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close this bookLe désherbage des cultures triopicales (Maisonneuve et Larose, 1988)
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Voir cette section du texteI. Mauvaises herbes et herbicides
Voir cette section du texteII. Connaissance des mauvaises herbes
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Ouvrir ce fichier et voir le contenuIV. Appareils utilises pour l'epandage des herbicides
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Ouvrir ce fichier et voir le contenuVI. Désherbage des cultures tropicales annuelles
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Voir cette section du texteBibliographie sommaire


Le désherbage des cultures triopicales (Maisonneuve et Larose, 1988)

LE TECHNICIEN D'AGRICULTURE TROPICALE

1. Le Riz pluvial, par Michel JACQUOT et Brigitte COURTOIS.

2. Le Maïs, par Guy ROUANET.

3. Le Bananier plantain, par Hugues TEZENAS DU MONTCEL.

4. Le Stockage des produits vivriers (en deux volumes), par Jean APPERT,

5. Le Cotonnier en Afrique tropicale, par Gérard SEMENT.

6. Le Manioc, par Pierre SILVESTRE,

7. Le Désherbage des cultures tropicales, par E.M. LAVABRE.

8. Les Insectes nuisibles aux cultures vivrières et maraîchères en Afrique, par J. APPERT et J. DEUSE (à paraître).

9. Le Caféier, par H. CAMBRONY (à paraître).

LE TECHNICIEN D'AGRICULTURE TROPICALE

Collection dirigée par
René COSTE

Membre de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer Ingénieur Général d'Agronomie

7. Le désherbage des cultures tropicales

par E.M. Lavabre
Conseiller scientifique de l'IRCC-CIRAD avec le concours de
M. DEAT

Coordinateur des programmes de malherbologie de l'IRCT et
J. DEUSE
Chef du service de phytopharmacie de l'IRAT

Agence de Coopération
Culturelle et Technique
13, quai André-Citroën
F75015 PARIS

Centre technique de Coopération
agricole et rurale (C.T.A.)
Postbus 380
NL 6700 AJ WAGENINGEN

Editions Maisonneuve et Larose
15, rue Victor-Cousin
75005 PARIS

Les opinions exprimées ainsi que les orthographes des noms propres et les limites territoriales figurant dans le présent document n'engagent que les auteurs et nullement la position officielle et la responsabilité de l'Agence de Coopération Culturelle et Technique et le Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale.

© G.-P. Maisonneuve et Larose et A.C.C.T., 1988
ISBN: 2.7068.0958.2 et 92.9028.122.7
ISSN: 0298.3540

La loi du 11 mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41 d'une part, que les «copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective» et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, «toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite» (alinéa 1 er de l'article 40).

Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal.

L'agriculture, priorité des priorités
(République populaire du Congo)

Avant-propos

Ce manuel pratique est un condensé de notre ouvrage: le désherbage des cultures sous les tropiques (J. Deuse et E.M. Lavabre).

On a actualisé et revu certaines recommandations, mais l'essentiel demeure valable. C'est la raison pour laquelle on retrouvera de très larges extraits de textes tels qu'ils ont été décrits par nos collègues, Cheze B., Deat M., Deuse J., Merlier H., Martin G. pour ne citer que les principaux.

Un autre aspect que nous avons tenté de souligner est celui qui prend en compte toutes les possibilités de lutte contre les mauvaises herbes: précédant cultural, rotation, successions végétales raisonnées, cultures associées etc...

Concernant les plantes annuelles, pour le coton, par exemple, une culture salissante et appauvrissante comme celle du manioc ou du sorgho est à proscrire. En culture pérenne, autre exemple pour le caféier, durant les premières années, les cultures associées doivent être encouragées.

Nous avons enfin essayé de ne jamais perdre de vue que pour de nombreuses cultures tropicales, l'usage des herbicides, bien que souhaitable demeure limité et n'interviendra qu'en complément des pratiques culturales traditionnelles.

I. Mauvaises herbes et herbicides

Les mauvaises herbes ou adventices constituent un problème plus ou moins grave selon les plantes; mais toutes les cultures leur paient un tribut important.

Les estimations moyennes de pertes de récolte dues aux adventices se situent autour de 25%, peuvent atteindre 50 et 80 % sur certaines cultures vivrières.

Jusqu'à une époque récente la lutte contre les mauvaises herbes consistait en travaux de binage, sarclage, houage, hersage et autres façons aratoires

La forme la plus ancienne de désherbage est l'arrachage manuel. Progressivement les techniques se sont perfectionnées, avec l'emploi d'outils de mieux en mieux adaptés à cette tache. Au XVIII e siècle, on a eu l'idée de profiter des semis en lignes pour détruire les mauvaises herbes à l'aide de machines tirées par des chevaux. Le désherbage mécanique était né et il se perfectionna jusqu'à nos jours pour prendre la forme des sarclages motorisés que nous connaissons. Parallèlement, de nouvelles voies de recherches s'ouvrirent dès la fin du XIX e siècle et les propriétés herbicides de substances minérales simples furent reconnues. Ces produits tuaient les adventices à feuilles larges présentes dans les cultures céréalières. Ainsi en France, on découvrit en 1896 l'action du sulfate de cuivre sur Sinapis arvensis, en 1897 fut mis en évidence l'effet herbicide du sulfate de fer et on utilisa dans le même but un mélange d'acide sulfurique et de nitrate de cuivre. A la même époque des découvertes semblables étaient faites en Allemagne et aux Etats-Unis. Ce n'est cependant que vers 1920 que l'utilisation de telles substances se développe en Europe avec les travaux sur les propriétés herbicides de l'acide sulfurique et la mise au point de son utilisation pour le désherbage du blé.

La découverte du premier herbicide de synthèse le 2,4 D, suivie bientôt par une pléiade de spécialités, provoqua une véritable révolution dans les techniques agricoles. Mais ce changement a été surtout bénéfique aux pays industrialisés dont l'agriculture était déjà très mécanisée et dont le niveau et la valeur de production pouvaient supporter le coût de ces produits.

Les progrès ont été beaucoup plus timides dans les pays en voie de développement et les raisons en sont nombreuses

- d'abord le petit paysan ne possède pas l'équipement nécessaire et hésite devant le coût de son acquisition;

- les herbicides sont des produits relativement onéreux;

- la main-d'œuvre familiale n'entraîne pas de débours pécuniers et même la main-d'œuvre salariale n'est pas à un niveau très élevé.

D'autre part les prix agricoles payés aux producteurs restent trop bas et en cas de surproduction, il n'est pas rare que les denrées soient bradées.

Certaines spécialités phytosanitaires ne sont pas sans danger pour les utilisateurs.

Cet ensemble de raisons fait qu'on constate un blocage vis-à-vis de leur emploi.

Cette attitude, si elle est négative, se comprend quand on admet que

l'utilisation des herbicides ne peut remplacer le travail manuel et n'intervient qu'en complément ou dans le cas de situation critique.

Mais en face de ce tableau sans complaisance on soulignera que les herbicides ont fait une percée surtout dans les cultures de rente.

Les difficultés de main-d'œuvre déjà perceptibles dans nombre de pays ne pourront qu'accélérer leur utilisation.

Et s'ils sont employés avec discernement ils contribueront à alléger l'ingrat travail de la terre.

II. Connaissance des mauvaises herbes

Une distinction indispensable à faire avant d'utiliser les désherbants est basée sur l'aspect morphologique des plantes.

Les dicotylédones

Ce sont des plantes caractérisées par des feuilles larges, à nervation étalée, à fleurs de taille moyenne ou grande, souvent colorées.

Les monocotylédones

Caractérisées par des feuilles longues et étroites à nervation parallèle (fig. 1 à 5). Dans ce groupe on distingue les graminées, possédant des tiges creuses ou chaumes (fig. 6 à 9), les cypéracées des tiges généralement pleines et triangulaires (fig. 10 à 12). On oppose généralement les adventices latifoliées (dicotylédones et commélinacées) (fig. 13 et 14) aux graminées et cypéracées, à feuilles étroites.

Cette connaissance élémentaire des plantes orientera le choix des herbicides, car la plupart agissent sélectivement, soit sur monocotylédones soit sur dicotylédones.

Sur un autre plan il est important de savoir si on a affaire à des plantes annuelles, bisannuelles ou vivaces.

Annuelles

Il s'agit de plantes qui ne vivent qu'un an; elles germent, donnent des fleurs et des fruits au cours de la même année. Ces plantes ont généralement une végétation rapide et une longévité courte. Dans les zones tropicales sèches, elles sont particulièrement bien adaptées pour lutter contre la sécheresse (dormance échelonnée, plante grasse, ...).


Fig. 1. Portulaca oleracea Linn. (dessin de M. DEAT-LECOEUR)


Fig. 2. Bidens pilosa Linn. (dessin de M. DEAT-LECOEUR).


Fig. 3. Acanthospermum hispidum DC. (dessin de M. DEAT-LECOEUR).


Fig. 4. Ageratum conyzoïdes Linn. (dessin de M. DEAT-LECOEUR).


Fig. 5. Amaranthus viridis Linn. (dessin de M. DEAT-LECOEUR).


Fig. 6. Imperata cylindrica P. Beauv. (dessin de M. DEAT-LECOEUR).


Fig. 7. Eleusine indica Gaernt. (dessin de M. DEAT-LECOEUR).


Fig. 8. Digitaria horizontalis Willd. (dessin de M. DEAT-LECOEUR).


Fig. 9. Brachiaria deflexa (Schumach.) CE. Hubbard ex Robyns (dessin de M. DEAT-LECOEUR).


Fig. 10. Kyllinga squamulata Thonn. ex Vahl (dessin de M. DEAT-LECOEUR).


Fig. 11. Cyperus iria L. (dessin de M. DEAT-LECOEUR).


Fig. 12. Cyperus rotondus L. (dessin de M. DEAT-LECOEUR).


Fig. 13. Commelina africana L. (dessin de M. DEAT-LECOEUR).


Fig. 14. Commelina benghalensis L. (dessin de M. DEAT-LECOEUR).

Bisannuelles

Ce sont les plantes dont le développement complet s'étend sur deux années consécutives. Cette catégorie est peu nombreuse sous les tropiques.

Vivaces

Il s'agit de plantes qui peuvent subsister pendant plusieurs années soit par rhizomes, stolons, bulbes, souches ligneuses.

Les plus importantes sont:

- les plantes à rhizomes: la plante développe une tige souterraine qui propage et reproduit ainsi la plante à une certaine distance de la plante-mère. Citons le riz à rhizomes (Oryza longistaminata) et le chiendent (Cynodon dactylon);

- les plantes à stolons: le stolon est un rameau rampant au-dessus du sol ou à fleur du sol; il possède la faculté de s'enraciner au niveau des noeuds et d'y reproduire de nouvelles tiges. Citons Commelina benghalensis et forskalei importantes adventices dans la zone sahélienne.

Compétition des adventices

Même dans un champ parfaitement propre, quelques jours après le semis de la plante cultivée apparaît un tapis de plantules de familles diverses, comme nées spontanément.

Il faut savoir que le sol recèle des millions de graines d'adventices, que certaines espèces produisent pour chaque pied des milliers, voire des centaines de milliers de graines, que certaines enfin ont une dormance supérieure à plusieurs années. En tout cas la constatation que tout agriculteur peut faire est celle de la vitesse de levée et de croissance des adventices.

A ce stade l'emploi d'herbicides de préémergence ou de prélevée est extrêmement profitable.

En effet, au niveau des jeunes plantules la compétition des adventices est très importante et dans certains cas elles peuvent même étouffer radicalement la culture.

Les adventices occupent une place importante parmi les facteurs de diminution des rendements et sont souvent à l'origine de la très faible productivité de certaines cultures tropicales.

Les adventices ont une action déprimante qui s'exerce de différentes façons:

Compétition directe pour les substances de croissance des végétaux ou antagonismes.

Lumière: c'est un élément essentiel de la croissance des adventices et également des cultures. Les adventices ayant souvent une croissance plus rapide que les plantes cultivées, elles peuvent les dépasser, les ombrager, donc réduire leur synthèse chlorophyllienne. La photopériode est également un élément important car de nombreuses espèces y sont sensibles.

Eau: c'est probablement le facteur le plus important de la croissance des végétaux. La compétition pour l'eau est donc vitale entre les plantes cultivées et les adventices. Celles-ci sont en général particulièrement aptes à n'utiliser que de faibles quantités d'eau et sont donc très compétitives dans les zones semi-arides. Les adventices peuvent être un facteur très net de baisse de rendement dans les zones irriguées et augmenter de façon appréciable les coûts de production, l'eau étant très chère dans ces zones. Mais il est à noter que parfois les adventices peuvent avoir un rôle utile en tant qu'écran protecteur contre les pluies torrentielles en zone tropicale.

Eléments fertilisants: les adventices ayant une croissance rapide et vigoureuse utilisent une grande partie des engrais destinés à la plante cultivée, notamment les engrais azotés. Ces prélèvements peuvent suivant les espèces cultivées provoquer d'importantes chutes de rendement.

III. Les méthodes de désherbage

3.1. - Désherbage mécanique ou manuel

Dans la succession des travaux destinés à éviter la salissure du terrain, une bonne préparation du sol est essentielle.

En premier lieu doit intervenir le labour destiné à enfouir et détruire les adventices. En réalité, en Afrique, le labour est relativement rare car a la fin de la saison sèche, la terre desséchée et durcie ne peut être travaillée que par de puissants moyens, hors de portée du paysan.

Aussi, dans la plupart des cas, les façons réellement effectuées sont les travaux d'entretien qui interviennent pendant le cycle de la culture.

On distingue:

- les sarclages à 2-3 cm de profondeur
- les binages à 5-10 cm de profondeur
- les buttages qui accumulent la terre autour de la plante.

Quand les semis sont faits en lignes la motorisation ou la culture attelée interviennent avec profit. Le travail en interligne se fait à l'aide d'instruments divers, houes trainantes, herses, houes rotatives trainées, multiculteurs ou polyculteurs.

3.2. - Mesures préventives

Il n'existe pas, a l'exception de micro-parcelles stérilisées destinées à l'horticulture, de terres exemptes d'adventices. Celles-ci apparaissent très rapidement dès la mise en culture mais peuvent n'être bien souvent que peu endommageables pour la culture.

Par contre, il arrive fréquemment que l'agriculteur introduise lui-même des adventices pantropicales très dangereuses en utilisant des semences impropres, en transportant de la terre contaminée, en utilisant du compost mal décomposé, des outils de travail mal nettoyés, de l'eau d'irrigation ou de ruissellement contenant des graines d'adventices.

3.3. - Méthodes culturales

Brûlis

Le brûlis a pendant longtemps été utilisé comme une méthode de désherbage surtout dans les champs de cotonnier. Sous les tropiques cette technique est encore très largement pratiquée, notamment pour le débroussaillement ou la mise en culture de champs en forêt. Il est également utilisé pour régénérer les pâturages.

Les autorités tendent actuellement à limiter le brûlis qui offre beaucoup d'inconvénients:

- destruction non sélective de la végétation;
- destruction partielle de la faune, modification pro fonde du biotope;
- destruction de la couche superficielle de la matière organique du sol;
- destruction de la forêt au profit de pâturage non amélioré.

Mais dans de nombreuses régions, le brûlis reste pratiqué pour éliminer les résidus de récolte ceci tant que l'on n'aura pas trouvé de solutions à l'utilisation économique de sous-produits.

Rotations culturales

De tout temps l'agriculteur s'est aperçu qu'une bonne rotation des cultures permettait de contrôler les adventices. En général, celles adoptées par les paysans ont essentiellement comme objectif le contrôle maximum des adventices. C'est ainsi que les plantes fourragères y tiennent une place de choix car elles empêchent, par les coupes successives ou le pâturage, les adventices de fleurir et limitent par étouffement, la plupart des adventices pérennes. Si les adventices sont particulièrement difficiles à détruire, on peut installer des prairies temporaires sur plusieurs années en évitant une fauche excessive et un surpâturage.

Couverture du sol («mulching»)

C'est seulement dans le cas de faibles superficies qu'il est possible de lutter contre les adventices en recouvrant le sol de paille, de bande de papier, de film plastique ou de tous autres matériaux. Cette technique est pratiquée pour des cultures à rendement élevé comme les plantes maraîchères, certaines cultures fruitières (ananas,...) ou industrielles (canne à sucre, caféier, théier...).

Inondation

On peut détruire certaines adventices par inondation mais la plupart des graines résistent à ce traitement. Cette technique est pratiquée en rizière mais il est nécessaire que la plante entière soit sous l'eau et cela souvent pendant un mois. Mais certaines adventices parviennent en entrant en sommeil végétatif à échapper à ce traitement. Cette pratique de la submersion est maintenant le plus souvent associée à un traitement herbicide.

IV. Appareils utilises pour l'epandage des herbicides

Les herbicides sont, pour la plupart, employés sous forme liquide. On examinera donc les différents pulvérisateurs utilisés dans la pratique.

Cependant on mentionnera que l'usage des microgranulés (herbicides sous forme solide) est sans doute appelé à se développer, surtout dans les zones où la contrainte de l'approvisionnement en eau constitue un important problème. On citera donc les divers appareillages nécessaires à ces applications.

4.1. - Les pulvérisateurs

On peut distinguer trois types principaux:

- pulvérisateur à pression, à jet projeté: le liquide est fractionne et transporté par sa propre pression;
- pulvérisateur pneumatique = de l'air à grande vitesse fractionne la veine liquide et le transporte;
- pulvérisateur centrifuge à jet projeté = c'est la force centrifuge créée par un disque en rotation qui opère le fractionnement et le transport.

Si ces trois types sont effectivement utilisés en pays tropicaux, l'importance relative de chacun d'entre eux est très différente.

Au niveau du parc de matériel, sans tenir compte de l'aspect herbicide seul, les appareils de type individuels se comptent en centaines de milliers, ceux montés ou traînés par tracteur en milliers.

4.1.1. - Pulvérisateurs à pression

Sous cette dénomination entrent des types d'appareils très différents, depuis le pulvérisateur à dos de 15 à 20 litres de contenance jusqu'aux pulvérisateurs autoportés, munis de rampes et dont la cuve peut contenir jusqu'à 4000 litres (fig. 15 et 16).

Nous ne nous attarderons pas sur ces derniers, car en Afrique la règle courante est de posséder des appareils individuels.

Cependant tous ces pulvérisateurs ont en commun:

- un réservoir de plastique qui s'est substitué au cuivre. L'agitation de la bouillie est hydraulique ou mécanique;

- une pompe à main de conception différente selon qu'il s'agit de pulvérisateurs à pression préalable ou à pression entretenue, sur les appareils tractés la pompe est du type centrifuge à piston ou à piston membrane;

- une lance munie d'une buse ou une rampe équipée d'une série de jets. Pour mémoire les traitements aériens sont effectués par des avions ayant des rampes équipées de 40 à 60 buses.

4. 1.2. - Pulvérisateurs pneumatiques

Les pulvérisateurs pneumatiques utilisés en traitements herbicides sont en général les modèles portatifs. Ils comportent:

- un réservoir en matière plastique, contenant de 10 à 151;

- une turbine ou ventilateur, de type centrifuge entraîné par un moteur 2 temps de 1 à 3 ch, délivrant environ 600 à 1000 m³/h à 150-150 m/s (selon la puissance);

- une manche à air, dans laquelle vient aboutir le liquide à travers un orifice calibré et qui est fractionné par l'air s'échappant à forte vitesse.


Fig. 15. Coupe schématique d'un pulvérisateur à pression préalable.


Fig. 16. Le pulvérisateur BIRKY et ses principaux éléments.

A

réservoir

B

pompe pneumatique à piston

C

poignée de pompage

D

socle du pulvérisateur avec bras support du manche de pulvérisation

E

bretelles

F

robinet distributeur

G1

élément femelle du raccord coulissant pour la fixation du manche

G2

élément mâle du raccord coulissant pour la fixation du manche

H

levier de décrochage du manche

I

manche de pulvérisation

K

tuyau d'alimentation pour bouillie de pulvérisation

L

écrou de réglage de l'extension du manche

M

écrou de réglage de la position de la turbine

N

turbine de pulvérisation

O

disque rotatif

P

buse d'alimentation

Q

buse de rechange

Ce type de pulvérisateur est surtout utilisé en traitements insecticides et fongicides. Néanmoins, il est employé sur canne à sucre et en désherbage total, lorsqu'on ne craint pas de dérive. Les gouttes produites comportent toujours une fraction importante d'éléments fins indésirables en traitement herbicide classique.

Des études et des prototypes ont été réalisés récemment avec des buses pneumatiques pour réduire les volumes/ha. Un pulvérisateur à rampe 9 m basé sur ce principe a été mis au point.

4. 1.3. - Pulvérisateurs centrifuges

La version la plus répandue dans les pays tropicaux de ce type de pulvérisateur est celle utilisée pour lutter contre les parasites du cotonnier. La version herbicide, moins employée, se développe en cultures annuelles. Un nouvel appareil à turbine à air a été mis au point, le Birky (Ciba Geigy).

Pulvérisateur à un disque

Il est constitué d'un tube servant de manche et contenant les piles électriques et qui est muni à une extrémité de la tête de pulvérisation (disque + moteur), et de l'autre de la bouteille contenant l'herbicide;

- réservoir: sa contenance varie de 6 l (réservoir séparé, relié par un tuyau à la tête) à 4,5 et 2,75 l (réservoirs solidaires du tube). Ces contenances permettent de traiter 1/4 à 1/2 ha. Un tuyau fin fixé au bouchon fait office de prise d'air. Son rôle est indéniable dans la régularisation du débit en fonction du niveau de remplissage du réservoir;

- tube support: on peut y mettre, selon les modèles, de 5 à 8 piles de 1,5 v. Ce tube, en matière plastique renferme les systèmes de contact électrique;

- moteur électrique de puissance de 7 à 10 watt;

- disque tournant à 1500/2000 t/min, d'un diamètre compris entre 8 et 9 cm et muni à sa périphérie de petites dents dont la rotation à grande vitesse détermine la fragmentation et la pulvérisation du liquide.


Fig. 17. Pulvérisateur centrifuge portatif Microm Herbi (d'après doc. BP) (Ets Micron Sprayers).

1 - Bouteille en plastique de 2,5 l.;
2 - Contacteur;
3 - Tuyau d'alimentation;
4 - Extension;
5 - Buse;
6 - Disque;
7 - Moteur;
8 - Logement des huit piles;
9 - Autres buses.


Fig. 18. Atomiseur portatif à dos.

La caractéristique de cette pulvérisation est sa grande finesse de 160 à 375m suivant la vitesse de rotation du disque. Par léger vent latéral on profite de la dérive pour couvrir une surface plus importante mais dans le cas des herbicides cela peut constituer un danger (phytotoxicité pour les plantes voisines).

Pulvérisateurs multidisques

Ces types sont destinés à équiper des machines à grand travail. Les rampes atteignent dans ce cas plusieurs mètres et les réservoirs plusieurs centaines de litres.

Appareils pour traitement par humectation

Ils permettent d'économiser le produit car il ne se dépose que sur les plantes à traiter. Il existe des systèmes manuels (balais herbicides) ou tracto-portés.

Matériels pour herbicides solides

Les microgranulés présentent de notables avantages: la manutention d'eau est supprimée, la localisation de l'herbicide est plus précise (pas de dérive).

Parmi les appareils utilisés, citons:

- les poudreuses munies d'un doseur de microgranulés,
- les pulvérisateurs pneumatiques avec agitateur distributeur et embout spécial,
- plusieurs modèles spécifiques d'épandeurs.

Concernant les appareils tracto-portés, on peut utiliser les semoirs qui épandent à la fois graines et herbicides ou les équiper de trémies avec un système de distribution adapté à cet usage.

V. Les herbicides

Présentation

Les herbicides se présentent sous différentes formes:

- solides: sels solubles dans l'eau, poudres à poudrer, poudres mouillables, granulés;
- liquides: ce sont les formulations les plus employées;
- auto-suspensibles pour les pulvérisations à bas volume.

Composition

Les formulations commerciales se composent de plusieurs substances:

- la matière active directement responsable de la destruction des adventices;
- les diluants destinés à abaisser la concentration;
- les adjuvants qui peuvent être des mouillant, des adhésifs, des émulsifs, des stabilisants, des colorants, etc...

Mode d'action

On distingue: les herbicides totaux, les herbicides sélectifs.

Les herbicides totaux, tel le chlorate de soude' détruisent toute la végétation sans discrimination d'espèces. Les herbicides sélectifs détruisent certaines adventices et respectent la culture. Cette sélectivité peut être physique ou physiologique. Elle détermine le choix du désherbant.


Désherbage par sarclage et herbicide (Cl. HERNANDEZ).


Influence des périodes d'application dans les essais d'herbicides (Cl. DEAT).

5.1. - Périodes d'application

5.1.1. - Traitement de présemis ou de préplantation

L'herbicide est appliqué avant le semis ou la plantation de l'espèce cultivée. Il peut être réalisé avant ou après le labour, soit encore avant le dernier hersage et incorporé au sol par celui-ci. Dans le cas des rizières il peut s'effectuer après une préirrigation destinée à faire lever les adventices.

5. 1.2. - Traitement de préémergence (ou de prélevée)

L'herbicide est appliqué après le semis, mais avant la levée de la plante cultivée

Ces deux types de traitement se subdivisent en traitement de présemis de préplantation ou de préémergence de contact ou résiduaire.

Le traitement est dit de contact lorsque l'herbicide est appliqué sur des mauvaises herbes levées, il est généralement réalise tout de suite avant le semis ou la plantation; ceux-ci sont alors exécutés sans retravailler le sol. Dans le cas du traitement de préémergence de contact, il a lieu immédiatement avant la levée de la plante cultivée. Les herbicides utilisés sont souvent de très courte durée d'action étant donné qu'ils sont soit volatils ou rapidement dégradés en substances non phytotoxiques.

Le traitement est dit résiduaire lorsqu'il est réalisé avant la levée des mauvaises herbes. Les herbicides utilisés agissent généralement sur les radicales et tuent les mauvaises herbes après leur germination ou à leur levée, la plupart de ces herbicides sont peu solubles et se fixent sur la matière organique du sol.


Parcelle traitée au glyphosate ( Cl. HERNANDEZ).

Ils sont sélectifs pour la plante cultivée selon l'une des deux possibilités suivantes:

- Ils ne sont pas phytotoxiques pour cette espèce et il s'agit dans ce cas d'une sélectivité physiologique.

- Les organes d'absorption se trouvent hors de la zone d'influence de l'herbicide (plantes à grosses graines, riz repiqué, racine à croissance rapide'...); dans ce cas, la sélectivité est dite de «position».

5.1.3. - Traitement de postémergence

(ou postlevée) l'herbicide est appliqué après la levée de la plante cultivée et celles des mauvaises herbes.

5.2. - Principaux herbicides

Il ne peut être question dans un manuel d'initiation de décrire l'ensemble des spécialités aujourd'hui proposées aux agriculteurs.

Nous ne mentionnerons donc que les plus connues et les plus utilisées sous les tropiques:

5.2.1. - Herbicides inorganiques

Chlorate de sodium

Il est absorbé par le système racinaire et agit d'autant plus vite que le sol est humide. Le chlorate n'est pas sélectif. Très soluble dans l'eau (790 g/l).

Utilisé surtout comme désherbant total (150 à 200 kg/ha) et dévitalisant de souches.

Ne sont pas sensibles:

Les mousses et les plantes aquatiques.

Toxicité: dl 50: 1200 mg/kg. Il peut provoquer chez l'homme des irritations de la peau et des muqueuses.

Acide sulfurique

C'est probablement le premier herbicide utilisé sur grande échelle, ce depuis le début du siècle.

Agit principalement par contact. Sa sélectivité à l'égard des céréales, des oignons et des poireaux est uniquement basée sur les caractéristiques morphologiques de la plante.

5.2.2. - Herbicides organiques de synthèse

Diuron

Il est peu soluble dans l'eau (42 ppm) et fait preuve d'une assez longue persistance dans le sol. Sa toxicité pour l'homme est pratiquement nulle (dl 50: 3600 mg/kg).

Il est largement utilisé sous les tropiques pour le désherbage du bananier, ananas, caféier, cacaoyer, canne à sucre, palmier à huile à des doses variant de 1000 à 3000 g m.a./ha.

Dérivés de la triazine

Ces herbicides sont tous dérivés de la S-triazine et possèdent en général des propriétés voisines de celles des dérivés de l'urée. Comme eux ils se caractérisent par une faible solubilité dans l'eau, une tension de vapeur réduite, une toxicité pour l'homme faible.

Ils inhibent la fonction chlorophyllienne et leur mode de pénétration est principalement radiculaire, l'absorption foliaire faible. Le mode d'action est cependant complexe et l'utilisation est différente, ce qui donne à ce groupe une souplesse d'utilisation plus grande sous les tropiques que les dérivés de l'urée.

Parmi tous les herbicides cités nous retiendrons plus particulièrement:

Atrazine

Ce produit est très connu et a permis l'extension de la culture du mais, particulièrement résistant à cet herbicide.

Absorbé par les racines, mais également en partie par les feuilles (au contraire de la simazine, qui ne l'est que par les racines). L'atrazine est quinze fois plus soluble (70 ppm) dans l'eau que la simazine.

Remarquable efficacité à l'égard des graminées et de nombreuses dicotylédones.

Toxicité faible:

dl 50: 2000 à 3000 mg/kg.

Largement utilisé pour le désherbage du maïs en présemis avec incorporation en préémergence ou en postémergence en mélange avec de l'huile pour augmenter l'efficacité. Il est également utilisé pour le désherbage du sorgho.

Simazine

Cet herbicide est également utilisé sur maïs. A la différence de l'atrazine, la simazine est insoluble dans l'eau (3,5 ppm) et est absorbée exclusivement par les racines. Toxicité pratiquement nulle:

dl 50: 5000 mg/kg.

Les conditions d'emploi de la simazine sont quasiment les mêmes que pour l'atrazine.

Amétryne

Cet herbicide est largement utilisé sous les tropiques souvent en association avec la prométryne.

Soluble dans l'eau à raison de 185 ppm il est absorbé principalement par les feuilles mais aussi par les racines et bloque la photosynthèse des mauvaises herbes. Toxicité faible:

DL 50: 1405 mg/kg.

Utilisé pour le désherbage de:

- l'ananas 3 kg m.a./ha;
- canne à sucre 4 kg m.a./ha;
- bananier 2,4 kg m.a./ha.

Prométryne

Très peu soluble dans l'eau (48 ppm), il est absorbé à la fois par les racines et les feuilles. Toxicité faible: dl 50: 3750 mg/kg. Utilisé principalement en mélange avec l'amétryne pour le désherbage de l'arachide (0,6 kg + 0,6 kg m.a./ha).

Métribuzine

Bonne action contre les monocotylédones et les dicotylédones.

Absorbé par les racines et les feuilles ce qui permet des traitements de prélevée et de post-levée.

Pour une application en prélevée, il convient de veiller à ce que le sol soit suffisamment humide ou bien qu'il soit légèrement arrose après le traitement.

En général, on constate une meilleure action en postlevée, ce qui permet souvent de réduire la dose.

La solubilité dans l'eau est dé 1200 ppm. Toxicité faible: dl 50: 2200 mg/kg.

Utilisation importante sous les tropiques (soja, igname).

Aminotriazol

Il est rapidement absorbé par les parties aériennes (y compris les écorces âgées de moins de 3 ans) et les racines.

Rémanence faible. Très soluble dans l'eau (280 g/l à 23°C).

Faiblement toxique: dl 50 de 1100 mg/kg.

Il est surtout utilisé comme herbicide total et est particulièrement actif contre les plantes vivaces. On l'associe souvent avec le thiocyanate d'ammonium qui exerce un effet synergétique ce qui permet de réduire les doses à l'hectare. Ce mélange est très largement utilisé sous les tropiques pour la destruction des plantes vivaces.

Uraciles

Le mode d'action des dérivés de l'uracile est analogue à celui des dérivés de l'urée et de la triazine; ils empêchent la fonction chlorophyllienne et ainsi la photosynthèse des sucres. Action surtout racinaire. Ils ont en général une solubilité plus grande que les dérivés de l'urée et de la triazine.

Carbamates substitués

Groupes comportant à la fois des insecticides et des fongicides. Leurs caractéristiques physico-chimiques sont variables.

Bromacil

Relativement soluble dans l'eau (815 ppm) et très stable, il est cependant détruit par la flore microbienne du sol. Absorbé principalement par les racines, il inhibe la photosynthèse.

Il est surtout utilisé pour le désherbage total mais il manifeste une certaine sélectivité pour les plantes à enracinement profond comme l'ananas, les citrus.

Dose: 1200 à 2800 g m.a./ha.

Peu toxique: dl 50: 5200 mg/kg.

Asulame

L'asulame est absorbé par les feuilles et par les racines et véhiculé dans les différentes parties de la plante. Il agit mieux et plus rapidement à température élevée.

Les sels alcalins sont solubles dans l'eau (sel de sodium, plus de 60%).

Toxicité faible: dl 50: 5000 mg/kg.

Principalement utilisé sur canne à sucre en pré ou postémergence (3 à 4 kg m.a./ha).

Molinate

Il provoque des perturbations dans les systèmes enzymatiques des mauvaises herbes. Légèrement soluble dans l'eau (900 ppm).

Toxicité faible: dl 50: 720 mg/kg.

Utilisé principalement pour le désherbage du riz. Le molinate est très souple d'utilisation. Il peut s'appliquer soit avant la mise en eau soit après la mise en eau. Dose 3-4 kg m.a./ha. On y ajoute souvent du 2,4,5-TP pour améliorer l'efficacité contre les cypéracées,

Alachlore

Très actif contre les graminées.

Solubilité dans l'eau: 148 ppm.

Toxicité faible: dl 50: 1200 mg/kg.

On l'utilise souvent en association avec l'atrazine pour le désherbage du maïs et du sorgho, avec des dinitroanilines pour le désherbage de l'arachide et du soja.

Propachlore

Cet herbicide agit surtout par action racinaire en préémergence. Très actif contre les graminées et une gamme importante de dicotylédones.

Toxicité faible: dl 50: 1580 mg/kg.

Solubilité dans l'eau: 700 ppm.

Largement utilisé pour le désherbage sous les tropiques (canne à sorgho, arachide, soda, pyrèthre, riz pluvial).

Propanil

Il agit en post-émergence par contact. Il pénètre rapidement dans les jeunes adventices.

Toxicité: dl 50: 1384 mg/kg.

Solubilité dans l'eau: 500 ppm.

Le propanil est surtout utilisé pour le désherbage du riz, pluvial ou irrigué. C'est le désherbant par excellence du riz dans les zones tropicales. Lorsque des problèmes de cypéracées se posent on peut ajouter au propanil du 2,4,5-TP.

5.2.3. - Dérivés des acides phénoxyaliphatiques (phytohormones de synthèse)

La découverte, en 1942, de ces dérivés fut le résultat de nombreux travaux menés à travers le monde depuis le début du siècle. L'utilisation pratique de ces nouveaux herbicides provoqua une véritable révolution dans les techniques culturales.

Les phytohormones agissent par sélectivité d'ordre physiologique et provoquent de graves perturbations dans les plantes entraînant leur mort. Leur persistance dans les sols est variable. Il existe trois catégories de dérivés:

1. dérivés de l'acide phénoxyacétique;
2. dérivés de l'acide phénoxybutyrique;
3. dérivés de l'acide phénoxypropionique.

Dérivés de l'acide phénoxyacétique

2,4-D et ses dérivés.

Il en existe trois grandes catégories comprenant un grand nombre de produits:

- sels sodiques du 2,4-D;
- sels aminés;
- esters.

Tous ces composés ont des activités différentes liées aux propriétés physico-chimiques de ceux-ci.

MCPA

L'acide 2-méthyl-4-chlorphénoxyacétique existe également sous trois formes sels alcalins, sels aminés et esters. Le MCPA est souvent utilisé en association avec les diverses formes de 2,4-D.

Dérivés de l'acide phénoxybutyrique

Ces dérivés ont une action très proche des dérivés de l'acide phénoxyacétique:

MCPB;
2,4-DB;
2,4,5-TB.

Dérivés de l'acide phénoxypropionique

MCPP ou mécoprop;
2,4-DP;
2,4-TP;
2,4,5-TP ou fénoprop.

Parmi ceux-ci, nous retiendrons:

2,4-D

C'est le plus connu des désherbants hormonés sélectifs (phytohormones de synthèse). Il a été synthétisé à la fois aux U.S.A. et en Angleterre. Il est utilisé principalement pour le désherbage des céréales et des prairies. Les espèces résistantes à ce composé appartiennent pour la plupart aux monocotylédones.

Il est utilisé sous des formes très diverses: (sels, esters divers,...). dl 50: 375 mg/kg.

Il est nécessaire de prendre des précautions pour éviter des dégâts aux cultures voisines sensibles, notamment le côtonnier.

Le 2,4-D est principalement utilisé sur riz (600 g m.a./ha) et canne à sucre (1,4 kg m.a./ha).

2,4,5-TP

Il est proche de 2,4,5-T mais agit plus lentement et est plus spécifique. DL 50: 650 mg/kg.

Il est particulièrement efficace contre les cypéracées. Il s'utilise surtout en postémergence pour le désherbage du riz souvent en association avec le propanil, le benthiocarb, le molinate et l'oxadiazon.

Dérivés de l'acide benzoïque

Ces dérivés possèdent des propriétés et un mode d'action analogue à ceux des autres phytohormones.

Trois herbicides sont commercialisés:

- 2,3,6-TBA;
- dicamba (ou médiben);
- chloramben (ou amiben).

Piclorame

Il a un mode d'action comparable à celui des phytohormones (2,4-D, 2,4,5-T,...). Les monocotylédones sont très tolérantes, notamment les graminées des prairies (dose: 1250 g m.a./ha).

Le piclorame est également actif pour la destruction des broussailles et des plantes ligneuses et pour dévitaliser les souches. La remanence du piclorame dans le sol est beaucoup plus longue que celle des autres phytohormones.

5.2.4. - Produits divers

Bentazone

Très sélectif vis-à-vis des céréales et des graminées mais détruit de façon efficace par contact les dicotylédones annuelles.

Toxicité faible: dl 50: 1100 mg/kg.

Largement utilisé pour le désherbage du riz souvent en association avec le propanil ou le molinate afin d'en améliorer le spectre d'efficacité.

Glyphosate

Cet herbicide connaît un succès très important dans le monde et notamment sous les tropiques en raison de sa remarquable efficacité contre les plantes vivaces.

Il est absorbé par les feuilles et véhiculé dans les parties souterraines des plantes; il inhibe la synthèse de certains acides aminés aromatiques (phénylalanine). Le glyphosate agit mieux lorsqu'il est appliqué sur des adventices en période de végétation active et ayant atteint leur pleine croissance foliaire afin d'obtenir l'absorption maximale et le transport de l'herbicide dans le système racinaire. Il ne présente aucune action par la voie racinaire, ni de rémanence.

Sa toxicité est faible: dl 50: 4320 mg/kg.

Il permet de lutter contre les adventices pérennes:

- avant plantations de cultures maraîchères, céréales, arachides, soja, coton, plantes à tubercules;
- en traitements dirigés en cultures de caféier, cacaoyer, théier, cocotier, palmier à huile.

Il peut également être utilisé:

- pour la destruction des vieilles cannes à sucre devant être renouvelées.

Dans ce cas, les vieilles cannes ne doivent pas être extirpées manuellement ou mécaniquement et une nouvelle culture peut être installée dans l'interligne:

- pour la destruction des broussailles et arbustes;

- pour la rénovation de vieux pâturages infestés d'adventices pérennes;

- pour la destruction des riz sauvages avant culture rizicole et des plantes aquatiques émergées bloquant les canaux d'irrigation;

- comme herbicide total en zones industrielles, forêts, le long des voies de chemin de fer et des lignes électriques.

Il est particulièrement indiqué dans la lutte contre les adventices pantropicales:

- graminées vivaces: Imperata cylindrica, Paspalum sp., Panicum maximum, Pennisetum clandestinum, Cynodon dactylon, etc...;

- cyperacées: Cyperus rotundus et autres espèces;

- dicotylédones vivaces: chardons, Eupatorium odoratum, etc.

La dose d'emploi varie selon la résistance des adventices et va de 0,5 à 4 kg m.a./ha selon l'espèce.

Oxadiazon

Cet herbicide exerce son activité en préémergence et en postémergence. Cette action est d'autant plus brutale et complète que les plantes sont jeunes et en voie de croissance active.

En préémergence, l'intoxication des plantes s'opère au moment de la germination par contact avec les particules de sol traité a l'oxadiazon.

Cet herbicide offre une gamme très variée d'application sur riz pluvial, riz irrigué, riz repiqué, ce qui en fait un herbicide largement utilisé pour cette culture.

On l'utilise également sur soja, canne à sucre, cotonnier, arachide et tabac, à des doses variant de 750 g à 4000 g m.a./ha suivant les types de sols.

Toxicité pratiquement nulle: dl 50: 8000 mg/kg.

Dalapon utilisé pour la destruction des graminées annuelles ou vivaces 15 à 20 kg/ha.

Diquat, Paraquat, herbicides relativement peu sélectifs agissant par blocage des phénomènes d'oxyréduction..., inactivés au contact du sol, donc aucune action résiduelle.

Dose du paraquat 500 g à 1000 g m.a./ha.
Dose du diquat 800 g à 1000 g m.a./ha.

Très utilisés sous les tropiques.

VI. Désherbage des cultures tropicales annuelles

6.1. - Céréales tropicales

Il s'agira essentiellement du riz, du maïs, du sorgho et du mil. Le blé sera mentionné d'une manière très accessoire.

6.1.1. - Désherbage du riz

Culture de base en Asie, le riz constitue cependant un appoint non négligeable en Afrique.

On y distingue:

- la riziculture pluviale: les besoins en eau sont uniquement assurés par les pluies sur des terrains exondés. Elle est très pratiquée en Afrique;

- la riziculture irriguée, type de culture très largement répandu dans le monde, particulièrement en Asie.

Plusieurs systèmes culturaux sont utilisés suivant les pays:

- semis en sec, puis amenée de l'eau d'irrigation;
- semis en grains prégermés épandus sur sol boueux ou dans la nappe d'eau de la rizière;
- repiquage du riz. Le terrain est en eau, sans adventices et les plantules sont repiquées dans le substrat boueux.


Traitement de bordures au glyphosate sur riz pluvial (Cl. HERNANDEZ)

La riziculture de bas-fonds

Le riz peut être cultivé sous une pluviométrie très faible si le bas-fonds est alimenté par des nappes phréatiques affleurant le niveau du sol ou est inondé par des crues.

Les riz flottants, variétés très rustiques mais à faible productivité de certaines régions d'Asie (plaine centrale de Thaïlande) et d'Afrique (vallée du Niger), capables de s'adapter à des variations importantes du niveau de submersion, sont un cas particulier de cette riziculture de bas-fonds.


Traitement herbicide au glyphosate sur riz (Cl. HERNANDEZ).

La riziculture de mangrove

C'est un cas particulier de la riziculture aquatique où l'on cherche à éviter la submersion par les eaux salines des régions de mangrove en bordure de mer par une technique spéciale de culture en planches surélevées. Ceci permet de tirer parti de variétés dites «riz de mangrove», particulièrement bien adaptées aux sols salés, très rustiques mais, comme les riz flottants, à faible productivité.

6.1.1.1. - Les espèces d'adventices

Bien entendu, elles sont multiples et adaptées aux conditions écologiques. Certaines sont communes à presque toutes les régions de culture. On distingue quatre classes:

- graminées,
- cypéracées,
- espèces à feuilles larges (dicotylédones et monocotylédones autres que graminées et cypéracées),
- algues.


Labour attelé dans chaumes de riz (Cl. DEAT).

Graminées

Ce sont les adventices les plus dangereuses. Certaines espèces sont parfois très proches du riz et leur distinction au stade plantule est parfois difficile. Citons Echinochloa spp., Panicum spp. Ischaemum rugosum, Isachne australis. Dans la tribu des oryzées on peut citer Leersia hexandra et surtout divers riz sauvages.

Cypéracées

Depuis l'utilisation croissante d'herbicides en rizières permettant un bon contrôle des graminées et des dicotylédones, les cypéracées ont tendance à devenir envahissantes. Les espèces annuelles sont bien contrôlées par le 2,4,5-TP et le bentazon. Les espèces pérennes, bien que plus difficiles à combattre, sont justifiables depuis peu de traitements herbicides efficaces pouvant même aboutir à leur éradication (cf. chapitre «Directives de lutte particulières à certaines adventices»). Parmi les plus importantes de ces espèces pérennes figurent:

les Scirpus à feuilles nulles ou réduites et à inflorescences en capitule,
les Cyperus dont notamment C. articulatus, C. iria, C. eculentus, C. rotundus,
les Eleocharis,
les Kyllinga,
les Fimbristylis.

Espèces à feuilles larges

Les adventices de ce groupe sont les plus faciles à contrôler, comme par exemple Jussiaea spp., Aeschynomene spp...

Certaines de ces espèces peuvent être flottantes dans l'eau des rizières, soit profondément enracinées.

Algues

Les algues sont souvent gênantes dans les rizières à eau stagnante. De nombreuses espèces peuvent être dangereuses: les algues unicellulaires bleues-vertes, rouges-bruns, filamenteuses et les espèces du type Chara.

Mais il faut signaler que les algues fixatrices d'azote ont au contraire un rôle utile.

6.1.1.2. - Techniques culturales classiques de contrôle des adventices

Aménagement des rizières

La maîtrise du plan d'eau, lorsqu'elle est possible, est une aide précieuse pour la lutte contre les adventices, surtout lorsque la technique du repiquage est employée. Elle est indispensable en cas de semis direct, pendant toute la première phase de la croissance du riz.

Le planage des rizières doit être soigné.

Lorsque l'eau est disponible en quantité suffisante, on peut procéder à des pré-irrigations suivies d'assèchement qui provoquent la levée des adventices et permettent leur destruction. Ce moyen est utilisé pour la lutte contre les riz sauvages annuels.

Préparation du lit de semence et semis

En plus de la destruction de la végétation adventice qui lève avant semis, la préparation d'un lit de semence effectuée correctement permet une bonne levée du riz qui améliore sa compétitivité face aux adventices.

Semence propre

Il est très important que la semence soit indemne de graines d'adventices.

Accompagnement de travaux manuels ou mécaniques

Les sarclages en début de cycle conditionnent la réussite de la culture. Si le semis a été fait en ligne le sarclage mécanique accélère le travail.

Rotation culturale

Elle permet de commencer le cycle d'assolement avec une terre sans adventices.

6.1.1.3. - Herbicides utilisés en riziculture

Si l'on excepte les riz flottants et la riziculture de Mangrove, dont les faibles rendements n'autorisent pas l'utilisation des herbicides, on a développé des techniques permettant la maîtrise des mauvaises herbes en riziculture pluviale et riziculture irriguée.

Riz pluvial

Deux séries d'applications:

en prélevée du riz
en post-levée du riz.

En prélevée, les produits suivants sont utilisés:

Fluorodiphène (1) 5 à 10 l/ha, Oxadiazon (2) 4 l
Thiobencarbe (3) 4 l/ha, Butachlore (4) 4 l/ha.

Noms commerciaux

(1) Préforam CE 30 (5) Tamariz
(2) Ronstar CE 250 (6) Tamariz-super
(3) Saturn CE 50 (7) Stam F 34
(4) Machete CE 60

En post-levée:

Thiobencarbe + Propanil (5) 8 l/ha en produit formulé
Propanil + Thiobencarbe + Fenoprop (6) 10 l/ha
Propanil + Bentazone (7) 5 à 8 l/ha en produit formulé.

6.1.1.4. - Concernant le riz irrigué

Avant la mise en eau et le semis on peut éliminer les adventices par ce qu'on appelle le labour chimique. Il consiste à détruire les mauvaises herbes par pulvérisation d'herbicides systémiques peu sélectifs. Dans le cas d'adventices annuelles le paraquat à raison de 0,5 kg/ha peut suffire. Dans le cas d'adventices perennes ou d'envahissement de cyperus deux herbicides sont particulièrement recommandés le bromacil, herbicide total très rémanent, utilisé contre C. rotondus dans les cultures d'ananas, en traitement de prélevée, le glyphosate en post-levée à 2 kg m.a./ha.

En cours de cycle les formules indiquées pour le riz pluvial sont valables pour les riz irrigués.

6.1.2. - Désherbage du maïs

Le maïs est une plante extrêmement sensible à la concurrence des adventices. En effet, il lève plus lentement que celles-ci et ne couvre complètement le sol que deux à trois mois après le semis. De plus le niveau élevé de la fertilisation rend le salissement très rapidement concurrentiel pour le maïs.

Lorsqu'on utilise des engrais liquides, les adventices en profitent au maximum et leur croissance est donc encore plus rapide. Enfin les binages mécaniques sont parfois devenus dangereux avec certaines variétés nouvelles actuellement utilisées et risquent de faire baisser le rendement.


Mais enherbé par E. Heterophylla (Cl. DEAT).


Sarclage attelé du maïs ( Cl. DEAT).

Les adventices doivent donc être détruites dès qu'elles sortent de terre et toutes les levées ultérieures doivent également être sévèrement contrôlées car, malgré son feuillage abondant et ses racines puissantes, le maïs reste sensible à la concurrence. On dispose pour cela d'herbicides sélectifs qui, dans la plupart des cas, auront une efficacité suffisante. Cependant, en cas d'échec, on peut faire appel à des solutions de rattrapage mettant en œuvre des produits non sélectifs du maïs. Mais il s'agira de choisir la solution la meilleure en fonction de la nature des adventices à détruire et du type de sol sur lequel la culture de maïs est implantée.

Depuis plus de quinze ans les dérivés de la chlorotriazine (atrazine, simazine et cyanazine) ont permis de résoudre dans les pays développés la plupart des problèmes posés par le désherbage du maïs. Mais l'utilisation continue de ces dérivés peut provoquer des modifications de flores et notamment l'apparition de graminées tolérantes (Echinochloa spp, Setaria spp, Digitaria spp,...). Heureusement, de nouvelles matières actives sont apparues. Elles permettent seules ou en mélange avec les chlorotriazines de contrôler de manière efficace les infestations par les graminées. Dans ce cas, il est donc essentiel de bien connaître la flore présente et de choisir le désherbant en fonction de celle-ci.

Dans les zones tropicales, le maïs est resté, sauf exception, une culture de case. Mais depuis quelques années, la culture de maïs s'est développée en assolement avec la culture cotonnière.

Traitement de présemis (ou de préplantation).

On peut comme pour beaucoup d'autres cultures pratiquer le labour chimique en utilisant le paraquat ou le glyphosate lorsqu'il y a présente d'adventices pérennes à rhizomes.

Traitement de post-levée: atrazine, paraquat ou 2,4-D.

6.1.3. - Désherbage du mil et du sorgho

Le mil, cultivé sur plus de 10 millions d'hectares en Afrique, est une céréale de rendement faible, de l'ordre de 500 kg/ha.

L'entretien en est donc manuel et traditionnel. Le semis en ligne peut permettre l'utilisation de houes tractées ou de polyculteurs mais la faiblesse des rendements n'encourage guère des investissements plus onéreux.

Aussi les indications sur la lutte chimique, comme du reste pour le sorgho restent-elles pour le moment largement hypothétiques.

Le sorgho est une céréale annuelle qui peut se cultiver en sec ou sous irrigation. Les variétés améliorées sont semées à faible écartement entre les lignes, ce qui rend impossible les binages mécaniques.

La concurrence des adventices est accrue par la végétation lente du sorgho au départ.

On a tendance actuellement à effectuer des traitements au moment des semis afin d'éliminer très tôt les mauvaises herbes, en particulier les graminées. Les traitements dans les interlignes sont efficaces au stade 30 et 40 cm du sorgho afin de combattre les espèces vivaces.

Les traitements de préémergence pour mil et sorgho sont à base d'atrazine 1 kg m.a./ha. Propazine 2 kg m.a./ha ou une formule combinant atrazine 0,5 kg m.a./ha et Propazine 0,5 kg m.a./ha.

En post-levée le 2,4-D, à 0,7 kg ou le MCPA (0,3 - 0,55) kg peuvent permettre une certaine élimination des adventices.

6.1.4. - Désherbage du blé

Les tentatives de culture du blé sous les tropiques n'ont généralement pas été très heureuses. Les labours qui précèdent le semis éliminent une grande partie de la flore des adventices (ces cultures se font en outre en contre saison à une époque où les nuits sont fraîches; les conditions climatiques jointes à la densité du semis font que les adventices sont en général peu abondantes), mais peuvent substituer des plantes vivaces et des cypéracées. Pour leur élimination on se reportera aux différentes indications données pour cette famille.

6.2. - Désherbage des plantes à tubercules

L'igname constitue la ressource alimentaire essentielle de la zone ouest africaine qui produit plus des deux tiers du tonnage mondial. Le Nigéria assure à lui seul presque la moitié de la production mondiale.

La production mondiale de manioc est assurée pour près de quarante pour cent par l'ensemble de l'Afrique et pour près d'un tiers par le seul Brésil. Sa culture tend à se développer, souvent au détriment de celle de l'igname, car elle nécessite un moindre travail du sol, la plantation est plus aisée et les rendements sont plus élevés.

La patate douce et d'autres plantes secondaires, comme l'arrow-root, le tania, le taro, le gingembre, sont de moindre importance, sauf parfois localement.

Nuisance des adventices

Excepté pour la patate douce, les plantes à tubercules ont en commun une longue durée de cycle cultural (6 à 7 mois minimum) et un délai d'au moins trois à quatre mois pour que leur végétation recouvre le sol et assure ainsi, par ombrage, une certaine protection naturelle contre l'enherbement.

La nuisance des mauvaises herbes est la plus forte précisément à ce moment; la période de sensibilité maxima pour l'igname est de deux à trois mois, quatre mois pour le manioc et deux mois pour la patate douce. Or le développement des adventices tropicales est très rapide et la concurrence s'exerce déjà significativement au bout d'un mois. Le désherbage manuel, qui est la pratique la plus courante, est très exigeant en main-d'œuvre; la mécanisation présente quelques risques, notamment par blessure des racines. Le désherbage chimique constituerait donc la solution la mieux adaptée, malheureusement il est encore très peu pratiqué.

Concernant l'igname, l'atrazine 1000 à 3000 g m.a./ha, le métribuzin à 2000 g/ha donne de bons résultats en préémergence; le dapalon (5 kg m.a./ha) est utilisé en postémergence.

Pour le manioc, citons en préémergence:

Fluométuron 3 à 4 kg m.a./ha
Diuron 1,6 à 2,4 kg m.a./ha
Fluométuron + alachlore 1,6 + 1,2 kg m.a./ha.

En postémergence:

Diuron 4 kg m.a./ha.
Enfin, pour la patate douce, atrazine 1,5 à 3 kg m.a./ha, amétryne 3 kg m.a./ha, métribuzin 1,44 kg m.a./ha peuvent être recommandes.

6.3. - Le désherbage de l'arachide

L'arachide est une plante à croissance lente dans les premiers stades de la végétation: la germination et la levée demandent plusieurs jours, parfois plus d'une semaine s'il s'agit de variétés à grosses graines de type «Virginia». Le sol n'est recouvert entièrement par la culture que tardivement, environ deux mois près le semis. Aussi la compétition des mauvaises herbes, qui lèvent généralement très vite et poussent très rapidement sous les climats tropicaux, est-elle particulièrement forte pendant les premiers stades de la culture.

L'eau est fréquemment le facteur limitant le plus important dans les pays arachidiers du Sahel: il n'est pas rare que des champs d'arachides enherbés flétrissent en période de sécheresse alors que des champs propres maintiennent une végétation normale.

La compétition pour les éléments minéraux peut être importante et a souvent des conséquences néfastes sur l'utilisation des engrais: les cultivateurs sachant que «l'engrais fait pousser l'herbe» n'épandent celui-ci qu'après le premier sarclage, ce qui peut retarder l'application d'engrais d'un mois ou plus et diminuer alors fortement son efficacité.

Un mauvais contrôle des adventices peut entraîner des pertes de rendement importantes.

Ainsi dans un essai réalisé au Sénégal, le retard de 21 jours du premier sarclage diminue le rendement en gousses de 28 % et en fourrage de 38 %. Au Mali, un retard de 35 jours du premier sarclage diminue le rendement en gousses de 33 %, et le rendement en fourrage de 43 %.


Traitement herbicide sur arachides avec pulvérisateur centrifuge (Cl. HERNANDEZ).

Une autre caractéristique de l'arachide - le fait que les gousses se forment dans le sol - rend le désherbage difficile. Les outils, que ce soit en culture manuelle, attelée ou motorisée, peuvent causer des dégâts non négligeables aux cultures en cisaillant les gynophores, pour un sarclage se situant après le début de la floraison, et également causer des dégâts aux racines.

Dans certaines régions, le sarclage peut être également nuisible à l'état sanitaire des cultures, les projections de terre sur la plante favorisent le développement des maladies cryptogamiques.


Traitement par hersage sur arachides (Cl. HERNANDEZ).


Souleveuse pour récolte sélective d'arachides (Cl. HERNANDEZ).

Idéalement le semis d'arachides ne devrait intervenir que sur terre parfaitement propre. Les contraintes climatiques ne permettent généralement pas d'effectuer les façons culturales nécessaires, ce qui signifie que les travaux de désherbage se situent pendant le cycle de culture.

Cependant en préplantation et préémergence on dispose de nombreuses spécialités efficaces: Alachlore à raison de 2 à 3,5 kg m.a./ha, Diphénamid 2 à 6 kg m.a./ha, Oxadiazon 1 à 2,5 kg m.a./ha, Benfluraline 1,1 à 1,8 m.a./ha, etc.

En postémergence Bentazone à 0,7-1,5 kg m.a./ha, Dinoseb 1 à 7 kg m.a./ha et 2,4-D B à 2-3 kg m.a./ha.

Les formulations en granulés permettraient de résoudre les problèmes d'eau mais actuellement elles paraissent trop coûteuses. L'idée d'associer engrais et herbicides de préplantation ou de préémergence devrait permettre d'aboutir à une solution rationnelle.

6.4. - Le désherbage du cotonnier

Parmi les plantes à fibres le cotonnier tient une place prépondérante et est actuellement cultivé sur 33 millions d'hectares répartis dans 75 pays situés sur les cinq continents.

La concurrence entre le cotonnier et les mauvaises herbes est un problème complexe qui dépend des conditions du milieu dans lequel est pratiquée la culture et aussi du type d'adventices que l'on rencontre, qui peuvent être annuelles, bisannuelles ou pérennes. Cela explique que les périodes où l'influence des mauvaises herbes est la plus néfaste peuvent être variables. Le plus souvent, c'est pendant la première partie de leur développement que les cotonniers souffrent le plus.

Les pertes de récoltes de coton-graine dues à l'enherbement ont été estimées dans de nombreux pays. Ainsi, au Soudan, 60 à 90 % du rendement potentiel est perdu en cas d'absence de lutte contre les adventices que ce soit en culture pluviale ou en culture irriguée. En Côte d'Ivoire, le fait de ne pas entretenir la culture pendant les 35 premiers jours après les semis entraîne une diminution des rendements de 35 %.

La nuisance des mauvaises herbes pour les cotonniers augmente avec l'intensification de la culture qui introduit des techniques favorisant le développement d'adventices au détriment d'autres, comme les engrais ou qui en privilégient certaines comme peut le faire l'application répétée d'herbicides du même type qui modifient l'équilibre des populations de mauvaises herbes.

Ainsi, l'enherbement peut aussi contribuer à créer un milieu favorable à certains parasites du cotonnier. Enfin il est gênant pour la récolte.

Comme pour les autres cultures, une rotation culturale bien édudiée, une bonne préparation du sol, constituent des précédents très appréciables pour le coton. Par exemple, l'association maïs-niébe. Une bonne densité des plantes permet également d'assurer une protection et une couverture du sol. Mais il faut souligner que les binages sarclages, effectués aussi précocément que possible, restent la base d'une bonne pratique culturale.

L'association culture attelée et travail manuel, permet de réduire la pénibilité du travail, voire d'augmenter les surfaces mises en culture.

Utilisation des herbicides

De nombreuses études ont été faites sur le sujet et on dispose actuellement de données sûres sur la manière de maintenir la culture propre.

a) Avant la mise en culture

Dans certains cas on peut détruire les adventices avant la remise en culture du sol. On utilise généralement pour cela du paraquat à 560 g m.a./ha, additionné d'un surfactant quand les herbes atteignent au plus 15 cm de haut. Lorsque le terrain est envahi par des graminées à multiplication végétative vigoureuse comme Imperata cylindrica ou qui ajoutent à ce mode de reproduction un pouvoir germinatif élevé, on utilise le dalapon à raison de 4150 à 5830 g m.a./ha, additionné d'un surfactant. Ce traitement est complété par une passage de charrue à disques 1 à 2 semaines plus tard.

b) En prélevée des adventices

Divers produits dinitroanilinés sont utilisés sur sol propre avant le semis. En culture pluviale ils sont incorporés dans la couche superficielle du sol (3 à 5 cm) après l'épandage. En culture irriguée, on peut faire suivre leur application d'une irrigation qui les incorpore au sol.

Ils sont très sélectifs du cotonnier et leurs doses d'utilisation varient suivant la nature du sol.

Le produit type à employer est la Trifluraline à 1200 g/m.a./ha à incorporer rapidement au sol. L'utilisation des pulvérisateurs centrifuges permet d'effectuer des traitements à raison de 10 à 20 l/ha, éliminant ainsi la contrainte de l'eau.

Ces produits sont généralement appliqués sur toute la surface du sol.

L'utilisation de pulvérisateurs centrifuges permet d'effectuer des traitements à raison de 10 l à 20 l./ha, éliminant ainsi la contrainte de l'eau.

Cette technique est largement vulgarisée en Afrique tropicale (80000 ha) pour les applications de post-semis où sont utilisés le fluométuron et les associations dipropétryne métolachlore et fluométuron + prométryne.

En Afrique les composés dinitroanilinés ont été essayés avec succès dans de nombreuses régions mais leur vulgarisation est freinée car ils doivent être incorporés au sol. Cela peut cependant être réalisé en culture attelée sur sols légers et cette technique a été prévulgarisée au Sénégal.

Traitements de post-semis

Ces traitements sont réalisés sur sol propre en prélevée des adventices et des cotonniers. Les produits utilisés sont des dérivés de l'urée ou de la triazine. Ils sont conseillés à des doses d'utilisation variables suivant la nature du sol. Leur action herbicide est plus dépendante des conditions d'humidité du sol au moment de l'application que l'action des produits de présemis ou de prélevée et un épandage sur sol sec obère fortement leur efficacité.

Les applications peuvent se faire sur toute la surface des champs ou uniquement sur la bande de semis, l'interligne étant alors désherbé mécaniquement.

Monuron, Diuron, Fluométuron sont d'usage courant en divers pays.

Quand les cotonniers atteignent 8 à 10 cm de hauteur, d'autres produits sont utilisables. On traîte alors en application dirigée une bande de 30 à 40 cm de large. Deux produits (DSMA et MSMA) sont utilisés seuls ou associés à des dérivés de l'urée et de l'atrazine. Seule une action de contact sur les mauvaises herbes est recherchée et elle est favorisée par l'adjonction d'un surfactant. Il ne faut pas que les mauvaises herbes soient trop hautes (8 cm) pour que l'efficacité du traitement soit bonne.

Parmi les produits actuellement conseillés, citons:

- fluométuron 1200 à 1750 g m.a./ha (1);
- pendiméthaline à 1300 g à 1450 g m.a./ha (2);
- dipropétryne 1400 à 2000 g m.a./ha (3);
- dipropétryne + métolachlore 960 g + 640 g (4);
- prométryne - fluométuron 1000 + 1000 g (5)
- dipropétryne + métachlore + paraquat (cotodon mix);
- terbutryne + métolachlore + glyphosate.

(1) «Cotoran 500 x» (ne pas utiliser sur sols légers);
(2) «Stomp».
(3) «Cotofor 500»;
(4) «Cotodon 400»;
(5) «Cotogard».

VII. Désherbage des cultures perennes

7.1. - Le désherbage des palmiers à huile (Elaeis) et des cocotiers

La culture de l'Elaeis (palmier à huile) et du cocotier nécessite au départ d'importants moyens. Elles sont le fait de sociétés industrielles ou de sociétés d'État et même lorsque les paysans sont associés à cette spéculation les gros travaux d'installation sont effectués à leur profit.

Le processus en est le suivant:

- Destruction de la flore forestière ou de savane

- Semis d'une plante de couverture

- Installation des palmiers

- Protection contre les adventices d'une petite surface (rond de palmier), soit par sarclage, soit par herbicide

- entretien des interlignes.

7.1.1. - Préparation des terres

Dans les régions favorables aux oléagineux pérennes, le choix des terrains à planter couvre des zones très diverses, depuis la forêt jusqu'à la savane.

L'implantation d'une palmeraie ou d'une cocoteraie nécessite la destruction préalable de la végétation naturelle, modifiant profondément l'équilibre du milieu. Le sol ainsi dénudé, exposé à l'érosion et à l'action de la température qui détruit en partie la vie microbienne, est un milieu favorable au développement des plantes adventices nuisibles.

Sur forêt, les techniques modernes d'abattage, d'andainage et de nettoyage par des engins mécaniques se traduisent par un développement rapide des graminées. Sur savane dominent souvent l'Imperata cylindrica ou d'autres graminées vivaces ou pluriannuelles.

L'établissement d'une plantation exige une préparation sérieuse du terrain, pour réduire le plus possible les frais d'entretien.

On procède donc avant plantation au semis d'une légumineuse de couverture qui permet, entre autres avantages non négligeables, d'augmenter la teneur en matière organique, de réduire le lessivage des éléments nutritifs et d'améliorer la structure physique du sol, celui de permettre l'étouffement des adventices et un entretien plus facile.

L'entretien des jeunes cultures de la plantation à l'entrée en production

Les opérations classiques d'entretien contre les adventices concernent le sarclage des «ronds» et l'entretien de l'interligne. La première opération est destinée à dégager le jeune arbre des plantes qui le concurrencent. L'espace vital qui lui est nécessaire dans les deux premières années étant relativement restreint (les racines ne s'étendent pas à plus d'un mètre de rayon un an après sa mise en place), toute végétation qui n'est pas extirpée de cette surface est en compétition directe avec le sujet et doit être éliminée. La seconde opération (entretien de l'interligne) a pour but de faciliter l'installation de la plante de couverture et la création d'un tapis végétal empêchant tout développement des mauvaises herbes.

L'entretien des cultures en production

L'entretien des interlignes et des ronds des palmeraies ou cocoteraies procède du même souci.

Les ronds de palmiers occupent seulement une surface plus grande, en relation avec le développement racinaire des palmiers.

7.1.2. - Utilisation des herbicides

Préparation du terrain

Lorsque la préparation du terrain est réalisée plusieurs mois avant la plantation, il peut être intéressant, avant le semis mécanique de la plante de couverture, de traiter les futures lignes de plantation avec un herbicide de prélevée auquel on peut ajouter, selon la densité des repousses au moment de l'application, un herbicide de post-émergence.

Les résultats des essais mis en place montrent que les mélanges les plus intéressants sont:

- le MSMA à 2,5 kg de m.a./ha traité + thiazafluron à 1,5 kg m.a./ha traité;
- le MSMA à 2,5 kg de m.a./ha traité + amétryne à 1,5 kg m.a./ha traité + atrazine à 1,5 kg de m.a./ha traité.

Contre Imperata, de bons résultats ont été obtenus lors de la préparation des terres avec une quantité de 30 à 90 kg de dalapon par hectare traité, mais en raison du nombre de traitements à effectuer pour réduire la densité de rhizomes avant le semis de couverture, on préfère souvent réaliser ce travail d'épuisement par des passages répétés de pulvériseur à disques.

Prépépinières

La prépépinière, régulièrement arrosée, est rapidement envahie par les mauvaises herbes et il faut, en général, 4 à 5 tours de nettoyage à la main pour la préserver pendant toute sa durée (voisine de 4 mois).

Il n'est pas recommandé de désherber chimiquement les germes de noix de coco et les prépépinières de palmier, car les jeunes plants sont sensibles à la plupart des herbicides.

7.1.3. - Entretien des «ronds de palmiers»

On distingue généralement deux périodes:

- mise en place des palmiers juqu'à cinq ans;
- plantations adultes.

Dans le premier cas on doit savoir que les jeunes palmiers sont très sensibles à la plupart des herbicides. Ceux qui ont été retenus pour l'intérieur du rond sont le Diuron, à raison de 2,4 kg m.a./ha traité et l'Amétryne à 2,4 kg m.a./ha traité.

Le pourtour du rond est traité au Glyphosate et M.S.M.A.

A partir de la troisième année l'intérieur du rond est traité au Thiazafluron à 1,5 kg ou Cyanatrine, le pourtour au M.S.M.A.

Pour la palmeraie adulte nous donnons à titre d'indication la succession des traitements préconisés en Côte d'Ivoire par l'I.R.H.O. (voir tableau page suivante).

7.2. - Désherbage des caféiers (Coffea arabica - Coffea robusta)

Les caféiers constituent une culture qui, même à l'état adulte, couvre assez mal le sol. C'est dire que les interlignes ont de tout temps fait l'objet de pratiques visant à éliminer les adventices.

Age de la

Epoques d'application

plantation

Fin de la saison sèche(avril)

Fin de la grande saison des pluies (août)

Fin de la petite saison des pluies (décembre)

5 à 7 ans

Paraquat à 0,8 kg/ha + éventuellement Diuron ou Amétryne à 2,4 kg/ha.

MSMA à 2 kg/ha + éventuellement Amétryne à 2,4 kg/ha ou Diuron à 2,4 kg/ha.

MSMA à 2 kg/ha + éventuellement sel aminé de 2,4 D à 0,7 kg/ha ou éventuellement + Aminotriazole à 1 kg/ha.

7 à 10 ans

MSMA à 3 kg/ha + 2,4 D Amine à 1 kg/ha ou Aminotriazole à 2 kg/ha + Diuron ou Ametryne à 2,4 kg/ha. kg/ha.

MSMA à 3 kg/ha + 2,4 D Amine à 2 kg/ha ou TCA à 44 kg/ha.

Chlorate de soude à 6 kg/ha + MSMA à 2 kg/ha + 2,4 D Amine à 1 kg/ha.

10 à 15 ans

MSMA à 3 kg/ha + 2,4 D Amine à 1,5 kg/ha ou Aminotriazole à 2 kg/ha + Diuron ou Amétryne à 2,4 kg/ha.

MSMA à 3 kg/ha + Piclorame à 0,25 kg/ha + éventuellement TCA ou Dalapon à 4 kg/ha.

Chlorate de soude à 8 kg/ha + MSMA à 3 kg/ha + éventuellement 2,4 D Amine à 1,5 kg/ha.

+ de 15 ans

MSMA à 4 kg/ha + Piclorame à 0,25 kg/ha + éventuellement Diuron ou Amétryne à 3,2 kg/ha.

MSMA à 4 kg/ha + Chlorate de soude à 8 kg/ha + éventuellement 2,4 D a 2 kg/ha.

MSMA à 4 kg/ha + Chlorate de soude à 10 kg/ha + éventuellement Dalapon à 6 kg/ha ou Aminotriazole à 3 kg/ha.

Le «clean weeding» a été longtemps préconisé, mais cette méthode blesse les racines des arbustes et on constate assez souvent des baisses de rendement. Le paillage ou «mulch» était d'usage courant dans l'arabica-culture au Kenya et au Cameroun, mais c'est une opération très coûteuse.

Enfin, une méthode préconisée par l'IRCC (Institut de Recherche du Café, du Cacao et Autres Plantes Stimulantes), celle des plantes de couverture, rabattues périodiquement, semble constituer une solution acceptable dans beaucoup de plantations de type familial. Dans ce cas, les espèces utilisées sont Flemingia congesta, Mimosa invisa inermis et autres légumineuses.

Cette pratique n'est plus d'usage courant notamment en raison de l'extrême difficulté d'établissement du Flemingia.

Et plutôt que de recourir aux plantes de couverture, dont l'avantage essentiel était après rabattage de fournir un mulch protecteur et enrichissant, on a maintenant tendance à encourager les cultures associées, du moins pendant les premières années de plantation. Les cultures évitent ainsi en caféiculture la salissure du sol et procurent des ressources alimentaires non négligeables. C'est ainsi qu'on a mis en essai arachides, riz, patate douce, maïs, etc.

Pour le maïs qui est une plante très compétitive au niveau des fertilisants et qui, de ce fait, doit être employé avec prudence et avec restitution d'engrais, un aspect sociologique significatif peut être noté. C'est ainsi que dans l'ouest Cameroun un bon nombre de planteurs ne peuvent s'assurer du concours des femmes pour la récolte que s'ils leur permettent de cultiver du mais dans les interlignes en contre saison.

Le problème est différent selon qu'il s'agit de détruire les graminées vivaces ou d'opérer un traitement généralisé à la fois contre mono et dicotylédones. Il s'est compliqué au fil des années par l'apparition d'une flore résiduelle résistante à de nombreux composés telles, par exemple, que les cypéracées qui exigent une approche assez différente.

Les herbicides agissant comme desséchant du feuillage tels que paraquat et aminotriazole associés à des composés agissant au niveau du sol, tels que diuron, simazine, atrazine, etc., constituent une formule intéressante de contrôle des mauvaises herbes, tandis qu'une lutte ponctuelle contre les graminées vivaces est possible par l'emploi de dalapon.

C'est du reste sur ces bases que s'est développé avec quelques variantes, la lutte chimique dans tous les pays de caféiculture, le principe étant de faire intervenir un herbicide comme fauchage chimique et un plusieurs herbicides pour détruire certaines plantes vivaces ou très résistantes.

L'herbicide de contact employé seul, pratique culturale utilisée dans quelques localités, présente en effet un certain nombre d'inconvénients. Seules les parties aériennes vertes des adventices sont détruites et il est nécessaire de multiplier les interventions si l'on veut maintenir l'enherbement à un niveau acceptable; d'autre part, il sélectionne peu à peu un certain nombre de plantes nuisibles qui sont peu sensibles à son action et qui dès lors constituent un nouveau problème aussi ardu sinon plus que le premier.

Dans le classement d'efficience, le traitement diuron + paraquat se situe en premier, suivi de diuron + aminotriazole et simazine + paraquat.

De point de vue économique, diuron + paraquat sont sensiblement égaux au coût de l'entretien manuel.

Un autre désherbant, le glyphosate à 3,8 kg é.a. par hectare, se classe en premier devant toute autre formule, paraquat, dalapon, aminotriazole, MSMA, etc., principalement en ce qui concernait la destruction des cypéracées.

On voit qu'on dispose d'une gamme assez importante de composés très utilisables, mais d'efficacité très différente selon les espèces d'adventices contre lesquelles ils sont dirigés.

A cet égard, les remarques suivantes peuvent être faites.

Le désherbage généralisé à base de paraquat (0,400 kg m.a./ha) complété par un passage de dalapon (8 kg m.a./ha) ou de diuron (2,5 kg m.a./ha) en plusieurs applications au cours de l'année, est sans doute le traitement qui procure à des coûts acceptables une bonne protection contre les adventices.

Mais le dalapon doit être utilisé à 5 kg m.a./ha et jusqu'à 8 à 10 kg m.a./ha pour détruire les graminées vivaces (Digitaria scalarum) et reste peu efficace contre les cypéracées.

Le diuron n'est généralement pas très phytotoxique, mais des cas de mort de caféiers ont été notés là où il a été employé à dose excessive et surtout sur sols légers, sableux et peu fournis en matière organique. Il en est de même lorsqu'il est utilisé à doses répétées. Son effet cumulatif se traduit alors par des décolorations de feuilles.

Dans ce cas, la succession paraquat diuron peut être avantageusement remplacée par paraquat + simazine.

Le MSMA semble avoir une action très différente selon les conditions climatiques et sa formulation commerciale. Il est généralement peu phytotoxique pour le caféier, cependant une certaine prudence est de règle car il peut induire des manifestations ressemblant à une carence en zinc.

Associé à l'aminotriazole, il permet de combattre Cyperus spp. et Paspalum conjugatum.

L'aminotriazole est considéré dans plusieurs pays comme nécessaire pour détruire Paspalum conjugatum, mais il provoque parfois des chloroses des pousses. En outre, c'est un herbicide coûteux.

Le dichlobénil est utilisable contre cypéracées à condition d'être précédé d'une application de paraquat.

Le glyphosate semble devoir être classé comme le meilleur herbicide contre les graminées vivaces Cynodon et Digitaria scalarum et contre les cypéracées Cyperus rotundus, Cyperus esculentus, Killinga erecta, etc., cependant, cet herbicide reste encore très onéreux, ce qui réduit considérablement son usage.

Quels sont les herbicides utilisés dans la pratique à des coûts acceptables?

Plusieurs études économiques ont été réalisées ces dernières années à ce sujet.

Le paraquat est le mode d'entretien le plus efficace et le moins coûteux d'autant que dès la seconde année le nombre de traitements par campagne peut être réduit à quatre, puis à trois l'année suivante.

L'économie de main-d'œuvre est également sensible: 64 journées de travail pour le fauchage manuel et seulement 15 jours pour la pulvérisation d'herbicides.

Cependant la considération du coût n'est pas la seule à prendre en compte, le changement de la composition floristique des adventices est également important.

Ceci nécessite d'alterner les formulations, par exemple, le «roundup» sera suivi de topazol et gramoxone.

En résumé

Actuellement les herbicides qui peuvent être utilisés en caféiculture sont:

- le glyphosate (1) 4 l p.c./ha très efficace mais très onéreux;
- le paraquat (2) 1,5 l p.c./ha;
- l'aminotriazole + thyocyanate + simazine (3) 4 l p.c./ha;
- l'haloxyfop éthocyéthyl (4) + flurozypyr (5) à raison de 300 l de bouillie/ha.

Pour éviter l'évolution de la flore, il convient d'alterner les formulations par exemple Roundup ou Topazol et Gramaxone.

Sur jeunes plantations il convient d'utiliser un cache pour protéger les caféiers du brouillard herbicide.

(1) Roundup
(2) Gramozone
(3) Topazol
(4) Galland
(5) Starane

7.3. - Désherbage des cacaoyers (Theobroma cacao)

La cacaoculture avec une production annuelle moyenne d'un million huit cent mille tonnes de cacao sec, dont les deux tiers pour l'Afrique, constitue pour un certain nombre de pays en voie de développement une des bases essentielles de leur économie.

Le désherbage des cacaoyères est un fait relativement nouveau. Traditionnellement, l'établissement de la plantation se faisait sous forêt éclaircie et les adventices étaient contrôlées par de fréquentes rabattages à la machette. Quand les cacaoyères arrivaient à l'âge adulte, leurs frondaisons plus ou moins jointives, associées à la protection des grands arbres du couvert dominant, arrivaient à faire un ombrage assez dense, limitant ou annihilant la poussée des herbes. Une litière de feuilles formait un «mulch» naturel au pied des arbres.

Un changement des méthodes culturales intervint progressivement vers les années 1960. Contrairement à ce qui était admis jusqu'alors, il est reconnu maintenant que les radiations solaires directes n'étaient pas nuisibles aux cacaoyers, surout aux niveau hybrides et que plus l'éclairement était intense, meilleure était la production.

Cependant, parallèlement, se posait le problème du contrôle des adventices. Avant la mise en place des seedlings, on constitue des haies de protection, soit avec le recru naturel, ou par semis de plantes de couverture, Tithonia, Flemingia, mise en place d'un ombrage provisoire de Cassia spp. ou de Ceara spp., mais le travail de dégagement est souvent important.

Pour se représenter ce que peut être le désherbage d'une cacaoyère, il faut garder à l'idée le fait que le sol d'une plantation n'est jamais travaillé mécaniquement, l'enracinement très superficiel de ces arbres s'opposant formellement à ces façons culturales. En conséquence, le sol ne tarde par à être envahi par un tapis de monocotylédones et dicotylédones. Occasionnellement, se pose aussi le problème des plantes grimpantes et volubiles et des épiphytes, voire des mousses et des lichens.

Le tapis herbacé disparaîtra peu à peu au fur et à mesure que les cacaoyers formeront leurs couronnes et qu'un couvert jointif empêchera la lumière atteindre le sol.

A ce moment, une litière assez épaisse de feuilles mortes couvre le terrain, sans possibilité de repousse des mauvaises herbes à l'exception des clairières et des bordures.

Mais avant d'atteindre ce stade, et même pour l'atteindre le plus rapidement possible, il est nécessaire de supprimer la concurrence des adventices qui vivent dans le même horizon du sol que les racines des cacaoyers, sans pour autant provoquer de phytotoxicité.

C'est la raison pour laquelle les produits pivots autour desquels s'intercalent les traitements sont constitués par des herbicides à action de contact entraînant le dessèchement rapide des parties vertes des adventices. Ces applications se comportent en fait comme un fauchage chimique, mais ne provoquent pas la destruction des racines des herbes et sont de peu d'efficacité vis-à-vis des cypéracées et de certaines graminées comme le Paspalum coujugatum. Ceci amène deux conséquences:

- en saison des pluies, la repousse des parties chlorophylliennes est rapide et il faut multiplier les applications;

- si l'on veut éliminer graminées vivaces et cypéracées, on doit faire intervenir des substances agissant dans le sol au niveau des racines et y restant actifs pendant plusieurs mois, mais sans action sur la culture.

Les premiers essais ont fait appel à une gamme assez large de produits du groupe des aryloxyacides ou phytohormones de synthèse comme le 2,4-D, des acides organiques halogénées comme le T.C.A. et le dapalon, des composés phénoliques, des urées substituées, des triazines, etc...

Les phytohormones de synthèse absorbées par le feuillage sont véhiculées par la sève, mais «sélectionnent» les graminées vivaces et doivent être employées avec beaucoup de soin car elles peuvent causer quelques dégâts aux feuilles de cacaoyer.

Le T.C.A. pour être efficace doit être utilisé à des doses trop élevées et devient phytotoxique pour la culture, le dalapon doit être manié avec précaution car sa rémanence au niveau des racines entraîne quelquefois des dégâts, il en est de même de certains produits du groupe des urées substituées (diuron).

Un herbicide du groupe des ammoniums quaternaires, le paraquat, agissant à la fois sur dicotylédones et graminées annuelles par perturbation du processus de photosynthèse et de respiration, entra de plus en plus fréquemment dans les formules de désherbage chimique des cacaoyères et se révéla d'une efficacité très acceptable au point même qu'il put être utilisé seul avec des performances honorables là où la flore des adventices était de contrôle facile. Par exemple, en Côte d'Ivoire où il fut utilisé pour le désherbage des Stations de l'IRCC.

Cependant, un certain nombre de graminées vivaces, par exemple les Digitaria spp., les Paspalum spp., en particulier P. coujugatum, et les cypéracées, Cyperus spp., sont réfractaires à son action. La nécessité de parfaire le contrôle et aussi d'espacer les interventions a conduit les expérimentateurs à utiliser plusieurs types d'herbicides en association ou mieux en succession d'applications.

Parmi ceux-ci, les herbicides de préémergence comme certaines triazines, le diuron, le linuron, ou de postémergence, comme les aminotriazoles, le dalapon, les phytohormones de synthèse. Une mention particulière doit être faite pour un herbicide de contact, le MSMA (méthylarsonate) qui avait paru à ses débuts très prometteur, mais qui dût être éliminé en raison de l'induction de manifestations analogues aux carences en zinc et en bore sur cacaoyer.

En définitive, sur la quinzaine d'herbicides, les plus couramment mis en compétition, certains ont pu être retenus, d'autres sont utilisables moyennant certaines précautions, d'autres enfin sont à éliminer.

2,4-D


MCPA


Dalapon

risque de toxicité au niveau du sol taches chlorotiques sur cacaoyers à utiliser avec précaution

Aminotriazole


Atrazine


Prométryne


Simazine


Diuron

risque de toxicité par accumulation

Linuron


Pentachlorophénol

d'intérêt limité

Paraquat


Aucune formule passe-partout ne peut être préconisée, ne serait-ce qu'en raison de la composition floristique différente des pays. Cependant, on peut dire que l'emploi d'un seul herbicide, sauf cas particulier, n'est pas valable, mais que les mélanges ou les applications séquentielles sont très préférables.

Par exemple, un herbicide de contact de type paraquat, 2 l/ha p.c. avec atrazine, 2 kg m.a./ha, ou bien un herbicide de translocation, dalapon, 5 kg m.a./ha, suivi trois semaines plus tard d'un mélange de paraquat (1,5 kg p.c./ha) et de diuron (3 kg m.a./ha), ou encore association de phytohormones de synthèse et traitement du sol au dalapon.

Un mélange de paraquat (0,56 kg m.a./ha) et de simazine (2,24 kg m.a./ha) produit un effet de longue durée contre les mauvaises herbes.

Contre les graminées vivaces, il peut être intéressant d'employer le dalapon à 5/10 kg m.a./ha, mais à 10 kg/ha des symptômes de phytotoxicité ont été notés en Malaisie.

Le diuron peut être également phytotoxique dans certains sols, mais on insistera surtout sur le danger d'emploi du MSMA qui semble devoir être exclu des formules vulgarisables.

Le glyphosate enfin à 2 kg é.a./ha a montré une action intéressante, mais en raison de son prix, il ne peut entrer en compétition avec le mélange paraquat-diuron d'activité équivalente.

Enfin l'association glyphosate-diuron montre une efficacité remarquable, mais pour cette raison même, peut exposer le sol à une érosion accélérée.

Dans la pratique on retiendra, comme dans le cas du caféier, que l'alternance des produits évitera l'établissement d'une flore de graminées ou cypéracées vivaces. Si le paraquat (gramoxome) est la spécialité la plus employé elle sera utilement complétée par des applications, totales ou partielles, de Glyphosate («Roundup»).

7.4. - Le désherbage du théier

L'élimination des adventices a toujours été pour les cultures du théier une pratique indispensable, surtout en début de plantation lorsque la frondaison des arbustes ne forme pas un couvert suffisant pour s'opposer à la multiplication des herbes les plus gênantes comme les graminées. Elle se faisait traditionnellement par désherbage manuel, par binage associé à la pratique du mulching.

Préalablement à la plantation, il est important de procéder à un bon nettoyage du terrain. En effet, les arbres forestiers peuvent être atteints de pourridiés tels que Fomes lignosus, Armillaria mellea et autres espèces qui peuvent transmettre la maladie aux racines de théiers si celles-ci entrent en contact avec du matériel contaminé.

Environ deux ans avant la plantation, il est donc indiqué d'extirper les arbres, leurs racines y compris, et d'une manière générale tout matériel ligneux résiduel.

Dans le cas d'impossibilité d'arrachage des espèces forestières, une autre méthode consiste à pratiquer un ceinturage et un empoisonnement de ces arbres trois ans avant la date de plantation pour empêcher la migration des substances hydrocarbonés vers les racines, condition qui empêche le développement des armillaires. Au stade pépinière, la désinfection du sol à l'aide de bromure de méthyle, à raison de 500 g par 10 m², est depuis longtemps entrée dans la pratique à la fois comme fongicide et herbicide. On opère généralement cette stérilisation deux à trois jours avant le semis.

Les herbicides ont été de plus en plus largement utilisés dès la fin des années 50, soit dans les opérations de préparation des plantations (empoisonnement des arbres à base de 2,4,5-T; nettoyage du sol à base de diuron trois mois avant plantation, ou dalapon ou amitrole contre les graminées vivaces), soit dans la culture elle-même.

Après mise en place des arbustes, le mulch freine le départ des mauvaises herbes, mais c'est une opération coûteuse qui est de plus en plus remplacée par le désherbage chimique, ou en association avec lui.

Les herbicides actuellement les plus employés sont:

- le paraquat 0,400 à 0,700 kg m.a./ha;
- la simazine 2/3 kg m.a./ha ou davantage en sols lourds, et jusqu'à 8-10 kg;
- le diuron 2 jusqu'à 10 kg m.a./ha;
- le linuron 5-8 kg m.a./ha;
- le MSMA 5 l/ha; - le glyphosate 0,5 kg et jusqu'à 5 kg é.a./ha.

Ces herbicides sont souvent employés en mélange par exemple: dalapon + paraquat; MSMA-paraquat, diuron.

On doit signaler que les doses indiquées ici peuvent varier considérablement suivant les types de sols et de climats. Ainsi, bien que les théiers soient très tolérants vis-à-vis de la simazine, les doses maxima employées à Ceylan sont de l'ordre de 2/3 kg m.a./ha. Par ailleurs, si des taches d'adventices vivaces sont à éliminer, des doses relativement élevées de diuron (10 kg m.a./ha) deviennent nécessaires. Contre Imperata et Panicum repens, des pulvérisations de dalapon à raison de 3 à 8 kg m.a./ha sont conseillées.

En plantation en production, le couvert dense formé par le feuillage diminue considérablement l'impact des adventices. Les herbicides à utiliser varient selon la composition floristique des herbes à combattre.

Par exemple, aux Indes, Haridas et Sharma ont dressé une liste de plantes ligneuses et herbacées qui se sont répandues dans les plantations Lantana camara, plante ornementale introduite aux Indes au siècle précédant, Mimosa pudica, également introduite. Dutta signale dans la même zone que de nombreuses graminées vivaces, Imperata cylindrica, Saccharum spontaneum, Arundinella bengalensis, deviennent prédominantes. En Indonésie, Eupatorium riparium tend à devenir envahissant dans les zones traitées à l'azulam.

Si le paraquat à raison de 3/4 applications par an est devenu d'usage habituel dans la plupart des pays, il a dû être associé à d'autres herbicides ou même remplacé là où son action est trop fugace. Au Kenya, Digitaria scalarum est contrôlé par une pulvérisation de dalapon à 5/8 kg m.a./ha suivi d'une pulvérisation de paraquat à 0,5 kg m.a./ha. Au Brésil, Digitaria sanguinalis a pu être contrôlé par applications de dalapon juste après émergence.

L'Imperata cylindrica et d'autres graminées vivaces ne sont contrôlées qu'avec le mélange dalapon 4 kg m.a./ha + paraquat 1 à 2 kg/ha, et la destruction du Panicum repens requiert une formule associant MSMA, 2,4-D et dalapon.

Il est à noter que le MSMA n'a pas occasionné de phytotoxicité. Il peut être également intéressant d'associer au paraquat soit de la simazine, soit du dalapon pour contrôler la repousse des adventices comme Panicum spp., Cynodor' spp., Eleusine indica, Digitaria spp., etc...

Le diuron 2 kg m.a./ha est employé pour lutter contre Paspalum conjugatum, mais certains cultivars de théier sont sensibles à cet herbicide.

Enfin, au cours de ces dernières années, un dérivé de N phosphonométhyl, le glyphosate, produit de postémergence à très large spectre d'efficacité, a démontré à raison de 2 à 4 kg é.a./ha sa supériorité sur les formules classiques, notamment sur Panicum repens, Cyperus spp. et notamment Cyperus rotundus, Digitaria scalarum et d'autres cas difficiles.

7.5. - Le désherbage des bananiers

Les bananiers, en culture pure, supportent très mal la concurrence des adventices.

Dans le passé, l'utilisation d'un mulch épais constituait une solution efficace mais le coût d'une telle méthode la rend obsolète.

Il convient d'ailleurs de distinguer les différents stades végétatifs de la plantation pour savoir comment progresse l'enherbement.

Quand les bananiers sont jeunes, le sol reste découvert et la concurrence des adventices est à ce moment la plus dangereuse. Lorsque les bananiers grandissent leurs couronnes foliaires forment écran et définissent des aires ombragées de plus en plus importantes qui limitent la poussée des mauvaises herbes.

Les recépages successifs créent dans les mois suivants des situations de semi-éclaircies qui favorisent à nouveau l'extension des adventices. Après 2-3 ans la bananeraie peut être considérée comme adulte et le couvert est permanent. Le problème essentiel est donc d'assurer un bon départ à la culture.

Les agriculteurs désirent donc des interventions rapides et dont les effets soient assez prolongés pour aller au-delà de la période critique où les jeunes feuilles du bananier sont à moins de un mètre du niveau du sol. Au moment de la plantation, on dispose de 6 à 8 semaines au cours desquelles un herbicide ne peut être nocif au niveau des racines. On utilisera donc ceux qui ont une rémanence assez faible, et en pré-levée. Le diuron a été utilisé à 4,5-5 kg m.a./ha dans 4501 d'eau, ainsi que la simazine (2 à 3,5 kg m.a./ha). Ces traitements sont efficaces, mais avec une durée trop courte en général.

Quoique la flore adventice des bananeraies présente de nombreuses espèces communes à des pays parfois très éloignés les uns des autres (Cynodon dactylos, Digitaria velutina entre autres, Paspalum scrobiculatum, P. conjugatum, Cyperus rotundus, Sida carpinifolia, Commelina de plusieurs espèces, etc...), souvent sa composition en première phase est très variée et on doit en tenir compte pour les traitements: associations simazine (2 kg m.a.) + amétryne (1 kg m.a.), simazine (2 kg m.a.) + dalapon 5 kg m.a.), monolinuron (3 kg m.a.) + amétryne (5 kg m.a.).

Il faut signaler que le bananier est assez sensible aux toxicités des substances herbicides, plus semble-t-il par voie télétoxique racinaire que par des atteintes foliaires (le 2,4-D cependant agit fortement par voie foliaire à très faible dose). Dans les essais de l'IRFA, on porte la comparaison jusqu'à 4 fois la dose normale indiquée par les fabricants, par précaution, les effets de toxicité étant souvent dues à des conditions naturelles

(nature du sol, climatologie) ou des erreurs fréquentes dans l'application. Pour le diuron par exemple la phytotoxicité existe ou non selon les auteurs, et il semble qu'à 2 kg m.a./ha, en se tenant à la partie centrale des interlignes le risque soit minime.

Lorsque malheureusement on se trouve avoir un fort enherbement dans une bananeraie qui débute sa production feuilles-racines (2 à 4 mois), les interventions réclament de grandes précautions et il est souvent préférable d'opérer manuellement ou mécaniquement + manuellement. En utilisant de bons déflecteurs, on peut cependant utiliser des herbicides de contact, le paraquat en particulier dont l'usage est le plus fréquent ultérieurement, en seconde phase. Les doses variant de 1 à 2,3 l/p.c./ha dans une quantité d'eau variant de 70 litres (débit réduit) à 400 l.

Les traitements en bananeraie adulte sont effectués à l'aide d'appareils portés. Ils peuvent intervenir sur la surface entière-enherbement diffus; le paraquat est le plus communément employé, soit sur des taches ponctuelles enherbées de vivaces, auquel cas le dalapon 5-8 kg/ha est utilisé.

En bananeraie intensive, l'usage du glyphosate tend à se généraliser.

7.6. - Désherbage de l'ananas

Plante à croissance lente, l'ananas demande une bonne protection contre les adventices faute de quoi les rendements peuvent être divisés par deux ou trois.

Là encore une préparation du sol aussi parfaite que possible est requise avec, après la mise en place des désherbages manuels précoces.

Ceux-ci peuvent cependant être supprimés par l'apport d'un mulch abondant, maintenant remplacé par la mise en place de films de polyéthylène noir ou fumé (mulch plastique).

L'entretien des interlignes se fait mécaniquement par houes rotatives ou cultivateurs.

Ces techniques n'excluent cependant pas l'utilisation des herbicides d'autant plus que le rapport input/output est favorable à leur emploi. En particulier bromacil contre Cyperus rotundus.

Principaux herbicides utilisés:

- Avant la mise en place des rejets.

On fait le plus souvent appel à des herbicides spécifiques à certaines adventices difficiles à détruire après plantation, principalement parce que phytotoxiques pour l'ananas. Ce sont essentiellement des graminicides, le plus utilisé actuellement étant le dalapon (5 à 10 kg m.a./ha), et des produits efficaces contre les cypéracées (bromacil à des doses de 3,2 à 4,8 kg m.a./ha).

Dans les plantations où on ne fait pas appel à un film de polyéthylène (que l'on dispose à l'emplacement des futures rangées d'ananas), on applique souvent un herbicide à action résiduelle (les plus couramment utilisés actuellement sont: le diuron, le bromacil et l'amétryne) dans les interlignes, sur des bandes de 50 à 60 cm de large environ séparées d'autres bandes d'une largeur légèrement supérieure (inter-rangées) qui seront traitées ultérieurement après la mise en place des rejets.

- Après la mise en place des rejets, on peut:

- soit limiter les applications aux inter-rangées comme on vient de l'indiquer ci-dessus (en complément donc de l'application de pré-plantation),

- soit réaliser des applications généralisées en faisant appel à des appareils de pulvérisation à rampes latérales.

Dans le premier cas on fait appel:

- soit à des herbicides à action résiduelle (diuron, bromacil ou amétryne),

- soit à des herbicides de contact (paraquat ou glyphosate), mais dans ce cas en utilisant des «caches» pour protéger les ananas (doses d'emploi 1,5 à 2,5 kg/ha de produit commercial).

Dans le second cas (applications généralisées) on utilise exclusivement des herbicides à action résiduelle. On s'expose alors inévitablement à des phytotoxicités ou/et à des effets dépressifs non évidents au premier abord, le stade de développement atteint par la plante lors des applications et la climatologie ont une grande incidence sur leur intensité.

En opérant de la sorte le planteur prend un risque calculé qui vaut le plus souvent la peine d'être pris si on s'entoure d'un maximum de précautions.

Les doses les plus couramment utilisées sont de 2,4 à 3,2 kg m.a./ha de dalapon ou d'amétryne par application (habituellement 2 à 4 applications par cycle total de 18 mois à 24 mois) ou de 1,2 à 1,6 kg m.a. dans le cas du bromacil.

7.7. - Désherbage de la canne à sucre

Il s'agit là d'une culture typiquement industrielle qui n'entre qu'accessoirement dans le cadre de ce recueil.

Deux stades principaux:

- le départ de la culture nécessitant une protection contre les mauvaises herbes,
- le stade de couverture totale où la concurrence n'existe plus.

En repousse, le problème des adventices est limité en raison de la croissance rapide des cannes; le désherbage mécanique utilise différents appareils: cultivateurs à outils rotatifs, cultivateurs à dents souples, multiculteurs à disques etc.


Application d'herbicides en granulés (Cl. BASSEREAU).

Herbicides utilisés

Parmi les herbicides les plus utilisés, les phytohormones de synthèse (2,4-D, MCPA) jouent encore un très grand rôle. Elles peuvent présenter des risques de phytotoxicité en application foliaire, du stade 2-3 feuilles au «Boom-stage» (surtout les formes ester du 2,4-D). Juste après plantation, il n'y a aucun risque pourvu que les boutures n'entrent pas en contact avec le produit.

Parmi les dérivés des acides organiques halogénés, le TCA n'a pratiquement pas d'effet sur les cannes et peut être utilisé en jet dirigé à dose supérieure à 30 kg m.a./ha. Par contre, le dalapon est très toxique sur canne. Ses effets sont lents et la phytotoxicité peut se révéler plusieurs mois après traitement. Il peut y avoir réduction des rendements et des richesses. On doit l'employer en jet dirigé à dose inférieure à 4 kg m.a./ha et ne pas effectuer plus de 2 ou 3 traitements par saison. Il peut être employé pour désherber les bordures des champs.

Les triazines (simazine, atrazine, amétryne) n'ont pratiquement pas d'effet sur les rendements aux doses normales d'emploi (3-4 kg m.a./ha) et peuvent être employées à n'importe quel stade de la croissance. Elles ne gênent pas la germination des boutures, même si celles-ci sont en contact avec l'herbicide. Une légère phytotoxicité a été cependant décelée avec l'amétryne sur quelques variétés (CL 41 223, CP 44 103). L'amétryne donne de bons résultats surtout en zone sèche et irriguée (Argentine, Hawaï, Afrique de l'Ouest...).

La cyanazine est conseillée en République dominicaine seule ou en mélange avec un herbicide hormonal en préémergence; de même à Taïwan où elle est préférable à l'atrazine.

La métribuzine seule s'est avérée excellente en pré et postlevée en Afrique du Sud et de l'Ouest sans présenter de signe de phytotoxicité (sauf sur quelques variétés sensibles - B 37 172).

Les urées substituées (monuron, diuron, linuron) ne sont généralement pas toxiques sur canne à 3-4 kg m.a./ha sauf dans le cas de sols légers pauvres en phosphore ou en matière organique.

Le diuron est moins toxique que le monuron car il est moins soluble dans l'eau. Un épandage irrégulier peut provoquer des dégâts sévères. Les boutures ne sont pas affectées si elles sont en contact avec ces produits. Le tébuthiuron employé seul en pré ou postlevée exerce un bon contrôle sur les dicotylédones et graminées ainsi que sur Cyperus rotundus à 3 kg m.a./ha.

Les uraciles substitués, bromacil, terbacil et isocil sont phytotoxiques à forte dose et peuvent entraîner la mort de la souche. Le lénacil s'est avéré aussi efficace que le bromacil, tout en étant moins toxique.

Parmi la gamme des herbicides encore utilisés citons Alachlore contre Cyperus, Asulame contre Rottboelia, Glyphosate contre graminées perennes.

7.8. - Le désherbage des hévéa

L'installation de plantations d'hévéa est à rapprocher de celle des palmiers à huile:

- destruction préalable de la flore forestière;
- couverture du sol par une légumineuse;
- entretien des interlignes

Entretien chimique

Sur plants en pépinières et jeunes placeaux une formule M.S.M.A. (1,5 kg m.a./ha) et paraquat 100 g m.a./ha est d'une efficacité reconnue.

- Le traitement MSMA en mélange avec paraquat à faible dose ne montre pas de phytotoxicité et ne semble pas avoir d'incidence sur le greffage.

- L'adjonction de 15 g m.a./ha de piclorame dans le MSMA n'est nécessaire que pour le contrôle du Pueraria venant de l'interligne son action est pratiquement nulle contre les graminées.

Entretien des jeunes plants greffés (tronc non aoûté)

Sur les jeunes plants greffés, l'association MSMA 1 kg m.a./ha et diuron 1,6 kg m.a./ha dans 3001 d'eau a montré une bonne efficacité. Dans le cadre d'un envahissement de la ligne par Pueraria, le contrôle de l'enherbement peut être assuré par le mélange MSMA 1 kg m.a./ha et piclorame 15 g m.a./ha dans 300 l d'eau.

Résultats d'application d'herbicides de contact en mélange avec des préémergents sur des plants greffés, âgés de 4 mois

Traitements

Matière active à l'ha traité

Nombre de plants morts pendant la durée de l'essai

Temps moyen de rémanence (en mois)

Témoin

Sarclage

-

1

1,5 mois


Thiazafluron

0,8 kg

0

3,5 mois


Thiazafluron

1,6 kg

0

4 mois


Métribuzine

0,7 kg

1

3 mois


Métribuzine

1,4 kg

0

4 mois


Diuron

1,6 kg

1

4 mois


Thiazafluron

0,8 kg

0

3 mois


Métribuzine

0,7 kg

0

3 mois


Diuron

1,6 kg

0

3 mois


MSMA

1 kg

0

2 mois


Thiazafluron

1,8 kg

0

3 mois


Métribuzine

1,4 kg

0

3 mois

La quantité de solution apportée à l'hectare traité correspond à 300 l d'eau.

Observations.

- Aucune phytotoxicité n'a été observée dans cet essai, et les mesures de croissance n'ont montré aucune différence entre les traitements.

- Le sarclage avant application d'herbicides préémergents permet le meilleur temps de rémanence entre 2 traitements (4 mois).

- Le mélange MSMA 1 kg m.a./ha avec un herbicide préémergent est efficace; l'effet de MSMA 1 kg m.a./ha en mélange avec diuron (1,6 kg m.a./ha) est confirmé.

- Les résultats obtenus dans les conditions de l'essai de thiazafluron et métribuzine sont intéressants; ils demandent à être confirmés dans des conditions différentes.

Entretien des lignes d'hévéa de plus d'un an

Passée la première année, le problème de l'entretien des lignes par herbicides pose moins de problème du fait du développement de l'hévéa. En effet, son système racinaire est alors puissant (profond et étalé), et son tronc, à la base, commence d'être aoûté, ce qui lui assure une protection efficace.

Le problème de l'entretien des lignes à ce stade de la plantation devient surtout un problème de contrôle de l'équilibre de la flore adventice. Deux possibilités se présentent alors pour l'entretien de la ligne:

a) l'envahissement contrôlé et volontaire de la ligne, par la plante de couverture. Cette situation peut être intéressante à la fois sur le plan agronomique et économique. Cependant, elle demande des contrôles permanents et très rapprochés dans le temps. Nous n'aborderons pas ici les problèmes particuliers à cette situation;

b) maintien d'une végétation adventice sur la ligne, par applications successives d'herbicides, qui doivent permettre d'obtenir une flore équilibrée entre graminées et dicotylédones, sans être compensative pour l'hévéa.

Pour l'entretien des lignes d'hévéas de plus d'un an, le MSMA reste l'herbicide de base alliant à la fois une bonne efficacité sur le spectre de la flore et un aspect économique intéressant. Cependant, MSMA appliqué seul d'une manière continue modifiera la flore, en favorisant le développement de certaines graminées (Paspalum conjugatum, Eleusine indica, en particulier), ainsi que certaines dicotylédones (Rubiacées et composées, Pueraria phaseolides, éventuellement).

Pour éviter ce déséquilibre à terme, il sera intéressant d'alterner les traitements au MSMA avec une matière active plus adaptée à la flore dominante grossièrement évaluée par l'utilisateur (graminées ou dicotylédones).

Selon la dominance des graminées, on appliquera: paraquat (Digitaria, Eleusine, Panicum) ou glyphosate (Paspalum, Eleusine, Imperata).

Selon la dominance des dicotylédones, on appliquera: 2,4-D (Rubiacées, Composées) ou piclorame (Pueraria).

Entretien des interlignes

Dans l'interligne, on installe une plante de couverture. C'est, en général, du Pueraria phaseolides, parfois du Tithonia diversifolis.

Entretien des interlignes la première année après plantation.

Le but de l'entretien des interlignes la première année après la mise en place est de faciliter l'installation de la plante de couverture. Pour cela, trois techniques peuvent être appliquées:

- entretien manuel par rabattage de la végétation à la machette;

- entretien mécanique par passage d'engins divers (en particulier charrue landaise), si le relief et les techniques de défrichements préalables le permettent;

- entretien chimique: les matières actives utilisables sont cependant réduites à cause des jeunes arbres. Certains herbicides peuvent être utilisés dans des cas précis.

L'entretien manuel est le plus couramment utilisé; cependant, dans des cas d'envahissement des interlignes par certaines adventices (graminées en particulier), on a pu contrôler l'enherbement des interlignes par application de paraquat (300 g m.a./ha) ou glyphosate (700 g é.a./ha).

Entretien des interlignes à partir de la deuxième année de plantation.

Tant que le couvert formé par les couronnes d'hévéa n'est pas établi, l'entretien dépend de l'installation de la plante de couverture.

- Si la plante de couverture est bien installée, l'entretien est minimum (rabattages sélectifs).

- Si la plante de couverture est mal installée, les herbicides peuvent être utilisés, le choix de la matière active sera fait en fonction de la dore.

Quand le couvert est établi, la plante de couverture tend à disparaître pour laisser place à une végétation ombrophile, composée en majorité de dicotylédones. Parmi celle-ci on constate une prolifération de jeunes semenceaux d'hévéas, issus des graines provenant des arbres adultes.

De bons résultats ont été obtenus en Côte d'Ivoire pour l'entretien annuel des interlignes d'hévéas adultes avec la technique d'un rabattage manuel de la végétation, suivi, trois semaines après, par une application du mélange MSMA (2 kg m.a./ha) et 2,4-D (2 kg m.a./ha) dans 300 l d'eau. Dans le cas de l'envahissement par Thomatococcus danielli, le mélange MSMA (2 kg m.a./ha) et piclorame (120 g m.a./ha) dans 3001 d'eau s'est montré très efficace.

VIII. Cas particuliers

Un certain nombre d'adventices pantropicales sont considérées comme de véritables pestes. L'extrême difficulté de leur contrôle et leur compétitivité sont telles que, souvent, des terres infestées sont abandonnées à plus ou moins court terme. Actuellement la situation est en cours de modification profonde, sauf pour les plantes parasites, les riz sauvages, Eupatorium odoratum et Lantana camara. Une meilleure connaissance de la biologie de ces adventices a conduit à des pratiques culturales plus efficaces. Surtout l'apparition de nouvelles molécules particulièrement bien adaptées permet maintenant, non seulement de pallier les difficultés en cultures annuelles, mais également, sinon principalement, de contrôler très efficacement ces adventices dans les situations où les techniques culturales (labours profonds, entre autres) ne sont plus possibles (plantations arbustives ou arborées, par exemple) ou plus appliquées (nouveaux systèmes de culture sans travail du sol).

8.1. - Graminées annuelles

Digitaria horizontalis, D. sanguinalis, Echinochloa spp., Eleusine indica, Rottboellia exaltata (1), Setaria spp., lorsqu'elles abondent, peuvent causer des dégâts considérables.

(1) Nouvellement désignée comme R. cochinchinensis.

Leur contrôle est maintenant réalisable. Il existe actuellement presque toujours un herbicide, sélectif d'une culture ou d'une autre, capable d'éradiquer telle ou telle adventice. Une rotation culturale judicieuse peut ainsi être une solution avantageuse.

D'autre part, la sélectivité de ces herbicides est souvent suffisante pour permettre des surdosages éventuels plus efficaces contre ces graminées. Enfin, lorsque l'écartement entre lignes de culture le permet, une application de post-émergence, en dirigé, de paraquat (0,4 kg m.a./ha) ou de glyphosate (1-2 kg é.a./ha) est une solution radicale.

8.2. - Graminées pérennes

C'est surtout dans ce groupe d'espèces que l'amélioration des connaissances biologiques et l'emploi de nouvelles molécules, principalement le glyphosate, ont eu l'impact le plus notable.

Ainsi, parmi les graminées pérennes les plus importantes mondialement:

Cynodon dactylon est contrôlé à une dose de 2,88 kg é.a. par le glyphosate/ha. Des essais réalisés en Afrique ont montré que des applications fractionnées, une première de 2 kg é.a./ha suivie d'une autre de 1 ou 2 kg é.a./ha lorsqu'une nouvelle repousse a lieu, donnent d'excellents résultats.

Imperata cylindrica, graminée héliophile très vivace, se multipliant par rhizomes et par graines, envahit généralement le terrain dès que l'on touche à l'équilibre naturel. Ce phénomène a été observé chaque fois que l'on a procédé à des défrichements, en présentant des intensités variables selon le couvert initial. L'Imperata paraît toutefois plus vivace et plus difficile à détruire en Afrique qu'en Amérique Latine.

La vitesse d'occupation de l'Imperata lui permet fréquemment de devancer la croissance des légumineuses de couverture dans les plantations industrielles semées sur toute la surface de la plantation, en exerçant une influence dépressive sur la croissance des arbres. La compétition s'exerce surtout au niveau de la nutrition minérale et particulièrement de l'azote.

Il est normalement éliminé en deux à trois ans par un labour profond (20 à 25 cm) avant chaque culture; le passage d'un extirpateur après ce labour et/ou une culture étouffante (manioc, patate douce, légumineuse de couverture, par exemple) accélère le processus d'élimination. En culture irriguée, la submersion est aussi un bon moyen de contrôle.

Lorsque ces techniques ne sont pas applicables, Imperata peut être contrôlé pendant plus de six mois, à quatre-vingt dix-huit pour cent, par deux applications de glyphosate à 4 kg é.a./ha chacune. Au Nigéria, une seule application de 4 kg é.a./ha de glyphosate a procuré une rémanence de onze mois, effet semblable à celui du dalapon (15-20 kg m.a./ha) et de l'asulame (8 kg m.a./ha), mais sans risque pour les cultures en place ou à suivre, le glyphosate étant inactivé au niveau du sol. En Indonésie, deux applications à un mois d'intervalle de 2 kg é.a./ha de glyphosate ont eu le même résultat que 25,5 kg m.a./ha de dalapon.

Paspalum conjugatum est également très bien contrôlé par 1 à 2 kg é.a./ha de glyphosate, dans les plantations d'hévéas en Indonésie.

Sorghum halepense, en culture cotonnière, est très bien contrôlé par l'application de 1-2 kg é.a./ha de glyphosate pendant l'interculture suivie de l'incorporation de 1 kg m.a./ha de trifluraline avant le semis du coton.

En culture irriguée, une submersion de 2 à 4 semaines permet le contrôle des rhizomes de S. halepense. La submersion doit persister trois mois si l'on veut neutraliser le pouvoir germinatif des graines.

Panicum repens, une graminée héliophile à rhizomes, exerce une action dépressive très comparable à celle de l'Imperata. Les méthodes de lutte sont identiques. Le développement de cette graminée dépend fortement des conditions d'éclairement. Elle manifeste son grégarisme surtout après replantation ou en lisière.

Digitaria scalarum, graminée à rhizomes, est très dangereuse en Afrique de l'Est où elle est présente dans la plupart des cultures. Une excellente destruction a été obtenue à une dose de 2,88 kg é.a./ha de glyphosate appliqué sur des plantes complètement développées.

8.3. - Cypéracées pérennes

Cyperus rotundus a été décrit en 1753 par Linnée. C'est une monocotylédone glumiflorale appartenant à la famille des cypéracées.

Quand les conditions sont favorables (humidité, couverture végétale du sol peu dense), un ou deux bourgeons germent en inhibant le développement des autres. Ces bourgeons donnent naissance soit directement à une plante, soit à un rhizome dont le bourgeon terminal, en donnant à son tour naissance à une plante, inhibe le développement des bourgeons latéraux. Tous les bourgeons dormants sont capables de se développer en cas de destruction des bourgeons actifs ou des plantes qui en sont issues.

Lorsque les plantes peuvent effectuer leur cycle complètement, elles développent une inflorescence en ombrelle portant de nombreux épillets, au sommet d'une hampe inflorescentielle de 20 à 35 cm de haut, à section triangulaire, qui sort d'une couronne de feuilles dont les limbes s'épanouissent à ras du sol, engainant une tige courte qui reste pratiquement souterraine. Les inflorescences sont de couleur brun-rouge, couleur donnée par les glumes accolées sur les épillets.

Les graines contenues dans ces épillets sont capables de germer et de donner naissance à d'autres plantes et d'autres tubercules, mais le mode principal de dissémination de l'espèce est la multiplication végétative. Cette dissémination est favorisée par des pratiques culturales modernes. La mécanisation entraîne un travail plus important du sol et les tubercules sont disséminés par les outils; l'emploi d'engrais, en particulier de l'azote, accroît le développement des tubercules. On peut également noter que l'association agriculture-élevage en permettant l'utilisation de fumier dissémine les graines qu'il contient (Déat, 1975) et contribue à l'envahissement des terres par C. rotundus.

Lutte contre Cyperus rotundus

On peut pratiquer des sarclages mais leur efficacité est réduite car s'ils suppriment momentanément les plantes développées, celles-ci sont remplacées rapidement à partir des bourgeons dormants que ne détruit pas cette pratique et il faut alors recommencer le travail.

Seule la lutte chimique permet de lutter efficacement contre Cyperus rotundus. Elle peut s'envisager de deux façons: soit on recherche un contrôle temporaire de cette adventice, contrôle qui permet d'istaller une culture, soit on veut éradiquer cette plante.

Contrôle temporaire


Dose en kg m.a./ha et durée du contrôle en semaine (entre parenthèses)

Alachlore

1,12 (3)

2,24 (4)

4,48 (4)

Butachlore

1,12 (4)

2, 24 (4)

4, 48 (4)

Morflurazon

1,12 (4)

2,76 (6)

3,68 (9)

Perfluidone

1,92 (4)

3 (7)

3,84 (8)


2

3

4

Atrazine + Metolachlor

+ (5)

+ (7)

+ (10)


5, 76

8,64

11,52

Le contrôle de Cyperus rotundus augmente avec les doses employées mais à ces niveaux de traitement la phytotoxicité pour les cultures devient importante.

Eradication de Cyperus rotundus

Deux produits permettent de nettoyer parfaitement les parcelles envahies par Cyperus rotundus (bromacil et glyphosate).

Leur utilisation et leur mode d'action sont différents puisque l'un s'applique en prélevée et l'autre en postlevée.

Traitements de prélevée

Le bromacil permet un contrôle satisfaisant de Cyperus rotundus. Il s'applique sur sol propre et ne nécessite pas d'enfouissement. Son action est renforcée par une bonne pluviosité après son application et utilisé à des doses de 4 à 7 kg m.a./ha, il donne satisfaction dans les cultures d'ananas. Plus la dose est forte, plus l'action est prolongée et à 7 kg m.a./ha l'éradication est complète.

Pour d'autres cultures annuelles, son emploi est plus délicat car ce produit est très rémanent et certaines plantes sensibles aux herbicides comme le cotonnier ou le kénaf ne peuvent être cultivées après une application de bromacil et ce, pendant une période qui peut atteindre 2 ans pour une application de 7 kg m.a./ha.

Traitements de postlevée

Le glyphosate peut être employé avec succès contre Cyperus rotundus. Ce produit est capable de détruire les tubercules reliés à des plantes en végétation qui reçoivent le traitement.

L'efficacité du traitement est maximale quand les Cyperus sont bien développés (hampe florale sortie) et une dose variant de 2 à 4 kg é.a./ha par application permet de détruire les parties aériennes de C. rotundus et les organes souterrains qui y sont reliés.

Les applications doivent se succéder en fonction du rythme des repousses si l'on veut arriver à l'éradication, et peuvent se réaliser en traitement dirigé lors d'une culture puisque le glyphosate est inactif dans le sol.

Cyperus esculentus a une morphologie et une biologie très voisines de celles de C. rotundus. Ces deux espèces sont d'ailleurs très souvent confondues. C. esculentus se différencie par une plus grande taille, des tubercules sphériques de teinte plus claire, et à la floraison, par des feuilles aussi longues que la hampe florale et des épis insérés perpendiculairement aux axes florifères. C. esculentus est plus sensible à l'ombrage et aux herbicides que C. rotundus.

Scirpus maritimus se propage surtout à partir de stolons et de tubercules. Chaque tubercule donne naissance à une seule tige fructifère, mais cette tige peut atteindre 1,5 m de haut avec un diamètre de plus d'un centimètre. Cette adventice posait de sérieux problèmes en riziculture irriguée des Philippines et d'autres pays d'Asie. On obtient maintenant un contrôle très efficace de cette adventice avec bentazon (1,5-3 kg m.a./ha) et fénoprop (0,75-1,25 kg m.a./ha) en application de postémergence du riz et des adventices. Glyphosate, en postémergence de Scirpus mais en présemis du riz, assure un meilleur contrôle que bentazon, à une dose de 4 kg é.a./ha.

8.4. - Les striga

Il s'agit d'hémiparasites vivant aux dépens de l'hôte par la fixation de très petits suçoirs sur le système radiculaire.

La propagation du Striga est difficile à éviter car les graines, très petites, sont produites en grande quantité (50000 graines par pied) et conservent leur pouvoir germinatif jusqu'à 20 ans.

Les cultures les plus attaquées sont les céréales riz - mil - sorgho. Sur terres pauvres et non fertilisées, les Striga peuvent arriver à réduire à rien la récolte.

Jusqu'ici on ne peut donner de solution vraiment satisfaisante à ce problème si l'on cultive céréale sur céréale. La seule issue est leur remplacement par des légumineuses - arachide, dolique ou soja - qui permettent la germination des graines de Striga, mais non la floraison de cette espèce (1).

(1) Programme d'étude de la F.A.O.

Par épuisement des réserves de graines dans le sol on peut ainsi parvenir à la remise en valeur de ces terres.

8.5. - Eupatorium odoratum = Chromolaena odorata

Bien connu sous le nom d'Eupatoire cette plante doit être désormais désignée sous le nom de Chromolaena.

Il s'agit d'une adventice extrêmement envahissante qui gagne d'année en année de nouvelles régions. Il est d'ailleurs regrettable que le monde paysan ne soit pas suffisamment sensibilisé au danger de cette mauvaise herbe car les premiers foyers, s'ils sont pris à temps, sont facilement éliminés par arrachage des jeunes plants.

Chromoluena odorata est une plante originaire des Antilles et d'Amérique équatoriale et qui a été introduite comme plante de couverture en Asie à la fin du siècle dernier et en Afrique entre les deux guerres.

Situation actuelle

C. odorata est considérée comme une adventice majeure des cultures pérennes, aux Philippines et à Trinidad, en Inde, en Indonésie, en Malaisie, Thaïlande, au Sri Lanka, en Afrique de l'ouest et particulièrement au Libéria, en Côte d'Ivoire et au Cameroun, mais aussi de cultures annuelles quand les conditions de température et d'humidité sont favorables (cultures vivrières au Cameroun et plus généralement dans la zone forestière ouest-africaine. Son mode de reproduction (semences, boutures) et de développement (formation de souches difficiles à extirper) en font une adventice difficile à combattre. Pour la lutte biologique, on s'est surtout intéressé aux insectes phytophages mais sans grand succès hormis au Sri Lanka où quelques résultats ont été obtenus avec Parenchaetes sp. Les recherches portant sur des organismes phytopathogènes sont peut-être plus prometteuses car des résultats ont été obtenus avec Cercospora eupatorii sur une espèce voisine de C. odorata. Néanmoins, il reste aussi beaucoup à faire dans la recherche d'arthropodes permettant de lutter contre C. odorata (1).

(1) Un important programme de recherches vient d'être lancé par le C.I.R.A.D.

En conséquence, les moyens de l'extirper consistent soit en arrachage manuel, très facile quand les plantes sont jeunes mais bien plus difficile quand elles ont atteint le stade de fourrés et en interventions chimiques efficaces mais coûteuses.

Les principaux herbicides reconnus actuellement comme efficaces sont le glyphosate (Roundup) 1900/g m.a./ha, l'imazapyr (Arsenal) 375-500/g m.a./ha, le trichlorpyr (Garlon) 960 g/m.a./ha.

Lexique

Composition des produits

Adhésif: Adjuvant dont l'addition à une préparation phytopharmaceutique accroît la ténacité de la matière active sur les surfaces traitées.

Adjuvant: Substance dépourvue d'activité biologique, mais susceptible de modifier les qualités physiques ou physiochimiques et par suite, l'efficacité d'une préparation phytopharmaceutique.

Agent émulsionnant: Synonyme: Emulsifiant: Produit permettant ou facilitant la formation d'une émulsion. Note: Les termes «émulgateur» et «émulsionnant» sont à proscrire.

Bouillie: Liquide prêt à l'emploi pour pulvérisation, arrosage ou trempage et dans lequel sont dispersés le ou les pesticides à appliquer.

Charge: Matière solide inerte incorporée à une préparation et destinée à ajuster la concentration en matière active.

Concentré émulsionnable: Préparation commerciale, constituée par le liquide à disperser et l'agent émulsionnant, destinée à donner une émulsion avec le liquide dispersant.

Diluant: Matière liquide incorporée à une préparation phytopharmaceutique et destinée à en abaisser la teneur en matière active.

Emulsion: Système hétérogène constitué par la dispersion de fins globules d'un liquide (liquide émulsionné renfermant la matière active) dans un autre liquide formant une phase continue (liquide dispersant).

Emulsionnant: Substance permettant la dispersion d'un liquide dans un autre liquide auquel il n'est pas spontanément miscible.

Granulé: Substance se présentant sous forme de particules dont la plus grande dimension est comprise entre 0,150 mm et 5 mm.

Matière active (ma.): Constituant d'une préparation auquel est attribué en tout ou partie son efficacité.

Mélange de produits phytopharmaceutiques: Mélange effectué au moment de l'emploi par l'utilisateur.

Mouillant: Adjuvant dont la présence améliore l'étalement, sur une surface traitée, d'une préparation phytopharmaceutique.

Poudre: Substance se présentant sous forme de particules de moins de 0,075 mm à 0,150 mm de diamètre.

Poudre fine: Poudre principalement constituée de particules de moins de 0,075 mm.

Poudre grossière: Poudre principalement constituée de particules dont la plus grande dimension est comprise entre 0,075 mm et 0,150 mm.

Poudre mouillable: Produit pulvérulent destiné à être dispersé dans un liquide en vue de son application. Note: Terme à utiliser en remplacement de «poudre pour bouillie».

Support: Substance liquide ou solide à laquelle est incorporée une matière active lors de la fabrication d'un pesticide.

Tenue en suspension: Proportion de produit actif restant en suspension après un temps déterminé dans les conditions de la méthode normalisée.

Propriétés biologiques

Efficacité: Résultat pesticide ou physiologique obtenu à la suite de l'application d'un produit phytopharmaceutique sur une culture ou une récolte.

Persistance: Durée pendant laquelle un pesticide reste efficace après son application.

Toxicité: Faculté que possède une substance d'engendrer, par pénétration dans l'organisme en une seule fois ou à doses répétées des altérations passagères ou durables d'une ou plusieurs fonctions de cet organisme.

Modes d'action

Action par contact: Faculté que possède une substance d'engendrer par pénétration à travers l'épiderme ou la cuticule d'un être vivant, des altérations passagères ou durables d'une ou plusieurs fonctions de cet être vivant.

Antagonisme: Propriété que possède une substance de diminuer par sa présence l'activité biologique d'une autre substance.

Association (de produits agropharmaceutiques): Préparation comprenant plusieurs matières actives, réalisée par le fabricant. Note: Le terme «combined product» équivalent anglo-saxon de «association» est à rejeter.

Emulsion: Système hétérogène constitué par la dispersion de fins globules d'un liquide dans un autre liquide formant une phase continue.

Emulsion concentrée: Préparation commerciale sous forme d'émulsion qui doit être diluée au moment de l'emploi dans le liquide dispersant.

Endothérapique: Terme qualifiant un pesticide susceptible d'agir après pénétration et diffusion à l'intérieur du végétal.

Equivalent acide (é.a.): Quantité totale d'acide organique contenue dans un produit ou une formulation et exprimée en acide actif libre (exemple 2 kg é.a./ha).

Graminicide: Herbicide permettant de lutter contre les graminées nuisibles ou indésirables.

Herbicide: Synonyme désherbant: Substance ou préparation permettant de lutter contre les mauvaises herbes.

Herbicide sélectif: Herbicide qui, utilisé dans les conditions normales d'emploi, respecte certaines cultures et permet de lutter contre certaines mauvaises herbes de ces cultures.

Herbicide sélectif intégral: Herbicide sélectif permettant de détruire toutes les espèces de mauvaises herbes dans une culture

Herbicide total: Herbicide qui, utilisé aux doses d'emploi conseillées pour cet usage, est susceptible de détruire ou d'empêcher le développement de la végétation en terrain non cultivé avec des persistances d'action variables. Le terme «herbicide industriel» est à proscrire.

Herbicide de contact: Herbicide qui, appliqué sur la partie aérienne des plantes à combattre, provoque des nécroses visibles («brûlures»). Note: Les herbicides de contact pénètrent plus ou moins profondément dans les tissus, leur diffusion est nulle ou très réduite, et leur action rapide.

Herbicide systémique: Herbicide susceptible d'être efficace après pénétration et diffusion à l'intérieur de la plante traitée. Note: Les herbicides systématiques ont une action généralement lente.

Herbicide persistant ou herbicide rémanent: Herbicide dont l'action se prolonge après l'application. Note: Termes à utiliser à la place d'«herbicide résiduaire» ou d'«herbicide résiduel».

Mélange (de produits agropharmaceutiques) ou Mélange extemporané: Mélange effectué, au moment de l'emploi, par l'utilisateur.

Pesticide: Substance ou préparation permettant de lutter contre les ennemis des cultures et des produits récoltés.

Poudre soluble: Substance ou préparation pulvérulente destinée à être dissoute dans un liquide en vue de son application.

Préparation ou Produit formulé ou Formulation: Produit prêt à l'emploi, contenant une ou plusieurs matières actives et généralement d'autres substances telles que adjuvants, charges, supports, colorants, dénaturants, etc. Note: Une préparation qui contient plus d'une matière active peut aussi être dénommée «association».

Produit technique: Résultat brut d'une fabrication non utilisable en l'état mais utilisé comme matière technique pour l'élaboration d'un produit formulé.

Spécialité: Préparation de composition définie présentée dans un emballage sous une désignation commerciale.

Synergisme: Action conjuguée de deux ou plusieurs produits qui, associés, provoquent un effet supérieur à celui attendu de la superposition des propriétés de chacun des constituants pris isolément (Antonyme: Antagonisme).

Systémique: Faculté de diffusion de certains pesticides à l'intérieur du végétal.

Techniques d'études

Démonstration: Opération destinée à montrer, dans un esprit de vulgarisation, une ou plusieurs propriétés ou effets connus d'un produit phytopharmaceutique. Note: Les termes «essai démonstratif, essai de démonstration, essai de vulgarisation, essai de développement, essai économique, essai de valeur pratique» sont à déconseiller et à remplacer par «champ de culture de démonstration».

Essai: Opération par laquelle on étudie des propriétés, les conditions d'emploi et les effets des produits phytopharmaceutiques.

Maîtriser: En matière phytosanitaire maintenir à un taux acceptable une population de parasites, de ravageurs ou de mauvaises herbes. Exemple: un produit qui maîtrise une population de Stellaria media. Note: Le terme «contrôler» calqué sur l'anglais «to control» utilisé dans le même sens, est impropre.

Répétition: Reproduction d'un même facteur sur différentes parcelles d'une culture faisant l'objet d'un essai. Note: L'usage s'est établi de confondre le nombre de répétitions avec le nombre de parcelles soumises à la même condition. Il en résulte qu'un essai à deux répétitions comprend deux parcelles soumises à la même condition. S'il n'y a qu'une parcelle, il s'agit d'un essai sans répétition.

Bibliographie sommaire

Déat M. - Principales adventices du cotonnier en Afrique de l'Ouest (Public. I.R.C.T. 1981).

Deuse J. et Lavabre E.M. - Le désherbage des cultures sous les tropiques (GP Maisonneuve et Larose, Paris, 1979).

IRAT - Le désherbage des rizières en Afrique de l'Ouest et leurs principales adventices (Imp. Faureau Paris).

Achevé d'imprimer en mars 1988. Imprimerie Lienhart et C°, Aubenas N° 3181. Dépôt légal: mars 1988 - Imprimer en France

AGENCE DE COOPERATION CULTURELLE ET TECHNIQUE
L'Agence de Coopération Culturelle et Technique, organisation intergouvernementale créée par le Traite de Niamey en mars 1970, rassemble des pays liés par l'usage commun de la langue française à des fins de coopération dans les domaines de l'éducation, de la culture, des sciences et de la technologie, et plus généralement, dans tout ce qui concourt au développement de ses Etats membres et au rapprochement des peuples.

Les activités de l'Agence dans les domaines de la coopération scientifique et technique au service du développement sont orientées essentiellement vers l'élaboration, la diffusion et l'échange de l'information scientifique et technique, l'inventaire et la valorisation des ressources naturelles, et la promotion socio-économique des jeunes et des communautés rurales.

Pays membres: Belgique - Bénin - Burundi - Canada - République Centrafricaine - Comores - Congo - Côte d'Ivoire - Djibouti - Dominique - France - Gabon - Guinée - Haïti - Haute-Volta - Liban - Luxembourg -Mali - Ile Maurice - Monaco - Niger - Rwanda - Sénégal - Seychelles -Tchad - Togo - Tunisie - Vanuatu - Vietnam - Zaïre.

Etats associés: Cameroun - Egypte - Guinée-Bissau - Laos - Maroc -Mauritanie - Sainte-Lucie.
Gouvernements participants: Canada Nouveau-Brunswick - Canada-Québec.

LE CENTRE TECHNIQUE DE COOPERATION AGRICOLE ET RURALE (C.T.A.)

Le Centre a été crée dans le cadre se la seconde Convention de Lomé liant 63 états d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et les 10 états membres de la Communauté européenne.

Il a pour objectif de rassembler, disséminer et faciliter l'échange d'information scientifique et technique dans le domaine du développement agricole et rural.

A ce titre, il réalise des études, encourage la rencontre de spécialistes et prépare des publications.

Adresse postale: Postbus 380, 6700 AJ WAGENINGEN, PAYS-BAS
Téléphone: 08380 20484
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