Page d'accueilAide
Rechercher des termes spécifiquesParcourir les publications classées par catégoriesParcourir les publications par listes alphabétiquesParcourir les publications par organisationParcourir les publications par documents provenant de ce pays



Ouvrir cette page dans une nouvelle fenêtreAfficher toute la table des matièresAfficher le texte pour la section selectionnée seulement
close this bookDéveloppement des systèmes de production laitière sous les tropiques (CTA, 1989)
Voir cette section du texte(introduction...)
Voir cette section du texteRésumé
Voir cette section du texteRemerciements
Ouvrir ce fichier et voir le contenu1.0 Introduction
Ouvrir ce fichier et voir le contenu2.0 Les problèmes majeurs
Ouvrir ce fichier et voir le contenu3.0 Alimentation et production laitière dans les pays tropicaux
Ouvrir ce fichier et voir le contenu4.0 Une alternative pour produire du lait dans les pays tropicaux en développement
Ouvrir ce fichier et voir le contenu5.0 Systèmes d'alimentation pour une production mixte lait-viande
Ouvrir ce fichier et voir le contenu6.0 Systèmes de reproduction
Ouvrir ce fichier et voir le contenu7.0 Conduite d'élevage
Ouvrir ce fichier et voir le contenu8.0 Logement
Voir cette section du texte9.0 Bibliographie


Développement des systèmes de production laitière sous les tropiques (CTA, 1989)

par

T. R. PRESTON
Conseiller en Production Animale Tropicale

CTA Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale Postbus 380, 6700 AJ Wageningen

© Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale 1988
ISBN 92-9081-021-1

Résumé

Les programmes mis en œuvre en vue d'accroître la production laitière dans les pays tropicaux ont figuré parmi les grandes priorités des agences d'assistance internationale et bilatérale. Mais, plus que dans tout autre domaine du développement agricole, le nombre des échecs a été désespérément élevé.

La plupart des erreurs peuvent s'expliquer par le transfert d'une technologie inadaptée en raison d'une mauvaise perception de la différence existant entre les rôles joués par la production laitière dans les pays en développement et dans les pays industrialisés. Le modèle d'élevage laitier spécialisé dans les pays développés s'est avéré in approprié; en fait, l'aménagement, l'amélioration des systèmes existants se sont révélés plus rentables et bien plus prometteurs tant sur le plan technique qu'économique.

L'Amérique latine a donné le ton avec son système «doble propósito» (double fin) qui accorde la même valeur aux productions de lait et de viande. Le fait que ce système a été mis au point par les éleveurs eux-mêmes - et non par des techniciens - est révélateur du fossé qui sépare les praticiens et les théoriciens.

Le système à double fin a été conçu dans les élevages de races à viande en réaction à la diminution des bénéfices et à la nécessité de générer des revenus quotidiens pour couvrir les frais d'exploitation. La production laitière est un moyen de répondre à cette nécessité. Les éleveurs ont commencé par traire des vaches locales sélectionnées puis ont cherché à obtenir par croisement des animaux «mestizas» (croisés) possédant, en proportions variables, des gènes de races indigènes (en général Bos indicus) et de races laitières exotiques, en particulier Holstein-Frisonnes, Brunes des Alpes, et plus récemment Simmentales. Les éleveurs ont rarement tenté de «stabiliser» les hybrides pour créer une race nouvelle, à une exception cependant, la race Criollo (Bos taurus), qui descend de la race Longhorn espagnole importée à l'époque coloniale.

Dans les systèmes de production à double fin, les veaux sont invariablement utilisés pour stimuler la descente du lait et pour consommer le lait de fin de traite. Les modestes objectifs de production de 1000 à 1500 kg de lait par lactation, et de veaux pesant de 120 à 140 kg au sevrage sont facilement atteints par le pâturage sur prairie naturelle et/ou par l'alimentation en confinement partiel ou total, de déchets de récolte et de fourrages tropicaux avec un minimum de compléments.

Les systèmes à double fin nécessitent peu de moyens pour parvenir a une utilisation optimale des ressources disponibles. En outre, les recherches ont révélé d'importants synergismes entre la nutrition, la race et la conduite d'élevage, lesquels peuvent être mis à profit pour accroître l'efficacité globale du système et réduire les frais. La caractéristique la plus importante est que la rentabilité d'un système de production à double fin dépend beaucoup moins du taux de productivité en lait et/ou en viande par animal, que de la réussite de l'intégration de l'élevage à d'autres activités agricoles telles que les cultures maraîchères et le recyclage des déjections comme engrais et combustible.

Cet article passe en revue les recherches portant sur la nutrition, la reproduction et la conduite d'élevage des ruminants, en rapport direct avec les systèmes rentables de production laitière dans les pays tropicaux, et formule des recommandations visant à l'application de tels systèmes dans les exploitations agricoles.

Mots-clé: bovins, buffle, viande, lait, production à double fin, déchets de récolte, pâturages, arbres fourragers, nutrition des ruminants, reproduction des bovins, sous-produits agro-industriels, compléments, allaitement restreint.

Remerciements

Une grande partie de la recherche et des concepts dont rend compte cet ouvrage résultent de notre collaboration avec des collègues et les étudiants travaillant dans divers pays tropicaux.

L'auteur exprime sa profonde gratitude à F. J. Alvarez, S. Berry, R. A. Leng, N. A. McLeod, J. Ugarte et Lucia Vaccarro et aux nombreux étudiants qui ont activement contribué aux résultats exposés ici.

Il remercie, de même, P. J. Brumby, K Lewis et R. Sansoucy pour le critiques constructives et les suggestions précieuses qu'ils ont apportées au cours des discussions que nous avons eues.

Le chapitre 3 se fonde sur du matériel produit avec mon collègue R. A. Leng pour l'ouvrage «Matching Livestock Systems with Available Feed Resources» , publié par le Centre International pour l'Élevage en Afrique (CIPEA), Addis Abeba, Ethiopie.

1.0 Introduction

1.1 Les erreurs du passé

Les programmes d'amélioration de la production laitière mis en œuvre dans les pays en développement en général, et dans les régions tropicales en particulier, ont connu peu de réussites et beaucoup d'échecs pour de nombreuses raisons dont les suivantes:

- Absence d'appréciation sur l'importance de la production laitière par rapport aux autres fonctions du bétail (traction animale, investissement, épargne).

- Défaut de compréhension sur l'interaction entre la nutrition et le génotype, et de l'influence de ce dernier sur la répartition des nutriments dans l'organisme de l'animal. Le résultat le plus évident de cette interaction est que l'on ne peut obtenir une abondante production de lait qu'en distribuant des aliments riches en protéines et très digestibles.

- Absence d'infrastructure (tels qu'insémination artificielle, soins vétérinaires, entretien du matériel, personnel compétent).

- Importance excessive donnée à la satisfaction de la demande urbaine en lait de consommation alors que la priorité aurait dû être accordée au développement des marchés pour les produits de l'élevage (fromage et beurre, par exemple) mieux adaptés aux systèmes de production, techniquement et économiquement réalisables dans les pays en développement.

- Absence de compréhension sur l'importance de l'allaitement du veau pour stimuler la production laitière et le maintien de la mamelle en bonne santé.

1.2 Vers une nouvelle approche

Il y a de nombreuses raisons d'estimer que la façon la plus économique de satisfaire la demande croissante en lait dans les pays en développement est d'améliorer les systèmes d'élevage existants, fondés sur des animaux à aptitudes multiples, plutôt que les systèmes d'élevage spécialisés en productions de lait et de viande.

Ce raisonnement se fonde sur les arguments suivants:

- La consommation relative de viande et de lait dans des sociétés qui ne sont pas végétariennes.

- La concurrence entre une production intensive de lait (plus de 2000 litres par animal) convenant à la consommation humaine, et celle d'animaux monogastriques meilleurs transformateurs.

- La préférence donnée à un lait très riche en matières grasses, en particulier en Inde (où il est produit par les bufflesses et les vaches croisées).

- L'importance croissante de la traction animale et la nécessité de produire des animaux de trait à partir d'animaux de race laitière.

- L'impossibilité d'obtenir des productions laitières élevées, à partir de races spécialisées dans les pays tropicaux humides. En effet, ces animaux ne peuvent éliminer la chaleur produite par la digestion et le métabolisme des grandes quantités d'aliments requises par une production élevée.

- Dans la plupart de ces pays, le besoin de souplesse correspondant à l'insuffisance d'infrastructures (par ex., transports, installations de transformation et de commercialisation).

2.0 Les problèmes majeurs

2.1 La demande en lait et en viande

Le Tableau 2.1 montre les consommations relatives de viande et de lait dans certains pays. Le rapport sur les consommations respectives de lait et de viande paraît se maintenir au niveau assez constant de 4 litres de lait par kg de viande, niveau qui semble indépendant des quantités absolues consommées, lesquelles sont fonction de la part du revenu attribué à l'alimentation. L'apparente constance de ce rapport semble avoir été largement négligée par les planificateurs de l'élevage qui ont invariablement recommandé la création d'unités distinctes pour la production de lait et de viande.

Les inconvénients d'une telle politique apparaissent nettement lorsque le rapport entre les demandes de lait et de viande est estimé d'après la composition théorique du cheptel national qui serait nécessaire pour satisfaire ces demandes. La production laitière d'un troupeau spécialisé peut osciller entre 12 et 24 litres de lait par kg de viande. Ce calcul (Tableau 2.2) est fondé sur l'hypothèse qu'une vache laitière alimentée de manière intensive produira de 3000 à 6000 litres de

lait par an et que la viande de son veau et/ou sa propre carcasse représente quelque 250 kg par an. Si les veaux mâles sont abattus à la naissance (c'est fréquemment le cas dans les unités laitières très spécialisées), rapport peut atteindre 41 litres de lait par kg de viande.

TABLEAU 2.1

Le rapport entre les demandes de lait et de viande est relativement uniforme dans trois pays, situés dans des continents différents, en dépit des écarts considérables de pouvoir d'achat (par
ex. un pays développé comparé à des pays en développement) (FAO 1980).


USA

Colombie

Pakistan

Consommation de lait

250

70

54

Consommation de viande (kg/tête/an)

53

18

14

Rapport entre les demandes de lait et de viande

3.9

3.7

4.7

TABLEAU 2.2

Effets de la production laitière par vache, et de l'abattage (ou non) des veaux mâles à la naissance sur le rapport des productions lait/viande d'une part, et sur le nombre de vaches allaitantes (par rapport au nombre de vaches laitières) nécessaire pour que le rapport des productions lait/viande corresponde à un rapport des demandes de 4.

Production annuelle de lait par vache (kg)

Abattage des veaux mâles

Production de viande bovine (kg)

Rapport lait/viande

Nombre de vaches allaitantes

3000

Non

250

12

2

3000

Oui

145

21

2.4

6000

Non

250

24

5

6000

Oui

145

41

5.4

Dès lors, pour satisfaire un taux de consommation de 4 litres de lait par kg de viande, il faut donc que le cheptel national compte de 2 à 5,4 vaches allaitantes de race à viande pour une vache laitière. Le nombre exact dépendra de la production moyenne de lait par vache du cheptel laitier et de l'abattage ou non des veaux mâles laitiers à la naissance. Le résultat net d'une spécialisation est une diminution du nombre de vaches laitières par rapport aux vaches allaitantes dans les cheptels nationaux, comme le montre la Figure 2.1.

Les vaches spécifiquement laitières sont, biologiquement, très efficaces. En comparaison, les vaches allaitantes spécialisées dans la production de viande sont inefficaces surtout lorsque la valeur nutritive des aliments de base est élevée et, dès lors, en mesure de soutenir des systèmes à productivité très élevée. En effet, la productivité de la vache allaitante dépend de son taux de reproduction qui est toujours inférieur à un veau par an et, de ce fait, très inférieur à celui d'autres espèces animales élevées pour leur viande, comme les porcs, les volailles, les ovins, les caprins et les lapins.


FIGURE 2. 1 Evolution des cheptels laitier et allaitant aux Etats-Unis au cours de la période de 1955 à 1970 (d'après FAO 1980).

Les troupeaux de bovins allaitants hautement spécialisés dans la seule production de viande (et des peaux) sont largement répandus dans les pays disposant de vastes pâturages (notamment certaines régions de l'Amérique du Nord et du Sud, l'Afrique et l'Australie). Dans les pays du Tiers Monde, ces troupeaux spécialisés de races à viande sont rares en dehors des stations d'élevage gouvernementales et de certains grands ranchs commerciaux appartenant généralement à des institutions, des sociétés privées et/ou des propriétaires fonciers «absents» . Les troupeaux appartenant à des pasteurs et à des éleveurs sont rarement élevés uniquement pour leur viande. Le plus souvent, les veaux mâles sont vendus comme animaux de trait et, presque toujours, un peu de lait est prélevé pour la consommation humaine. Dans les sociétés pastorales, ce lait constitue une part importante de l'alimentation humaine.

Dans les pays en développement, l'expansion de l'agriculture aura pour conséquence une réduction progressive des zones de pâturage où l'herbe est de bonne qualité, car ce sont les meilleures terres qui seront cultivées en premier lieu. Les priorités futures pourraient être données aux productions ovine et caprine en raison de leur taux de reproduction élevé et de leurs aptitudes multiples pour la viande, le lait, la laine et le poil. La production de biomasse, utilisable comme combustible, sur les pâturages est une autre possibilité dont l'intérêt ira croissant.


FIGURE 2.2 Illustration de l'effet théorique du génotype sur la répartition des nutriments en lait ou en tissus corporels. La consommation alimentaire sera plus élevée chez les vaches laitières et les vaches croisées à «double aptitude» lorsque l'animal de boucherie est du type zébu.


FIGURE 2.3 La répartition des nutriments chez des vaches de race Frisonne a haute («bon» ) ou bas («mauvais» ) potentiel génétique pour la production de lait. Les deux catégories de vaches ont reçu le même régime alimentaire (d'après Bines et Hart 1978).

2.2 Répartition des éléments nutritionnels

La différence entre les bovins laitiers et à viande s'explique par le fait que les nutriments sont utilisés pour la production de lait ou de tissus corporels (Figure 2.2). Par conséquent, c'est l'aptitude à la production de lait (l'énergie convertie en lait est fonction de l'énergie ingérée) qui est améliorée par la sélection. Mais cette sélection n'aura que peu d'effet sur l'efficacité de transformation générale (c'est-à-dire l'énergie contenue dans le lait et les tissus en fonction de la quantité totale d'énergie ingérée), si ce n'est indirectement (par exemple suite à une augmentation de la taille corporelle et dès lors de l'ingestion d'aliments). Les données présentées aux Figures 2.3 et 2.4, extraites de travaux de recherche effectués en Grande-Bretagne et à Cuba confirment cette hypothèse. Une «bonne» vache (sur le plan de la production laitière) de race Frisonne a donné plus de lait, à alimentation égale, qu'une «mauvaise» vache, mais par contre cette dernière a donné plus de viande.


FIGURE 2.4 A consommation d'aliments pratiquement identiques, la répartition des nutriments a eu lieu presque exclusivement au profit du lait chez des vaches Holstein de pure race, mais équitable ment en lait et en tissus corporels chez les vaches croisées Holstein x zébu (J. Ugarte et T. R. Preston, données non publiées).

Les résultats obtenus avec des animaux croisés (race laitière x race allaitante) et comparés à ceux obtenus avec des races purement laitières étaient, tant dans l'exemple britannique que dans l'exemple cubain, analogues à ceux obtenus avec de «bonnes» et de «mauvaises» vaches de race Frisonne.

Il est possible ici d'établir une certaine analogie avec les résultats de la «révolution verte» où la production accrue de céréales avec de nouvelles variétés «naines» réflétait une utilisation accrue des nutriments au profit des graines plutôt que de la paille et des racines, mais sans aucun changement dans le rendement global de la photosynthèse (Evans 1983).

En conséquence, les races ou certaines souches de vaches laitières très spécialisées ont la capacité d'orienter préférentiellement leurs nutriments pour la synthèse de lait plutôt que de tissus corporels. Comme la synthèse du lait exige bien plus de nutriments de qualité (acides aminés et précurseurs du glucose) que la synthèse des tissus (3.3), l'animal à haut potentiel laitier doit disposer d'aliments de haute digestibilité, riches en amidon et protéines. Les ressources alimentaires des pays industrialisés, où priment les céréales, les tourteaux d'oléagineux riches en protéines et les fourrages cultivés, procurent ces nutriments. Les pays en développement, en particulier les pays tropicaux, ne disposent pas de ces ressources, et c'est pourquoi une alimentation inappropriée est l'une des principales causes d'échec lors du transfert (d'Europe ou d'Amérique du Nord) de programme de production laitière dans ces pays en développement.

2.3 Interactions entre le génotype et le milieu

Les facteurs nutritionnels et ceux liés à l'environnement sont des contraintes importantes pour la productivité des ruminants sous les tropiques et limitent l'expression du potentiel génétique, en particulier celui d'animaux importés de pure race. Lorsque le stress de l'environnement est important, les races locales sont généralement supérieures aux races importées, dont la supériorité du potentiel génétique ne peut s'extérioriser que lorsque les conditions de milieu sont favorables (en l'absence de stress), comme le montre le Tableau 2.3. Autre caractéristique importante ressortant de ce tableau, l'animal croisé s'est révélé équivalent ou supérieur aux animaux importés de pure race et de race locale, quelle qu'ait été le degré de stress. Ces interactions entre génotype et milieu revêtent une importance capitale dans les pays tropicaux et doivent être pris en compte dans l'élaboration des systèmes d'élevage.

2.3.1 Nutrition

Les éléments figurant au Tableau 2.4 illustrent une interaction très particulière entre la nutrition et le génotype. Lorsque les déjections de volaille (source d'azote fermentescible et de sels minéraux, mais pas de protéines protégées) constituaient le seul complément ration de base consistant en mélasse/urée et fourrage, on ne constatait aucun avantage à recourir à des animaux croisés génétiquement supérieurs plutôt qu'à des zébus non «améliorés» . Le croisé, néanmoins, ne se révélait pas inférieur lorsqu'il recevait un régime carencé; lorsque le déséquilibre dans les produits terminaux de la digestion était corrigé par un complément protéique (farine de poisson), le croisé se montrait très supérieur.

TABLEAU 2.3

Gains de poids vif après sevrage, de trois races bovines soumises à trois niveaux de stress
différents (d'après Frisch et Vercoe 1979).


Brahman (B)

B x HS

Hereford/Shorthorn (5)

Niveau de stress*

Gain de poids vif (en g par jour)


Faible

750

810

840


Modéré

290

370

270


Élevé

250

210

110

* Faible stress: administration de foin de luzerne dans des enclos ombragés, élimination des endo- et des ectoparasites, lutte contre les maladies dont la kératoconjonctivite bovine infectieuse (KBI).

Stress modéré: Pâturage avec prophylaxie des parasitoses et des maladies infectieuses.

Stress élevé: Pâturage avec fluctuations saisonnières de l'apport alimentaire, pas d'élimination des parasites, pas de traitement de la KBI ou d'autres maladies.

TABLEAU 2.4

Résultats d'un essai réalisé à Cuba: des zébus et des croisés Brunes des Alpes-zébus ont reçu un régime à base de mélasse. Le potentiel des croisés «améliorés» ne s'est manifesté pleinement que lorsque les déséquilibres alimentaires eurent été corrigés par des compléments protéiques à digestion différée (farine de poisson) plutôt qu'avec déjections de volaille (d'après Preston et al. 1970).

Complément

Déjections de volaille

Farine de poisson

Race

Brunes des Alpes

Zébus

Brunes des Alpes

Zébus

Gain de poids vif (g/jour)

600

550

950

700

Indice de consommation (aliment/gain)

10.2

9.6

7.3

8.2

Le taux de croissance atteint par les bovidés croisés est rarement inférieur à celui des races locales, mais des problèmes peuvent se poser sur le plan de la production laitière. Les données figurant au Tableau 2.5 montrent que lorsque la concentration d'énergie fermentescible contenue dans le régime alimentaire est faible et que les nutriments de la fermentation digestive ne sont pas équilibrés (la paille de riz non traitée constituait le régime de base), l'animal croisé peut devenir une charge pour l'éleveur. Sa tendance à utiliser les nutriments pour synthétiser du lait favorise une production lactée élevée au détriment des tissus corporels, et peut aboutir ensuite à des problèmes de reproduction et une faible longévité du troupeau. Mais, lorsque la digestibilité de la paille avait été améliorée par traitement ammoniacal (ensilage complémenté par de l'urée), l'animal croisé s'est révélé plus productif. Il était capable d'assurer à la fois une production de lait accrue, et d'accumuler plus vite des réserves corporelles.

TABLEAU 2.5

Résultats d'un essai réalisé au Bangladesh des vaches laitières croisées (croisement avec la race Frisonne) et des vaches zébues de race locale, toutes en lactation, ont reçu un régime à base de paille de riz non traitée ou ammoniaques (ensilage enrichi à l'urée). Le complément de ces deux régimes consistait en herbe 0,4 kg, son de riz 0,45 kg (de matière sèche par jour) et du tourteau d'oléagineux à raison de 0,2 kg par litre de lait (d'après Khan et Davis 1981).


Paille non traitée

Paille ammoniaquée


Race locale

Race croisée

Race locale

Race croisée

Production laitière

0.4

1. 5

2.0

2. 5

Variation du poids vif

-80

-210

50

180

L'exemple ci-dessus est un cas extrême dans la mesure où la valeur nutritive d'une paille de riz «non améliorée» est effectivement très faible. Dans le cas de contraintes moins sévères, le croisé doit, en général, être préféré, comme le montrent les résultats d'un essai de croisement réalisé au Brésil (Figure 2.5). Des généotypes allant du Holstein au zébu en passant par tous les croisements intermédiaires, ont été étudiés dans des élevages conventionnels soumis à différentes méthodes de conduite. Dans les élevages «pauvres» , le F1 (Holstein x zébu) était supérieur à l'un et l'autre de ses parents; dans les «bons» élevages, il était toujours meilleur que le zébu, mais encore comparable à l'Holstein pur.

Ces données soulignent la nécessité d'adapter le génotype aux conditions locales d'alimentation et de conduite d'élevage. Le choix du génotype approprié (par ex. croisés à double fin possédant de 50 à 75% de gènes exotiques) garantit aux éleveurs qu'ils disposeront d'un animal capable d'accumuler des réserves corporelles en fin de lactation et en cours de gestation. Au cours de la lactation suivante, ces réserves pourront être mobilisées pour fournir des nutriments (notamment acides gras à longues chaînes et glucose) nécessaires à l'équilibre des produits finaux de la digestion, et ainsi assurer une bonne production laitière (Figure 2.6).


FIGURE 2.5 Performance de vaches croisées Holstein/zébu dans élevages brésiliens dont la conduite était «bonne» ou «moyenne» (d'après Madalena et al. 1982).


FIGURE 2.6 Illustration de la répartition préférentielle des nutriments en lait et en tissus corporels dans le cas de vaches à «double aptitude» , c'est-à-dire élevé pour leur lait et leur viande. Le but est d'améliorer l'état corporel en fin de lactation et au cours de la gestation, puis de mobiliser les réserves de nutriments au début de la lactation suivante. Dans l'idéal, il conviendrait d'abattre la vache pour sa viande lorsqu'elle est encore relativement jeune (par exemple, au terme de sa troisième période de lactation).

Lorsque les régimes alimentaires sont à base de déchets de récolte et de sous-produits de la canne à sucre, les conséquences d'une erreur de stratégie (c'est-à-dire de l'utilisation d'animaux qui consacrent beaucoup trop d'énergie alimentaire à la production de lait au détriment des réserves corporelles) sont les suivantes:

- chute rapide de la production de lait en début de lactation,
- dégradation ultérieure de l'état corporel conduisant à:

* une baisse de la fécondité,
* une réduction de la longévité,
* une sensibilité accrue aux maladies et aux parasites.

2.3.2 Tolérance à la chaleur

Une des caractéristiques de l'appareil digestif des ruminants est la quantité de chaleur produite par la fermentation digestive et le métabolisme, en particulier avec les régimes alimentaires riches en cellulose. La quantité de chaleur produite est proportionnelle à celle des aliments ingérées, laquelle est deux fois plus élevée dans le cas d'une vache donnant 18 litres de lait par jour que chez celle qui n'en donne que 5. Ce phénomène peut être avantageux dans les régions à climat froid car il permet aux vaches à haute production de se sentir à l'aise sans besoins alimentaires complémentaires à des températures inférieures à 0°C. Mais plus la température de l'air est proche de celle du corps, plus l'animal éprouve de difficultés à éliminer la chaleur qu'il produit. Quand les mécanismes normaux de régulation thermique ne suffisent plus, l'animal réagit en réduisant sa consommation alimentaire, mais continue à produire du lait en puisant dans ses réserves corporelles.

Dans certains cas, le milieu peut être aménagé par l'installation de systèmes d'aspersion et d'abris de manière à créer un rafraîchissement. C'est efficace lorsque les climats tropicaux sont secs ou tempérés par des altitudes de 500 à 1000 mètres où les températures nocturnes descendent à 20°C ou moins. Mais lorsque les climats sont tropicaux humides, avec des températures nocturnes voisines de 30°C, les ruminants se trouvent dans l'impossibilité physiologique d'éliminer l'excès de chaleur produite par les quantités d'aliments ingérés nécessaires à une production laitière élevée.

Ce sont donc des raisons purement physiologiques qui expliquent que les vaches à très haut potentiel laitier n'ont pas leur place dans les pays tropicaux humides. L'avantage économique de productions laitières plus faibles découle de ce que les nutriments requis peuvent être fournis par les ressources alimentaires de base disponibles, telles que les prairies naturelles et les déchets de récolte, lorsqu'ils sont donnés correctement en compléments.

En fonction du raisonnement précédent, on comprend aisément pourquoi il y a des déconvenues sur la capacité des bovins à supporter la chaleur dans certains pays tropicaux, plus particulièrement en vue de la production laitière. En fait, et pratiquement toujours, le premier facteur limitant est constitué par les apports alimentaires. Il rarement économique, même seulement en compléments de distribuer des aliments très énergétiques et riches en protéine pour maintenir la production laitière à des niveaux élevés. Les frais engendrés par une modification de l'animal (meilleure tolérance à la chaleur) ou du milieu se justifient donc rarement, car ceci a moins d'importance que les contraintes alimentaires.

La plupart des pays en développement ne peuvent financer les coûts excédentaires occasionnés par les contraintes de la nutrition et du milieu exigés par les hauts niveaux de production laitière. Les ressources alimentaires disponibles, même administrées rationnellement de manière à équilibrer les produits finaux de la fermentation digestive, ne permettent d'obtenir que des productions laitières modestes. Dans de telles conditions, la tolérance à la chaleur a beaucoup moins d'importance. C'est ainsi qu'en Inde, la production laitière est assurée surtout par des bufflesses qui supportent mal la chaleur.

2.3.3 Parasitisme

Dans la grande majorité des systèmes d'élevage mis en œuvre dans les pays en développement, les animaux sont élevés en troupeaux (au pâturage) et passent la nuit dans des enclos ou des cases, ou sont étroitement surveillés comme dans la technique de l'élevage à la longe. Dans de telles situations, les ectoparasites sont souvent enlevés à la main. D'autre part, comme les pâturages disparaissent au profit d'une agriculture organisée, il reste moins de niches écologiques propices aux vecteurs de certaines maladies (mouche tsé-tsé par exemple), ce qui réduit les risques pathologiques.

Les endoparasites constituent toujours un problème grave, surtout dans le cas des jeunes animaux. Les animaux plus âgés résistent à la plupart des endoparasites, à l'exception toutefois de la douve du foie.

2.3.4 Conclusions

Les stratégies d'élevage doivent tenir compte des interactions entre le génotype et le milieu. Ces stratégies doivent être souples et devraient toujours être menées en sachant au départ que certains facteurs du milieu peuvent varier.

A diverses reprises, on a tenté de créer des races nouvelles, mieux adaptées aux situations tropicales, et un grand nombre d'entre elles étaient des races à viande destinées à des pâturages extensifs ou à de vastes exploitations. Elles n'ont que peu d'intérêt pour les petites exploitations où l'on souhaite surtout des animaux de trait et des productrices de lait.

La thèse sous-tendant cet exposé remet aussi en question le développement de races laitières spécialisées dans les pays tropicaux. Bien que les avantages biologiques de la création de races qui supportent bien la chaleur et les tiques soient indéniables, l'intérêt financier et le temps nécessaire pour la mise en œuvre de tels programmes sont discutables. Il n'y a pratiquement aucune raison de créer, pour les pays du Tiers Monde, des vaches qui se laissent traire en l'absence de leurs veaux.

Tous ces objectifs peuvent se justifier pleinement dans un contexte de technologie avancée, de systèmes nécessitant peu de main-d'œuvre et conçus en fonction de facteurs propres aux pays industrialisés. Il est fort douteux cependant que ces critères coïncident avec les besoins des pays tropicaux en développement, sauf dans le cas de contextes écologiques très particuliers.

2.4 Allaitement des veaux

L'importation de races laitières spécialisées, ou la fécondation de vaches locales avec de la semence importée, issue des races précédentes sont les méthodes les plus fréquemment prônées pour mettre en place une industrie laitière dans les pays en développement. Parmi les règles constituant le «bagage technologique», il est recommandé, d'une façon générale, de séparer les veaux de leurs mères quelques jours après la naissance, et de les nourrir au seau, soit avec du lait de vache, soit avec un lactoremplaceur. Cette pratique est de plus en plus critiquée (Preston 1977; Ryle et Orskov 1985), car considérée comme inappropriée dans le cadre des modes d'alimentation et d'élevage pratiqués dans la plupart des pays en développement. L'allaitement restreint du veau, en général par sa propre mère, est considéré comme une méthode plus intéressante (Preston 1983).

Dans les pays tropicaux, les animaux les mieux adaptés pour la production laitière sont les bufflesses et les vaches croisées, car ces animaux disposent d'un potentiel génétique suffisant pour produire du lait à partir des aliments disponibles et ont la capacité de supporter les contraintes du milieu local. Le lait est donc produit dans le contexte d'une alimentation maigre (régimes à base de déchets de récolte et/ou de pâturage pauvre en N), d'un climat chaud et souvent humide, sous la menace permanente de maladies transmissibles par certains vecteurs.

La proportion de gènes «indigènes» (en général Bos indicus) chez une vache croisée ne devrait presque jamais être inférieure à 50%. Une caractéristique de ce type d'animal est que sa «descente» de lait et la persistance de sa production laitière sont faibles par rapport à celles des races laitières spécialisées des pays tempérés, à moins que le veau ne soit présent au moment de la traite. Ceci a conduit des chercheurs à souligner les avantages de la création de races dont les proportions en gènes de races laitières européennes dépasseraient 50 à 70%. En effet, cette proportion semble être la quantité minimale de sang exotique requis pour assurer une bonne descente du lait sans stimulation par le veau (voir Figure 2.7).


FIGURE 2.7 Effet du génotype (degré de croisement de Holstein ou des Brunes des Alpes avec des vaches zébu) sur l'incidence de lactations brèves (moins de 100 jours). Les vaches ont été traites sans être stimulées par 1 e veau (d'après Alvarez et al. 1980).

La descente de lait en l'absence du veau n'est un problème que lorsque le coût élevé de la main-d'œuvre impose que les vaches soient traites à la machine dans le cadre d'un système impliquant une production laitière élevée par ouvrier (par exemple: salles de traite «en épi» et «en manège» ). De tels systèmes ne conviennent pas dans la plupart des cas rencontrés dans les pays en développement où les troupeaux comptent de 1 à 5 têtes, où la main-d'œuvre familiale est relativement abondante et où le recours à la machine est coûteux et superflu.

Dans les pays en développement, les veaux devront tirer la plupart de leurs nutriments des aliments les moins chers et les plus disponibles; le fourrage pauvre en protéines et les déchets de récolte constituent la plus grande partie de leur alimentation. Dans un tel contexte, l'allaitement restreint permet au veau de croître de façon satisfaisante sur ce régime de base qui, seul, ne le permettrait pas. Cette technique consiste à laisser le veau boire une petite quantité de lait qui court-circuite totalement le rumen et constitue probablement la meilleure association d'acides aminés essentiels, de précurseurs du glucose et d'acides gras à longues chaînes. Le coût réel de ce complément vital pour le veau est minime puisque cet allaitement a lieu après la traite (on laisse le veau têter chaque trayon pendant quelques secondes avant la traite pour stimuler l'écoulement du lait). Dans la plupart des cas, ce procédé augmente la quantité totale de lait produite par la vache.

Il y a lieu de bien comprendre la différence existant entre les systèmes d'élevage des veaux dans les pays industrialisés et ceux des pays en développement. Dans les pays industrialisés, l'alimentation artificielle s'est imposée, mais elle implique de disposer de lactoremplaceurs composés de divers produits dont le lactosérum en poudre, le babeurre en poudre et le suif, que l'on peut se procurer à un prix inférieur à celui du lait entier vendu à la ferme. Cette alimentation liquide est complétée, puis progressivement remplacée, par des aliments à digestibilité élevée, riches en protéines et en amidon à base de céréales, de tourteaux d'oléagineux et de farines animales. La paille et l'herbe sèche du pâturage ne constituent jamais une source importante de nutriments durant la période de croissance et n'interviennent que lorsque l'animal entre dans le troupeau laitier.

En outre, les races laitières spécialisées «lâchent» leur lait aussi facilement à une machine qu'à un veau, et l'on a mis au point des systèmes de traite permettant une productivité élevée par unité de main-d'œuvre, qui est coûteuse. L'élevage artificiel convient donc aux pays industrialisés.

Dans les pays en développement, les avantages de l'allaitement restreint sont multiples, tant pour la vache que pour le veau:

- La descente de lait est stimulée, que la traite soit manuelle ou mécanique.
- La production de lait est accrue de près de 30% (Tableaux 2.6 et 2.7).
- Les risques de mammite sont considérablement réduits (Tableau 2.8).

TABLEAU 2.6

Effets d'un allaitement restreint sur la production laitière (kg/jour ou kg/lactation). Les comparaisons ont été effectuées le plus souvent au début de la lactation (durant 8 à 12 semaines après le vêlage) jusqu'au sevrage des veaux.

Race

Allaitement restreint

Animaux témoins (pas d'allaitement)

Auteurs


Traite

Veau

Total



Production laitière journalière (kg/jour)

Holstein

16

5

21


(1)

Holstein

6.2

6.9

13.1

10.7

(2)

Holstein

7.8

6.8

14.6

9.7

(3)

Holst. x Zebu

3.9

6.6

10.5

6.3

(3)

Sahiwal

4.3

2.7

6.9

2.7

(4)

Créole

7.9

2.7

10.6

8.8

(5)

Herdf. x Frisonne

4.5

3.9

8.4

4.9

(5)

Production de la lactation (kg)

(Holst & Suiss.)

910

560

470

218

(6)

Holstein

3424*

-

3424

2340

(1)

Holstein

1598*

-

1598

1463

(2)

* De 8 semaines à la fin de la lactation (les veaux ont été sevrés à l'âge de 8 semaines).
(1) Paredes et al. 1981;
(2) Ugarte and Preston 1975;
(3) Ugarte et al. 1972;
(4) Khan and Preston 1985;
(5) Gaya et al. 1977;
(6) Alvarez et al. 1980.

TABLEAU 2.7

Résultats d'un essai réalise en Malaisie: des vaches de race croisée (Frisonne x Sahiwal) ont été traites à la main en présence de leur veau ou à la machine sans stimulation par le veau. Les productions laitières (non compris le lait consommé par le veau dans le cas de la traite manuelle) étaient beaucoup plus élevées lorsque le veau était impliqué dans la technique de traite (d'après Cheah et Kumar 1984. Cités par K. Lewis dans une communication personnelle).


Traite manuelle/ allaitement

Traite mécanique

Produit de la traite (kg/jour)

1860

1410

Durée de la lactation (jours)

330

229

Intervalles entre vêlages (jours)

438

419

TABLEAU 2.8

L'incidence des mammites chez des vaches zébues croisées Holstein (et Brunes des Alpes) s'est trouvée réduite lorsqu'elles étaient traites et tétées par rapport à celles qui étaient traites sans être tétées (Alvarez et al. 1980).


Pas de tétée

Allaitement restreint

Nombre de vaches expérimentales

45

47

Nombre de quartiers

540

560

Incidence des mammites (%)*




Négative (-)

54

77


Douteuse (+)

13

14


Positive (++)

21

6


Très positive (+++)

11

1

Cas cliniques

7

0

Quartiers perdus

2

0

* Contrôle californien des mammites (CMT)


FIGURE 2.8 Des vaches Holstein au Venezuela ont été traites à la machine, tandis que leurs veaux étaient sevrés à la naissance (et allaités artificiellement) ou pouvaient téter leurs mères. après la traite, pendant une trentaine de minutes. On a constaté chez les vaches soumises à l'allaitement restreint une production laitière plus élevée et moindre perte de poids vif après le vêlage (d'après Velazco et al. 1982a).

TABLEAU 2.9

La vitesse de croissance et la conversion du lait en gain de poids vif sont améliorés lorsque les veaux sont élevés allaitement restreint plutôt que nourris au seau.

Race

Vitesse de croissance (g/jour)

Conversion du lait*

Auteurs


Allaitement restreint

Allaitement au seau

Allaitement restreint

Allaitement au seau


Buffle

170

340

3.5

5.2

(1)

Suiss.

460

280

-

-

(2)

Holstein

770

500

7.8

8.0

(3)

Sahiwal & Suiss.

550

370

5.0

9.7

(4)

Creole

320

410

8.4

9.3

(5)

Herdf. x Frison.

500

350

7.8

11.4

(5)

Holstein

860

580

5.9

6.9

(6)

Bufflesse

460

330

6.2

8.5

(7)

* Rapport entre la quantité de lait consommée par le veau et le gain de poids de ce dernier (kg/kg).

(1) Perdok et al. 1982;
(2) Alvarez et al. 1980;
(3) Velazco et al. 1982b;
(4) Khan and Preston (1985);
(5) Gava et al. 1977;
(6) Paredes et al. 1981;
(7) T. R. Preston, unpublished data.

TABLEAU 2.10

Effets de l'allaitement restreint (AR) sur l'intervalle entre vêlages chez des vaches en lactation.

Race

Intervalle entre vêlages

Auteurs


Témoin

AR


Holstein

352

352

(1)

Holstein x Zébu

336

343

(1)

Holstein x Zébu

-

350

(2)

Holstein

365

373

(3)

Holstein x Zébu xsses

-

380

(4)

Holstein x Zébu

399

422

(5)

Holst./Brune des Alpes x Zébu

474

416

(6)

Holstein

392

394

(7)

(1) Ugarte and Preston 1972;
(2) Veitia and Simon (1972;
(3) Ugarte and Preston 1975;
(4) Fernandez et al. 1977;
(5) Ugarte and Maldonado 1979;
(6) Alvarez et al. 1980;
(7) Paredes et al. 1982.

- Les vaches qui continuent d'allaiter leurs veaux se révèlent moins troublées et maigrissent moins après le vêlage que les vaches que l'on sépare de leurs veaux dans les jours qui suivent la naissance (Figure 2.8). Cette différence peut s'expliquer par le fait que les vaches troublées par l'éloignement de leur veau subissent une perte de glucose qui doit être compensée par une mobilisation de glycérol prélevé dans les réserves corporelles de tissus adipeux.

- La croissance et la santé du veau sont nettement meilleures que celles d'animaux recevant la même quantité de lait avec une tétine ou dans un seau (Tableau 2.9).

- La fertilité n'est guère ou pas du tout modifiée (Tableau 2.10).

2.5 Reproduction

Dans les pays industrialisés, la plupart des vaches laitières sont fécondées par insémination artificielle (IA). La raison principale de cette pratique est que l'IA est un élément essentiel des programmes du testage sur la descendance. Ces programmes tendent à améliorer le potentiel génétique sur des critères zootechniques d'intérêt économique comme la production de lait et la composition de ce lait. L'IA est aussi un moyen de limiter la propagation de maladies sexuelles transmissibles.

Telle qu'elle est pratiquée dans les pays industrialisés (le plus souvent en climats tempérés), l'IA permet, en général, d'atteindre la même efficacité de reproduction (exprimée par l'intervalle moyen séparant vêlages au sein d'un troupeau) que la monte naturelle. Mais l'argument principal en faveur de l'IA est son rôle en tant que moyen d'amélioration génétique. Par contre, on constate qu'elle est rarement pratiquée dans les troupeaux de race «à viande» conduits de manière extensive. En effet, dans ce contexte, la monte naturelle est plus efficace et on a moins de raisons économiques de procéder à des améliorations génétiques (comme pour la production laitière).

La thèse sous-jacente à cet exposé est qu'il n'y a guère ou pas de place dans les pays tropicaux pour une politique laitière spécialisée comme celle pratiquée dans les pays industrialisés. Selon cette thèse, il est techniquement et économiquement plus intéressant, même sur le plan national, de faire produire pour la vente et la consommation humaine, peu de lait par beaucoup de vaches que beaucoup de lait par quelques vaches «d'élite» et rien par les autres. Les arguments étayant cette thèse sont exposés en détail dans d'autres parties de ce Chapitre ainsi que dans les Chapitres 3 et 4.

La production laitière «limite» suggérée est de 2000 à 2500 kg par lactation. Un tel objectif est facilement réalisable par croisement en ayant recours à du matériel génétique existant déjà et disponible à peu de frais dans de nombreux pays (voir Chapitre 6). Et même si cela était possible sur les plans technique et économique (ce qui, le plus souvent, n'est pas le cas!), rien ne justifierait sur le plan scientifique la mise en œuvre de programmes d'amélioration génétique axés sur la production de lait dans les pays en développement.

Le principal argument en faveur de l'élaboration de programmes d'insémination artificielle se trouve donc sérieusement ébranlé et le problème essentiel consiste à déterminer la meilleure façon d'accroître l'efficacité de la reproduction, exprimé en termes d'intervalles moyens entre vêlages au sein du troupeau.


FIGURE 2.9 Teneurs sanguines en progestérone de vaches Holstein au cours des 100 premiers jours de la lactation. Selon le lot, les veaux pouvaient ou non téter leurs mères après la traite (Velazco et al. 1982b).

Le point de vue pratique des éleveurs en zone tropicale est que la monte naturelle est plus efficace que l'IA pour obtenir une gestation chez les vaches (et les bufflesses). L'inséminateur est confronté à une grande difficulté, à savoir la détection des chaleurs qui, dans les pays tropicaux, sont plus courtes et moins intenses en raison de facteurs inhérents au milieu (alimentation et climat), aux races (zébus Bos indicus et buffles par rapport aux taurins Bos taurus) et aux conditions d'élevage (allaitement des veaux).

La Figure 2.9 montre l'effet de l'allaitement restreint des veaux sur la teneur sanguine en progestérone des vaches de race Holstein en début de lactation. Les ovaires redeviennent actifs quelque 3 semaines après le vêlage tant dans le lot témoin (retrait des veaux et élevage séparé) que dans le lot «allaitant» , mais l'amplitude des cycles de la progestérone était moins accusée chez les vaches qui allaitaient leurs veaux après la traite. On peut s'attendre avec ce type de cycle à une forte incidence des chaleurs inapparentes, ce qui explique les difficultés rencontrées pour inséminer les vaches des troupeaux à double fin dont les veaux sont allaités, même de manière restreinte.

La Figure 2.10 montre l'effet stupéfiant sur les intervalles de vêlage, dans un troupeau à double fin de l'île Maurice, du remplacement de l'IA par la monte naturelle, les taureaux étant en contact permanent avec les vaches dès le 56 e jour après la mise bas.


FIGURE 2.10 Effet du mode de fécondation (insémination artificielle ou saillie naturelle) sur l'intervalle entre vêlages dans un troupeau à «double fin» (Frisonne x Créole) dont les veaux étaient soumis à l'allaitement restreint (Naidoo et al. 1981).

3.0 Alimentation et production laitière dans les pays tropicaux

3.1 Contraintes et perspectives

La nutrition est la première contrainte pour la production laitière dans la plupart des pays tropicaux en développement. Pour comprendre cet état de fait et concevoir des programmes de production adaptés à ces pays, il est nécessaire d'analyser comment se présentent les ressources alimentaires de base disponibles dans ces pays, et de les comparer

1) aux régimes alimentaires classiques pratiqués, pour les vaches laitières, dans les pays industrialisés
2) aux besoins nutritionnels théoriques recommandés pour la production laitière.

Les aliments bon marché pour ruminants les plus disponibles dans les pays tropicaux en développement sont les prairies naturelles, les déchets de récolte et, dans une moindre mesure, les sous-produits agro-industriels. Les sources d'azote non protéique comme l'urée et l'ammoniaque sont également faciles à obtenir et leur prix est compétitif avec deux des protéines (par unité d'azote), car elles sont en général les principales sources d'engrais azotés. Les aliments coûteux et souvent indisponibles (ou exportés) sont les aliments protéiques obtenus par traitement des oléagineux (tourteaux) et des tissus animaux (farine de viande et de poisson), ainsi que les issues de meunerie.

Les aliments bon marché disponibles sont donc principalement des sources de glucides et d'azote qui ne sont utilisables que par fermentation digestive. Ce fait confère un avantage immédiat aux ruminants qui, lorsqu'ils sont nourris et élevés correctement, jouent un rôle franchement synergique dans la satisfaction des besoins du rumen. La différence avec l'utilisation des ressources alimentaires pour les ruminants dans les pays industrialisés vaut d'être soulignée, car cette utilisation (où dominent les céréales riches en amidon et les tourteaux d'oléagineux) dépend dans une bien moindre mesure d'un bon fonctionnement du rumen. En fait, ces types d'aliments sont mieux mis à profit par des animaux monogastriques et/ou lorsqu'on les donne à des ruminants sous une forme qui minimise leur fermentation dans le rumen (par exemple, en favorisant le transit des glucides et des protéines du rumen de manière à ce qu'ils soient digérés dans l'intestin).

3.2 Optimisation du recours aux ressources alimentaires locales

Le premier pas dans la voie de l'utilisation rationnelle des ressources alimentaires tropicales consiste à maximiser le rôle du rumen. Ceci revient en général à maximiser le taux de dégradation des glucides membranaires (l'exception étant constituée par les régimes à base de mélasse riche en sucre). Après une fermentation ruménale intense qui se caractérise par la production d'acides gras volatils (AGV) et de protéines bactériennes, l'étape suivante consiste à équilibrer ces produits finaux de la digestion avec des acides aminés, du glucose (et/ou ses précurseurs) et des acides gras à chaînes longues qui sont requis, en quantités variables, par toutes les fonctions productrices telles que travail, croissance, reproduction et lactation.

La capacité de la ration à satisfaire ces besoins dépend:

- Du mode de fermentation dans le rumen, car celui-ci détermine la quantité relative de protéines bactériennes pour la production d'AGV et la proportion d'acide propionique dans les AGV du rumen, le propionate étant le principal précurseur du glucose.

- Des quantités de protéines, d'amidon et de graisses dans la ration (plus fréquemment dans le complément) et les fractions de ces nutriments qui échappent à la fermentation ruménale.

La quantité de protéines du complément qui ne fermentent pas dans le rumen dépend en partie de leur taux de dégradation (solubilité) dans ce préestomac. Cette dégradation peut être grandement influencée par la vitesse du transit du liquide et de petites particules hors du rumen. Cette dernière caractéristique sera modifiée par le traitement des aliments (traitements physiques ou chimiques), la présence d'un peu de fourrage vert, la quantité de protéines parvenant dans le duodénum et certains facteurs externes comme la température et le mouvement (exercice ou travail).

Ces mêmes facteurs font varier l'apport en glucose et en précurseurs du glycogène en fonction de la dérivation éventuelle d'amidon vers le duodénum. Néanmoins, la nature de la fermentation au sein du rumen aura une grande influence en terme d'apport en acide propionique.

3.3 Relation entre apports nutritionnels et fonctions de production

On manque d'informations pour pouvoir déterminer avec précision les proportions des divers nutriments nécessaires à la croissance, la reproduction, le travail et la synthèse du lait. Ce sont là les différentes fonctions physiologiques auxquelles il faut pourvoir dans la plupart des entreprises laitières des pays en développement.

Il est cependant possible d'évaluer approximativement ces besoins dans le cadre d'un schéma où des priorités relatives seraient fixées aux groupes de nutriments, selon les processus physiologiques et biochimiques auxquels ils sont soumis pour obtenir un état particulier de productivité (voir Tableau 3.1). Le travail est inclu dans cette liste, car le concept de vache à aptitudes multiples, qui travaille, se reproduit et donne du lait, trouve de plus en plus sa justification, en particulier dans les pays où la pression foncière est particulièrement forte.

TABLEAU 3.1

Nutriments indispensables, facteurs limitant la production dans différentes phases physiologiques. Il est important que ces nutriments soient administrés en quantités suffisantes et selon des rapports précis pour couvrir les besoins d'un état physiologique particulier. Lorsque les proportions entre ces nutriments dans les produits absorbés sont optimisées, l'appétit et l'efficacité alimentaire s'en trouvent améliorés.

Fonction physiologique

Nutriments indispensables

Croissance (musculaire)

Acides aminés

Croissance (engraissement)

Glucose, AGLC*, acides aminés

Puberté

Glucose, acides aminés

Fécondation

Glucose, acides aminés

Gestation

Glucose, acides aminés

Lactation

Glucose, acides aminés, AGLC

Travail

Glucose, AGLC

* Acides gras à longues chaînes

Les groupes de nutriments qui doivent subir des variations sont:

- acides gras volatils (énergie)
- glucose (énergie)
- acides aminés
- acides gras à longues chaînes (AGLC)

L'énergie des acides gras volatils (AGV) est issue de la fermentation ruménale de tous les types de matière organique, surtout des glucides. Le principal moyen d'accroitre l'apport d'énergie à partir des AGV d'un aliment donné est d'en augmenter l'ingestion et/ou la dégradabilité dans le rumen en complétant avec des protéines à digestion différée et/ou en effectuant un traitement alcalin (le plus souvent ammoniacal).

Les manipulations du rumen en vue d'obtenir un complément de protéines et de précurseurs du glucose en sont encore au stade expérimental. Le complément à la ration est le moyen le plus évident de modifier l'apport en acides aminés, en glucose et en ses précurseurs.

La plupart des compléments sont chers et leur emploi dans l'alimentation des ruminants concurrence l'alimentation des monogastriques et celle de l'homme. Si l'aliment de base est un produit de faible valeur nutritive, qui aurait été perdu s'il n'était pas consommé par des ruminants, on peut avancer que les ruminants utilisent les compléments concentrés de façon plus rentable que les monogastriques. C'est pour cette raison que l'on a utilisé l'expression «complément catalytique» pour décrire ces effets (Preston et Leng 1980). Le lait absorbé en petites quantités (moins de 2 litres par jour), à titre de complément, par les veaux recevant une ration à base de paille ou de mélasse, est un bon exemple de complément «catalytique» .

Il est impératif que la recherche nutritionnelle se concentre enfin sur l'interprétation de courbes (ou de surfaces) de réponses établissant une corrélation entre l'utilisation d'un complément et la productivité de l'animal, de manière à pouvoir distinguer les optima économiques des optima biologiques. En règle générale, un complément cesse d'être catalytique s'il représente plus de 30% de la quantité de matières sèches. Au-delà de cette valeur, son rôle croît en importance et une substitution se produit.

Les fonctions productrices des ruminants et la nécessité de distribuer des compléments nutritionnels sont étudiées en détail par Preston et Leng (1986). Les conclusions de leurs recherches peuvent se résumer comme suit:

3.3.1 Travail

Le travail demande de l'ATP (acide adénosine-triphosphorique), issu surtout de l'oxydation des AGVCL et, dans une moindre mesure, de l'acétate. Il faut nécessairement des composés glucogéniques et des acides aminés pour restaurer l'usure et la dégradation des tissus et remplacer les sécrétions protéiques (voir Leng 1985). Par conséquent, chez une vache de trait, les disponibilités en glucose et en AGCL sont susceptibles de constituer les principaux facteurs limitant la production laitière. Si une vache doit travailler sans que sa production de lait soit réduite, il faudra lui fournir des compléments accroissant l'apport en glucose et en AGLC. Comme ces deux substances proviennent de la mobilisation des réserves corporelles, il est très important de permettre aux vaches de trait de s'engraisser durant la morte-saison et quand elles ne sont pas en lactation.

3.3.2 Entretien

L'entretien seul exige évidemment une moins grande dépense d'énergie que le travail, de sorte que les besoins en acides aminés (pour l'énergie) sont relativement plus faibles que chez l'animal qui travaille. Ces besoins seront toujours assurés par un système ruménal bien pourvu en azote fermentescible.

3.3.3 Croissance

Les animaux en croissance ont de grands besoins en acides aminés pour la synthèse tissulaire, et de glucose pour les processus d'oxydation dans certains tissus (le cerveau et le système nerveux central par exemple). En outre, des quantités considérables de glucose doivent être oxydées pour fournir les co-enzymes réduits (NADPH) nécessaires pour la synthèse des graisses à partir d'acétate. Une source alimentaire d'AGLC directement convertibles en graisse réduira l'oxydation du glucose.

Des vitesses de croissance élevées ne peuvent être assurées par les produits de la seule fermentation ruménale et des compléments protéiques à digestion différée sont indispensables pour tirer parti de l'énergie des acides gras volatils absorbés. Des données en provenance du Bangladesh et de Cuba corroborent cette appréciation. Des bovins alimentés avec de la paille de riz ammoniaquée (ensilée avec de l'urée) et qui n'ont reçu comme complément que 50g de farine de poisson par jour, ont triplé leur gain de poids vif (Figure 3. 1). Ceux qui n'ont reçu qu'une ration à base de mélasse, au potentiel énergétique plus élevé, ont dû absorber un complément de 450g de farine de poisson par jour pour réaliser un gain de poids vif de 300 à 900g/jour (Figure 3.2).

3.3.4 Reproduction

La quantité de précurseurs du glucose par rapport à l'énergie totale est un facteur important d'un régime à haut niveau énergétique, ce qui contribue à améliorer la fécondité. Des recherches récentes ont montré que même si l'apport en protéines est satisfaisant, une amélioration de la «qualité» de l'énergie (augmentation des précurseurs du glucose dans les produits terminaux de la digestion) induisait une accélération de la puberté tant chez les mâles que chez les femelles (Tableau 3.2).

Les taux de fécondation des vaches maintenues sur des pâturages subtropicaux durant la saison sèche ont été améliorés par l'administration de protéines de digestion différée (Tableau 3.3). Un complément apportant de l'énergie fermentescible (mélasse) était beaucoup moins efficace. Ceci confirme l'étude de Moseley et al. (1982) selon laquelle le point essentiel est la «qualité» de l'énergie (c'est-à-dire de l'énergie sous forme de composés glycogéniques).


FIGURE 3.1 Un petit complément de farine de poisson accroît très sensiblement le poids vif et le poids de la carcasse de jeunes zébus dont le régime de base consistait en paille de riz ammoniaquée (ensilage enrichi en urée). Expérience réalisée au Bangladesh (d'après Saadullah 1984).


FIGURE 3.2 L'addition de farine de poisson à un régime à base de mélasse/urée et d'une quantité limitée de fourrage a amélioré la vitesse de croissance et l'indice de consommation. La réponse était curvilinéaire (d'après Preston et Willis 1974).

TABLEAU 3.2

En accroissant le pouvoir glycogénique des produits terminaux de la fermentation ruménale (en distribuant du monensin ou du lasalocid) chez des taureaux et des génisses en croissance, on améliore leur fécondité (Neuendorff et al. 1982; Moseley et al. 1982).


Taureaux

Génisses


Témoins

Lasalocid

Témoins

Monensin

AGV dans le rumen (% molaire)






Acétate

65

60

74

69


Propionate

21

32

19

26


Butyrate

15

7

6

3

Volume des testicules (cm³)

57

91



Augmentation de la circonférence du scrotum (cm)

31

53



Fécondité (% de génisses cyclées)



58

92

TABLEAU 3.3

Poids vif et taux de fécondité de génisses allaitantes (au pâturage avec leur veau) et recevant en saison sèche seulement un complément journalier de 1,9 kg d'un mélange à base de mélasse ou de 1,5 kg de graines de coton (Hennessy 1986).

Complément

Poids vif (kg)

Gestation (%)

Rien

302

10

Mélasse

332

20

Graines de coton

343

60

La croissance du foetus n'a que peu d'effets sur les besoins en protéines et en énergie des ruminants jusqu'au dernier tiers de la gestation, lors de la formation de la majeure partie des tissus foetaux. Il est apparu que le bon fonctionnement du rumen, même dans le cas d'aliments peu digestibles, pouvait suffire pour engendrer des animaux viables et d'un poids normal. Cette constatation ressort d'études au cours desquelles on a ajouté de l'urée à l'eau de boisson de brebis élevées sur des pâtures pauvres en azote (Tableau 3.4).

Le poids du veau à sa naissance était plus élevé lorsque la mère avait, durant la gestation, reçu une ration de base constituée de foin à faible digestibilité (45%) et un complément d'urée. Néanmoins, pour éviter une perte de poids et/ou pour favoriser un gain de poids de la mère durant la gestation, il a été nécessaire d'administrer un complément protéique à digestion différée (Tableau 3.5).

TABLEAU 3.4

Poids à la naissance et vitesse de croissance d'agneaux, consommation d'aliment et d'azote, production laitière et variation du poids vif chez des brebis élevées dans des pâturages secs pauvres en azote (d'après Stephenson et al. 1981).


Pâturage


Sans addition d'urée

Urée (2,2 g/litre)

Urée (1%, poids pour poids, de l'herbe)

Consommation alimentaire (g/jour)

900

1190

1250

Consommation d'azote

8

15

18

Modification du poids vif par brebis (kg)

12

8

9

Production laitière (en ml par 4 heures)*

60

np**

94

Agneaux survivants (en % des brebis)

60

80

80

Poids de l'agneau à sa naissance

2.9

3.2

3.2

Vitesse de croissance de l'agneau (g/jour)

35

81

84

* Jours 1, 11 et 21.
** Non précisé.

TABLEAU 3.5

Variations du poids vif et de la consommation alimentaire chez des vaches en gestation (415 kg de poids vif) ne recevant que du foin pauvre en azote ou un complément de 55g d'azote sous forme d'urée/soufre et 1 kg par jour de protéines à digestion différée (80% de graines de coton, 10% de farine de viande, 10% de farine de poisson: tannées par du formaldéhyde) pendant les 60 derniers jours de la gestation (d'après Lindsay et al. 1982).

Complément

Consommation de foin (kg de matière sèche/jour)

Modifications du poids vif (g/jour)

Poids du veau à sa naissance (kg)

Aucun

4.2

-810

22

Urée/soufre

6.2

-310

31

Urée/soufre + prot. tannées

8.1

+750

32

3.3.5 Production laitière

Avec des rations à base de déchets de récolte et de sous-produits agro-industriels, la principale contrainte pour la production laitière semble être la disponibilité en précurseurs de glucogène. En effet, ce dernier fournit le glucose nécessaire à la synthèse du lactose et à l'oxydation qui produit le NADPH, élément essentiel à la synthèse des AGCL. Cela a été clairement démontré par des études réalisées à Cuba avec des régimes à base de mélasse (Figure 3.3) et où la production laitière était directement liée aux proportions molaires d'acide propionique dans les AGV du rumen.


FIGURE 3.3 Expérience réalisée à Cuba. Effet du remplacement de mais en grains par de la mélasse sur la fermentation ruménale, la consommation alimentaire et la production laitière de vaches Holstein. A l'augmentation de l'apport de mélasse dans la ration correspondait une production réduite d'acide propionique, une baisse de l'appétit et de la production laitière (d'après Clark et al. 1972).

Il paraît évident que chez les grands ruminants près de 50% des acides gras du lait proviennent des graisses alimentaires. Une ration assurant un apport en lipides peut donc réduire considérablement tout déséquilibre dû à des carences relatives en éléments glycogéniques et en acides aminés dans les produits finaux de la digestion ruménale. Dans bien des systèmes d'alimentation mis en œuvre en zone tropicale, le taux des matières grasses de la ration pourrait bien être un facteur limitant de la production laitière.

Les points à souligner sont les suivants:

- Les protéines à digestion différée, en raison de leurs effets sur l'ingestion d'aliments, stimulent presque toujours la production du lait (Figure 3.4) et, en fonction du déséquilibre entre les nutriments (fermentescibilité) peuvent induire chez les animaux une mobilisation de leurs réserves corporelles (Orskov et al. 1977). Ceci peut être évité par l'emploi d'aliments riches en graisses et en protéines, qui assurent l'apport tant de protéines que d'AGLC pour la digestion post-ruménale.

- L'amidon à digestion différée, une modification du rumen en faveur d'une production accrue de propionate (par un supplément en monensin), parce qu'il équilibre les besoins nutritionnels pour la production de lait, peut prévenir une mobilisation des réserves corporelles sans effets trop accusés sur la consommation d'aliments et, par conséquent, sur la production laitière. Mais comme il équilibre les nutriments nécessaires à la production laitière, l'utilisation de l'énergie est plus efficace et le poids corporel souvent augmenté (Tableau 3.6).


FIGURE 3.4 La production laitière de vaches (au Bangladesh) consommant de la paille de riz ammoniaquée présentait une corrélation linéaire avec la quantité de farine de poisson distribuée en complément (M. Saadullah, communication personnelle).

TABLEAU 3.6

Effets de protéines à digestion intestinale (graines de coton: 70%; grains de riz: 30%) et d'amidon à digestion différée (grains de riz 70%; graines de coton 30%) comparés à ceux d'un mélange fermentescible d'amidon et d'azote (mélange grains de blé et d'orge 84%; 1,2% urée) sur le poids vif de vaches Holstein pâturant du millet japonais (Throckmorton et Leng 1984).


Mélange fermentescible

Aliments à digestion différée


amidon/azote

Protéines

Amidon

Production de lait (kg/jour)

16.7

18.1

17.9

Taux butyreux du lait

3.9

3.9

4.0

Variations du poids vif (g/jour)

-120

+80

+250

3.4 Principes de la complémentation

Le schéma proposé (Tableau 3.7) est empirique, mais il paraît adapté aux conditions rencontrées dans la plupart des pays en développement.

TABLEAU 3.7

Compléments à administrer en priorité dans le cas de régimes à base de ressources alimentaires tropicales pauvres en azote (telles que déchets fibreux de récolte, sous-produits agro-industriels riches en sucre ou plantes fourragères à croissance rapide).

1: Azote fermentescible (3g d'azote par 100g de glucides fermentescibles)
2: Facteurs ruménals

* Teneurs en fourrage grossier (pour stimuler la mobilité des papilles du rumen)

* Micronutriments et éléments cellulosiques facilement fermentescibles (fournis par apport de petites quantités graminées ou de légumineuses)

3: Manipulation de l'équilibre des produits terminaux de la fermentation (augmentation de l'apport en acides aminés, glucose et précurseurs du glucose, en acides gras à longues chaînes

* Protéines, amidon et AGLC à digestion intestinale

* Manipulation de la fermentation ruménale (augmentation du propionate, réduction des protozoaires).

3.4.1 Choix d'un aliment de base riche en glucides

La première mesure consiste à choisir la principale source de glucides en fonction de sa disponibilité, de sa fermentescibilité et de son prix. Les autres nutriments seront alors fournis selon leur nécessité relative et leur prix.

3.4.2 Azote fermentescible

Le premier complément à envisager devrait être une source d'azote fermentescible (généralement l'urée ou l'ammoniaque) qui maintiendra la teneur en ammoniaque du rumen au-dessus de 150 mg/litre de jus de rumen. La quantité minimale d'ammoniaque ruménale généralement recommandée pour que les glucides fermentescibles soient utilisés efficacement dans le cadre de la croissance microbienne est de 50 mg/litre. Mais cette quantité apparaît trop faible pour optimiser la dégradation des matières cellulosiques, car la vitesse de disparition de la cellulose et de l'hémicellulose contenues dans des sacs en nylon placés dans le rumen s'est accrue lorsque la teneur en ammoniaque a été augmentée à 200 mg/litre (voir Figure 3.5). Lorsque le substrat consistait en rafles de maïs traitées avec un produit alcalin (Alvarez et al. 1983), le taux de perte de matières dans les sacs en nylon placés dans le rumen a augmenté de façon linéaire quand la teneur en ammoniaque du rumen est passé de 30 à 120 mg/litre de jus de rumen. Le taux de dégradation des glucides des parois cellulaires revêt une importance capitale lorsque le régime est constitué de déchets agricoles, car c'est finalement la vitesse de dégradation de la cellulose qui limite l'absorption des aliments et, par conséquent, la productivité de l'animal.


FIGURE 3.5 Effet de la concentration en ammoniaque dans le rumen sur la vitesse de dégradation de la cellulose (bourre de coton), placée dans des sacs en nylon mis en suspension dans des rumens de moutons. Ces moutons ont reçu un régime à base de foin d'avoine et avaient accès a des blocs à lécher de mélasse contenant 0, 10, 15 ou 20% d'urée (d'après Krebs et Leng 1984).

Lorsque la teneur en ammoniaque du rumen est inférieure à 150 mg/l, il est conseillé de contrôler les effets d'une addition d'urée dans le contexte du terrain ou d'un élevage. D'une façon générale, si l'on suspecte une carence, l'urée doit être ajoutée à concurrence de I à 2% de la teneur en matière organique de la ration. Il est souhaitable que le complément assure un apport à peu près continu d'azote ammoniacal dans le rumen; l'emploi de blocs de mélasse/urée (Leng et Preston 1984; Sansoucy 1986) ou de mélanges de mélasse et d'urée liquide (10%) est un bon moyen d'y parvenir (Preston 1986). Le traitement ammoniacal au moyen d'ammoniaque ou d'urée incorporée à l'ensilage, est une autre façon d'assurer un apport permanent d'ammoniaque au rumen; elle a, en outre, l'avantage d'améliorer la composante glucidique (Sundstol et Coxworth 1984). Une technique toute récente consiste à produire de l'ammoniaque à partir de mélanges de produits chimiques secs (sulfate ammoniaqué et chaux vive par exemple) et d'eau (Mason et al. 1986).

3.4.3 Fourrage à haute digestibilité

Le deuxième complément devrait être un fourrage à haute digestibilité, de préférence une légumineuse ou une graminée immature, administré à raison de 10 à 20% de la ration. La pulpe de betterave sucrière (et vraisemblablement la pulpe d'agrumes, dont la composition est similaire) joue un rôle comparable (voir Tableau 3.8). L'action exacte de ce type de complément sur la fonction ruménale n'est pas bien élucidée. D'une certaine façon, elle contribue à réaliser un meilleur environnement dans le rumen pour la digestion des glucides des parois cellulaires. Dans le cas du fourrage vert, l'effet peut être dû à l'apport de micro-nutriments (peptides, acides aminés, minéraux et vitamines) qui accroissent la biomasse fongique et/ou la vitesse de colonisation bactérienne des éléments ligneux. La pulpe de betterave s'avère être un substrat particulièrement favorable à une colonisation bactérienne (Silva et Orskov 1985).

3.4.4 Protéines à digestion différée

Le troisième complément devrait être un tourteau d'oléagineux, son de céréale ou une farine animale (source de protéines et de matières grasses) qui doit être administré en quantités n'excédant pas 30% de la quantité totale de matière sèche de la ration.. La limite est fixée à 30% pour éviter une dépression/substitution de l'énergie digestible de la ration de base. Des quantités moindres peuvent être plus économiques et il est dès lors indispensable de procéder à des essais d'alimentation pour préciser les proportions qui donnent les meilleurs résultats (par exemple: Figures 3.1, 3.2, 3.3 et 3.4). De cette façon, la quantité de complément peut être adaptée en fonction de la productivité de l'animal. Le niveau optimal (sur le plan économique plutôt que biologique) et le degré d'efficacité du complément seront fonction de la fermentescibilité de la ration de base.

TABLEAU 3.8

L'amélioration du milieu ruménal chez des moutons recevant des déchets fibreux de récolte et des produits à digestion différée avec, en complément, de l'herbe à haute digestibilité (pulpe de sisal) ou de la pulpe de betterave sucrière (ration de paille d'orge) élève le taux de dégradation des fibres des sacs de nylon dans le rumen et stimule l'appétit (d'après Gutierrez et Elliott 1984; Silva et Orskov 1985).

Denrée en sac nylon

Proportion en % de Cynodon dans de la pulpe de sisal ensilée*


0

25

50

Pourcentage de dégradation de la matière sèche en 48 heures





Cellulose

42

86

86


Pulpe de sisal

61

75

75

Consommation de matière sèche (g/kg de poids vif/jour)

20

35

38


Proportion en % de pulpe de betterave dans de la paille d'orge*


0

15

Pourcentage de dégradation de la matière sèche de la paille en 48 heures

46

50

Consommation de matière sèche (g/jour)

414

505

* Les régimes de base ont été complétés avec des minéraux et des vitamines.

3.4.5 Acides gras à chaînes longues (AGCL)

Le fait de compléter avec une source d'AGCL est une stratégie qui semble prometteuse, en particulier dans le cas de régimes pauvres en lipides (déchets de récolte et mélasse). Mais de plus amples recherches s'imposent avant que l'on puisse formuler des recommandations.

4.0 Une alternative pour produire du lait dans les pays tropicaux en développement

4.1 Systèmes de production dans les pays industrialisés

Selon la thèse développée dans cet exposé, il est illogique de vouloir baser, dans les pays tropicaux en développement, des systèmes de production laitière sur l'utilisation de terres ou de ressources alimentaires dont la population humaine a elle-même besoin.

Il y a là une opposition marquée avec les systèmes d'alimentation et d'élevage intensifs pratiqués dans les pays industrialisés qui bénéficient de l'absence de pression sur la terre et d'un climat tempéré. Les céréales constituent la base du régime alimentaire et elles se situent à un niveau intéressant de prix par rapport au prix de vente du lait. Les engrais azotés sont accessibles à des prix concurrentiels et le climat «tempéré» permet à des ruminants de races laitières spécialisées comme les Holstein-Frisonnes d'éliminer la chaleur produite par la digestion et le métabolisme des grandes quantités d'aliments ingérés. L'objectif général est d'élever et de nourrir des vaches laitières spécialisées de manière à utiliser pleinement leur potentiel génétique.

Il en résulte les conséquences suivantes:

- L'utilisation quasi générale des vaches Holstein-Frisonnes en raison de leur grand appétit et de leur production laitière élevée.

- La dépendance à l'égard des céréales, des farines riches en protéines et des fourrages à haute digestibilité.

- L'emploi intensif d'engrais dans des pays dont les conditions sont favorables à l'exploitation de prairies et où la surface agricole utile est suffisante.

Ces technologies ne sont pas applicables dans les pays en développement parce que les conditions climatiques et les prix des céréales y sont totalement différents. Les tentatives d'application de ces technologies dans les pays tropicaux ont généralement échoué (Mason et Buvanendran 1982; Hodges 1984). Malgré cela, on continue de prôner leur transfert et, de ce fait, le lait est produit aux dépens des ressources alimentaires humaines puisqu'il faut distribuer des compléments à base de céréales ou produire des fourrages sur des terres qui pourraient être utilisées pour cultiver des aliments pour l'homme. Là où ces ressources alimentaires hautement nutritives n'ont pu être fournies de façon économique, les résultats ont généralement été désastreux: production laitière dérisoire, fécondité réduite et mortalité souvent élevée.

4.2 Elevage «à double fin» lait et viande: Une approche différente

Une variante à la mise en place d'un élevage laitier spécialisé consiste à encourager la production laitière à partir du cheptel et des ressources alimentaires existants, qui appartiennent dans une large mesure aux petits éleveurs. Il s'agit, en d'autres termes, d'utiliser au maximum des ressources alimentaires telles que résidus de récolte, sous-produits de cultures industrielles, fourrages à faible digestibilité et pauvres en azote, et d'utiliser les bovins et buffles locaux, qui n'ont pas été sélectionnés ni élevés pour la production de lait, mais bien plutôt pour le trait ou même la subsistance.

Les systèmes fondés sur les grands ruminants à double (souvent multiple) fin lait-viande (et trait??) présentent en général les caractéristiques suivantes:

- Les ressources alimentaires aisément disponibles (assurant l'apport en glucides fermentescibles de la ration) sont:

* la prairie naturelle (parfois améliorée) qui, durant la plus grande partie de l'année, est mûre et sèche (foin sur pied);

* les déchets de récolte (paille et balle de riz, sorgho, millet, blé et mais, têtes de cannes à sucre);

* sous-produits de cultures industrielles (tels que mélasse, pulpes d'agrumes, de café, de sisal; bananes déclassées);

* plantes fourragères tropicales à haut rendement telles que Pennisetum sp. et la canne à sucre.

- L'azote fermentescible dans le rumen est fourni par des blocs ou des aliments liquides d'urée/mélasse par l'aspersion des sources de glucides avec de l'urée, par traitement ammoniacal (en général, ensilage complété à l'urée) ou en distribuant des fientes de volaille.

- On donne aussi d'autres activateurs du rumen (sources de micro-nutriments, stimulants de la paroi ruménale, glucides facilement dégradables) généralement sous la forme de petites quantités de graminées immatures et de légumineuses.

- Les nutriments à digestion différée sont constitués par des produits oléagineux (graines de coton par exemple) ou animaux (farine de poisson), des issues de meunerie (son de riz, de blé) et des légumineuses (notamment fourrages arbustifs comme Lencaena, Gliricidia et Erythrina spp.).

- Le cheptel local est constitué de races croisées (un minimum de 25% de Bos indicus ou d'autres souches locales) ou de buffles.

- Tous les veaux (mâles et femelles) sont élevés en allaitement restreint. Ils peuvent être utilisés (ou non) pour provoquer la descente du lait, mais en tout cas ils doivent pouvoir téter le lait maternel de fin de traite, manuelle ou mécanique. Cette pratique sera normalement poursuivie tout au long de la lactation (parfois même au-delà).

- La monte naturelle sera pratiquée dans la majorité des cas, par des taureaux croisés, obtenus par insémination avec de la semence «testée» .

- Les vaches seront traites une fois par jour (deux fois par jour si la race et les ressources alimentaires disponibles le permettent et s'il y a des débouchés suffisants pour écouler le lait du soir).

- On pratique un isolement partiel (la nuit) ou total des vaches et des veaux dans des étables semi-ouvertes conçues pour le recyclage des déjections en vue de produire du méthane (biogaz) et des engrais.

5.0 Systèmes d'alimentation pour une production mixte lait-viande

Les principes nutritionnels visant à optimiser l'utilisation des ressources alimentaires disponibles dans les pays tropicaux en développement ont été exposés en détail au Chapitre 3.0. Le chapitre suivant décrit l'application de ces principes dans l'élaboration de systèmes d'alimentation utilisant les ressources alimentaires les plus disponibles sur place.

5.1 Systèmes d'alimentation pour animaux en croissance, gestation (4 derniers mois) ou lactation

5.1.1 Fourrage vert

Il peut constituer la base de la ration des génisses de remplacement (à partir du sevrage), des vaches en lactation et des taries. Dans les régions sub-tropicales, où l'on peut faire pousser une herbe à la fois très digestible et contenant plus de 2,5% d'azote dans la matière sèche (kikuyu et ray-grass), la consommation d'herbe est élevée; il est économiquement intéressant pour la production laitière d'y ajouter des compléments comme la mélasse ou le mais en grains (Chopping et al. 1976). Dans les régions purement tropicales, l'herbe a une teneur en azote moins élevée (moins de 2% de la matière sèche) et sa digestibilité l'est aussi (moins de 60%), de sorte que l'ingestion volontaire est le facteur limitant. Dans ces circonstances, l'apport de protéines à digestion différée a généralement un effet stimulant sur la croissance et la production laitière (Tableaux 5.1 et 5.2).

TABLEAU 5.1

Le gain de poids des bovins qui consomment au pâturage du Pangola grass (et recevant en outre 1,5 kg d'un mélange mélasse/urée par jour) était en corrélation avec la quantité de tourteau de tournesol incorporée dans le complément. Les déjections de volaille n'ont eu aucun effet (Delgado et al. 1977).

Quantité de complément (kg/jour)





Déjections de volaille

1.3

1.0

0.64

0.0

Tourteau de tournesol

0.0

0.12

0.31

0.6

Gain de poids vif (g/jour)

480

580

680

740

TABLEAU 5.2

Effets de compléments en glucides fermentescibles et en azote (mélasse/urée) ou de protéines à digestion différée (tourteau d'arachide) sur le taux de persistance de la production laitière (ajustée en fonction de la production sous régime standard durant la période pré-expérimentale) et les variations de poids vif de vaches recevant un régime à base d'herbe fraîchement récoltée (Setaria kazangula) (d'après Mapoon et al. 1977).


Pas de supplément

Mélasse/urée

Tourteau d'arachide

Production de lait (kg/jour)

6.1

7.6

7.9

Variation de poids vif (g/jour)

-720

-830

130

5.1.2 Déchets de récoltes, foin et pâture sèche pauvres en azote

La caractéristique de ces aliments est leur faible teneur en azote (moins de 1,0% de la matière sèche) et une faible digestibilité de la matière sèche (moins de 50%). Les limitations sont doubles: 1) insuffisance d'ammoniaque dans le rumen et 2) nécessité de fournir un complément d'acides aminés, de précurseurs du glucose et/ou d'acides gras à longues chaînes pour équilibrer les produits terminaux de la fermentation digestive. Les éléments du Tableau 5.3 montrent que des vaches croisées dont le régime de base consistait en foin de pâturin et qui avaient reçu en complément I kg de tourteaux d'oléagineux par jour ont augmenté leur production laitière lorsqu'on a mis à leur disposition des blocs d'urée (10%) et de mélasse. Il y avait une relation significative entre la production de lait et la teneur en ammoniaque du rumen (Figure 5.1).

TABLEAU 5.3

Effets d'un complément d'urée-mélasse (en bloc à lécher) sur la production laitière, les variations de poids vif et la consommation alimentaire de vaches croisées (Éthiopie) dont le régime de base consistait en du foin de pâturin pauvre en azote et faiblement digestible, complété par 2 kg/jour de tourteau de noug ( Guizotia abyssinica) (d'après Preston 1986).


Blocs à lécher à base d'urée-mélasse


-

+

Production laitière (kg/jour)*

5.17

5.94

Variation du poids vif (kg/jour)

-0.07

-0.18

Consommation alimentaire (kg/jour)




Foin

8.59

9.60


Blocs à lécher à base d'urée-mélasse

-

0.72+ 0.21


Tourteau de noug

1.9

1.92


Total

9.36

10.9

* Ajustée par covariance en fonction de la production de lait avant l'expérience et du poids vif moyen au cours de l'essai.

Des boeufs adultes (mais des vaches taries en gestation devraient réagir de la même façon), dont la ration de base comprenait de la paille de blé à volonté et 2 kg de tourteaux d'oléagineux par jour ont doublé leur vitesse de croissance lorsqu'ils ont eu accès à des blocs à lécher d'urée et de mélasse (Tableau 5.4).


FIGURE 5.1 Relation entre la teneur en ammoniaque du rumen (avant la distribution d'aliments) et la production laitière de vaches croisées (Frisonnes x zébus) alimentées comme suit: régime à base de foin de pâturin pauvre en azote (1,2%) et de faible digestibilité (43%), additionné (ou non) de mélasse-urée (10%) et de 2 kg/jour de tourteau d'oléagineux (T. R. Preston, R. A. Leng, P. J. Brummby et N. Nuwanyaka, données non publiées, citées par Preston 1986).

TABLEAU 5.4

Variation du poids vif, consommation alimentaire et indice de consommation chez les boeufs engraissés avec un régime à base de paille de blé et complété avec de l'urée, des blocs à lécher à base de mélasse-urée (10%) et/ou de tourteau d'oléagineux (H. Soller, cité par Preston 1986).


Urée

Blocs à lécher

Tourteau d'oléagineux

Tourteau d'oléagineux/ pierre à lécher

Variation du poids vif (g/jour)

-190

-70

220

570

Consommation alimentaire (kg MS/jour)

4.4

4.2

5.9

6.4

Indice de consommation

?

?

32

12

Lorsque de bonnes teneurs en ammoniaque produites dans le rumen (par exemple par traitement ammoniacal de la paille de riz comme ration de base), la production laitière qui en résulte est alors proportionnelle à la quantité de protéines à digestion différée (Figure 3.4).

L'enrichissement des déchets de récolte par l'ammoniaque a toujours accru la production laitière à condition de distribuer aussi un complément approprié de nutriments à digestion différée. Le traitement ammoniacal (ensilage en présence d'urée) d'une ration de base composée de paille de riz a beaucoup augmenté les productions laitières des vaches croisées au Bangladesh (Tableau 2.5) et des bufflesses au Sri Lanka (Tableau 5.5). La synergie du traitement ammoniacal et des compléments sur la croissance de génisses est présentée au Tableau 5.6. Le traitement ammoniacal seul a moins d'effet qu'un complément minimal (400 g/jour); en présence d'un complément modéré (800 g/jour), le traitement ammoniacal permet de doubler la croissance (600g au lieu de 300 g/jour).

TABLEAU 5.5

Effets du traitement à l'ammoniaque de la paille de riz (ensilage enrichi à l'urée) et d'un complément de légumineuse ( Gliricidia sepium) sur la production de lait et les variations du poids vif de bufflesses d'une part, la consommation du lait et la vitesse de croissance de leurs veaux d'autre pan. Toutes les vaches recevaient par jour I kg d'un mélange de céréales et de farine animale (d'après Perdok et al. 1982).

Paille de riz

Non traitée

Ammoniaquée

Gliricidia

-

+

-

+

Production laitière (kg/jour)






A la traite

2.2

2.7

3.1

3.4


Consommée par le veau

0.9

1.0

1.0

1.2


Total

3.1

3.7

4.1

4.6

Variation du poids vif (g/jour)






Vaches

-90

60

60

120


Veaux

170

270

300

350

Les risques potentiels liés au traitement ammoniacal des fourrages ont été soulignés par Perdok et Leng (1985). A des températures élevées (vers 90°C), l'ammoniaque réagit avec le sucre des fourrages pour former un composé toxique (méthyl-imidazole), qui provoque de graves troubles nerveux (hystérie bovine). Cette toxicité a été constatée également chez des veaux buvant le lait de vaches qui avaient consommé de grandes quantités de paille traitée à l'ammoniaque, qui contenait ce produit.

TABLEAU 5.6

Effets de différentes quantités de protéines à digestion différée (graines de coton) sur la vitesse de croissance de bovins (320 kg sur pied) recevant un régime à base de paille de riz et de blocs à lécher à base de mélasse/urée (15%) ou de paille de riz ammoniaquée. Les deux régimes de base comprenaient en outre 600 g/jour de farine basse de riz assurant un appoint d'amidon et de lipides (H. Perdok et R. A. Leng, données non publiées).

Traitement de la paille

Complément (g/jour)

Vitesse de croissance (g/jour)

Aucun

0

40


400

370


800

300


1200

310

3% de gaz ammoniacal

0

240


400

500


800

600


1200

640

A ce jour, ce phénomène n'a pas encore été signalé avec de la paille ensilée avec de l'urée, vraisemblablement parce que la température dépasse rarement 50°C au cours de ce processus. Néanmoins, les conséquences du traitement de la paille devraient être soigneusement étudiés, surtout si la paille ainsi traitée est destinée à des femelles allaitantes.

5.1.3 Sous-produits agro-industriels riches en glucides solubles, mais pauvres en cellulose

Dans les pays industrialisés, jusqu'à 50% de la ration des vaches laitières sont couramment constitués de glucides «solubles» sous la forme de céréales en grains. Les sucres solubles, au moins lorsqu'ils existent dans la mélasse, se comportent différemment et réduisent sensiblement la production de lait lorsqu'on la compare à des quantités semblables de maïs en grains (Figure 3.3). La différence semble dépendre de l'équilibre des produits finaux de la fermentation caractérisé par une diminution linéaire de la teneur en propionate lorsque la teneur en mélasse de la ration est augmentée.

Le problème ne semble pas résider dans le sucre lui-même puisque le saccharose en granulés contribue à élever la teneur en propionate dans le rumen et assure une production laitière correcte chez les brebis (Throckmorton 1985). Le jus de canne à sucre, qui contient plus de saccharose et moins de sucres réducteurs que la mélasse, a permis des productions laitières de 13 litres par jour en Colombie tropicale, lorsqu'il constituait jusqu'à 50% de matière sèche dans la ration (B. Velez, communication personnelle). De plus amples études des dérivés riches en sucre s'imposent pour mieux tirer parti de ces précieuses ressources alimentaires tropicales. Pour le moment, et dans l'optique de la production laitière, il vaut mieux que la teneur en mélasse n'excède pas 20% de la teneur en matière sèche de la ration. Sa fonction la plus utile est de servir de support à l'urée.

L'utilisation de quantités élevées de mélasse dans les régimes de croissance et d'engraissement ne pose guère de problèmes pourvu que les principes de la complémentation soient respectés (voir Figure 3.2). C'est normal puisque les besoins en glucose en période de croissance et d'engraissement sont moins élevés qu'en période de lactation (3.3).

Les fientes de volaille semble jouer un rôle particulier dans les régimes à base de mélasse, car leur incorporation en quantités relativement faibles (20% environ) améliore régulièrement le taux de croissance et l'indice de consommation des aliments (Tableau 5.7). L'effet bénéfique semble se manifester par le biais de la fermentation ruménale, avec accroissement de la teneur en propionate et diminution de la teneur en butyrate lors de l'administration de fientes de volaille (Fernandez et Hughes-Jones 1982; Marrufo 1984).

La façon la plus appropriée d'incorporer la mélasse aux rations destinées à la production laitière consiste à l'utiliser comme aliment de base pour les génisses de remplacement et les vaches taries en gestation, dans le but d'améliorer leur état corporel avant le vêlage. Dès que celui-ci a eu lieu, la quantité de mélasse alimentaire peut être ramenée au taux recommandé de 20%.

TABLEAU 5.7

Effets de la litière de volaille sur le gain en poids vif de bouvillons recevant de la mélasse/urée à volonté, mais une quantité restreinte de fourrage.

Fourrage/complément en protéines

Litière de volaille

Améliorét

Auteurs


-

+




Gain de poids (g/jour) (%)


Pas de têtes de cannes à sucre

241

502

108

(1)

Pas de Leucaena

585

787

35

(1)

Têtes de cannes à sucre/son de blé

661

772

17

(1)

Leucuena/son de blé

722

890

23

(1)

Têtes de cannes à sucre/son de blé

730

1010

38

(2)

Paille/tourteau d'oléagineux

385

717

86

(3)

(1) Meyreles et al. 1982;
(2) Meyreles and Preston 1982;
(3) Hiwot et al. 1985, cited by Preston 1986.

5.1.4 Récoltes de fourrages tropicaux

Un travail considérable a été effectué au Mexique au niveau de l'utilisation de la canne à sucre comme aliment de base des vaches laitières croisées. Après l'adjonction d'urée aux cannes hachées, il est apparu que le facteur déterminant la production laitière était l'addition d'une farine basse de riz, seule ou en association avec une plante fourragère tropicale (Leucaena, Leucocephala) (Tableau 5.8).

On a constate, en Éthiopie, un accroissement linéaire de la production laitière lorsque des quantités croissantes de luzerne étaient distribuées à des vaches dont la ration de base était constituée de têtes de cannes à sucre hachées (plus 2 kg par jour de mélasse à 10% d'urée) et de 1 kg/jour de tourteaux oléagineux (Tableau 5.9).

Au Costa Rica, la production de chèvres laitières a été presque doublée lorsque l'on a complété leur régime à base de Pennisetum purpureum et de bananes vertes avec des quantités croissantes de Erythrina poeppigiana (Figure 5.2).


FIGURE 5.2 Influence des pluies (forte croissance de l'herbe) sur la production laitière et les achats de mais sur le territoire du ranch Olkarkar au Kénya. Lorsque la production laitière est élevée, les achats de maïs par la famille sont réduits, ce qui indique que le lait se substitue au maïs dans l'alimentation humaine. Ce fait souligne la concurrence entre les besoins humains et ceux des veaux sur le plan du lait disponible.

TABLEAU 5.8

Critères de production pour des vaches «à double fin» (Brune des Alpes x zébu) et de leurs veaux dont le régime de base consistait en têtes de cannes à sucre hachées. Les vaches étaient tenues en confinement total ou partiel avec accès limité à une pâture de Leucaena leucocephala (d'après Alvarez et al. 1978).

Système

Alimentation sèche

Pâturage restreint

Farine basse de riz (kg/jour)

2

1.0

0.5

Production laitière (kg/jour)





A la traite

2.9

3.2

3. I


Consommée par le veau

2.2

3.7

3.8


Total

5.1

6.9

6.9

Gain de poids (g/jour)





Vaches

120

40

20


Veaux

500

520

490

Consommation alimentaire (kg/jour)





Canne à sucre

25

22

19


Urée

0.26

0.23

0.20


Leucaena*

-

9.0

10.0


Matière sèche totale

9.4

10.0

8.8

* Quantité déterminée par pesée des vaches avant et après pâturage.

TABLEAU 5.9

Influence de la luzerne sur la consommation alimentaire et la production laitière (corrigée par covariance sur la base de la production préexpérimentale en présence d'un régime témoin) de vaches Frisonnes recevant un régime à base de têtes de cannes à sucre hachées (récoltées après brûlage sur pied), d'urée/mélasse et de tourteau d'oléagineux (d'après A. Beleta et T. R. Preston, cité par Preston 1986).




Luzerne (kg/jour de fourrage frais)


Témoin

0

6

12

Production laitière (kg/jour)

9.6

7.4

8.0

9.0

Consommation alimentaire (kg/jour)






Foin

6.2





Têtes de cannes à sucre


18.4

19.1

17.4


Luzerne


0

6

12


Mélasse


1.6

1.6

1.6


Urée


0.2

0.2

0.2


Tourteau d'oléagineux


1.0

1.0

1.0


Mélange 50/50 de son de blé et de tourteau oléagineux

7.1





Quantité totale de matière sèche

11.6

9.7

11.2

11.8

5.2 Technique d'alimentation des veaux

5.2.1 Intérêt des aliments complémentaires administrés au cours du jeune âge

Le point le plus faible dans la plupart des grands élevages de ruminants (à fin double ou multiple) est l'élevage des veaux.

Dans des conditions pastorales impliquant une alternance de saisons sèches et de saisons humides, les jeunes ruminants sevrés accusent presqu'invariablement une carence en protéines par rapport à l'énergie absorbée sous forme de nutriments dans le tube digestif. Il s'ensuit une diminution de l'absorption d'aliments et une carence énergétique.

Dans les communautés où le lait constitue l'aliment principal, il y a concurrence entre les jeunes veaux et les hommes au niveau des disponibilités laitières. Ce phénomène est mis en évidence par l'achat de mais grain par les pasteurs kényans durant la saison sèche (donc à une époque où les pâturages sont pauvres en protéines et en azote dégradable). Les achats de mais par les familles sont inversément proportionnels à la production de lait (Figure 5.2).

La diminution de la quantité de lait disponible pour les veaux peut avoir de très graves conséquences, surtout lorsque le troupeau est maintenu sur une pâture sèche (herbes sèches ou déchets de récolte). Les vaches produiront moins à ce moment-là en raison de l'uniformité de l'aliment disponible. Le veau est donc lésé deux fois: un régime de base mal équilibré et une réduction de l'apport en nutriments lactés directement digestibles.

Les veaux mâles, en raison de leur moindre valeur et parce qu'ils ne reçoivent généralement pas de compléments, peuvent mourir des suites d'une carence en protéines. Elle se manifeste par une baisse de consommation des aliments disponibles, généralement de la paille ou de l'herbe pauvre en azote soluble et manquant des nutriments à haute digestibilité que le veau aurait dû recevoir par le lait, lequel est, en l'occurrence, consommé par les hommes. Dans des pays comme l'Inde, les veaux femelles sont plus appréciées et reçoivent souvent des compléments sous forme d'herbes jeunes et parfois de sous-produits oléagineux. Le taux de survie est dès lors très supérieur à celui des mâles.

Les mâles qui survivent sont souvent élevés comme boeufs de remplacement. De ce fait, leur stature corporelle finale est importante, car dans ces pays où les ressources alimentaires sont rares, la traction par un seul boeuf est un avantage évident pour conserver ces précieuses ressources. Cependant, comme la capacité de travail est liée à la stature, il est nécessaire que le boeuf unique soit assez fort pour travailler seul avec efficacité.

TABLEAU 5.10

Effets sur la consommation de matières sèches et la production laitière de chèvres dont le régime de base était constitué de napier (Pennisetum purpureum) et d'un complément de feuilles d'Erythrina poepiggiana (d'après Esnaola et Rios 1985).


Erythrina (kg de matière sèche/ 100 kg de poids vif/jour)


0

0.5

1.0

1.5

Consommation alimentaire (kg MS par jour)






Erythrina

0

0.19

0.4

0.56


Bananes

0.46

0.48

0.48

0.50


Napier

0.70

0.67

0.66

0.6


Total

1.16

1.34

1.54

1.66

Production laitière (kg/jour)

0.33

0.68

0.71

0.83

Certains indices prouvent que les bovins présentent une dégénérescence permanente s'ils sont sous-alimentés au cours de la période précédant et suivant le sevrage. Cette dégénérescence est probablement due à une consommation insuffisante d'aliments, en particulier durant les saisons sèches lorsque les teneurs tant en azote dégradable qu'en protéines directement digestibles limitent la valeur nutritive des aliments disponibles (pâturages et paille). Deux séries de données étayent cette hypothèse:

- Des études effectuées par Hennessy (1984) avec des bovins Hereford pâturant sur des prairies locales pauvres en azote au cours de la saison sèche ont montré que la distribution d'un complément protéique durant cette période augmentait de 60 kg le poids corporel adulte par rapport à celui d'animaux non complémentés (Tableau 5.11).

- Des études portant sur le poids corporel de bovins élevés soit selon un système pastoral traditionnel, soit dans des ranchs en Afrique ont montré que le poids corporel adulte des bovins élevés en ranchs était plus élevé. De même, le poids des veaux à la naissance, lors du sevrage et à l'âge de deux ans était plus élevé dans les troupeaux des ranchs (Tableau 5.12).

- La concurrence entre l'homme et le veau sur le plan du lait consommé est commun à toute l'Afrique. Le faible poids des veaux à la naissance est également révélateur d'une carence en azote ou en protéines et/ou d'une alimentation maternelle déficitaire.

Ces deux séries de données suggèrent qu'un apport insuffisant de protéines et/ou une alimentation déficiente à des moments critiques peuvent provoquer un étiolement permanent des bovins. La petite taille des animaux élevés selon le système d'élevage traditionnel peut être partiellement attribuée à une alimentation déficitaire au début de leur vie.

On ne dispose que de peu d'eléments concernant les effets d'une malnutrition précoce sur la production laitière ultérieure ou potentielle, qui pourrait aussi en être détériorée. Il apparaît nécessaire de procéder à une étude comparative de la production laitière obtenue dans les systèmes traditionnels et de celle obtenue dans les systèmes améliorés (complément alimentaire).

TABLEAU 5.11

Effets d'un complément de protéines à digestion différée (graines de coton), administré en saison sèche, sur les poids moyens de vaches durant une période de monte de 9 semaines (d'après Hennessy 1984).


Complément de protéines à digestion différée


Non

Oui


Poids vif (kg)


1978

197

259

1979

263

292

1980

259

322

1981

329

378

1982

320

382

TABLEAU 5.12

Indices de productivité d'animaux élevés, en Afrique, de façon traditionnelle par des pasteurs ou dans des ranchs gouvernementaux (d'après Leng et Brumby 1985).

Pays

Système

Poids vif (kg)



A la naissance

Au sevrage

A l'âge de 2 ans

A l'âge de 4 ans

Mali

Traditionnel

17

55

125

200


Ranch

21

79

220

280

Nigeria

Traditionnel

20

55

140

240


Ranch

24

96

245

350

Ethiopie

Traditionnel

20

55

150

260


Ranch

25

180

265

420

Botswana

Traditionnel

26

120

260

300


Ranch

31

180

360

400

5.2.2 Avantages de l'allaitement

Un avantage très intéressant de l'allaitement est que le lait constitue la source quasi idéale de nutriments directement digestible au niveau intestinal, car il contient un ensemble bien équilibré d'acides aminés (caséine et protéine du lactoserum), du glucose (lactose) et des acides gras à longues chaînes (graisse). L'effet psychologique de la tétée stimule la fermeture effective de la gouttière œsophagienne (Orskov), de sorte que ces nutriments sont tous acheminés directement vers la caillette.

Le lait tété est donc un excellent complément «catalytique» de ressources alimentaires telles que les déchets de récolte et les sous-produits de culture qui, distribués seuls ou avec de l'azote fermentescible, ne pourraient couvrir les besoins d'entretien. C'est là un des arguments majeurs en faveur de l'allaitement restreint comme base du système d'élevage des veaux.

Une preuve indirecte confirmant cette hypothèse est la supériorité constante des taux de croissance et de la meilleure transformation du lait en gain de poids vif chez des veaux allaités par leur mère par rapport à ceux nourris au seau (Tableau 2.9). La meilleure efficacité de l'allaitement pour la croissance peut être associée à un autre avantage de la production simultanée de lait et de viande au sein d'un même élevage. Ainsi, on peut attribuer plus ou moins de lait aux veaux selon les prix relatifs du lait et de la viande.

5.2.3 Méthodes d'allaitement

Généralement, dans les systèmes pastoraux de production laitière en Afrique, dans le système villageois asiatique et dans les élevages, grands ou petits, d'Amérique latine, les veaux pâturent avec leurs mères pendant la journée, mais sont séparés d'elles en fin d'après-midi et durant la nuit. Les vaches sont traites tôt le matin en présence du veau qui est ainsi utilisé pour stimuler la descente du lait, puisqu'on lui laisse téter chaque trayon pendant quelques secondes jusqu'à ce que le lait coule franchement sous l'effet de la traite manuelle ou mécanique.

Des améliorations ont été apportées au système dans le but de raccourcir le temps que le veau passe avec sa mère, de manière à disposer de plus de lait pour la vente ou la consommation familiale. Les problèmes d'anoestrus liés à la lactation sont également réduits lorsque le lien entre le veau et sa mère est affaibli par l'abrègement du temps qu'ils passent ensemble.

Des essais effectués au Vénézuela ont montré les avantages de l'allaitement restreint à des laps de temps de 15 à 30 minutes après chacune des deux traites

quotidiennes par rapport au système traditionnel consistant à laisser les vaches et les veaux ensemble durant la matinée et au début de l'après-midi (Paredes et al. 1981).

Lorsque les veaux n'étaient allaités qu'une fois par jour, après la traite du matin, au lieu de deux fois (après chaque traite), leur croissance se trouvait ralentie, mais la quantité de lait disponible pour la vente était accrue (Tableau 5.13). Chez les veaux issus de vaches à faible production laitière, une tétée quotidienne ne suffit pas toujours à maintenir le poids corporel, surtout au cours du premier mois d'existence, et la survie du veau est souvent menacée. Dans la pratique, les éleveurs évitent ce problème en ne trayant que trois quarts, voire même deux, en laissant le reste au veau. Cette méthode est efficace lorsque les troupeaux sont petits et que les trayeurs sont habiles, mais son application est difficile dans les grands troupeaux et tout à fait impraticable lorsque la traite est mécanique.

Une solution intermédiaire consiste à laisser téter le veau deux fois par jour au cours du premier mois, ensuite seulement après la traite du matin (Tableau 5.13). La vitesse de croissance des veaux n'est alors diminuée que légèrement et les quantités de lait commercialisables sont accrues par rapport à deux tétées quotidiennes. Ces résultats sont comparables à ceux obtenus avec une seule tétée quotidienne.

TABLEAU 5.13

Effet de la fréquence des tétées (2x = deux tétées par jour après chaque traite depuis la naissance jusqu'au 70 e jour; 2x ® 1x = deux fois par jour jusqu'au 28 e jour, puis une fois par jour du 29 e au 70 e jour) sur la production laitière de vaches Holstein. Les vaches témoins ont été séparées de leurs veaux trois jours après la naissance puis traitées sans être tétées. A l'âge de 70 jours, les veaux en allaitement ont été sevrés et toutes leurs mères ont été traites comme les témoins (J. Ugarte et T. R Preston, données non publiées).



Fréquence des tétées


Témoin

2x

2x®1x



Quantité de lait (kg/jour)

du 4 e au 28 e jour

A la traite

6.3

4.9

5.2


Tété par le veau

-

2.7

2.6


Total

6.3

7.6

7.8

du 28 e au 70 e jour

A la traite

5.8

4.7

6.8


Tété par le veau

-

3.1

1.0


Total

5.8

7.8

7.8

du 71 e au 112 e jour

A la traite (total)

5.1

6.0

6.2

Dans tous les essais cités ci-dessus, la production totale de lait (lait pour la vente plus lait consommé par le veau) dans le cas du système à double fin était supérieure à celle des vaches qui n'allaitaient pas leurs veaux.

5.2.4 Ration de base et nécessité de compléments

En pratique, le reste de la ration du veau consiste souvent en le même pâturage ou les mêmes déchets de récolte que ceux consommés par la vache. Ce reste peut ou ne peut pas suffire lorsque de grandes quantités de lait sont laissées au veau, mais dans tout système amélioré qui vise à disposer d'un maximum de lait pour la vente, il faut soit que la ration de base ait une digestibilité élevée, soit que des compléments soient distribués.

En République Dominicaine, des veaux avaient accès à volonté à des mélanges liquides de mélasse et d'urée, recevaient 250g par jour de tourteaux de coton et ne broutaient que 3 heures par jour dans une pâture de pangola. Leur gain de poids quotidien était de 520g par jour de leur naissance à leur sevrage bien que leur consommation de lait durant cette période n'ait pas dépassé 2 litres par jour (Fernandez et al. 1978). Des résultats comparables ont été enregistrés à l'île Maurice; le régime de base consistait en mélasse/urée et le complément était du fourrage frais, du Leucaena, distribué à raison de 2% du poids vif par jour (Gaya et al. 1980).

Un mélange mélasse/urée donné à volonté avec des fientes de volaille (200g par jour) et un pâturage rationné d'African Star, ont permis à des veaux de gagner 500 g/jour dans un troupeau croisé au Mexique (F. J. Alvarez, données non publiées).

On dispose de peu de renseignements relatifs à l'emploi de déchets de récolte comme ration de base des veaux soumis à un allaitement restreint. Des considérations pratiques suggèrent qu'il y a lieu de les compléter avec de l'urée (par aspersion d'une solution aqueuse ou par enrichissement d'un ensilage) et de distribuer aussi des sous-produits d'oléagineux ou une farine animale et/ou une légumineuse fourragère.

La distribution de feuilles d'un fourrage arbustif, Gliricidia sepium, et le traitement ammoniacal de la paille de riz en ration de base (par comparaison avec de la paille non traitée et sans feuillage de Gliricidia) ont permis de doubler la vitesse de croissance (170 à 340g par jour) de veaux issus de bufflesses au Sri Lanka (Tableau 5.5). Une partie du progrès constaté peut être attribué à une plus grande consommation de lait (les mères soumises au même régime ont donné 4,6 et 3,1 litres de lait par jour, dont 1,2 et 0,9 litre tétés respectivement par les veaux recevant de la paille non traitée et par ceux recevant de la paille traitée et des feuilles de Gliricidia

5.3 Conclusions

Il ressort de ce qui précède qu'il est possible d'assurer une production laitière modeste destinée à la vente (3 à 6 kg par jour, soit 800 à 1.600 kg par lactation) à partir de nombreuses ressources alimentaires tropicales disponibles sur place, moyennant un minime complément d'urée et de tourteaux d'oléagineux et/ou de légumineuses. Il convient d'y ajouter la vitesse de croissance des veaux, de 300 à 500g par jour, due en grande partie au lait résiduel qu'ils consomment. Si l'on considère que cette quantité est, en moyenne, de 2 kg par jour, on arrive à une production laitière de 1300 à 2100 kg par lactation.

Soulignons que la plupart des résultats dont il est fait mention ont été obtenus dans le cadre d'expériences sur des races croisées «à double fin» (ils ne sont donc applicables qu'à ces races) qui permettent de répartir d'une manière assez équilibrée les nutriments entre la synthèse du lait et les réserves corporelles. Ces modes d'alimentation ne conviennent vraisemblablement pas aux races laitières spécialisées à production élevée qui ont des besoins beaucoup plus grands en glucose, AGLC et acides aminés, nutriments toujours présents en quantités limitées dans les produits finaux de la fermentation ruménale de la plupart des ressources alimentaires tropicales.

Ainsi que nous le verrons dans le chapitre suivant, il est indispensable d'adapter l'animal et sa conduite d'élevage aux ressources alimentaires disponibles si l'on veut développer des systèmes de production laitière viables en zones tropicales.

6.0 Systèmes de reproduction


6.1 Nécessité d'introduire des améliorations

Chez les bovins locaux de la plupart des pays tropicaux, l'aptitude génétique pour les productions de lait et de viande est faible. Et si ces animaux sont le plus souvent bien adaptés aux ressources alimentaires «non améliorées» disponibles, dès qu'on améliore un génotype, il est également nécessaire d'en améliorer l'alimentation de base (par ex. avec un complément).

La création de nouvelles races «à double fin» , lait et viande par sélection des bovins locaux demande trop de temps tandis que l'importation de races étrangères n'est, le plus souvent, pas souhaitable. Une meilleure solution consiste à améliorer les animaux locaux en les croisant avec des races à double fin (surtout frisonnes et simmentales), qui ont un meilleur format corporel et peuvent donner de meilleurs animaux de trait. Les produits issus de tels croisements présentent d'excellentes dispositions pour une production mixte. Les vaches produisent de 1500 à 2000 litres de lait par lactation qui peut être obtenue avec les ressources alimentaires disponibles sur place. Pour la production de viande, leur potentiel est comparable à celui de races à viande spécialisées et certains rapports font état de gains de poids, à partir du sevrage, de 1,2 kg par jour avec une ration à base de céréales (Preston et Willis 1974). Des recherches récentes indiquent qu'une telle productivité est réalisable même avec des aliments purement tropicaux, comme le jus de canne à sucre (Sanchez et Preston 1980).

6.2 Méthodes d'amélioration génétique

6.2.1 Production laitière

D'après les éléments présentés dans les chapitres 2, 3 et 5, il ressort que la productivité animale individuelle est limitée par les apports nutritionnels des aliments disponibles. Il semble, en général, que des productions laitières comprises entre 1500 et 2000 kg (consommation de lait par le veau incluse) peuvent être atteintes avec un certain nombre de ressources locales (pâturages tropicaux naturels ou améliorés, déchets de récolte et fourrages tropicaux), judicieusement complémentés par des sources d'azote fermentescible, d'activateurs du rumen et de nutriments à haute digestibilité tels que mélanges solides ou liquides d'urée et de mélasse, tourteaux d'oléagineux, son de céréales, fourrage vert).

Il n'y a, dès lors, guère de raisons d'élever des vaches à potentiel génétique supérieur à 2000-2500 kg de lait par lactation.

Il est également important que la vache ou la bufflesse ait un grand format corporel qui lui conférera une meilleure fonction ruménale (volume plus important des pré-estomacs et efficacité plus grande de la rumination) sur le plan des besoins métaboliques, et cela par rapport à des animaux plus petits à l'âge adulte (voir Van Soest 1982). C'est là un avantage au niveau des aliments cellulosiques qui sont susceptibles de constituer la base des rations alimentaires.

La vache idéale devra aussi être en mesure de répartir équitablement les nutriments entre la production de lait et la constitution de réserves corporelles car un aspect essentiel du système d'alimentation sera de laisser l'animal restaurer ses réserves lorsqu'il n'est pas en lactation, réserves qu'il mobilisera ensuite comme source d'AGLC et de glucose pour la synthèse du lait et, peut-être, pour le travail.

Certaines petites races laitières comme les Jerseyaises, souvent présentées comme la race de croisement idéale pour les pays tropicaux en raison de leur meilleure résistance supposée à la chaleur, ne conviennent pas à des systèmes à fin double ou multiple à cause de leur petite taille et une répartition inégale des nutriments, plus favorable à la synthèse de lait que de la viande.

Un potentiel de lactation compris entre 1500 et 2000 kg s'obtient assez facilement d'un animal de race croisée parce qu'il nécessite que le taureau soit représentatif d'une race dont le potentiel génétique lactogène soit d'environ 4000 kg par lactation. La plupart des taureaux améliorateurs testés sur leur descendance, utilisés dans les centres d'insémination artificielle des pays industrialisés, ont un potentiel d'amélioration supérieur à cela.

Dans les régions tropicales, le taux de reproduction obtenu par insémination artificielle (IA) est presque toujours inférieur à celui obtenu par la monte naturelle. D'autre part, les taureaux exotiques de pure race sont trop sensibles aux contraintes du milieu pour qu'on puisse les maintenir en permanence dans le troupeau. La procédure suivante a été recommandée (Lucia Vaccarro, communication personnelle) la semence importée de taureaux testés sur leur descendance est administrée à des vaches adaptées aux conditions locales pour produire des taureaux croisés qui sont ensuite utilisés en monte naturelle dans les élevages, les villages ou seront mis à disposition par des coopératives ou des organisations semblables.

Il n'y a pas de raisons de mettre en place des programmes de testage dans les pays en développement. D'abord, l'infrastructure requise n'existe généralement pas (les enregistrements de production laitière qui servent à évaluer les génisses obtenues par IA sont peu nombreux et peu fiables); ensuite, ces programmes sont d'un fonctionnement coûteux; enfin, il est possible de se procurer à bon compte du meilleur matériel génétique dans des pays disposant à la fois de systèmes d'enregistrement et d'infrastructures adaptés pour recueillir de telles données.

L'argument en faveur d'une sélection génétique dans le milieu où la descendance devra vivre et produire est réfuté par le fait que la moitié des gènes de taureaux croisés proviennent d'une race locale qui a évolué dans la région en cause par sélection naturelle.

Le fait d'insister sur le recours exclusif à des taureaux de race croisée obtenus par ce procédé signifie que de nouveaux gènes peuvent être introduits (par la semence importée) dans chaque génération. Cela permet d'éviter les risques de consanguinité et devrait maintenir un degré modéré d'hétérosis. La flexibilité du système permet de le mettre en application au niveau de l'exploitation individuelle, de la coopérative ou d'un organisme gouvernemental.

6.2.2 Caractéristiques bouchères

La sélection axée sur la production laitière fait aussi augmenter le format corporel, et les bovins/buffles de grande taille à l'âge adulte grandissent plus vite. Le problème majeur est de s'assurer que la vache croisée dans le troupeau de l'éleveur est bien un animal à plusieurs aptitudes, ce qui implique qu'elle doit répartir ses nutriments de façon assez équitable entre la synthèse de lait et celle de tissus corporels.

Le choix de la souche correcte de mâle pure-race constituera l'une des garanties. De ce point de vue, il est suggéré que le choix des mâles d'IA soit limité aux races dont les références «troupeau» soient appropriées et qui comprennent dans leurs indices de sélection les plus importantes caractéristiques «viande» (vitesse de croissance, par exemple). Dans la pratique, les races européennes Frisonnes et Simmentales sont les plus susceptibles de satisfaire aux critères requis, car ces deux espèces sont élevées pour la production conjointe de lait et de viande. Les Holstein originaires des États-Unis et du Canada sont fréquemment (mais pas toujours) sélectionnées pour leurs caractéristiques laitières car, dans ces pays, la viande provient le plus souvent de races à viande spécialisées et il n'y a guère de raisons de produire de la viande comme sous-produit de la production laitière.

Contrairement aux programmes d'amélioration génétique portant sur les caractéristiques laitières, qui requièrent une étude de la descendance du taureau, les programmes d'amélioration axés sur la production de viande peuvent être réalisés en se fondant sur les mensurations du taureau lui-même (c'est-à-dire contrôle de performances). Ceci s'explique par le fait que l'héritabilité des caractéristiques bouchères telles que vitesse de croissance et indice de consommation alimentaire, est nettement supérieure à celle des caractéristiques laitières. Il suffit simplement d'élever les taureaux dans le même environnement et d'enregistrer leur performances zootechniques au-dessus d'un âge ou d'une catégorie de poids fixés. Les méthodes appropriées sont exposées en détail par Preston et Willis (1974).

7.0 Conduite d'élevage

7.1 Techniques de traite

Dans la plupart des cas, la traite sera manuelle. Les installations nécessaires peuvent être rudimentaires: on attache la vache à une clôture, ou on ne l'attache pas du tout, car les vaches qui ont leur veau près d'elles se tiennent généralement tranquilles sans qu'il soit impératif de les entraver. Lorsque le troupeau est relativement grand (plus de 30 vaches en lactation), une «salle de traite» où les animaux sont alignés «de front» est probablement la plus appropriée; cette salle peut aisément être convertie pour la traite mécanique, en cas de nécessité, à une date ultérieure.

Dans l'un et l'autre des cas ci-dessus, les veaux sont en général gardés momentanément, pendant la traite, dans un enclos adjacent à la salle de traite.

Si la traite mécanique s'impose, il vaut la peine de prévoir un système qui facilite l'usage de la machine et qui permette en même temps d'utiliser le veau pour stimuler la descente du lait. Des dispositions en tandem se sont révélées les plus pratiques, car elles permettent au veau de téter d'un côté de la vache sans gêner le fonctionnement des machines situées de l'autre côté.

La décision de traire une ou deux fois par jour dépend de nombreux facteurs tels que:

- La production minimale journalière justifiant deux traites quotidiennes est d'environ 6 litres. Dispose-t-on de la quantité de nourriture susceptible de soutenir une telle production? La vache est-elle génétiquement capable de produire une telle quantité de lait? Il ne faut pas perdre de vue que l'allaitement du veau a une répercussion sur la fréquence des traites (Tableaux 7.1 et 7.2). Une traite unique plus une tétée produisent une stimulation équivalente à celle de deux traites sans tétée. La stimulation de la production laitière due à deux traites journalières plutôt qu'à une seule traite est beaucoup moins forte lorsque celle-ci est accompagnée d'une tétée que lorsqu'elle ne l'est pas.

- Y a-t-il un marché pour le lait de l'après-midi ou du soir? Dispose-t-on d'une chambre froide pour le conserver?

- Les frais supplémentaires entraînés par une deuxième traite (main d'oeuvre, énergie, prospection du marché et/ou refroidissement) se justifient-ils eu égard au prix de vente du lait?

TABLEAU 7.1

Effet d'une ou de deux traites mécaniques, avec ou sans allaitement restreint du veau, sur la production laitière des vaches et variation pondérale des vaches et des veaux (Alvarez et al. 1978).

Allaitement restreint

Non

Qui

Fréquence des traites

1x

2x

1x

2x

Production laitière:






Production par traite (kg/jour)

2.7

3.9

4.42

4.98


Taux de persistance (%)*

70

96

99

100

Variation du poids vif (g/jour)






Vaches

120

-90

230

175


Veaux



430

490

* Exprimée par le rapport production en phase expérimentale/production en phase pré-expérimentale x 100.

TABLEAU 7.2

Effet de l'allaitement restreint sur la production laitière de vaches traites une ou deux fois par jour. La quantité de lait de vente et la quantité totale de lait de vaches traites une fois par jour et tétées après la traite sont équivalentes à la quantité de lait produite par des vaches traites deux fois par jour, mais non tétées (d'après Gaya et al. 1977).

Fréquence des traites

Deux fois par jour

Une fois par jour

Allaitement restreint

Non

Oui

Non

Oui

Production laitière (kg/jour)






A la traite

8.8

8.1

5.0

4.5


Consommée par le veau

4.0

2.7

4.0

3.9


Total

8.8

10.8

5.0

8.4


Accroissement (en %) dû à la tétée


23


68

7.2 Allaitement

Le système recommandé est le suivant:

Jours 1 à 4:

La vache et le veau restent ensemble, de sorte que le veau est en mesure d'absorber un maximum de colostrum. Si la production de lait excède l'appétit du veau, le lait excédentaire doit être trait.

Jours 5 à 28:

Le veau est séparé de sa mère qu'il ne rejoint que pour téter. On se sert du veau pour stimuler la descente du lait en lui laissant chaque trayon pendant quelques secondes, jusqu'à ce que le lait coule librement à la sollicitation manuelle ou mécanique. Dès que la traite est achevée (à la main ou à la machine), le veau rejoint la vache pendant 15 à 30 minutes pour consommer le lait restant. Lorsque la vache est traite deux fois par jour, la technique décrite ci-dessus est répétée à chaque traite. Si la vache n'est traite qu'une fois par jour (le matin), le veau est remis à téter au cours de l'après-midi.

Jour 29:

fin de la lactation: Le veau ne tète qu'une fois par jour, après la traite du matin.

7.3 Reproduction

En matière de reproduction, les meilleurs résultats sont obtenus lorsque le taureau est en permanence avec les vaches du 56 e au 112 e jour qui suivent le vêlage, parce que la fréquence des chaleurs «discrètes» tend à croître dans le cadre du système traite/allaitement. Ces chaleurs échappent moins au taureau qui est continuellement avec les vaches durant les périodes où elles doivent apparaître.

S'il existe une raison particulière de recourir à l'LA, il y a lieu de l'associer à la monte naturelle de manière à ne pas manquer les vaches dont les chaleurs sont «silencieuses» . Dans ce cadre, les vaches sont réparties en deux groupes; du 56 e au 84 e jour post partum, les chaleurs sont détectées par l'observation et les vaches sont inséminées; à partir du 84 e jour post partum, les vaches sont laissées en permanence avec le taureau. Ce programme permet d'espérer que quelque 50% du troupeau sera inséminé artificiellement et que les autres le seront naturellement.

8.0 Logement


8.1 Bâtiments d'élevage

Les troupeaux à «double fin» n'exigent pas de bâtiments particuliers puisqu'ils passent la majeure partie du temps au pâturage. Lorsqu'on les enferme pendant la nuit (ou durant la journée), des enclos à ciel ouvert ménageant un peu d'ombre suffisent (des arbres sont préférables).

Le lieu de traite sera normalement installé dans un hangar couvert, mais ouvert sur les côtés (essentiellement en vue d'assurer un certain confort au personnel de traite).

Il convient d'attacher une certaine attention à la conception des mangeoires, car il faut pouvoir les remplir facilement, soit manuellement, soit mécaniquement (nous suggérons des charrettes à traction animale pour effectuer ce travail). Si les animaux doivent recevoir de la mélasse en plus ou moins grandes quantités, il y a lieu de prévoir un silo de stockage qui permettra au producteur de livrer

la mélasse en vrac. La disposition et la construction du silo devraient en permettre le chargement et le déchargement par gravité.

8.2 Recyclage du fumier

Dans la plupart des pays en développement, les gens sont encouragés à économiser les sources d'énergie fossile en recourant au maximum aux sources renouvelables. Dans la plupart des élevages pratiquant une production mixte, il faut du combustible pour chauffer de l'eau, entraîner les pompes, etc. Il est aussi recommandé que des espaces proches du hangar où se pratique la traite soient réservés à la culture d'une légumineuse destinée à compléter la ration des veaux et des vaches. De ce fait, un système rudimentaire d'irrigation ne sera pas inutile.

Les déjections des grands ruminants constituent une source d'énergie renouvelable, qui peut fournir du combustible (sous forme de biogaz) et des engrais. Le climat tropical uniformément chaud favorise la fermentation des déjections et facilite le processus de biodégradation.

L'expérience acquise dans les pays tropicaux montre que des biodigesteurs gonflables en matière plastique présentent de nombreux avantages par rapport au type indien (coupole flottante en acier) ou chinois (déplacement). Le plastique se trouve facilement, n'est pas cher et se répare ou se remplace facilement. Dans les pays tropicaux, il est difficile de rendre le béton étanche aux gaz, tandis que l'entretien des coupoles en acier est pénible. L'investissement requis tant par le type indien que par le type chinois est considérable et constitue probablement la principale entrave à une large diffusion de la technologie du biogaz.

On a testé des biodigesteurs gonflables en matière plastique dans un certain nombre de pays. Les modèles en cours d'usage sont simples, faciles à construire avec des matériaux que l'on peut se procurer dans la plupart des grandes villes de presque tous les pays.

La première étape dans la mise en œuvre d'un système de recyclage est de récolter le plus possible de matières fécales, de les conserver sous une forme liquide et de minimiser la contamination du fourrage non consommé.

Les aires de traite et d'alimentation devraient avoir un sol dallé, en pente douce vers des rigoles conduisant les effluents liquides d'abord vers les biodigesteurs, puis vers des réservoirs de stockage et/ou des réseaux d'irrigation.

Le digesteur le plus simple et le moins cher (Figure 8.1) fait appel à deux poches souples en polyéthylène extensible (diamètre de 2 m; épaisseur d'environ 0,3 mm) disposées l'une dans l'autre, et à une feuille de PVC prise en sandwich entre les deux poches dans la partie supérieure où s'accumule le biogaz. La longueur peut varier de 6 à 20 mètres. Cette saucisse en matière plastique est placée dans une tranchée creusée dans la terre et dont le fond est bien plat. La profondeur et la largeur doivent atteindre 75% du diamètre du digesteur. Les entrées et les sorties s'opposent à la sortie du liquide parce que le «sandwich» formant la poche a été tiré à travers un tuyau en ciment ou en PVC de 1,5 m de longueur et de 0,50 m de diamètre et rabattu sur l'extrémite de ce tuyau. La durée du séjour est fixée à 40 ou 50 jours et le liquide qui pénètre dans la poche aura été dilué de manière à ne contenir que 4% de matières solides.


FIGURE 8.1 Schéma de la construction d'un biodigesteur en forme de saucisse à partir de deux poches en polyéthylène extensible et d'une feuille de PVC prise en sandwich entre ces deux poches. Les poches doivent avoir un diamètre compris entre I et 2 m, tandis que le film doit avoir une épaisseur de 2 à 4 mm. Le rôle du film en PVC est de former une couche imperméable dans la zone supérieure du biodigesteur où s'accumule le biogaz. Les poches en polyéthylène constituent le support du film en PVC et le réservoir des produits liquides de digestion. Des trappes par lesquelles circulent les liquides sont aménagées à l'entrée et la sortie en tirant le <<sandwich» à travers des tuyaux inclinés en PVC ou en ciment de 20 à 30 cm de diamètre. Le tuyau évacuant le gaz est placé à la sortie du biodigesteur et est maintenu a la surface du liquide en fermentation, par un morceau de bambou ou un bloc de polystyrène.

Les dimensions du digesteur peuvent se calculer comme suit:

Pour un cheptel de 4 vaches (poids moyen: 400 kg) et de 4 jeunes bovins (poids moyen: 200 kg).

Quantité journalière de matières sèches ingérées: 4 x (400 + 200) x 2,5/100 = 60 kg

Comme la digestibilité des matières sèches est de 50%, la production de fèces solides est de 30 kg.

Quantité journalière d'effluents (dilution à 4% de matières solides): 30 x 100/4 = 0,75 m³.

Capacité du digesteur = entrée journalière x durée du séjour = 0,75 m³ x 40 = 30 m³

Volume total du digesteur (25% sont réservés au gaz) = capacité en liquide x 100/75 = 40 m³

Le diamètre de la poche étant de 2 m, sa longueur sera de 40/3,14 x 1 2 = 13 m

La production journalière prévue de biogaz est égale à 40% de la capacité en liquide = 13 x 0,4 = 5,2 cm³, c'est-à-dire l'équivalent de 2,6 kg de gaz de pétrole liquéfié (GPL) par jour.

9.0 Bibliographie

ALVAREZ F. J., SAUCEDO E. and ARRIAGA A., 1978. Effect of milking frequency on milk production and calf growth for systems of artificial rearing and restricted suckling. Tropical Animal Production 3: 80.

ALVAREZ F. J., SAUCEDO G., ARRIAGA A. and PRESTON T. R., 1980. Effect on milk production and calf performance of milk in crossbred European/Zebu cattle in the absence or presence of the calf, and of rearing their calves artificially. Tropical Animal Production 5: 25-37.

ALVAREZ F., DIXON R. M. and PRESTON T. R., 1983. Ammonia requirements for rumen fermentation. In: Recent Advances in Animal Nutrition in Australia 1983 (Editors: D. J. Farrell and Pran Vohra), University of New England Publishing Unit, Armidale, pp. 9A.

ALVAREZ F. J., WILSON A. and PRESTON T. R. 1978. Leucuena lencocephala as protein supplement for dual purpose milk and weaned calf production on sugar cane-based diets; comparisons with rice polishings. Tropical Animal Production 3: 51-55.

BINES J. A. and HART I. C., 1978. Hormonal regulation of the partition of energy between milk and body tissue in adult cattle. Proceedings Nutrition Society 37: 281-287.

CHOPPING G. D., DEANS H. D., SIBBICK R. THURBON P. N. and STOKO J., 1970. Milk production from irrigated nitrogen fertilised grass. Proceedings of Australian Society of Animal Production 11: 481 -484.

CLARK J., PRESTON T. R and ZAMORA A., 1972. Final molasses as an energy source in low-fibre diets for milk production. 2. Effect of different levels of grain. Revista Cubana de Ciencia Agricola (Engl. edition) 6: 27-34.

DELGADO A., ELIAS A., VEITIA J. L. and GARCIA R. 1979. The use of pasture for beef production. 6. Poultry litter: sunflower cake meal ratios in the supplementation of bulls grazing pangola grass during the dry season. Cuban Journal of Agricultural Science 13: 265-272.

ESNAOLA M A. and RIOS C., 1985. Hojas de 'Poro' (Ethythrina poeppigiana) como suplemento proteico para cabras lactantes. Tropical Animal Production (in press).

EVANS L. T., 1983. Photosynthetic activity and partitioning. In: Chemistry and World Food Supplies: The New Frontiers Chemrawn II (Editor: L. W. Shemilt), Pergamon Press, Oxford, pp. 621-631.

FAO, 1980. Production Yearbook, FAO, Rome.

FERNANDEZ A. and HUGHES-JONES M., 1981. Rumen fermentation and rumen function in bulls receiving a basic diet of molasses/urea supplemented with poultry litter, sweet potato forage or wheat bran. Tropical Animal Production 6: 360.

FERNANDEZ A., MACLEOD N. A. and PRESTON T. R., 1977. Production coefficients in a dual purpose herd managed for milk and weaned calf production. Tropical Animal Production 2: 44-48.

FRISCH J. E. and VERCOE J. E., 1979. Adaptive and productive features of cattle growth in the tropics: their relevance to buffalo production. Tropical Animal Production 4: 214-228.

GAYA H., DELAITRE C. and PRESTON T. R. 1977. Effect of restricted suckling and bucket feeding on the growth rate of calves and on milk yield. Tropical Animal Production 2: 284-287.

GUTIERREZ E. and ELLIOTT R., 1984. Interaccion digestiva de la pulpa de henequen (Agave fourcroydes) y el pasto estrella de Africa (Cynodon plectostachyus). In: Alternativas y valor nutritivo de algunos recursos alimenticios destinados a produccion animal, Informe provisional No. 16, Fundación Internacional para la Ciencia, Stockholm, pp. 229-246.

HENNESSY D. W., 1986. Supplementation to ameliorate lactational anoestrous in first-calf heifers grazing native pastures in the subtropics. Animal Production in Australia 17: (submitted).

HENNESSY D. W., 1984. The role of protein in improving production of cattle grazing native pastures in sub-tropical New South Wales. PhD Thesis, University of New England, Armidale.

HODGES J., 1984. Strategies for dairy cattle improvement in tropical countries. In: Proceedings International Conference on Milk Production in Developing Countries, Edinburgh (in press).

KHAN A. K M. N. and DAVIS C. H., 1981. Effect of treating paddy straw with ammonia on the performance of local and crossbred lactating cattle. In: Maximum Livestock Production from Minimum Land (Editors: M. G. Jackson, F. Dolberg, C. H. Davis, M. Haque and M. Saadullah), Bangladesh Agricultural University, Mymensingh, pp. 168-180.

KHAN Fattahullah and PRESTON T. R., 1985. Effects of restricted suckling on perfomance of Shorthorn and Sahiwal cows and their calves in Pakistan. Tropical Animal Production 9: in press.

KREBS G. and LENG R. A., 1984. The effect of supplementation with molasses/urea blocks on ruminal digestion. Animal Production in Australia 15: 704.

LENG R A., 1985. Muscle metabolism and nutrition in working animals. In: Proceedings ACIAR Workshop on Draught Animal Power for Production, James Cook University, Townsville (in press).

LENG R. A. and BRUMBY P. B., 1985. Cattle production in the tropics. In: 13th International Congress of Nutrition, Brighton (in press).

LENG R. A. and PRESTON T. R., 1984. Nutritional strategies for the utilization of agro-industrial byproducts by ruminants and extension of the principles and technologies to the small farmer in Asia. In: Proceedings 5th World Conference on Animal Production, Tokyo, pp. 310-318.

LINDSAY J. A., MASON G. W. J. and TOLEMAN M. A., 1982. Supplementation of pregnant cows with protected proteins when fed tropical forage diets. Proceedings Australian Society of Animal Production 14: 67-78.

MADALENA F. E., VALENTE J., TEODORO R L. and MONTEIRO J. B. N., 1982. Milk yield and calving interval of Holstein-Friesian and crossbred Holstein-Friesian/Gir cows in a high management level. Pesquisa Agropecuaria Brasileiro 18: 195-200.

MAPOON L. K. DELAITRE C. and PRESTON T. R. 1977. The value for milk production of supplements of mixtures of final molasses, bagasse pith and urea, with and without combinations of maize and groundnut cake. Tropical Animal Production 2: 148-150.

MARRUFO D., 1984. La Leucaena leucocephala: su productividad en la zona henequenera de Yucatan y su uso como suplemento en fietas a base de melaza/urea. Tesis de Maestria, Universidad de Yucatan.

MASON I. L. and BUVANENDRAN V., 1982. Breeding plans for ruminant livestock in the tropics. FAO Animal Production and Health Paper, No. 34, FAO, Rome.

MASON V. C., COOK J. E., SMITH T., SIVITER J. W., KEENE A. S. and HARTLEY R D., 1986. The new AGRI-AM process for ammoniation: stack ammoniation of mature forages using ammonium salts. In: Proceedings 2nd Annual Workshop of the African Network for Agricultural Byproducts (Editors: T. R Preston, M. Nuwanyakpae, V. C. Mason and L. J. Lambourne), ILCA, Addis Ababa.

MEYRELES L., POUND B. and PRESTON T. R. 1982. The use of Lencaena leucocephala or sugar cane tops as sources of forage in cattle diets based on molasses/urea, supplemented with chicken litter and/or wheat bran. Tropical Animal Production 7: 92-97.

MEYRELES L. and PRESTON T. R. 1982. The role of poultry litter in molasses/urea diets for the fattening of cattle. Tropical Animal Production 7: 138-141.

MOSELEY W. M., MCCARTOR M. M. and RANDEL R. D., 1982. Effects of monensin on growth and reproductive performance of beef heifers. In: Nutritional Influences on Reproductive Development of Replacement Heifers (Editor: R. D. Randel), Technical Report 82: 1, pp. 1-21.

NAIDOO G., HULMAN B. and PRESTON T. R., 1981. Effect of artificial insemination or natural mating on calving interval in a dual purpose herd. Tropical Animal Production 6: 188.

NEUENDORFF D. A., RUTTER L. M., PETERSON L. A. and RANDEL R. D., 1982. Effect of Lasolacid on growth and puberal development. In: Nutritional Influences on Reproductive Development of Replacement Heifers (Editor: R. D. Randel), Technical Report, No. 1, Texas A and M.

ORSKOV E. R., GRUBB D. A. and KAY R. N. B., 1977. Effect of postruminal glucose or protein supplementation on milk yield and composition in Friesian cows in early lactation and negative energy balance. British Journal Nutrition 38: 397-405.

ORSKOV E. R., 1983. The oesophageal groove reflex and its practical implications in the nutrition of young ruminants. In: Maximum Livestock Production from Minimum Land (Editors: C. H. Davis, T. R. Preston, M. Haque and M. Saadullah), Bangladesh Agricultural University, Mymensingh, pp. 47-53.

PAREDES L., CAPRILES M., PARRA R. and MARQUEZ N., 1981. The performance of calves reared by restricted suckling with mothers of high milk production and potential. Tropical Animal Production 6: 368-369, abstract.

PAREDES L., MARTINEZ M. and CAPRILES M., 1982. Evaluación preliminar de alunos parametros de eficiencia reproductiva en vacas sometidas al amamantamiento restrinsido. Jornados Tecnicas Instituto de Produccion Animal, UCU, Maracay.

PERDOK A. B., THAMOTAARAM M., BLUM J. J., VAN DENBORN H. and VAN VELUN C., 1982. Practical experiences with urea ensiled straw in Sri Lanka. In: Maximum Livestock Production from Minimum Land (Editors: T. R. Preston, C. Davis, F. Dolberg, M. Haque and M. Saadullah), Bangladesh Agricultural University and BARC, Dacca.

PERDOK H. B. and LENG R. A., 1985. Hyperexcitability in cattle fed (thermo-) ammoniated rice straw or wheat crop. In: Proceedings of the 3rd Asian-Australasian Association of Animal Production Societies, Symposium Feeding Systems of Animals in Temperate Areas, pp. 357-366.

PRESTON T. R. and WILLIS M. B., 1974. Intensive Beef Production (2nd edition), Pergamon Press, Oxford.

PRESTON T. R. and LENG R. A., 1980. Utilization of tropical feeds by ruminants. In: Digestive Physiology and Metabolism in Ruminants (Editors: Y. Ruchebush and P. Thivend), MTP Press, Lancaster, pp. 621-640.

PRESTON T. R., 1980. Strategy for cattle production in the tropics. In: Animal Production Systems for the Tropics, Publication No. 8, International Foundation for Science, Stockholm.

PRESTON T. R., 1980. A model for converting biomass (sugar cane) in animal feed and fuel. In: Animal Production Systems for the Tropics, Publication No. 8, International Foundation for Science, Stockholm.

PRESTON T. R., 1983. Restricted Suckling: Effects on cow and calf performance. In: Maximum Livestock Production from Minimum Land (Editors: C. H. Davis, T. R Preston, M. Haque and M. Saadullah), pp. 54-66.

PRESTON T. R. 1977. A strategy for cattle production in the tropics. World Animal Review 21: 11-17.

PRESTON T. R., WILLIS M. and ELIAS A., 1970. Performance of two breeds given different amounts and sources of protein in a high molasses diet. Animal Production 12: 150-156.

PRESTON T. R. and LENG R. A., 1986. Matching Livestock Systems with Available Feed Resources, International Livestock Centre for Africa, Addis Ababa.

PRESTON T. R., 1986. Development of ruminant feeding systems based on crop residues and agro-industrial byproducts available in Ethiopia. In: Proceedings 2nd Annual Workshop of the African Network for Agricultural Byproducts (Editors: T. R Preston, M. Nuwanyakpae, V. C. Mason and L. J. Lambourne), ILCA, Addis Ababa.

SAADULLAH M., 1984. Studies on Utilization of Rice Straw by Cattle. PhD Thesis, Royal Veterinary University, Copenhagen.

SANCHEZ M. and PRESTON T. R., 1980. Sugar cane juice as cattle feed: comparisons with molasses in the absence or presence of protein supplement. Tropical Animal Production 5: 117-124.

SANSOUCY R., 1985. Manufacture of molasses-urea blocks in the Sahel. World Animal Review (in press).

SILVA A. and ORSKOV E. R., 1985. Effect of unmolassed sugar beet pulp on the rate of straw degradation in the rumens of sheep given barley straw. Proceedings Nutrition Society 44: 50A.

STEPHENSON R C. A., EDWARDS J. C. and HOPKINS P. S., 1981. The use of urea to improve milk yield and lamb survival of merinos in a dry tropical environment. Australian Journal of Agricultural Research 32: 497-509.

SUNDSTOL F. and COXWORTH E. M., 1984. Ammonia treatment. In: Straw and Other Fibrous By-Products as Feed (Editors: F. Sundstol and E. C. Owen), Elsevier, Amsterdam, pp. 196-247.

THROCKMORTON J. C., 1985. Protein-Energy Interrelationships in Productive Ruminants. PhD Thesis, University of New England, Armidale, 182 pp.

THROCKMORTON J. C., FOULKES D., LENG R A. and EVANS J. V., 1982. Response to bypass protein and starch in merino sheep and angora goats. Animal Production in Australia 14: 661.

THROCKMORTON J. C. and LENG R A., 1984. Effect of bypass protein and bypass starch on milk yield and bodyweight gain in grazing dairy cows. Animal Production in Australia 15: 628-630.

UGARTE J. and MALDONADO D., 1979. Efectos de sistemas de crianza de terneros sobre la mortalidad, produccion de leche y comportamiento reproductivo. Memorias de la Asociación Latinoamericana de Produccion Animal 14: 8.

UGARTE J. and PRESTON T. R., 1975. Restricted suckling, VI: Effects on milk production, reproductive performance and incidence of clinical mastitis throughout the lactation. Cuban Journal Agricultural Science 9: 15-26.

UGARTE J. and PRESTON T. R., 1972. Rearing dairy calves by restricted suckling once or twice daily on milk production and calf growth. Revista Cubana Ciencia Agricola 6: 173-182.

VAN SOEST P. J., 1982. Nutritional Ecology of the Ruminant. O and B Books, Corvallis, Oregon.

VELAZCO J., CALDERON J., GUEVARA S., CAPRILES M., MARTINEZ N., PAREDES L. and LOPEZ S., 1982b. Efecto del amamantamiento restringido sobre el crecimiento de becerros, produccion de leche, actividad ovarica y nivel de progesterona en vacas Holstein y Pardo Suizo. In: Informe Anual Instituto de Produccion Animal, UCV, Maracay, pp. 66-165.

VELAZCO J. A., CAPRILES M. and PRESTON T. R., 1982a. Efecto del amamantamiento restringido sobre la produccion de leche y cambio de peso vivo en vacas Holstein y Pardo. Jornadas Tecnicas Instituto de Produccion Animal, UCV, Maracay.

VEITIA J. L. and SIMON L., 1972. Effect of two restricted suckling systems of calf rearing on milk production and calf growth. Revista Cubana Ciencia Agricola (Engl. edition) 6: 189-194.

LE CENTRE TECHNIQUE DE COOPÉRATION AGRICOLE ET RURALE (CTA)

Le Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (CTA) est installé depuis 1983 à Ede/Wageningen au titre de la Convention de Lomé entre les États Membres de la Communauté Européenne et les États du groupe ACP.

Le CTA est à la disposition des États ACP pour leur permettre un meilleur accès à l'information, à la recherche, à la formation ainsi qu'aux innovations dans les secteurs du développement agricole et rural et de la vulgarisation.

Les États ACP

Angola
Antigua and Barbuda
Bahamas
Barbados
Belize
Benin
Botswana
Burkina Faso
Burundi
Cameroun
Cap Vert
Centrafrique
Comores
Congo
Côte d'Ivoire
Djibouti
Dominica
Éthiopie
Fidji
Gabon
Gambie
Ghana
Grenade
Guinée
Guinée Bissau
Guinée Équatoriale
Guyane
Jamaïque
Kenya
Kiribati
Lesotho
Libéria
Madagascar
Malawi
Mali
Maurice
Mauritanie
Mozambique
Niger
Nigérie
Ouganda
Papouasie-Nlle-Guinée
Rwanda
Saint Christophe et Nevis
Sainte Lucie
Saint-Vincent et Grenadines
Salomon
Samoa Occidentales
Sao Tome et Principe
Sénégal
Seychelles
Sierra Leone
Somalie
Soudan
Suriname
Swaziland
Tanzanie
Tchad
Togo
Tonga
Trinité et Tobago
Tuvalu
Vanuatu
Zaïre
Zambie
Zimbabwe

La Communauté Européenne

Allemagne (Rép. Féd.)
Belgique
Danemark
Espagne
France
Grèce
Irlande
Italie
Luxembourg
Pays-Bas
Portugal
Royaume Uni

CTA

Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale Convention ACP-CEE de Lomé
Postbus 380
6700 AJ Wageningen
Pays-Bas

Tel. (31) 8380-20484
Télex (44) 30169 cta nl
Fax (31) 8380-31052

Version texte