'instrument de base pour mesurer les lignes et les angles sur de grandes distances. A l'origine, il s'agissait d'un simple appareil d'optique, mais de nos jours, la plupart des théodolites comportent un dispositif électronique de mesure de distance. Pour ce qui nous occupe, il suffit de disposer d'un simple instrument d'optique.

· Le niveau (figure 6) est le deuxième instrument en importance de tout géomètre. Il sert à mesurer la différence de niveau de deux points éloignés.


Figure 7 Trépied (groupe A)

· Le trépied (figure 7) sert simplement de support au théodolite ou au niveau. On utilise généralement un seul trépied pour ces deux instruments. Lorsqu'on emprunte un théodolite ou un niveau, il faut s'assurer que le boulon de fixation du trépied s'adapte bien aux deux instruments, car certaines marques ne sont pas interchangeables; par exemple, on peut y fixer le théodolite, mais pas le niveau. Dans ce cas, il faut se procurer un trépied pour chaque instrument.

· La mire (figure 8) s'utilise exclusivement avec le niveau. Si le niveau est neuf, la mire qui l'accompagne sera numérotée dans le bon sens (chiffres à l'endroit); si le niveau est plus ancien (20 ans ou plus), la numérotation peut être inversée (chiffres à l'envers). Les nouvelles mires sont en métal, et les anciennes en bois. Vérifiez la graduation; la mire doit être graduée en mètres.


Figure 9 Sondeur à écho


Figure 10 Goniomètre à réflecteur


Figure 11 Ruban à mesurer

· Le sondeur à écho (figure 9) utilisé pour effectuer un relevé diffère de l'appareil utilisé sur les bateaux de pêche pour repérer le poisson. Il s'agit d'un instrument de précision servant uniquement à mesurer la profondeur de l'eau. Les services hydrographiques, les services de travaux publics et les autorités portuaires se servent d'ordinaire de ce type d'appareil pour surveiller l'envasement des chenaux d'accès des grands ports. Un appareil portatif de cette sorte est habituellement livré avec une paire de câbles de batterie spéciaux, une tête de transduction indépendante, un ou deux rouleaux de papier thermique et une pointe de rechange. Il fonctionne à l'aide d'une batterie d'automobile de 12 volts bien chargée.

Les articles du groupe B sont assez bon marché et certains peuvent même être fabriqués sur place à l'aide de matériaux peu coûteux. Quelques instruments du groupe B sont illustrés aux figures 10 à 16.

· Le goniomètre à réflecteur (figure 10) sert à mesurer des déplacements angulaires de 90° par rapport à une ligne droite tracée sur le sol.

· Les rubans à mesurer en fibres ou en plastique (figure 11 ) ont généralement une longueur de 20, 30, 50 ou 100 m, et leur prix varie considérablement. Un ruban en acier est plus précis, mais il nécessite davantage d'entretien et coûte très cher. Pour ce qui nous occupe, un ruban en plastique suffit.


Figure 12 Boussole


Figure 13 Jalons

· Une petite boussole à main à bain d'huile (figure 12) sert à prendre des relèvements ou des caps par rapport à des repères permanents (relief, extrémité d'une île, etc.) lorsqu'on observe des phénomènes naturels tels que vent, vagues ou courants.

· Les jalons (figure 13) sont de simples pieux colorés utilisés pour tracer des lignes sur le sol. On peut soit les acheter en bloc, soit les fabriquer à l'aide de tronçons de tube droit longs d'environ 1,5 m, sur lesquels on peint des bandes rouges et blanches (larges de 150 mm, comme l'illustre la figure 13).


Figure 14 Ligne à flotteurs


Figure 15 Chaîne de sonde

· Une ligne à flotteurs (figure 14) consiste en une corde en polypropylène de 6 mm de diamètre munie de petits flotteurs rouges en liège espacés de 5 m et de flotteurs de couleurs différentes espacés de 10, 20 ou 50 m. Elle sert à mesurer les distances en mer à partir d'un point fixe du rivage. Habituellement, ces lignes mesurent environ 200 m de long et sont enroulées sur un tambour ou dans un panier de pêche rond.

· Une chaîne de sonde ou ligne de sonde (figure 15) est une chaîne légère ordinaire, munie d'un poids de 1 kg à son extrémité. Elle doit être graduée à des intervalles de 100 mm et sert à mesurer la profondeur de l'eau.

On peut la fabriquer très facilement à l'aide d'une chaîne métallique ordinaire, d'étiquettes en plastique et de fil de fer. Le poids est normalement en plomb.


Figure 16 Autres articles

· La figure 16 présente divers articles qui peuvent être achetés ou fabriqués. Les piquets servent à fixer des marques de grande dimension dans le sol. Il est souvent nécessaire de se procurer de la peinture rouge ou blanche pour pouvoir peindre des marques lorsqu'il n'est pas possible d'utiliser des piquets, par exemple sur un mur en pierre ou un arbre. Les flotteurs et leurs poids morts permettent de repérer certains points en mer.


Figure 17 Bateau de relevé

· Enfin, il faut disposer d'un bateau (figure 17) pour mesurer la profondeur au large. Il est préférable que ce soit un bateau en bois relativement lourd, de sorte qu'il résiste aux vents latéraux. Les bateaux en fibre de verre ont tendance à dériver très facilement. Lorsqu'on utilise une chaîne à main, il faut avoir une paire de rames. L'équipage doit être composé de trois personnes: le pilote, l'homme de chaîne et un assistant qui note les mesures.

Mise en train du relevé

Comme il a déjà été souligné, nous supposerons qu'en cas de location ou d'emprunt d'un théodolite, d'un niveau ou d'un sondeur à écho, l'établissement concerné fournit également un opérateur qui se charge de faire fonctionner l'instrument.


Figure 18 Utilisation d'une ligne à flotteurs pour déterminer la position de chaque sondage (bateau B)

Carte topographique

Une carte topographique doit être établie par un spécialiste. Le relevé topographique étant une opération compliquée, le présent ouvrage ne donnera pas d'informations détaillées à ce sujet.

Carte bathymétrique

Une carte bathymétrique est un plan du fond marin. Chaque courbe de niveau correspondant à une profondeur donnée est représentée par une ligne sur laquelle la profondeur en mètres est clairement indiquée. Le relevé effectué pour obtenir la carte bathymétrique est appelé relevé hydrographique.

La mesure effective de la profondeur constitue la partie la plus facile d'un relevé hydrographique. Le principal problème consiste à savoir à quelle distance du rivage se trouve le bateau lorsque la profondeur est mesurée.


Figure 19 Méthode des rayons utilisée pour déterminer la position des sondages

Ainsi, le bateau A de la figure 18 est dépourvu de point de référence par rapport à la côte. Le bateau B. par contre, utilise une ligne à flotteurs étalonnée (figure 14) pour déterminer sa position par rapport au rivage (dans ce cas, 20 m sur la ligne droite joignant le piquet et la bouée).

La ligne à flotteurs doit être installée ou mise à flot entre deux points, à savoir un piquet planté sur le rivage et une bouée flottant au large (figure 18). La position du piquet planté dans le sol est facile à déterminer et doit être rapportée à la carte topographique du rivage proche de l'abri envisagé.

La méthode des rayons et celle des lignes parallèles sont deux techniques simples de détermination de la position de la bouée à laquelle doit être fixée la ligne à flotteurs.

· La méthode des rayons (figure 19), que l'on considère comme la plus simple des deux, est parfaitement adaptée à un espace restreint, par exemple lorsqu'on travaille à partir d'un rocher isolé situé au large ou d'un promontoire. Il faut à cet effet disposer d'un théodolite et d'une vingtaine de bouées.

La méthode consiste à placer le théodolite dans un endroit favorable qui puisse être facilement rapporté au relevé topographique. On met alors en place, à environ 200 m du théodolite, une série de bouées à des intervalles angulaires égaux (5° ou 10°, par exemple), de manière à obtenir, en plan, un éventail. Après avoir fixé une extrémité de la ligne à flotteurs au piquet planté au-dessous du théodolite, on attache l'autre extrémité aux diverses bouées formant cet éventail. Connaissant la position du piquet planté dans le sol et l'angle que fait chaque bouée avec une marque ou un repère fixe (poteau électrique, gros arbre, côté d'un bâtiment, etc.), les profondeurs peuvent être reportées au bon endroit sur un plan, où elles dessinent un éventail.

· La méthode des lignes parallèles (figure 20) est indéniablement plus précise, mais elle nécessite beaucoup plus de travail de préparation. Il faut disposer d'un goniomètre à réflecteur, de deux jalons, d'une dizaine de piquets et de bouées, et d'un ruban à mesurer de 100 m. Cette méthode consiste à tracer, le long de la plage, une ligne droite de référence de 100 m de long ou plus, et de placer un jalon à chacune de ses extrémités. Le long de cette ligne et en partant d'une des extrémités, on plante des piquets à des intervalles de 5 m en terrain accidenté et de 10 m en terrain plat (plage). A l'aide du goniomètre à réflecteur, on place alors des bouées au large perpendiculairement à chaque piquet. Là encore, on attache une extrémité de la ligne à flotteurs à chacun des piquets et l'autre extrémité aux bouées correspondantes. Après avoir rapporté la ligne de référence au relevé topographique, on est en mesure de reporter les profondeurs au bon endroit sur un plan.

Il est toujours judicieux de poursuivre le relevé sur une certaine distance (de 50 à 100 m) de part et d'autre de l'abri ou du débarcadère envisagé.

On peut mesurer la profondeur réelle de l'eau en immergeant simplement la chaîne de sonde (figure 15) tous les 5 ou 10 m. La personne qui manipule la chaîne indique à haute voix la profondeur mesurée à un autre membre de l'équipage, qui note ces chiffres dans l'ordre voulu. Cette méthode permet d'obtenir un quadrillage fondé sur de simples mesures ponctuelles (figure 21).

Si on dispose d'un sondeur à écho et d'un opérateur expérimenté, la profondeur réelle est alors enregistrée par l'instrument lui-même sur un rouleau de papier spécial. Dans ce cas, l'opérateur seul embarque avec le pilote dans le bateau de relevé qui va et vient le long des lignes à flotteurs graduées. On obtient ainsi un profil continu du fond enregistré sur la bande de papier. Sur cette bande, la profondeur peut être arrondie au demi-centimètre le plus proche.

Lors de l'établissement d'une carte bathymétrique ou d'une carte à quadrillage, il faut se rappeler quelques points importants:

La chaîne de sonde, lorsqu'elle a atteint le fond, doit demeurer verticale, ce qui suppose que le bateau reste immobile pendant la mesure. S'il y a de forts courants de marée dans la zone étudiée, il faut alourdir le plomb en y ajoutant des poids supplémentaires.

· Si on utilise un sondeur à écho, il est préférable de procéder en progressant vers le rivage plutôt que vers le large (figure 20). En effet, en entamant sa progression vers le rivage, par exemple à 50 m du flotteur, le pilote est mieux à même de mener le bateau parallèlement à la ligne flottante.

· Il faut éviter d'effectuer ces mesures les jours de tempête ou de grand vent, ainsi que durant les périodes de flux et de reflux dans les zones à fortes marées. La mer doit être parfaitement calme.

· Dans les zones rocheuses, avant que les lignes à flotteurs ne soient retirées, il est recommandé qu'un nageur muni de lunettes explore le fond le long de ces lignes et repère les épaves et les affleurements rocheux immergés. Il facilitera leur repérage en mettant en place de petits flotteurs à proximité et mesurera la profondeur de l'eau au-dessus de l'obstacle. L'emplacement de ces flotteurs sera ensuite reporté sur la carte après une série de relèvements effectués depuis la ligne de référence au moyen du théodolite.


Figure 20 Méthode des lignes parallèles utilisée pour déterminer la position des sondages


Figure 21 Sondages reportés à l'aide de la méthode des lignes parallèles (le signe + indique la présence d'un affleurement rocheux situé au-dessus du niveau moyen de la mer; les profondeurs sont exprimées en millimètres)

Une carte à quadrillage détaillée (figure 21) suffit d'ordinaire pour le travail courant effectué sur la côte. A l'échelon local (village), il est déconseillé d'essayer de transformer une carte à quadrillage de ce genre en une carte en courbes de niveau; cette tâche doit être accomplie par un géomètre du bureau des travaux publics. Si le relevé a été effectué à l'aide d'un sondeur à écho, l'opérateur est tout désigné pour interpréter l'enregistrement sur bande et élaborer la carte en courbes de niveau.

Relevé des marées

Il est possible que vous soyez obligé de demander l'aide d'un géomètre ou d'un agent de vulgarisation expérimenté pour bien comprendre la suite des relevés.

Il est essentiel de bien faire la distinction entre «marée» et «courant de marée». La marée est un déplacement périodique vertical du niveau de la mer, alors qu'un courant de marée, même engendré par la marée, est un mouvement périodique horizontal.

Les marées influent sur la profondeur de l'eau en un endroit donné; les courants de marée influent sur les routes des navires.

Par suite du cycle solaire, on enregistrera les marées hautes maximales et les marées basses minimales (les marées de vive-eau) au moment de la nouvelle et de la pleine lune, et les marées hautes minimales et les marées basses maximales (les marées de morte-eau) au moment du premier et du dernier quartier de la lune. Les marées obéissent donc à deux cycles distincts: des fluctuations du niveau de la mer entre les marées de vive-eau et les marées de morte-eau deux fois par mois lunaire (29 jours), et des oscillations du niveau marin entre marée haute et marée basse deux fois par jour lunaire.

Il s'agit là d'une explication succincte du phénomène des marées. D'autres facteurs entrent bien entendu en jeu. Il faut aussi tenir compte du fait que les orbites de la terre et de la lune sont elliptiques et non circulaires, ce qui exerce un effet saisonnier (équinoxe) sur l'amplitude de l'onde de marée (marée astronomique). Par ailleurs, le vent et la pression barométrique ont une influence aléatoire sur les marées: un vent soufflant vers le rivage a généralement tendance à amplifier la marée, alors qu'un vent soufflant vers le large a tendance à l'atténuer. De plus, un vent qui souffle dans la direction vers laquelle progresse la crête de l'onde de marée a tendance à hâter le moment de la marée haute, et vice versa. L'amplitude de la marée peut varier de 100 mm à plusieurs mètres. Dans la plupart des pays, on peut se procurer des annuaires des marées en s'adressant aux services hydrographiques ou aux autorités portuaires.

Les marées jouent un rôle essentiel dans la sécurité de la navigation. Tout navigateur, qu'il soit pêcheur ou capitaine de ferry, se demande constamment quelle est la profondeur de l'eau sous son bateau.

Pour que les navires puissent naviguer en toute sécurité dans les ports aménagés par l'homme, toutes les profondeurs sondées sont rapportées au zéro des cartes ou au niveau de basse mer de vive-eau, et les hauteurs terrestres au niveau de pleine mer de vive-eau.


Figure 22a Marées


Figure 22b Méthodes permettant de mesurer leurs fluctuations

Pour établir un annuaire des marées propre à une zone ou à un village côtier particulier, on n'a besoin que d'une simple échelle de marée installée dans un endroit relativement calme. Cette échelle de marée (également appelée «marégraphe>) peut être facilement fabriquée à l'aide d'un tube en acier ou en plastique, ou d'une perche, sur lequel on fixe un morceau de ruban à mesurer en plastique; un mètre de couturière fait parfaitement l'affaire (figure 22b).

Dans une zone sableuse, le tuyau ou la perche est placé verticalement dans un baril que l'on remplit de béton ou de pierres et qu'on enfouit dans un endroit assez calme où la lecture du niveau ne soulève pas de difficulté. Dans une zone rocheuse, le poteau ou le tuyau doit être bétonné dans une cavité du rocher. Il convient de confier l'installation de l'échelle de marée à un géomètre équipé d'un niveau et d'une mire. De l'observation du niveau de la mer quelques jours avant et après une nouvelle lune, on peut déduire le niveau de basse mer de vive-eau - le point le plus bas atteint par le niveau de l'eau - et installer l'échelle de marée en conséquence. En plaçant le zéro du ruban à mesurer à ce niveau, on peut ainsi enregistrer les variations des marées dans toute leur amplitude. Une fois l'échelle de marée installée, il faut prendre note du niveau de la mer à intervalles réguliers, par exemple toutes les heures, pendant deux mois et reporter ces informations dans un annuaire, en indiquant l'heure, la date et les conditions météorologiques.

Relevé des courants de marée

Le phénomène des marées décrit ci-dessus engendre des courants de marée, qui sont des mouvements périodiques horizontaux de l'eau. Si ces mouvements sont nuis ou négligeables en haute mer, ils sont souvent importants dans les zones côtières caractérisées par un déplacement vertical appréciable.


Figure 23 Influence de la forme de la côte sur la direction et le sens d'un courant de marée côtier

Les courants de marée résultent essentiellement d'une variation de niveau des eaux. La vitesse moyenne de ces courants est fonction de la hauteur moyenne de l'onde de marée montante. En haute mer, où cette hauteur est faible, la vitesse est minime ou négligeable, alors qu'elle est élevée dans les zones où la hauteur de l'onde est importante. Tout obstacle au mouvement de va-et-vient d'un courant de marée modifie la direction et la vitesse de ce courant. C'est ainsi qu'un courant de marée qui rencontre un promontoire est dévié autour de lui et voit généralement sa vitesse augmenter localement juste après l'obstacle (figure 23). Le courant contourne le promontoire et est dévié dans la baie, ce qui engendre un courant remontant de direction et de vitesse indéterminées. Dans la baie proprement dite, la dispersion de l'effet du courant et le fait que la force effective s'exerce d'un promontoire à l'autre et laisse des eaux relativement immobiles entre les deux ont pour conséquence de réduire la vitesse.

En l'absence de marées, de faibles courants marins peuvent être engendrés par de fortes tempêtes. Ces courants, bien qu'ils ne soient pas aussi puissants que les courants de marée, doivent être néanmoins observés avec soin, car ils transportent habituellement des algues arrachées au large.

Les courants rendent généralement la navigation plus difficile mais pas impossible. Toutefois, lorsqu'ils charrient des algues ou des épaves flottantes (et notamment des troncs d'arbres et des végétaux amenés par les cours d'eau), il est impossible de naviguer, les algues venant se prendre dans les hélices. Les épaves ou les débris flottants peuvent aussi s'avérer gênants lorsqu'ils s'accumulent dans les ports sous l'effet d'un courant de marée ou d'un courant marin dominant.

La force d'un courant peut être mesurée en chronométrant le temps qu'il met pour parcourir une distance connue le long de la côte ou pour traverser une baie. On peut se servir d'un simple flotteur constitué d'un bidon lesté par un contrepoids placé à environ 1 m au-dessous de la surface de l'eau (figure 24) en vue de mesurer la force d'un courant. Lorsqu'on mesure des courants en mer, il faut prêter attention aux points suivants:

· la direction générale et la durée des tempêtes ou des vagues, si les courants sont engendrés par ces phénomènes;

· en cas de présence d'algues, le nombre d'heures de tempête au terme desquelles ces algues sont apparues;

· en cas de présence d'épaves flottantes ou de bois flotté, le lieu de leur échouage; il arrive en effet fréquemment que ces débris s'accumulent en abondance dans une baie ou en un point particulier, qu'il convient donc d'écarter comme emplacement possible d'un port éventuel.


Figure 24 Flotteur constitué d'un simple bidon

Relevé de la hauteur des vagues

Pour déterminer la nature précise des diverses sortes de vagues parvenant jusqu'en un point donné du rivage, il existe trois méthodes différentes:

· mesure sur place au moyen d'un dispositif électronique spécial - la bouée enregistreuse de vagues - , qui peut être loué (services d'un opérateur compris) pour une durée déterminée à une société privée ou à un laboratoire public;

· prévision fondée sur des techniques statistiques utilisant des modèles de prévision à postériori qu'on peut exécuter sur ordinateur, si on dispose de données sur les vents relatives à la zone considérée.

· observation sur place au moyen de simples instruments d'optique, comme le théodolite

Les deux premières méthodes donnent des résultats très précis, mais sont très coûteuses; on les réserve d'ordinaire aux projets d'envergure nécessitant des données précises sur les vagues. La troisième méthode n'est pas très précise, mais elle est relativement bon marché et correspond mieux au dessein du présent manuel. Elle ne diffère de la première méthode que par un seul aspect: l'observateur.

Dans la première méthode, l'observateur est un appareil électronique permettant de procéder à un enregistrement continu au large, c'est-à-dire là où les vagues ne subissent pas encore l'influence du rivage. A l'inverse, dans la troisième méthode, l'observateur est un simple géomètre qui utilise un théodolite installé en un point stratégique et sûr pour observer les vagues proches du rivage. Les hauteurs de vagues ainsi mesurées sont donc altérées et ne sont exploitables que dans le cas de petits projets.

Aménagement d'un point d'observation des vagues

Pour aménager un point d'observation des vagues, il faut se procurer le matériel suivant: deux grosses bouées fluorescentes en plastique d'environ 500 mm de diamètre (une rouge et une blanche), un gros poids mort en pierre ou en béton, un morceau de corde en nylon de 10 mm de diamètre, un théodolite, une boussole et une montre munie d'une trotteuse ou d'un dispositif d'affichage numérique.

En un point stratégique, qui doit être juste assez élevé par rapport au niveau de la mer pour rester sûr et sec pendant une tempête, on érige alors un socle en pierre sur lequel on bétonne une vis de fixation, de sorte que le théodolite, chaque fois qu'il est installé, se trouve exactement dans la même position et soit braqué dans la même direction (figure 25).


Figure 25 Socle d'observation en pierre et en béton


Figure 26 Aménagement d'une station d'observation des vagues


Figure 27a Image perçue à travers l'oculaire du théodolite


Figure 27b Image perçue à travers l'oculaire au passage des vagues entrantes

Les deux bouées fluorescentes en plastique sont alors mouillées au large à une distance connue (par exemple 100 m), comme l'illustre la figure 26. La bouée blanche maintient la ligne de mouillage bien tendue, alors que la bouée rouge flotte librement au gré des vagues.

Pour étalonner la station, on pointe le théodolite sur la bouée par temps calme. On fait alors une marque repère sur un objet robuste (un mur, par exemple, est préférable à un arbre), de sorte que l'observateur puisse de nouveau pointer l'oculaire sur cette position de repos précédemment établie, même si la bouée est ballottée par les vagues pendant une tempête. Cela permet, entre les tempêtes, d'utiliser le théodolite à d'autres fins que l'observation de la hauteur des vagues (figure 26).

La figure 27a montre l'image perçue à travers l'oculaire du théodolite par temps parfaitement calme, la base de la bouée se trouvant juste au-dessus du réticule central.

Pendant une tempête, la bouée est ballottée de haut en bas au rythme des vagues. En déplaçant le réticule central de sorte qu'il coïncide avec la base de la bouée, on fait décrire au théodolite un petit angle Z (figure 28). Conformément aux principes élémentaires de l'arpentage, la distance entre le théodolite et la bouée et l'angle Z permettent de calculer la hauteur d'une vague, qui représente approximativement le double de la hauteur de déplacement au-dessus du niveau de la mer par temps calme. Cependant, il faut souligner que ce calcul est très approximatif et n'est utilisable que dans le cas de petits projets. Lorsqu'on observe la hauteur des vagues, il faut aussi noter les informations supplémentaires suivantes:

· la direction des vagues et du vent incidents, en utilisant la boussole à main;

· l'intervalle de temps qui s'écoule entre le passage des crêtes des vagues successives (leur période), en utilisant la trotteuse de la montre;

· la position exacte de la bouée par rapport au rivage;

· la période de l'année où sont survenues les diverses tempêtes.


Figure 28 Observation des vagues pendant une tempête

Comme il a déjà été mentionné, différents inconvénients font que cette méthode doit être réservée aux petits projets, où l'investissement financier prévu est très limité. Ces inconvénients sont essentiellement les suivants:

· L'observateur ne peut voir les vagues que pendant la journée, ce qui réduit d'au moins 12 heures la période d'observation.

· En cas de très mauvais temps, la pluie et les vents forts réduisent généralement la visibilité à quelques mètres, ce qui ne permet guère de procéder à une observation continue de la bouée.

· La houle ou les vagues longues sont très difficiles à détecter, en particulier lors de tempêtes locales, du fait du laps de temps très long (15 secondes ou plus) entre le passage des crêtes.

Une fois le relevé d'emplacement terminé, toutes les données recueillies doivent être reportées sur un plan de situation, avec l'aide d'un géomètre.

Le chapitre 9 décrit certaines des échelles et certains des symboles le plus couramment employés dans les plans de situation.

En principe, le plan de situation devrait inclure le relevé hydrographique (sous forme de quadrillage ou de courbes de niveau) et indiquer l'emplacement du futur abri de pêche.

Les différents accès et les points cotés doivent aussi être reportés sur le plan, au même titre que les équipements proches (puits d'eau douce, canalisations d'eau, lignes électriques, etc.).

Les données relatives à la marée, aux courants de marée et aux vagues doivent être présentées sous forme de tableaux. Avant d'entamer les travaux, il est préférable de montrer le plan à un ingénieur du bureau des travaux publics, afin que ce dernier puisse faire des commentaires et des suggestions.

3. Construire un bon abri de pêche

Un bon abri de pêche côtier comprend habituellement les éléments suivants:

· un brise-lames destiné à protéger les bateaux de pêche amarrés par mauvais temps;

· un quai où l'on amarre les bateaux et où l'on décharge les captures;

· une rampe inclinée permettant de nettoyer la peinture et d'assurer l'entretien des bateaux de pêche;

· diverses installations portuaires.

Quelquefois, il comprend également des terrains reconquis sur la mer pour permettre le bon déroulement d'activités liées à l'effort de pêche. Dans certains cas, par exemple dans un estuaire ou sur une plage exposée, il n'est pas nécessaire d'édifier un brise-lames.

Une description plus détaillée de chacun de ces éléments est donnée à partir de la page 30.

Les éléments suivants sont caractéristiques des ports de pêche (les numéros entre parenthèses se réfèrent aux numéros de la figure 29):

· brise-lames en enrochement, au besoin ( 1 );

· bassin de déchargement du poisson (2);

· bassin de maintenance des bateaux (3);

· mur de quai d'une hauteur minimale de 2 m (4);

· rampe inclinée avec un simple treuil (5);

· installation artisanale de ravitaillement en carburant (6);

· élimination et tri des eaux et des huiles usées (7);

· pneus usagés utilisés comme défenses (8);

· zone d'amarrage des bateaux immobilisés dans l'attente de pièces de rechange (9);

· sanitaires (10);

· élimination des eaux usées du débarcadère et du village (11);

· bâtiment réservé au triage, à l'emballage, à la vente et à la congélation du poisson, avec éventuellement une petite fabrique ou un point de vente de glace ( 12);

· réservoirs d'eau douce surélevés (13);

· local d'entreposage des filets de pêche. boutiques de pièces de rechange et zones d'activités récréatives ( 14);

· zone dégagée réservée à la réparation des filets ( 15);

· terrain de stationnement réservé aux poissonniers (au cas où le débarcadère serait proche d'un important marché) (16);

· aides à la navigation (17).


Figure 29 Vue d'ensemble d'un port de pêche

Brise-lames

Un brise-lames a pour objet de préserver une zone de mer calme où les bateaux peuvent être amarrés en toute sécurité en cas de mauvais temps. Pour la collectivité locale, il est donc essentiel que le brise-lames résiste aux coups de boutoir des vagues habituelles dans la zone considérée. En effet, une résistance insuffisante de ce brise-lames pourrait occasionner, dans des conditions normales, et à plus forte raison lors de tempêtes anormales, des dommages considérables à la flotte de pêche. Pour éviter cela, il convient de procéder avec beaucoup de soin lorsqu'on décide de construire un tel ouvrage de façon artisanale, sans pour ainsi dire aucune aide directe du Service des travaux publics. En fait, sur les côtes rocheuses, il est formellement déconseillé d'entreprendre la construction de brise-lames à des profondeurs de plus de 3 m sans assistance technique, compte tenu de la nature complexe des vagues en eau profonde. Par ailleurs, sur les côtes sableuses, il faut toujours demander conseil à un expert, quelle que soit les profondeurs enregistrées.


Figure 30 Coupe d'un brise-lames en enrochement type

Un brise-lames type consiste en un remblai de cailloux grossiers (on parle aussi de «cœur») recouvert ou protégé par des couches de pierres plus lourdes (figure 30).

Cœur. Le cœur est d'ordinaire constitué de déchets de carrière débarrassés des particules fines (poussière et sable) et déversés en tas dans la mer par un camion-benne. Pour faciliter ce déversement, le cœur devrait en principe avoir une largeur de 4 à 5 m à son sommet et dépasser d'environ 0,5 m le niveau moyen de la mer ou, en cas de forte amplitude des marées, le niveau de haute mer de vive-eau (figures 31a à 31c). Le dessus du cœur doit être nivelé au moyen d'un bouteur, de manière à permettre aux camions-bennes de parcourir toute la longueur du brise-lames. Lorsqu'elle est déversée dans l'eau, cette blocaille constituant le cœur se dépose selon une pente d'environ 1/1 ce qui signifie qu'un déplacement de 1 m en avant correspond à un accroissement de 1 m de la profondeur. Etant donné le faible poids de la rocaille du cœur, tous les travaux liés à l'édification de brise-lames doivent être entrepris uniquement pendant les périodes où la mer est calme.

Le chapitre 4 décrit en détail les roches qu'il convient d'utiliser pour édifier des brise-lames en enrochement.

Première sous-couche. La première sous-couche de pierres (figures 32a à 32c) destinée à empêcher le lessivage de la blocaille du cœur est généralement constituée de blocs de pierre dont le poids varie de 500 à 1 000 kg (1 tonne).

Ces blocs sont d'ordinaire déposés en deux couches au minimum, selon une pente généralement moins prononcée que celle du cœur, à savoir 2,5/1 pour ce qui est de la pente externe et 1,5/1 pour ce qui est de la pente interne. Une pente de 2,5/1 signifie que chaque déplacement en avant de 2,5 m correspond à un accroissement de 1 m de la profondeur. La première couche de pierres peut être déposée par un excavateur hydraulique (figures 32b et 32c). Il est aussi possible d'utiliser une grue ordinaire s'il y a un espace suffisant pour les appuis latéraux. Il ne faut jamais utiliser une grue à pneus sur un cœur mal nivelé sans avoir au préalable déployé ses appuis.

L'excavateur doit mettre en place le plus rapidement possible les pierres les plus grosses, de sorte que la blocaille du cœur reste le moins possible exposée à l'action des vagues. En effet, si une tempête s'abattait sur le site avant que le cœur n'ait été suffisamment protégé, la blocaille risquerait fort d'être entraînée par les vagues et dispersée sur l'ensemble de l'emplacement envisagé.

La figure 32a est une vue en coupe d'un brise-lames en voie d'édification. Dans ce cas, le talus a une pente de 2,5/1; la distance H est la hauteur à laquelle doit s'élever le dessus de la nouvelle couche au-dessus du fond marin. Un poteau en bois doit être convenablement installé sur le dessus du cœur sous-jacent et maintenu en place avec du mortier. A une distance égale à 2,5 x H. on dépose sur le fond marin un poids mort, consistant en une lourde pierre, que l'on relie à une bouée repère. On tend alors une cordelette en nylon entre le poids mort et un point du poteau situé à la hauteur requise. Il faut ensuite répéter l'opération tous les 5 m, afin d'aider l'opérateur de la grue ou de l'excavateur à bien mettre la dernière couche en place. Un nageur muni de lunettes peut éventuellement s'assurer que chaque bloc de pierre est bien à sa place.

Couche de protection principale. La couche de protection principale, comme son nom l'indique, assure l'essentiel de la protection du brise-lames contre l'action des vagues. Toute inadéquation de la qualité des roches (voir chapitre 4), de leur granulométrie (taille insuffisante) ou de leur agencement (pente irrégulière ou trop prononcée) constitue une grave menace pour le brise-lames dans son ensemble. Il importe par conséquent de choisir et de placer avec grand soin les blocs de roche constituant la couche de protection principale.


Figure 31 Mise en place du cœur en blocaille


Figure 31a Coupe transversale


Figure 31b Déversement par camion


Figure 31c Déversement par camion


Figure 32 Mise en place de la sous-couche


Figure 32a Coupe transversale


Figure 32b


Figure 32c

La figure 33 illustre la mise en place de la couche de protection principale par une grue à chenilles, qui est sans aucun doute l'engin le mieux adapté à cette tâche. Les gros blocs de roche doivent être soulevés l'un après l'autre au moyen d'une élingue ou d'un grappin. Ils sont placés dans l'eau avec l'aide d'un plongeur ou d'une embarcation dont l'équipage dispose d'un tube comportant une vitre à son extrémité. La couche de protection doit être édifiée pierre par pierre, dans un ordre qui assure leur imbrication. A la figure 33, par exemple, le bloc 2 est maintenu en place par les blocs 1 et 3. Le bloc 4 est coincé entre les blocs 3 et 5.


Figure 33 Mise en place de la couche de protection principale

Cela a pour but d'empêcher les vagues d'arracher une pierre, ce qui aurait pour effet de faire basculer les pierres supérieures en bas du talus, de créer une brèche dans la couche de protection et d'exposer la blocaille plus fine sous-jacente. Pour que les pierres soient convenablement disposées, le nageur ou l'équipage du bateau doivent donner des indications à l'opérateur de la grue chaque fois qu'une pierre est mise en place jusqu'à ce que la couche émerge. Comme dans le cas de la sous-couche, la couche de protection principale doit être constituée de deux couches de pierres. Pour établir le profil du talus, on procède tous les 5 m à la même opération que celle décrite à la figure 32.


Figure 34a Excavateur hydraulique mettant en place l'enrochement sur le dessus du brise-lames

Les figures 34a et 34b indiquent comment le brise-lames presque terminé est parachevé couche par couche.

On y voit l'excavateur reculer vers le rivage en mettant simultanément en place les couches recouvrant le dessus du brise-lames. L'extrémité (musoir) du brise-lames est la partie la plus délicate de l'ouvrage et requiert un soin particulier. On fera passer la pente externe de 2,5/1 à 3/1 afin d'améliorer la stabilité.

Autres types de brise-lames. Le brise-lames qui vient d'être décrit est appelé «brise-lames en enrochement» parce qu'il est constitué par de la blocaille disposée de façon particulière. Ce type de brise-lames convient très bien à la plupart des situations, et notamment à un fond marin de profondeur variable; il peut aussi subir quelques dommages sous l'effet des tempêtes sans pour autant se disloquer complètement.


Figure 34b Le même engin reculant tout en recouvrant le dessus du brise-lames

Un brise-lames en enrochement ne constitue cependant pas toujours la solution la mieux adaptée. En présence d'un récif rocheux non corallien (figure 35a), la solution idéale consisterait à le surélever suffisamment pour empêcher les vagues déferlantes de passer par-dessus et de s'abattre sur les bateaux amarrés derrière. Comme il a été mentionné précédemment, il convient dans ce cas de construire un brise-lames plein en l'ancrant dans l'affleurement rocheux. En revanche, si le récif est constitué de corail vivant, le brise-lames doit être construit derrière si l'espace le permet, à une distance suffisante du corail.

A la figure 35b, on observe la dépression creusée dans le récif et le mur plein constitué de sacs de jute remplis de béton avant d'être mis en place. Une fois que le béton a pris (environ 24 heures plus tard), on procède au couronnement sur place du mur en recouvrant l'ensemble des sacs d'une couche de béton, de manière à obtenir un mur au fini lisse. On peut aussi édifier un mur plein en béton armé, comme l'illustre la figure 35c. Il faut dans ce cas disposer d'un compresseur et d'un marteau perforateur pneumatique pour percer des trous d'ancrage dans le récif à des intervalles d'environ 0,5 m. La cage d'armature est alors scellée dans les trous à l'aide d'un mélange de mortier très sec.


Figure 35a Amélioration d'un bassin lagunaire


Figure 35b Edification d'un mur surélevé à l'aide de sacs de jute remplis de béton et «couronnés»


Figure 35c Construction d'un mur surélevé en béton armé ancré dans le récif rocheux

Quais et appontements

Dans un port de pêche, un quai est généralement parallèle au rivage et les bateaux s'y amarrent uniquement du côté mer, alors qu'un appontement (on parle aussi de jetée) avance d'ordinaire dans les eaux du port, ce qui permet aux bateaux de s'y amarrer des deux côtés. Un simple appontement édifié dans des eaux bien protégées peut constituer à lui seul l'installation de débarquement.

Quais. Il existe des quais pleins et des quais sur pieux. La figure 36 représente une coupe transversale type d'un quai plein, adapté aux endroits où le fond de la mer est rocheux ou sableux.

Dans les zones où le sol est très mou, comme c'est le cas au bord des cours d'eau ou des mangroves, il est plus judicieux de construire un quai sur pieux (figure 40).

Dans les zones où la marée a une grande amplitude, il est d'usage d'aménager un ponton (figures 44 à 46). Ces pontons sont également indiqués dans le cas des lacs, où l'écart entre les hautes eaux et les basses peut, d'une année à l'autre, atteindre plusieurs mètres. Avant d'exécuter un projet, il convient de répertorier avec soin le matériel disponible, car cela aura une influence sur le coût final de l'ouvrage.

Au chapitre 4, sont précisés le type et la qualité des matériaux qu'il convient d'employer pour des travaux de construction en milieu marin. Le chapitre 6 donne une description générale des divers dispositifs d'amarrage et des techniques de fixation les concernant.

La figure 36 montre un quai plein constitué de blocs de béton reposant sur un lit arasé de fragments de pierres ou d'agrégat. On coule des blocs de béton à terre, puis, 28 jours plus tard (période normalement nécessaire pour que le béton durcisse), on les soulève et on les dispose dans l'eau en ligne droite de sorte qu'ils forment un mur de quai. Il importe que les différents piliers résultant de l'empilement des blocs de béton ne se touchent pas, de sorte qu'ils puissent se mettre en place de façon libre et indépendante dans le lit de fragments de pierres nivelé au préalable. Pour empêcher que ces fragments soient déplacés par les hélices des bateaux de pêche, on les recouvre de sacs de jute remplis de béton disposés à la base du quai, tout le long du mur de quai. C'est d'ordinaire un plongeur qui surveille ces opérations.


Figure 36 Coupe transversale type d'un quai en maçonnerie

Chacun des piliers de blocs doit s'élever de 500 mm environ au-dessus du niveau moyen de la mer. Des dalles de couronnement sont ensuite coulées de manière à joindre les piliers par groupes de cinq. Ces dalles doivent comporter tous les trous et retraits nécessaires à la mise en place des dispositifs d'amarrage tels que défenses, bittes et organeaux.

L'espace situé derrière le mur de quai est alors rempli de petite blocaille. Il ne faut y mettre ni poussière, ni limon, ni argile, ni boue, car ces matières s'échapperaient entre les piliers de blocs, ce qui entraînerait un affaissement du pavement.


Figure 36a Quai en maçonnerie


Figure 37 Dimensiones types des blocs et méthodes de levage


Figure 38 Préparation d'une fondation lissée en vue de l'édification d'un quai en maçonnerie

A la figure 39 est illustrée une vue en coupe d'un autre type de quai qu'on peut édifier sans grue. Au lieu de blocs de béton identiques, on utilise des sacs de jute remplis de béton fluide, qui sont mis en place sous l'eau par un plongeur. Dans ce cas, un lit de pierres nivelé n'est pas vraiment indispensable; il est néanmoins recommandé de mettre en place une couche d'agrégat grossier de manière à stabiliser la couche de fondation et à la protéger de l'action des hélices. A l'inverse du type de quai précédent, ce genre de quai ne nécessite pas d'assise parfaitement égalisée. Les obstacles que constituent un sol sous-marin inégal ou de gros blocs peuvent être inclus dans la fondation s'il n'est pas possible de procéder autrement; sinon, il faut les enlever ou faire passer le mur du quai à une certaine distance.


Figure 39 Détails caractéristiques d'un quai en sacs de jute aménagé en eau peu profonde

A Sac de jute correctement rempli
B Sac de jute incorrectement rempli

Les sacs de jute, une fois remplis de béton et recousus, doivent être placés de la manière indiquée à la figure 39 pour que l'ouvrage ait la solidité voulue. Il faut veiller à ne pas trop les remplir; une fois posés à plat et légèrement comprimés, ils doivent présenter un côté plat et horizontal sur lequel il sera aisé de disposer la couche de sacs suivante.

On achève le mur de quai en coulant des dalles de couronnement, comme indiqué à la page 40 pour les quais en maçonnerie.

La figure 40 représente un quai sur pieux approprié aux rivages boueux ou argileux. Les ouvrages de ce type sont beaucoup plus fragiles que les quais pleins et ne doivent être édifiés que dans des zones très calmes.

Les pieux en bois, d'un diamètre de 100 à 150 mm, doivent être enfoncés dans la boue à l'aide d'un dispositif semblable à celui illustré à la figure 41.

Les pieux sont généralement espacés de 1 à 1,5 m, selon le diamètre des pieux et des poutres en bois disponibles. On termine alors le quai en fixant les poutres en bois entre les pieux sur toute la longueur du quai. Des planches peuvent ensuite être fixées sur ces poutres pour constituer un tablier. Si on a besoin d'un quai d'une largeur supérieure à 1,5 m, il faut édifier un ouvrage semblable en avant du premier, et non pas augmenter l'intervalle entre les pieux, qui ne doit pas dépasser 1,5 m. Une fois les pieux enfoncés dans le sol, il convient de combler l'espace entre le quai et le rivage avec de la blocaille grossière, afin d'accroître la stabilité de l'ouvrage et d'empêcher que des épaves flottantes soient piégées et viennent pourrir entre le quai et le rivage.

Tout le bois utilisé dans ce type d'ouvrage doit être traité contre les organismes térébrants décrits au chapitre 4.

L'ensemble de la visserie doit être en acier galvanisé (zingué) ou en laiton. Il faut employer uniquement des boulons et des vis à tête fraisée et ne jamais utiliser de clous en aucun point du tablier.


Figure 40 Quai sur pieux


Figure 41 Sonnette (dispositif de battage des pieux) sommaire pour sol mou argileux

La figure 42 montre deux appontements en béton classiques, qui conviennent à des zones de calme relatif (plages à marée protégées, intérieur des ports, etc.).

En général, si le béton est convenablement préparé, ces ouvrages résistent aussi longtemps que les ouvrages en bois.

La figure 42a représente un appontement convenant aux zones à fort marnage. Dans ce cas, on coule à marée basse de simples piliers en béton massif (non armé) sur un lit de gravier et on y fixe un tablier en béton armé précoulé ou en bois massif.

Si on dispose d'une sonnette, on peut alors enfoncer des pieux en béton armé précoulé de 300 mm x 300 mm dans le sol sous-marin et faire reposer sur eux des poutres coulées (figure 42b). Comme pour le quai sur pieux, un tablier en béton armé précoulé ou en bois massif est ensuite fixé sur ces poutres.

Des précisions sur la préparation de béton marin durable sont données au chapitre 4. L'agrégat corallien (pierre et sable) ne convient pas à la préparation d'éléments en béton armé. Toute armature en acier placée au sein d'un élément en béton (pilier, poutre ou dalle) doit être entourée d'au moins 50 mm de béton. Tous les dispositifs de fixation exposés doivent être galvanisés.

La figure 43 montre le détail d'une opération type de restauration de sols. La figure 43a indique comment restaurer des sols en déversant des déchets de carrière à l'aide de camions bennes; à la figure 43b, on parvient à un résultat semblable au moyen d'une drague (voir chapitre 5).

Lorsqu'on regagne du terrain sur la mer en déversant du sable dragué ou extrait, il faut impérativement veiller à éviter de polluer la mer avec des matières pulvérulentes en suspension. Comme les matériaux de remplissage contiennent aussi des poussières très fines, les projets de restauration de sols engendrent généralement, aux abords de la zone de construction, la formation de panaches opaques de sédiments en suspension qui sont nocifs pour certaines formes de vie marine, par exemple le corail, qui ont besoin de la lumière du soleil pour survivre.


Figure 42 Deux types d'appontements

On peut empêcher la diffusion en mer des matériaux de remblaiement en interposant des filtres en géotextile d'une porosité adéquate (figure 43c). Le filtre en géotextile doit être maintenu en place sur le talus du remblai au moyen de lourdes pierres (et non de piquets), qui peuvent être ensuite incorporées dans l'enrochement de retenue du remblai. Cet enrochement consiste en quartiers de roche d'au moins 500 kg disposés avec soin.


Figure 43 Restauration de sols Figure 43a


Figure 43b


Figure 43c


Figure 44 Appontement simple aménagé dans une zone à marée

Chaque bande de filtre en géotextile doit être cousue à la bande précédente, ou encore la chevaucher sur 300 mm au moins. Tout filtre troué doit être réparé avant immersion.

La figure 44 montre un appontement simple aménagé dans une zone à marée. La partie pleine du débarcadère ne doit pas aller au-delà des obstacles naturels présents, en l'occurrence un affleureument rocheux.

La figure 45 représente un ponton flottant maintenu en place par quatre pieux verticaux et relié à la terre ferme par une passerelle pivotant autour d'un axe fixe. Le ponton peut donc monter et descendre au rythme des marées.

La figure 46 montre un ponton flottant constitué de fûts vides et de morceaux de bois. On se reportera aux chapitres 4 et 8 pour en savoir plus sur la protection du bois et des fûts en acier immergés.

Dans les zones où les fluctuations du niveau de l'eau s'étalent sur de longues périodes, dans les lacs par exemple, il faut adopter un autre système d'ancrage.

A la figure 47, un ponton flottant de ce type est maintenu en place par quatre ancres mouillées à l'avance et deux pieux. Les deux lignes d'amarrage parallèles passent par-dessus le ponton - où elles sont engagées dans un treuil à bras - avant d'aboutir aux deux ancres qui restent. Cela permet de déplacer le ponton à mesure que le niveau baisse et que la ligne de rivage s'éloigne de sa position d'origine. Le ponton doit être relié au rivage par une série de passerelles flottantes liées entre elles, qui flottent sur l'eau ou encore reposent sur la terre ferme lorsque le niveau baisse.

Le ponton doit en outre être relié à deux pieux, de sorte qu'il ne ballote pas sous l'effet des vents forts ou des courants puissants. Chaque pieu doit consister en un solide tube d'acier à bout pointu, pourvu de trous percés tous les 300 mm, de sorte qu'on puisse placer les dispositifs de serrage au niveau approprié. Ce dispositif permet de relever les pieux, de déplacer le ponton jusqu'à ce qu'il soit en eau plus profonde, puis de les laisser retomber; leur extrémité pointue s'enfonce dans le lit du lac et les pieux restent bien en place.

Les ancres doivent être mouillées aussi loin que possible du ponton, et jamais à moins de cinq fois la distance correspondant à la hauteur d'eau sous l'ouvrage; autrement dit, si l'eau est profonde de 4 m sous le ponton, il faut mouiller les ancres à au moins 5 x 4 m, c'est-à-dire 20 m.

Il faut de préférence utiliser des ancres en acier dont le poids s'approche du maximum qu'il est possible de soulever sans l'aide d'une grue.


Figure 45 Ponton de débarcadère flottant


Figure 46 Ponton flottant constitué de fûts métalliques


Figure 47 Ponton flottant

La figure 48 représente un appontement en bois sur pieux classique, avec des bateaux amarrés des deux côtés.

Les pieux sont en bois, en acier ou en béton armé. Le tablier est en principe en bois ou en béton.

Rampes inclinées

Dans bon nombre de petites communautés installées à proximité de plages, c'est la plage naturelle qui fait office de rampe inclinée où les bateaux sont hissés afin d'y être brossés, nettoyés et réparés. Toutefois, à l'intérieur d'un port et en l'absence de fortes marées, une plage n'est pas toujours pratique, et il est nécessaire d'aménager une pente ou une rampe inclinée.

Une rampe inclinée classique consiste en une brèche du mur de quai, dans laquelle est coulée une rampe pleine et lisse en béton.

En principe, les rampes inclinées ne doivent pas avoir moins de 5 m de large, leur pente ne doit pas excéder 10 pour cent (1/10) et leur extrémité inférieure doit être à au moins 1,5 m de profondeur (figure 49). Pour construire une rampe inclinée, il faut d'abord préparer un lit de fins fragments de pierres ou de gravier présentant la pente requise, en prenant soin de bien l'égaliser. Ensuite, du niveau moyen de la mer en haut de la pente, on coule, d'un seul tenant, une dalle en béton de 300 mm d'épaisseur. Du niveau moyen de la mer à l'extrémité inférieure de la rampe, on recouvre la pente de dalles en béton précoulé d'au moins 250 mm d'épaisseur. Ces dalles ne doivent pas excéder 500 mm x 500 mm, et il faut veiller à les disposer de façon régulière sur le lit de gravier préparé auparavant. L'extrémité inférieure de la rampe doit être protégée de l'érosion par des sacs de jute remplis de béton. Si on ne dispose pas de remorques pour mettre les bateaux à l'eau, il faut mettre en place et boulonner sur la rampe en béton des poutres en bois de 150 mm x 150 mm qui faciliteront le glissement des quilles en bois. La figure 50 indique les dimensions courantes des dalles précoulées à emboîtement servant à revêtir la rampe sous l'eau.


Figure 48 Appontement en bois


Figure 49 Coupe transversale type d'une rampe inclinée


Figure 50 Dalles précoulées pour rampe inclinée

La figure 51 montre comment construire une rampe inclinée permanente sur une plage de sable. On enfonce des pieux en bois dans le sable à des intervalles de 500 mm, de sorte qu'ils forment deux rangées rectilignes et on les relie deux à deux par une solide poutre en bois. Les différentes sortes de bois convenant à l'immersion sont décrites en détail au chapitre 4.

Ces entretoises (ou traverses) doivent être fixées aux pieux entaillés verticalement à l'aide de vis à haute résistance en acier inoxydable ou en laiton. On fixe alors des rails légers ou des rails de roulement en bois sur les traverses, afin de pouvoir faire monter et descendre un chariot sur la rampe.

Un treuil à bras de 1 à 2 tonnes suffit habituellement à hisser les bateaux en haut de la rampe. Ce treuil doit être boulonné à un bloc de béton (indépendant de la dalle de la rampe) épais d'au moins 500 mm.


Figure 51 Rampe inclinée de plage

4. Quels matériaux de construction utiliser

Les matériaux de construction habituellement requis pour les travaux en mer sont les suivants: ciment, agrégats (sable et pierres), acier d'armature, blocaille, pieux en bois ou en acier, éléments de fixation, moises de palplanches ou poutres et divers autres articles accessoires.

Le ciment est une poudre gris-vert qui durcit en quelques heures après adjonction d'eau et dont la solidité s'accroît avec le temps. Parmi les nombreux types de ciment disponibles, le plus courant est le ciment Portland ordinaire. C'est toutefois le ciment résistant au sulfate qui convient le mieux aux travaux en mer. Le ciment est généralement vendu dans des sacs en papier de 50 kg.

Pour obtenir un béton de qualité, il faut lier les fragments de pierres avec une pâte de ciment de manière à obtenir un mélange aussi dense et non poreux que possible. En conséquence, il importe que l'agrégat (de sable et de pierres) soit dur pour que le béton ait une résistance suffisante. Pour convenir, l'agrégat ne doit pouvoir être rayé que par une lame de canif en acier. Le béton fabriqué avec de la pierre corallienne tendre est peu résistant et s'effrite avec le temps.

Les constituants des agrégats broyés sont anguleux, alors que les graviers de rivière ou de plage sont arrondis. Les agrégats prélevés en mer contiennent du sel - substance dont s'accommode très mal le béton - et doivent donc être lavés plusieurs fois à l'eau douce avant d'être utilisés à cette fin.


Figure 52 Ciment


Figure 53 Agrégats

Les agrégats coralliens ne doivent être employés qu'en dernier ressort, et uniquement si les conditions du milieu permettent de prélever du corail vivant.

Les carrières constituent les sources les plus sûres de blocaille pour la construction. Une carrière produit généralement des pierres de toutes les dimensions, et l'obtention des bonnes dimensions dépend pour une grande part de l'expérience du carrier responsable de la fragmentation à l'explosif, ainsi que de l'homogénéité géologique du terrain. Comme dans le cas des agrégats, la résistance est fonction de la dureté de la roche. Une roche qui se raye très aisément ne convient pas pour des brise-lames, des quais ou des ouvrages qui sont au contact de l'eau de mer, et il faut alors chercher une autre source d'approvisionnement.

L'acier d'armature placé au sein du béton sert à accroître la résistance de ce dernier. Dans le cas des travaux en mer, l'acier doit être recouvert d'au moins 50 mm de béton pour échapper à la corrosion par l'eau de mer.

Les barres d'acier ont d'ordinaire un diamètre qui varie de 6 mm à 32 mm. Les barres d'acier sont habituellement vendues au poids; les poids (en kilogrammes par mètre) correspondant aux diamètres les plus courants sont les suivants:


Figure 54 Blocaille


Figure 55 Acier d'armature, barres et treillis soudé

6 mm de diamètre:

0,222 kg/m

8 mm de diamètre:

0,395 kg/m

10 mm de diamètre:

0,617 kg/m

12 mm de diamètre:

0,888 kg/m

14 mm de diamètre:

1,208 kg/m

18 mm de diamètre:

1,988 kg/m

20 mm de diamètre:

2,466 kg/m

24 mm de diamètre:

5,551 kg/m

La longueur des barres d'acier ne dépasse généralement pas 12 m. L'armature se présente aussi sous forme de treillis en acier soudé.

Précautions à prendre sur le lieu des travaux

Tout comme un bon cuisinier sait comment conserver les produits pour qu'ils restent frais, il faut s'assurer que les matériaux de construction sont bien conservés sur le chantier; il suffit d'appliquer quelques règles simples:

· Le ciment ne doit pas être entreposé sur place pendant plus de six semaines. Il faut l'utiliser le plus vite possible.

· Lorsqu'on entrepose temporairement du ciment et de l'acier, il faut les placer à 150 mm environ du sol et les recouvrir d'une bâche imperméable fixée à l'aide de piquets (figure 56).

· Il faut laisser suffisamment d'espace entre la bâche et le sol, de sorte que l'air puisse circuler et que l'eau ne se condense pas à l'intérieur des sacs de ciment.

· Le ciment échappé de sacs crevés doit être mis au rebut.

· Le ciment et l'acier ne doivent pas être entreposés dans des endroits où il reste des flaques après la pluie.

· On évitera de préparer du béton si on prévoit de la pluie pendant la journée.

· Il faut éviter de toucher le ciment, la pâte de ciment et le béton frais à mains nues; ces substances peuvent crevasser la peau et provoquer des saignements et des infections.

Lors de travaux en milieu marin, on fait souvent usage de pieux en acier, en bois ou en béton armé (figure 57).


Figure 56 Entreposage du ciment et de l'acier


Figure 57 Pieux

L'emploi de pieux s'impose lorsque le sol est très mou (marais, marécages ou lits de cours d'eau boueux); dans ce cas, on enfonce un certain nombre de pieux dans le sol afin d'édifier une fondation stable.

Pour éviter que les pieux se détériorent, il faut les protéger: les pieux en acier doivent être recouverts de peintures spéciales à la résine époxy, les pieux en bois doivent être traités à la créosote et les pieux en béton doivent être fabriqués avec du ciment résistant au sulfate.

Les différentes pièces en bois sont maintenues entre elles par des éléments de fixation. Selon les dimensions effectives de ces pièces, on utilise des vis ou des boulons, mais jamais de clous. En effet, lorsque les clous sont corrodés, ils se cassent net sans aucun signe de faiblesse préalable.


Figure 58 Eléments de fixation

La figure 58a représente un boulon à tête hexagonale, qui doit être impérativement en acier galvanisé, ou encore mieux en laiton ou en acier inoxydable.

La figure 58b représente une vis à tête hexagonale à haute résistance, là encore en laiton ou en acier galvanisé.

La figure 58c représente une vis à tête conique classique, qui doit être de préférence en laiton.

Qu'est-ce qu'un bon mélange de béton?

De nos jours, le béton est le principal matériau de construction, et la science du mélange de ses divers ingrédients s'appelle le dosage du mélange de béton.

Un bon mélange permet d'obtenir un béton dense, solide et qui résiste aux éléments. Un tel mélange est une recette équilibrée, composée de ciment, d'agrégat fin (sable), d'agrégat grossier (pierres) et d'eau douce.

Ciment. Comme il a été mentionné précédemment, il faut utiliser du ciment Portland ordinaire ou, mieux encore, du ciment résistant au sulfate datant au plus de six semaines.

Agrégat fin. L'agrégat fin consiste en sable de plage lavé ou en agrégat broyé provenant d'une carrière avoisinante. Ce sable, quelle que soit son origine, ne doit pas contenir de quantités excessives de limon ou de poussière.

Agrégat grossier. L'agrégat doit être constitué de pierres de moins de 50 mm; il doit en outre être dur et non poreux et ne pas contenir de quantités excessives de poussière. Le corail ne doit pas être utilisé à cette fin, car il est trop tendre et poreux et contient du sel marin, qui a un effet dommageable sur l'acier d'armature.

Eau. Il faut utiliser de l'eau potable propre, exemple d'impuretés telles que le sel.

Proportions du ciment et des autres ingrédients

Les proportions du ciment et des autres ingrédients sont fonction de la solidité, de l'imperméabilité et de la résistance requises. L'expérience a montré qu'un béton de proportions 1:2:4 (c'est-à-dire une part de ciment pour deux parts de sable et quatre parts d'agrégat de pierres) convient parfaitement aux travaux généraux de construction, tant du point de vue du coût que de celui de la solidité. Les mélanges plus riches en ciment (1:1:2, par exemple) sont plus solides, mais plus chers du fait de la proportion plus grande de ciment.

Au lieu de simplement utiliser un mélange riche, il est généralement plus économique de préparer le béton de qualité nécessaire en calibrant et en mélangeant avec soin les agrégats et l'eau selon les proportions habituelles (1:2:4).

Le mélange de béton 1:2:4. Lorsqu'on utilise un sac ordinaire de ciment de 50 kg comme base de mesure. un mélange 1:2:4 contient' en poids, 50 kg de ciment, 100 kg de sable et 200 kg d'agrégat grossier. Toutefois, comme il n'est pas toujours possible de peser des quantités aussi importantes d'agrégat, on peut utiliser un mélange équivalent en volume.

Mélange équivalent en volume. A chaque sac de 50 kg de ciment, il convient d'ajouter 0,07 m³ de sable et 0,14 m³ de cailloux.

Mélange en volume. Pour mélanger les matériaux ci-dessus, il faut fabriquer une boîte de mesure en bois aux dimensions intérieures de 400 mm x 400 mm x 200 mm (figure 59). A l'aide d'une pelle, on remplit alors cette boîte de sable et d'agrégat grossier, puis on égalise en déplaçant une règle sur le dessus de la boîte, comme indiqué à la figure 59.


Figure 59 Mélange de béton en volume

Une boîte de ce type contient 0,035 m; de sable et d'agrégat grossier. Par conséquent, un mélange 1:2:4 équivaut à: un sac de ciment de 50 kg
plus
deux mesures (boîtes) de sable
plus
quatre mesures (boîtes) d'agrégat grossier

Quelle que soit la taille de la bétonnière, la gâchée ou le mélange doivent toujours respecter les proportions ci-dessus.

Ainsi, s'il s'agit d'une grosse bétonnière, ces proportions seront de quatre (boîtes) de sable et de huit (boîtes) de cailloux pour deux sacs de ciment.

Addition d'eau

La solidité et l'aptitude au façonnage du béton sont subordonnées, dans une large mesure, à la quantité d'eau incorporée dans le mélange. Pour chaque mélange, il existe une quantité d'eau optimale qui permet d'obtenir un béton d'une solidité maximale.

L'addition d'une quantité d'eau inférieure à cette quantité optimale réduit l'aptitude au façonnage du béton, qui se révèle alors trop dur à travailler. A l'inverse, l'addition d'une quantité d'eau supérieure à la quantité optimale accroît l'aptitude au façonnage (le béton étant plus fluide), mais réduit la solidité et la résistance.


Figure 60 Essai permettant de déterminer l'aptitude au façonnage du béton


Figure 60b Remplissage avec du béton frais


Figure 60c


Figure 60d


Figure 60e Mesure de l'affaissement

La quantité d'eau optimale est tributaire des facteurs suivants:

· l'origine et la qualité de l'agrégat; un agrégat poreux nécessite davantage d'eau qu'un agrégat normal;

· la quantité de limon ou de poussière présente dans le sable;

· le degré d'humidité de l'agrégat; un agrégat qui a été exposé à la pluie la veille nécessite moins d'eau.

La méthode d'évaluation la plus pratique de la quantité d'eau optimale permettant d'obtenir le béton le plus solide possible consiste à ajouter l'eau petit à petit dans la bétonnière et à effectuer une série d'essais en procédant comme suit.

On fabrique d'abord un cône tronqué (ouvert à son extrémité) avec un morceau de tôle mince et lisse (figure 60a). Il convient en principe de souder le joint verticalement sur un côté, de souder également deux poignées (une de chaque côté) et de faire en sorte que l'intérieur soit parfaitement lisse. Il faut en outre copieusement graisser l'intérieur pour l'empêcher de rouiller.

Après avoir ajouté suffisamment d'eau dans la bétonnière pour que le béton soit humide mais néanmoins épais, on remplit le cône de trois couches successives de béton, que l'on tasse à la main à l'aide d'une barre en acier de 20 mm de diamètre. On lisse alors le dessus à la truelle et on retire le cône. Dès que le cône est enlevé, le béton s'affaisse, comme le montre la figure 60. A toutes fins pratiques, cet affaissement devrait idéalement atteindre 50 mm.

Si l'affaissement du béton n'atteint pas 50 mm, il faut ajouter un peu d'eau dans la bétonnière et répéter l'essai jusqu'à ce qu'on obtienne la bonne valeur. L'eau doit être ajoutée demi-litre par demi-litre (à l'aide d'un bidon mesureur), et non pas directement au tuyau. Pour plus de précisions sur la manipulation et la mise en place du béton, se reporter à l'annexe 1.

Bois d'œuvre

Le bois d'œuvre est le résultat de la coupe et du débitage des arbres, eux-mêmes fruits de la nature et du temps. Le bois est considéré comme un matériau à bon marché et efficace, et on continue à l'employer en grandes quantités. Cependant, de graves dommages peuvent être causés à l'environnement par suite d'une utilisation excessive ou d'un mauvais usage de l'un des principaux produits de la nature. Contrairement à beaucoup d'autres matériaux utilisés dans la construction, le bois ne se fabrique pas selon des spécifications particulières.


Figure 61 Coupe transversale d'un tronc d'arbre

Il faut donc faire le meilleur usage du matériau qui existe déjà. La résistance est un terme employé ici dans son sens le plus large; il recouvre la résistance à l'action corrosive de l'eau de mer et à l'action nuisible des champignons et des insectes, mais aussi la résistance des dispositifs de fixation à la corrosion.

Un tronc d'arbre comporte deux parties distinctes: une partie interne, le cœur, et une partie externe, l'aubier (figure 61).

L'aubier du bois de certains feuillus est caractérisé par la présence de vaisseaux ou pores de grand diamètre et d'un nombre restreint de fibres. Dans le cœur, les pores ont un diamètre bien moindre et l'essentiel des tissus consistent en fibres. Il n'est donc pas étonnant que seul le cœur ait une faible porosité et convienne aux travaux entrepris en mer.

Organismes marins térébrants

Le bois plongé dans l'eau de mer ou dans des eaux saumâtres (salées) est exposé aux attaques d'organismes marins térébrants (ou perforants) tels que le taret et la limnorie (figure 62) . Ces organismes sont largement répandus, mais sont particulièrement actifs dans les eaux tropicales. La plupart des essences n'ont pas une résistance suffisante aux térébrants pour être utilisées sans traitement. La figure 62 montre comment la limnorie et le taret détruisent les structures du bois.

Tableau 1. Essences qui résistent bien à l'action des organismes marins térébrants

Continent

Source

Désignation commune

Afrique

Plantation

Opepe

Asie

Plantation

Teck

Australie

Essences indigènes

Eucalyptus résineux

Australie

Plantation

Gommier bleu

Amérique du Sud et

Forêts ombrophiles

Greenheart

Amérique centrale

Forêts ombrophiles



Figure 62 Dégâts causés par les térébrants aux pieux en bois Figure 62a Limnorie et effet «en sablier » de leur action sur les pieux


Figure 62b Taret et intérieur perforé d'un pieu

Cependant, certaines essences résistent bien à l'action des organismes marins térébrants. Plusieurs d'entre elles particulièrement résistantes poussent dans les forêts tropicales ombrophiles, qui sont en voie de disparition rapide. Ces forêts sont une source non renouvelable de bois et ne devraient pas être exploitées. Il est donc préférable d'utiliser des essences poussant dans des plantations, qui constituent, quant à elles, une source renouvelable. Le tableau 1 énumère certaines essences qui résistent bien à l'action des organismes marins térébrants et indique les continents où elles poussent.

Outre qu'il est très dense et très peu poreux, le bois de cœur de ces essences sécrète des substances toxiques qui le protègent des térébrants. Il peut donc être utilisé sans traitement pour façonner des pieux à usage marin ou construire des appontements.

En revanche, le bois d'aubier des mêmes essences est plus poreux et sécrète beaucoup moins de substances toxiques protectrices. Pour des travaux en mer, il est judicieux d'utiliser du bois qui a été au préalable imprégné sous pression d'agents préservatifs. Les agents préservatifs qui conviennent sont la créosote, les solutions de créosote et de goudron de houille et les mélanges de cuivre, de chrome et d'arsenic dissous dans l'eau. L'expérience a montré que du bois imprégné avec soin d'un de ces agents préservatifs reste intact très longtemps. C'est pourquoi il vaut mieux choisir du bois facile à traiter et répéter le traitement (par immersion) après qu'il a été coupé et que les trous ont été percés.

Comme les conditions ambiantes et les ressources en bois varient d'un endroit à l'autre, il convient de s'adresser à la commission ou au bureau des produits forestiers le plus proche pour savoir quel est le bois renouvelable qu'il convient d'utiliser.

Résistance

Dans le cas des travaux en mer, le terme «résistance» est pris dans son acception la plus large. La résistance au pourrissement de la plupart des essences varie considérablement, et même le bois provenant d'un même arbre peut, de ce point de vue, présenter des différences importantes. Selon la résistance manifestée par le bois de cœur au contact du sol, on a classé le bois d'œuvre en cinq grandes catégories:

· très résistant: le bois ne commence à pourrir qu'après avoir été au contact du sol pendant plus de 25 ans;

· résistant: le bois dure de 15 à 25 ans;

· assez résistant: le bois dure de 10 à 15 ans;

· peu résistant: le bois dure de 5 à 10 ans;

· périssable: le bois dure moins de 5 ans.

Le bois qui se trouve au contact direct de l'eau de mer ou de l'eau saumâtre (les pieux d'un appontement, par exemple) doit être du bois de cœur d'une des essences considérées comme très résistantes, par exemple l'opepe ou l'eucalyptus résineux (tableau 2).

Tableau 2 Résistance des différents bois

Assez résistant
(de 10 à 15 ans)

Résistant
(de 15 à 25 ans)

Très résistant
(plus de 25 ans)

Feuillus

Chêne

Agba (tola)

Afrormosia

Sapelli

Idigbo

Afzelia

Seraya

Acajou1

Azobé

Noyer²

Chêne³

Greenheart

Acajou4

Châtaignier

Iroko



Jarrah



Makoré



Opepe



Teck

Résineux


Mélèze

Pin rigide


Sapin de Douglas

If


Pins

Cèdre rouge d'Occident

Notes:
1 D'Amérique
2 D'Europe et d'Afrique
3 D'Europe
4 D'Afrique
5 Maritime

Tout bois d'aubier non traité est périssable. Seul le bois de cœur des essences mentionnées dans la dernière colonne résistent naturellement aux organismes marins térébrants.

Le bois utilisé à l'extérieur, mais qui n'est pas au contact direct de l'eau de mer ou de l'eau saumâtre (le tablier d'un appontement, par exemple) peut être en bois «résistant» ou «assez résistant» (chêne, châtaignier, sapin de Douglas, pin maritime, etc.), dans la mesure où ce bois a été traité avec un agent préservatif.

Le bac destiné au traitement du bois par immersion peut être constitué d'une série de moitiés de fûts soudées ensemble (figure 63). Les morceaux de bois à traiter doivent être auparavant coupés aux dimensions requises et percés aux endroits appropriés. On les immerge ensuite dans un bain contenant un agent préservatif, par exemple du créosote, pendant 24 heures. Une fois le traitement achevé, il importe de laisser le bois sécher avant de le manipuler.


Figure 63 Traitement sur place par immersion

5. Matériels de chantier utiles

Il existe plusieurs sortes de matériels servant aux travaux de construction en milieu marin. Toutefois, leur prix d'achat élevé fait que la plupart de ces matériels restent hors de portée des coopératives villageoises, des artisans et des petits entrepreneurs.

Dans le présent ouvrage, on se fonde sur l'hypothèse que le matériel lourd est généralement loué ou prêté par les pouvoirs publics, le Service des travaux publics ou des entrepreneurs locaux. Lorsqu'on prévoit de réaliser des travaux en milieu marin, il est recommandé de faire à l'avance l'inventaire des matériels de chantier (types, dimensions, etc.) dont on peut disposer à proximité du village ou du point de débarquement.


Figure 64 Grue sur chenilles

La figure 64 représente une grue sur chenilles classique. Comme son nom le laisse entendre, cette grue se déplace sur des chenilles en acier. C'est la sorte de grue la mieux adaptée à la construction de brise-lames, car elle est très stable, ne nécessite pas d'appuis latéraux mobiles (contrairement aux grues sur pneumatiques) et risque moins de perdre son équilibre sur un enrochement inégal et de basculer dans l'eau. La principale caractéristique de cet engin consiste dans sa capacité nominale de levage, dont dépend la portée maximale de la grue avec une flèche de dimension donnée.

La figure 65 présente quelques dispositifs de levage courants dont peut être munie une grue sur chenilles.

· Les griffes à roches servent à saisir et à mettre en place de gros quartiers de roche.

· La benne preneuse classique sert à draguer le fond marin. La plupart des bennes de ce type ont un bord d'attaque en métal doux (en plomb, généralement) les rendant aussi étanches que possible. Sans ce bord, elles fuiraient et ne pourraient pas servir à draguer du sable fin, du limon ou de la boue. Il ne faut pas les utiliser pour placer des roches sur les brise-lames.

· Les élingues à largage rapide permettent à l'opérateur de la grue de déposer des quartiers de roche sous l'eau.


Figure 65 Dispositifs de levage

La figure 66 montre une grue sur chenilles à dragline. Comme son nom l'indique, une dragline consiste en un godet racleur qui est tramé sur le sol ou le fond marin aux fins de dragage.

La dragline a été l'engin de dragage classique à proximité du rivage jusqu'à ce qu'apparaisse l'excavateur hydraulique (un engin beaucoup plus petit et plus facile à transporter sur de longues distances).


Figure 66 Dragline


Figure 67 Excavateur hydraulique

La figure 67 représente un excavateur hydraulique classique. Cet engin, du fait de sa polyvalence, joue de nos jours un rôle primordial dans de nombreux travaux en milieu marin.

Presque toutes les marques d'excavateurs hydrauliques proposent une gamme complète de godets et de bras interchangeables. Habituellement, les travaux en mer nécessitent un long bras permettant d'accroître le plus possible la portée.

On peut aussi placer les excavateurs hydrauliques sur des barges spéciales, de façon à pouvoir les utiliser comme engins de dragage (figure 69). Dans ce cas, on les équipe d'un grand godet.


Figure 68 Drague suceuse à couteau


Figure 69 Excavateur monté sur barge

La figure 68 montre une drague suceuse à couteau, qui consiste en un couteau (ou désagrégateur) rotatif couplé à une conduite d'aspiration. Le couteau désagrège la roche tendre (le corail, par exemple), et la conduite d'aspiration évacue la matière draguée un peu plus loin. Ce matériel est très coûteux et doit être utilisé uniquement lorsque d'importants travaux de dragage s'imposent. Une drague suceuse à couteau démontable (que l'on peut séparer en quatre pièces ou plus en vue de son transport) est dépourvue de système de propulsion et nécessite l'intervention d'un remorqueur ou d'un bateau de pêche.

La figure 69 présente un excavateur hydraulique monté sur un ponton en acier. Cette combinaison de matériel est parfaitement adaptée aux excavations en eau peu profonde et aux travaux en milieu marin en général. Avant de choisir ou de construire un ponton pour un excavateur particulier, il importe qu'un ingénieur d'expérience effectue des calculs de stabilité, afin de s'assurer que la barge convient bien à la dimension de l'engin et de déterminer la nature et le nombre des dispositifs d'arrimage destinés à maintenir l'excavateur en place. Il ne faut pas se servir de l'excavateur avant de l'avoir solidement arrimé au ponton. Un deuxième bateau ou une barge non pontée sert généralement à évacuer les matières draguées.


Figure 70 Bouteur

La figure 70 représente un bouteur classique, que l'on peut équiper d'un godet ou d'une simple lame. Ce type d'engin s'avère indispensable lorsqu'il faut déverser de la blocaille en mer afin d'édifier un brise-lames; il permet en effet d'égaliser le cœur de l'ouvrage une fois ce déversement effectué.

Le bouteur arrive en queue de liste des engins le plus couramment employés sur les chantiers en bord de mer. Il faut noter que tous ces engins sont équipés de chenilles, et non de pneus. Si les chenilles viennent au contact de l'eau de mer, il est conseillé de les laver à l'eau douce à la fin de chaque journée de travail.

Si on ne dispose pas de camions à benne basculante résistants. on peut utiliser des tracteurs de ferme ordinaires et des remorques (figure 71) pour transporter blocaille, agrégat ou sable jusqu'au chantier. Bien que cette façon de procéder nécessite davantage de main-d'œuvre, cela ne devrait guère soulever de difficultés à l'échelon local (village). Les remorques, si possible en acier, doivent être protégées à l'intérieur par un revêtement en bois. Le bois prolonge en effet la vie utile des remorques en absorbant les chocs résultant du déversement des pierres. De façon générale, il faut être particulièrement attentif lorsqu'on fait circuler des véhicules à pneus sur la surface accidentée du cœur d'un brise-lames en enrochement.


Figure 71 Ensemble tracteur et remorque ou camion équivalent


Figure 72 Bétonneuse à moteur à essence

En principe, le béton devrait être toujours mélangé dans une bétonneuse appropriée. Il existe des bétonneuses de capacités diverses, permettant de préparer la quantité de béton frais requise. A l'échelon d'un village, il convient d'acheter une petite bétonneuse, comme celle qui est illustrée à la figure 72. Ces machines sont mues par des moteurs à essence ou des moteurs diesel et peuvent parfaitement fonctionner pendant des années pour peu qu'elles soient convenablement entretenues. Il faut impérativement veiller à ce qu'aucune trace de béton durci ne subsiste dans le tambour malaxeur, car cela nuirait à l'efficacité du processus de mélange.

La figure 73 présente toute une série de matériels qu'il est, dans certains cas, judicieux d'acheter en vue de les destiner par la suite à un usage général au profit du village. Ces matériels sont les suivants:

· Le petit compresseur d'air à moteur diesel peut servir à faire marcher divers outils pneumatiques tels que ciseaux, perceuses, marteaux, scies, pompes, etc. Un compresseur classique fournit environ 5 000 litres d'air par minute. En milieu marin, les outils pneumatiques sont plus sûrs que les outils électriques.

· La génératrice et le groupe de soudage mobiles à moteur diesel fournissent environ 12 kWh.

· Le vibrateur pour béton à moteur à essence classique, doté d'une aiguille oscillante de 60 mm de diamètre est indispensable pour toutes sortes d'ouvrages en béton.

· L'appareil de compactage à moteur à essence classique sert à compacter les chaussées et les couches de fondation des routes.

· Le treuil sert à hisser une masse tombante dont la libération rapide permet d'enfoncer des pieux dans le sol.

Il est également utile de se procurer un chalumeau oxyacétylénique alimenté par une bouteille d'oxygène et une bouteille d'acétylène placées côte à côte sur un porte-bouteilles portable. En fait, il faut généralement deux bouteilles d'oxygène pour chaque bouteille d'acétylène.


Figure 73 Série de matériels à usage général Figure 73a Compresseur


Figure 73b Génératrice et groupe de soudage


Figure 73c Vibrateur pour béton


Figure 73d Appareil de compactage


Figure 73e Sonnette simple

La figure 74 montre une plate-forme flottante fabriquée à l'aide de fûts métalliques usagés. On peut aussi construire des plates-formes flottantes en bois en y ajoutant des bidons en plastique faisant office de flotteurs supplémentaires.

Si on dispose d'un poste de soudage sur place, il est alors indiqué de construire une plate-forme en acier soudé que l'on installe ensuite sur des fûts.

Les plate-formes ont de multiples usages et servent en particulier à transporter des matériaux et des machines légères dans des endroits autrement inaccessibles.

Pour plus de précisions sur les mesures de prévention de la corrosion, on se reportera au chapitre 8.


Figure 74 Plate-forme flottante

6. Organes d'amarrage, services et aides à la navigation

Une fois que le brise-lames et les quais, ou les appontements, ont été construits, il reste à mettre en place un certain nombre d'éléments mécaniques complémentaires pour rendre l'abri efficace et sûr. Selon leur fonction à l'intérieur du port, ces éléments peuvent être divisés en trois grandes catégories:

· organes d'amarrage;
· installations à terre;
· aides à la navigation.

Parmi les organes d'amarrage figurent les bittes d'amarrage, les défenses en pneus, les amarres et les corps-morts.

Les installations à terre comprennent la station de ravitaillement en carburant, le treuil de la rampe inclinée, la salle de repos des pêcheurs, l'entrepôt des filets et, éventuellement, un étal et des toilettes.

Enfin, les aides à la navigation consistent en deux balises (l'une rouge et l'autre verte) placées à l'entrée de l'abri de pêche. Il est parfois nécessaire de mettre en place d'autres feux destinés à délimiter les chenaux de navigation ou à signaler la position de récifs dangereux.


Figure 75 Bitte simple en tube

Organes d'amarrage et services

La figure 75 indique comment fabriquer aisément une bitte en acier qui peut être ensuite ancrée dans le béton. A cet effet, on prend un tronçon de tube d'acier de 100 mm de diamètre et on y perce deux trous dans lesquels on puisse faire passer un morceau de barre d'acier de 20 mm de diamètre. On découpe ensuite des fentes dans la partie inférieure du tube, comme l'indique la figure, de manière à améliorer l'ancrage dans le béton. Une fois la barre en place il faut la fixer au moyen d'un point de soudure (d'un côté ou de l'autre) et remplir le tube de béton. La bitte d'amarrage est alors enfoncée dans le béton frais de manière à laisser environ 300 mm de tube exposé.

L'organeau, ou anneau d'amarrage, est un organe d'amarrage moins coûteux que la bitte en acier. Il est constitué d'un tronçon de barre en acier de 20 mm de diamètre qui est plié de façon à former un anneau, soudé et maintenu en place de la manière indiquée à la figure 76. Ces organeaux offrent essentiellement l'avantage de laisser le quai libre de tout obstacle. Les bittes et les organeaux ne doivent pas être espacés de plus de 5 m.

Rappelez-vous que tous les organes d'amarrage en acier (bittes en tube et organeaux) doivent être protégés contre la corrosion.

Le chapitre 8 donne des précisions sur les différents traitements possibles contre la corrosion.

Dans la mesure du possible, il faut fixer des défenses au couronnement des quais, afin que les bateaux de pêche amarrés ne soient pas endommagés. Pour fixer ces défenses aux quais, on utilise des boulons d'ancrage. Il en existe de deux sortes: les premiers sont réservés aux quais déjà construits, où le couronnement en béton est déjà en place; les seconds sont mis en place dans les couronnements sur le point d'être coulés.

La première sorte de boulon d'ancrage est le boulon à cheville (figure 77), qu'on peut trouver dans toute bonne quincaillerie. Il faut d'abord forer un trou dans le béton, puis introduire le boulon. Le dispositif de friction joue son rôle dès qu'on serre le boulon. A proximité immédiate de l'eau de mer, il est recommandé d'employer des boulons de 20 mm de diamètre au minimum pour tous les usages, afin de compenser les effets de la corrosion.


Figure 76 Organeau


Figure 77 Boulon d'ancrage (trou foré)


Figure 78 Boulon d'ancrage dans du béton coulé


Figure 79 Défense continue en bois

On utilise la deuxième sorte de boulon d'ancrage dans des endroits déterminés pendant la construction. Le dispositif d'ancrage est constitué de quatre écrous de 20 mm de diamètre soudés ensemble et de pattes d'ancrage de 6 mm de diamètre, elles-mêmes soudées aux écrous (figure 78).

On marque l'emplacement des écrous d'ancrage sur la surface extérieure du coffrage et on perce un trou de 22 mm de diamètre dans la forme. On met alors en place le dispositif d'ancrage en le boulonnant contre le coffrage et en coulant ensuite le béton. Une fois le coffrage retiré, on obtient un trou net et propre dans lequel on peut visser le boulon.

Le type de défense le plus simple consiste dans une bande de bois continue, comme celle illustrée à la figure 79. Elle consiste en une série de poutres en bois de 150 mm x 150 mm juxtaposées de manière à former une bande tout au long du quai. Dans la mesure où le bois n'est pas au contact de l'eau de mer, on peut utiliser à cette fin n'importe quelle sorte de bois résistant en le traitant conformément aux indications du chapitre 4. La bande de bois doit être maintenue en place par des boulons de 20 mm de diamètre espacés de 1 m. Si la marée a plus de 1 m d'amplitude, il faut poser des bandes de bois verticales à 1 m environ d'intervalle. Comme l'extrémité inférieure de ces bandes sera invariablement immergée à marée haute, il faudra utiliser uniquement du bois d'essences appropriées.

Les pneus usagés sont les éléments de protection les moins chers. Pour empêcher la chaîne de suspension de frotter contre les bateaux, il convient de façonner un dispositif de suspension à l'aide d'une barre de 20 mm de diamètre et de l'introduire, à travers une incision, dans la partie supérieure du pneu suspendu (figure 803. De cette façon, la défense en pneu présente toujours une surface de frottement parfaitement lisse, même lorsqu'elle est comprimée contre le bord d'un bateau. La défense est suspendue à un boulon d'ancrage fixé dans le couronnement en béton.

La figure 81 indique une excellente façon de disposer les amarres dans des espaces restreints, qui dispense d'utiliser des bouées ou la propre ancre du bateau.

L'amarre est une chaîne légère galvanisée un peu plus longue que le bateau à amarrer, que l'on attache à la bitte et qu'on raccorde à une longueur adéquate de corde de 12 à 20 mm de diamètre au moyen d'une manille. Le lourd corps-mort qui se trouve à la proue constitue une ancre permanente reposant sur le fond marin. Une fois qu'il a accosté, le pêcheur attrape la chaîne à proximité de la bitte et la suit jusqu'à la manille qu'il attache alors à la proue. Quant à la poupe, il l'amarre directement à la bitte. Lorsque le pêcheur largue les amarres, la chaîne tombe au fond et ne risque donc pas de s'entortiller autour de l'hélice.


Figure 80 Défenses discontinues


Figure 81 Amarre et corps-mort

Pour éviter toute pollution, il faut aménager un point de ravitaillement en carburant occupant une position centrale (figure 82). On commence par couler une dalle en béton de 200 mm d'épaisseur, puis on édifie un muret de confinement autour de la zone centrale. Ce muret doit permettre de recueillie tout le carburant au cas où le réservoir fuirait. Le robinet principal doit être un robinet-vanne en bronze (avec cadenas. Quant au pistolet, il doit être muni d'un robinet à tournant sans joints en caoutchouc (les robinets à eau ordinaires ne conviennent pas). Le bout du tuyau doit être suspendu plus haut que le niveau maximal du carburant contenu dans le réservoir, afin d'empêcher les fuites accidentelles. Des seaux remplis de sable doivent être placés à proximité, de manière à absorber le carburant répandu.

La meilleure façon de rendre une rampe inclinée plus efficace consiste à installer un simple treuil à bras, comme celui qui est illustré à la figure 83. Ce treuil doit être fixé à un robuste socle en béton et doit être muni d'un cliquet denté, afin d'empêcher tout ripage accidentel. Un goujon en acier sert à maintenir le tambour en place.

Bien qu'il soit possible de construire des treuils sur place, on trouve très facilement des treuils en acier, et on peut envisager que cet achat soit pris en charge par l'ensemble du village.


Figure 82 Point de ravitaillement en carburant


Figure 83 Treuil de rampe inclinée

Il importe que tous les abris de pêche soient équipés d'un système d'alimentation en eau douce courante destinée à l'usage personnel des pécheurs et aux installations sanitaires. La figure 84 présente un dispositif simple d'alimentation en eau courante. Des fûts de 200 litres placés sur un échafaudage à au moins 3 m du sol sont remplis d'eau à l'aide d'une pompe à bras. L'eau doit provenir d'une source d'approvisionnement sûre (forage' camion-citerne, etc.). Des fûts en fibre de verre ou en plastique peuvent être également utilisés comme réservoirs.

Les fûts de 200 litres (dont le nombre est fonction de l'importance des installations alimentées en eau courante) peuvent être en acier galvanisé ou en plastique (fibre de verre). Quant aux canalisations, elles doivent être de préférence en plastique ou en PCV rigide. La figure 85 indique comment raccorder plusieurs réservoirs afin d'assurer une meilleure alimentation en eau. Chaque réservoir est muni d'un évent et d'un robinet d'arrêt, de sorte qu'on puisse l'isoler du reste du système (par exemple pour le nettoyer) sans interrompre pour autant l'alimentation en eau.


Figure 84 Alimentation en eau potable


Figure 85 Raccordement des réservoirs d'eau

La figure 86 indique comment alimenter un débarcadère de plage isolé en eau de mer courante, qui permet de nettoyer le poisson et d'assurer une hygiène élémentaire.

Dans ce cas, il faut surtout garder à l'esprit que l'eau de mer corrode très rapidement l'acier qui n'est pas recouvert de couches de protection. Ces dernières sont fort onéreuses, et la meilleure façon de résoudre le problème consiste à remplacer, dans la mesure du possible, les pièces en acier par des pièces en plastique. Les articles en acier inoxydable sont très coûteux et ne doivent être utilisés qu'en cas de nécessité (robinet à tournant en bronze et téflon, par exemple). Il convient d'employer des tuyaux d'aspiration et de refoulement en PCV, un réservoir de tête en fibre de verre et une pompe à bras galvanisée, afin qu'ils résistent à l'eau de mer.

Dans les zones où le rivage est sablonneux, le tuyau d'aspiration peut être attaché à un pieu d'appontement ou au brise-lames ou encore enfoncé dans le sable et relié à un drain à sable. Ce dernier consiste en un baril percé, rempli d'agrégat fin à grossier. Il faut apporter beaucoup de soin à la mise en place du drain à sable, car l'aspiration de sable risquerait fort d'endommager le clapet de pied de la pompe. Il est conseillé d'aménager un simple piège à sable.


Figure 86 Alimentation en eau de mer pour débarcadères de plage

La figure 87 montre un simple étal à poisson en béton. Un tuyau en plastique perforé est installé au-dessus de l'étal, et un robinet (en plastique ou en acier) assure l'écoulement de l'eau de mer ou de l'eau douce stockée au préalable dans le réservoir de tête. Pour éviter de polluer l'abri, l'eau qui s'écoule de l'étal est évacuée vers un puisard s'il s'agit d'eau de mer, ou mieux encore vers une fosse septique s'il s'agit d'eau potable (figure 90).

La figure 88 représente un puisard classique, qui constitue le moyen le plus simple de drainer dans le sol les effluents contenant des substances biologiques polluantes. Il existe toutefois un risque considérable de pollution de la nappe phréatique si le puisard se trouve à proximité d'une source d'approvisionnement en eau potable (forage peu profond ou puits, par exemple).

En règle générale, dans les zones sablonneuses (qui sont très fréquentes sur les côtes), le puisard doit être aménagé dans une partie de l'abri qui soit à l'écart des puits du village. Il ne faut pas construire de puisard dans une zone argileuse.


Figure 87 Etal à poisson


Figure 88 Puisard

En fait, les effluents provenance de la zone de manipulation du poisson et des installations sanitaires devraient être prétraités dans une fosse septique avant d'être déversés dans un puisard, à moins que les installations soient alimentées en eau de mer.

Les fosses septiques sont des chambres rectangulaires comportant deux ou trois compartiments séparés (figure 89). D'ordinaire enfouies au-dessous du niveau du sol, elles reçoivent l'eau polluée en provenance des zones de manipulation du poisson (étals à poisson) et des sanitaires (toilettes).


Figure 89 Fosse septique

Après un filtrage grossier à travers un crible à panier, l'effluent se déverse dans les compartiments où il séjourne deux à trois jours. Pendant cette période, les solides en suspension se déposent au fond, où ils sont attaqués et digérés par les bactéries.

Cela a pour effet de réduire considérablement le volume des boues et de clarifier quelque peu l'effluent

Une fosse septique est construite si l'abri de pêche est assez important pour justifier sa construction ou si l'abri est situé à proximité des puits d'eau douce du village. De toute façon, quand on utilise une fosse septique, l'ensemble du système d'égout doit être alimenté en eau douce et non pas en eau de mer. En effet, à la différence de l'eau de mer, l'eau douce permet à la fosse septique de remplir sa fonction avec le maximum d'efficacité et d'obtenir de ce fait des effluents aussi peu polluants que possible. On aura recours à l'assistance technique pour en apprendre plus long sur les dimensions et les spécifications.

La figure 90a montre l'aménagement d'un débarcadère de plage type. Le puisard est placé à proximité de l'étal à poisson, et l'eau utilisée est de l'eau de mer. Cet aménagement ne convient que si le village est distant d'au moins 100 m.

La figure 90b présente un plan comparable, à ceci près que l'étal à poisson se trouve à proximité du puits d'eau douce du village. Dans ce cas, le puisard doit être placé aussi loin que possible du puits.

La figure 90c montre un plan complet concernant un abri de pêche et un village combinés, nécessitant l'installation d'une fosse septique. Les effluents en provenance de l'étal à poisson passent à travers le crible à panier avant de se déverser dans la fosse septique par un siphon. Les effluents en provenance des toilettes se déversent également dans la fosse septique par un siphon. Toutefois, les effluents des lavabos sont acheminés vers un puisard particulier afin d'éviter que des détergents se déversent dans la fosse septique. Seule l'eau douce convient pour ce type d'aménagement. En principe, il faut employer des tuyaux en PCV et prévoir des pentes de 2 à 4 pour cent.

Pour amorcer le processus biologique dans la fosse septique, on introduit un morceau de viande pourrie dans le premier compartiment. On peut aussi se procurer des pastilles spéciales.

La figure 91 représente un hangar en bois classique d'usage général. Sa charpente est constituée de pieux en bois de 150 mm de diamètre enfoncés dans le sol et reliés à différents niveaux par des entretoises en bois. De la tôle galvanisée, des plaques en amiante ou du chaume local sont fixés sur des fermes en bois. S'il n'est pas possible d'enfoncer les pieux dans le sol, il faut couler des blocs de fondation en béton autour de leur base.


Figure 90 Différents systèmes d'égout Figure 90a Débarcadère de plage type


Figure 90b Village de pêcheurs


Figure 90c Abri de pêche et village combinés

Tout le bois utilisé doit être traité de façon à protéger la charpente d'une éventuelle action des insectes (voir chapitre 8). Tous les organes de fixation doivent être en acier galvanisé.

Les hangars en bois peuvent avoir une multitude d'usages: entreposage, construction de bateaux, marché aux poissons, coopérative de pêcheurs, etc. Si on décide d'en faire un marché au poisson (figure 92), il est recommandé de compléter son aménagement en se conformant aux spécifications suivantes:

· Le plancher est légèrement incliné (selon une pente d'environ 1/80).

· Le plancher consiste en une dalle en béton de 200 mm d'épaisseur et au fini lisse, de sorte que le sang ne s'y incruste pas. Il existe des revêtements spéciaux pour halle au poisson.

· La base des piliers en bois doit être protégée par du béton, afin d'empêcher qu'elle ne pourrisse sous l'effet de l'humidité.

· Il faut aménager un drain qui fasse le tour du bâtiment et qui soit relié à un puisard (si on utilise de l'eau de mer) ou à une fosse septique (si on utilise de l'eau douce).

Si on se conforme à ces recommandations, on peut facilement nettoyer la halle au poisson à l'aide d'un tuyau d'arrosage sans endommager les piliers en bois.

Utilisation d'entrepôts frigorifiques et de glace. Sous les climats chauds, le poisson fraîchement pêché se dégrade très rapidement, ce qui réduit sa valeur marchande. Les seules méthodes permettant d'empêcher ou de retarder cette dégradation sont le fumage et certaines formes de réfrigération.

Le fumage ne convient qu'à certaines espèces et consomme en outre de grandes quantités de bois, qui est une denrée de plus en plus rare.

Le refroidissement est très souvent une méthode de conservation plus satisfaisante. A bord des petits bateaux de pêche, on peut refroidir le poisson en l'entreposant dans des coffres spéciaux contenant de la glace broyée. Dans les ports de pêche, la glace (en blocs ou en copeaux) est généralement produite sur place par une machine à glace.

La planification de l'installation d'une fabrique de glace ou d'une chambre froide est une tâche complexe qui doit être réservée aux spécialistes. De plus, le coût élevé du matériel et des matières premières ne justifie un tel effort que si l'accès à des marchés sûrs est garanti et si les pêcheurs peuvent vendre leurs prises à un prix convenable. Il est souvent plus rentable d'acheter de la glace broyée prête à l'emploi à des distributeurs et de la stocker au port dans des boîtes à glace en vue de la vendre aux pêcheurs, à ceux qui se chargent de la préparation du poisson et aux ménages.

Aides à la navigation

La nuit, sur presque toutes les côtes et en certains endroits dangereux situés au large, on peut voir des points de repère lumineux. Ces lumières peuvent être divisées en trois catégories:

· Les feux d'atterrissage, parmi lesquels figurent les phares, ont invariablement une grande puissance et sont visibles de loin.

· Les feux de position sont aussi d'une forte intensité, mais leur fonction principale est d'indiquer la position de l'entrée d'un port ou d'un promontoire.

· Les aides à la navigation lumineuses comprennent les bouées lumineuses qui signalent la présence d'un haut-fond d'un écueil ou encore d'un chenal navigable.


Figure 91 Hangar en bois


Figure 92 Marché couvert

Tous les feux, bouées et signes doivent être conformes aux spécifications relatives aux feux et aux formes mentionnées dans la réglementation des divers pays concernant les ports et le pilotage.

Les feux se distinguent les uns des autres par leur type, leur couleur et leur période.

Type. On distingue les feux fixes, les feux à éclats et les feux à occultations (feux fixes ou stables qui sont occultés à des intervalles définis). Les bouées lumineuses sont presque toujours munies de feux à éclats ou à occultations, afin qu'on ne les confonde pas avec les feux oscillants des bateaux amarrés.

Couleur. Sauf indication contraire, un feu est blanc. Les feux de position sont généralement rouges (bâbord, ou côté gauche) et verts (tribord, ou côté droit).

Période. La période est l'intervalle séparant le début de deux phases successives. Dans le cas d'un simple feu à éclats, la période correspond à l'intervalle de temps séparant deux éclats. Dans le cas d'un feu à éclats groupés, elle correspond à l'intervalle séparant le début d'une phase complète et le début de la suivante.

Avant d'installer des feux, il faut en informer les services gouvernementaux appropriés (Ministère de la marine, garde-côtes, Ministère des travaux publics), afin de permettre la mise à jour des cartes marines du secteur.

La figure 93 représente une lanterne marine classique en polyéthylène haute densité (aussi appelé plastique dur). Il faut en effet éviter d'utiliser du plastique ordinaire, qui se décompose sous l'action de la lumière du soleil (dont 1e rayonnement ultraviolet détruit les matières plastiques). La plupart des lanternes sont livrées avec quatre boulons de fixation en acier inoxydable et une cellule photo-électrique qui allume automatiquement la lanterne au crépuscule et l'éteint à l'aube.

Les lanternes les plus perfectionnées sont munies d'un dispositif de changement automatique des ampoules, qui peut remplacer automatiquement six ampoules grillées. La visibilité d'une lanterne dépend de l'intensité de l'ampoule et de sa hauteur au-dessus du niveau de la mer. En mer ou dans les chenaux de navigation, les lanternes sont habituellement montées sur des bouées flottantes et ancrées (figure 95).

Dans les zones de marée où des rochers sont exposés à marée basse, il est possible d'installer une balise fixe, comme celle présentée à la figure 96.


Figure 93 Petite lanterne marine


Figure 94 Amarrage au large d'une bouée lumineuse


Figure 95 Balise flottante

Les figures 97 et 98 indiquent deux façons d'édifier des tours lumineuses à l'entrée des ports. Une tour en pierre peut être faite de fragments de roche cimentés ensemble et d'un tuyau en PCV de 25 mm de diamètre placé au milieu de la tour et conduisant à un compartiment batterie. Ce compartiment, aménagé du côté terre, doit être muni d'une porte en tôle galvanisée ou en aluminium destinée à protéger la batterie de 12 volts servant à alimenter la lanterne.


Figure 97 Tour lumineuses en pierre


Figure 98 Tour lumineuse temporaire

La figure 98 représente une tour lumineuse temporaire, avec batterie placée à grande distance de la tour. Dans ce cas, il faut choisir avec grand soin les câbles d'alimentation, car la chute de tension dans un long câble fin est considérable et oblige à recharger fréquemment la batterie. Plus la distance est grande, plus le câble doit être gros.

7. Entretenir un abri de pêche

Un abri de pêche nécessite généralement un entretien régulier pour pouvoir remplir convenablement sa fonction.

L'entretien des abris se divise en deux grandes rubriques:

· La maîtrise environnementale des phénomènes d'origine naturelle couvre le dragage (l'entrée de l'abri peut s'ensabler périodiquement) et l'élimination des algues et des épaves flottantes.

· Les mesures de lutte contre la pollution liée aux activités de pêche couvrent la collecte et l'élimination adéquate des déchets liquides et solides résultant des activités de pêche.

Le dragage

Les abris aménagés sur des côtes sableuses sont sujets à un envasement périodique, qui nécessite le plus souvent un dragage. Le dragage est une opération très coûteuse qui consiste à enlever rapidement par des moyens mécaniques le sable accumulé.

Avant de commencer à draguer, il est habituellement nécessaire de procéder à une évaluation assez précise du volume à draguer. La meilleure solution consiste à établir une carte à grille des sondes relevées à l'intérieur et à proximité de l'abri (voir chapitre 2) et à la mettre à jour au besoin (tous les six mois ou tous les ans). On calcule alors la quantité de matière déposée de façon à pouvoir employer le matériel de dragage le mieux adapté.

Sable meuble. Pour les très faibles quantités de sable (1 000 m³ ou moins) déposées en zone côtière, on a habituellement recours à une pompe submersible permettant d'aspirer les solides en suspension ou à un excavateur hydraulique. On peut se procurer ces deux matériels auprès d'un entrepreneur local.

L'excavateur hydraulique opère à partir d'un remblai de matériau pour cœur de brise-lames (voir chapitre 3) édifié pour la circonstance, en reculant vers la terre et en pelletant à la fois le sable à draguer et le matériau du remblai.

La pompe fonctionne généralement à l'air comprimé. Elle peut être installée sur un bateau de pêche si la zone à draguer est éloignée du quai.

Ce sont la taille et la pression de service du compresseur qui déterminent la profondeur maximale à laquelle la pompe peut fonctionner.

Pour de grandes quantités de sable (de 1 000 à 10 000 m³) réparties sur une vaste surface, il faut envisager d'utiliser un excavateur monté sur ponton. La profondeur de dragage est dans ce cas fonction de la longueur du bras de l'excavateur.

Si les quantités de sable sont encore plus importantes, il vaut mieux faire appel à des entreprises de dragage professionnelles utilisant des dragues suceuses.

Quelle que soit la méthode de dragage employée, il faut prendre garde à l'endroit où l'on déverse le sable, de sorte que les courants ne le ramènent pas là où il a été dragué.

Sable consolidé, corail et argile. En présence de sable légèrement cimenté (grès friable), de corail ou de dépôts coralliens et d'argiles, il convient généralement d'utiliser une drague suceuse à couteau semblable à celle illustrée à la figure 68, de manière à briser le matériau avant de l'aspirer.

Si les quantités sont très limitées, un excavateur hydraulique équipé d'une pelle à dents serrées peut faire l'affaire.

Roche dure et gros blocs. En général, il n'existe pas de moyen économique de draguer un fond marin rocheux. On procède en fragmentant les affleurements rocheux ou les gros blocs à l'explosif avant d'effectuer éventuellement un dragage.

Algues. Les algues peuvent être locales' c'est-à-dire pousser dans la zone où se trouve l'abri, ou bien elles peuvent être transportées par le vent et les courants et s'apparenter à des épaves flottantes. Dans ce dernier cas, elles sont généralement mortes.

Pour ce qui est des algues locales, il faut draguer l'abri pour éliminer les racines. Il est parfois nécessaire de répéter l'opération fréquemment, de façon à empêcher les algues de repousser. Il convient toutefois de consulter auparavant le Service des pêches, car ces algues locales jouent souvent un rôle biologique important en servant d'aliments ou en constituant des zones d'alevinage pour les espèces locales de poissons. Quant aux algues mortes, on peut les attraper dans des filets tendus en travers de l'entrée d'un port ou encore les ramasser à la main sur la plage après une tempête.

Les autres techniques de récupération coûtent cher et prennent beaucoup de temps, car les algues ont tendance à s'emmêler dans la plupart des pièces mécaniques en mouvement.

Epaves flottantes et déchets volumineux. En plus des algues mortes, les épaves flottantes comprennent aussi le bois mort charrié par les cours d'eau en crue. Dans un port, peuvent aussi s'accumuler les détritus divers jetés par-dessus bord (vieux pneus, morceaux de corde usagée, bidons d'huile, batteries, etc.).

Le nettoyage d'un abri envahi par des épaves flottantes est une tâche très fastidieuse. On peut envisager de tendre un filet de pêche en travers de l'entrée de l'abri lorsque le vent souffle de certaines directions' sachant qu'il apporte dans ce cas de grandes quantités de débris flottants.

Les détritus résultant des activités humaines ne peuvent être que ramassés à la main par un plongeur ou encore dragués à l'aide d'une grue à benne preneuse. Les deux techniques sont coûteuses et il faudrait que le capitaine du port applique une réglementation stricte interdisant le déversement de déchets.

Lutte antipollution

La pollution observée à l'intérieur et à proximité de la plupart des abris de pêche se répartit en trois grandes catégories:

· la pollution visible de l'eau du port, due au déversement de carburants ou d'eaux d'égout non traitées, qui a un effet manifestement dommageable sur la qualité de l'eau;

· la pollution invisible de l'eau, due à la présence de déchets dangereux tels que des métaux lourds (cadmium, mercure, plomb, nickel, etc.) ou des solvants à peinture, qui ne modifie pas de façon visible l'aspect de l'eau;

· la dégradation du milieu naturel où se trouve le port par suite de l'accumulation de détritus au-dessus et au-dessous du niveau de l'eau; quoique non toxiques en eux-mêmes, ces détritus gênent les activités habituelles de dragage et rendent l'entretien très coûteux.

Les polluants le plus couramment associés aux activités de pêche sont les suivants:

· carburant diesel répandu par des pistolets de pompe défectueux, des fûts non hermétiques ou, de façon générale, par suite du manque de soin lors des ravitaillements en carburant;

· huile à moteur usagée mise au rebut et eaux de cale rejetées à la mer;

· eaux usées non traitées provenant des toilettes de bord;

· issues résultant du vidage et du nettoyage du poisson à bord rejetées dans le port;

· batteries de démarrage mises au rebut; piles rechargeables au nickel-cadmium pour radios, lampes-torches et talkies-walkies; piles-boutons pour montres, calculatrices. réveils, etc.;

· défenses en pneu superflues, câbles, chaînes et filets jetés dans l'eau;

· coques et remorques rouillées et moteurs mis au rebut;

· contenants divers mis au rebut (caisses à poisson en polystyrène, bidons d'huile et boîtes de graisse, boîtes de peinture, etc.).

Pour lutter efficacement contre la pollution due à des activités humaines, il est nécessaire de recourir aux deux mesures suivantes:

· réglementations et mesures coercitives à quai;

· gestion et recyclage des déchets.

Réglementations à quai

Les réglementations à quai sont des lois destinées à protéger l'environnement des abus commis par des pêcheurs peu scrupuleux. Ces réglementations doivent en particulier interdire:

· le déversement d'huile à moteur et d'eaux de cale par-dessus bord;

· la vidange des toilettes de bord dans les ports;

· le nettoyage du poisson à bord des bateaux amarrés;

· la mise au rebut de tous types de batteries;

· la dégradation de la zone portuaire par toutes sortes de déchets;

· l'utilisation de peintures anti-fouling toxiques.

L'annexe 3 présente une série complète de dessins intitulée «Ports propres», où sont exposées à la fois les sources de pollution et les mesures palliatives recommandées pour atténuer les effets des activités de pêche sur l'environnement.

Gestion des déchets

Chacune des réglementations mentionnées donne lieu à une concentration de déchets qui, s'ils ne sont pas collectés et recyclés convenablement, peuvent constituer une grave menace pour le bien-être des communautés de pêcheurs.

Pour gérer convenablement ces déchets, deux choses sont nécessaires: un système de collecte fiable et une méthode de recyclage ou d'élimination sûre. Les deux sont importantes, et l'une ne peut pas être mise en œuvre sans l'autre; il est inutile de recueillir l'huile usée dans un grand récipient si on ne sait pas quoi en faire. Il semble donc évident que, pour pouvoir remplir convenablement sa fonction, la gestion des déchets doit être incluse dans les activités commerciales ou artisanales en cours.

Quelques indications sur les meilleures façons de collecter les déchets et de les recycler sont données ci-après.

Huile à moteur usagée

Collecte. L'huile à moteur usagée doit être recueillie dans des fûts de 200 litres modifiés (figure 99), placés dans des points stratégiques de l'abri de pêche. Les fûts ne doivent pas reposer directement sur le sol, car la moisissure qui en résulterait pourrait les corroder et provoquer des fuites.


Figure 99 Récupération de l'huile à moteur

Recyclage. Les entreprises spécialisées dans le traitement des hydrocarbures reprennent l'huile usagée dans la mesure où l'approvisionnement est garanti. Certains organismes gouvernementaux ont mis sur pied un système de collecte à l'échelon national; on y adhère moyennant une modique redevance.

Eaux de cale

Collecte. Les eaux de cale sont un mélange d'eau de mer et d'huile fuyant des joints d'étanchéité du moteur. Il faut les pomper dans les cales et les verser dans un réservoir collecteur semblable à celui illustré à la figure 100.

Recyclage. Le mélange d'eau de mer et d'huile se sépare facilement si on le laisse suffisamment reposer. L'eau, plus lourde que l'huile, se retrouve au fond. Au moyen d'un petit robinet, on la fait alors couler dans un récipient afin qu'elle s'évapore. Quant au résidu d'huile et de carburant diesel, on peut l'utiliser comme combustible ou encore le verser dans le réservoir de stockage des hydrocarbures usagés.

Batteries de démarrage de 12 volts

Collecte. Les batteries de 12 volts qu'on trouve dans le commerce contiennent, à l'intérieur d'un bac en plastique, des plaques de plomb immergées dans de l'acide. La lumière solaire a la faculté de décomposer le bac en plastique, ce qui impose de ne pas abandonner les batteries en pleine lumière. Le plomb, métal très toxique, peut entrer dans la chaîne alimentaire si on ne prend pas toutes les précautions voulues. Il est recommandé de stocker les batteries usagées dans un grand coffre semblable à celui de la figure 101 en attendant leur collecte.


Figure 100 Séparateur d'eaux de cale


Figure 101 Coffre à batteries

Recyclage. La plupart des fabricants reprennent les batteries usagées aux fins de retraitement industriel. En prenant toutes les précautions d'usage, les plaques de plomb peuvent être recyclées à l'échelon du village en vue d'en faire des plombs de filets. L'acide doit être stocké à part dans des bidons en plastique.

Déchets solides toxiques

Collecte. Les déchets solides toxiques comprennent tous les articles manufacturés qu'on ne peut démonter (filtres à huile, bougies, piles pour lampes-torches et radios, piles-boutons pour montres, pots de décapants à peinture et d'huile hydraulique, etc.). Il convient de placer des bidons en plastique (figure 102) dans des points stratégiques autour de l'abri. Les vieux fûts métalliques, qui rouillent et laissent fuir les produits chimiques toxiques dans le sol, ne conviennent pas à cet usage.


Figure 102 Récipient pour déchets toxiques

Recyclage. Ces articles sont difficilement recyclables, et on les enfouit généralement dans des décharges spéciales éloignées des puits d'eau potable.

Déchets solides non toxiques

Collecte. Les déchets non toxiques comprennent tous les autres déchets volumineux (vieux pneus, morceaux de cordes et de filets, débris de caisses à poisson, etc.). La figure 103 représente un point de collecte type, fabriqué en béton et en pierres locales (les dimensions du point de collecte sont fonction des besoins locaux).

Recyclage. Les articles métalliques doivent être collectés et vendus à des ferrailleurs. Les pneus peuvent être utilisés comme défenses, et on peut vendre les caisses à poisson en bois comme bois de feu. Il faut éviter d'employer des caisses en polystyrène expansé, car elles se brisent facilement et se transforment en déchets difficiles à recycler (elles produisent des fumées toxiques en brûlant).

Issues

Collecte. En principe, il vaut mieux nettoyer et vider les poissons durant le trajet de retour au port et rejeter les issues à la mer, où elles serviront de nourriture à d'autres poissons. Il ne faut en aucun cas déverser ces issues dans le bassin du port ou les mettre au rebut en un point quelconque de la zone portuaire ou du village; outre leur puanteur, elles constitueraient une menace pour la santé en raison des insectes qu'elles attireraient. On se procurera donc dans le commerce des bidons en plastique de 100 litres munis de couvercles étanches à l'air (figure 102) pour recueillir les issues en provenance des marchés au poisson et des bateaux amarrés.

Elimination. Mélangées avec certaines sortes de céréales, les issues peuvent servir d'aliments pour animaux ou d'ensilages pour poissons. On peut en enfouir en toute sécurité de très faibles quantités.

Eaux usées

A l'intérieur ou à proximité du port ou de l'abri de pêche, les eaux d'égout non traitées proviennent en général des émissaires du village et des toilettes de bord à déversement direct dans l'eau. Comme il a été mentionné au chapitre 6, le port doit être équipé de toilettes, et l'ensemble de la zone doit être raccordé à des puisards et à une fosse septique (figure 90).

Le déversement d'eaux d'égout non traitées à proximité d'un abri de pêche aura seulement pour effet d'aggraver les problèmes sanitaires et de faire de ce site un foyer potentiel de maladies.

Remarque sur les matières plastiques

La plupart des récipients de ménage ordinaires en plastique (seaux, bidons et bassines) ne se prêtent pas à une utilisation à l'extérieur. car les PCV dont ils sont faits vieillissent rapidement et se fendillent lorsqu'ils sont exposés à la lumière du soleil. Lorsqu'on y met des ordures et des déchets toxiques, il ne faut en aucun cas les laisser trop longtemps au soleil.


Figure 103 Point de collecte des déchets

Quelques conseils en matière d'environnement

Voici quelques conseils supplémentaires en matière d'environnement:

· Sauf nécessité absolue, il faut éviter d'employer des caisses à poisson en polystyrène. Il est préférable d'utiliser des caisses en plastique rigide (qui durent plus longtemps) ou, si elles coûtent trop cher, des caisses en bois.

· Si le village de pêcheurs est loin de toute agglomération ou ville, il convient d'acheter les produits de consommation en gros à l'échelon du village. Ainsi, au lieu d'acheter 50 bidons d'huile de 1 litre, il vaut mieux acheter un fût de 50 litres et vendre ensuite l'huile au litre. De plus, un fût de 50 litres est réutilisable, alors que 50 bidons de 1 litre, évidemment non consignés, constitueront autant de déchets supplémentaires qu'il faudra éliminer.

· Les pièces mécaniques mobiles (charnières, treuils, cliquets, etc.) doivent être lubrifiées avec de la graisse et non de l'huile. En effet, la graisse adhère bien à ces pièces et contribue donc à réduire leur entretien, alors que l'huile s'élimine très rapidement et doit être régulièrement renouvelée.

8. La corrosion et comment l'éviter

L'acier, du fait de sa grande solidité, est un matériau de construction qui offre de nombreux avantages, et les produits en acier sont en conséquence largement utilisés.

En milieu marin, l'acier a toutefois l'inconvénient d'être sujet à la corrosion. Si on souhaite en faire un usage efficace, il est indispensable d'en savoir plus long sur les phénomènes de corrosion et les diverses méthodes de protection.

Le processus de corrosion

L'acier se corrode (ou rouille) quand il est exposé à l'oxygène ou à l'air. De plus, la présence d'autres agents atmosphériques tels que l'eau (pluie, humidité de l'air) et le sel (embruns) a pour effet d'accélérer le processus de corrosion.

Par ailleurs, l'acier immergé dans l'eau de mer fait l'objet d'une corrosion galvanique, semblable à celle qui se produit sur un bateau entre les pièces en acier et en laiton.

La figure 104 représente les différentes zones de corrosion en milieu marin.

· La zone A, caractérisée par la présence d'un air humide et d'embruns chargés de sel, est généralement propice à la corrosion des produits en acier.

· La zone B. caractérisée par la présence permanente d'eau salée et de grandes quantités d'oxygène dissous, est la zone où l'acier est le plus exposé à la corrosion.

· La zone C, siège de la corrosion galvanique, est également une zone où l'acier se corrode rapidement.

Techniques anticorrosion

Il existe cinq techniques possibles pour protéger les produits en acier contre les effets de la corrosion:


Figure 104 Zones de corrosion en milieux marin

Remplacer l'acier ordinaire par de l'acier inoxydable. L'acier inoxydable est de l'acier ordinaire mélangé avec d'autres métaux tels que le nickel ou le chrome. Toutefois, son coût élevé fait que son usage se limite à la visserie (boulons, écrous, etc.).

Recouvrir l'acier ordinaire de zinc. Ce procédé, appelé galvanisation, est la façon la plus courante de protéger les petits objets manufacturés (organeaux, bittes d'amarrage en tube, boulons, attaches, manilles, canalisations d'eau, etc.). Les articles à galvaniser sont généralement plongés dans un bain de zinc en fusion. Une fois galvanisés, ces articles ne doivent être ni soudés, ni coupés, ni forés, car cela romprait la continuité de leur revêtement protecteur.

Revêtir l'acier de matières plastiques spéciales résistant à l'usure. Le coût élevé de ce procédé. qui est réalisé dans des ateliers spéciaux, le réserve à un usage exceptionnel.

Enduire l'acier ordinaire de peintures spéciales. Il s'agit sans conteste de la méthode de protection la plus courante des constructions en acier. Les surfaces à peindre doivent être nettoyées avec soin à l'aide d'une brosse métallique, ou mieux, par projection de sable. On applique d'abord une première couche à base de zinc, puis deux couches de peinture époxy à base de goudron.

Lorsqu'on envisage de recourir à cette technique, il faut se rappeler les points suivants:

· Les peintures ordinaires ne conviennent pas en milieu marin, car elles vieillissent très vite lorsqu'elles sont exposées à la lumière du soleil.

· Le carburant diesel, le kérosène et l'essence étant chimiquement incompatibles avec les peintures marines, il importe d'utiliser le diluant approprié ou recommandé.

· Il faut toujours mettre des gants en plastique lorsqu'on manipule des peintures époxy.

Protéger l'acier ordinaire au moyen d'anodes en zinc. Cette technique est appelée protection cathodique. On utilise fréquemment des anodes en zinc en plus de la peinture pour protéger plus efficacement les constructions en acier immergées dans l'eau de mer (pieux en acier, pontons, flotteurs métalliques, etc.). Au contact d'acier humide, les pièces en aluminium sont également sujettes à la corrosion galvanique.

9. Poids et mesures

Les dimensions et les poids indiqués dans le présent ouvrage sont tous exprimés en unités métriques.

Mesures linéaires

Voici comment convertir les pouces, pieds et yards en mètres:

Multiplier

par

pour obtenir

Pouces

0,0254

Mètres

Pieds

0,3048

Mètres

Yards

0,9144

Mètres

Mètres

39,3701

Pouces

Mètres

3,2808

Pieds

Mètres

1,0936

Yards

VOLUMES

L'unité métrique élémentaire de volume est le mètre cube (m³), qui correspond à 1 000 litres.


VOLUMES

Voici comment convertir les gallons en litres et en mètres cubes:

Multiplier

par

pour obtenir

Gallons

4,5460

Litres

Gallons

0,0046

Mètres cubes

Litres

0,2200

Gallons

Litres

0,0010

Mètres cubes

SURFACES

Les surfaces sont habituellement exprimées en unités locales, qui diffèrent d'un pays à l'autre. En ingénierie, l'unité métrique de mesure des surfaces est le mètre carré (m²). Les grandes superficies se mesurent en hectares (ha) et les vastes étendues en kilomètres carrés (km2).

1 hectare = 10000 mètres carrés
1 kilomètre carré = 100 hectares

Voici comment convertir les pieds carrés, yards carrés et acres en mètres carrés:

Multiplier

par

pour obtenir

Pieds carrés

0,0310

Mètres carrés

Yards carrés

0,8361

Mètres carrés

Acres

4 046,86

Mètres carrés

Mètres carrés

1,1960

Yards carrés

Hectares

11 960,0

Yards carrés

POIDS

Voici comment convertir les onces et les livres en grammes et kilogrammes:

Multiplier

par

pour obtenir

Onces

28,3495

Grammes

Onces

0,0283

Kilogrammes

Livres

0,4536

Kilogrammes

Tonnes

2204,62

Livres

Kilogrammes

2,2046

Livres

QUELQUES POIDS IMPORTANTS

Il est utile de savoir que:

· 1 litre d'eau douce pèse 1 kg;

· 1 m³ d'eau douce pèse 1 000 kg;

· 1 m³ d'eau de mer pèse 1 020 kg;

· Un volume d'eau douce de 1 000 mm x 1 000 mm x 1 mm (c'est-à-dire 0,001 m³) équivaut à 1 litre et pèse donc 1 kg.

· 1 m³ de ciment en poudre pèse environ 1 800 kg.

· 1 m³ d'agrégat calcaire ordinaire pèse approximativement 2 100 kg. L'agrégat constitué de corail broyé a un poids bien moindre, qui est fonction de la porosité du corail.

Béton. Le poids de 1 m³) de béton à base d'agrégat ordinaire est d'environ 2 300 kg. Le même volume de béton, lorsqu'on emploie du corail comme agrégat, ne peut peser que 1 500 kg.

Par ailleurs, 1 m³ de béton ordinaire immergé dans de l'eau de mer pèse en fait moins de 2 300 kg à cause de la poussée de l'eau de mer. Il faut garder cela en mémoire lorsqu'on décide de mouiller des corps - morts pour faciliter l'amarrage des bateaux. On peut, par exemple, calculer le poids d'un bloc de béton immergé de 400 mm x 400 mm x 300 mm de la façon suivante:

Volume du bloc

= 0,4 x 0,4 x 0,3

= 0,048 m³

Poids dans l'air

= 0,048 x 2 300

= 110 kg

Poussée dans l'eau

= 0,048 x 1 020

= 49 kg

Poids du bloc immergé

= 110 - 49

= 61 kg

Par conséquent, même si un corps mort de 110 kg est difficile à manipuler, il n'offre qu'une résistance de 61 kg lorsqu'il est immergé et peut donc se déplacer sur le fond marin par mauvais temps.

Bois. Le poids du bois varie selon les essences. Voici quelques exemples:

· Opepe: environ 750 kg/m³
· Teck: environ 640 kg/m³
· Eucalyptus résineux: environ 1 120 kg m³
· Greenheart: environ 1 040 kg/m³
· Louro rouge: environ 640 kg/m³
· Gommier bleu: environ 830 kg/m³

Comme ces poids l'indiquent, le greenheart (ou ébène vert) et le gommier (ou eucalyptus résineux) sont plus lourds que l'eau de mer et donc ne flottent pas.

Métaux. Selon le métal considéré, une plaque de 1 m² x 1 mm d'épaisseur (c'est-à-dire 0,001 m³ de volume) a le poids suivant:

Aluminium:

2,56 kg

Zinc:

7,20 kg

Acier:

7,80 kg

Laiton:

8,55 kg

Cuivre:

8,90 kg

Plomb:

11,37 kg

Conventions

Le génie civil, comme les autres branches du génie, respectent un ordre de présentation, des conventions et des symboles préétablis qui permettent de déchiffrer et de comprendre facilement les plans et les dessins.

Dimensions. Sur les dessins, les dimensions inférieures à 10 m sont généralement exprimées en millimètres, alors que les dimensions supérieures à 10 m sont souvent exprimées directement en mètres. Les diamètres sont d'ordinaire exprimés en millimètres; un tuyau de 100 mm de diamètre est noté «Ø 100».

Niveaux. Les hauteurs au-dessus et au-dessous du niveau de la mer sont généralement exprimées en mètres, avec deux décimales au plus. Par exemple, un quai qui se trouve à 1,5 m au-dessus du niveau de la mer a un niveau de + 1,50 m. De la même façon, une sonde de 2 m se note sous la forme - 2,00 m.

Lorsque les marées ont une certaine amplitude, tous les niveaux doivent être rapportés au zéro des cartes ou au niveau de basse mer de vive-eau (voir figure 22).

Symboles. Les symboles utilisés dans le présent opuscule pour représenter le sable, la roche, etc. sont des symboles reconnus au plan international (figure 105).


Figure 105 Symboles internationaux

Échelles des dessins

A l'exception des croquis, tous les dessins sont tracés à une certaine échelle (figure 107).

Les échelles permettent de représenter les dimensions réelles des constructions sur le papier. Ainsi, une échelle de 1 à 50, ou 1:50. signifie qu'une longueur de 20 mm sur la figure correspond à 50 fois 20 mm, c'est-à-dire à 1 m dans la réalité.

Si on passe à l'échelle de 1:100 (qui est plus petite, puisque 1:50 représente le double de 1:100), une longueur de 10 mm seulement représente aussi 1 m.


Figure 106 Echelles métriques courantes

De la même façon, à l'échelle encore plus petite de 1:200, une longueur de 5 mm représente également 1 m.

Quelle échelle choisir et de quel format doit être le papier? Les formats de papier de la série A sont reconnus au plan international et doivent être adoptés.

· Le format A1 a 841 mm de long et 594 mm de large.

· Le format A3 a 420 mm de long et 297 mm de large.

Les plans de situation des abris ou des ports doivent être aussi grands que possible. Par exemple, si on choisit d'utiliser du papier de format Al (X41 mm de long), à une échelle de 1:200, on pourra représenter une portion de rivage de 168,20 m (200 x 841 mm = 168,2 m). A une échelle deux fois plus grande, soit de 1 :100, on ne pourra représenter que la moitié de cette longueur (environ 84 m sur la même feuille de papier).

Les détails des ouvrages, par exemple les coupes transversales, nécessitent une échelle qui ne soit pas inférieure à 1:50, et de préférence de 1:20.


SURFACES


VOLUMES

Annexe 1 - Équipement de sécurité de base

La figure 107 représente diverses pièces d'équipement couramment utilisées sur les chantiers pour assurer la sécurité personnelle des travailleurs du bâtiment. Si les finances le permettent, il est recommandé d'acheter ces pièces avant que ne débutent les activités de construction.

Un casque de chantier en plastique doit être porté en permanence, en particulier en présence de charges suspendues (grues) et d'échafaudages.

Lorsque les travailleurs coulent du béton, ils doivent mettre des bottes en caoutchouc, de sorte que leurs pieds ne soient pas au contact du ciment, ce qui pourrait provoquer des saignements.

Les travailleurs amenés à manipuler du ciment, du béton frais et des peintures époxy de qualité marine doivent porter des gants en caoutchouc.

Un simple masque doté d'un filtre amovible doit être porté par les travailleurs qui manipulent, ouvrent et vident des sacs de ciment.

Des lunettes de sécurité doivent être portées par les travailleurs qui soudent (verres foncés) ou qui coupent (verres clairs).


Figure 107 Quelques pièces d'équipement utilisées pour assurer la sécurité Figure 107a Casque de chantier


Figure 107b Bottes en caoutchouc


Figure 107c Gants en caoutchouc


Figure 107d Masque


Figure 107e Lunettes de sécurité

Annexe 2 - Manipulation du béton

La figure 108 montre comment, avec le temps, un mélange facile à façonner durcit, ce qui oblige à rajouter de l'eau et à réduire ainsi sa solidité et sa résistance.


Figure 108 Evolution de l'aptitude au façonnage du béton avec le temps

Un mélange ouvrable (facile à façonner) durcit plus vite dans les situations suivantes:

· on utilise de l'agrégat poreux;
· l'agrégat contient trop de poussières;
· la température de l'agrégat est trop élevée.

La préparation du béton, outre qu'elle nécessite des matériaux adéquats (voir chapitre 4), doit avoir lieu de très bon matin, avant que le soleil n'ait eu le temps de réchauffer les tas d'agrégat.

Le coffrage doit toujours être édifié la veille et lubrifié juste avant la préparation du béton, de sorte que l'huile ne puisse se répandre sur les barres d'armature en acier.


Figure 109 Coulage du béton sous l'eau

Lorsqu'on coule du béton sous l'eau, il faut utiliser une trémie (figure 110a) afin d'empêcher l'eau de séparer les grosses pierres du mélange à béton par lessivage (figure 110b). La trémie est graduellement relevée à mesure que le tuyau se remplit de béton. Dans les mélanges coulés sous l'eau, il faut doubler la part de ciment par rapport aux proportions de 1:2:4 données au chapitre 4. En d'autres termes, il faut avoir une part de ciment pour une part de sable et deux parts d'agrégat.


Figure 110a Utilisation correcte du vibrateur


Figure 110b Utilisation correcte du vibrateur

Tout béton, sauf s'il est coulé sous l'eau, doit être vibré au moyen d'un vibrateur à aiguille semblable à celui qui est illustré à la figure 74c. Le vibrage a pour effet de compacter le béton frais en éliminant les poches d'air piégées dans le mélange et permet généralement de préparer un mélange plus sec (le compactage nécessite moins d'eau), ce qui contribue à accroître la solidité et la résistance du béton fini. En revanche, le survibrage du béton provoque la séparation ou la ségrégation de l'agrégat.

Pour mener à bien le compactage, il faut introduire le vibrateur dans le béton à intervalles réguliers et dans un ordre déterminé (figure 110b). Chacune des couches successives ne doit pas avoir plus de 300 mm d'épaisseur. A la figure 110a, la manipulation fantaisiste du vibrateur ne permet pas d'obtenir une coulée convenable.

DURCISSEMENT

Dès que le coulage est terminé, il faut recouvrir la surface de la couche de béton de nattes de jute ou de jonc et l'arroser à intervalles réguliers pendant trois jours au moins, de façon à l'empêcher de durcir trop vite. La surface d'une couche de béton frais exposée au soleil sèche très rapidement, perd du volume et se craquelle. Après l'apparition de ces fissures de retrait, il n'est plus possible de réparer la surface, et la couche de béton se dégrade très rapidement.

Si le durcissement complet du béton ne survient qu'au terme de 28 jours, les éléments précoulés peuvent être généralement manipulés au bout de 7 jours.

Annexe 3 - Des ports plus propres

Le règlement n° 3 de l'annexe V de MARPOL 73/78, Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires, stipule: «L'évacuation en mer des matières plastiques, et notamment des cordages et des filets de pêche en matières synthétiques et des sacs à ordures en plastique, est interdite.» Cette annexe, qui est entrée en vigueur le 31 décembre 1988, devrait inspirer les réglementations à quai évoquées au chapitre 7.

Dans ce contexte, on a réalisé une série de dessins pour faciliter la mise en œuvre des programmes de sensibilisation à ces questions (voir pages 106 à 136). Ces dessins, destinés à l'origine aux populations du bassin méditerranéen, doivent être adaptés aux particularités des autres régions du globe.

A qui ces dessins sont-ils destinés? La série de dessins est avant tout destinée aux pays où la pêche artisanale est en voie d'expansion rapide; elle devrait être particulièrement appréciée par les agents de vulgarisation sur le terrain, les collèges de formation à la pêche, les fonctionnaires chargés de la mise en application des règlements relatifs à la pêche et les capitaines de port. Elle peut également être utilisée comme programme élémentaire de sensibilisation du public dans un contexte éducatif plus large. Certains dessins peuvent en outre être reproduits sous forme d'affiches.

Comment doit-on les utiliser? Pour faire un usage efficace de ces dessins, il faut en premier lieu les agrandir au format A3. Il faut ensuite les adapter pour qu'ils évoquent des scènes de pêche locales. Par exemple, il convient de modifier les traits, le chapeau et les vêtements du pêcheur représenté afin qu'il acquière une allure locale; il faut transformer éventuellement le marchand de poisson en marchande de façon à refléter certaines traditions; on doit faire en sorte que les bateaux ressemblent aux embarcations locales, etc.

On prendra, dans le pays concerné, des diapositives d'exemples illustrant les différents dessins. Enfin, les dessins eux-mêmes doivent être reproduits sur diapositives, de façon à constituer un ensemble comprenant la série de 31 dessins et, disons, un nombre égal de cas concrets intercalés. Les diapositives doivent être ensuite projetées au moyen d'un bon projecteur, le commentaire étant assuré par la personne désignée à cet effet. Il est donc nécessaire que la même personne visite les divers abris ou ports de pêche, à moins qu'on ne dispose de plusieurs copies des diapositives et de plusieurs projecteurs.

Une solution encore meilleure consiste à reproduire l'ensemble des diapositives et du commentaire sur cassette vidéo et à distribuer des copies dans tout le pays. Les fournisseurs des pêcheurs (fabricants de filets, fabricants de moteurs, constructeurs de bateaux, compagnies pétrolières, etc.) peuvent parrainer l'opération en acceptant de payer pour faire de la publicité sur les cassettes vidéo. Cela permettrait de réduire considérablement les coûts.

Dans les pages qui suivent, chaque dessin est accompagné d'une brève légende qui exprime le message que l'on cherche à adresser aux communautés de pêcheurs. Le commentateur a ensuite la possibilité de donner davantage de détails.

Il faut préciser que le caractère humoristique des dessins est un outil psychologique qui vise à amener les contrevenants à prendre conscience de leurs infractions sans pour autant éveiller leur hostilité ou celle des autres.

C'est avec plaisir que nous accueillerons d'éventuelles suggestions.


Le dessin n° 1 indique les quatre principales sources de pollution d'un port de pêche type, à savoir les manœuvres des bateaux de pêche, la préparation du poisson, l'entretien et le ravitaillement en carburant.


Le dessin n° 2 montre comment le carburant déversé endommage le calfatage des bateaux en bois. Les boîtes métalliques présentes sur le fond marin contribuent à corroder les coques et les pièces en métal (hélice, arbre, etc.).


Le dessin n° 3 montre l'accumulation de déchets qui résulte d'un entretien peu soigneux des bateaux.


Le dessin n° 4 met l'accent sur les risques qu'occasionne, pour la santé, le fait de vider le poisson dans le port. Cela attire invariablement les insectes et les animaux nuisibles.


Le dessin n° 5 résume le processus d'intégration des produits chimiques dangereux dans la chaîne alimentaire.


Le dessin n° 6 pose cette question primordiale sans accuser un secteur particulier de la pêche.


Le dessin n° 7 indique les erreurs que commettent habituellement ceux qui négligent les conséquences d'un déversement de
carburant.

Il faut maintenant intercaler des diapositives illustrant chaque dessin par des cas concrets.


Le dessin n° 8 montre comment procéder pour stocker et fournir du carburant à quai.


Le dessin n° 9 montre un propriétaire de bateau peu soigneux, qui assure l'entretien de son embarcation sans prêter beaucoup d'attention aux conséquences de son manque de soin.


Le dessin n° 10 indique succinctement les divers produits chimiques relativement toxiques qui entrent dans la composition des peintures.


Le dessin n° 11 insiste sur le fait que tout objet abandonné près du rivage finit invariablement par se retrouver dans l'eau. Par exemple, le vent pousse les boîtes vides et les enfants font le reste.


Le dessin n° 12 indique la façon correcte de se débarrasser des boîtes de peinture. La poubelle dessinée doit ressembler à celle qui est effectivement destinée à cet usage.


Le dessin n° 13 explique qu'il vaut mieux graisser les pièces mobiles plutôt que de les huiler.


Le dessin n° 14 montre comment se débarrasser de l'huile usagée. Le récipient dessiné doit ressembler à celui qui est effectivement destiné à cet usage.


Le dessin n° 15 illustre l'effet néfaste des hydrocarbures sur le calfatage des bateaux.


Le dessin n° 16 insiste sur le fait qu'il faut entretenir convenablement les moteurs (joints à huile) et éviter de répandre inutilement de l'huile. Si les pêcheurs du pays utilisent beaucoup de hors-bord, il faut alors ajouter un moteur hors-bord á ce dessin.


Le dessin n° 17 montre comment doivent se dérouler la collecte et le traitement des eaux de cale à l'échelon artisanal et industriel.


Le dessin n° 18 indique comment stocker le poisson sans porter atteinte à l'environnement. Les caisses en polystyrène expansé et en bois favorisent la prolifération des bactéries et ne conviennent pas pour un stockage continu. Toutefois, les caisses en bois sont fabriquées localement et peuvent servir de combustible une fois cassées.


Le dessin n° 19 montre comment régler au mieux le problème posé par les issues de poisson.


Le dessin n° 20 explique qu'il importe d'utiliser de l'eau douce pour rincer le poisson. Il faut en outre que l'eau de rinçage qui contient du sang, soit évacuée dans un puisard, et non pas dans le port.


Le dessin n° 21 montre ce qu'il ne faut pas faire. Le marchand de poisson utilise l'eau sale du port, où se déversent souvent des eaux usées non traitées, et laisse pourrir les issues de poisson sur le sol, ce qui attire les insectes et les animaux nuisibles porteurs de maladies. On note l'absence de puisard.


Le dessin n° 22 montre des sources de pollution par des métaux lourds hautement toxiques.


Le dessin n° 23 montre les produits toxiques contenus dans les articles du dessin n° 22. Bien que la poudre de manganèse ne soit pas considérée comme toxique, elle contient toujours des traces de mercure, quant à lui hautement toxique.


Le dessin n° 24 montre comment les batteries se fendent et laissent fuir du plomb toxique dans le milieu.


Le dessin n° 25 montre comment procéder à la collecte. La capacité et la forme des récipients doivent être fonction de l'importance du marché local.


Le dessin n° 26 indiquent les articles qui sont parfois «perdus>> sur le rivage.


Le dessin n° 27 illustre deux situations préjudiciables aux autres bateaux.


Le dessin n° 28 illustre un troisième type de désagrément.


Le dessin n° 29 insiste sur le coût de l'enlèvement des ordures de cette sorte.


Le dessin n° 30 indique comment se débarrasser convenablement des déchets encombrants. Le récipient doit ressembler aux récipients effectivement destinés à cet usage.


Le dessin n° 31 peut être utilisé pour illustrer un résumé des remarques du commentateur.

Références bibliographiques

La liste de publications sur la protection du milieu marin présentée ci-après a été établie par l'Organisation maritime internationale, Section des publications, 4 Albert Embankment, Londres SE1 7SR, Royaume-Uni.

Ces publications fournissent aux gouvernements, notamment à ceux des pays en développement, une vue d'ensemble des directives pratiques concernant la lutte contre la pollution en mer.

Directives sur la mise en place d'installations de réception adéquates dans les ports

Première partie (déchets d'hydrocarbures), deuxième partie (résidus et mélanges contenant des substances liquides nocives), troisième partie (eaux usées), quatrième partie (ordures)

Catalogue n° 5817702F, 1976;
Catalogue n° 5838609F, 1986;
Catalogue n° 5857812F, 1978.

Manuel sur la pollution par les hydrocarbures

Chapitre 1 (prévention), chapitre 2 (planification d'urgence), chapitre 3 (assistance), chapitre 4 (lutte contre les déversements d'hydrocarbures)

Catalogue n° 5588301F, 1983;
Catalogue n° 5618802F, 1988;
Catalogue n° 5678303F, 1983;
Catalogue n° 5708811F, 1988.

Directives OMI/PNUE sur l'application de dispersants contre les déversements d'hydrocarbures et considérations lices à l'environnement

Catalogue n° 5768218F, 1982.

MARPOL 73/78, édition complète de 1991.

Séparateurs d'eau et d'hydrocarbures et matériel de surveillance

Catalogue n° 6088710, 1987.

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