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Voir cette section du texteXI. Bibliographie sommaire


Les cultures maraîchères (Maisonneuve et Larose, 1994)

LE TECHNICIEN D'AGRICULTURE TROPICALE

1. Le Riz pluvial , par Michel JACQUOT et Brigitte COURTOIS.

2. Le Maïs , par Guy ROUANET.

3. Le Bananier plantain , par Hugues TEZENAS DU MONTCEL.

4. Le Stockage des produits vivriers (en deux volumes), par Jean APPERT.

5. Le Cotonnier en Afrique tropicale , par Gérard SEMENT.

6. Le Manioc , par Pierre SILVESTRE.

7. Le Désherbage des cultures tropicales , par E.M. LAVABRE.

8. Insectes nuisibles aux cultures vivrières et maraîchères (en deux volumes), par Jean APPERT et Jacques DEUSE.

9. Les légumineuses vivrières tropicales , par Marc BORGET.

10. Le théier , par Denis BONHEURE.

11. Le caféier , par H.R. CAMBRONY.

12. L'écrevisse rouge des marais , par Jacques C.V. ARRIGNON, Jay V. HUNER et Pierre J. LAURENT,

13. Aménagements villageois et du terroir , par Gérard JOSSET.

14. Le cacaoyer , par Guy MOSSU.

15. Les plantes tropicales à épices , par M. BORGET.

16. Les crustacés tropicaux d'élevage , par J. ARRIGNON, J.M. GRIESSINGER, D. LACROIX, P. GONDOUIN et M. AUTRAND.

17. La canne à sucre , par R. FAUCONNIER.

18. Le sorgho , par J. CHANTEREAU et R. NICOU.

19. L'élevage de la volaille , par A.J. SMITH (deux volumes).

20. Manuel pratique de vulgarisation agricole , par M. MORIZE (deux volumes).

21. Ravageurs des cultures tropicales , par E.M. LAVABRE.

22. Culture des fleurs à couper , par R. KROLL.

23. Le mouton , par R.M. GATENBY (deux volumes).

24. Le lapin , par D. FIELDING.

25. Le cocotier , par G. DE TAFFIN.

26. Pisciculture en eau douce : le Tilapia , par J. ARRIGNON.

27. L'avocatier, par J.P. GAILLARD et J. GODEFROY.

28. Le porc , par D.H. HOLNES.

LE TECHNICIEN D'AGRICULTURE TROPICALE

Collection couronnée par l'Académie d'Agriculture de France et dirigée par

René COSTE

Membre de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer

Ingénieur général d 'agronomie (H.)

29

Les cultures maraîchères
par
R. KROLL
agronome

Agence de Coopération Culturelle et Technique
13, quai André-Citröen
F75015 PARIS

Centre technique de Coopération agricole et rurale (C.T.A.)
Postbus 380
NL 6700 AJ WAGENINGEN

Editions Maisonneuve et Larose
15, rue Victor-Cousin
F 75005 PARIS

Les opinions exprimées ainsi que les orthographes des noms propres et les limites territoriales figurant dans le présent document n'engagent que les auteurs et nullement la position officielle et la responsabilité de l'Agence de Coopération Culturelle et Technique et le Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale.

Documents photographiques

Les photos de cet ouvrage ont été faites dans les pays suivants:

- Zaïre
- Ouganda
- Rwanda
- Congo Brazza
- Cuba,

par M. R. Dechamps - MRAC Tervuren, INEAC, R. Kroll.

Les dessins sont de R. Kroll

© Maisonneuve et Larose - A.C.C.T., 1994
ISBN: 2-7068 - 1112-9 et 92-9028-217-7
ISSN: 0298.3540

La loi du 11 mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part, que les «copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective» et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, «toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite» (alinéa 1 er de l'article 40).

Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal.

I. Avant-propos

Les cultures potagères relèvent de l'horticulture; leur objectif est la production de légumes. On entend par légume, toute plante pouvant être consommée par l'homme, crue ou cuite; entière ou seulement en partie.

La consommation régulière de légumes frais est d'une grande importance pour la santé; le rôle des vitamines n'est plus à démontrer.

Le choix des plantes ainsi que le perfectionnement de l'outillage et des procédés culturaux peuvent induire une amélioration sensible des conditions d'existence des populations. Ces cultures donnent de bons résultats dans n'importe quelle région d'Afrique si l'on s'adresse exclusivement à des espèces plus ou moins adaptées au climat. Une bonne règle à suivre est d'avoir recours aux légumes originaires de latitudes et d'altitudes voisines ou comparables à celles où l'on désire les cultiver; de plus, par des techniques adaptées, on peut pallier les inconvénients de la situation géographique et des conditions locales et même améliorer qualité, rendements et saveur des produits.

D'une région aussi vaste que l'Afrique centrale, il n'est guère possible de décrire, de pays à pays, les conditions écologiques dans lesquelles les plantes seront placées. Nous nous bornerons à en donner le mécanisme général.

Un des mythes les plus tenaces assure que le continent noir possède des millions d'hectares de terres fertiles mais en réalité, on constate qu'il n'existe qu'une zone tropicale de 10 millions de km 2 entre le Sahara et le désert du Kalahari. Les ressources en eau sont suffisantes mais à peine 30 % des terres africaines sont cultivables, car souvent fragiles ou de médiocre qualité. Les périodes de jachère diminuent, les sols s'épuisent et l'érosion les attaque.

De 1972 à 1992, la population de l'Afrique est passée de 360 millions à plus de 500 millions d'hommes. L'Afrique tropicale occupe plus de 72 % de la superficie du continent et sa population en rassemble 70 %. Dans cette zone à vocation agricole, très importante, se trouvent 80 % des terres cultivables.

La recherche d'une solution à tous ces problèmes exige une utilisation élargie des acquisitions scientifiques et pratiques, L'introduction des systèmes culturaux modernes en tenant compte de la durée des saisons des pluies, des types de sols, du relief, du caractère de la production agricole, des particularités biologiques des plantes cultivées, des traditions nationales, de la disponibilité de la main d'œuvre, etc.

Le FAO a lancé plusieurs programmes qui concernent notamment la productivité des terres, la conservation des sols, l'amélioration des pratiques culturales et la gestion des éléments nutritifs des plantes au Burundi, en Guinée-Bissau, en Tanzanie et au Zaïre.

Le problème alimentaire accuse aujourd'hui une acuité particulière sur le continent africain, principalement due à une poussée démographique, à une insuffisance de surfaces labourées et à la pratique de techniques agricoles archaïques.

L'exode rural vers les villes et mégapoles affecte tous les pays africains; Les terres sont abandonnées, les productions diminuent car le travail du paysan est ingrat et mal rémunéré.

Dans les premières décades du XXI e siècle, la population du monde dépassera 6 milliards d'êtres qu'il faudra pourtant nourrir; on peut prévoir qu'on assistera alors à un grand retour à la terre pour la simple raison de survie.

Il est à présent nécessaire de former en plus grand nombre des moniteurs agricoles qui' à leur tour, pourront veiller à introduire une agriculture plus moderne, ceci par une meilleure utilisation de la terre et l'amélioration de la fertilité en vue de rendements plus élevés.

Le but du présent ouvrage est de faire prendre conscience des possibilités encore, pensons-nous, vastes, d'améliorations tant culturales que par la diversification de la production maraîchère qui offre un choix de nouvelles espèces intéressantes mais encore inconnues dans certains pays.

Seront décrites ci-après cinquante plantes potagères d'origines européennes et tropicales.

II. Le climat et ses conséquences

Les climats régnant entre les latitudes européennes et équatoriales sont qualifiés de tempérés, subtropicaux et tropicaux. Une constatation à peu près semblable est faite en passant de la région côtière à celle des montagnes.

De part et d'autre de l'équateur et sur une largeur de 10 à 12° de latitude, on observe le climat dit équatorial, caractérisé par une chaleur et une humidité élevées et continues; absence de saison sèche mais deux saisons des pluies.

Au Nord et au Sud de cette zone règne le climat tropical proprement dit caractérisé par deux saisons sèches et deux saisons de pluies. Plus on se rapproche des tropiques, plus se restreint la durée des pluies; au tropique même, il n'y a qu'une courte saison des pluies et une longue saison sèche. Enfin, du 23° jusqu'à 35° de latitude nord ou sud apparaissent les climats dits désertiques (subtropicaux).

Lors de la révolution de la terre autour du soleil, celle-ci effectue une oscillation apparente annuelle, laquelle entraîne le système climatique; le centre de la zone pluvieuse, chaude et humide, coupe l'équateur deux fois l'an aux équinoxes et atteint les tropiques Nord et Sud une fois l'an aux solstices.

Températures

En régions tempérées, les variations de températures au cours de l'année sont très prononcées et importantes; elles constituent le facteur essentiel différenciant les saisons (été-hiver).

En zones climatiques tropicales, les variations saisonnières sont déterminées, non par la température qui conserve une grande uniformité et reste élevée toute l'année, mais par le régime des pluies, là où ne joue pas la correction apportée par l'altitude. La température moyenne annuelle de l'air des plaines équatoriales varie de + 24° C à + 26° C, celles des savanes et de la zone sahélienne de + 27 à + 30° C.

Pluies

En zone équatoriale, la chaleur et l'humidité sont remarquablement élevées et les pluies sont abondantes: 1500 à 3 000 mm, et plus, par an.

Le passage du climat équatorial au climat désertique a lieu par transitions successives avec une diminution progressive des pluies. Ceci est d'ailleurs fidèlement répercuté par la végétation qui varie depuis l'exubérance de la forêt équatoriale jusqu'à la pauvreté végétale des déserts en passant par la savane boisée, puis buissonnante et enfin herbacée (Sénégal/Dakar: 600 mm/an en 37 jours-Cameroun/Douala: 4 000 mm/an en 175 jours).

Il existe un climat dénommé «guinéen» caractérisé par des pluies très abondantes liées au régime particulier des moussons (aire du golfe de Guinée: Lagos-Douala).

Un autre type de climat équatorial existe dans les régions de hauts plateaux (3° latitude Nord et 5° Sud). En effet l'accroissement de l'altitude provoque une diminution de la température de 1°C par 180 m soit 7°C à 1 200 m. La température y est donc relativement modérée, les nuits fraîches, les pluies peu nombreuses, mais bien réparties dans l'année (Kenya-Rwanda).

Insolation

L'insolation est nettement plus forte en saison sèche qu'en saison des pluies; l'intensité lumineuse est très élevée même sans insolation directe; par contre, le nombre d'heures de lumière diurne est à peu près constant à l'Equateur (12 heures); il augmente graduellement en direction des tropiques suivant les saisons (13 h 30 au Tropique du Cancer, 16 heures en juin au centre de la France).

On constate que la vitesse d'assimilation des plantes n'est pas en relation directe avec l'augmentation de la lumière et de la chaleur, mais qu'il y a pour chaque plante un maximum. La pleine activité est atteinte avec 30 % de lumière solaire; au-delà de 50 %, la croissance n'augmentera qu'en de très faibles proportions; la photosynthèse peut même accuser un rendement déficitaire quand chaleur et lumière sont excessives.

Ceci nous amène à l'interaction évidente entre ces trois éléments: la température, l'insolation et la pluviosité, indispensables à la photosynthèse, donc à la vie de la plante. C'est la loi de l'interdépendance des facteurs de croissance qui ne sont pas interchangeables.

C'est ainsi que le photopériodisme, alternance des périodes lumineuses et obscures, détermine l'aire de répartition des différentes plantes cultivées. Certaines espèces se développent mieux en jours longs et d'autres en jours courts, car le photopériodisme agit sur l'induction florale (mise à fleur), sur la fructification et sur la formation des tubercules.

Les plantes de jours courts sont par exemple: le maïs, l'igname, le pois cajan, les oignons africains qui bulbent en jours courts, la patate douce.

Les plantes de jours longs sont entr'autres: l'oignon d'Europe, l'aubergine, le Gombo, la pastèque, l'amarante. Il s'agit principalement, on le constate, de produits de pays tempérés.

Il existe pourtant des plantes indifférentes: niébé (vigna), haricot commun, etc. Les stations d'essai et de sélection s'efforcent de trouver des cultivars adaptés à des écologies différentes, ceci afin d'éviter les échecs.

En régions tropicales, les légumes originaires des tropiques se cultivent sans difficulté pendant la saison chaude tandis que ceux provenant des pays tempérés se développent avec succès pendant la période la plus fraîche (saison sèche) confirmant le dicton: en saison sèche, tout pousse.

Dans les régions montagneuses, une élévation de plusieurs centaines de mètres entraîne un changement remarquable de la température: c'est ainsi que les légumes originaires des pays tempérés croissent sans difficultés, même à l'Equateur dans les régions d'altitude du Kenya, de l'Ouganda, du Rwanda.

Ceci nous amène à la notion de thermopériodisme. Comme nous l'avons vu, en zone tropicale, les différences de température diurne et nocturne sont peu importantes, plus particulièrement en saison des pluies. On distingue au niveau végétatif trois stades:

a. la germination qui exige un minimum et un maximum: arachide, de + 13 à + 40° C - manioc, de + 18 à + 40° C;

b. la végétation, en croissance et en fructification: + 20 à + 25° C car au-delà, la photosynthèse diminue. Au-dessus, de + 45 à + 50° C, c'est la siccité par évaporation excessive et la perte du végétal.

On considère qu'il faut 200 à 300 litres d'eau pour produire 1 kg de matière sèche, d'où l'importance du régime hydrique. Le manque d'eau occasionne une respiration plus importante (cercle vicieux) et une photosynthèse réduite. C'est en Guinée et au Libéria que l'on observe plus de 4 000 mm de pluies par an mal réparties et au Niger (Agadès) moins de 200 ainsi que respectivement les températures les plus et les moins élevées. En culture maraîchère plus particulièrement, le choix du terrain a une grande importance: la rétention d'eau par capillarité et gravité dépend de la perméabilité du sol car l'évaporation (perte) augmente lorsque la tension de vapeur est faible et la température élevée (saison sèche). L'irrigation est, dans presque tous les pays, indispensable.

Climat pré- et sahélien

En savanes, étant donnée la pauvreté végétale, l'absence d'ombrage, comme corollaire la pauvreté du sol, des pluies très faibles et parfois totalement absentes. De plus, l'érosion éolienne se manifeste particulièrement en saison sèche. Dans ces régions, les façons culturales seront spécifiques. C'est ainsi que, lors de la mise en culture, on maintiendra le plus possible la végétation arbustive et herbacée. Les cultures sarclées n'y sont pas favorables, et il sera préférable d'établir des bilions disposés en travers des vents dominants et de prévoir des lignes d'arbres coupe-vent. Le travail du sol sera superficiel (quelques centimètres). L'assolement y sera également différent suivant les régions et leur aridité. On n'utilisera que des plantes à cycle végétatif court: 3 à 4 mois.

L'amélioration du sol se pratique par verte, légumineuses ou graminées telles que: mucuna, crotalaria, vigna; dolichos, pennisetum, setaria ou par compost et jachère de 2 à 3 ans.

En ce qui concerne les cultures maraîchères, la seule solution consiste à avoir recours à l'irrigation si l'on dispose d'une réserve suffisante d'eau.

Climat des régions montagneuses

Le régime thermique de ces régions dépend essentiellement de l'altitude et dans une certaine mesure de la latitude. Au pied des montagnes et jusqu'à 1 500 m, les températures moyennes varient de 30 à 20° C; à 2 000 m elles sont de l'ordre de 20 à 14° C et en haute montagne, de 2 à 3 000 m, de 14 à 7° C, avec des risques de gelées la nuit.

Les régions pentues exercent une influence particulière sur le régime des pluies en localisant l'air humide, provoquant ainsi des pluies abondantes.

L'exposition a une grande importance pour l'insolation, la répartition de la chaleur et de l'humidité. Cette insolation diminue d'un quart dans les pentes de 2 à 5° nord et de près de la moitié dans les pentes de 6° et plus, en comparaison du versant sud.

Hygrométrie

L'humidité relative ou degré hygrométrique est le rapport de la pression de vapeur d'eau dans l'air à la pression de vapeur saturante, c'est-à-dire à la pression maximale de vapeur d'eau à la température considérée.

Cette humidité relative de l'air est étroitement lice à la pluviosité et à la température. C'est ainsi qu'en zone nord de l'équateur, on observe en août (pluviosité maximum):

70 à 90 % d'humidité relative en zone forestière humide
50 à 90 % d'humidité relative en zone tropicale
30 à 90 % d'humidité relative en zone aride
20 à 80 % d'humidité relative en zone très aride.

Au point de vue météorologique, la vapeur d'eau contenue dans l'air a une grande importance car:

1) l'air humide s'échauffe plus vite que l'air sec, ayant un pouvoir absorbant plus grand que ce dernier pour les radiations I.R.

2) de grandes variations de température sont produites par la formation et la condensation de la vapeur d'eau.

3) à égalité de température, plus l'air est sec et plus le dessèchemènt du sol est rapide; plus active aussi est la transpiration des plantes.

4) par sa condensation, elle provoque les nuages, brouillards, pluies et rosées.

Cette humidité relative est plus importante aux premières heures du jour et la plus faible vers 15 h.

L'atmosphère en zone équatoriale, si elle est très humide pour l'homme, est au contraire assez sèche pour la végétation.

Les seuls vrais inconvénients de l'humidité relative élevée sont:

- le développement des maladies cryptogamiques,
- la pollinisation, plus difficile.

Température du sol

Celle-ci est généralement un peu plus élevée que la température de la couche d'air susjacente.

En région de basse altitude et humide, on observe:


à 10 cm de profondeur

à 50 cm de profondeur

Sol nu

maximum 40°C

27°C

Sol couvert

maximum 25°C

25°C

Sol en forêt

maximum 23°C

-

La température du sol décroît avec l'augmentation de la nébulosité, avec l'efficacité de la plante de couverture et avec la profondeur.

La plante de couverture est l'agent modérateur le mieux adapté et le plus efficace.

On a observé par journées de forte radiation globale des températures supérieures à 50° C.

La température relativement élevée de l'air et du sol, jointe à l'ambiance humide, favorise le développement des végétaux supérieurs, mais provoque également la pullulation de micro-organismes. La température optimale favorable à l'activité bactérienne est celle d'environ 30° C. On ne saurait donc trop insister sur la nécessité de la couverture du sol (morte ou vivante) dont le rôle est:

1) la protection contre les brusques variations de température du sol et des radiations lumineuses bactéricides;

2) d'éviter le dessèchement du sol par excès d'évaporation directe;

3) d'enrayer l'action mécanique des pluies, le tassement du sol et de freiner le ruissellement (érosion);

4) de favoriser la formation de l'humus.

III. Nomenclature des pays d'Afrique centrale

Angola

Pays situé entre 5° et 18° de latitude sud, constitué de plateaux de 1000 à 1800 m. Le nord est tropical (proximité du Zaïre), le sud: des savanes.

Zaïre

Situé entre 5° nord et 13° sud. Climat équatorial dans la cuvette centrale (300 à 500 m) et tempéré à l'est (500 à 4 000 m) à saison sèche marquée en périphérie.

Congo

5° nord à 5° sud, à cheval sur l'Equateur, climat équatorial et tropical, altitude de 0 à 500 m.

Cameroun

2° nord à 12° nord, climat équatorial très humide en plaine littorale. Hauts plateaux de plus de 1000 m, massifs montagneux (Mont Cameroun 4 000 m), nord du pays plus sec.

Gabon

Climat équatorial. Altitude de 0 à 1500 m.

Nigeria

3° à 14° nord. Climat équatorial au sud du pays. Plaines fluviales, puis hauts plateaux jusqu'à 1 500 m. Au nord: climat pré-sahélien.

Bénin

6° à 14° nord. Plaines équatoriales, puis plateaux de 3 à 400 m. Au nord, saison sèche très marquée.

Togo

6° à 11° nord. Climat tropical, plateaux et savanes au nord.

Ghana

5° à 11° nord. Plaines et plateaux, le sud est équatorial, le nord sec.

Côte d'Ivoire

4° à 10° nord. Climat équatorial au sud et tropical au nord. Plaines, puis montagneux au nord.

Liberia

4° à 8° nord. Plateaux de 200 m d'altitude. Nord montagneux (800 à 1 000 m).

Sierra Leone

7° à 10° nord. Plateaux d'altitude moyenne: de 50 à 600 m. Climat tropical.

Guinée

8° à 12° nord. Pays de montagnes (Fouta - Djalon). 1 000 à 1 500 m. Climat tropical à saisons marquées. Plaine du Niger de 300 à 500 m.

Guinée Bissau

11° à 13° nord. Climat tropical. Plateaux.

Sénégal

12° à 17° nord. Pays de plaines, maximum 500 m, climat tropical, plus sec au nord.

Mali

11° à 25° nord. Pays de plaines et de plateaux (500 m). Climat tropical sauf au nord où il est désertique.

Burkina-Faso

9° à 15° nord. Plaines et plateaux (500 m) Nord désertique.

Niger

11° à 23° nord. Pays de plateaux (300 m). Nord désertique.

République Centre Afrique

2° à 11° nord. Plateaux de 600 m. Climat tropical. Le nord est aride.

Kenya

4° nord à 4° sud. Pays d'altitude, montagneux: de 1 000 à 1 500 m. Climat tempéré, plaine côtière.

Ouganda

4° nord à 1° sud. Montagnes et plateaux de 1000 à 1500 m. Climat tempéré.

Tanzanie

1° à 12° sud. Pays de plateaux de 1000 à 1500 m. Climat sec sauf sur la côte.

Zambie

8° à 18° sud. Climat tropical, hauts plateaux de 1000 à 1500 m.

Rwanda

1° à 2,5° sud. Montagneux 1000 à 1500 m. Tropical.

Burundi

Plateaux et montagnes, climat tropical, altitude de 800 à 2 500 m.

IV. Importations intra CEE et extra CEE vers la CEE

01/01/91 - 31/12/91

Arachides décortiquées non grillées ni autrement cuites


Tonnes

1 000 ECU

Moyenne/kg




FB

FF

Soudan

2 478

1 882



Sénégal

2 707

2 007



Gambie

27

19



Guinée-Bissau

466

167



Guinée

200

150



Togo

13

21



Nigeria

263

240



Kenya

60

49

31

5,5

Ouganda

60

47



Tanzanie

411

204



Zimbabwe

175

141



Malawi

666

530



Etats-Unis

100 328

88 899



Monde

444 650

362 529



Arachides en coques (autres que semences) (non grillées ou autrement cuites)

Mali

8

6



Burkina Faso

45

27



Sénégal

981

837



Côte d'Ivoire

1

2



Ghana

47

24



Togo

4

5

38

6,4

Cameroun

3

1



Kenya

5

10



Zimbabwe

18

19



Chine

40 893

32 127



Monde

95 179

78 534



Artichauts frais ou réfrigérés

Kenya

2

2



Espagne

24 438

23 450

38

6,4

Monde

40 829

39 553



Asperges fraîches ou réfrigérées

Kenya

1

1



Zambie

32

64



Grèce

11 069

26 512



France

5 859

24 330

120

20

Pays-Bas

5 979

23 875



Espagne

19 232

49 684



Monde

48 827

143 494



Aubergines fraîches ou réfrigérées

Côte d'Ivoire

25

43



Gambie

226

346



Ghana

10

15



Togo

2

2



Cameroun

2

3



Gabon

1

1

65

10,80

Kenya

165

395



Ouganda

1

4



Pays-Bas

20 895

27 986



Espagne

18 609

16 720



Monde

50 767

55 624



Echalottes fraîches ou réfrigérées

France

5 417

4 306



Pays-Bas

3 683

1 505

26

4,30

Monde

12 584

9 512



Courgettes fraîches ou réfrigérées

Sénégal

1

1



Gambie

49

63



Ouganda

1

-



Zambie

1

1

60

10

Zimbabwe

21

86



Espagne

95 224

72 281



France

21 083

19 278



Haricots «Vigna» spp, «Phaseolus» spp du 01/10 au 30/06 (période d'hiver)

Mali

130

222



Burkina Faso

3 409

6 241



Niger

390

564



Sénégal

1 887

3 695



Gambie

11

17



Guinée

11

25



Côte d'Ivoire

10

20



Ghana

3

11



Cameroun

524

763

77

13

Rwanda

110

256



Kenya

11 267

23 759



Ouganda

4

9



Tanzanie

203

378



Zimbabwe

528

1 052



Espagne

18 643

25 631



Monde

67 587

95 479



Maïs doux frais ou réfrigérés

Gambie

21

21



Gabon

2

1



Kenya

2

9



Zambie

515

1 628

64

10,6

Zimbabwe

160

251



USA

2 330

1 778



Monde

8 223

3 248



Racines de Manioc fraîches ou séchées

Côte d'Ivoire

6

11



Ghana

50

22



Togo

1

2



Benin

1 700

246



Cameroun

18

37



Tanzanie

42 253

5 697

26

4,4

Malawi

101

20



Indonésie

806 533

108 936



Pays-Bas

636 883

95 051



Monde

6 879 444

917 991



Thaïlande

4 802 397

622 107



Oignons frais ou réfrigérés

Mali

23

1



Côte d'Ivoire

90

22



Zaïre

30

7



Tanzanie

101

26

8

1,3

Zimbabwe

5

1



Pays-Bas

376 411

82 602



Monde

956 783

209 451



Pastèques fraîches

Sénégal

17

38



Gambie

30

34



Ghana

14

3



Somalie

450

196



Kenya

9

3

33

5,5

Zimbabwe

9

14



Espagne

140 456

51 521



Monde

324 227

115 781



Patates douces, fraîches, entières, pour la consommation humaine

Côte d'Ivoire

-

2



Ghana

90

91



Zambie

86

68

34

5,7

Afrique du Sud

2 317

1 822



Monde

6 275

5 198



Piments doux ou Poivrons frais ou réfrigérés

Sénégal

37

68



Gambie

-

1



Ghana

2

4



Nigeria

3

4



Burundi

3

4

60

10

Kenya

5

9



Zambie

9

11



Iles Canaries

176 505

196 498



Pays-Bas

123 551

217 292



Monde

377 425

485 046



Pois «Pisum sativum» du 16/05 au 31/06/91 frais ou réfrigérés

Kenya

1

1



Zambie

417

848



Zimbabwe

863

1 908

48

8

France

11 104

3 491



Monde

32 245

15 465



Pommes de terre de primeurs du 01/01 au 15/05/91

Niger

23

7



Egypte

155 623

47 735

12

2

Monde

624 171

215 186



Pommes de terre de primeurs du 16/05 au 30/06



Afrique tropicale

0

0



Italie

246 306

81 693

13

2,2

Monde

440 673

144 623



Fèves de Soja

Nigeria

25

6



USA

6 185 925

1 167 137



Brésil

2 160 096

427 759

8,2

1,40

Argentine

3 384 866

685 317



Monde

12 968 083

2 534 865



Tomates du 01/11 au 15/05/91 fraîches ou réfrigérées

Mali

142

174



Sénégal

223

223



Gambie

1

2



Guinée

26

44



Côte d'Ivoire

1

2



Kenya

32

22

50

8,30

Zambie

1

1



Zimbabwe

122

132



Pays-Bas

190 705

226 537



Canaries

196 938

171 112



Monde

727 837

711 931



Tomates du 15/05 au 31/10/91 fraîches ou réfrigérées

Niger

1

1



Sénégal

13

13



Guinée

1

1



Togo

2

1

36

6

Kenya

9

10



Zimbabwe

9

7



Pays-Bas

368 971

339 429



Monde

577 751

505 095



Légumes autres non définis frais ou réfrigérés

Sénégal

327

478



Mali

218

302



Gambie

268

446



Côte d'Ivoire

229

381



Ghana

59

87



Togo

219

306



Nigeria

10

28



Cameroun

163

193



Gabon

11

-



Zaïre.

36

90



Congo

1

1



Burundi

47

115



Kenya

3 519

6 893



Ouganda

59

94



Tanzanie

4

13



Zambie

5

6



Zimbabwe

1

4



Commentaires

1. Lorsque la provenance est «Monde», il s'agit d'importations de la CEE en provenance du monde entier et non une production mondiale globale.

2. La disparité des prix ECU (FB - FF) à la tonne provient soit de la qualité des produits qui peut être très variable, soit de l'époque de la vente.

3. En arachides décortiquées, les importations originaires des USA représentent à elles seules le quart de celles du monde.

4. Près de la moitié des aubergines consommées en Europe proviennent d'Espagne.

5. Le Kenya détient une situation exceptionnelle en exportation de haricots, en compétition avec l'Espagne, avec l'avantage cependant de vendre dans des conditions plus avantageuses. La France est son premier client, suivie de l'Angleterre et de la Belgique.

6. En ce qui concerne le manioc racine, la situation des Pays-Bas pourrait paraître anormale mais s'explique aisément. Ce pays exporte 636 883 tonnes vers les autres pays de la CEE tout en étant non producteur. Il importe principalement d'Indonésie, traite le produit, puis le revend.

7. En pastèques, la situation de la Somalie est anormale.

8. La situation de quasi monopole des USA en fèves de soja et arachides explique les tractations du GATT.

9. Les Pays-Bas se distinguent particulièrement en tomates d'été ou d'hiver.

10. Enfin, le Kenya est leader pour la livraison de légumes divers: gombo (okra), pois, choux, radis et divers.

11. Ces statistiques démontrent que plusieurs pays africains pourraient faire mieux. Cette carence pourrait s'expliquer par un climat qui ne convient pas et un manque d'intérêt des gouvernements pour la promotion, la formation et l'aide aux agriculteurs.

Il a paru intéressant de citer ci-après les pays de la CEE (les douze) qui importaient le plus des produits signalés:

Arachides décortiquées

Pays-Bas

170 753 t

suivi de l'Angleterre

Arachides en coques

Allemagne

26 641 t

suivi de l'Italie

Artichauts

France

30 963 t

suivi de l'Italie

Asperges

Allemagne

33 824 t

suivi de la France

Aubergines

France

19 889 t

suivi de l'Allemagne

Echalottes

Allemagne

4 064 t

suivi de Belgique-Lux.

Haricots

France

23 746 t

suivi de la Hollande

Maïs doux

Angleterre

6 120 t

suivi de la Hollande

Manioc

Allemagne

725 637 t

suivi de Belgique-Lux.

Oignons

Allemagne

357 690 t

suivi de la France

Pastèques

Allemagne

131 536 t

suivi de l'Italie

Patates douces

Angleterre

2 935 t

suivi de la France

Piments doux

Allemagne

206 781 t

suivi de la France

Pois

Belgique

21 026 t

suivi de la Hollande

Pommes de terre (du 01/01 au 15/05/91)

France

163 079 t

suivi de l'Allemagne

Pommes de terre (du 16/05 au 30/06/91)

Allemagne

233 181 t

suivi de l'Angleterre

Fèves de soja

Pays-Bas

3 678 279 t

suivi de l'Allemagne

Tomates (du 01/11 au 15/05/91)

Allemagne

211 048 t

suivi de la France

Tomates (du 15/05 au 31/10/91)

Allemagne

319 000 t

suivi de la France

Ces statistiques ont été établies le 06/05/92 par la CEE et l'OBCE (Bruxelles).

A titre de comparaison, ci-après, les prix moyens relevés dans cinq supermarchés français et belge (février et mars 1993):


FF

FB

Gombo-Okra

(kg) 33

(kg) 200

Aubergine

25

150

Haricot Sénégal

30

180

Haricot Kenya

(extra fins) 31 - 40

180 - 240

Choux chinois

16

100

Tomate

9

55

Aubergine

25

150

Patate douce

26

160

Poivrons

16

100

Courgette

16

16 - 25

Piment vert

50

300

Asperge

(la botte) 28

(verte du Sénégal) 170

Ceci met en évidence l'intérêt des exportations en contre-saison (hiver en Europe), ainsi que les marges bénéficiaires des importateurs, grossistes et détaillants, qui, totalisées, sont de l'ordre de 100 à 200 %.

V. Les sols tropicaux

Sous les tropiques, les types de sol les plus répandus appartiennent aux catégories de sols latérisés et les vertisols. Dans le choix de nouveaux terrains, il convient de rechercher avant tout des sols jeunes ou faiblement latérisés. On sera d'autant plus exigeant dans ce choix que les situations économiques et climatiques seront plus défavorables.

A côté de leurs composants minéraux, qui reflètent la composition de la roche dont ils proviennent, les sols renferment une certaine dose de matière organique ou humus. Cet humus est peuplé de micro-organismes très variés, d'algues, de moisissures, de bactéries, qui jouent un rôle important dans la transformation de la matière végétale et, pour la plupart, ont une influence capitale sur la fertilité des terres.

L'humus ameublit les terres fortes et rend plus fortes les terres trop légères. il est également une source d'azote et de carbone et retient temporairement un certain nombre de matières nécessaires à la vie des plantes. Comme on le voit, la matière organique l'humus, joue un rôle considérable; il est donc important qu'il ne disparaisse pas.

Les altérations du sol sont le résultat de phénomènes semblables en région tropicale et en région tempérée, sauf qu'en région tropicale, ces phénomènes sont plus rapides et intenses et se manifestent à des profondeurs plus grandes qu'en zone tempérée. En cause: la température élevée et les pluies abondantes et avec le temps, risque de latérisation.

Dans ces sols, c'est l'hydroxide d'alumine qui est abondant. Aux sols latéritiques chimiquement pauvres et à faible pouvoir de rétention, correspond un couvert végétal pauvre qui se dégrade rapidement. Non seulement il perd son humus mais sera envahi par les éléments latéritiques.

Afin d'éviter ces phénomènes, il n'y a qu'une seule réponse: la couverture du sol. Elle peut être réalisée de plusieurs manières. En premier lieu, un apport important de compost, autrement dit d'humus, en couverture totale ou en paillis dans les interlignes des cultures. Deuxièmement, une couverture verte importante sur les terrains en friche, en réserve ou en jachère. Cette dernière peut être réalisée par le recrû forestier, accompagné dans un premier temps par un semis de légumineuses ou de graminées.

En Afrique tropicale, les sols latéritiques colorés en rouge et jaune à l'Equateur, font progressivement place aux sols subarides vers les limites sud et nord de la zone tropicale. Il s'agit des vertisols de teinte noire et généralement basiques, assez pauvres en humus. Ils ont la faculté d'agir comme une éponge en se gonflant en saison des pluies puis en formant plaque dure et crevassée en saison sèche. Ces sols sont difficiles à cultiver et si l'irrigation est possible, elle y sera pratiquée. Grâce à leurs bases assimilables, ils sont en général très fertiles et s'observent plus particulièrement au Togo, Mali, Sénégal.

Il existe encore de nombreux autres types de sols allant du minéral (déserts) sans intérêts au sodique à l'autre extrême (Tchad).

En culture intensive ou sous abris, la question des sols est résolue par l'apport d'engrais et les façons culturales appropriées.

VI. Les abris

En principe, dans tous les pays cités dans cet ouvrage, les cultures potagères des régions tempérées seront pratiquées sous abris.

Les frais d'établissement sont élevés mais indispensables, compte tenu de la fragilité de certaines plantes et surtout de leur valeur commerciale (exportation).

En culture villageoise ou de case et paysannat, ce sont les matériaux locaux qui seront employés. Les piquets de soutien des abris seront choisis parmi les variétés de jeunes arbres non attaqués par les termites. La couverture horizontale ou oblique sur lattis sera faite de feuilles de palmiers. L'orientation de ces abris sera choisie Est-Ouest pour un meilleur éclairement; les quatre côtés de l'abri seront laissés libres afin d'assurer une bonne ventilation.

Dimensions: longueur suivant terrain disponible; largeur: plus ou moins 2 m. Chaque abri sera séparé du suivant par un sentier à l'air libre permettant le travail du sol, l'arrosage, l'entretien et la récolte. Lorsque les plantes auront atteint un certain stade et qu'elles peuvent supporter le plein éclairement, la couverture sera diminuée ou enlevée.

La culture en billons est la plus indiquée, car elle permet un travail plus aisé (l'eau de pluie n'aura pas tendance à stagner) et permet le placement des tuyaux de drainage si nécessaire.

Plus élaborés et plus professionnels, seront les abris permanents constitués d'une ossature en tubes d'acier creux (vieux tuyaux d'alimentation d'eau). Les éléments étant attachés les uns aux autres seront maintenus par des colliers de serrage. L'ensemble sera recouvert d'une bâche en polyéthylène de 100 m (microns) ou plus, armée ou non. Elle fera office de parapluie et les parties latérales resteront libres pour la ventilation.

Les abris à doubles pentes ou en forme de tunnel sont les plus courants, mais ils présentent l'inconvénient de conserver trop de chaleur dans la partie supérieure, ce qui se traduit par une augmentation considérable de la température au sol. Les dimensions habituelles sont de 8 à 10 m de largeur sur une longeur désirée. Le dispositif intérieur sera le même que pour les petits abris, c'est-à-dire, culture en billons de 1,20 m à 1,50 m de large, séparés les uns des autres par un sentier de 50 cm. En variante, on peut envisager un toit à simple pente orientée vers les vents dominants. Pour les grandes exploitations, le matériel peut être acheté en Europe.

La culture en plein champs ne sera réalisable que pour les plantes résistantes ou de rapport moindre: manioc, patate douce, igname, arachide, maïs. Egalement pour les légumes à feuilles: baselle, amarante, tétragone, etc. ainsi que les légumes cultivés en saison sèche uniquement.


Les abris 1


Les abris 2


Les abris 3

Cette culture en plein champs sera toujours aléatoire car sujette aux excès de pluies, à leur violence. La protection phytosanitaire est difficile à conduire et le lessivage des engrais presque inévitable. A Boende (Zaïre), on a enregistré 105 mm de pluie en 90 minutes.

Les tornades sont assez fréquentes et sachant qu'un vent de 15 m/seconde, soit 54 km/heure, provoque une pression de 14 kg/m 2, on peut s'imaginer ce qu'il peut rester d'une culture de laitues, tomates par exemple. Dans certaines régions, c'est à peine la moitié de la puissance du phénomène.

Les abris permanents sont destinés à la culture maraîchère intensive. Ils permettent 2 à 3 récoltes par an de produits à haute valeur ajoutée, mais nécessitent l'irrigation sous pression et la présence des brumiseurs en saison sèche.

Les cultures habituelles sous abris sont: tomates, melons, concombres, laitues, poireaux, ainsi que de nombreuses plantes à épices et aromatiques. On y observe également les oignons, betteraves potagères, radis, navets, fraisiers. Bref, beaucoup de produits destinés à l'exportation.

VII. Situation et type d'entreprise

En milieu rural, le jardin potager sera établi près de la maison et aura entre 50 ares et 1 hectare suivant l'importance de la famille. On y cultivera les principaux légumes de consommation directe et de conservation. Cette même surface permettra également l'établissement d'un verger, d'une porcherie et d'abris pour les caprins. La terre sera cultivée sans jachère, avec compost, fumier et engrais si possible en vue de sauvegarder la fertilité. On y pratiquera très souvent les cultures associées, par exemple: maïs et arachide, manioc et bananier, etc. ou des cultures intercalaires.

Dès qu'il s'agit de cultures commerciales, on parlera d'hectares qui ne sont pas situés, hélas, près des habitations. Il s'agit ici du petit maraîcher établi en zone péri-urbaine ou près d'une grande exploitation à laquelle il pourra livrer une partie de ses récoltes. Nous restons ici, chez le paysan employant peu ou pas d'engrais et cultivant généralement d'une manière traditionnelle, manuellement ou avec traction animale. De nettes améliorations peuvent être apportées avec le concours de moniteurs agricoles issus des écoles d'horticulture.

Plus évoluées sont les moyennes et grandes entreprises dont les cultures sont conduites rationnellement en vue d'approvisionner des cités ou de l'exportation. Dans le même esprit, il faut intégrer les paysannats associés à une coopérative.

Le terrain sera choisi de préférence plat ou en légère pente (maximum 1 à 2 %), ceci pour éviter la culture en terrasses, toujours onéreuse. L'emplacement le plus favorable à la culture maraîchère est situé à proximité d'un cours d'eau, d'un puits, des marigots, car il est indispensable de pouvoir irriguer. En général, tous les sols non dégradés peuvent convenir à condition d'être bien travaillés et fumés.

Le terrain sera clôturé soit avec des arbres fruitiers coupe-vent: manguiers, avocatiers, arbre-à-pain, agrumes, palmiers et même ananas, ou par une palissade et, mieux encore, par une haie vive constituée de ricinodendron, spondias ou manioc.

Pour une nouvelle installation et suivant les pays, on choisira un sol vierge ou ayant bénéficié d'une jachère longue ou une galerie forestière encore épargnée par l'érosion. L'incinération sera évitée pour les raisons exposées plus haut. Le déblaiement complet effectué, on installera rapidement les abris ou une couverture végétale.

VIII. Notions culturales

Multiplication des plantes

Le mode de multiplication le plus naturel est le semis, mais il est souvent intéressant d'utiliser d'autres techniques permettant un gain de temps.

1. Le semis

Ce mode de multiplication, le plus courant, consiste à mettre en terre des graines mûres et bien vivantes. Celles-ci ne transmettent pourtant pas fidèlement les caractères variétaux.

Il faut compter sur la variabilité naturelle des plantes et sur les hybridations toujours possibles (maïs). Le semis est également employé par les horticulteurs et Stations de Recherches pour créer de nouvelles variétés.

Les graines seront choisies sur les plants-mères représentant au mieux les caractères que l'on désire reproduire. Un assez grand nombre de légumes d'origine européenne ne produisent pas de semences, il faudra faire un nouvel appel à chaque semis. Il est recommandé, en général, de ne pas dépasser la première génération ou, au plus, la deuxième. Après celle-ci, on s'adressera à un établissement commercial de production semencière. La dégénérescence est très rapide sous climat tropical pour les espèces non indigènes. La germination étant plus rapide en Afrique, il est parfaitement inutile de faire appel aux «graines forcées».

Depuis quelques temps, sont mises sur le marché des semences hybrides F1. Elles peuvent être intéressantes à plusieurs points de vue:

- production de plantes identiques,
- résistance à certaines maladies,
- meilleure production.

Par contre, des inconvénients:

- prix élevés,
- en génération suivante F1, on constate l'hétérogénéité de la descendance.

Les techniques de semis sont les suivantes:

a. En place

Pratiqué pour les plantes trop sensibles au repiquage ou qui peuvent atteindre directement leur plein développement à l'endroit où on les aura semées. Ce mode n'assure pas une répartition régulière en superficie et en profondeur.

b. En pépinière

Convient pour les plants demandant un repiquage. Il se fera sur une plate-bande spécialement préparée.

c. En lignes

Elles peuvent être rapprochées ou écartées (10 cm à 1,50 m et plus), suivant les caractères biologiques des plantes. Les lignes permettent une économie de semences, une levée plus régulière et un entretien plus aisé de la parcelle ainsi qu'un meilleur éclairement.

d. En poquets

Procédé employé pour les grosses graines directement mises en place et en lignes (semis en poquets de 2 à 10 graines).

e. En billons

Les graines sont disposées au sommet de billons. Ce mode de semis est employé lorsque le terrain est trop humide.

f. En planches

Le semis en planches facilite l'évacuation de l'eau en excès. Il est surtout pratiqué en culture potagère.

La profondeur des semences est un détail de grande importance. En général, on a toujours tendance à trop enfouir les graines. Il faut recouvrir celles-ci d'autant moins de terre qu'elles sont plus petites.

2. Le bouturage

La bouture est une partie de végétal que l'on fait enraciner pour obtenir un individu exactement semblable au plant-mère. C'est un des modes de multiplication les plus rapides mais sa répétition risque de provoquer une dégénérescence. Les boutures sont choisies sur des pieds sains et vigoureux. On arrosera lorsque la terre paraîtra trop sèche. On parvient actuellement à activer l'enracinement au moyen d'hormones vendues dans le commerce. Le manioc, le cresson, l'igname se bouturent.

3. Le marcottage

Il consiste à enterrer un fragment de tige ou de rameau. Celui-ci forme et développe des racines. On obtient ainsi un autre plant à vie autonome.

4. Division de touffes

Ce mode de multiplication est employé pour les plantes formant touffes. Il est opéré après floraison. La division se fait à l'aide d'une bêche ou d'une serpette, ce qui donne des coupes nettes. On peut diviser en autant de fragments qu'il y a de centres végétatifs racinés. On divise ainsi: l'artichaut, l'ail, l'échalotte (éclats, caïeux).

5. Reproduction «in vitro»

Ce mode de reproduction est actuellement commercialisé pour: ananas, artichaut, asperge, cerfeuil tubéreux, fraisier, laitue, melon, tomate, pomme de terre, et d'autres encore.

Dans de nombreux pays, il existe des laboratoires industriels de multiplication des végétaux par voie génétique («in vitro»). De tels laboratoires sont parfaitement aptes à fournir des variétés nouvelles, plus productives, d'un comportement meilleur vis-à-vis des conditions écologiques et accusant une résistance presque totale aux maladies virales.

L'utilisation des insecticides et fongicides est coûteuse et parfois dangereuse; elle pourra être considérablement réduite par l'emploi d'un matériel génétiquement résistant.

Devant la complexité du procédé, les investissements importants, la présence d'un personnel hautement qualifié, le strict suivi de l'entreprise, la direction par un scientifique, il nous semble plus rentable que la reproduction in vitro soit pratiquée dans des laboratoires européens. En effet, les nouvelles plantules peuvent voyager plusieurs jours sans perdre leur pouvoir de reprise.

Il suffit d'avoir des pépinières de réception et de transit pour fournir le matériel aux petites entreprises. Seuls quelques responsables sérieux seraient nécessaires sur place.

Sans entrer dans le détail de la biologie végétale (voir littérature scientifique à ce sujet), il est bon d'en avoir un aperçu.

La multiplication par voie végétative de culture de tissus mérismatiques (méristème: tissu végétal formé de cellules non différenciées, siège de divisions rapides et nombreuses) repose sur l'utilisation de cellules apicales ou non différenciées pour recréer des individus strictement identiques. Ces cellules élevées dans des conditions très étudiées, comme on le verra plus loin, peuvent en quelques mois produire des dizaines de milliers de nouvelles plantes. Cette nouvelle population est indemne de viroses et maladies cryptogamiques.

La méthode de multiplication peut se résumer comme suit:

1. désinfection de la plante sur laquelle sera prélevé le méristème;

2. prélèvement de l'explant, d'une dimension de 0,1 à 0,5 mm, sur le plant-mère;

3. cet explant est placé dans un bocal contenant de l'agar-agar (mucilage provenant d'une algue utilisé comme milieu de culture), de l'auxine (hormone végétale), des cytokinines, des vitamines, saccharose, etc.

La culture est maintenue constamment à + 24 °C et éclairée 16 heures par jour à l'aide de tubes fluorescents, type Grolux de Sylvania.

Les cellules se multiplient et forment un cal, puis un bourgeon et une rosette de feuilles minuscules. A ce moment, un milieu différent est utilisé pour favoriser l'émission racinaire. Enfin, une troisième phase avec composition différente du milieu pour favoriser l'enracinement.

Il est bien entendu que toutes ces opérations ont lieu en laboratoire afin d'éviter les contaminations. Le processus peut prendre 6 à 8 semaines.

Le stade suivant sera l'acclimatation en milieu naturel. C'est l'horticulteur qui intervient à ce moment. A la réception des jeunes plants, ceux-ci seront triés, puis repiqués et trois mois plus tard empotés ou mis en culture sous abri.

Nous sommes loin d'avoir épuisé le sujet sachant que cette acclimatation peut avoir lieu également hors-sol, c'est-à-dire sur un substrat totalement artificiel (laine de verre, laine de roche, perlite, etc.). Les arrosages, fertilisants et normaux, auront lieu comme pour la culture traditionnelle, avec contrôle sanitaire, température, humidité et éclairage.

Au point de vue pratique, il faut compter sur un prix variant entre 1 et 4 FF suivant le type de plant. A cela s'ajoute le prix du fret avion, très variable. Le transport se fait par palettes pouvant contenir plusieurs centaines de milliers de jeunes plants. Ceux-ci peuvent supporter une température allant de + 4 à + 25 °C (et 4 à 5 jours sans éclairement).

A la réception, il est indispensable de disposer d'une organisation adéquate: notamment un agent en douane ayant obtenu les certificats sanitaires exigés par le pays importateur.

Les laboratoires proposent aux horticulteurs et aux pépiniéristes une gamme de plus en plus varice de plants issus de culture in vitro. Ceux-ci sont acclimatés pendant deux à trois mois. De plus, si l'horticulteur découvre une nouvelle variété, il peut en obtenir rapidement une multiplication intensive.

Si le coût de l'opération est considéré comme prohibitif, il est possible d'en réduire l'importance et de constituer un lot de pieds-mères parfaitement sains, dont on tirera les boutures.

Une étude économique du prix de revient est indispensable afin de déterminer l'avantage de l'une ou l'autre méthode, «in vitro» et semis/bouturage, en tenant compte de:

prix d'achat

ou

résultats des semis

transport aérien


main d'œuvre

mise en pépinière


dégénérescence possible

état sanitaire et rapidité



Travaux de culture

Jusqu'à présent dans certains pays tropicaux, le houage continue d'être le travail du sol dominant en utilisant la houe comme outil principal.

Houage

Pour préparer le sol, le houeur attaque la surface du sol pour y enfoncer la houe à 4-5 cm de profondeur et cela se pratique généralement en début de saison des pluies. Cette méthode exige beaucoup de main d'œuvre et les rendements à la récolte restent déficitaires vis-à-vis de procédés plus modernes.

Bêchage

Il se fera à 20-25 cm de profondeur et l'on profitera de ce labour pour enfouir les engrais et composts. Les dernières racines et petites pousses ayant échappé aux premiers travaux seront écartées soigneusement. Le bèchage rend la terre perméable à l'air et à l'eau et facilite la pénétration des racines. On pratiquera alors le dressage et la délimitation des plates-bandes, sillons ou billons.


Culture «in vitro» 1.


Culture «in vitro» 2.

Le labour se fait également à la charrue à versoir nécessitant une traction animale ou à moteur, il permet beaucoup plus facilement la constitution de planches, billons. En zone aride, le labour ne sera que de faible profondeur.

Plombage ou roulage

Cette opération a pour objet d'affermir le sol, mais surtout de réduire l'évaporation par convection et diffusion de l'eau et d'améliorer l'adhérence des graines à la terre.

Binage

C'est aérer la terre et atténuer son déssèchement, on dit souvent qu'un binage vaut deux arrosages. C'est encore plus vrai en Afrique car l'action du soleil provoque très rapidement la formation d'une carapace dure et imperméable, néfaste. Le binage est efficace après une pluie intense en réduisant l'évaporation. En culture normale, on binera deux à trois fois à 5-8 cm de profondeur, mais en terre légère, cette profondeur sera ramenée à quelques centimètres.

Sarclage

Il consiste en l'enlèvement des mauvaises herbes, à la main (en cas de semis à la volée) ou à la binette (pour les semis en lignes). On choisira un moment où le sol est humide. Les mauvaises herbes doivent être arrachées avec leur racines, l'enlèvement simple des feuilles et de la tige étant parfaitement inutile. On a recours à 2 ou 3 sarclages, le premier 3 semaines après la levée, le second 3 semaines plus tard.

Buttage

Il ne doit se pratiquer qu'en terrain suffisamment humide car, en l'absence d'eau, celui-ci se déssèchera encore plus rapidement. Le buttage est très efficace contre les adventices; il améliore la résistance des plantes à la verse.

Ceci nous amène à exposer les moyens de lutte contre les plantes adventices qui causent des dégâts importants en réduisant les rendements. Les pertes sont de l'ordre de 15 % en terrain peu envahi mais supérieures à 50 % en cultures fortement atteintes. C'est grâce à leurs racines puissantes que les adventices sont mieux adaptées que les plantes cultivées, plus délicates. Les problèmes posés sont:

- baisse de rendement;
- les adventices absorbent plus d'éléments nutritifs que les plantes cultivées;
- elles s'enroulent autour des cultures;
- elles sont en compétition hydrique avec les autres plantes;
- elles nécessitent un plus grand nombre de travaux (binages-sarclages);
- les graines des mauvaises herbes sont présentes dans les récoltes et en amoindrissent la qualité.

Parmi ces mauvaises herbes, on distingue plus particulièrement:

- Les cuscutes (Cuscuta sp. Convolvulacées). Plante annuelle sans feuille qui s'enroule et se fixe à l'aide de ses suçoirs.

- Striga lutea (Scrophulariacées): c'est la plus répandue. C'est une plante parasite vivace, radiculaire, qui attaque les racines de l'hôte. Elle n'apparaît en surface que tardivement, d'où son danger.

- Le pourpier (Portulaca oleracea - Portulacacées).

- Imperata cylindrica (Poacées). Vivace, herbacée à tiges rampantes. Hauteur: 1 à 1,50 m. Extrêmement envahissante, se développant surtout sur terrain récemment travaillé. Résiste à l'humidité, à la sécheresse.

- Imperata exaltata (Poacées). Encore plus haute que la précédente.

- Les souchets (Cyperus sp.). La reproduction s'opère par graines, rhizomes et tubercules. La multiplication est rapide. Les Cyperus envahissent nombre de cultures: arachide, manioc, les cucurbitacées et en général tous les légumes.

- Eleucine indica (Poacées). Plante herbacée, rameuse à la base et à racines fasciculées.

- Carduus acanthoides (Asteracées). Le chardon commun, plante bisannuelle.

- Ambrosie artemisifolia (Asteracées). L'Ambroisie est une plante annuelle, rencontrée souvent dans les cultures de soja.

- Argemona mexicana (Papavéracées). L'Argémone est annuelle. Même coupée, elle rejette. Envahit les cultures sarclées. Les graines sont toxiques et peuvent provoquer la mort des animaux.

- Amaranthus albus (Amarantacées). 30 à 70 cm de hauteur. Tiges ramifiées.

- Commelina communis (Commelinacées). Annuelle.

- Setaria verticillata (Poacées). La Sétaire est une des plantes adventices les plus redoutables.

- Poa annua (Poacées). Se rencontre très souvent dans les cultures maraîchères. Le Paturin est annuel, 10 à 30 cm de hauteur.

Presque toutes ces plantes ont en commun la quantité considérable de graines produites par plant, l'Amaranthus, par exemple, en produit 1 500 000. Elles ont, de plus, un pouvoir germinatif de longue durée, parfois plus de 10 ans. Les moyens de lutte seront exposés.

Arrosage

Le plus important en horticulture. Certaines plantes sont peu exigeantes mais la plupart demandent un arrosage fréquent et abondant. En petite exploitation artisanale, on utilise l'arrosoir le soir ou en fin d'après-midi... Les eaux de pluies et de rivières sont les meilleures et les plus naturelles, mais elles doivent être à la température ambiante.

Irrigation

L'irrigation exige de grandes dépenses de travail et de moyens. Elle ne sera employée que dans deux régions distinctes en Afrique.

a. En zones à précipitations stables et à saison des pluies prolongée, cette irrigation favorise la production agricole avec 2 à 3 récoltes par an, donc une utilisation maximum de la terre.

b. En zones à climat sec et aride excluant les cultures non irriguées. La pluviométrie sera inférieure à 300-400 mm par an (sahel et pré-sahel).

1. Irrigation à la raie ou rigole

L'eau est amenée par gravitation sur un terrain n'accusant pas une déclivité supérieure à 1 ou 2 %. Ce procédé à l'air libre ne peut être employé qu'en plaine alluviale sur une terre perméable.

En amont, on disposera d'une retenue d'eau (barrage, réservoir) destinée à stocker les eaux en période de pluies ou d'une autre source d'alimentation en eau: rivière, canal, puits.

On creusera des sillons ou rigoles qui amèneront l'eau et la distribueront par un jeu de vannes. Ce système, assez primitif, permet de maîtriser l'irrigation sans pression ou lorsque les cultivateurs ne peuvent supporter l'investissement nécessaire.

L'irrigation gravitaire est inopérante en sol de mauvaise qualité (latéritique) où la retenue de l'eau est insuffisante. L'irrigation aura lieu tous les deux jours en absence de pluies et par température élevée.

Une solution mixte existe: amenée d'eau par de gros conduits souterrains et canaux de distribution à l'air libre.

2. Irrigation sous pression

a. Irrigation par aspersion

Consiste à alimenter en eau une culture en simulant la pluie. On force le débit d'eau sous pression à travers un orifice de faible diamètre (statique = brumiseur employé pour les cultures sous couvert ou mobile = asperseur ou canon à eau pour les cultures maraîchères en plein champs). Quel que soit le système employé, les éléments de base restent les mêmes, à savoir:

- L'eau proviendra d'une source, puits, rivière, barrage - retenue, lac. Elle sera puisée la plus propre possible tant au point de vue sanitaire que pour la présence de corps étrangers.

- La pompe, soit électrique, soit essence-diesel. Elle sera équipée d'une crépine pour éviter l'envahissement de corps étrangers, d'un clapet de retenue d'eau afin de faciliter le réamorçage.

- Une vanne à l'entrée de la conduite principale.

- La conduite principale dont le diamètre sera fonction des besoins de l'ensemble de l'installation. Cette conduite ne sera jamais sous-dimensionnée afin d'éviter les pertes de charge et la surpression.

- Les conduites secondaires, dont le nombre sera en fonction des surfaces à irriguer. Ces conduites peuvent être mobiles, c'est-à-dire établies en surface.

- Les rampes seront enroulables pour permettre la récolte. Elles sont en polyéthylène et raccordées aux conduites secondaires. Les rampes sont pourvues d'asperseurs maintenus à une certaine hauteur afin d'assurer une bonne dispersion, et: munies d'un pied pour leur stabilité.

De toute façon, toute installation devra faire l'objet d'une étude précise dont les principaux paramètres sont:

- surface à irriguer,
- besoins des plantes en eau,
- le climat et la saison (pluviométrie),
- durée de l'aspersion,
- nombre de jours,
- nombre de rampes et d'asperseurs.

En culture maraîchère, la pluie d'aspersion doit être fine, surtout peu après le semis. Les rampes mobiles seront déplacées en conséquence par exemple, de 6 m en 6 m. Beaucoup plus sophistiquée est l'aspersion en couverture intégrale qui est employée en culture industrielle.

b. Irrigation goutte-à-goutte

Est employée en maraîchage sous tunnels plastiques ou en plein champs. Ce système implique un réseau dense de conduites de petit diamètre et un grand nombre de goutteurs. C'est ainsi que se forme sous chaque goutteur une poche humide favorable aux plantes environnantes.

Ce système est très avantageux:

- économie importante d'eau;
- l'ensemble de la plante n'est pas humidifié (maladies);
- moins d'adventices;
- pas de main-d'œuvre;
- pas d'érosion en terrain en pente, donc pas de nivellement.

Par contre, il y a quelques inconvénients:

- l'eau doit être très pure;
- filtrée pour éviter les corps étrangers (sable - débris);
- de faible salinité (colmatage des goutteurs).

Pour un are, on compte environ 50 à 60 mètres de rampes et jusqu'à 150 goutteurs suivant le type de plantes cultivées, les écartements de celles-ci.

L'irrigation, comme on le voit, exige l'intervention de professionnels et présente de grands avantages:

- augmentation des rendements;
- mise en culture de terrains qui n'auraient pu autrement être exploités;
- peu de main-d'œuvre;
- économie d'eau;
- application d'engrais et produits phytosanitaires (ceux-ci avec grande prudence).

D'après Kulker, les engrais suivants ne présentent aucun problème: Nitrate de potasse liquide ou cristallisé, Chlorure de potasse liquide, Engrais NK sans phosphate.

Sont contre-indiqués: Sulfate de potasse, Superphosphate, Nitrate de calcium.

La concentration des engrais dans l'eau est de l'ordre de 0,5 à 1 %.

Fumures

Si on compare les différentes qualités des sols européens, particulièrement chez les maraîchers, on se rend compte que la plupart des sols africains sont loin de posséder la richesse nécessaire au plein développement des cultures. Il faut dès lors envisager des améliorations. Celles-ci consistent en amendements et fertilisants.

Amendements

L'amendement est un apport de matières diverses susceptibles d'améliorer les qualités physiques du sol.

Terreau

Le terreau provient de la décomposition de matières végétales. D'apparence noire, grasse et onctueuse. il est obtenu à partir de fumier ou compost très décomposé.

Sable

Il entre dans la composition des composts et terreaux lourds, les rend plus légers et perméables à l'air et l'eau.

Charbon de bois

En plus de ses propriétés antiseptiques (maladies), il intervient dans la composition de certains terreaux et substrats.

Chaux

En général, les terres africaines étant toujours plus ou moins acides, il est bon d'épandre lors d'un premier labour 10 à 15 kg de chaux éteinte à l'are. On en répendra également dans les fosses à compost. Il est évident que seules, les analyses pédologiques édicteront la nécessité de cet amendement.

Engrais organiques

Fumier

Là où existent des troupeaux, il est très utile d'en récolter le fumier. Il sera stocké en meules bien comprimées afin de favoriser la fermentation et d'éviter les pertes d'azote (gaz ammoniac).

Paillis

L'épandage dans les interlignes d'une couverture morte, composée de paille et de chaumes, assure une bonne protection thermique d'autant plus efficace que le paillis est épais. Il réduit également l'évaporation de l'eau du sol et enrichit le terrain en humus. Cette couverture morte est surtout intéressante dans les régions à saison sèche prononcée. En fin de culture, le paillis sera enfoui. Une mention spéciale doit être accordée au paillis «plastique». Il s'agit d'étendre sur le sol un film plastique de teinte blanche ou claire après une copieuse humidification. Le film sera troué à chaque emplacement végétatif (fraisiers, par exemple).

Fumure verte

Sur une sole désaffectée ou au repos (jachère), il est conseillé de l'améliorer en y cultivant des plantes de la famille des légumineuses (mucuna, crotalaria, vigna, centrosema, pueraria javanica, etc.) ou diverses graminées. Le plein développement atteint, ces plantes seront enfouies lors de la préparation du sol.

Ce mode de fertilisation procure de l'azote et de l'humus, mais peu de potasse et d'acide phosphorique. En combinant une fumure minérale avec un engrais vert, on obtiendra de très beaux produits. C'est la méthode dite de la «sidération».

Compost

Dans les centres et parfois même à l'intérieur des terres, il est très difficile sinon impossible de se procurer du fumier, d'où la nécessité du compost. La matière première proviendra de végétaux quelconques, ni trop âgés, ni trop ligneux.

Composition comparative du fumier et du compost
(à titre indicatif car très variable suivant les matières de base)


Fumier de cheval

Fumier de vache

Compost (Thuriaux)

Potasse

0,58 %

0,83 %

0,5 à 1,2 %

Acide phosphorique

0,28 %

0,23 %

0,4 à 0,6 %

Azote

0,53 %

0,67 %

0,4 à 0,7 %

Toute matière verte peut convenir telle que tonte des pelouses, haies, etc. Le produit de base sera broyé à l'aide d'un broyeur à marteaux et sera mélangé à des drèches de brasserie s'il en existe, des cendrées, à des déchets de cuisine ainsi qu'à toute autre matière organique.

On peut également encore enrichir le mélange en y ajoutant un engrais chimique composé 10-20-20, à raison de 1 % du poids de la masse.

Construction d'une compostière (pour petite exploitation)

Quatre fosses de 1,50 m de profondeur, 1,50 m de largeur sur 3 m de longueur seront creusés et recouverts d'un abri temporaire situé à 1,80 m du sol (voir croquis).

On déversera dans la fosse n° 1 de la matière verte comme décrite ci-dessus, le tout bien tassé et arrosé. Le deuxième mois, la n° 1 passera dans la fosse n° 2 et y restera un mois. La n° 1 sera rechargée de nouvelle matière verte. Le troisième mois, la n° 2 sera transférée dans la n° 3 et y séjournera également un mois.


A. Compostière artisanale.


B. Compostière semi-industrielle.

Le quatrième mois, la 3 passera dans la 4 pour y demeurer également un mois. Enfin, le cinquième mois, la n° 4 sortira de fosse et sera prêt à l'usage. Le cycle ainsi établi, l'apport de compost sera régulier et indéfini. Pendant la saison sèche, les fosses seront arrosées régulièrement.

Tout ceci peut également se faire en surface en meules ou andains recouverts d'une bâche plastique lorsque de grandes quantités sont nécessaires.

Divers

Suivant les possibilités locales, on peut également faire appel à :

- Corne torréfiée: 15 % d'azote organique
- Guano de poisson: 8 % d'azote organique
- Guano du Pérou: 15 % d'azote organique
- Sang désseché: 12 % d'azote organique
- et encore: boues de ville, déchets des marchés, écorces d'arbres.

Engrais chimiques

Dans de nombreux pays, il n'existe aucune industrie d'engrais chimiques. Il faut les importer à grands frais de pays étrangers et de ce fait, les apports d'engrais minéraux seront fractionnés au cours des cultures. L'excès ainsi que l'insuffisance de matières nutritives exercent une influence négative sur les végétaux. Une quantité insuffisante réduit le développement des plantes, le niveau et la qualité de la récolte. Une concentration élevée de solutions du sol est nuisible aux cultures, surtout dans des conditions arides. C'est à une teneur élevée en potasse que la réaction des végétaux est particulièrement négative (loi du minimum).

Azotés

Nitrate de soude

C'est l'engrais azoté le plus employé. Il est blanchâtre, granulé, très soluble dans l'eau et contient 15,5 à 16 % d'azote nitrique. Il absorbe rapidement l'humidité de l'air et sera entreposé dans un local sain.

Cet engrais peut être enfoui lors de la préparation du terrain ou appliqué en couverture et peut être également employé en dissolution dans l'eau d'arrosage. Son défaut, c'est son élimination rapide par les pluies.

Sulfate d'ammoniaque

Ce engrais se présente sous forme d'une poudre amorphe, grisâtre, bleuâtre, douce au toucher. Il contient 20 % d'azote ammoniacal. Sa transformation rapide en carbonate d'ammoniaque, fixé par l'humus et l'argile du sol, empêche sa répartition spontanée et évite les pertes d'ammoniaque par les eaux d'infiltration. La nitrification s'opère en 2 à 3 semaines. Cet engrais sera enfoui quelque temps avant le semis et convient bien grâce à son action plus lente mais plus durable. La conservation est plus facile que le précédent. En général, on applique lors de la préparation de la sole 2 à 4 kg à l'are. En traitement goutte à goutte, il ne sera pas employé avec des eaux contenant plus de 70 mg/l de calcium.

Nitrate d'ammoniaque

C'est un produit de synthèse cristallisé, blanc, très hygroscopique, contenant 34 % d'azote mi-nitrique, mi-ammoniacal. Existe sous forme granuleuse. il s'emploie à raison de 1 à 2 kg/are. Assez peu utilisé.

Ammonitrate

Il renferme 15,5 % d'azote, mi-azote ammoniacal et mi-azote nitrique associés à un support calcaire ou colloïdal. Vendu sous les noms de Ammonitre et Nitrammo. Il sera appliqué à raison de 2 à 3 kg à l'are. Aucune précaution à prendre dans l'utilisation «goutte à goutte».

Il existe d'autres engrais moins employés:

- Nitrate de chaux: 13 % d'azote nitrique. Convient aux tomates;

- Nitrate de potasse: azote 12 % et potasse 45 %. Cher mais pas de problème en goutte à goutte;

- Cyanamide: 20 % d'azote;

- urée: 45 à 46 % d'azote. Employée en arrosages. Pas de problème en goutte à goutte.

Phosphatés

Superphosphate

Poussière grise, plus ou moins granulée, grasse au toucher et à odeur acide, contenant 14 à 16 % d'acide phosphorique soluble dans l'eau. Son action est plus rapide que celle des autres engrais phosphatés. Il est préférable de l'enfouir. Dose: 4 à 5 kg à l'are. Pas utilisable en «goutte à goutte».

Scories Thomas

Poussière grise très fine et dense. Composition: 10 à 20 % d'acide phosphorique et plus de 50 % de chaux. Action plus lente que le précédent, mais de plus longue durée. Dose: 4 à 5 kg/are.

Phosphate naturel

Provenance: Afrique du Nord. Poudre très fine constituée de phosphate tricalcique associé à d'autres sels. Richesse variable (± 25 % d'acide phosphorique).

D'autres phosphatés existent sur le marché:

- Phosphate bicalcique: 38 à 40 % d'acide phosphorique. Très assimilable. 3 à 5 kg/are;
- Superphosphate d'os: 25 % d'acide phosphorique;
- Phosphate d'ammoniaque: cristallisé, 52 % d'acide phosphorique et 20 % d'azote ammoniacal.

Potassiques

Chlorure de potasse

Les engrais chlorés ne sont pas à conseiller en culture maraîchère; risques de brûlures des plants. Contient 50 à 60 % de potasse. Certaines difficultés en goutte à goutte sous sa forme cristallisée.

Sulfate de potasse

Préférable au précédent, il titre 46 à 50 % de potasse et est soluble dans l'eau. Dose: 2 à 3 kg à l'are. Interdit en goutte à goutte (Kulker).

Autre engrais:

- Nitrate de potasse: repris ci-dessus;
- Carbonate de potasse: 52 à 63 % de potasse. Prix élevé;
- Cendre de bois: entre 8 et 15 % suivant le type de bois.

Engrais composés

Ils sont d'un prix plus élevé et leur composition varie avec les fabricants. Ces engrais apportent deux ou trois éléments auxquels on en ajoute parfois d'autres: soufre, magnésie, manganèse, oligo-éléments. Les proportions sont données par trois chiffres: 5-6-8, par exemple, signifie 5 % d'azote, 6 % d'acide phosphorique et 8 % de potasse. Les plantes maraîchères se différencient entre elles par leurs besoins spécifiques en éléments fertilisants. Nous y reviendrons.


Mélanges d'engrais.

On peut facilement préparer soi-même un engrais composé tout en veillant à respecter le tableau concernant les mélanges possibles et interdits.

Exemple:

- 4 kg de super
- 2,5 kg de sulfate d'ammoniaque;
- 2,5 kg de sulfate de potasse.

Ne jamais mélanger le sulfate d'ammoniaque avec des engrais contenant de la chaux.

Les fabriquants mettent également sur le marché des engrais composés qui ne sont plus de simples mélanges mais de véritables combinaisons chimiques. Ils sont à utiliser à des doses moindres, car ils ne contiennent plus de matières inertes; ce sont des concentrés. Exemple: 20-10-10.

Il existe également des engrais dits «binaires»: 0-5-8, soit absence d'azote, 5 % de phosphate et 8 % de potasse. Intéressant pour les cultures à cycle long. L'apport d'azote ayant lieu en cours de végétation.

Principes de la fertilisation

Seule une analyse du sol permettra d'établir un bilan. Elle déterminera les réserves du sol en éléments fertilisants (N-P-K-etc.), non seulement en totalité mais en éléments dits assimilables, susceptibles d'être directement utilisés par les plantes; mais également la réaction du sol (pH) et les besoins en chaux. Il est indispensable au maraîcher de connaître le degré d'acidité ou d'alcalinité de ses terres.

- pH 3 à 4: terre infertile
- pH 4 à 5: nitrification et fixation de l'azote entravées
- pH 5 à 6: activité des bactéries entravée
- pH 6 à 6,5: acidité faible
- pH 6,5 à 7,5: terre fertile
- pH 7,5 à 8: alcalinité faible
- pH 8 à 9: activité bactérienne réduite

C'est ainsi que les

haricots

exigent

6 à 7,5


pois

-

5,8 à 7


maïs

-

5 à 7


pommes de terre

-

4,7 à 6,5

Il faut bien noter que le facteur pH indique l'intensité de la réaction acide mais n'a aucun rapport avec la quantité de chaux nécessaire pour la saturation de cette acidité.

Au vu des résultats de laboratoire, l'engrais de fond sera épandu suivant une formule générale de fumure en tenant évidemment compte des besoins spécifiques à chaque type de plantes. C'est la raison pour laquelle il n'est pas possible de spécifier une formule. Il est conseillé de pratiquer des essais culturaux sur de petites surfaces (10 m 2).

A titre indicatif, voici quelques données sur l'exportation de matières nutritives (kg/ha), d'après Kostitchev:


N

P

K

Manioc (400 tubercules)

153

38

220

Patate (160 tubercules)

116

49

187

Haricot (19 graines)

132

37

97

Les besoins des plantes en éléments nutritifs dépendent de leurs particularités biologiques ainsi que du niveau de rendements. Les laboratoires spécialisés analysent ces exportations et ce pour chaque type de plantes cultivées. Connaissant ces chiffres, une formule peut être établie donnant la proportion entre les différents éléments nutritifs à remplacer (N P K).

On sait que l'azote détermine la croissance et le développement des végétaux; un excès donnera des tiges moins rigides et trop de feuilles. Le phosphore agit comme régulateur de la croissance et est essentiel pour la formation des bourgeons. Quant à la potasse, elle est indispensable aux phénomènes de réduction des nitrates, notamment pour la synthèse de l'amidon; sans son apport, l'azote ne peut se fixer.

Agripog utilise trois sortes d'engrais:

- 20-10-10: pour les légumes feuillus
- 17-17-17: pour les légumes fruits
- 10-20-20: pour les légumes racines

Tout ceci en doses fractionnées.

Si l'entreprise dispose d'une station de ferti-irrigation, on pourra fertiliser en goutte à goutte. Agripog utilise la formule suivante appliquée à toutes les espèces cultivées: 1-0, 3-1, 1, soit en mg/litre: N 159, P 46, K 179, Ca 135, Mg 25, le pH étant de 6,6.

Le compost sera appliqué lors de l'enfouissement, à raison de 200 à 700 kg à l'are, suivant le type de sol et de culture.

Si, malgré tous les soins apportés au terrain, celui-ci montrait des signes de fatigue avec baisse de rendement, il ne reste qu'une solution, c'est la jachère, dont il sera question plus loin.

Insectes et maladies

La lutte contre les insectes et les maladies est certes aussi préoccupante que celle de la lutte contre les plantes adventices. Après avoir assuré les besoins nutritifs des plantes, il importe de les protéger; cette lutte doit être conduite avec soin. L'invasion d'insectes est significative d'un déséquilibre du milieu naturel (disparition des forêts, monocultures, etc.).

Types d'insecticides et d'acaricides

Origine végétale: nicotine, pyréthrines, roténone, produits respectivement par Nicotiana, Chrysanthemum cinerariaefolium, Derris elliptica. La concurrence grandissante des insecticides de synthèse a réduit l'intérêt pour ces produits. A utiliser en petite culture maraîchère.

Origine minérale: groupe des arséniates et fluorés; la plupart ne sont plus employés, qu'ils soient trop dangereux ou remplacés par de nouveaux produits.

Origine de synthèse.

a. Les organo-chlorés

Ils sont non-acaricides, généralement plus dangereux que les or ganophosphorés, plus rémanents et non systémiques.

- Aldrine

Très toxique, interdit en Europe de même que le DDT, Dieldrine

- Heptachlore

A déconseiller, trop toxique.

En général, les chlorés et halogénés sont à proscrire.

b. Les organo-phosphorés

Ils sont également acaricides et sont les plus employés actuelle ment. On les divise en deux groupes:

- les externes restant localisés sur les feuilles et les tiges,

- les systémiques qui pénètrent les tissus végétaux et sont véhiculés par la sève rendant la plante totalement nocive.

- Diethion

A proscrire des cultures maraîchères.

- Diazinon

Toxicité assez élevée. 150 à 800 gr/ha. Mouches, pucerons.

- Malathion

Toxicité faible, non systémique. Pucerons, mouches, 700 à 900 gr/ha en poudrage. Interdit 7 jours avant récolte.

- Parathion

Toxicité très élevée. Pucerons, cochenilles; 200 à 500 gr/ha de M.A. Interdit 15 jours avant récolte.

- Diméthoate

Toxicité moyenne, systémique, 500 gr/ha. Interdit 7 à 21 jours avant récolte.

- Trichlorfon

Toxicité assez faible, 300 gr/ha. Interdit 7 jours avant récolte.

Intervient dans le traitement des boutures de patates douces avec du manèbe.

En général, les organo-phosphorés sont très toxiques.

c. Les carbamates

Ce sont des dérivés de l'acide carbamique qui bien souvent agissent également comme herbicides et fongicides.

- Aldicarbe

A proscrire totalement

- Carbaryl

Nul sur pucerons mais parfait contre les broyeurs. Toxicité faible. 1 à 1,5 kg/ha. Interdit 7 jours avant récolte.

- Isolane

Interdit 15 jours avant récolte. Très toxique. 200 gr/ha.

- Pyrimicarbe

Toxicité assez élevée. Pucerons, thrips. Interdit 7 jours avant récolte.

d. Les sulfones

Très bonnes propriétés acaricides (œufs et larves)

- Tetradifon

Non dangereux. 16 g/hectolitre. Interdit 7 jours avant récolte.

e. Les carbinols

Ces pesticides sont surtout acaricides.

- Bromopropylate

Peu dangereux. Agit contre les œufs d'acariens.

- Dicofol

Peu dangereux. Contre œufs et larves. 50 g/ha. Interdit 15 jours avant récolte.

f. Les pyréthrinoïdes

Pyréthrines de synthèse. Intéressant en culture maraîchère car peu toxique aux doses prescrites.

- Deltamethrine

Insecticide à large spectre (coléoptères, chenilles, diptères, pucerons, 10 g de M.A./ha. A conseiller.

Il existe d'autres méthodes de lutte contre les insectes, principalement la lutte biologique qui consiste à introduire des insectes entomophages, et la lutte autocide par la stérilisation des insectes mâles. L'emploi d'hormones qui attirent les insectes dans des pièges (tsé-tsé). Enfin, il devient possible de se procurer des variétés de légumes résistantes aux insectes.

Maladies

Elles sont provoquées par des bactéries, mais surtout par les champignons microscopiques. Il existe une vaste gamme de produits composés (polyvalents), associant les insecticides et les fongicides. Il faut consulter les fabricants avant de faire des mélanges inhabituels soi-même.

Bactéries

- Pseudomonas

Taches de nécrose sur feuilles et tiges. Pulvérisation de cuivre et zinèbe (dithiocarbamate).

Cryptogames

- Oïdiums

Poudre blanche bien connue, attaquant le feuillage principalement en saison sèche. Moyen de lutte: soufre 80 g/hecto. Le benomyl, peu toxique, à raison de 25 à 50 g M.A. par hecto.

- Anthracnoses

Provoquées par Colletotrichum donnant des gouttes de gelées bien visibles. Remèdes: captafol, manèbe 160-280 g/hecto.

- Cercosporioses

Parasite essentiellement foliaire par des taches nécrotiques et chlorotiques. Remède: benomyl 25-50 g/hecto ou manèbe 160-280 g/hecto.

- Cladosporioses

Assez semblable au précédent. Mêmes remèdes.

- Rouilles

Remèdes: thiophomate metyl est spécifique à la rouille. 600-1 000 g/hecto, également zirame à raison de 175 g/hecto.

- Rhizoctone

Par Rhizoctonia spp. s'attaque à beaucoup de plantes maraîchères et se caractérise par de nombreuses très petites taches brunes provoquant le flétrissement prématuré. Remèdes: benomyl 25 à 50 g/hecto.

- Sclerotinia

Plus ou moins semblable. Remède: iprodione à raison de 150-200 g/hecto.

- Alternarioses

Par Alternaria spp. caractérisé par des taches nécrotiques sur les tiges et feuilles des tomates, oignons, choux, carottes. Remède spécifique: Zirame à raison de 175-180 g/hecto.

- Les Mildious

Par Phytophtora spp et Phytium, très reconnaissables aux taches foliaires brunes qui sèchent et tuent les tiges et feuilles. Les tubercules de pommes de terre sont également attaquées et pourrissent. Remèdes: bouillie cuprique même en prévention, captafol.

La transmission des maladies cryptogamiques se fait en principe par:

- les semences,
- le vent,
- les pluies,
- le sol.

L'usage d'insecticides et fongicides se fera toujours en suivant scrupuleusement les indications des fabricants, afin d'éviter les sur-doses toxiques, les mélanges interdits et les délais avant récolte à respecter.

Les différents types de fongicides

- Bouillies cupriques

Sulfate de cuivre à 1 ou 2 % + de la chaux vive à 1 %. Produit bon marché auquel on peut ajouter un mouillant ou adhésif.

- Les carbamates

Bénomyl

- Les dithiocarbamates.

Groupe très polyvalent et peu toxique. On citera: le manèbe, le zinèbe (large spectre), le zirame.

- Les benzèmiques

H.CB et le P.C.N.B. pour la désinfection des semences.

- Les dicarboximides

Peu toxiques et polyvalents. Entre autres: captane et captafol.

- Les aminés

Dicloran contre les pourritures.

- Les diazines

Ethyrimol.

Les nématodes

Ce sont des vers minuscules pourvus d'un tube digestif. Ils peuvent infester le sol, surtout si celui-ci est léger et humide. Le sol pourra être désinfecté par:

- la vapeur,
- le metam-sodium en fumigation mais très toxique: 50 g/ha,
- le dazomet est peu toxique à raison de 50-70 g/ha, agit par vapeur,
- la rotation des cultures.

Les nématicides sont en général très toxiques. On sera très prudent lors de leur emploi.

Herbicides

La première question à se poser est: la main-d'œuvre locale coûte-t-elle moins cher ou plus cher que le recours à l'herbicide (main-d'œuvre, produits et matériel). Dans le premier cas, l'enlèvement des adventices se fera à la main, binette, sarclette, etc. Dans le deuxième cas, on fera appel aux nombreux herbicides commercialisés pour les plantations industrielles.

On distingue les herbicides totaux à employer aux doses prescrites et à des époques bien précises (avant semis ou plantation) et les herbicides sélectifs qui n'agissent que sur certaines plantes à des stades divers. Parmi ceux-ci, les uns agissent sur les racines, d'autres sur les feuilles en post-levée. Parmi ces derniers, on remarquera les herbicides de contact provoquant des nécroses et brûlures sans diffusion dans la plante et les herbicides systémiques qui pénètrent et sont véhiculés par la sève provoquant des troubles métaboliques et la mort.

Herbicides totaux

Employés principalement sur terrain non cultivé (sentiers, chemins, berges). On y trouve les chlorates, le sulfate d'ammonium, des dérivés des triazines, l'urée, sous les noms de: amétryne, atrazine, cyanazine, métribuzine, simazine pour les bases triazines; chlotoluron, diuron, fluométuron, linuron pour les urées; paraquat pour les ammonium. Les doses à employer seront respectées scrupuleusement.

Herbicides sélectifs

Suivant la pénétration et le mode d'action sur le végétal, on distingue les herbicides racinaires et embryonnaires.

Racinaires

- Simazine

Toxicité faible pour le maïs, pépinières. Contre les graminées, bonne rémanence. 1 à 3 kg/ha.

- Atrazine

Toxicité faible pour le maïs, bananier. Bonne rémanence. 1 à 4 kg/ha.

- Diuron

Faible toxicité. Légumineuses 2 kg/ha sur les adventices au stade plantule.

- Linuron

Presque tous les légumes 0,5 à 0,75 kg/ha. Pomme de terre 1 kg/ha.

Embryonnaires

- Molinate

Toxicité assez faible, absorbtion lente en pré-semis. 4,5 kg/ha.

- Metobromuron

Très faible toxicité pour pomme de terre, artichaut, 2 kg/ha.

Epoque d'emploi

1. Après récolte, contre les rejets de racines: 2,4 D: 0,5 à 1 kg/ha.
2. Lors du semis, à incorporer au sol: Eptam et Tilam.
3. Peu après la levée: désherbants sélectifs.

Les légumineuses à grains souffrent beaucoup des mauvaises herbes. Elles ont une croissance ralentie et accusent une chute de rendement. L'éventail des produits herbicides est très important, nous ne saurions les citer tous.

Distribution du terrain

Assolement

C'est le choix des plantes à cultiver et l'étendue du terrain à consacrer à chacune d'elles. Le potager sera divisé en différentes soles ou parcelles correspondant au nombre de groupes de plantes cultivées ayant les mêmes exigences au point de vue culture. On distingue en effet quatre groupes:

1. Les légumes à feuilles ou foliacés: salades, cerfeuil, épinards, choux. L'élément fertilisant prédominant est l'azote.

2. Les légumes racines, tubercules ou bulbes: carottes, navets, pommes de terre, ails, échalottes, oignons. Ils exigent de la potasse mais on ne donne généralement pas de compost ou fumier.

3. Les légumes à fruits secs: haricots, pois, soja. Ces cultures sont considérées comme améliorantes par leur apport d'azote au sol.

4. Les légumes à fruits charnus: aubergines, tomates, concombres, piments.

Rotation

C'est la succession de différentes cultures sur une même sole. Une même plante ne peut revenir indéfiniment à la même place (monoculture) sans subir des pertes de rendement considérables. Par une rotation bien comprise, on parvient à obtenir dans un temps minimum une quantité maximum de produits. La monoculture a pour conséquences l'épuisement du sol en fertilisants, l'accumulation des éléments toxiques, le développement des maladies et des parasites, l'envahissement par les plantes adventices. Tout ceci contribue à une baisse de productivité, malgré l'apport d'engrais minéraux.

Les plantes qui sont appelées à se succéder sur une même sole doivent différer autant que possible au point de vue de leur composition, de leur enracinement et de leurs propriétés physiologiques. La plante précédente doit laisser le sol dans les conditions les plus favorables à la culture suivante. Une parcelle ne doit jamais rester inoccupée sauf en cas de jachère. Exemple de rotation:

Sole 1

Sole 2

Sole 3

1. Foliacé

Bulbe

Foliacé

2. Légumineuse

Foliacé

Racine

3. Racine

Légumineuse

Légumineuse

4. Fruit

Fruit

Fruit

Il est recommandé de noter régulièrement le nom des légumes cultivés dans les différentes soles, les dates de semis, récoltes, type et quantité d'engrais appliqués. On établit ainsi un tableau complet du mode d'utilisation du terrain.

Jachère

Normalement, la jachère devrait faire partie intégrante de la rotation. Elle peut être longue ou courte, cela ne dépend que des surfaces cultivables disponibles qui elles-mêmes dépendent de la densité de la population au km 2.

Dans une exploitation traditionnelle, la surface de la jachère doit être 5 à 6 fois supérieure à celle sous plantes cultivées.

La productivité et l'influence de la jachère sur la fertilité du sol dépendent des conditions pédoclimatiques. Dans les zones sèches, la végétation est constituée d'herbes (Panicum maximum, Pennisetum purpureum). L'idéal serait de les faucher régulièrement et d'en faire un paillis. En zone forestière et humide, ce sont les arbres et buissons qui reconstitueront la fertilité du sol. Dans les deux types de jachère, on évitera le brûlage.

Divers

Conservation des semences

Dans les grandes entreprises, les semences sont conservées dans un local où l'air est conditionné à l'aide d'un climatiseur associé à un déshumidificateur, afin d'abaisser la température ambiante à moins de + 20° C et l'humidité relative.


Jachère à Pennisetum purpureum.

De cela dépendra la faculté germinative idéalement aux environs de 75 %. Les graines importées seront conservées dans leur emballage d'origine qui sera de préférence des boîtes en fer étanches; les emballages à rejeter sont enveloppés dans du papier ou du carton.

Variétés

Le choix des variétés est très difficile à conseiller et n'a été donné qu'à titre indicatif. En effet, ce choix dépend principalement du pays concerné et par extension de son climat. Certains pays disposent de stations de recherches produisant des semences adaptées à tel ou tel climat, résistantes aux maladies et insectes; on y fera appel de préférence (CIRAD, IITA à Ibadan - Nigeria, INRA).

Vernalisation

C'est le traitement par le froid de graines ou jeunes plantes afin de provoquer une floraison plus précoce. Ce procédé est employé pour les pommes de terre, les graines de poireaux, d'Allium en général, les crucifères et l'aïl (à 7° C pendant 1 mois).

Conservation des récoltes

Lorsque l'exportation est prévue, il est absolument indispensable que le stockage soit effectué en chambres froides en attendant l'expédition.

Types

Températures

Durée

Artichaut

3

1 semaine

Asperge

3

1 semaine

Aubergine

8

1 semaine

Céléri

3

1 semaine

Chou vert

0

3 mois

Endive

0

10 à 15 jours

Melon

3

1 semaine

Oignon

3

6 mois

Piment

0

1 mois

Tomate

1 à 3

15 jours (± suivant maturité)

Les ignames et patates douces se conservent plusieurs mois à 15° C. L'humidité de l'air sera supérieure à 90 % pour tous ces légumes sauf oignons (75 %). Renseignements récoltés auprès des importateurs.

Contrôle sanitaire

En principe, chaque pays exerce à l'exportation et à l'importation une inspection sanitaire et délivre les certificats phytosanitaires correspondants. Il s'agit d'une convention internationale indispensable pour éviter la propagation des maladies.

Ouvrages à consulter

Dans la même collection: N° 2, 4, 6, 7, 8, 9.

Contrôle phytosanitaire à l'entrée de la CEE

En date du 01/01/93, une nouvelle réglementation est parue dans le Journal officiel des Communautés Européennes sous le N° L 376/29 à 37 du 31/12/92.

1. Elle demande l'établissement d'une liste de ports et aéroports d'importations. Ces endroits doivent être en nombre limité.

2. Si le contrôle est satisfaisant, les produits seront admis à circuler librement sur tout le territoire communautaire avec le passeport phytosanitaire. Celui-ci est délivré après le contrôle en échange du certificat phytosanitaire d'origine.

IX. Principaux légumes cultives

a. Provenant de zone tempérée

Ail

Quoique considéré comme plante condimentaire, l'ail employé cru ou cuit entre dans de très nombreuses préparations culinaires et fait l'objet d'importantes cultures maraîchères.

Description

Plante bulbeuse vivace originaire d'Asie centrale et naturalisée dans le Sud de l'Europe. Les feuilles sont longues, étroites et aplaties. Le bulbe est composé de caïeux connus sous le nom de «gousse d'ail».

Variétés

- Ail commun
- Ail blanc d'Egypte
- Ail rose, violacé (plus hâtif et mieux apprécié)

Il existe plusieurs variétés africaines notamment une espèce petite et blanche, une autre plus volumineuse et rouge.

Multiplication

Le semis par graines est peu employé, car aléatoire. On utilise plutôt les caïeux de la périphérie du buble, plus robustes. Il faut environ 10 kg d'ail à l'are.

Climat

En zone équatoriale, basse et humide, il est très difficile d'obtenir une récolte. Mais l'ail peut être planté avec succès en altitude au-delà de 1 000 m où les températures s'abaissent à + 15° C.

Sol - Fumure

L'ail demande un terrain sec, léger et perméable. Une application de 3 kg de superphosphate et autant de potasse 3 semaines avant la plantation. Il faut éviter le fumier ou le compost frais qui risqueraient de provoquer la pourriture des bulbes.

Culture

Afin d'éviter l'humidité, il est conseillé de planter sur petites buttes espacées de 15 cm en tous sens et à une profondeur de 5 cm, la pointe en haut. Un léger ombrage sera très favorable. Arrosages avant la formation des bulbes, binages et pose d'un paillis sont recommandés.

Avant d'être planté, l'ail doit être soumis à une période de vernalisation, c'est-à-dire à un traitement par le froid qui stimule la future croissance. Les bulbes destinés à la plantation seront placés dans un local à température de + 8 à + 10° C pendant un mois. S'il y a développement de la hampe florale, elle sera coupée.

Durée de la culture

3 à 5 mois.

Récolte

Arracher les bulbes par temps sec lorsque le feuillage jaunit, lier les bottes et faire sécher dans un lieu sec. Il ne faut pas espérer obtenir plus de 50 kg à l'are. On réservera quelques beaux bulbes pour la culture suivante mais ensuite on commandera les bulbes à l'extérieur. L'ail se conserve assez longtemps.

Maladies

Alternaria est un champignon attaquant les bulbes. Combattu par le Difolatan et l'Iprodione.

Usages

Stimulant, vermifuge et contre l'hypertension; en potages et assaisonnement.

Artichaut

Cynara scolymus. Composées. Nom anglais: Artichoke

Description

Plante vivace par son rhizome mais qui est traitée habituellement comme bi- ou trisannuelle. Grandes feuilles pouvant atteindre 1 m de longueur. Au centre, s'élève une longue hampe florale surmontée d'une inflorescence ou capitule. C'est ce capitule qui est consommé, ainsi que les longs bourgeons axillaires moins développés.

Multiplication

On peut multiplier les artichauts par semis, mais le mode le plus rationnel est l'utilisation des rejets (œilletons qui se sont développés autour des pieds). La graine est grise, anguleuse (25 par gramme). Elle lève après 30 jours.

Variétés

- Gros vert de Laon
- Green and Purple Globe

Climat

Il ne faut pas espérer une récolte sous les tropiques à moins de 1500 m d'altitude. La plante est épuisante et exige un sol frais, très riche et humifère. On apportera de 5 à 800 kg de compost à l'are en début de culture, ainsi que 5 kg de super et 3 kg de potasse. On ajoutera 1 à 2 kg de nitrate de soude au cours de la végétation pour obtenir de beaux capitules. L'artichaut n'occupera la même sole que tous les quatre ans.

Culture

Le semis sera fait en caisses sous ombrage mais bien exposées à la lumière, faute de quoi les jeunes plants pourriront rapidement. La germination a lieu 10 à 15 jours après semis et la levée après 1 mois. Les jeunes plants seront repiqués dans un lit bien préparé et sous ombrage. Enfin, lorsque les plants auront 10 à 15 cm de hauteur, ils seront repiqués en place définitive à 1 m en quinconce dans des puits remplis de terreau.


Artichaut.

La multiplication par œilletons détachés du plant-mère avec quelques racines fait gagner du temps et de la main-d'œuvre. Ils seront plantés à 1 m comme ci-dessus. Binages et sarclages usuels. L'irrigation sera prévue en terrain sec.

Récolte

Six à huit mois après la mise en place. Les têtes seront coupées alors que les bractées sont tendres, avant que les écailles supérieures ne s'entrouvrent. En entourant les têtes d'un linge noir épais, on obtiendra des artichauts très tendres. Tous les capitules doivent être enlevés car la fructification provoquerait une rapide dégénérescence. Après la cueillette, la plante sera rabattue à hauteur du collet.

Usages

L'artichaut est cuit à l'eau salée et présenté en vinaigrette ou encore sous forme de cœur d'artichaut. S'il est très jeune et tendre, il peut même être consommé cru.

C'est un légume tonique et recommandé contre les affections du foie.

Asperge

Asparagus officinalis. Liliacées. Nom anglais: Asparagus.

Description

Plante vivace à racines nombreuses rayonnant autour d'une masse centrale (rhizome) d'où émergent des tiges comestibles. L'ensemble porte le nom de «griffe». Les tiges (ou asperges) non récoltées montent en feuilles composées de petits rameaux. L'asperge est une plante dioïque. Les pieds mâles ont un meilleur rendement.

C'est au stade de la pépinière que l'on peut déjà faire la distinction des sexes; les mâles fleurissent plus tôt.

Multiplication

On sème les graines à la volée en pépinière, suivi d'un éclaircis-sage (50 graines par g).

Climat - Sol - Fumure

Il est assez difficile d'obtenir de grosses asperges en zone équatoriale basse et humide, celles-ci sont plus minces et le rendement global faible (2 t/ha). C'est à partir de 800 m que l'asperge donnera de beaux résultats.

Un sol très riche, léger et perméable est absolument nécessaire. On appliquera 500 kg de compost ou fumier ainsi que 2 kg de nitrate de soude et 1 kg de chlorure de potasse. L'action de l'engrais chimique est peu sensible pendant 1 ou 2 ans, mais l'est d'autant plus, lorsque les griffes sont plus âgées.

Variétés

- Hâtive d'Argenteuil (semble la mieux adaptée aux tropiques)
- Hâtive de Malines
- Hâtive de Hollande
- Hâtive Géante de Reading
- Hâtive Mary Washington (USA)

Culture

La planche définitive sera labourée profondément, puis on creusera des tranchées de 20 cm de profondeur, distantes d'un mètre.

Les plants ayant séjourné six mois en pépinière et dont le feuillage aura été coupé à la base, seront placés sur de petites buttes distantes de 50 à 75 cm au fond de La tranchée. La griffe doit présenter de fortes racines charnues, rayonnant avec 3 à 5 bourgeons au collet. Les racines trop longues seront sectionnées à 15 cm, placées, bien étalées sur les petites buttes et recouvertes de 20 cm de terre végétale. On laissera le feuillage se développer.

Un an plus tard, le feuillage sera recepé ras du sol, puis on procédera à un léger buttage. On laissera pousser ensuite le feuillage. Chaque année, donner une bonne fumure de compost.

Une culture intercalaire peut être envisagée (laitue - carotte). Les soins d'entretien se bornent à des binages et arrosages à l'engrais liquide si nécessaire.

Récolte

Une cueillette trop hâtive épuisera les plants; ceux-ci devront être remplacés avant moins de 5 ans.

On déchaussera l'asperge jusqu'à sa base puis par un mouvement de torsion, elle se détachera de la griffe; on peut se servir également d'une gouge. On refermera le trou avec soin.

Si l'on désire des asperges blanches mais courtes, on récoltera tous les jours. Par contre, pour les plus longues et vertes (15 cm hors sol), on ne coupera que tous les 4 à 5 jours.

La récolte terminée, on laissera se développer les feuilles de manière à ce que la plante puisse emmagasiner dans ses racines les réserves nutritives nécessaires à la prochaine récolte. Dès que ces tiges-mères jaunissent, elles seront recepées et la récolte recommencera. Une plantation d'asperges occupe le terrain plus de 10 ans.

Les rendements sont éminement variables: Europe 4 à 6 t/ha, Taiwan 7 à 10 t. L'asperge exporte annuellement, turions, tiges et fruits ensemble, 60 kg d'azote, 20 d'acide phosphorique et au moins 40 à 50 de potasse/ha. Les fumures annuelles devront en tenir compte.

Maladies

Essentiellement la Cercosporiose due à Cercospora asparagi. Remède: bénomyl, calixine.

Aubergine

Solanum melongena. Solanacées. En anglais: Egg-plant.

Description

Plante annuelle de 0,50 à 1 m de hauteur. Les feuilles sont gris-verdâtres. Les tiges et feuilles sont recouvertes de poils, vertes ou plus ou moins violettes.

Les fleurs sont blanches ou mauves. Elles apparaissent trois mois après le semis. Les fruits ont des formes très variables suivant les variétés, ils peuvent être ronds, aplatis, allongés, en forme de poire. Leur peau peut être incolore, violette ou presque noire, unie ou striée.

Multiplication

Semis en pépinière ombragée en lignes distantes de 50 cm; un gramme contient ± 200 graines semblables à celles de la tomate.

Variétés

- Violette de Toulouse, hâtive
- Zebrina (striée) bien adaptée aux Tropiques
- Ronde de Valence Hâtive
- Monstrueuse de New-York, plus tardives

Il existe actuellement de nombreuses variétés livrées par les Instituts de recherches, mieux adaptées au climat africain.

Climat - Sol - Fumure

L'aubergine réussit partout mais préfère un climat assez sec avec irrigation. Le terrain sera bien fumé: 5-4 et 8 NPK kg/are.

Culture

Après deux mois de pépinière, les plants sont aptes à la transplantation, en mottes si possible. Le repiquage a lieu à 80 cm en tous sens. En cours de végétation, on supprimera les pousses apparaissant à l'aiselle des feuilles. Il n'est pas toujours recommandé d'écimer (maladies). Afin d'obtenir de beaux fruits, on n'en conservera que 5 à 6 par plant.


Divers types d'aubergines.

Durée de la végétation

Entre 6 mois et 1 an.

Récolte

Elle commence 2 à 3 mois après la plantation à raison d'une à deux fois par semaine. Les fruits seront récoltés un peu avant maturité, lorsque leur couleur vire au violet luisant ou à une teinte plus foncée pour les variétés concernées. Ne pas attendre que le fruit se ride, il serait refusé à l'exportation et au marché.

Maladies

Phytophtora infestans (Mildiou) et autre sp. attaquent les fruits. Moyens de lutte: pulvérisations cuprique et manèbe, fongicides classiques.

Thrips palmi: coloration anormale du feuillage et stries sur les fruits (invendables). Il n'existe que peu ou pas de moyens de lutte.

Usages

Les aubergines seront cuites, frites comme des pommes de terre, farcies. Il existe en Afrique des variétés indigènes qui pourraient être avantageusement améliorées.

Carotte

Daucus carota. Ombellifère. Nom anglais: Carrot.

Description

Plante annuelle à racine pivotante et charnue. La tige florale ne se développe que la deuxième année; elle se termine en ombelle composée d'une infinité de petites fleurs verdâtres.

Multiplication

Par semis uniquement. Un gramme renferme environ 700 graines. La durée germinative est de 3 à 4 ans.

Variétés

- Courtes

Courte parisienne, hâtive, Rouge courte de Hollande

- Demi-longues

Demi-longue Nantaise, demi-longue d'Amsterdam.

En régions basses, les meilleurs résultats sont obtenus avec les variétés courtes et hâtives.

Climat - Sol - Fumure

Bien que la carotte ne donne son meilleur rendement qu'en région d'altitude en toutes saisons, il est parfaitement possible d'obtenir des récoltes en zone équatoriale basse si la température n'est pas trop élevée.

Un sol léger, riche et exempt de pierres, pailles ou souches sera réservé à cette culture. Une sole ayant été fumée pour la culture précédente convient bien. Un épandage de 3 kg de sulfate de potasse, 2 de super et 2 de sulfate d'ammoniaque avant semis est recommandé.

Culture

Semis directement en lignes distantes de 25 cm. La levée s'effectue 10 jours plus tard. On sèmera tous les mois pendant la saison sèche. Les grains seront à peine recouverts et on établira un ombrage léger au début de la végétation. Eclaircissage à 5 ou 10 cm suivant les variétés. Binages et sarclages.

Récolte

Après trois mois. Le meilleur moyen de conservation consiste à étaler les carottes sur un lit de sable, puis de les recouvrir également de sable, ceci dans un local frais et aéré. Les carottes restant en terre après complet développement deviennent fibreuses, se fendent et montent en graines.

Maladies

Alternaria dauci. On constatera une défoliation. Traitement: pulvérisation de Captafol.

Nématodes (galle) provoqués par Meloidogyne. Le seul remède consiste en une rotation de longue durée et recours à des plants résistants.

Céleri

Apium graveolens. Ombellifères. Nom anglais: Celery.

Description

Plante bisannuelle aromatique, à feuilles divisées, pourvue de larges côtes (cardes), parfois creuses ou pleines et charnues. On distingue le céleri à jets ou à couper et le céleri à côtes ou à blanchir.

Multiplication

Les graines étant très fines (plus de 2 000 par gramme), on les mélangera avec du sable pour le semis. La durée germinative est de 5 ans environ.

On sèmera en pépinière bien abritée ou mieux en caissettes, pour éviter que les semences soient entraînées par les pluies.

Variétés

- A jets

à jets fins frisés, à couper de Malines

On choisira toujours les variétés hâtives.

- A côtes

plein blanc court, plein blanc doré, Vert de Perpignan

Climat - Sol - Fumure

Les céleris à jets réussissent partout. Ceux à cardes au-dessus de 1000 m ou en région à saison sèche prononcée.

Le céleri exige un terrain riche, surtout frais et humide. C'est une plante épuisante qui demande 4 à 5 kg de compost au m 2; lors de la préparation de la sole, 3 kg de super, 2 de sulfate d'ammoniaque et autant de potasse à l'are. Le céleri fleurit rarement en Afrique, de nouvelles semences seront donc utilisées à chaque culture.

En cours de végétation: arrosages à l'engrais liquide toutes les trois semaines.

Culture

Les jeunes plants seront repiqués quatre semaines après germination, ils auront à ce moment 15 à 20 cm de hauteur. Il seront placés à 30 cm en tous sens, dans une petite tranchée pour les céleris à cardes (ce qui permettra plus tard le buttage en vue du blanchiment). Un léger ombrage sera maintenu pendant toute la durée de la culture. Le développement est assez lent au début, il est donc possible de faire une culture intercalaire de radis ou laitues à couper.

Soins d'entretien: sarclages, arrosages nombreux, binages. Le céleri ne reviendra sur la même sole qu'après trois ans ou plus, car très épuisant. Durée de la culture: 6 mois.

Blanchiment

Il consiste à priver les cardes de lumière, soit en buttant en partie les plants, soit en les liant ou en les entourant de paille.

Récolte

Le céleri peut être récolté, au plus tôt, cinq mois après le semis. Blanchi, il pourrit rapidement. N'étioler que les quantités nécessaires à la consommation et au marché.

Maladies

Cercosporiose: dû à Cercospora apii se manifestant par des taches de rouille sur les feuilles. Remède: benomyl, oxychlorure.

Nématodes: voir carotte

Choux

Brassica oleracea. Crucifères. Nom anglais: Cabbage.

Les choux dérivent tous de l'espèce sauvage (Brassica oleracea) qui pousse à l'état spontané en Europe tempérée.

En régions d'altitude africaines, on obtient de très beaux produits en tous points semblables à ceux d'Europe. En régions basses et moyennes, de belles récoltes ne pourront être obtenues qu'avec certaines variétés seulement. Les choux cabus (rouges et blancs) ne pomment généralement pas facilement en régions basses et très humides mais leur feuillage reste très beau.

On peut classer les choux comme suit:

1. Choux pommés

Dont les feuilles se coiffent mutuellement en formant la pomme. Quand les feuilles sont lisses, les choux sont appelés «cabus»; quand elles sont cloquées, ils sont dits «choux de Milan». Dans chaque groupe, il existe des variétés d'hiver et d'autres d'été. Les choux cabus sont blancs ou rouges.

2. Choux verts

Cultivés pour leur feuillage.

3. Choux à jets ou choux de Bruxelles

Ces choux paraissent dérivés des choux pommés à feuilles cloquées. Ils sont caractérisés par l'absence de pomme terminale et le développement de petites pommes à l'aiselle des feuilles espacées sur une tige rigide et allongée; ce sont ces bourgeons qui sont consommés.

4. Choux-fleurs

Originaires du Proche-Orient. On consomme l'inflorescence qui forme une masse composée des pédoncules hypertorphiés, devenus charnus, soudés entre eux et ne portant que des fleurs rudimentaires.

5. Choux de Chine ou Pé-tsaï

Légume à nombreux usages, mais moins apprécié.

Multiplication

Par semis en pépinière bien ombragée. Les graines seront très peu couvertes de terre. La germination est rapide (4 à 5 jours).

1. Choux pommés

Brassica oleracea capitata.

Variétés

- Choux cabus blancs

Express, très hâtif, de Brunswick, Cœur de bœuf, Danois

- Choux cabus rouges

Exportation, de Langendijk

- Choux de Milan

de la St Jean, d'Aubervilliers, de Norvège

Il faut toujours préférer les variétés à pied court.

Climat - Sol - Fumure

Les choux de Milan et Cabus donnent des récoltes comparables à celles d'Europe, en régions d'altitude et en saison sèche dans les régions basses. Les choux peuvent être cultivés en plein champs mais c'est beaucoup plus délicat car il y a mauvaise maîtrise des excès d'eau en saison des pluies, la protection phytosanitaire est constamment lessivée et même, l'irrigation subit parfois une dérive importante en saison sèche.

Un épandage de 300 kg de fumier ou compost, 2 kg de super, 1,5 kg de potasse et autant de nitrate de soude sera effectué un peu avant la mise en place. Les choux sont sensibles à l'arrosage aux engrais liquides.

Culture

Lorsque les plants sont suffisamment développés, c'est-à-dire à trois ou quatre feuilles, on repiquera en place définitive à 50 cm en tous sens. Les soins d'entretien se bornent à des binages et arrosages. Afin d'assurer un approvisionnement constant, effectuer un semis tous les deux mois.

Durée de la végétation

Consommer les pommes dès qu'elles sont formées, car elles pourrissent rapidement.

Rendement

20 à 30 t/ha, en Europe 60-70 t.

Usages

- Cru en salade: choux rouges
- Cuit: potage, farci, choucroute

2. Choux verts

Brassica oleracea acephala. Nom anglais: Borecole ou Curly greens

Description

Plante à feuillage vert, frisé et étalé

Variétés

- Vert frisé à pied court
- Frisé noir
- Frisé coleus

Climat - Sol - Fumure

Voir culture du chou pommé. En région basse et humide, le chou frisé n'atteint pas son complet développement.

Culture

Repiquage à 0,50 m en tous sens. Léger ombrage permanent.

Usages

Potages.

3. Choux de Bruxelles

Brassica oleracea gemmifera. Nom anglais: Brussels spouts.

Description

Variété de chou érigé formant de petites rosettes à l'aisselle des feuilles.

Variétés

- Demi-nain de la Halle
- Nain de Bruxelles
- Ordinaire, grand

Climat - Sol - Fumure

Le chou de Bruxelles réclame de hautes altitudes et une saison sèche bien marquée. En basses altitudes humides, on n'obtient que des feuilles.

Un sol peu riche en azote convient parfaitement, pour éviter la formation d'un feuillage trop ample.

Culture

Sortis de pépinières, mise en place à 0,50 m en tous sens. Le chou de Bruxelles convient très bien en culture intercalaire. Binages et sarclages.

Durée de la végétation

Six mois avant la première récolte. Dégarnir de ses feuilles la partie inférieure de la tige favorise la formation des bourgeons.

Récolte

Elle dure 1 à 2 mois.

Usages

Cuits.

4. Choux-fleurs

Brassica oleracea botrytis. Nom anglais: Cauliflower.

Description

Variété de choux dont la partie commestible est constitutée par l'inflorescence charnue qui forme une masse compacte.

Variétés

- Le Normand à pied court
- Lecerf
- Blanc de Malines
- Sutton's Giant

Climat- Sol - Fumure - Culture

En région équatoriale, il ne faut espérer aucun bon résultat. Ce chou croît, par contre, aisément au-dessus de 1000 m; en région à saison sèche importante. Il demande un terrain très riche. On donnera 5 à 600 kg de compost, 5 kg de super, 4 kg de potasse et 3 kg de nitrate de soude à l'are.

Repiquage à 60 cm de distance entre les lignes et 50 cm dans la ligne. Binages et arrosages à l'engrais liquide. Dès l'apparition des fleurs, renforcer l'ombrage.

Récolte

Après six mois.

Usages

Cuits en salade, gratin, etc.

5. Choux de Chine

Brassica sinensis. Nom anglais: Cabbage Shantung ou Pe-tsaï.

Description

Chou érigé rappelant la bette (cardes). Feuillage large, vert-jaune. Plante originaire d'Asie orientale. On en connaît des variétés à feuilles vert pâle et à côtes blanches, d'autres à feuilles violacées, les unes lisses, les autres ondulées, pouvant pommer comme une laitue romaine. Le goût rappelle celui de la laitue plutôt que celui du chou.

Multiplication

La semence ressemble à celle du chou. Semis en pépinière ou directement en place (lignes).

Variété

- Le genre chou de Chine.

Climat - Sol - Fumure

Plante très intéressante, elle pousse partout en Afrique et pratiquement en toutes saisons. Un sol meuble et assez riche sera pourtant préférable. Une application de 3 à 400 kg de compost, plus un léger complément d'engrais azoté, lui seront très favorables.

Culture

Repiquage en lignes à 40 cm en tous sens. Il est même préférable de semer directement en lignes, puis d'éclaircir. L'ombrage n'est pas nécessaire.

Récolte

On peut commencer à couper les feuilles trois semaines à un mois après repiquage, comme pour les épinards.

Lorsque la plante a atteint son complet développement, lier ensemble la partie supérieure des feuilles, afin d'obtenir un cœur tendre et blanc.

Durée de la végétation

Assez courte, trois mois environ. Semis successifs en conséquence.

Rendements

20 à 30 t/ha.

Usages

Légume assez méconnu qui gagnerait à être plus cultivé. Jeunes feuilles consommées comme des épinards ou étuvées, avec ail et thym. Cœur en salade, cru ou cuit comme le céleri. Potages, cardes consommées comme les céleris à côtes.

Maladies et ennemis

Plasmodiophora brassicae

Responsable de la hernie du chou. C'est un champignon provoquant de fortes excroissances sur les racines et collet. Remède: fongicide systémique et benomyl. Assolement de trois ans minimum.

Phoma brassicae

Traitement au benomyl.

Xanthomonas campestris

Noircissement des feuilles. Pulvérisation de Cuivre X Zinèbe.

Plusieurs insectes - chenilles Pulvérisations avec roténone ou pyrèthre.

Concombre

Cucumis sativus, Cucurbitacées. Nom anglais: Cucumber.

Description

Plante annuelle, grimpante ou rampante, à feuilles à cinq lobes; fleurs jaunes, unisexuées; originaire des Indes. Il existe de nombreuses variétés à fruits blancs, jaunes ou verts, petits et ovoïdes ou pouvant atteindre 50 cm de longueur (Rollison's telegraph), à peau lisse ou épineuse.

Multiplication

Semis en pépinière ou directement en place (à raison de 3 à 4 graines par poquet). Graines blanches, allongées, ressemblant à celles du melon. Un gramme en contient 35.

Variétés

- Concombres

Rollinson's telegraph, Vert long de Chine, Vert long maraîcher, Breso F1, Basma F1

- Cornichons

Vert petit de Paris, Fin de Meaux, Amélioré de Bourbonne

Climat - Sol - Fumure

C'est une plante qui végète bien dans toute l'Afrique. Elle demande un sol riche. On lui apportera 500 kg de compost, 4 kg de super, 3 kg de sulfate de potasse, à l'are.

Culture

Semis en poquets ou repiquage à 40 cm dans la ligne et lignes distantes d'1 m. A la levée, ne conserver qu'un plant. Placer, dès la formation de la 4e feuille, un tuteur de 1,80 m de hauteur pour aider la plante à grimper. Dès que celle-ci atteint 1 m de hauteur, procéder au pinçage afin de faciliter sa bonne ramification (voir taille du melon).

Pour la culture du concombre à cornichons, le semis ou le repiquage se pratiqueront à des intervalles plus courts, soit 30 cm dans la ligne et lignes distantes de 75 cm seulement. Le pinçage reste le même, à partir de la 4e Ou 5e feuille.

Soins ordinaires: binages et arrosages.

Récoltes

Dès le 3e mois après le semis, récolter les concombres tous les deux ou trois jours, lorsqu'ils sont encore verts.

Rendements

30 à 40 t/ha.

Insectes et maladies

Il est recommandé de pulvériser un insecticide, à titre préventif, tous les huit jours. Le principal problème de cette culture est d'ordre phytosanitaire. Malgré les désinfections systématiques, les dégâts dus au Fusarium, aux nématodes, nécessitent un arrachage précoce.

A remarquer que les variétés dites «de serres» des catalogues ne conviennent pas en culture tropicale, car elles ont été sélectionnées dans un tout autre but. Ce sont donc les variétés épineuses qui conviennent le mieux.

Le concombre est affecté également par l'Oïdium et le Mildiou. Il y a lieu de choisir les variétés résistantes offertes par les sélectionneurs.

Usages

- Cru en salade.
- Cuit farci.
- En friture et en conserve au vinaigre (cornichons).

Courge

Cucurbita div. sp. Cucurbitacées. Nom anglais: Gourd ou Pumkin, Squashes, Marron.

Description

Plante annuelle à larges feuilles plus ou moins incisées, monoïques, à tiges rampantes ou non. Les fruits sont allongés ou arrondis, de formes très variables. On distingue parmi les nombreuses espèces cultivées en Europe et Afrique:

1. Potirons: Cucurbita maxima (Pumkin en anglais)

Très longues tiges rampantes, molles, rondes. Les feuilles sont à lobes arrondis peu séparés, en forme de cœur. Parmi les potirons, on distingue les «couronnés» dont le fruit présente une calotte saillante ou turban (giraumon) et ceux qui en sont dépourvus. Les premiers, rouges panachés de vert et jaune ou de blanc, atteignent 5 kg; les seconds, de teinte jaune, blanche ou rouge, peuvent peser jusqu'à 50 kg. Les fruits immatures sont appelés courgettes.

2. Courges musquées: Cucurbita moschata (Butternut en anglais)

Espèces annuelles à feuilles molles et fruits verdâtres, ovoïdes ou en massue. La chair est blanche, jaune ou rouge, musquée. La chair du fruit est diversement appréciée. Parmi les différentes courges, c'est celle qui est le mieux adaptée au climat tropical, très rustique et résistante aux maladies.

3. Citrouilles: Cucurbita pepo

a. Citrouilles

Tiges allongées et rampantes. Fruit souvent de très grande taille, vert, marbré, ovoïde, non cotelé. Chair peu appréciée.

b. Courges

Variétés à tiges rampantes ou non rampantes (patissons). Il existe chez ces variétés des plantes naines nettement plus faciles à cultiver. Les courges ont des fruits allongés, côtelés ou non; les patissons, à chair farineuse, ont un goût d'artichaut. C'est principalement avec C. pepo que l'on obtient les «courgettes».

c. Coloquintes

Sans intérêt, tiges grimpantes.


Courge - Potiron.


Courgettes.

Multiplication

En poquets, directement en place. La levée a lieu 5 à 6 jours après semis.

Variétés

- Potirons: Rouge d'Etampes, Gros jaune de Paris, Turban de Natala (giraumon).

- Courges: à la moelle (coureuse), de Maine (coureuse), Blanche de Virginie (non coureuse), Nadita F1.

- Musquées: Musquée de Provence

- Citrouilles: Patisson blanc américain, Patisson panaché, Rodeo, Golden bush.

Climat - Sol - Fumure

Les courges demandent un terrain riche en matières humiques et toujours humide. Elles croissent partout et en n'importe quelle saison. Pourtant les pluies peuvent «couler» une floraison, retarder une plantation et perturber les traitements et les apports d'engrais. Il est donc nécessaire dans certains pays d'attendre la saison sèche et d'irriguer.

Culture

Pinçage sur deux feuilles de la tige pour assurer une bonne ramification. On pincera également l'extrémité des rameaux fructifères qui s'allongent inutilement. Arrosages aux engrais liquides (nitrate de soude ou sulfate d'ammoniaque).

Les variétés à grand développement seront semées à 1,50 x 1,50 m. Les variétés naines le seront à 50 x 50 en deux lignes sur planches de 1,20 à 1,50 m de large.

Récolte

Après cinq mois de culture. On cueillera les courges dès qu'elles ont atteint la moitié de leur développement, faute de quoi la chair sera sèche et filandreuse.

Pour les courgettes, la récolte commence deux mois après le semis et peut s'échelonner sur un mois. Un rendement de 50 t/ha peut être atteint en culture saine.

Maladies

Voir concombre.

Cresson de fontaine

Nasturtium officinale. Nom anglais: Water-cress.

Description

Plante aquatique à tiges allongées, charnues. Les feuilles sont divisées en lobes arrondis, vert foncé.

Culture assez spéciale, car il faut disposer d'une source d'eau non polluée et de bassins. Une rivière sujette à des crues en saison des pluies ne convient pas, les plantes pouvant être entraînées par le courant.

Multiplication

En pépinière très humide ou plus pratiquement par boutures.

Climat - Sol - Fumure

L'eau stagnante ne convient pas. Nécessite un sol très humifère. Les engrais seront épandus avant la plantation.

Culture en pépinière

4 g au m 2 et dès que les plants ont 3 cm, arrachage et plantation à 15 cm en tous sens. Le cresson peut également être cultivé en pleine terre, à la condition qu'elle soit suffisamment humide.

En culture commerciale, on doit disposer de grands bassins rectangulaires de 20 à 30 m ou plus sur 4 de large ou de larges rigoles de 2 m de large. La profondeur avoisinera 30 cm. Le fond de ces fosses sera au préalable bêché et fumé 10-10-8 NPK. Deux vannes, placées à chaque extrémité du bassin, permettent de régler le débit du courant et la hauteur de l'eau.

On inondera une première fois à quelques centimètres de hauteur pour bien humecter le fond, puis on procédera au repiquage des boutures à 15 x 15 cm. Les vannes seront ouvertes progressivement afin de relever le niveau de l'eau qui suivra la croissance des plantes.

Durée de la végétation

En culture commerciale: un an, à raison d'une récolte toutes les trois semaines.

Récolte

On récolte environ vingt fois par an, rameau par rameau.

Maladies

Cercospora nasturtii: champignon parasite foliaire. Benomyl à titre préventif et curatif.

Il y a parfois envahissement de plantes aquatiques non désirées (Elodées). Arrachage à la main.

Hygiène

Comme écrit plus haut, il faut disposer d'une eau de source non polluée. C'est indispensable pour éviter:

- la douve, qui est un ver parasite (trématodes) du foie affectant l'homme, les moutons et les bovidés;

- la bilharziose, provoquée par un ver qui, adulte, vit dans le sang de l'homme et peut provoquer l'hématurie (trématodes);

- l'amibiase (rhizopodes), qui atteint l'intestin de l'homme et provoque la dysenterie amibienne, très difficile à soigner.

On évitera la présence de troupeaux près de la cressonière et aux environs du cours d'eau. Egalement la présence de fosses d'aisance. La main-d'œuvre sera équipée, à titre préventif, de bottes.

Usages

- Cru en salade;
- Cuit en purée ou potage.

Fraisier

Fragaria sp. Rosacées. Nom anglais: Strawberry.

Description

Plante vivace à feuilles persistantes émettant des stolons qui se marcottent ou se fixent ailleurs, constituant ainsi de nouveaux plants.

Les feuilles sont composées de trois folioles dentelées et les fleurs sont blanches. Les fruits charnus sont comestibles, présentant en leur surface externe de nombreuses graines.

Multiplication

Par stolons; également par graines (plus aléatoire).

Variétés

1. Fraisiers à gros fruits issus des espèces américaines qui ont elles-mêmes subi de nombreux croisements. Grandes fleurs et fruits gros à très gros. Ce sont les fraisiers les plus cultivés, il en existe plusieurs centaines de variétés: Karina hâtif, Korona hâtif, Tago tardif, Bogota tardif.

2. Fraisiers remontants, qui sont dus au hasard des semis de fraisiers à gros fruits et non au croisement de ces derniers avec les fraisiers des quatre-saisons. Ils sont appelés ainsi parce qu'ils donnent une première récolte puis une seconde un ou deux mois plus tard: Ostara (un des meilleurs), Rabunda.

3. Fraisiers des quatre-saisons. Les plants sont vigoureux et remontants, ils produisent pendant plusieurs mois.

Climat - Sol - Fumure

Il faut considérer le fraisier comme une plante de luxe car il n'atteindra jamais en Afrique les rendements obtenus en Europe. L'altitude idéale se situe entre 1 000 et 1 500 m. Les raisons du succès mitigé proviennent d'un manque d'hivernage d'une part et, d'autre part, des températures trop élevées et souvent d'un excès d'humidité.

Il faut savoir que la production de stolons est favorisée par des jours longs, mais que la production florale est influencée par les jours courts. En Afrique, la durée des jours varie de 12 à un maximum de 14 heures, insuffisantes pour le fraisier.

Une solution existe, celle de faire venir d'Europe des plants qui ont déjà hiverné, sachant cependant qu'ils ne croîtront pas à partir de + 30-31° C.

Le fraisier demande une terre bien fumée de longue date. Les terrains acides ne lui conviennent pas. En préparant les planches de fraisiers, on incorporera 500 kg de compost/fumier, un engrais composé de 15-5-20 NPK, à raison de 3 kg à l'are et ce trois fois par an.

Culture

Dès que les stolons sont bien enracinés, on plante directement en place, en lignes distantes de 50 à 60 cm et à 30 cm dans celles-ci. Un film de plastic perméable à l'air et à l'eau peut être étendu dans l'interligne; il évitera la croissance des mauvaises herbes et surtout, empêchera le contact des fruits avec la terre.

La dégénérescence sera évitée en renouvelant l'emplacement cultivé tous les trois ans.

Maladie

- Phytophthora fragariae attaque le pied de la plante. Remède: pulvérisations de Daconil, Benalaxyl.

- Tarsonemus: les feuilles se déforment, restent petites, anormales. Il s'agit d'une attaque d'un petit acarien de 0,1-0,2 mm. Remède: Lebacyd.

- On signale également: Rhizoctonia: attaque des racines. Remède: benomyl.

- S'il y a importation de plants européens, ceux-ci doivent provenir de cultures «in vitro», fournissant actuellement des sujets rebelles au virus de la dégénérescence.

Récolte

Mise en chambre froide de la récolte journalière en vue de la vente.

Remarque

Plusieurs stations européennes mettent à la disposition des multiplicateurs de fraisiers des plants sains, frais ou frigo, des micro-plants communément appelés «plants méristèmes», des nouveaux cultivars, ainsi qu'une technique d'assainissement suivie de multiplication rapide.

A. Plants sains

Produits en laboratoire, puis placés en champs au cours de la première année. ne sont pas garantis 100 % car ils peuvent être attaqués par le Phytophtora.

B. Méristèmes

Par reproduction «in vitro». Fournis en bocaux stériles. Garantie: 100 % exempts de maladies ou insectes. Prix hors TVA: de 100 à 1 000 plants, 2 FF - plus de 10 000, 1,30 FF.

A noter qu'une palette de 40 000 plants ne pèse que 13 kg, donc frêt aérien assez peu élevé.

Haricot

Phaseolus vulgaris. Légumineuses. Nom anglais: Bean, Kidney ou French Bean.

Description

Plante annuelle originaire d'Amérique du Sud, à tiges volubiles (2 à 3 m) ou naines (25 à 30 cm). Les feuilles sont trifoliées pennées. L'inflorescence, pédonculée, forme une grappe courte. Les gousses, allongées, sont de couleur variable suivant les variétés. Les graines sont blanches, noires, rouges, unicolores, bicolores ou marbrées. Le haricot fut introduit en Afrique de l'Ouest, d'où il se répandit dans tout le continent.

Multiplication

Par semis directement en place. Il faut environ cinq à huit jours pour la levée.

Variétés

On distingue:

a. les haricots nains

b. les haricots à rames

Chaque groupe est divisé en:

1. haricot à écosser

2. haricot sans parchemin ou filet (mange-tout)

a. Haricots nains

1. à parchemin: Noir de Belgique, du Saint Esprit, Flageolet blanc ou vert

2. sans parchemin: Alcade, Morgane, du Limbourg b. Haricots à rames

1. à parchemin: Sabre, de Soissons

2. sans parchemin: Saint Fiacre, Princesse, Noir de Juillet, Phénomène

Climat - Sol - Fumure

Le haricot, nain ou à rames, végète en tous lieux. C'est une base alimentaire dans certaines régions. Sa sensibilité vis-à-vis de la température lui fait préférer les stations d'altitude moyenne. Il est généralement cultivé en association avec le manioc, le maïs ou le sorgho. Le haricot demande une terre légère, perméable, saine et profonde, riche en engrais phosphorique et potasse, légèrement calcaire. On appliquera 2 à 300 kg de compost ainsi que 4 kg de super, 3 kg de sulfate de potasse avant le semis.

Culture

- Haricots nains

On placera deux graines par poquets à 15 cm dans la ligne et en lignes espacées de 90 cm à 1 m (facilité de récolte). Cela nécessitera 50 kg de graines à l'ha.


Phaseolus vulgaris.

- Haricots à rames

On établira deux lignes jumelles distantes de 75 cm; les semis seront espacés de 50 cm (six graines par poquet). L'écartement sera d'un mètre. Après 15 jours à 3 semaines, buttage des plants et mise en place des perches. Celles-ci seront enfoncées du côté du sentier et à 5 cm des tiges de haricots. Ces rames de 2 à 3 m de hauteur seront piquées obliquement et reliées entre elles par une perche horizontale. On prévoira quelques binages. Le haricot étant sensible à l'humidité, on effectuera les semis, de préférence, en saison sèche. Pas d'ombrage.

Récolte

Pour les gousses fraîches, lorsqu'elles ont atteint le tiers de leur développement ou tout au plus la moitié sans grains apparents. La récolte a lieu tous les 4 jours. Pour les haricots grains, on attendra que les gousses aient atteint leur taille normale et jaunissent. Les fèves écossées sont mises à sécher pendant plusieurs jours, puis conservées dans un endroit sec. Rendement: 1 à 1,5 tonne/ha.

Insectes et maladies

- Fusarium

Cryptogame s'attaquant aux racines provoquant une nécrose sèche; emploi de variétés résistantes.

- Rhizoctonia solani

Champignon se développant au collet et en provoque la pourriture.

- Pythium

Nécrose des radicelles provoquant la «fonte des semis». On évitera les cultures de haricots successives sur une même sole et on brûlera les sujets atteints.

- Pseudomonas

Provoquant la graisse bactérienne. Faire usage de semences saines et bouillie cuprique en champs.

Dans tous les cas, il faut faire appel à des graines résistantes et sélectionnées, s'il en existe.

- Bruches (Bruchus obtectus)

Les insectes perforent la gousse, y pondent. Les larves s'introduisent dans la graine et s'en nourrissent. La protection des grains s'opère avec du Lindane, à raison de 5 mg de M.A. par kg. Industriellement, on traite par fumigation au bromure de méthyl.

Usages

Connus.

Remarques

Il existe plusieurs variétés de haricots africains (Dolique, Canavalia, de Lima).

Composition

- Frais

85 % d'eau, 6 % de protéines et 6 % de glucides.

- Sec

10 % d'eau, 22 % de protéines et 60 % de glucides.

Laitue

Lactuca sativa. Composées. Nom anglais: Lettuce.

Description

Plante annuelle à feuilles allongées, légèrement dentées et disposées en rosette. Les laitues à couper comprennent les variétés qui ne pomment pas, qu'elles soient à feuilles entières, lobées ou frisées. Parmi les laitues pommées, on distingue les laitues proprement dites, formant pomme ronde et les romaines à pomme allongée.

Multiplication

Par semis en pépinière bien ombragée. La graine est petite, noire ou blanche. Levée: en 5 à 10 jours.

Variétés

a. Laitues à couper

Frisée d'Amérique, Ordinaire, Blonde parisienne

b. Laitues pommées

Reine de Mai, Grosse blonde paresseuse, Batavia blonde de Paris

c. Laitues romaines

Sucrine, Ballon, Corsica (résiste aux maladies)

Climat- Sol - Fumure

Les laitues se cultivent facilement mais ont tendance à fructifier rapidement. En régions équatoriales, elles ne «pomment» pas ou rarement.

Une application de 3 kg de sulfate d'ammoniaque, 3 kg de sulfate de potasse et 4 kg de super à l'are sera faite avant plantation. La laitue exige beaucoup d'eau, mais un excès d'humidité provoque la pourriture rapide. Les laitues peuvent être cultivées en intercalaires, avec d'autres légumes.

Culture

Elles se sèment à la volée en pépinière, excepté les laitues à couper que l'on traitera directement en place. Semis très clair suivi d'un ratissage pour couvrir les graines (0,5 cm de terre). Dès que les plants ont quatre feuilles, on plante définitivement en place à 25 cm en tous sens. Binages et arrosages après repiquage. Un ombrage léger sera maintenu en permanence.

Récolte

Il s'écoule environ deux mois entre le semis et la récolte, 20 à 30 jours pour les laitues à couper. Lier le sommet des romaines pour obtenir des feuilles serrées et tendres.


Mais sucré.


Plant de mais infesté dès le stade de la plantule par Sclerospora mayidis.

Usages

- Crue en salade.
- Cuite comme des épinards ou étuvées.

Composition

- Contient 98 % d'eau, donc aliment pauvre.

Maïs

Zea mays. Graminées. Nom anglais: Sugar corn.

Description

Plante annuelle à tige noueuse, pouvant atteindre plus de 3 m. Les feuilles sont longues, engainantes. Les inflorescences mâles apparaissent au sommet des tiges, les femelles aux nœuds, le long de l'axe. Le fruit est un épi, gros, cylindrique, de grosseur et de teintes variables.

Nous n'envisagerons ici que les variétés sucrées, très recherchées comme légume et constituant la base de l'alimentation de certaines régions.

Multiplication

Par semis.

Variétés

Parmi les variétés hâtives de faible dimension, on trouve les mais les plus sucrés.

- Sucré Mammouth, Hybride Wisconsin, Concorde F1: 80 jours
- Golden Pantam, Adams early: 90 jours
- Black mexican, Stowell's Evergreen: 120 jours

On recommande vivement l'introduction des maïs américains en Afrique, car ils ont fait l'objet de très nombreuses sélections (Sweet Treat F1 et Sahel F1).

Climat - Sol - Fumure

Tous les climats chauds conviennent.

Le mais est une plante exigeante qui demande un sol riche, fertile et bien travaillé. On donnera utilement 2 à 300 kg de compost, 2 kg de sulfate d'ammoniaque, 5 kg de super et 1 kg de sulfate de potasse à l'are.

Culture

Semis à la main en poquets de trois graines, à 4 cm de profondeur. Les poquets sont espacés de 60 cm sur des lignes distantes de 80 cm à 1 m.


Curieux cas d'hermaphrodisme sur mais - Stigmates sur inflorescence mâle.

Une période sèche est nécessaire pour obtenir une bonne maturation, d'où le semis en saison des pluies, surtout dans le cas de cultures industrielles en pleine terre.

Binages et sarclages dès la levée, ainsi qu'un buttage léger, lorsque les plants auront atteint 50 cm.

Enlever les rejets des pieds et ne conserver que deux ou trois épis par plant. Enfin, écimer la tige à un nœud au-dessus du dernier épis. Avec les hybrides américains, il faut de nouvelles semences à chaque renouvellement de culture. Le mais est sujet à la fécondation croisée, d'où le grand nombre de variétés.

Récoltes

La maturité se constate par le durcissement des grains et le jaunissement des spathes (90-120 jours). Pour l'usage en légume, le maïs sera récolté après 70 jours, c'est-à-dire avant complète maturité des épis.

Maladies

Sont signalés: le mildiou, le charbon et des viroses. Destruction par le feu et appel à des variétés sélectionnées indemnes. Sclerospora mayidis: (voir photo).

Melon

Cucumis Melo. Cucurbitacées. Nom anglais: Melon, Cantaloupe.

Description

Plante annuelle à tiges rampantes, rondes et feuilles lobées. Ces tiges portent des fleurs mâles et plus tard des fleurs femelles sur les rameaux plus jeunes. Les fruits peuvent être ronds, ovoïdes ou allongés, avec ou sans côtes, à peau lisse ou brodée et à chair rouge, orange, blanche ou verte.

Multiplication

Par semis directement en place comme les courges.

Variétés

On distingue deux groupes:

- Melons brodés (couverts de lignes entrelacées)

Ananas d'Amérique, Perlita, de Cavaillon

- Melons cantaloups (à 8 à 12 côtes)

Cantaloup Prescott, Noir des Carmes, Charentais (le plus connu)

Climat - Sol - Fumure

Réussit assez bien en régions d'altitude moyenne et haute mais à saison sèche bien marquée. En zone équatoriale humide, le rendement reste faible car en saison des pluies, l'humidité et le faible ensoleillement entraînent un jaunissement prématuré et rapide et ne donne que des fruits mal colorés et peu sucrés.

Le melon aime un terrain moyen bien fumé. On lui donnera avant semis 500 kg de compost, une fumure NPK de 15-20-26 à raison de 3 kg par are. En cours de végétation, engrais liquide 3 gr/litre d'eau.

Culture

Les melons brodés sont de culture nettement plus facile sous climat tropical que les cantaloups très sensibles aux maladies.

Le melon émet des tiges qui bifurquent, les deux premières ne donnent que des fleurs mâles, la troisième des fleurs femelles. C'est une plante monoïque d'où nécessité de soumettre chaque plant à une taille échelonnée pour accélérer la formation de rameaux fertiles.

a. Quand la plante a 3 ou 4 feuilles, on taille au-dessus des deux premières feuilles.
b. Pincer ensuite à 3 ou 4 feuilles les deux branches issues de la première taille.
c. Pincer également sur 4 feuilles, les rameaux de la deuxième génération.
d. Les rameaux de la troisième génération porteront les fleurs femelles et les fruits.

Les coupes seront nettes et au moins à 2 cm de la dernière feuille, afin d'éviter le déssèchement de celle-ci.

Ne conserver que trois à quatre melons par pied et pincer à quatre feuilles au-dessus du dernier fruit.

Semis en poquets à raison de 3 à 4 graines. A la levée, on ne conservera que le plus robuste. Distance: 1 m en tous sens.

Ne pas négliger les arrosages en cours de végétation et le paillis pour protéger les fruits du contact avec le sol. La culture sur treillis est intéressante pour ses bons rendements; la taille sera conduite de la même façon.

Récolte

Normalement, après 90 jours lorsque le pédoncule du fruit montre une gerçure circulaire plus ou moins régulière; à l'odeur du melon également. 100 kg de fruits et feuilles exportent 400 g d'azote, 200 g d'acide phosphorique et 300 g de potasse. Rendements: 10 à 15 t/ha.

Maladies

Outre les Thrips qui seront combattus par Phosan, plusieurs maladies sont à signaler:

- Erysiphe

C'est l'Oïdium, appelé «le blanc». Les tiges et feuilles se recouvent d'une poudre blanchâtre. Il faut pulvériser un fongicide (Tricarbamix) tous les 15 jours.

- Pucerons

Lutte par le Phosan. Il existe actuellement plusieurs variétés résistantes aux maladies (voir catalogues des producteurs).

Usages

Cru en tranches.

Oignon

Allium cepa. Liliacées. Nom anglais: onion.

Description

Plante bisannuelle ou vivace déjà cultivée chez les Egyptiens. Le bulbe est composé de tuniques charnues, concentriques. Les fleurs sont blanches ou violacées, les feuilles creuses et pointues.

Multiplication

Semis. La graine est anguleuse, noire et aplatie. Un gramme en contient 250. Levée après 10 jours.

Variétés

- Oignons de «garde»

Superba (hybride F1), Hyduro

- Oignons hâtifs

Jaune d'Espagne (intéressant pour l'Afrique), Hâtif de Vaugirard

- Oignons blancs

Blanc de Barletta

- Oignons de Madère

Plat (le meilleur pouvant atteindre 18 cm de diamètre mais saveur sucrée)

- Oignons de Mulhouse

de Mulhouse jaune

- Oignons d'Egypte

Rocambole

Les variétés petites et blanches, sont celles qui réussissent le mieux, les autres provenant d'Europe sont très décevantes, sauf peut-être le Jaune d'Espagne. L'oignon d'Egypte a la particularité de développer des bulbilles sur la hampe florale. Ces bulbilles peuvent être plantés pour en fin de saison récolter de gros bulbes.

Les oignons européens ne conviennent pas à l'Afrique, (photopériodisme): nécessitant plus de 14 h d'éclairement diurne.

Climat- Sol - Fumure

C'est par excellence une culture de saison sèche, indispensable pour la maturation. De très bons résultats peuvent être obtenus au-dessus de 1 000 m. En zone équatoriale, basse et humide, seul l'oignon blanc sera retenu. C'est par la sélection que l'on parviendra à créer des variétés pour «jours courts».

L'oignon demande une terre légère, anciennement fumée, il ne supporte pas les terrains humides. Fumure chimique: 3 kg de sulfate d'ammoniaque, 4 kg de sulfate de potasse et 4 kg de super, le tout avant le semis ou le repiquage.

Culture

Semis en pépinière bien ombragée puis repiquage lorsque les plants ont 10 cm de hauteur, à 25 cm entre les lignes, à 8 dans la ligne et à une profondeur de 3 cm; les plants seront «habillés», c'est-à-dire que le sommet des feuilles et les longues racines seront coupés.

On peut également semer directement en place aux distances prévues ci-dessus. Sarclages pendant toute la durée de la culture. L'ombrage peut être enlevé après la reprise.

Maladies

- Mildiou caractérisé par le dépérissement des feuilles dont les extrémités jaunissent et s'affaissent sur le sol. Remèdes: Tricarbamix.

- La Graisse: provoquée par Botrytis cinerea, surtout en sol humide.

Récolte

Arrachage des oignons blancs avant maturité et pour les oignons de couleur lorsque les fanes auront jauni et séché sur place. Rendements en bonnes conditions: 20 à 40 t/ha.

Usages

Cru ou cuit en potages, bouillon, etc.

Pastèque

Citrullus lanatus. Cucurbitacées. Nom anglais: Water Melon.

Description

Plante originaire d'Afrique tropicale, elle est annuelle, à tiges rampantes pouvant atteindre 5 m de longueur.

Les fruits sont longs ou oblongs, à peau lisse et sans côtes, à chair blanche, sucrée, rouge, très rafraîchissante. Les graines sont dispersées dans tout le fruit contrairement au melon. Elles sont noires, jaunes, blanches ou rouges.

Multiplication

Par graines.

Variétés

- Sugar baby (fruit rond)
- Charleston (allongé)
- Panonia (hybride F1)

Climat - Sol - Fumure

Plante peu exigeante quant au sol. Celui-ci sera humide en permanence. La pastèque est très résistante à la sécheresse et très bien adaptée à la chaleur. Le terrain sera composté.

Culture

Semis directement en place, en paquets distants de 1 à 4 m suivant les variétés et à raison de 2 à 3 graines. A la levée, on ne gardera que le plant le plus robuste. On taillera assez rapidement pour provoquer la ramification. Quelques arrosages en début de végétation suffiront.

Récolte

Peu avant maturité. Les fruits peuvent peser de 3 à 5 kg, ou plus.

Maladies

Parfois, il y a attaque de Cercospora qui sera combattue par bénomyl.

Usages

Cru, très aqueux et peu parfumé.

Remarques

Il existe actuellement des pastèques sans pépins mais d'un prix très élevé. vu ce prix, les graines seront semées en pots, puis repiquées.

Poireau

Allium porrum. Liliacées. Nom anglais: Leek.

Description

Plante bisannuelle à feuilles étalées au sommet et engainantes à leur base. C'est cette partie qui est consommée.

Multiplication

Par semis uniquement. La graine est petite, noire, ridée, analogue à celle de l'oignon. Un gramme en contient 400. La levée s'effectue après 10 à 15 jours.

Variétés

- Poireaux hâtifs

Gros du Midi, Monstreux d'Elbœuf, Long hâtif de Paris.

Il faut toujours préférer les poireaux hâtifs.

Climat - Sol - Fumure

Cette culture n'est valable qu'à partir de 1 000 m. En régions basses et humides, on n'obtiendra que des poireaux chétifs, un peu plus gros qu'un crayon. Ceci est dû à la température trop élevée provoquant une croissance trop lente. Le poireau réclame une terre meuble et bien fumée. On appliquera 500 kg de compost bien décomposé, 3 kg de super, 4 kg de sulfate d'ammoniaque et 3 kg également de sulfate de potasse. C'est une plante exigeante (assolement de quatre ans).

Culture

En pépinière, semis en lignes distantes de 20 cm. Ne pas oublier l'ombrage permanent. Dès que les plants auront atteint la grosseur d'un crayon, ils peuvent être mis en place définitive en sillons distants de 30 cm et à 10/12 cm dans la ligne. Les plants seront habillés, la racine étant coupée à 1 cm de la base et une partie du feuillage, raccourcie.

Arrosages copieux jusqu'à la reprise. Les sillons seront comblés pour favoriser la production de poireaux longs et blancs.

La culture restera ombragée.

Maladies

La plus grave provient de l'Alternaria, se manifestant par des taches pourpres sur les feuilles. Remède: difolatan.

On a également observé les attaques de Phytophtora, provoquant des taches parcheminées sur les feuilles.

Récolte

Normalement après quatre à cinq mois. On peut espérer en haute altitude: 3 à 500 kg à l'are.

Usages

- cuit en soupe
- salade
- sauté au beurre.

Pois

Pisum sativum. Légumineuses. Nom anglais: Pea

Description

Plante annuelle à tiges grèles. Les feuilles sont terminées par une ou plusieurs vrilles et composées de une à trois paires de folioles. Les gousses de 5 à 10 cm de longueur peuvent contenir jusqu'à une dizaine de graines globulaires, ou angulaires, lisses généralement.

Multiplication

Par semis exclusivement.

Climat - Sol - Fumure

En région équatoriale basse, la culture du pois est très aléatoire, en raison de la température trop élevée et de l'humidité. A partir de 1500 m, il n'y a plus de problème (Kenya - Ouganda - Burundi). Un terrain perméable, bien travaillé en profondeur convient s'il est amélioré par un apport de fumier, 5 kg de super, et 3 à 4 kg de sulfate de potasse à l'are.

Variétés

On divise les pois en deux groupes: les «mange-tout» sans parchemin et les pois à écosser.

1. Pois «mange-tout»

- nains: Nain de grâce, Nain hâtif breton
- à rames: Corne de bélier, Géant à larges cosses

2. Pois à écosser

- nains: Serpette nain vert, Merveille d'Amérique
- à rames: Prince Albert, Gradus, Sabre, Sénateur

Dans de nombreux pays africains, on fait actuellement appel à des variétés locales issues des pois européens.

Culture

Pois nains

Semis en lignes espacées de 30 à 50 cm et à 4-5 cm dans la ligne. Les graines sont placées à 2-3 cm de profondeur; le sol sera ensuite plombé pour assurer un meilleur contact. En culture industrielle, aucun support n'est prévu, ce qui provoque parfois la verse (culture pour les gousses vertes ou grains encore tendres).

Pois à rames

Semis en lignes de 5 à 8 pois par paquet, les paquets étant distants de 8 à 10 cm et les lignes de 40 à 50 cm. Binage après la levée puis loger buttage des pieds lorsque la plante atteint 10 cm. On procédera ensuite à la plantation des rames constituées de branchages de 1,20 de hauteur, piquées obliquement. En régions défavorisées, l'ombrage sera permanent.


Pisum sativum.

Récolte

Après 1,5 à 2 mois, on pourra récolter les gousses vertes avant le développement des grains. Pour les grains verts et tendres, la récolte aura lieu peu après. Pour les pois secs, elle ne commencera que lorsque les gousses de base jaunissent.

Le champ est mis en fauche à l'aide de faucilles. On pratique aussi l'arrachage des plants à la main. En grande culture, on emploie les faucheuses-batteuses. Les plants sont rassemblés en meules, puis battus lorsqu'ils sont desséchés.

Rendement: 1 à 2 t de produit sec/ha.

Maladies

- Mildiou par Erysiphe polygoni: les feuilles se couvrent d'une poudre blanche. Traitement chimique propre aux Oïdiums.

- Oïdium: idem.

Usages

- Gousses entières jeunes et vertes
- Grains frais et cuits (conserverie)
- Grains secs entiers ou cassés en potages.

Le pois sec contient:

- 15 % d'eau
- 22 % de protéines
- 55 % d'hydrates de carbone ce qui en fait un aliment riche.

Pomme de terre

Solanum tuberosum. Solanacées. Nom anglais: Potato.

Description

Plante vivace à tiges souterraines renflées. Feuilles composées. Toutes les variétés ne fleurissent pas.

Multiplication

Par semis mais réservée aux spécialistes. Pratiquement par tubercules. Apparition des premières tiges hors du sol après quinze à vingt jours.

Climat - Sol - Fumure

A. A moins de 6 à 700 m d'altitude

Dans la région chaude et basse équatoriale, la culture de la pomme de terre est aléatoire; la récolte ne rend généralement que le poids des tubercules de semence.

Par contre, s'il y a une saison sèche plus marquée, à température moyenne de + 20° C et moins de + 18° C pendant la nuit, il est possible d'obtenir une récolte de «pommes de terre nouvelles» après 80 jours environ. Cela reste pourtant une culture de luxe, car il faut importer les semences d'Europe. Au Gabon par exemple, on peut obtenir près de 20 t à l'ha avec les variétés Claudia, Désirée, Sahel.

B. Au-dessus de 1 000 à 2 000 m d'altitude et au-delà

On peut à cette altitude envisager la production à grande échelle, mais il faut obtenir sur place une première multiplication des plants importés. Le Kenya et le Nord de l'Inde sont de grands exportateurs.

La pomme de terre demande un terrain fertile ayant reçu l'année précédente une bonne fumure organique. Si le terrain est pauvre, on donnera une fumure de compost à raison de 400 kg à l'are. Avant plantation, on incorporera au sol: 3 kg de super, 3 kg de sulfate de potasse et, en couverture, 2 kg de nitrate de soude.


Pomme de terre.


Micro tubercules de pomme de terre.


Pommes de terre «in vitro» âgées de 15 jours.

Variétés

Chaque pays dispose de sa propre variété. On citera pourtant:

- Anita
- Ackersegen (résistante à la sécheresse)
- Désirée (présentant une tendance à une adaptation tropicale)

Culture

On choisit des tubercules de grosseur moyenne de la taille d'un œuf, sains, porteurs de germes trapus, courts et de teinte violette ou verdâtre. Il faut rejeter les tubercules ayant des jets filiformes. La plantation a lieu en lignes distantes de 60 cm et de 40 cm sur la ligne, à 8 cm de profondeur, germes vers le haut. Dix jours après la levée, on bine en ayant soin de ne pas couper les tiges souterraines.

Enfin, lorsque les plants auront atteint 15 à 20 cm de hauteur, on buttera avec la terre prélevée dans les interlignes, ceci afin de favoriser la croissance des stolons. Les tubercules se forment après deux mois. Arrosages en saison sèche pour maintenir un sol frais. Aucun ombrage n'est nécessaire.

Récolte

Après trois mois pour les «nouvelles» et quatre mois pour les normales. La maturité est indiquée par le dessèchement des feuilles et des fanes.

Les tubercules destinés à la culture suivante seront placés dans un local où la température ne dépassera pas + 4° C afin de les laisser en état de dormance. Ils seront ensuite mis en prégermination à + 12°C sous lumière diffuse, puis plantés lorsque le germe aura atteint 3 cm.

Ennemis et maladies

- Mildiou (Phytophthora infestans)

Se manifeste par l'apparition de taches brunes sur les tiges et sur les feuilles qui sèchent et meurent. Les tubercules eux-mêmes peuvent être atteints, déterminant une pourriture rapide.

Les moyens de lutte sont la pulvérisation préventive tous les 10 jours de bouillie cuprique. On peut également faire appel aux fongicides organiques tels que Difolatan, Mancozèbe (manganèse et zinc). Cette maladie n'est pas transmissible par le tubercule.

- Phizoctonia solani

Qui forme des taches noires et saillantes de 2 à 3 mm à la surface des tubercules.

Remède: examen attentif des tubercules pour la semence, destruction par le feu des plants atteints, sulfatage.

- Teigne Phthorimea opercullela.

Petites chenilles de 12 mm à tête brune attaquant les feuilles des deux côtés. Il y a plusieurs générations par an.

Remèdes: insecticides et destruction par le feu.

- Pucerons et Courtillières

Principalement sur jeunes tiges.

Insecticides.

- Virus

Type X, Y et enroulement provoquant la dégénérescence, sont apportés principalement par les pucerons.

Seul remède: des plants sélectionnés sanitairement.

A remarquer qu'en plaine tropicale, le mildiou est moins agissant.

La dégénérescence sera évitée en renouvelant les plants tous les 5 ans, ceci pour les grandes régions de production en altitude.

Usages

Connus.

Composition

- 75 % d'eau
- 2 % de protides
- 20 % d'amidon

La consommation de pommes de terre se répand dans les villes.

Remarque

La culture «in vitro» de jeunes plants ou de micro et mini-tubercules est parfaitement maîtrisée actuellement. Il est donc possible de se procurer dans les pays européens ces plantes ou tubercules.

Les micro-tubercules sont expédiés par avion et, une fois sur place, mis en serres d'acclimatation, en attendant la mise en culture. Le prix de départ est de 1 à 1,40 FF la pièce.

Les mini-tubercules peuvent être placés directement en champs ou stockés en frigo à quelques degrés au-dessus de 0° C en attendant la saison de plantation. Prix: 2 FF la pièce.

Cette solution est très intéressante, car elle permet d'acquérir des plantes indemnes de viroses et de parasites et de constituer des lots de pieds-mères dont la production sera utilisée plus tard.

Cette technique est utilisée couramment au Rwanda.

Radis

Raphanus sativus. Crucifères. Nom anglais: Radish.

Description

Plante annuelle à racine charnue, ronde, demi-longue ou longue; à chair rosée, rouge, blanche ou violette, parfois noirâtre. Les feuilles sont rugueuses et oblongues. Les «Daikons» ( Raphanus sativus var rapha nistroïdes) sont des radis japonais à énorme racine blanche ou rouge pouvant atteindre 15 kg. Consommés crus ou confits. Ils sont plus doux que le radis européen et pourraient être cultivés en pays tropicaux sans trop de difficultés. Au Japon, il en existe de nombreux hybrides F1.

Multiplication

Par semis directement en place. La graine, rouge, violet, lève en deux ou trois jours. Un gramme contient 120 graines.

Variétés

- Rose de Chine
- Rond à bout blanc
- Pernot, allongé
- Long, chandelle de glace
- Rond gros noir

La variété «chandelle de glace» convient très bien en saison sèche.

Culture

Après la levée, lorsque les plants ont trois feuilles, éclaircissage à 4 ou 6 cm dans les lignes distantes de 30 cm. Semis tous les mois pour récolter toute l'année.

Un ombrage permanent est nécessaire pendant toute la durée de la culture. Le radis peut utilement être cultivé en intercalaire.

Récolte

Un à deux mois après le semis. Ne pas laisser la récolte se prolonger au-delà de quinze jours, faute de quoi les produits seront creux.

Climat - Sol - Fumure

On n'a aucune difficulté à cultiver le radis dans toute l'Afique. Aucune fumure ne sera appliquée en raison du peu de temps pendant lequel les plantes occupent le terrain. Sol frais et humide.

Ennemis

Peu car la végétation est trop courte.

Tétragone

Tetragonia expensa. Chenopodiacées. Nom anglais: New-Zealand spinach.

Description

Plante annuelle originaire d'Océanie, à tiges ramifiées et étalées de 0,50 à 1 m de longueur. Les feuilles charnues sont presque triangulaires. Petites fleurs verdâtres sans pétales, donnent des fruits cornus (3 à 4 mm).

Multiplication

Par semis. Un gramme contient 10 à 12 graines. La levée, très lente, s'effectue quelquefois en plus d'un mois. Mettre les graines à tremper dans l'eau tiède pendant 24 à 48 heures pour faciliter la germination.

Variété

- Cornue de Nouvelle-Zélande.

Climat - Sol - Fumure

La tétragone réussit partout, particulièrement en début de saison sèche. Il pousse dans tous les terrains, mais une terre fertile et bien fumée est recommandée pour obtenir de beaux produits.

Culture

Semis directement en place à 1 m en tous sens. On recommande de mettre un peu de terreau aux emplacements des semis et d'arroser abondamment. Les soins se bornent à des binages et arrosages aux engrais liquides. On pratique un pincement de la tige centrale afin de favoriser le développement des tiges latérales. Culture sous ombrage permanent.

Récolte

Un mois après le semis, feuille par feuille, et au fur et à mesure des besoins. En bonne terre, le tétragone s'auto-reproduit.

Usages

Remplace avantageusement les épinards. Mérite d'être mieux connu.

Tomate

Lycopersicum esculentum. Solanacées. Nom anglais: Tomato.

Description

Plante annuelle à tiges sarmenteuses mi-grimpantes qui produit sept à quatorze feuilles composées avant de développer sa première inflorescence. Par après, on compte trois feuilles entre chaque inflorescence. Chaque bouquet comporte 4 à 12 fleurs jaunâtres. Les fruits sont globuleux, piriformes, ovoïdes, de couleur rouge, violette, jaune ou blanchâtre, à peau lisse ou côtelée.

Multiplication

Par semis ou bouture. La graine est petite, blanchâtre, poilue et lève après cinq à six jours. Un gramme en contient 300.

Variétés

- A fruits côtelés: de Marmande
- A fruits arrondis: Moneymaker
- A fruits allongés: Roma (type italien)

Il existe également des variétés industrielles à fruits fermes type
«Florida», créés par des sociétés.

Climat - Sol - Fumure

Peut être cultivée partout en Afrique tropicale avec certaines restrictions cependant.

La croissance de la tomate est meilleure lorsque les maxima journaliers sont supérieurs à + 10°C sans dépasser + 30°C. C'est ainsi que les rendements sont très satisfaisants en saison sèche. Lorsque la température dépasse + 35° C, la fructification est interrompue par défaut de fécondation. Des recherches génétiques sont entreprises actuellement pour dépasser cette limite.


Tomates «in vitro» - 5 semaines.


Plants de tomate cultivés dans de vieux pneus conservant bien l'humidité (Sahel).

La tomate est une plante épuisante qui ne sera introduite dans la rotation que tous les trois ans, sauf naturellement en culture sous abris permanents (tunnels fixes). En climat tropical humide en basse altitude et en saison des pluies, les résultats sont souvent décevants. En cause: l'ensoleillement insuffisant qui induit une croissance étiolée.

On appliquera 4 à 600 kg de fumier ou compost, 4 kg de sulfate de potasse, 3 kg de super et 3 kg de nitrate d'ammoniaque à l'are. La tomate est sensible à la potasse. Un complément d'azote sera donné 1,5 mois après la mise en place.

Culture

Semis à la volée, en pépinière ombragée. On ne conservera que 200 plants au m 2. On peut également semer en pots plastique ou tourbe comprimée. Cela évitera de repiquer à racines nues.

Mise en place définitive dès que les plants ont atteint 10 à 15 cm de hauteur, soit 30 à 40 jours après semis. Le tuteurage suivra immédiatement à l'aide de tiges de bambou. Les tuteurs auront une hauteur de 1 m minimum. On peut également planter des piquets sur lesquels on tendra trois rangées de fil de fer, ceci pour la culture multibranches. Enfin, le tuteurage sur grillage (fer à béton à mailles carrées, soudées de 20 x 20 cm). La densité à l'are sera comprise entre 30 et 50 plants et l'écartement entre les lignes de 1 m.

Il existe plusieurs techniques de taille. La plus simple est la suivante: on maintien 3 à 5 grappes florales et on enlève tous les ailerons (pousses) à l'aisselle des feuilles, ainsi que ceux apparaissant à l'extrémité des feuilles. Cette taille provoquera la formation rapide de tomates volumineuses. On peut également diminuer le nombre de fruits, par exemple le limiter à 2 à 3 par grappe florale.

Dans l'interligne, on placera un paillis de fumier ou d'herbe séchée. Tous les 15 jours, on procédera à une aspersion ou pulvérisation suivant les conditions climatiques du moment. Ces arrosages contiendront du cuivre et du zinèbe. Aucun ombrage n'est nécessaire en saison sèche. C'est une erreur de couper les feuilles des plants pour hâter ou favoriser la maturation, il faut, au contraire, laisser pousser la plante à son sommet à partir du 4e ou 5e bouquet.

Récolte

Il faut environ 3,5 à 4 mois entre le semis et la récolte. Il n'y a pas d'intérêt à récolter parfaitement mûr pour la consommation de table. La maturation peut être obtenue en une semaine sous abris. Un pied de tomate produit entre 2 et 5 kg suivant la saison.

Maladies et ennemis

- Mildiou (Phytophthora infestans)

Caractérisé par l'apparition de taches noires sur les feuilles et les tiges (voir pomme de terre).

Moyen de lutte: pulvérisation à la bouillie bordelaise diluée à 1% à espace régulier. Egalement à l'oxychlorure à 1%.

- Maladie fauve (Cladosporium fulvum)

Les feuilles jaunissent et se couvrent en-dessous d'un revêtement velouté gris-verdâtre (spores). Les fruits semblent mûrir hâtivement malgré la chute des feuilles. C'est une maladie moins connue en régions basses équatoriales.

Lutte: faire appel aux variétés résistantes.

- Noctuelles (Spodoptera)

Elles perforent le fruit et provoquent des déformations puis sa pourriture.

Traitement précoce par insecticides.

- Nématodes

Boursouflure des racines. Il existe des variétés hybrides résistantes.

Usages

Crue en salade, cuite, farcie et conserves.

Topinambour

Helianthus taberosus. Composées. Nom anglais: Jerusalem Artichoke.

Description

Plante vivace d'Amérique du Nord. Tiges élancées, terminées par des fleurs jaunes semblables à celles du tournesol. Les rhizomes sont blancs, bruns, roses, violacés, à yeux enfoncés ou saillants et, par suite, plus facile à peler, les uns arrondis (topinambour patate), les autres oblongs.

Multiplication

Par graines et tubercules.

Variétés

- Rouge ou commun
- Topinambour patate (le plus indiqué)

Climat- Sol - Fumure

Curieusement, c'est un des légumes européens à culture facile sous les tropiques. Les produits sont parfois plus beaux en régions basses qu'en régions d'altitude. Donne également de bons résultats en régions à saison sèche marquée. Le topinambour est une plante épuisante qui nécessite un sol riche et bien fumé.

Culture

Plantation des tubercules en lignes espacées de 70 cm et à 35 cm dans la ligne. Léger buttage des tiges un mois après leur apparition. Binages. On recommande d'enlever les fleurs dès leur apparition.

Récolte

La récolte a lieu trois mois après la plantation, au fur et à mesure des besoins. Les tubercules restant après récolte, repeuplent le sol très rapidement. Il est bon d'utiliser de nouveaux tubercules, après deux ans, afin d'éviter la dégénérescence.

Maladie

On observe parfois la présence de sclérotes (Sclerotium rolfsii) occasionnant la pourriture du collet. L'abandon de la culture pendant plusieurs années s'impose.

Usages

Ce légume est intermédiaire entre l'igname et la pomme de terre. Il renferme 80 % d'eau et 15 % d'hydrates de carbone (un peu moins riche que la pomme de terre). Plante peu connue.

Vigne

Vitis vinifera. Vitacées. Nom anglais: Grape-Vine

La vigne est cultivée au sud de l'Europe, en Asie mineure, en Afrique du Nord et du Sud, en Australie et aux Etats-Unis. En Afrique tropicale, on ne la rencontre pratiquement qu'au Kenya et à Madagascar.

La vigne, en effet, a besoin d'un repos hivernal après la récolte qui ne s'observe, et encore, qu'en haute altitude sous les tropiques. C'est ainsi qu'après la récolte, on peut dénuder une partie des racines et les laisser à l'air libre pendant quelques semaines, ceci se pratique en même temps que la taille.

En bref, la culture n'est possible qu'en haute altitude en région à saison sèche prolongée.

Nomenclature des plantes d'origine européenne

Noms français

Noms latins

Noms anglais

Intérêt

Situation

Ail

Allium sativum

Garlic

-

1000 m

Artichaut

Cynara scolymus

Artichoke

+

1500 m

Asperge

Asparagus officinalis

Asparagus

+

1000 m

Aubergine

Solanum melongena

Egg-plant

+

partout

Carotte

Daucus carota

Carrot

-

partout

Céleri

Apium graveolens

Celery

-

partout

Choux

Brassica oleracea

Cabbage

-

variable/espèce

Concombre

Cucumis sativus

Cucumber

+

partout

Courges-Courgettes

Cucurbita sp.

Gourd

++

partout

Cresson de la fontaine

Nasturtium officinale

Water Cress

-

partout

Fraisier

Fragaria sp.

Strawberry

+

1000 m

Haricot

Phaseolus vulgaris

Bean

+++

partout

Laitue

Lactuca sativa

Lettuce

+

partout

Maïs

Zea Mays

Sugar Corn

+++

partout

Melon

Cucumis Melo

Melon

-

1000 m

Oignon

Allium cepa

Onion

+

1000 m

Pastèque

Citrullus lanatus

Water Melon

++

partout

Poireau

Allium porrum

Leek

-

1000 m

Pois

Pisum sativum

Pea

+

1500 m

Pomme de terre

Solanum tuberosum

Potato

+

700-1000 m

Radis

Raphanus sativus

Radish

+

partout

Tetragone

Tetragonia expensa

New Z. Spinach

+

partout

Tomate

Lycopersicum esculentum

Tomato

++

partout

Topinambour

Helianthus tuberosus

Jerusalem Artichoke

+

partout

Vigne

Vitis vinifera

Grape-Vine

0


Remarques

+++ base de l'alimentation dans certains pays et produits d'exportation.
++ plantes de grand intérêt et souvent d'exportation.
+ plantes intéressantes et d'éventuelle exportation.
- plantes pour consommation locale mais intéressante; pas pour l'exportation.

Partout avec les réserves climatiques, voir plantes détaillées.

Légumes qui pourraient être cultivés

Noms français

Noms latins

Noms anglais

Arroche

Atriplex hortensis

Salt bush

Betterave potagère

Beta vulgaris

Beet-Root

Cardon

Cynara cardunculus

Cardoon

Cerfeuil

Anthriscus cerefolium

Chervil

Endive-Scarole

Cichorium endivia

Endive

Claytone perfoliée

Claytonia perfoliata

Claytonia

Cresson de jardin

Barbarea praecox

Land-Cress

Epinard

Spinacia oleracea

Spinach

Navet

Brassica Napus

Turnip

Lentille

Ervum lens

Lentil

Oseille

Rumex acetosa

Sorrel

Pourpier

Portulaca oleracea

Purslane

Pois chiche

Cicer arietinum

Chil pea

Mâche

Valerianella olitoria

Cornsalad

Fève des marais

Vicia faba

Broad Bean

Ils n'ont pas été repris dans le présent ouvrage pour les raisons suivantes:

1. Culture difficile ou aléatoire en plaine et altitude moyenne.
2. Légumes tombés en désuétude, passés de mode.
3. Très peu appréciés.
4. Difficultés de se procurer les semences.

b. Provenant de zone tropicale

Amarante

Il règne une certaine confusion quant aux différents types d'Amarante. Certains sont ornementaux: A. tricolor, A. caudatus, l'un cultivé pour son feuillage rouge et jaune et l'autre pour ses longues inflorescences roses, mais tous sont comestibles.

Parmi les variétés maraîchères, on peut distinguer:

Tampala

Amaranthus oleraceus. Amarantacées. Nom anglais: Tampala spinach.

Description

Plante annuelle érigée à feuilles vert clair, vert foncé, rouges ou bronzées. Fleurs vertes.

Multiplication

Par semis en pépinière légèrement ombragée. La graine est très petite, brune ou jaune.

Variétés

- Tampala ordinaire
- Tampala Fordhook
- Tampala rouge

Climat- Sol - Fumure

Plante parfaitement adaptée à l'Afrique tropicale, à toutes les altitudes. Le Tampala se contente d'un sol loger, fumé pour une culture précédente. Un arrosage à l'engrais azoté, au début de la végétation, hâtera la formation du feuillage.

Culture

Les plants ayant atteint 5 cm de hauteur seront sortis de pépinière et mis en place à 20 cm dans la ligne et en lignes distantes de 50 cm. Binages et sarclages légers. Aucun ombrage n'est nécessaire.

Récolte

Quatre à six semaines après repiquage, on peut récolter. Il est préférable de récolter les jeunes plants atteignant 25 cm. Plus développés, on ne récoltera que les feuilles. Semis tous les trois mois.

Usages

- Tiges consommées comme des asperges.
- Feuilles consommées comme des épinards.

Aux Indes, les Amarantes sont également cultivées pour leurs graines très riches en protéines (16 %) et consommées en farine.

Amarante

Amaranthus paniculatus. Amarantacées. Nom anglais: Amaranth.

Description

Plante annuelle à fleurs blanches, jaunes ou rouges, pouvant atteindre 1 m de hauteur; il existe une variété géante ayant plus de 2 m.


Amaranthus.

Climat - Sol - Fumure

Partout en Afrique. Sol ordinaire. Plante très volontaire.

Culture

Elevés en pépinière, repiquage à 60 x 60 cm pour la production de feuilles et à 75 x 75 pour la production de graines. Pinçage pour favoriser la ramification.

Usages

Comme pour le Tampala.

Arachide

Arachis hypogaea. Légumineuses. Nom anglais: Pea-nut ou Groundnut.

Description

L'arachide est originaire du Brésil. C'est une plante herbacée, annuelle, à tiges érigées ou rampantes. Les feuilles sont alternes et composées de deux paires de folioles ovales.

Les fleurs sont, pour la plupart, aériennes, réunies en épis de deux à six. Elles sont autogames généralement et pollinisées avant éclosion. Après fécondation et la chute de la corolle, le réceptacle floral des fleurs aériennes s'allonge en une sorte de pédoncule (10 à 20 cm de longueur). Il se dirige vers le sol (géocarpie), y pénètre; la maturation s'opère sous forme de gousses. Celles-ci contiennent 2 à 4 graines colorées en jaune, rose ou rouge. Cette graine contient environ 50 % d'huile à maturité.

Variétés

On classe les arachides en trois types:

- Valencia

Le port est peu ramifié et érigé (anciennement Arachis asiatica), la gousse contient 4 à 7 graines. Type de cycle: 90 à 110 jours.


Récolte d'arachides. Mise en moyettes.


A gauche: nodulation naturelle, irrégulière, nodules nombreux et très gros. A droite: terrain inoculé, nodulation abondante, régulière, principalement sur le pivot.

- Spanish

Port érigé et peu ramifié. La gousse ne contient en général que deux graines.

- Virginia

Rampante, parfois érigée, très ramifiée. La gousse ne contient que deux graines. C'est une variété tardive: 100 à 150 jours (anciennement Arachis africana).

Parmi ces variétés, certaines sont destinées à l'huilerie, d'autres de bouche.

Climat - Sol - Fumure

En principe, partout en Afrique, pour autant que la plante dispose de minimum 500 mm de pluies pendant la végétation quoiqu'au Sénégal, elle ne reçoit que 250 à 300 mm. Température optimale pour la croissance: + 28° C. Les sols imperméables et trop lourds ne conviennent pas à l'arachide. Cette plante peut se contenter de la fumure précédente bien qu'un apport de fumure organique lui soit très favorable. Il n'est pas nécessaire d'ameublir le sol en profondeur car la récolte n'en sera que plus ardue, les gousses descendant trop profondément.


Arachides.

Culture

Avant semis, les graines, bien triées, seront traitées au Captafol (fongicide) et éventuellement d'un insecticide. Le semis se pratique de préférence à la main car la graine est très fragile, à raison d'une graine par poquet. Dans certaines pays, on sème les gousses entières. Ce semis a lieu dès les toutes premières pluies afin que la récolte corresponde au début de la saison sèche. Les variétés rampantes seront espacées de 60 x 60 cm nécessitant 25 kg de graines par ha. Les variétés érigées seront semées à 30 x 30, soit 100 kg par ha.

En cours de végétation, on prévoiera deux binages, le dernier avant la croissance des pédoncules. La levée a lieu une semaine après semis; la durée de la végétation est de 100 à 150 jours suivant les variétés.

Récolte

La pleine maturité est marquée par le dessèchement du feuillage. Arrachage à la main ou à la machine et séchage au champ. Parfois, on procède directement à la séparation des gousses. Un triage est indispensable pour obtenir une belle qualité de produit. Les rendements sont de l'ordre de 1,5 à 2 t/ha donnant 75 % de graines.

Maladies - Insectes

La rosette est caractérisée par le flétrissement de la plante et est transmise par un puceron (Aphis craccivora). Le semis dense 30 x 30 est le seul moyen de lutte, ainsi que l'incinération des fanes. On signale également les Thrips, lutte par les insecticides appropriés. La Cercosporiose (Cercospora personata) est caractérisée par l'apparition de taches noires sur les deux côtés des feuilles. Faire appel à des variétés résistantes.

Usages

Crue ou grillée, également en pâtisserie et surtout pour l'huile.

Arbre à pain

Artocarpus incisa. Moracées. Nom anglais: Bread Tree.

Description

Bien qu'il s'agisse d'un arbre fruitier, son fruit peut être considéré comme un légume.

Cet arbre peut atteindre 20 m de hauteur. Lorsque son écorce est blessée, elle laisse couler un abondant latex. Les feuilles sont grandes, fortement incisées, d'un beau vert brillant. Le fruit est rond ou ovoïde, 15 à 20 cm de longueur et 10 cm de large, pesant 1 à 2 kg. Certaines variétés n'ont pas de graines.

Cet arbre a été introduit aux Indes lors de la révolte du «Bounty» qui transportait en 1787 plus de 1000 plants provenant de Tahiti.

Climat

Très bien adapté aux régions basses et humides, et ce jusqu'à 5 à 600 m.

Multiplication

Par semis si l'on obtient des graines, mais principalement par marcottage de racines et drageons naturels des racines.

Culture

Les jeunes arbres seront plantés à une distance de 10 m en tous sens.

Récolte

Quatre à six ans après mise en place définitive. Un arbre adulte peut produire 4 à 500 kg de fruits. Récolte avant ramollissement du fruit.


Artocarpus incisa. L'Arbre à pain.

Usages

Le fruit sera pelé et la partie centrale éliminée. Le reste est coupé en tranches puis cuit ou frit; séché, on peut préparer une farine.

Remarque

Il existe une autre variété d' «Arbre à pain» (A. integrifolia), le «Jacquier», originaire de Malaisie. Les fruits sont énormes et peuvent peser jusqu'à 30 kg, riches en amidon. Les fruits apparaissent directement sur le tronc et les branches les plus anciennes. Les graines du Jacquier sont consommées grillées, à la façon des chataignes, la pulpe étant inconsommable.


Artocarpus incisa. L'Arbre à pain. Détail.


Artocarpus Integrifolia. Le Jacquier - Fruits.

Balisier

Canna edulis. Scitaminées. Nom anglais: Purple Arrowroot.

Description

Plante vivace de 1 à 1,50 m de hauteur, à port semblable à celui du Canna ornemental (C. indica), originaire des Antilles. Les fleurs sont rouges et les feuilles bronzées. Les tubercules pourpres, riches en fécule sont au nombre de 8 à 10 par plant. Le rhizome tubéreux produit une fécule connue sous le nom de «tolomane» ou «arrowroot».

Multiplication

Par rhizomes, rarement par graines.

Climat - Sol

Réussit partout, mais plus particulièrement en régions d'altitude. Le Canna aime un sol frais et riche.

Culture

Plantation des rhizomes à 1 m en tous sens. Binages légers.

Récolte

Huit à dix mois après plantation. Le rendement est de 15 à 20 t/ha.

Usages

Comme légume cuit. Le tubercule sera récolté en voie de formation, c'est-à-dire exempt de tige et de racines. Chair tendre et délicate. A maturité, on en produit une fécule très appréciée.

Baselle

Basella alba et rubra. Chenopodiacées. Nom anglais: Country Spinach.

Description

Il existe deux variétés, la baselle blanche qui est originaire d'Afrique de l'Ouest et la baselle rouge provenant d'Asie.

Plante herbacée à tiges plus ou moins volubiles s'enroulant facilement, à feuilles charnues rondes ou cordées.

Variétés

- Blanche, c'est celle que l'on préfère.
- Rouge, goût plus prononcé.

Multiplication

Par boutures ou graines (40 par gramme).

Climat - Sol - Fumure

Convient partout. Le sol sera riche et bien fumé (100 g de 15-8-8 au m 2 + 400 kg de compost à l'are).

Culture

En semant très dense, on peut obtenir après quelques semaines de jeunes plants à consommer tels quels. Pas d'ombrage, mais irrigation éventuellement.

On peut également, en vue d'une culture de plus longue durée, planter ou semer en lignes distantes de 1 m et à 0,50 m dans la ligne. On y plantera des perches analogues à celles utilisées pour la culture des haricots.

Récolte

Ce dernier mode cultural permet de récolter pendant quatre mois, mais les feuilles ont tendance à devenir de plus en plus petites au fur et à mesure du vieillissement de la plante.

Usages

Cuit comme des épinards. Contient plus de 90 % d'eau.

Maladies

Principalement la rouille, mais elle n'attaque que la baselle verte. Remède: manèbe ou oxicarboxine.

Benincasa cerifera

Benincasa cerifera. Cucurbitacées. Nom anglais: Ash Pumkin ou White Gourd.

Description

Cette plante, originaire d'Extrême-Orient, est annuelle. Les feuilles ressemblent à celles du concombre. Le fruit est ovoïde (40 x 12 cm) à peau cireuse pesant jusqu'à 1 kg. Les tiges peuvent atteindre 2 à 3 m.

Multiplication

Par graines très semblables à celles des courges.

Climat - Sol

Sous tous les climats tropicaux jusqu'à 1500 m d'altitude. Sol: voir courge.

Culture

Semis directement en place en paquets distants de 30 cm en tous sens, à raison de deux à trois graines. Il faut tuteurer. Aux Indes, cette plante s'établit couramment sur les toitures des maisons.

Récolte

Entre deux et trois mois à divers stades.

Ennemis - Maladies

On n'en connaît pas.

Usages

Les fruits ont l'avantage de se conserver assez longtemps.

- Vert: comme des concombres.
- Mûr: farci, etc.

Chair extrêmement légère et un peu farineuse d'un goût intermédiaire entre la courge et le concombre.

Colocase et tanier

Colocasia antiquorum et Xanthosoma sagittifolium. Aroïdées. Nom anglais: Coco-Yam et Taro.

Description

1. A feuilles peltées

L'insertion du pétiole a lieu au centre de la feuille ou à proximité (C. antiquorum). La racine renflée forme le tubercule; des bourgeons latéraux donnent naissance à de nouvelles plantes. Origine: Amérique du Sud.

2. A feuilles sagittées

Le pétiole est inséré à la base de la feuille. La racine s'enfle moins mais les bourgeons latéraux donnent de petits tubercules. (X indica et sagittifolium).

Les feuilles sont très grandes (1 x 1,50 m). C'est une plante vivace. Les tubercules contiennent un tiers de fécule blanche associée, dans les variétés non cultivées, à des principes toxiques (oxalate de calcium).

Multiplication

Par tubercules coupés à 3 cm au-dessus du collet, conservant des fragments de tiges ou de petits tubercules.

Climat - Sol - Fumure

Plante tropicale végétant bien partout, particulièrement en plaine, demandant un sol bien fumé Pour Colocasia, le sol pourrait même être marécageux mais pour Xanthosome par contre, le sol sera bien drainé, afin d'éviter la pourriture des racines.

Culture

Plantation des tubercules à 1 m en tous sens. Pas d'ombrage.


Xanthosoma sagittifolium.


Colocasia antiquorum.

Récolte

Certaines variétés peuvent être récoltées trois mois après la plantation, mais il faut en général neuf à douze mois.

Maladies

Le mildiou (Phytophthora colocasiae) provoque de grandes taches nécrotiques sur les feuilles. Remède: pulvérisation au mancozèbe.

Le Xanthosoma ne semble pas souffrir de cette maladie. Par contre, il peut être attaqué par des bactéries (Tannia) provoquant la pourriture des racines; ceci est favorisé par un excès d'humidité. Moyen de lutte: application de Furalaxyl et drainage.

Usages

Les Xanthosoma se conservent trois à quatre mois tandis que les Colocases se dessèchent vite. Composition: 60 % d'eau, 3 % de protéines et 30 % de glucides.

Cristophine ou chayote

Sechium edule. Cucurbitacée. Nom anglais: Cho-Cho, Christophine.

Description

Plante vivace grimpante, originaire d'Amérique centrale. Elle peut atteindre plus de 6 m de hauteur. Les feuilles ressemblent à celles du concombre. Les fleurs, très petites, apparaissent à l'aisselle des feuilles. Le fruit, en forme de poire (10 x 15 cm), est vert ou blanchâtre et ne contient qu'une graine. La peau est lisse ou épineuse. Les racines tubéreuses sont également comestibles.

Multiplication

Par graines ou boutures.

Climat - Sol - Fumure

Convient le mieux à partir de 1000 m, bien que nous ayons observé de beaux résultats à l'Equateur. Cette plante aime un sol abondamment fumé au compost. Comme il s'agit d'une culture pérenne, cet apport sera renouvelé périodiquement.

Culture

Plantation en poquets espacés d'un mètre. Plusieurs méthodes de tuteurage: a. Rangées de tuteurs (type haricots) de 2 à 3 m de haut, espacés d'un mètre, puis reliés entre eux par des barres horizontales tous les 25 cm. b. Entre deux piquets solides, on étendra un grillage à larges mailles. Un léger ombrage est nécessaire en plaine. La variété blanche semble la mieux adaptée aux basses altitudes. Plante sensible à l'humidité.

Récolte

La germination peut avoir lieu, alors que le fruit n'est pas encore récolté. La formation du fruit est très rapide: 1 à 2 mois.

Maladies

On en connaît peu.

Usages

Cette plante produit toute l'année.

- Fruits: crus en salade, cuits, farcis, compotes au gratin.
- Jeunes pousses: comme des épinards.
- Racines: frites ou cuites, choucroute.

Cette plante est cultivée également à Nice, en France.

Dolique bulbeux

Pachyrhizus tuberosus. Légumineuses. Nom anglais: Yam-Bean, Potato-Bean.

Description

Le dolique bulbeux est originaire d'Amérique tropicale. Il présente des tiges sarmenteuses, volubiles, parfois ligneuses. C'est une plante vivace. il existe une variété à fleurs bleues, une autre à fleurs blanches.

Multiplication

Par graines, elles sont rondes et de teinte brune.

Climat

A toutes altitudes en pays tropicaux.

Culture

Semis en lignes distantes d'1 m et à 50 cm dans la ligne. Il est recommandé de placer des supports (bambous) de 2,50 m de hauteur comme pour les haricots à rames. C'est une plante sensible au photopériodisme (jours longs).

Récolte

Les gousses peuvent être récoltées à l'état jeune, à partir de quatre mois de végétation (12 à 20 cm de longueur); quant aux racines comestibles, la récolte n'a lieu qu'après plus d'un an.

Usages

Les gousses, vertes avant maturité, sont consommées comme les haricots.

Les tubercules sont consommés crus ou cuits, comme les navets. On récoltera à l'état jeune car les tubercules adultes sont assez fibreux. Ils contiennent 10 à 12 % de protéine.

C'est une plante qui gagnerait à être mieux connue.

Dolique lablab

Lablab purpureus ou niger. Légumineuses. Nom anglais: Bonavist Bean.

Description

Plante annuelle très vigoureuse, rampante ou grimpante se ramifiant rapidement. Il existe également une variété naine: 50 cm à 1 m (Lablab biflorus). Les fleurs sont blanches ou violettes, pourpres. Les feuilles ont trois folioles un peu cordiforme, à extrémité en pointe dégageant une odeur peu agréable.

Les gousses relativement courtes, aplaties, vertes ou violettes (10 cm x 2) contiennent trois à cinq graines blanches, lie de vin, jaunes, parfois noires mais à hîle toujours blanc.

Multiplication

Par graines, Il faut plus ou moins 50 kg à l'ha suivant l'écartement choisi.

Climat - Sol - Fumure

Vient partout sans problème. Pour ce qui concerne le sol, il sera de préférence sablonneux, car cette plante résiste bien à la sécheresse (variétés grimpantes).

Culture

La profondeur du semis sera de l'ordre de 2 à 4 cm et l'écartement de 75 x 75 cm ou 80 x 20; la variété naine se contente de 60 x 60 ou 60 x 10. Les grimpantes seront tuteurées comme des haricots, car elles peuvent atteindre facilement 4 m de hauteur.

Récolte

La récolte a lieu après deux à trois mois pour les jeunes gousses et cinq à six mois pour les gousses à maturité. On peut consommer les feuilles bouillies. Rendement: 500 à 1 500 kg/ha en sec.

Maladies - Ennemis

La graisse bactérienne par Xanthomonas phaseoli caractérisée par des taches nécrotiques et défoliation importante. Moyen de lutte: 2 g de cuivre par litre + zinèbe. Cette maladie s'observe principalement en saison des pluies.

Usages

- Gousses vertes avant maturité après enlèvement des deux filets.
- Graines en potage.
- Graines germées (vitamine C).

La graine contient 12 % d'eau, 22 % de protéines et 55 % d'hydrate de carbone, donc de bonne valeur énergétique.

Gombo

Hibiscus esculentus. Malvacées. Nom anglais: Lady's fingers, Okra.

Description

Plante peu connue en Europe (fruits) mais largement cultivée dans tous les pays tropicaux, très voisine de la Roselle (Oseille de Guinée, Hibiscus sabdariffa). Le port de la plante rappelle celui de la rose trémière ornementale en Europe.

Cet Hibiscus est annuel et atteint 1 à 2 m de hauteur. Les feuilles sont palminerves (5 lobes) et les tiges solides, fibreuses, à mucilage, comme beaucoup de malvacées. Les fleurs jaunes ressemblent à celles de l'Hibiscus ornemental, actinomorphes. Le fruit allongé ou dressé (parfois ovoïde) est de coloration verte, parfois rouge.

Variétés

- d'Amérique et de Ceylan
- White Velvet
- Long Podded
- Little Gem

Multiplication

Par semis.

Climat - Sol - Fumure

Pour régions basses et moyennes, tant à l'Equateur qu'en zones tropicales. Ne convient pas bien en altitude au-dessus de 1000 à 1500 m. Le Gombo croît facilement même à des températures dépassant largement + 30° C. Cette plante demande un terrain léger bien composté. Une application de 100-100-200, avant labour, est indiquée.

Culture

Semis en pépinière, puis repiquage, il est cependant plus simple de semer directement en place en poquets de cinq graines qui seront éclaircies à la levée. On cultive généralement 30 000 pieds à l'ha en lignes espacées de 1 m. Il est préférable de semer en début de saison des pluies. Etêter à 1,50 m de hauteur.

Récolte

Entre le deuxième et le troisième mois après le semis. Les fruits seront récoltés alors qu'ils sont tendres et friables (3 à 5 cm de longueur). A l'approche de la maturité, ils deviennent fibreux et non comestibles Ils seront gardés pour la semence. Rendement: 10 t/ha.

Maladies - Ennemis

Dans les régions où l'on cultive le coton, il faut craindre l'Oïdium qui sera combattu au bénomyl.

Un virus: Okra Mosaïc, ce virus est transmis par insectes (remèdes: insecticides si l'attaque est sérieuse).


Hibiscus esculentus. Fruit à maturité.


Hibiscus esculentus. Gombo.

Usages

Récolté jeune, le fruit est onctueux, coupé en petites tranches dans les potages, il est très apprécié.

Cuit en salade, conservé au vinaigre.

Haricot de Lima

Phaseolus lunatus. Légumineuses. Nom anglais: Lima Bean.

Description

Originaire du Brésil, cette plante a été introduite en Afrique par les Portugais. La variété la plus connue et cultivée est celle à rames. C'est une plante sarmenteuse, annuelle (certaines variétés seraient plus ou moins vivaces). Les gousses sont recourbées en forme de demi-lune, longues de 10 cm sur 2 cm de large et terminées par un bec prononcé. Elles contiennent de 3 à 5 graines, plates, jaunes, violettes, rouges ou noires, 1 cm de diamètre ou de très gros grains de 2 à 2,5 cm.

Les variétés à graines blanches sont les seules comestibles, car celles colorées contiennent un glucoside cyanhydrique très difficile à éliminer. Il existe une variété naine qui n'est intéressante que si la saison sèche correspond à l'époque de la récolte.

Multiplication

Par graines.

Climat - Sol - Fumure

Réussit bien en régions de basse altitude, mais semble pourtant mieux convenir en région moyenne et ce jusqu'à 1 000 m. Le sol sera bien drainé et aéré, à pH neutre. Les fumures seront totalement dépourvues d'azote.

Culture

Semis sur petites buttes de 90 cm à 1,20 m d'écartement par quatre graines à la fois. II faudra 100 kg de graines par ha. Les rames seront établies comme pour le haricot.

Récolte

La première récolte de gousses vertes a lieu après six semaines et peut durer deux mois. La maturité des gousses exige 3 à 4 mois pour les variétés hâtives. Rendements: 50() kg à 1 t/ha en grains et plus de 2 t en vert.

Maladies

Généralement celles qui attaquent le haricot (rouille et anthracnose, oïdium). Les nématodes provoquent de très graves dégâts (Meloidogynes). Il existe actuellement plusieurs variétés indemnes de maladies, ceci suite à de très sévères sélections principalement menées aux Etats-Unis.

Usages

Gousses consommées fraîches comme des haricots ou en grains frais à écosser. C'est d'ailleurs le meilleur usage que l'on puisse en faire.

A l'état sec, la graine est riche en amidon. Sa composition est: 13 % d'eau, 20 % de protides, 56 % de glucides. C'est donc un aliment intéressant.

Haricot Adzuki

Phaseolus angularis = Vigna angularis. Légumineuses. Nom anglais: Dew-Bean.

Description

Plante d'origine asiatique, principalement cultivée au Zaïre, à port érigé de 30 à 75 cm de hauteur. Certaines variétés sont rampantes. Feuilles trifoliées à long pétiole. Les fleurs sont d'un jaune vif et au nombre de 2 à 10. Les gousses cylindriques ont de 6 à 12 cm de longueur, glabres. Les graines ont une forme carrée de teinte variable allant du blanc au noirâtre. Un gousse en contient 6 à 10.


Phaseolus lunatus.


Phaseolus angularis.

Multiplication

Par graines.

Climat - Sol

Convient partout sur sol sablonneux et riche en matière organique, mais craint l'humidité permanente.

Culture

Semis au début de la saison des pluies à raison de quatre graines par poquets à 35 cm en tous sens. Sarclages d'entretien.

Récolte

La durée végétative est de 2,5 mois pour les variétés hâtives et de 3 à 4 mois pour les tardives. Les rendements sont de l'ordre de 500 à 1000 kg de graines par ha.

Maladies

Plante assez résistante pouvant pourtant être attaquée par l'oïdium.

Usages

- Les gousses vertes comme des haricots.
- Les grains entiers ou en farine.

C'est un légume apprécié au Zaïre qui gagnerait à être connu ailleurs.

Composition: protéines 22 %, lipides 0,4 %, glucides 65 %.

Igname

Dioscorea sp. Dioscoréacées. Nom anglais: Yam.

Description
L'igname est une plante à tubercules qui fait l'objet, dans tous les pays chauds, d'importances cultures; ses produits sont considérés comme supérieurs à ceux de la patate douce sous tous les rapports: goût, conservation, production, et peuvent être employés en remplacement de la pomme de terre.

C'est une plante vivace à tiges volubiles ou rampantes, à feuilles cordiformes d'un beau vert brillant. De longs rhizomes charnus s'enfoncent dans le sol verticalement et représentent la partie comestible.

Il existe de très nombreuses variétés dont certaines ne donnent que des bulbilles aériennes mais pas de tubercules. Les ignames sont probablement originaires d'Amérique du Sud et cultivés sous les tropiques dans le monde entier. On en trouve même en France, au Japon et en Chine du Nord.

Dans l'énumération des espèces, nous nous contenterons d'en décrire une demi-douzaine.

Espèces-clés

D. alata

Originaire d'Asie méridionale, se caractérise par des feuilles nombreuses, opposées, cordiformes à sagittées, vertes et luisantes. Les tiges sont vertes ou violacées à quatre ailes ondulées. Hauteur: parfois supérieure à 10 m. Tubercules à surface liégeuse qui peuvent peser près de 20 kg. Un ha en produit 20 tonnes. Bonne conservation. Il existe de nombreuses variétés à rendements fort divers.

D. bulbifera

Caractérisé par de grandes feuilles à nervures très apparentes. Tubérisation surtout aérienne. Cette plante ne produit que quelques petits tubercules souvent toxiques, donc sans intérêt. Se rencontre à l'état spontané en Afrique et en Asie.

D. esculenta

Bien connu en Asie et en Afrique de l'Est. Se distingue par ses feuilles mates, alternes, glabres. Tiges cylindriques. Les tubercules sont ovoïdes, 15 à 20 cm de longueur à surface lisse et brune à jaunâtre. Chair blanche, douceâtre.

D. dumetorum

Cultivée au Cameroun pour ses gros tubercules arrondis. Très beaux rendements. Après récolte, le tubercule tend à se durcir et devient impropre à la consommation.

D. trifida

Originaire d'Amazonie et Antilles. Cette espèce n'est guère connue en Afrique, car son rendement est faible. Les tiges sont vertes ou marbrées, à 3 ou 4 ailes.

D. cayennensis

Originaire d'Afrique de l'Ouest où sa culture est fort répandue. Les feuilles sont luisantes, opposées ou alternes, cordiformes, acuminées, vert clair. La chair du tubercule est jaune, légèrement amère. Les tiges sont généralement épineuses. Certaines variétés procurent une deuxième récolte supérieure à la première.

D. rotundata

Même type de feuilles et tiges. Le tubercule est à chair blanche. D. batatas ou Igname de Chine

Les tubercules ont des formes très diverses suivant les clones. Variété cultivée en France, Japon et Chine du Nord.

Multiplication

Par fractions de rhizomes (bouture de racine), par bulbilles (plus rarement mais il faut attendre trois ans avant de récolter les tubercules).

Climat

L'igname exige le climat chaud et humide des régions tropicales. La D. alata donne le meilleur rendement, la D. rotundata est bien adaptée aux régions à saison sèche et très répandue en Afrique occidentale. Enfin, D. cayennensis est bien adaptée aux régions à longue saisons des pluies.

Culture

La tête du tubercule sera coupée en plusieurs morceaux possédant chacun deux yeux visibles, qui seront plantés à 1 m de distance en tous sens. Au début de la grande saison des pluies. La plantation se fait à 10 ou 15 cm de profondeur. Le labour du sol ne doit pas être profond.

Huit à quinze jours plus tard apparaissent les jeunes pousses qui se développent rapidement. On procédera alors au tuteurage, chaque plant recevant trois tuteurs de 2 à 3 m de hauteur, disposés en triangle. En cours de végétation, quelques sarclages seront nécessaires.

Récolte

La récolte a lieu dix à douze mois après plantation, lorsque les feuilles commencent à se faner. On ne laissera pas les tubercules mûrs sur place, ils deviennent amers et pourrissent rapidement. Certaines variétés contiennent de la dioscoréine qui sera éliminée par cuisson ou rouissage.

Maladies - Ennemis

- Mosaïque

Faire appel à des variétés résistantes.

- Anthracnose

Par Glomerella cingulata (flétrissure des feuilles).

Moyen de lutte: choix variétal.

- Phyleutypa dioscoreae

Provoque le «balai de sorcière». Les plants restent chétifs et apparition de pousses latérales.

- Vers

Heteroligus meles. Attaque les tubercules.

Remède: apport de chaux.

Culture semi et industrielle

Il importe de choisir un terrain riche en matière organique (après jachère). On formera des billons de 50 cm de hauteur sur 1,50 m de longueur et incorporera 3 à 5 kg de compost par mètre courant. C'est, en effet, la fumure organique qui donne les meilleurs rendements. Suivant les variétés, on peut récolter entre 10 et 40 t de tubercules à l'ha.

Conservation

Les tubercules d'igname se conservent mal dans le sol, contrairement au manioc, aussi faut-il les stocker en milieu sec et bien aéré, soit en meules soit suspendus. Tous les tubercules blessés seront vendus immédiatement (triages).

Usages

En purée («fou-fou»), frit, cuit, braisé.

Composition


Igname

Pomme de Terre

Eau

65-75

74

Protéines

1-2

2

Graisses

0,1-0,2

0,1

Glucides

20-25

20

La culture de l'igname est la plus développée au Nigeria qui dispose d'ailleurs d'une Station de recherches à Ibadan.

Manioc

Manihot utilissima. Euphorbiacées. Nom anglais: Manioc - Cassava.

Cette plante ne sera traitée qu'au titre de «culture vivrière familiale» et non de plantation industrielle pour laquelle on se rapportera à la très nombreuse littérature spécialisée. Au Zaïre, le manioc est cultivé en milieu villageois le plus souvent en mélange avec maïs, riz et bananes, cultures occupant le terrain pendant quatre ans. C'est une des bases de la nourriture de nombreux pays africains.

Description

Le manioc a été importé d'Amérique du Sud au XVII e siècle. C'est une plante pluriannuelle atteignant 2 à 3 m de hauteur. Les tiges sont fragiles, contiennent de la moelle, et ramifient. Les feuilles sont alternes, à nombreux lobes de formes variées, vert clair à vert foncé. Les pétioles et les nervures foliaires sont colorés en vert, blanc, rose, rouge, sur les deux faces ou à la face supérieure seulement.

Les fleurs sont unisexuées, les femelles possèdent un calice à cinq lobes divisés jusqu'à la base tandis que le calice des fleurs mâles est soudé et ne présente que cinq lobes courts. Le fruit est une capsule à trois loges. On distingue chez le manioc des variétés douces et amères ou plus exactement toxiques et non toxiques. Cette toxicité est due à un glucoside cyanogénétique (manihotoxine).

Ce glucoside est présent dans toutes les parties de la plante. Morphologiquement, on ne distingue donc pas le manioc amère du doux et il est inexact de dire que par les colorations on puisse distinguer une variété de l'autre. La seule différence réside dans le fait que la répartition dans la racine du glucoside est totale pour les variétés toxiques et seulement dans l'écorce pour les variétés non toxiques. C'est ainsi que le pelage et le rouisssage éliminent la quasi-totalité du glucoside.

Les racines, riches en fécule, disposées en faisceaux, mesurent généralement 30 à 50 cm de longueur sur 10 de diamètre. Elles pèsent parfois 25 kg.

Climat - Sol

Le manioc demande un climat humide et chaud mais croît également en régions à saison sèche marquée. Au-delà de 1 500 m, la durée de la culture est plus longue et les rendements plus faibles.

Le manioc s'accommode de toutes sortes de sols, mais sa production sera le reflet de la qualité de celui-ci. Meuble et perméable, sans humidité, telles sont les qualités qui lui sont demandées.

Variétés

Chaque pays possède ses propres variétés ancestrales ou développées par les différents instituts d'Agriculture. C'est sans conteste l'IITA à Ibadan qui maîtrise le mieux ces recherches et leur diffusion.

Culture

La plantation aura lieu au début de la saison des pluies. Les boutures sont prélevées dans un champ âgé d'un an au moins. Elles ont en général 20 à 30 cm de longueur, liées en botte et mises au repos pendant une dizaine de jours. Lors de la récolte des tiges, on évitera soigneusement les plants-mères atteints de mosaïque.

Pour la récolte des boutures, on taillera dans les tiges maîtresses et non dans les ramifications, ceci est en rapport direct avec les rendements.

Chaque bouture présentant 4 à 5 yeux sera plantée obliquement jusqu'au 3/4 de sa longueur, par 2 ou 3; cette plantation a lieu sur butte de préférence. L'écartement est de 1 x 1 m en culture pure et de 2 ou 3 m dans un ensemble cultural (maïs, riz, etc.).

Après un mois, les plants manquants seront occupés. La reprise est rapide: une semaine. En cours de végétation, on peut prélever des feuilles, constituant un légume de grande valeur. En effet, la feuille contient: 80 % d'eau et 7 % de protéines, donc exceptionnellement riche à comparer avec les épinards, par exemple (90 % et 1,8 %). Pour éliminer l'acide cyanhydrique, les feuilles seront bouillies à deux reprises.

Récolte

Elle débute généralement après 12 mois, parfois plus tôt pour certaines variétés. On ne récoltera en un jour que ce qui est nécessaire à l'alimentation ou la vente; la récolte s'étagera ainsi sur plusieurs mois.

Un rendement de 20 à 40 t/ha est normal en régions équatoriales, mais fléchit de moitié en zones tropicales de savane.

Traitement

L'ébullition ne rend pas les racines inoffensives, à moins d'être coupées très finement, c'est un procédé peu employé.

Les deux procédés les plus sûrs sont:

- Rouissage

Les racines écorcées ou non sont placées en rivière, peu profonde et à courant faible. En moins d'une semaine, on peut considérer qu'elles sont libérées de leur toxine.

- Rapage

Après avoir écorcé les racines, elles sont rapées finement, puis exposées sur une aire de séchage.


Manioc 1.


Manioc 2.


Manioc: découpage en cossettes, à la machette, du tubercule écorcé.


Manioc «Criolinha» - 18 mois - au Burundi.


Champs de Manioc âgé de 10 mois.


Manioc en cossettes, séchage sur claies.

Maladies

- La mosaïque

C'est sans conteste la maladie la plus courante en Afrique. Elle se manifeste par la panachure, l'asymétrie et la frisure des feuilles. La transmission se fait par:

- l'emploi de boutures provenant de plants déjà atteints

- un insecte: Bemisia et un coléoptère. Moyen de lutte: par les boutures indemnes de la maladie; arrachage des plants atteints. Appel à des variétés résistantes.

- Bactéries

Xanthomonas: caractérisée par une chute rapide des feuilles. Remèdes: variétés plus résistantes.

- Insectes

Phenococcus manihotis et Mononychellus. Ils commencent à faire des ravages et les moyens de lutte sont encore peu connus; flétrissement des pousses et des jeunes feuilles.

Usage

- Farine, amidon, tapioca, fécule.
- Feuilles en épinard.
-Chikwangue, Foufou

Maranta

Maranta arundinacea. Scitaminée. Nom anglais: West indian ou Bermuda arrow-root.

Description

Plante herbacée vivace à larges feuilles, originaire d'Amérique du Sud. Elle est cultivée dans de nombreux pays tropicaux pour ses racines blanches et féculentes, employées comme légumes après cuisson.

Multiplication

Par rhizomes ou séparation des turions.

Climat - Sol

Partout sous les tropiques jusqu'à 1 000 m. Cette plante demande un sol profond, bien travaillé et riche.

Culture

Plantation des rhizomes en sillons à 75 x 40 cm à une profondeur de 10 cm en début de saison des pluies. Un loger ombrage sera maintenu pendant toute la durée de la culture. On aura soin de supprimer les fleurs dès leur apparition.

Récolte

Dix à douze mois après plantation. Les feuilles se fanent lors de la maturité. Rendement: ]0 t/ha.

Usages

Cuit, en légume. Les tubercules produisent environ 12 % de fécule comestible, arrow-root.

Niébé

Vigna unguiculata. Légumineuses. Nom anglais: Cowpea.

Description

C'est une plante annuelle au même titre que le haricot commun (Phaseolus). Le port peut être érigé, rampant ou grimpant. Les feuilles trifoliées ont un long pédoncule, glabre. Les inflorescences sont axillaires et portent 2 à 4 feuilles de teinte blanc-jaunâtre ou violette. Les gousses de 10 à 15 cm de longueur contiennent 8 à 20 graines, arrondies à réniformes, lisses ou ridées, de teinte allant du blanc au noir, suivant les variétés.

Variétés

Très nombreuses. L'IITA à Ibadan est spécialiste en la matière.

Multiplication

Par graines.

Climat - Sol - Fumure

Le niébé est principalement cultivé en Afrique de l'Ouest, car plus tolérant que le haricot (Ph. vulgaris et lunatus) à la sécheresse. Il se contente d'un sol même assez pauvre et acide, mais les rendements seront fortement améliorés avec l'application de fumier ou de compost à raison de 5 à 10 t/ha.

Culture

En primo-culture, il sera fait appel à des graines inoculées (Rhizobium), afin de faciliter la fixation de l'azote par les nodosités.

Le semis se fait en lignes et sur buttes si possible à raison de trois graines espacées de 60 x 90 à 90 x 90 cm suivant les variétés. Le niébé est souvent cultivé en mélange avec maïs ou sorgho, dont les semis auront lieu en même temps. Il faut tabler sur 20 à 30 kg de graines/ha.

La culture est mise en place au début de la saison des pluies, afin de récolter à l'entrée de la saison sèche. Les soins culturaux consistent en sarclages et binages afin d'éliminer les plantes adventices.

Récolte

Les variétés précoces seront déjà récoltées après deux mois sous forme de gousses vertes et tendres et les premiers grains secs après trois mois. Il faut compte cinq mois pour les variétés tardives.

Pour la récolte en vert, on établira un passage tous les 3 à 4 jours. Les rendements sont très variables, entre 500 kg à 1,5 t/ha en grains secs et de plusieurs tonnes en gousses vertes.

Maladies - Ennemis

Très semblables à ceux du haricot.

Un champignon (Rhizoctonia solani) provoque la «fonte des se mis», associé à d'autres cryptogames provoquant la pourriture du collet.

On signale également l'Anthracnose due à Colletotrichum, s'attaquant aux gousses et détruisant les graines. En cause: surtout trop d'humidité.

Les insectes nuisibles sont assez nombreux: Aphis (pucerons) Thrips des fleurs, chenilles et bruches.

Moyens de lutte: traitement des semences, pulvérisation en cours de croissance et pyrèthre en magasin de stockage.


Haricots.


Vigna. Niébé.


Vigna unguiculata.


Nodosités sur Vigna.

Usages

Le niébé en gousses vertes contient 85 % d'eau, 3-4 % de protéines et 7,5 % de glucides. Et en produit sec: 25 % de protéines, 60 % de glucides, pratiquement autant que le haricot.

Il sera consommé:

- En gousses vertes comme les haricots.
- En graines vertes comme les petits pois.
- En graines sèches après trempage pour enlever facilement la peau.

Le niébé, comme on peut le constater dans les statistiques, est un très bon produit d'exportation pouvant concurrencer les haricots produits par d'autres pays africains.

Vigna unguiculata sp. sesquipedalis. Légumineuses. Nom anglais: Yard Bean.

Description

Variété quelque peu différente de la précédente, appelée également haricot ou pois kilomètre. C'est une plante herbacée annuelle grimpante pouvant atteindre près de 2 m. Les feuilles sont également à trois folioles, glabres, stipulées.

Les fleurs groupées par deux ou trois sont jaune à violet. Ce sont les gousses qui sont les plus remarquables, elles peuvent atteindre 50 cm de longueur sur 1 de large et contiennent jusqu'à 20 graines allongées et aplaties. Ce sont ces caractéristiques qui distinguent cette plante de la précédente.

Multiplication

Par graines.

Climat - Sol - Fumure

Mêmes considérations que pour V. unguiculata.

Culture

Les rames de soutien seront plantées en oblique pour faciliter la montée comme pour les haricots communs.

Récolte

Pour les variétés précoces, après 60 jours. Ce ne sont que les gousses vertes que l'on consomme parfois crues lorsqu'elles sont très jeunes. Rendement: 4 à 5 t/ha.

Patate douce

Ipomea batatas. Convolvulacées. Nom anglais: Sweet Potato.

Description

Plante vivace, mais traitée en annuelle en culture. Elle est herbacée à tiges rampantes de 0,50 à 3 m de longueur qui s'enracinent facilement au contact du sol.

Les feuilles sont de formes très variables: cordiformes, entières ou lobées. Les fleurs blanches ou violettes, campanulées, groupées en ombelles, sont rarement fertiles.

La partie alimentaire est constituée de tubercules allongés, ovoïdes ou piriformes, de couleur blanche, rose, rouge, jaune ou violette, suivant les variétés. La chair est farineuse, gorgée de fécule et de glucides, mais pauvre en protéines. Leur poids varie de 0,3 à 3 kg.

Multiplication

Par boutures de jeunes tiges (c'est l'inverse qui est conseillé pour le manioc) ou par tubercules entiers ou fragmentés.

Climat - Sol - Fumure

Tous les climats chauds lui conviennent jusqu'à une altitude de 1500 m. Au-delà, elle fait généralement place à la pomme de terre. La patate douce est même cultivée dans le Midi de la France, Espagne et Italie.

Elle n'est guère exigeante quant au sol et se contente d'un terrain meuble, frais, un peu humide.

On évitera l'apport trop important d'azote, mais l'apport de potasse sera trois fois plus important. Le fumier ou le compost augmente beaucoup les rendements.

Culture

Le terrain sera bien travaillé à 20-25 cm de profondeur. La plantation a lieu dès le début de la saison des pluies. On plantera les boutures de 25 à 30 cm de longueur avec 3 à 4 bourgeons. Cette mise en place se fait sur billons ou buttes écartées de 70 à 80 cm et à 30 cm sur la ligne. La densité varie de 30 à 50 000 boutures/ha. En zones à courte saison des pluies, l'irrigation sera nécessaire.

L'enracinement des boutures est très rapide; le sol est couvert en quelques semaines. Un ou deux sarclages seront effectués au début de végétation afin d'éviter les adventices. Pendant cette période, les billons seront réparés suite aux dégâts de pluies. et les lignes complétées.

On repliera les tiges afin d'éviter leur reprise et le développement de tubercules trop tardifs.

La durée de la végétation est assez variable suivant l'altitude, mais elle est de l'ordre de 6 à 12 mois, ce qui permet éventuellement une culture intercalaire avec bananiers, manioc.

Les boutures proviennent d'une pépinière établie deux mois plus tôt, c'est-à-dire encore en saison sèche, grâce aux tubercules restant d'une autre culture. Ceux-ci, de la grosseur d'un poing, seront plantés à écartement de 30 cm. Il faut une centaine de kg par are et 7 ares pour planter un ha en grande culture.

Récolte

La maturité est indiquée par le jaunissement des feuilles. On commencera par couper le feuillage fourrage ou compost. Les tubercules sont extraits à la main, à la fourche ou à la machine; elle sera aussi complète que possible afin d'éviter le développement des maladies sur les racines restées en terre.

Les tubercules blessés sont consommés immédiatement ou donnés au bétail. Le rendement est très variable, de 5 à 50 t/ha suivant les fumures appliquées.

Conservation

Les tubercules ne seront pas lavés, mais mis à sécher au soleil, puis conservés dans un local sec et sombre à + 13° C.

Ennemis - Maladies

- Bemisia tabaci

Virus qui provoque une réduction de la surface foliaire et une chlorose généralisée. Cette maladie semble être moins virulente en altitude. Ce virus apparaît également sur manioc, coton et haricot.

- Fusarium batatatis

Champignon qui attaque également le tabac. Les racines sont envahies et présentent une coloration brune. Le feuillage dépérit rapidement. Remèdes: examen minutieux des boutures avant plantation et culture sur un sol n'ayant jamais été utilisé par la patate douce.

- Cylas sp.

C'est un charançon attaquant toute la plante en y creusant des trous pour y déposer ses œufs. Les larves creusent des galeries et la pourriture s'installe. Remède: ne revenir sur la même sole que tous les 4 ans et appel le cas échéant à des variétés résistantes.

Pendant le stockage, la pourriture peut s'installer. Elle est due à la trop haute température de conservation.

Usages

La patate douce est consommée bouillie, frite ou braisée. On prépare également de la fécule. Les feuilles jeunes sont traitées comme des épinards.

L'Afrique en produit environ 5 millions de tonnes et le principal exportateur vers la CEE est l'Afrique du Sud. La culture pourrait être développée ailleurs.

Patate de Madagascar

Coleus rotundifolius et Coleus dazo. Labiées. Nom anglais: Contry-Potato.

Description

On distingue deux genres

1. C. rotundifolius

Plante herbacée à tiges charnues, quandrangulaires et rampantes. Les feuilles sont petites, ovales, aromatiques et succulentes. Les fleurs sont bleues et les tubercules ovoïdes, à chair aqueuse ont une peau noire, rougeâtre, grise ou même blanche, de la taille d'une pomme de terre. Ces tubercules sont insérés deux par deux.

2. C. dazo

Les tiges sont érigées et de section arrondie. Les tubercules sont allongés et groupés comme les doigts de la main.

Multiplication

Par boutures ou tubercules.

Climat

Vient partout.

Culture

Plantation des tubercules ou boutures à 50 cm en tous sens. Buttages et sarclages.

Récolte

Six mois après plantation, au fur et à mesure des besoins. La conservation en terre est bonne. C'est une plante qui gagnerait à être plus connue.

Piment et poivrons

Capsicum annuum et C. frutescens. Solanées. Nom anglais: Sweet pepper.

Description

C'est un petit buisson annuel de 1 à 1,50 m de hauteur. Les feuilles sont brillantes, lancéolées ou ovales. Les fleurs sont blanches et groupées.

Suivant les variétés, le fruit a des dimensions et teintes fort variables. En effet, il peut être allongé, conique, globuleux ou même plat, de teinte variant du jaune au rouge en passant par le vert. Il est creux, à chair mince ou épaisse, parfumée. Dimensions: 10 à 20 cm de longueur.

Il existe un C. annuum à petits fruits, très piquants, également à très grandes variétés de coloris et de formes (Paprika).

Variétés

- Largo - Espagne
- Bastidon - France
- Carré - Italie

Climat - Sol - Fumure

Les poivrons sont très connus et cultivés en pays tempérés. Peu adaptés aux régions tropicales et équatoriales basses, ils se cultivent à partir de 600 m dans les régions à saison sèche bien marquée. C'est une plante exigeante: sol riche en humus, peu humide.

Multiplication

Les semences provenant de fruits à maturité complète seront semées en pépinière composée de terre légère et fraîche. Levée après trois semaines.

Culture

Le repiquage en place définitive aura lieu après un à deux mois à écartement 60 x 60, soit plus de 50 0()0 plants à l'ha. Un loger ombrage s'avère nécessaire. Les variétés à longues tiges seront palissées. Pas de taille.


Poivrons et piment vert.


Pili -Pili.

Récolte

Elle commence à partir du 6e mois. Les produits destinés à l'exportation seront cueillis bien mûrs, de couleur uniforme.

Usages

- Cuits farcis.
- Crus en lamelles, avec salades.

Fruit riche en vitamine C.

Capsicum frutescens. Nom anglais: Red Peper - Spur Pepper. Français: pili-pili.

Description

Plante vivace à port semblable au C. annum, mais les feuilles sont plus petites. Les fruits sont allongés, petits, 2 à 3 cm sur 1 cm de large, extrêmement piquants. Cette plante est confinée aux pays tropicaux et souvent subspontanée, bien souvent rencontrée au bord des routes.

Variétés

- Tabasco

Climat - Sol

Cultivé jusqu'à 2 000 m d'altitude, mais ne supporte pas la gelée. Quant au sol, les exigences sont les mêmes.

Usages

Les fruits parfaitement secs sont broyés et pilés pour en faire un condiment entrant dans la composition du pickles, sauces diverses et poivre de Cayenne.

Maladies - Insectes

- Phytophthora capsici

Flétrissement foliaire très rapide qui se transmet principalement par l'irrigation. Remède: emploi de fongicides dans l'eau d'irrigation. Sélection.

- Colletotrichum capsici

Pourriture des fruits et anthracnose. Remède: emploi de graines désinfectées et destruction des plants attaqués.

Pois cajan

Cajanus indicus. Légumineuses. Nom anglais: Pigeon-Pea, Congo Bean.

Description

Arbrisseau vivace de 1,50 m à 3 m de hauteur, érigé, ramifié, grisâtre. Les feuilles sont trifoliées. Origine: Indes, où il est largement cultivé. Les fleurs sont jaunes parfois striées de pourpre, en grappes de 6 à 12 fleurs. Le cajan donne des gousses à cinq graines et le C. flavus à trois graines.

Climat - Sol - Fumure

Se rencontre un peu partout et particulièrement en régions à saison des pluies assez longue, mais ne convient pas en terrains à humidité stagnante. Le pois cajan s'adapte à une grande variété de sols. C'est une plante sensible à la photopériodicité, préférant les journées courtes. Elle profitera de la fumure existante car elle est souvent cultivée en association avec d'autres plantes maraîchères ou céréalières.

Le sol sera bien travaillé, car la racine de ce pois est pivotante. Il sera semé directement en place en poquets de 2 à 3 graines en lignes espacées de 1,50 à 2 m et à 0,50 à 1 m dans la ligne. On éclaircira après la levée: un plant par poquet. On plante parfois en lignes serrées pour former une haie.

Semis au début de la saison des pluies. La floraison a lieu après trois mois. La première année, on obtient une petite récolte. Au cours de la deuxième, celle-ci est beaucoup plus importante. Après chaque récolte, la plante sera rabattue à 1 m environ. Il est préférable de ne conserver les plantes que deux ans.

Récolte

Les premières gousses vertes se récoltent après six mois et les pois mûrs après six à neuf mois, suivant les variétés. En gousses fraîches, les rendements sont très variables, de 1 à 4 tonnes/ha et pour les fruits secs, 1 t/ha en moyenne.

Insectes et maladies

Aux Indes, on constate des attaques de Fusarium udum provoquant le flétrissement de la plante entière. Heliothis virescens (chenille que l'on constate au début de la floraison). Remède: plusieurs traitements insecticides pendant cette période critique.

Usages

- Les graines, encore vertes, à la façon des petits pois.
- Les gousses vertes, idem.
- Les fanes comme fourrage et engrais vert.
- Les grains secs en farine ou bouillie mais assez difficiles à cuire. Ils font l'objet d'une importante industrie de mise en boîte à Trinidad. Egalement les grains secs germés comme le soja.

Composition: Sec: 10 % d'eau, 22 % de protéines, 60 % de glucides, 3 % de matière sèche, beaucoup plus riche en protéines que le maïs et le riz.

Le cajan est plus connu en Afrique de l'Est qu'à l'Ouest.

Pois ou haricot sabre

Canavalia ensiformis. Légumineuses. Nom anglais: Sword ou Horse-Bean.

Description

Plante annuelle plus ou moins sarmenteuse, de 1 à 2 m de hauteur. Les tiges à feuilles larges sont peu ramifiées. Les fleurs blanches sont réunies en grappes et les gousses, très longues, atteignent 25 à 30 cm de longueur, de teinte paille à maturité, parcheminées à double suture. Elles contiennent 10 à 20 graines blanches, aplaties. 1 kg en contient environ 700.

Multiplication

Par semis directement en place.

Climat

Plante essentiellement tropicale, très rustique.

Culture

Voir haricot commun à rames.

Récolte

Quatre mois après semis.

Usages

On consomme les gousses vertes, encore jeunes et avant maturité et les jeunes grains écossés et pelés. Le grain sec contient 12 % d'eau, 25 % de protides, 48 % de glucides et 3 % de lipides, mais n'est guère comestible.

Pois carré

Psophocarpus tetragonolobus. Légumineuses. Winged Bean.

Description

Plante originaire d'Asie tropicale et d'Afrique Orientale. C'est une légumineuse volubile, vivace, mais souvent cultivée annuellement.

Les feuilles sont trifoliées à long pétiole. L'inflorescence, en grappes de 2 à 10 fleurs, blanches, bleues. Les gousses de 20 cm x 1 sont garnies de quatre ailerons dentelés; elles contiennent 10 à 20 graines, blanches, jaunes, brunes ou noirâtres.

Les racines, après quelques mois de végétation, forment des tubercules comestibles. C'est parmi les légumineuses, celle qui est la mieux dotée de nodosités fixatrices d'azote.

Multiplication

Par graines.

Climat - Sol

Convient partout et particulièrement en régions fort pluvieuses, peu propices au soja. Peu exigeant quant au sol.

Culture et récolte

Il est préférable de semer sur billons aux distances de 60 x 120 cm. Les plants doivent être tuteurés, car cette liane peut atteindre plusieurs mètres de longueur. On se servira de rames comme pour les haricots ou si possible de treillis de 2 m de haut.

Les premières gousses consommables apparaissent à trois mois. Les racines peuvent être prélevées à partir de six mois. Rendements: 1 à 2 t/graines/ha.

Maladies

On en connaît peu.

Usages

- Les gousses vertes avant maturité contiennent 2 % de protéines et 3 % de glucides.
- Les grains à l'état immature.
- Les racines.
- Les feuilles en épinard.

Composition

Graines mûres

Racines

Protides

35 à 40

20 à 25

Glucides

30 à 40

-

Lipides

15

-

Cette composition est semblable à celle du soja, donc particulièrement intéressante.

Pomme de terre céleri

Arracacia esculenta. Ombellifères. Nom anglais: Peruvian Parsnip.

Description

Plante originaire du Pérou, du Venezuela et de Colombie, ressemblant au panais. La racine est pivotante et son goût est intermédiaire entre celui du panais et de la pomme de terre (célerirave).

La racine principale est tubérisée, produisant des tubercules secondaires à la surface du sol qui peuvent être utilisés pour de nouvelles plantations. Les tubercules inférieurs, une dizaine, pesant 1 à 2 kg sont comestibles. Cette plante présente des tiges ramifiées de plus d'un mètre de hauteur. Le feuillage ressemble à celui du céleri. Les tubercules jaunes sont les plus appréciés.

Multiplication

Par semis et tubercules.

Climat - Sol - Fumure

Cette plante ne donne de bons résultats qu'au-dessus de 1 000 m. Le sol sera meuble, profond, ayant bénéficié d'une bonne fumure précédente.

Culture

Repiquage ou mise en place à 40 cm en tous sens. Binages et sarclages habituels. Pas d'ombrage, ni de tuteurage.

Récolte

Six mois après plantation.

Usages

En potage, frite, en tranches ou en bouillie.

Soja

Glycine max. Légumineuses. Nom anglais: Soybean.

Description

Plante herbacée, originaire de Chine, généralement érigée de 0,50 à 1,50 m de hauteur suivant les variétés et la richesse du sol, assez semblable au haricot nain. Les feuilles alternes sont trifoliées, pubescentes à velues. Les tiges, anguleuses à circulaires, sont également pubescentes.

Les fleurs sont petites, peu visibles, disposées en grappes de 6 à 10 à l'aisselle des feuilles. Blanches, pourpres, mauves.

Le fruit est une gousse, verte avant maturité, puis virant au jaune ou noir. Il contient trois à quatre graines blanches, jaunes ou brunes, rondes ou ovales.

L'enracinement est pivotant. Il existe un grand nombre de variétés, celles à grains jaunes sont considérées comme les plus riches en huile.

La culture du soja s'est étendue dans toutes les régions tropicales et même tempérées. Presque tous les pays possèdent leurs propres variétés.

Multiplication

Par graines.

Climat - Sol - Fumure

Le soja peut être cultivé dans toutes régions tropicales, mais avec quelques restrictions en zone équatoriale, trop humide. Seules les variétés tardives, mieux adaptées au photopériodisme des jours courts, sont utilisables.

Le terrain sera léger, profond, riche en humus, quoiqu'en sol moins favorisé, la tenue reste satisfaisante. Seule l'humidité est pernicieuse.


Plant de Soja.

La terre doit contenir des bactéries fixatrices de l'azote: Rhizobium japonicum, spécifique au soja. Faute de celles-ci, les rendements chutent. L'inoculation peut se faire de plusieurs manières:

a. Inoculation des semences par la bactérie et semis immédiat.
b. Revenir sur une sole ayant déjà produit précédemment du soja ou Vigna.

Les souches de Rhizobium sont actuellement commercialisées.

La fumure classique est de 50 kg de P et 80 kg de K à l'ha, sans azote.

Culture

Un terrain bien labouré augmente les rendements. Le semis coïncidera avec le début de la saison des pluies et même un peu plus tôt pour les variétés tardives. Il se fera en poquets de 2 à 3 graines, à une profondeur de 2 à 3 cm. Les distances sont très variables suivant l'état du sol et la variété:

- à la main

20 x 20 cm: il faudra 100 kg de semences à l'ha
20 x 40 cm: il faudra 35 kg de semences à l'ha

- mécanisé

20 x 1 m: il faudra 20 kg de semences à l'ha


Soja variété «Palmetto».


Soja inoculé: nodosités.

Le soja est souvent cultivé avec le maïs en intercalaire ou en mélange.

La levée est rapide, 4 à 5 jours, et la durée de végétation varie, suivant les cultivars, de 75 à 200 jours, mais généralement de 90 à 150 jours.

Récolte

La maturité se reconnaît au feuillage mais il est préférable d'examiner la consistance des grains qui doivent résister à la pression des doigts. La gousse étant déhiscente, on récoltera au plus tôt, faute de quoi une perte des grains est à craindre. On procède par fauchage afin de conserver les racines dans le sol (apport d'azote). Les plants sont mis à sécher puis battus. Les graines récoltées seront répandues sur une aire de séchage.

Les rendements sont très variables suivant les régions et les variétés; ils peuvent être de l'ordre de 1 à 2 t/ha.

Maladies - Ennemis

- Pseudomonas glycinea

Bactérie attaquant les racines. On fera usage de bouillie cuprique si la maladie atteint le feuillage mais c'est en général trop tard.

- Glomerella

Provoquant l'anthracnose amenant la dessication lente de la plante. Cette maladie est favorisée par un climat humide.

- Peronospora ou Mildiou

Taches blanches sur les feuilles et les graines. Les semences seront désinfectées et on recherchera les variétés indemnes.

- Xanthomonas sp. et Cercospora
- Les charançons peuvent attaquer les gousses. On utilisera les insecticides adéquats.
- Viroses

Notamment la mosaïque (la Soybean Mosaïc). Transmise par des aphides (pucerons). Choisir des variétés résistantes.

Conservation des semences

En chambre froide. Faute de quoi, le pouvoir germinatif diminue beaucoup.

Usages

Ils sont très nombreux, ce qui rend le soja un végétal de grande valeur.

- En gousses entières, avant maturité, comme des haricots.

- Les graines avant maturité (en vert), alors qu'elles sont encore faciles à cuire, mais cet usage n'est pas apprécié.

- En germes, c'est un aliment de qualité entrant dans de nombreuses préparations culinaires. Composition: 15 % de protéines, 6 % de graisses et 4 % d'hydrocarbones.

- Les graines transformées en farine se prêtent à de nombreuses préparations: pain, biscuits, biscottes, macaronis.

- La sauce de soja est une préparation industrielle.

- L'huile de soja est obtenue en usine par l'emploi de solvants avec un rendement de 15 à 18 % d'huile sur graines. Les résidus de l'extraction sont les tourteaux servant à l'alimentation du bétail.

- Lait de soja. Les graines seront laissées à macérer pendant une nuit puis écrasées dans l'eau afin d'obtenir un lait qui sera cuit et éventuellement pasteurisé. On peut transformer ce lait après caillage en fromage (le Tofu) bien connu des Orientaux, crèmes, yoghourts, qui sont d'ailleurs des plus appréciés en Europe. Le lait de soja est plus riche en protéines que le lait de vache, mais il est moins gras et sucré, frais, convient à l'alimentation des nourrissons.

La composition du soja est assez variable

- eau: 8 à 9%
- protéines: 35 à 40 %
- matières grasses: 18 à 20 % dont 20 % d'insaturés -glucides: 20 à 40 %
- cendres: 5 %

C'est donc un aliment de premier choix, riche en protéines comparables à celles de la viande, donc intéressant pour les populations dont le ravitaillement carné est déficient (viande - poissons). Là où les conditions climatiques le permettent, cette culture devrait être développée.

Comparaison des compositions


Maïs farine

Sorgho

Mil

Riz

Manioc farine

Protéines %

7 à 8

8 à 15

10

10

2

Amidon-Sucre %

70

60 à 70

60

75

75

Matières grasses %

2

4

4

1

0,2

Voandzou

Vigna subterranea. Légumineuses. Nom anglais: Bambara Groundnut.

Description

Plante annuelle rampante ou dressée à feuilles, composées de trois folioles avec stipelles. Hauteur: 30 cm. Les tiges sont courtes et très ramifiées, ce qui donne à la plante son aspect rampant.

Les inflorescences, axillaires, portent deux fleurs de teinte jaune pâle à rosâtre. Comme l'arachide, après pollinisation, le pédoncule floral s'allonge et l'ovaire pénètre en terre pour sa maturation.

La gousse ainsi produite est ronde à ovoïde et contient une graine, parfois deux, de teinte blanche, jaune clair, brune, noire ou tachetée. Cette plante est originaire d'Afrique.

Multiplication

Par graines.

Climat - Sol

Le voandzou est cultivé partout en zone équatoriale et tropicale, même semi-aride, là où l'arachide ne prospère plus. Il se contente pratiquement de tous les sols même pauvres (sauf calcaire).

Culture

Cette plante est cultivée en association avec d'autres ou en culture pure. Le semis aura lieu au début de la saison des pluies soit en billions ou à plat. Les distances seront de l'ordre de 30 x 20. Le semis s'effectue en poquets de trois graines. Peu d'entretien car la couverture du sol se fait rapidement. La durée de la végétation est de quatre mois.

Récolte

Même procédé que pour l'arachide mais la maturation est irrégulière, d'où des rendements assez faibles: 250 à 300 kg de graines sèches à l'ha. Dans d'autres pays, on signale des rendements de plus d'une tonne (Madagascar).

Maladies

- Sphaerotheca voandzeiae

Champignon propre au voandzou se développant par temps trop humide. Poudre blanche sur les feuilles provoquant leur perte totale. Moyen de lutte: brûler les fanes et rotation.

Pauvre en graisses, mais fort riche en sucre et amidon.

Composition

Arachide

Voandzou

Protéines

20 à 30 %

15 à 20 %

Lipides

40 à 50 %

6 %

Glucides

20 à 25 %

50 à 60 %

Usages

- Les graines seront de préférence consommées avant maturité complète.
- Les gousses avant maturité, en vert.
- Les graines mûres mises à tremper, puis bouillies pour en faire des beignets.

Nomenclature des plantes d'origine tropicale

Noms français

Noms latins

Noms anglais

Intérêt

Situation

Amarante

Amaranthus oleraceus

Tampala Spinach

+

partout

Arachide

Arachis hypogaea

Pea-Nut

+++

partout

Arbre à pain

Artocarpus incisa

Bread Tree

+

0-500 m

Balisier

Canna edulis

Purple Arrowroot

-

partout

Baselle

Basella alba-rubra

Country Spinach

+

partout

Benincasa

Benincasa cerifera

Ash Pumkin

-

partout

Colocase

Colocasia antiquorum

Coco-Yam

-

partout

Cristophine-Chayote

Sechium edule

Cho-Cho

+

1000 m

Dolique bulbeux

Pachyrhizus tuberosus

Potato Bean

-

partout

Dolique lablab

Dolichos Lablab

Bonavist Bean

-

partout

Gombo-Okra

Hibiscus esculentus

Lady's Finger

+

partout

Haricot de Lima

Phaseolus lunatus

Lima Bean

+

partout

Haricot Adzuki

Phaseolus angularis

Dew-Bean

+

partout

Igname

Dioscorea sp.

Yam

+++

partout

Manioc

Manihot utilissima

Manioc-Cassava

+++

0-500 m

Maranta

Maranta arundinacea

Bermuda arrowroot

+

partout

Niébé-Vigna

Vigna unguiculata

Cow Pea

+++

partout

Patate douce

lpomea batatas

Sweet Potato

+++

partout

Piment-Poivron

Capsicum sp.

Bell-Cayenne pepper

++

600 m et plus

Patate de Madagascar

Coleus rotundifolius

Country Potato

+

partout

Pois cajan

Cajanus indicus

Congo Bean

+

partout

Pois sabre

Canavalia ensiformis

Sword Bean

+

partout

Pois carré

Psophocarpus tetragono.

Winged-Bean

-

partout

Pomme de terre céleri

Arracacia esculenta

Peruvian parsnip

-

partout

Soja

Glycine max

Soy

+++

partout

Voandzou

Voandseia subterranea

Vanzon Groundnut

+

partout

Remarques

+++ base de l'alimentation dans certains pays et produits d'ex portation.
++ plantes de grand intérêt et souvent d'exportation.
+ plantes intéressantes et d'éventuelle exportation.
- plantes pour consommation locale mais intéressante.

Partout avec les réserves dues au climat, pluies et altitude (voir les plantes détaillées)

Autres légumes qui pourraient être cultivés

Non repris dans la présent ouvrage car présentant moins d'intérêt ou peu appréciés, inconnus dans certains pays ou, enfin, considérés comme fruit et faisant l'objet d'ouvrages spécialisés.

Noms français

Noms latins

Noms anglais

Ananas

Ananas sativus

Pineapple

Quinoa

Chenopodium album

Quinoa

Chufa

Cyperus esculentus

Tiger-Nut

Tomate-arbre

Cyphomandra betacea

Tree Tomato

Pois chiche

Cicer arietinum

Chik pea

Calebassier

Lagenaria vulgaris

Bootle Gourd

Mucuna

Mucuna nivea

Velvet Bean

Telfairea

Telfairea pedata

Telfaria Nut

Haricot d'Espagne

Phaseolus coccineus

Scarlet Runner Bean

X. Glossaire

Aisselle: Angle formé par un pétiole ou une branche et la tige qui les porte.

Alterne: Disposé isolément à différentes hauteurs sur une tige ou un rameau.

Angiosperme: Une des principales subdivisions du règne végétal regroupant les plantes dont la graine est enfermée dans un fruit.

Autogamie: Fécondation directe des ovules d'une fleur par le pollen de la même fleur.

Axillaire: Organe placé au point d'insertion d'une feuille.

Bractée: Feuille modifiée, habituellement associée à la fleur.

Bulbe: Tige souterraine, très réduite et renflée, ne possédant qu'un bourgeon central.

Bulbille: Petit bulbe se développant dans l'inflorescence ou à côté du bulbe principal.

Caïeux: Bulbe secondaire formé chez certaines plantes sur le côté d'un bulbe.

Campanule: En forme de clochette.

Capitule: Inflorescence de fleurs sessiles sur un réceptacle commun.

Cordiforme: Qui a la forme d'un cœur.

Dehiscent: Se dit d'un fruit qui s'ouvre à maturité pour laisser s'échapper les graines.

Dioïque: Plantes dont les fleurs mâles et femelles sont sur des individus différents.

Epi: Inflorescence de fleurs sessiles le long d'un axe.

Foliole: Chacune des unités d'une feuille composée.

Gousse: Capsule des Légumineuses s'ouvrant en deux valves le long de la suture ventrale et de la nervure dorsale.

Hampe: Axe florifère allongé, non feuillé, terminé par une ou plusieurs fleurs.

Hîle: Région par laquelle une graine est reliée au fruit et reçoit les sucs nourriciers.

Hybride: Plante issue du croisement de deux espèces différentes.

Inflorescence: Ensemble de fleurs groupées sur une plante: capitule, grappe.

Lancéolé: Etroit, élargi au milieu et insensiblement atténué aux deux extrémités.

Lobe: Terme réservé aux dernières divisions d'une feuille simple, plus profondes qu'une dent.

Marcotte: Tige rampante qui développe des racines au contact du sol, naturellement ou artificiellement.

Monoïque: Plante à fleurs unisexuées; mâles et femelles sur le même individu.

Ombelle: Inflorescence dont les pédicules (rayons) partent du même niveau et portent une fleur (ombelle simple) ou une petite ombelle, l'ombellule (ombelle composée).

Ombrophile: Qui aime les pluies; du grec «ombroz»: humide, par oppposition à «xérophile»: sec.

Pédicelle: Attache particulière de chaque fleur dans une inflorescence.

Pédoncule: Axe de support d'une ou de plusieurs fleurs.

Pennée: Se dit d'une feuille composée, dont les folioles sont disposées de part et d'autre de son axe comme les barbes d'une plume d'oiseau.

Rhizome: Tige souterraine, simple ou ramifiée, rampante et horizontale, oblique ou dressée.

Rosette: Ensemble de feuilles disposées en cercle.

Sagittée: En forme de pointe de flèche.

Sarmenteux: Se dit d'une tige longue, grèle, flexible, ordinairement grimpante.

Sessile: Inséré directement sur le support, sans pétiole, sans pédoncule.

Spathe: Bractée enveloppant complètement certaines inflorescences.

Stipule: Production végétale, latérale à la base du pétiole.

Stolon: Rameau rampant sur le sol ou à fleur de sol, ordinairement radicant aux nœuds.

Tubéreux: Se dit de tiges ou de racines renflées, semblables à des tubercules.

Tubercule: Portion de rhizome ou de racine renflée et gorgée de réserves nutritives.

Variété: Sous-division de la classification des plantes.

Vernalisation: Traitement par le froid de graines ou de jeunes plantes, provoquant une floraison plus précoce.

Volubile: Capable de s'enrouler en spirale autour d'un support (haricot).

Vrille: Organe filiforme de fixation s'enroulant autour d'un support (pois).

Xérophile: Qui aime les endroits secs.

Xérophyte: Plante qui pousse dans les zones arides.

XI. Bibliographie sommaire

J. APPERT, Le stockage des produits vivriers, ACCT - CTA, Paris, 1986.

R. AUGE et consorts, La culture in vitro et ses applications horticoles, J. Baillière, Paris, 1989.

M. BORGET, Les légumineuses vivrières tropicales, ACCT, Paris.

P. IVONTCHIK, Agriculture de l'Afrique tropicale, Editions Mir Moscou, 1987.

R. KROLL, Les cultures potagères au Congo belge, Minicol, Bruxelles, 1956.

H.H. MAC MILLAN, Tropical Planting and Gardening, Mac Millan, London.

C.M. MESSIAEN, Le potager tropical, PUF, Paris, 1989.

Ministère de la Coopération et Développement, Memento de l'Agronome, Coll. Techiques rurales en Afrique, Paris, 1991.

J.W. PURSEGLOVE, Tropical Crops, 4 volumes, London, Longman, 1968 et 1972.

AGENCE DE COOPÉRATION CULTURELLE ET TECHNIQUE

L'Agence de Coopération Culturelle et Technique, organisation intergouvernementale, créée par le Traité de Niamey en mars 1970, rassemble des pays liés par l'usage commun de la langue française, à des fins de coopération dans les domaines de l'éducation, de la culture, de la communication, des sciences et des techniques, et plus généralement, dans tout ce qui concourt au développement de ses pays membres et au rapprochement des peuples.

Les activités de l'Agence dans les domaines de la coopération scientifique et technique pour le développement se groupent en cinq programmes:

- agriculture
- environnement
- énergie
- prospection et concertation en sciences et techniques pour le développement
- information scientifique et technique

La vocation de l'Agence de favoriser les échanges, la circulation des hommes et des idées et la coopération au sein de la francophonie, fait que la constitution de réseaux et la diffusion de l'information ont toujours été des actions privilégiées.

Etats membres: Belgique, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Canada, République Centrafricaine, Comores, Congo, Côte d'Ivoire, Djibouti, Dominique, France, Gabon, Guinée, Guinée Equatoriale, Haïti, Liban, Luxembourg, Madagascar Mali, Ile Maurice, Monaco, Niger, Rwanda, Sénégal, Seychelles, Tchad, Togo, Tunisie, Vanuatu, Vietnam, Zaïre.

Etats associés: Cameroun, Egypte, Guinée-Bissau, Laos, Maroc, Mauritanie, Sainte-Lucie.

Gouvernements participants: Nouveau-Brunswick, Québec.

ACCT, 13, quai André-Citroën, 75017 Paris. Tél. (1) 45 75 62 41
Télex: AGECOOP 20 19 16. Télécopie: (1) 45 79 14 98

LE CENTRE TECHNIQUE DE COOPERATION AGRICOLE ET RURALE

Le Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (CTA) est installé depuis 1963 à Ede/ Wageningen au titre de la Convention de Lomé entre les Etats Membres de la Communauté européenne et les Etats du groupe ACP Le CTA est à la disposition des Etats ACP pour leur permettre un meilleur accès à l'information, à la recherche, à la formation ainsi qu'aux innovations dans les secteurs du développement agricole et rural et de la vulgarisation.

Siège: « De Rietkampem », Galvanistraat 9, Ede, Pays Bas
Adresse postale: CTA, Postbus 380, 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas
Téléphone: (08380)-20484
Ligne internationale: 31-8380-20484
Télécopie: (31) (0) 8380-31052
Télex: (44) 30169 CTA NL

ISSN: 0298.3540
ISBN: 2-7068-1112-9 et 92-9028-2177

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