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Insectes nuisibles aux cultures vivrières et maraîchères Tome 1: Notions de base (Maisonneuve et Larose, 1988)

par
Jean Appert et Jacques Deuse

Agence de Coopération Culturelle et Technique
13, quai André-Citröen
F 75015 PARIS

Centre technique de Coopération agricole et rurale (C.T.A.)
Postbus 380
NL 6700 AJ WAGENINGEN

Editions Maisonneuve et Larose
15, rue Victor-Cousin
75005 PARIS

Collection dirigée par
René COSTE

Membre de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer
Ingénieur général d agronomie

Le technicien d'agriculture tropicale

1. Le Riz pluvial, par Michel JACQUOT et Brigitte COURTOIS.
2. Le Maïs, par Guy ROUANET.
3. Le Bananier plantain, par Hugues TEZENAS DU MONTCEL.
4. Le Stockage des produits vivriers (en deux volumes), par Jean APPERT.
5. Le Cotonnier en Afrique tropicale, par Gérard SEMENT.
6. Le Manioc, par Pierre SILVESTRE.
7. Le Désherbage des cultures tropicales, par E.M. LAVABRE.
8. Insectes nuisibles aux cultures vivrières et maraîchères
(en deux volumes), par Jean APPERT et Jacques DEUSE.

Remerciements

Les éditeurs remercient les sociétés DOW CHEMICAL, CHIMAC-AGRIPHAR, RHONE-POULENC AGROCHIMIE, qui ont permis, grâce à leurs aimables contributions, la réalisation des planches en couleurs de cet ouvrage.

Les auteurs tiennent également à exprimer leur gratitude aux nombreux spécialistes du CIRAD pour l'aide précieuse que ceux-ci leur ont apportée, en particulier MM. D. BORDAT, BETBEDER-MATIBET.

Ils ont aussi bénéficié de l'avis de M. THEISSEN, chargé de mission de coopération technique et de documentation réglementaire au Service de la Protection des Végétaux (France).

Enfin, les publications et documents techniques de l'ACTA, de l'IRAT/CIRAD, du PRIFAS/CIRAD, du GTZ, des firmes phytosanitaires, ont constitué une source appréciable de renseignements.

Les opinions exprimées ainsi que les orthographes des noms propres et les limites territoriales figurant dans le présent document n'engagent que les auteurs et nullement la position officielle et la responsabilité de l'Agence de Coopération Culturelle et Technique et le Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale.

© G.-P. Maisonneuve et Larose et A.C.C.T., 1988

ISBN: 2.7068.0972.8 et 92.9028.128.6 (ouvrage complet)
2.7068.0973.6 et 92.9028.129.4 (1er volume)

La loi du 11 mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part, que les «copies ou reproductions strictement réservées a l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective " et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, «toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite» (alinéa 1er de l'article 40),

Cette représentation ou reproduction par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal.

Avant-propos

Plusieurs pays africains, en particulier ceux du Sahel, vivent une tragédie permanente dont l'issue n'apparaît la faim chronique.

L'aide alimentaire s'accroît, ce qui les place en position d'assistés. Les nouvelles habitudes alimentaires prises par les populations, surtout en ville, ne peuvent que contribuer à perpétuer cette dépendance. Renverser cette situation implique une volonté politique, claire et affirmée, de vouloir arriver à l'autosuffisance, objectif que les techniques agricoles modernes permettent d'atteindre.

Depuis des siècles, le paysan a perpétué un mode de culture traditionnel: superficies restreintes (moins d'un hectare), semences à faible rendement mais bien adaptées aux facteurs adverses, climatiques et parasitaires. L'accroissement notable des rendements qu'apportent la maîtrise de l'eau, l'adoption de meilleures pratiques culturales et de semences sélectionnées ainsi que l'application de fertilisants apparaît inutile si celui-ci se trouve, en partie, ou totalement, perdu à la suite de maladies, d'attaques de ravageurs ou par la nuisance des mauvaises herbes.

La protection des cultures sur pied et après récolte représente une nécessité vitale que les progrès constants accomplis dans les sciences physiques, chimiques et biologiques, permettent de satisfaire. Toutefois, son adoption et sa vulgarisation font appel à des méthodes et à une technologie qui doivent tenir compte des conditions locales spécifiques, des mentalités, des traditions, ainsi que des possibilités de financement limitées des agriculteurs ou des gouvernements.

La mise en œuvre d'une protection phytosanitaire (contre les insectes, les vertébrés, les maladies, les mauvaises herbes,...) s'avérera moins coûteuse qu'une augmentation souvent difficile, et écologiquement contestable, des surfaces: il ne faut pas, en effet, oublier la fragilité du milieu et les risques d'érosion et de latéritisation.

La résistance du milieu paysan aux techniques nouvelles qui permettraient de passer progressivement à une agriculture plus intensive, le faible niveau d'encadrement et d'instruction, constituent un frein au développement de la lutte.

«Les ressources naturelles et techniques existent bien souvent pour permettre d'envisager un ajustement global acceptable de l'offre à la demande alimentaire dans ces régions du monde si frappées par les déficits, et pourtant on constate que la concrétisation des possibilités tarde à se manifester» (Michel LABONNE).

Premier volume - notions de base

I. Notions sommaires d'entomologie

1.1. - Morphologie et anatomie

Le corps des insectes se divise en trois parties: la tête, avec les pièces buccales et les principaux organes des sens (antennes, ocelles, yeux), le thorax, sur lequel s'articulent trois paires de pattes et deux paires d'ailes, enfin l'abdomen où se trouvent les organes respiratoires, digestifs, sexuels. Les insectes respirent par des trachées, conduits internes finement ramifiés dans tout le corps et qui s'ouvrent à l'extérieur par des stigmates.

1.2. - Reproduction

Presque tous les insectes pondent des œufs d'où éclosent des larves. Celles-ci, ou bien ressemblent dans ses grandes lignes à l'adulte, ou bien elles en diffèrent complètement. Dans les deux cas, le développement de l'animal qui va le conduire de la jeune larve à l'adulte passera par plusieurs stades au cours desquels se produiront des modifications profondes provoquées par une hormone et appelées métamorphoses.

Les larves des insectes à métamorphose progressive, ou hétérométaboles, ressemblent aux adultes sauf qu'elles sont dépourvues d'ailes et d'organes de reproduction. C'est le cas des sauterelles, punaises, pucerons...

D'autres, par contre, diffèrent totalement par leur forme, leur habitat, leur mode de vie, de l'adulte. Les larves de ces insectes, holométaboles, sont de types très variés et présentent les caractères suivants: aspect plus ou moins vermiforme (justifiant les appellations communes telles que «vers blancs» ou «vers gris»), disposition et structure des organes ne se retrouvant pas chez l'adulte, pièces buccales adaptées à un autre type d'alimentation, état adulte atteint après passage par un stade intermédiaire immobile, appelé nymphe. C'est ainsi que chez les Lépidoptères, la chenille, à la fin de sa vie larvaire, se transforme en chrysalide d'où émergera le papillon; chez les Diptères, l'asticot donnera une pupe d'où sortira la mouche.

Le cycle biologique des holométaboles est donc divisé en quatre parties: œuf, larve - avec cinq ou six stades - nymphe, adulte.

La vitesse de développement dépend de divers facteurs, principalement la température et l'hygrométrie. Quand les conditions climatiques cessent d'être favorables au développement, celui-ci peut, soit se ralentir (quiescence), soit s'arrêter brutalement à un stade bien déterminé (diapause). La diapause survient même si les conditions restent favorables et dure plusieurs mois; elle conditionne le nombre de générations annuelles. En général, elle intervient pendant la saison sèche.

1.3. - Classification

Une dizaine d'ordres seulement, sur la trentaine constituant la classe des Insectes, renferme des espèces intéressant l'entomologie agricole. On pourra de façon très élémentaire, les distinguer par le tableau suivant:

1.

Pièces buccales de type broyeur

2


Pièces buccales de type piqueur-suceur

6

2.

Abdomen avec cerques. Hetérométaboles

3


Abdomen sans cerques. Holométaboles

5

3.

Vie en société:

Isoptères


Pas de vie en société:

4

4.

Pattes postérieures adaptées au saut:

Orthoptères


Pattes postérieures pas plus fortes que les autres



Cerques très forts, formant pince:

Dermaptères

5.

Première paire d'ailes transformées en élytres:

Coléoptères


Deux (ou zéro) paires d'ailes membraneuses:

Hyménoptères

6.

Pièces buccales transformées en trompe; ailes écailleuses:

Lépidoptères


Pièces buccales d'un type différent; ailes pas écailleuses:

7

7.

Une seule paire d'ailes toujours membraneuses:

Diptères


Deux paires d'ailes:

8

8.

Ailes étroites frangées:

Thysanoptères


Ailes non frangées:

9

9.

Corps déprimé. Ailes à plat au repos:

Hétéroptères


Corps non déprimé. Ailes en toit:

Homopteres

1.4. - Ordres et familles d'intérêt agricole

1.4.1. - Isoptères (fig. 1)

Les Isoptères, plus connus sous le nom de Termites, sont des insectes qui vivent en sociétés et se nourrissent de cellulose. La plupart vivent dans des constructions de terre, les termitières, dont la présence rend le sol impropre à la culture. Certaines espèces sont errantes, comme Eutermes parvulus qui est nuisible à l'arachide au Sénégal.

1.4.2. - Orthoptères

Appartiennent aux Orthoptères, les Grillons, les Courtilières et les Criquets.

- Gryllides


Fig. 1


Fig. 2


Fig. 3


Fig. 4


Fig. 5


Fig. 6


Fig. 7


Fig. 8

Les Grillides, ou Grillons, sont des Orthoptères à corps généralement brun et massif, avec de longues antennes. Ils vivent dans des terriers et leur activité est nocturne. Ils sont nuisibles parce qu'ils sectionnent de leurs puissantes mandibules le collet ou les racines des plantes. A cette famille appartiennent Gryllus bimaculatus, Scapsipedus marginatus, Brachytrupes membranaceus et B. megacephalus.

- Grvllotalpides

La Courtilière africaine, Gryllotalpa africana, appartient à cette famille. Cet insecte est nuisible dans les potagers où il bouleverse les semis de ses galeries et sectionne les jeunes plants.

- Acridoïdes

Cette superfamille est celle des Acridiens: Sauterelles, Criquets et Sauteriaux, dont l'effet dévastateur sur les cultures dépend de leur abondance. Dans la pratique, on distingue les grandes espèces migratrices: Criquet pélerin, Criquet nomade, Criquet migrateur et les espèces locales ou Sauteriaux, de grosseur variable et susceptibles de pullulations occasionnelles comme entre autres, le criquet sénégalais Œdaleus senegalensis ou le criquet puant Zonocerus variegatus. Leurs dégâts résultent principalement du prélèvement alimentaire sur la totalité des organes aériens des végétaux.

1.4.3. - Dermaptères (fig. 2)

Cet ordre comprend essentiellement les Forficules, caractérisés par les puissantes pinces de leur abdomen. Ils sont susceptibles de causer des dégâts aux Graminées en dévorant les organes floraux. Forficula senegalensis et Diaperasticus erythrocephala sont les espèces les plus connues.

1.4.4. - Coléoptères

Les Coléoptères constituent l'ordre d'Insectes le plus riche en espèces. Leurs ailes antérieures sont transformées en élytres

durs. Beaucoup d'entre eux sont nuisibles aux cultures, aux arbres et aux stocks. Ce sont des insectes holométaboles dont les larves présentent, selon les familles, différentes formes. Adultes et larves possèdent un appareil buccal du type broyeur et tous les deux peuvent être nuisibles.

1.4.4.1. - Coccinellides

Les Coccinelles sont de taille petite ou moyenne, de forme arrondie ou hémisphérique. Leurs élytres sont souvent rouges ou orangés; les larves sont hérissées de tubercules charnus, épineux.

On distingue deux sous-familles:

- les Coccinellinés, qui sont utiles, car elles se nourrissent d'acariens, de pucerons, de cochenilles,...

- les Epilachnidés, qui sont phytophages et dévorent le feuillage des Cucurbitacées, des Solanacées,... comme Henosepilachna elaterii

1.4.4.2. - Méloïdes

Les Méloïdés, ou Mylabres, ont le corps cylindrique avec les élytres marqués de jaune et de noir. Les adultes de certaines espèces dévorent les étamines mais ce sont des ravageurs d'importance secondaire. Leurs larves sont prédatrices des pontes d'acridiens. Citons Mylabris holosericea

1.4.4.3. - Scarabaeidés

De nombreuses espèces de Scarabéidés sont nuisibles aux cultures: les adultes mangent les feuilles et les fleurs tandis que les larves, ou «vers blancs» rongent les racines.

Les larves («vers blancs») de Schizonycha africana, Trochalus pilula rongent les racines d'arachide. Adultes et larves d'Heteroligus appius, H. meles, Prionoryctes caniculus sont nuisibles à l'igname, Heteronychus oryzae au riz, Diplognata gagates dévore les fruits de Solanacées.

1.4.4.5. - Chrysomélidés

Les Chrysomèles comprennent de nombreuses espèces regroupées en plusieurs sous-familles. Ces insectes ont des téguments de couleurs vives et brillantes et leur taille ne dépasse pas 20 mm. Les adultes se nourrissent du tissu foliaire et, chez beaucoup, les larves vivent en mineuses dans les feuilles.

Criocèrinés

A cette sous-famille appartiennent Lema planifrons, ravageur du mil, et Lilioceris livida qui s'attaque à l'igname.

Galerucinés

Astecesta cyanipennis et A. transversa ainsi que Aulacophora africana sont des ennemis des Cucurbitacées.

Halticinés

Chaetocnema tibialis et Podogrica sföstedti sont les deux espèces les plus communes.

Hispinés

Les Hispines («Poux du riz») sont, pour la plupart, des déprédateurs du riz en début de croissance. Les adultes sont rectangulaires et portent des excroissances épineuses. Les larves minent les feuilles. Les plus communs sont Dorcathispa bellicosa et Trichispa sericea.

Cassidinés (fig. 3)

Les Cassides ont un aspect qui évoque une tortue. Aspidomorpha apicalis est nuisible à la patate douce.

1.4.4.6. - Curculionidés

Les Curculionidés, ou Charançons, se caractérisent par une tête prolongée par un rostre portant à son extrémité les organes buccaux. La larve est trapue, épaisse, apode. Cette

famille comprend des espèces parmi les plus nuisibles aux cultures, aux arbres et aux denrées emmagasinées.

Plusieurs d'entre eux sont des ennemis de la patate douce, les uns appelés «Apions» appartiennent à la sous-famille des Apioninés et se reconnaissent à leur silhouette grêle et élancée évoquant une fourmi (Cylas cyanescens, C. formicarius, C. puncticollis), les autres sont plus gros, comme Alcidodes dentipes. Les adultes mangent les feuilles et les larves minent les tubercules. D'autres charançons s'attaquent à diverses cultures: Acytopeus trägardhi, Anaemerus fuscus, Elattocerus senegalensis ainsi que l'Apion des Légumineuses, Piezotrachelus varium.

1.4.5. - Hyménoptères

Sauf les Fourmis, les Hyménoptères ne sont pas des insectes nuisibles aux cultures, au contraire, beaucoup d'entre eux sont des entomophages fort utiles dans la limitation des populations de ravageurs.

1.4.6. - Lépidoptères

Les adultes des Lépidoptères, les Papillons, sauf rares exceptions, ne s'attaquent pas directement aux végétaux, mais leurs larves, les chenilles, sont de voraces phytophages et, de ce fait, figurent parmi les plus dangereux ennemis des cultures. L'appareil buccal des chenilles est du type broyeur. Ces chenilles dévorent les organes aériens de la plante et certaines, dites «foreurs» vivent en mineuses à l'intérieur des tiges de graminées et aussi parfois, creusent des galeries dans les feuilles et les fruits.

Il existe quatre ou cinq mues larvaires; après la dernière mue, la chenille cesse de se nourrir et se transforme en une chrysalide d'où émergera le papillon.

1.4.6.1. - Plutellidés

Les chenilles sont amincies aux extrémités. Plutella xylostella est une espèce nuisible aux Crucifères.

1.4.6.2. - Lyonetiidés

Les chenilles sont aplaties et minent les feuilles. Les Bedellia sont des ravageurs de la patate douce.

1.4.6.3. - Gelechiidés

Ces «Teignes» renferment quelques espèces très nuisibles comme le «ver rose» du cotonnier, Pectinophora gossypiella ou la «Teigne de la Pomme de terre» Phthorimaea operculella. Une autre espèce s'attaque aux Solanacées: Scrobipalpa ergasima.

1.4.6.4. - Tortricidés

Les chenilles, ou «Tordeuses», vivent, pour la plupart, à l'intérieur de feuilles qu'elles ont réunies en fourreaux. Cryptophlehia leucotreta, ou « faux ver rose», est assez polyphage.

1.4.6.5. - Pyralidés

A cette importante famille appartiennent la majorité des «foreurs des graminées». Les larves, glabres, vives, peuvent se mouvoir à reculons. Acigona ignefusalis, Chilo zacconins, Chilo aliniellus, Eldana saccharina, Maliarpha separatella, Nymphula depunctalis sont des Pyrales nuisibles aux céréales en Afrique. Crocidolomia binotalis, Daraba laisalis, Etiella zinckenella, Hellula undalis, Hymenia recurvalis, Margaronia indica, Maruca testularis, sont des Pyrales nuisibles aux cultures maraîchères.

1.4.6.6. - Sphingidés

Les chenilles de «Sphinx» sont grosses et portent un éperon charnu sur l'avant-dernier segment de l'abdomen. Agrius convolvuli et Hippotion celerio sont nuisibles à la patate douce.

1.4.6.7. - Noctuidés

Les Noctuelles comptent de nombreuses espèces d'intérêt économique, dont les larves se comportent en mineuses des céréales ou en défoliatrices souvent polyphages et dangereuses. Busscola fusca, Sesamia calamistis, S. nonagrioïdes batanephaga minent les tiges de céréales. Earias biplaga, E. insulana, Eublemma guyneri, Heliothis armigera, Mythimna unipuncta, Raghuva spp., Scotia ipsilon, Selepa docilis, Spodaptera exempta, S. exigua, S. littoralis, Trichoplusia ni, Xanthodes graellsi sont d'autres espèces nuisibles.

1.4.6.8. - Arctiidés

Les chenilles sont de couleurs vives et portent de longs poils serrés. Amsacta moloneyi et Utetheisa pulchella sont deux espèces défoliatrices.

1.4.6.9. - Lycénidés

Les chenilles ont le dos bombé et la face ventrale aplatie. Cosmolyce bocticus et Deudorix antalus sont deux espèces qui attaquent les Légumineuses.

1.4.6.10. - Nymphalidés

Les chenilles sont glabres et portent des tubercules charnus. Deux espèces sont nuisibles: Acraea acerata et Pyrameis cardui.

1.4.7. - Diptères

Les Diptères (mouches, moustiques, moucherons,...) intéressent à la fois l'entomologie médicale, vétérinaire et agricole. Certains Diptères sont utiles, en tant qu'entomophages, d'autres nuisibles, car phytophages, dont la larve se comporte en mineuse des différents organes végétaux ou induit la formation de galles. Ces insectes n'ont qu'une paire d'ailes membraneuses.

1.4.7.1. - Cécidomyiidés

Les Cécidomyies sont de très petits insectes dont la larve, rouge ou orange a divers régimes. Trois espèces phytophages sont des ravageurs des céréales: Contarinia sorghicola, Geromyla penniseti, Orseolia oryzivora.

1.4.7.2. - Téphritidés

Les Téphritidés, ou «Mouches des fruits», sont attirées par les substances sucrées, les acides organiques ou les matières végétales en fermentation. Les larves, ou asticots, se développent dans les tissus végétaux vivants, et en particulier les fruits. La Mouche méditerranéenne des fruits, Ceratitis capitata est polyphage. Dacus ciliatus, Didacus vertebratus et Myopardalis pardalina s'attaquent aux Cucurbitacées.

1.4.7.3. - Diopsidés

Les Diopsides sont reconnaissables à leurs yeux situés à l'extrémité de pédoncules divergents. Deux espèces: Diopsis apicalis et D. macrophtalma sont nuisibles au riz.

Apprenez à bien connaître les ennemis de vos cultures: vous saurez mieux les combattre.

1.4.7.4. - Agromyzidés

Les larves d'Agromyzidés creusent des galeries dans les tissus végétaux. Citons Liriomyza strigata, L. trifolii, Phytomyza atricornis et Ophiomyia phaseoli.

1.4.7.5. - Muscidés

Certaines espèces de «Mouches» sont phytophages comme Atherigona soccata.

1.4.7.6. - Lonchaéidés

L'adulte a le corps brillant avec des couleurs métalliques. Lamprolonchaea aurea est phytophage.

1.4.8. - Thysanaptères (fig. 4)

Les Thysanoptères, ou Thrips, sont de minuscules insectes aux ailes frangées de longs poils et constituant d'importants rassemblements sur les plantes dont ils piquent le feuillage en provoquant sa décoloration.

Anaphothrips sudanensis, Haplothrips sorghicola, Retithrips syrincus, Megalurothrips sjöstedti et Thrips tabaci sont les principaux thrips nuisibles.

1.4.9. - Hétéroptères

Les Hétéroptères, ou Punaises, sont de taille variable et ont les ailes postérieures membraneuses, alors que les antérieures, ou hémélytres ont la partie basale chitinisée. Ce sont des insectes hétérométaboles pourvus d'un rostre avec lequel ils piquent les

tissus végétaux pour en aspirer la sève. Il existe de nombreuses espèces phytophages dont l'incidence économique est variable.

1.4.9.1. - Mirides

Le dessous du corps est glabre et brillant ou finement pubescent. Les Mirides les plus communs sont: Halticus tibialis, Creontiodes pallidus, C. tellinli, Taylorilygus vosseleri.

1.4.9.2. - Lygéides

Les fémurs des pattes antérieures sont souvent renflés et dentés. Oxycarernus hyalinipennis vit sur Malvacées.

1.4.9.3. - Pyrrhocorides

Les Pyrrhocorides sont souvent colorés de rouge et de noir. Dysdercus völkeri et Graptostetus servus sont les principales espèces nuisibles.

1.4.9.4. - Coréïes

Cette famille est abondamment représentée. Les Coréïdes dégagent une odeur nauséabonde.

Plus ou moins polyphages, mais, pour la plupart, fréquents sur les Graminées, citons: Acanthomia horrida, Anoplocnemis curvipes, Cletus fuscescens, Homoeococrus palles, Leptocorisa acuta, L. apicalis, Leptoglossus membranaceus, Mirperus jaculus, Riptortus dentipes.

1.4.9.5. - Tingides.

Les Tingides sont de petites punaises aplaties dont le prothorax et les hémélytres sont aréoles. Urentius hystricellus est un ravageur de l'aubergine.

1.4.9.6. - Pentatomides (fig. 5)

Les représentants de cette famille ont le corps massif, large, la tête horizontale et aplatie. De nombreuses espèces se rencontrent sur les végétaux cultivés dont elles piquent les organes. Les plus communes sont: Acrostenum acutum, Agonoscelis pubescens, A. versicolor, Aspavia albidomaculata, Aspogonpus viduatus, Bagrada hilaris, Callidea dregii, Diploxys spp., Nezara viridula, N. prunasis, Piezodorus hybneri.

1.4.10. - Homoptères

Les Homoptères regroupent des insectes d'apparence variée. Beaucoup de formes sont aptères. Ce sont des holométaboles exclusivement phytophages pourvus d'un rostre qui leur permet de piquer les tissus et d'aspirer la sève. Nombre d'entre eux transmettent des virus.

1.4.10.1. - Tettigométridés

Ces Cicadelles ont le front aplati et vivent en général avec les fourmis. On trouve Hilda patruelis sur arachide.

1.4.10.2. - Cercopidés

Les Cercopides ont les ailes qui dépassent l'abdomen et s'enveloppent dans une écume liquide. Locris rubra et L. vicina sont nuisibles aux Graminées.

1.4.10.3. - Jassides (fig. 6)

Les Jassides sont des Homoptères sauteurs de petite taille. Plusieurs d'entre eux transmettent des virus ou des maladies bactériennes comme Cicadulina mbila, Jacablasca lybica.

1.4.10.4. - Aleurodidés

Les Aleurodes, ou «Mouches blanches», sont de minuscules insectes recouverts de poussière blanche qui s'envolent quand

on secoue la plante qui les héberge; ils transmettent des viroses. Bemisia tabaci est une espèce polyphage.

1.4.10.5. - Aphididés (fig. 7)

Les Aphididés, ou Pucerons, sont de petits Homoptères globuleux qui vivent en colonies nombreuses sur presque toutes les cultures. Ils transmettent des virus et sont parfois responsables de dommages importants. Parmi les plus répandus, on notera: Aphis craccivora, A. fabae, A. gossypii, Aulacorthum solani, Brevicoryne brassicae, Lipaphis erysimi, Macrosiphum euphorbiae, Melanaphis sacchari, Myzus persicae, Rhopalosiphum maïdis, R. rujiabdominalis, Schizaphis graminum.

1.4.10.6. - Coccidés (fig. 8)

Les Coccides, ou Cochenilles, ont un dimorphisme sexuel très accusé; les femelles n'ont pas d'ailes, leur tête est fusionnée avec le thorax et elles se fixent aux tissus végétaux en se protégeant par une sécrétion cuticulaire. Au sein des cultures vivrières, c'est surtout le manioc qui est attaqué.

Citons, parmi les principales espèces: Dysmicoccus brevipes, Ferrisia virgata, Geococcus coffeae, Heterococcus nigeriensis, Aonidomytilus albus, Aspidiella hartii, Aspidiotus destructor, Pseudaulacaspis pentagona.

1.5. - Acariens

Les Acariens, ou «Araignées rouges», ne sont pas des Insectes, mais constituent un ordre de la classe des Arachnides. Ce sont de minuscules organismes de quelques dixièmes de millimètre. Ils vivent à la face inférieure du feuillage en y provoquant des galles et des décolorations.

Les plus répandus sont: Mononychellus tanajoa, Oligonychus indicus, Tetranychus cinnabarinus, T. urticue, Polyphagotarsonemus latus, Brevipalpus phoenicis.

II. Phytiatrie

2.1. - Définition

La phytiatrie est la science qui étudie les états pathologiques des plantes et les moyens d'y porter remède en vue d'améliorer la production végétale.

Le phytiatre agit en tant que médecin des plantes. Faisant suite à un constat, qui correspond au diagnostic de présence de l'agent pathogène, il préconise une méthode de lutte dont il précise la nature et définit les modalités d'application, compte tenu, s'il s'agit de traitements chimiques, des exigences en matière de protection de l'environnement, de santé humaine et de réglementation phytosanitaire.

Le phytiatre n'aura donc à connaître que les causes d'altérations énumérées aux paragraphes 2.2.4 et 2.2.5 ci-après.

2.2. - Origine des altérations

Le mauvais état végétatif d'une plante peut être la conséquence de causes variées et nombreuses parmi lesquelles on peut distinguer cinq catégories.

2.2.1. - Le milieu et les facteurs du climat

a. Luminosité et durée d'ensoleillement.

b. Température (moyennes, extrêmes, amplitude). c. Humidité atmosphérique. d. Pluviométrie (abondance, fréquence et répartition des pluies).

2.2.2.- Le sol

a. Propriétés physiques (perméabilité, granulométrie, humidité).
b. Fertilité (composition qualitative et quantitative en éléments nutritifs).
c. Présence ou absence de certains oligo-éléments.
d. Présence de composés toxiques.

2.2.3. - Accidents et calamités naturelles

a. Pollution d'origine industrielle.
b. Accidents de phytotoxicité à la suite de traitements.
c. Grêle, foudre, cyclones, tornades.
d. Traumatismes et prélèvements dus à l'homme ou à la faune.

2.2.4. - Maladies infectieuses ou parasitaires

a. Viroses, mycoplasmes, maladies bactériennes.
b. Maladies cryptogamiques.
c. Plantes adventices.
d. Nématodes.

2.2.5. - Attaques d'animaux

a. Insectes phytophages.
b. Acariens.
c. Mollusques et Myriapodes.
d. Rongeurs et Oiseaux.

2.3. - Symptomatologie

Les symptômes par lesquels un végétal manifeste une altération s'établissent par comparaison avec des végétaux sains poussant dans des conditions normales.

Le diagnostic, c'est-à-dire la mise en évidence de ces symptômes, et surtout leur interprétation permettant de préciser quelle est l'origine de l'altération constatée, exige, tout à la fois, de solides connaissances techniques, un sens aigu de l'observation et une bonne capacité de jugement qu'une longue expérience ne peut que confirmer.

Pour aider à poser le diagnostic, il importe de savoir si la totalité de la plante est affectée, ou seulement certains organes, et penser que les altérations observées sur tel ou tel organe peuvent être la manifestation d'atteintes affectant un tout autre organe. Il est aussi souvent utile d'examiner plusieurs pieds et de noter si le mal affecte l'ensemble du champ ou s'il se trouve localisé (en taches, sur les bordures...). Enfin, le même végétal peut être sujet à diverses altérations simultanées liées, ou non, entre elles, ou encore être atteint de maladies difficiles à identifier et nécessitant des examens complémentaires de laboratoire. D'autre part, une même affection peut se manifester de façon différente en fonction de la variété, du terrain, de la région...

2.4. - Manifestation des symptômes

Maladies et attaques se manifestent sur la plante par les principaux symptômes suivants.

2.4.1. - Sur racines

Quand le mal trouve son origine au niveau des racines ou du système racinaire, il en résulte un arrêt de la croissance, une fanaison du feuillage et un dépérissement généralisé plus ou moins rapide, ce qui est logique puisque la plante devient incapable de puiser normalement dans le sol l'eau et les substances nutritives indispensables à son développement.

La nature de l'affection ne peut être précisée qu'en déterrant les pieds souffrants. (Le diagnostic est évident si le pied est déjà déterré, soit accidentellement, soit par des animaux sauvages ou domestiques, soit par les courtilières en creusant leurs galeries.)

Les causes à préciser sont variées .

- asphyxie racinaire

Elle se constate en terrain peu perméable, retenant longtemps l'eau des précipitations ou des inondations ou sur des pieds poussant dans des cuvettes ou des bas-fonds.

- phytotoxicité

Elle résulte d'une concentration excessive de produits agrop-pharmaceutiques ou de fertilisants au pied de la plante.

- présence de champignons

Elle entraîne la pourriture des racines («pourridié») ou des radicelles («fonte des semis»).

- infection par les nématodes

Les nématodes provoquent un arrêt de la croissance et un dépérissement du végétal. Des galles et des racines noueuses sont révélatrices de la présence de ces vers.

- attaques d'insectes

Les racines sont attaquées par des insectes souterrains de plusieurs façons:

· elles sont rongées ou dévorées par des larves de Coleoptères («vers blancs» ou larves de Chrysomèles), de Lépidoptères («vers gris»)

· elles sont piquées: par des Homoptères (Cochenilles, Cicadelles...)

· elles sont cisaillées par des Orthoptères (Courtilières, Grillons...)

· elles sont minées par des Termites.

- plante parasite

Les Graminées cultivées végètent et paraissent souffrir d'un manque d'eau, les pieds se dessèchent et meurent. Leurs racines sont attaquées par une plante parasite (Striga Orobranche,... )

2.4.2. - Sur le collet

Les lésions du collet sur les plantes herbacées sont fréquentes et les symptômes comparables à ceux des lésions des racines, mais celles-ci sont, par contre' visibles.

Elles sont le fait:

- de champignons responsables de la fonte des semis'

- d'insectes

· le collet est cisaillé au ras du sol par des Courtilières. «vers gris» Grillons, Sauteriaux,...
· le collet est ronge par des Hannetons.
· le collet est miné par des Termites qui y creusent des galeries, par des asticots qui provoquent un épaississement.

- de Myriapodes

Les Iules s'en prennent de préférence aux plantules.

2.4.3. - Sur tiges, troncs, branches et rameaux

Quand ces organes hébergent un organisme nuisible, insecte, champignon ou virus, la circulation de la sève se trouve plus ou moins perturbée et les conséquences sont le plus souvent visibles sur les feuilles, les fleurs et les fructifications.

- Insectes

Les insectes, que ce soit à l'état de larves ou à celui d'adultes, agissent de plusieurs manières:

· en sectionnant la tige des plantes herbacées ou l'extrémité des rameaux des arbustes: c'est le fait de hannetons ou de chenilles.

· en piquant l'extrémité des tiges et des rameaux, entraînant ainsi la formation de nécroses, de chancres ou la fanaison des jeunes pousses. Ce sont de grosses punaises qui sont responsables de ce genre de dégâts.

· en vivant à l'intérieur de la tige, et en particulier, dans les conduits de sève. Ces espèces mineuses appelées «foreurs» ou «borers» sont des larves de Lépidoptères et de Coléoptères. Des Coléoptères adultes creusent également le tronc et les branches des arbustes. Indépendamment du dépérissement du végétal et du flétrissement des feuilles et des fruits insuffisamment irrigués par la sève, la présence de ces ravageurs se décèle par l'existence d'orifices d'où s'échappent les excréments sous forme de sciure.

- champignons, bactéries et virus

Lorsque nécroses, malformations, hypertrophies, nanisme, flétrissement,... ne sont visiblement pas dus à des insectes, il est vraisemblable qu'une infection cryptogamique, bactérienne ou virale en est la cause.

2.4.4. - Sur les feuilles

C'est très fréquemment par l'aspect des feuilles que l'on s'aperçoit qu'une plante présente des anomalies qui la différencient d'un sujet sain. L'examen du système foliaire peut s'avérer riche d'informations en fonction de ce qu'on y observe:

- flaccidité des feuilles

Si la totalité du feuillage se fane et que la plante dépérit progressivement ou brutalement, plusieurs raisons peuvent être invoquées:

· maladie physiologique,
· phénomènes de toxicité,
· accident climatique,
· altération des racines,
· obturation des vaisseaux conducteurs de sève par des champignons ou des insectes,
· maladie bactérienne,
· forte invasion d'insectes Hétéroptères (punaises),
· attaque de nématodes (sur riz).

- dessèchement des feuilles

Il apparaît progressivement ou soudainement selon la cause et fait suite, ou non, à des altérations ou des décolorations du limbe. Il correspond à :

· une asphyxie radiculaire,
· des phénomènes de toxicité,
· des attaques de nématodes,
· des attaques d'insectes (sur les racines, le collet, la tige ou les feuilles elles-mêmes),
· un stade ultime de maladies cryptogamiques, bactériennes ou de viroses.

- lésions du limbe

Si l'on excepte les lésions consécutives à des vents violents ou au broutement des mammifères, les altérations du limbe proviennent:

· de champignons maculicoles qui provoquent des perforations,
· d'insectes qui dévorent, perforent la feuille ou minent le parenchyme.

- altérations du pigment et taches

Ces altérations ont l'aspect de taches chlorotiques, sans déformation; il peut s'agir alors de carences minérales ou de maladies physiologiques.

Si le limbe est déformé, plissé, gaufré, enroulé, on a vraisemblablement affaire à une virose mosaïque, panachure, souvent inoculée par des piqûres d'Homoptères. Il se peut aussi que la déformation du limbe résulte d'une réaction de la plante à la piqûre ou à la présence d'un insecte (cas des «feuilles d'oignon» sur riz) ou au dépôt d'œufs qui se trouvent «enfermés» dans la feuille.

Enfin, certaines macules caractéristiques par leur forme, leur couleur, leur évolution sont dues à des champignons ou à des bactéries (anthracnoses, rouille).

La présence de Pucerons et de Cochenilles provoque la formation de fumagine, substance poisseuse, noire qui souille les feuilles et obstrue les stomates.

2.4.5. - Sur les fleurs et les boutons floraux

Il arrive que la plante reste stérile à la suite d'un accident climatique, d'une maladie physiologique ou infectieuse, d'attaques d'insectes. Dans ce dernier cas, ou bien la castration résulte d'une mauvaise alimentation en sève consécutive à des lésions sur d'autres organes, ou bien les inflorescences sont dévorées surtout par des chenilles, des hannetons et autres Coléoptères à moins qu'elles ne soient piquées par des Punaises, des Thrips,...

2.4.6. - Sur les fruits et les graines

Lorsqu'on ne peut attribuer le mauvais état d'un fruit à une carence, une maladie, l'agent causal est à rechercher parmi les champignons, facilement repérables, ou les insectes. Ces derniers entraînent le pourrissement du fruit soit en le dévorant, soit en le souillant, soit en le déformant par des piqûres. Les grains, eux aussi, sont consommés ou piqués et sont alors vides, ridés, desséchés.

III. Dégâts des insectes

3.1. - Importance des dégâts

C'est parce qu'ils s'alimentent aux dépens des plantes cultivées par l'homme que certaines espèces d'insectes sont considérées par celui-ci comme nuisibles et font l'objet de divers procédés de lutte pour empêcher, ou tout au moins limiter, le préjudice qu'il subit.

On observe fréquemment que l'importance des dégâts provoqués sur un végétal par un insecte, n'est pas directement fonction de la quantité consommée par ce dernier. Il importe, en effet, de distinguer les effets primaires et les effets secondaires. Les premiers, directs et immédiats, sont la conséquence de la prise de nourriture par l'animal: défoliation, destruction d'organes, épuisement de sève. Les seconds, souvent différés, se manifestent par les réactions de la plante attaquée: récupération, par exemple par tallage, émission de nouveaux organes, apparition de malformations ou de décolorations.

On constate aussi que des pertes de productivité primaires sont dues à des prises de nourriture insignifiantes, et inversement, que de violentes attaques n'entraîment que des pertes de productivité légères, par exemple quand le ravageur se manifeste en fin de cycle végétatif ou sur des organes pour lesquels la plante n'est pas cultivée.

On distingue trois niveaux de populations en rapport avec les dégâts subis par la plante

- tolérable, lorsque l'excès de productivité de l'hôte n'est pas entièrement consommé par le ravageur,

- critique, quand la quantité détruite est supérieure à cet excès de productivité tout en restant inférieur à la productivité totale de l'hôte,

- intolérable, quand la quantité détruite dépasse la productivité de l'hôte.

Les effets secondaires peuvent non seulement entraîner des pertes de productivité primaire, mais aussi affecter la qualité chimique de celle-ci.

Il ne faut pas exclusivement considérer le comportement du phytophage à l'égard de la plante-hôte, mais son mode de développement, en particulier, le nombre de générations dans l'année. Il existe des espèces plurivoltines dont seulement une génération est néfaste à la production primaire et d'autres qui, plusieurs fois dans l'année, et sur des stades phénologiques différents, causent des dégâts dont il est difficile d'apprécier la sommation.

Les dégâts qu'entraîne l'action déprédatrice des insectes sur les cultures ont un caractère de gravité extrêmement variable. Le dommage peut être insignifiant et négligeable, ou alors vraiment catastrophique avec mort de la plante et perte de la récolte.

Plusieurs facteurs sont à considérer:

- le potentiel nuisible du ravageur

Certaines espèces sont plus nuisibles que d'autres. Ainsi, un seul puceron suffit pour inoculer un virus, une seule chenille dans une tige de riz pour empêcher la formation de la panicule; en outre, il est logique que l'ampleur des dégâts croisse avec le nombre d'individus hébergés par la culture. Il y a également lieu de tenir compte de l'étendue de l'invasion: quelques pieds, la totalité du champ, toute la région ?

Enfin, le ravageur en cause se manifeste-t-il régulièrement tous les ans, ou sporadiquement ? Ses populations sont-elles toujours aussi nombreuses ou toujours aussi réduites ?

- la famille botanique et les caractères variétaux

Certaines familles semblent davantage que d'autres attirer les insectes. Au sein d'une même espèce végétale cultivée, il existe des variétés, résultat d'une sélection génétique, dites «résistantes», qui supportent mieux que d'autres variétés, dites «sensibles», la présence du ravageur et dont le rendement se ressent moins de l'action nuisible de l'animal. Cette résistance s'explique par divers caractères morphologiques et anatomiques de la variété ainsi que par la composition chimique de ses tissus. La recherche de telles variétés constitue évidemment une option prioritaire dans le choix des moyens de lutte, bien que ce procédé ne puisse s'appliquer de manière systématique et ne représente pas une panacée.

- l'âge de la plante et le stade végétatif

Une plantule, encore fragile, supportera moins bien, ou même, pas du tout les attaques d'un insecte alors que, plus âgé, le même pied trouvera la force de poursuivre son développement. Le rendement de la plante sera différemment affecté selon que l'attaque se produira avant ou pendant la formation des organes de reproduction, entraînant ainsi castration et stérilité, ou bien après, induisant alors des effets moins sensibles sur la productivité.

- l'organe attaqué

Les pertes de productivité primaires seront d'autant plus graves que l'organe attaqué représente la production végétale: épis de céréales, graines de légumineuses, tubercules de patates, feuilles de salade, fruits de tomate,... Elles peuvent être préoccupantes si l'attaque perturbe la circulation de la sève: il en résultera une baisse de rendement ou une récolte de second choix.

- la vigueur de la plante

Il faut considérer, d'une part «l'attractivité» exercée par le végétal sur l'animal selon que la plante végète sur un sol pauvre ou offre un aspect luxuriant grâce à la fertilisation, et d'autre part, le pouvoir que possède cette même plante de supporter les attaques du déprédateur. Dans ce domaine, il serait hasardeux de prétendre édicter une loi générale, bien que, théoriquement, un pied vigoureux, s'il attire davantage les ravageurs, est en même temps mieux armé pour y faire face.

3.2. - Différents modes d'attaques

Les insectes phytophages sont nuisibles en:

- rongeant le feuillage (Acridiens, chenilles de Noctuelles, Chrysomèles,...),
- rongeant les fleurs et les boutons floraux (Cécidomyies sur céréales,...),
- rongeant les fruits et les graines (chenilles, bruches sur Légumineuses,...),
- rongeant les tiges et les racines (Orthoptères, «vers blancs», Termites,...),
- suçant la sève (Punaises, Pucerons, Cochenilles, Thrips sur diverses cultures,...),
- inoculant des maladies et des viroses («Rosette» de l'arachide,...),
- creusant des galeries dans les racines (Termites),
- creusant des galeries dans les tiges (foreurs des céréales, Charançons,...),
- creusant des galeries dans les feuilles (Hispines du riz, Mouche du haricot,...),
- creusant des galeries dans les fruits (Mouches des Cucurbitacées,...),
- utilisant un organe végétatif pour s'abriter (Nymphula sur riz,...),
- provoquant la formation de galles et de malformations. On peut répartir ces ravageurs en trois catégories:

- les espèces broyeuses

Ce sont celles qui coupent les tiges, broutent le limbe des feuilles, dévorent les fleurs et les boutons floraux, rongent les fruits et les graines ainsi que le système radiculaire. Adultes et larves d'Orthoptères, de Coléoptères, les chenilles appartiennent à cette catégorie.

- les espèces mineuses

Elles creusent des galeries dans le collet, les tiges, les tubercules, les feuilles et les fructifications.

Ce comportement est celui des larves de Coléoptères, Lépidoptères, Diptères.

- les espèces piqueuses-suceuses

Ces insectes perforent les tissus des différents organes végétatifs, principalement les feuilles et les fruits, pour en aspirer la sève afin de s'en nourrir.

Acariens (*), Aleurodes, Thrips, Cicadelles, Pucerons, Cochenilles et Punaises agissent ainsi.

(*) Les Acariens ne sont pas des Insectes, mais des arachnides. Toutefois leur comportement et les dégâts qu'ils provoquent étant comparables à ceux des Insectes, il est convenu, du seul point de vue pratique, de les assimiler à ces derniers.

3.3. - Insectes phytophages et types de dégâts

3.3.1. - Insectes broyeurs

- Espèces vivant à l'extérieur de la plante

La prise de nourriture par les insectes broyeurs a pour conséquences:

· de diminuer la quantité de tissus chlorophylliens et de perturber ainsi la croissance, surtout sur de jeunes plants. La disparition de surfaces de limbe est attribuable aux espèces défoliatrices, appelées encore phyllophages.

Si la feuille est broutée ou trouée comme une dentelle ou si le limbe présente des stries parallèles, il s'agit le plus souvent de dégâts imputables à des adultes ou des larves de Coléoptères (Chrysomèles, Charançons). Par exemple: Henosepilachna elaterii sur Cucurbitacées, Aspidomorpha spp. sur patate douce, Cylas spp. également sur patate.

Le parenchyme peut être rongé ou découpé alors que la nervure principale et parfois les secondaires, sont respectées, tandis que l'on trouve des fils soyeux reliant les restes nécrosés de la feuille et des déjections sous forme de minuscules boulettes. Ces dommages sont l'œuvre de chenilles défoliatrices. Ainsi, les feuilles de Malvacées sont cisaillées en menus morceaux par des chenilles de Sylepta derogata avec lesquels elles se couvrent, puis s'enroulent; celles-ci sont rongées en respectant les nervures principales.

Quand de larges plages de limbe sont broutées sur le pourtour, on a généralement affaire à des Orthoptères (Criquets, Sauteriaux,...), des Coléoptères (comme Heteroligus meles sur igname) ou des chenilles (du genre Spodoptera).

La gravité du préjudice dépend du pourcentage de surface foliaire consommée. Lorsque les feuilles de graminées comme le maïs, le sorgho, le riz, présentent des perforations symétriques, il s'agit probablement de trous de passage forés par une chenille mineuse de la tige pour pénétrer dans celle-ci alors que la feuille était encore enroulée en cornet.

· de désorganiser ou d'interrompre la circulation de sève, entraînant, de ce fait, des désordres physiologiques et une malformation des organes de reproduction.

C'est le type de dégâts que provoquent, entre autres, les insectes qui broutent le collet ou les tiges: grillons, «vers gris», foreurs des tiges.

· de réduire la vigueur de la plante, ou de la tuer, en consommant les organes d'absorption, racines et feuillage.

En dévorant les racines, les insectes du sol, termites, «vers blancs», sont responsables de ces dommages.

· de compromettre quantitativement et qualitativement, dans des proportions variables, la production, en détruisant boutons floraux, fleurs, fruits et graines.

Agissent ainsi diverses chenilles (comme Heliothis armigera), Coléoptères (Bruches des Légumineuses) qui s'attaquent aux fruits et aux graines, ainsi que d'autres Coléoptères, Diptères et Lépidoptères qui détruisent les fleurs (Mylabres sur arachide, Cécidomyie du mil, Earias sur Malvacées).

- espèces mineuses

Les représentants de certaines familles appartenant, entre autres, aux Coléoptères, Lépidoptères, Diptères passent la majeure partie, sinon la totalité de leur vie larvaire à l'intérieur du végétal en s'abritant et en se nourrissant principalement dans le collet, les tiges, les feuilles, les fruits et les tubercules. Ces larves se comportent en broyeurs et leur activité déprédatrice a les mêmes conséquences, mais, à l'inverse des précédents, ces ravageurs échappent aux regards car ils creusent dans l'organe qui les héberge des mines et des galeries de forme, de longueur et de configuration variées.

- espèces mineuses des racines

Très peu d'insectes creusent des galeries dans les racines et pratiquement seuls certains termites s'y rencontrent, comme Microtermes sp., qui pénètrent dans l'arachide par le collet: la plante dépérit, les feuilles se fanent.

- espèces mineuses du collet

On retrouve Microtermes sp. dans le collet où il pénètre à quelques centimètres sous la surface du sol. Il peut y avoir dans le collet des haricots des larves d'Ophiomyia phaseoli contre lesquelles la plante réagit par un épaississement des tissus à ce niveau.

- espèces mineuses des tiges de céréales (« foreurs»)

Cette catégorie de ravageurs est surtout représentée par des chenilles de Pyrales et de Noctuelles qui se tiennent dans la lumière des tiges de céréales et s'y alimentent en lésant les vaisseaux conducteurs de sève. Il en résulte des anomalies dans la fructification («coeurs morts» et «panicules blanches» sur riz) ou le dessèchement et la mort du pied, à moins qu'il se produise une émission de talles supplémentaires et un retard dans le développement; il peut également se produire le bris des tiges (sur maïs).

- espèces mineuses des tiges et tubercules de plantes amylacées Sur patate douce, on trouve des larves de Charançons dans les tiges et les tubercules («Apions»).

- espèces mineuses des feuilles

Sur patate douce et sur Légumineuses, ce sont des larves de Diptères qui minent le parenchyme foliaire; sur riz les larves d'Hispines agissent de la même façon.

- espèces mineuses des fruits

La présence dans les fruits d'insectes entraîne inévitablement leur pourriture partielle ou totale (Mouches des Cucurbitacées, sur melon, Heliothis sur tomate).

3.3.2. - Insectes piqueurs-suceurs

Cette catégorie d'Insectes, Homoptères, Hétéroptères, Thysanoptères a des effets plus spécifiques.

- action spoliatrice

La plante s'affaiblit à la suite de l'absorption de sève par ces phytophages. Les dommages sont fonction de la taille des individus et de l'importance de la population. Les Punaises de la famille des Coréïdes prélèvent un volume non négligeable de sève.

- action mécanique

Pendant la piqûre, le mouvement de va-et-vient des stylets, notamment des stylets mandibulaires constitués de dents de scie sur leur crête externe et terminale, dilacère les cellules et les vaisseaux, les détruisant ainsi définitivement. Ces blessures apparaissent sous forme de taches nécrosées. Ici encore, ce sont les grosses punaises les plus dangereuses.

- action toxique

La salive que l'insecte injecte dans la plante contient des diastases qui ont des propriétés toxiques sur les tissus. Les effets revêtent plus ou moins d'ampleur selon que la piqûre a atteint les faisceaux libériens ou seulement le parenchyme. Cette toxicité se manifeste par des taches.

- action infectieuse

Les insectes piqueurs-suceurs transmettent, lors de la piqûre, des agents pathogènes, champignons, bactéries et surtout virus, qui provoquent sur la plante des maladies souvent très graves. Il apparaît sur les feuilles des plages de coloration différente (chlorose, mosaïque, panachure) ainsi que des déformations (nanisme, gaufrements, enroulements, rabougrissement).

3.4. - Pertes

Il faut se garder de confondre pertes et dégâts, les dégâts étant la manifestation visible d'altérations susceptibles de se traduire ultérieurement par une perte.

Une perte représente une diminution directement mesurable d'une récolte. Elle peut être quantitative ou qualitative.

- Les pertes quantitatives sont des pertes de substance physique qui s'évaluent par une diminution de poids ou de volume. Ce sont les plus facilement mesurables et les plus significatives pour le paysan.

- Les pertes qualitatives sont plus difficiles à définir, mais peuvent être aussi, sinon plus, importantes que les pertes quantitatives, surtout si la détérioration de la récolte la rend invendable ou inconsommable.

Si l'évaluation précise des pertes demeure délicate, nos connaissances nous permettent néanmoins de les réduire.

3.5. - Seuil économique

En principe, l'exploitant escompter un accroissement de ses revenus résultant d'une protection phytosanitaire dès lors que la valeur du surplus récolté est supérieur au coût de l'intervention. Théoriquement, le paysan, ou son conseiller, doit connaître le prix probable de la culture menacée, la superficie concernée, l'évolution probable des attaques au cours de la période végétative, le prix de revient des différentes mesures de lutte et leur efficacité supposée dans le contrôle du déprédateur, ainsi que les conséquences éventuelles des attaques sur la qualité et le tonnage de la récolte.

Le «seuil économique» se définit comme le niveau de dommages dus à un organisme nuisible au-delà duquel il apparaît raisonnable d'envisager des mesures de protection.

Trois facteurs influent sur le niveau du seuil économique

- l'attitude de l'exploitant face aux risques de pertes, laquelle varie selon l'importance des revenus extérieurs, la diversité des cultures, le volume des investissements en jeu, le niveau des connaissances, la peur du risque,...

- l'interaction entre le revenu espéré de la culture et le niveau des attaques,

- la relation existant entre le prix de revient de la lutte et le niveau des attaques.

Un traitement chimique doit toujours vous faire gagner de l'argent: faites vos calculs.

IV. Lutte

La lutte contre les insectes nuisibles aux cultures ne se limite pas à l'usage exclusif de pesticides. Il existe, en effet d'autres procédés qui, s'ils ne sont pas souvent suffisants, ne doivent pas être négligés car ils ont une action certaine dans la limitation des populations d'insectes. La «lutte intégrée», qui est maintenant entrée dans la pratique, n'est autre qu'une combinaison harmonieuse, et non une simple addition, de tous les moyens de lutte, y compris la lutte chimique, pour combattre les ravageurs d'une façon qui soit à la fois efficace, rentable et qui atténue au maximum les inconvénients des pesticides.

4.1. - Méthodes simples utilisant des agents physiques et mécaniques

Brûlez toujours les débris de récolte.

- le feu

«Couper, brûler» est une vieille recette qui a le mérite de la simplicité, de l'économie et de l'efficacité.. L'incinération des souches, des branches, des chaumes, des racines, des fruits véreux, des graines attaquées, soit tous les organes végétaux abritant des ravageurs à n'importe quel stade, devrait être pratiquée systématiquement, car ce procédé permet de tuer, sans grand effort, de nombreux individus qui seraient à l'origine des infestations de la prochaine récolte.

- les captures

Le ramassage des insectes n'est à envisager que s'il peut être effectué par une main-d'œuvre gratuite (par des enfants, par exemple) et dans le cas d'une invasion soudaine et limitée d'espèces de forte taille, comme les punaises ou certaines chenilles. Cette opération se fait à la main ou avec un filet.

- le piégeage

En culture maraîchère, sur de petites surfaces, on peut capturer des «vers gris» en disposant des planchettes sous lesquelles les larves s'abritent durant la journée. On peut aussi piéger les punaises des arachides dans les champs après la récolte. De telles applications sont néanmoins limitées. Par contre, le piégeage s'avère intéressant comme dispositif d'avertissement permettant de programmer des traitements aux dates les mieux appropriées. On réussit ainsi à capturer à l'aide de phéromones sexuelles femelles, des papillons mâles de Noctuelles et de Pyrales.

N'oubliez pas que les labours représentent aussi un moyen de lutte.

- les façons culturales

· labours: s'ils sont pratiquables, les labours permettent à la fois de tuer en les enfouissant les espèces présentes sur le végétal et de ramener à la surface, où elles meurent ou sont dévorées par les prédateurs, celles qui se trouvent en terre, comme les «vers blancs».

· détroussaillage: la végétation spontanée comprend souvent des plantes hôtes sur lesquelles certains ravageurs se

réfugient pendant l'intersaison; en particulier, les sauteriaux s'y abritent.

· submersion: la maîtrise de l'eau permet, par une submersion de quelques jours des rizières, de noyer et d'asphyxier les larves et les nymphes des foreurs demeurées dans les chaumes après la récolte.

- dates de semis et de récolte

En avançant ou en retardant la date des semis, dans la mesure où la variété et la pluviométrie l'autorisent, on arrive à empêcher de faire coïcider la période où la plante est sensible à un ravageur et celle où celui-ci se montre agressif. Ainsi, les semis précoces de sorgho sont moins attaqués par la cécidomyie. Quand cette pratique n'affecte pas le rendement et la qualité d'une production, on peut envisager de récolter plus tôt fruits ou graines.

4.2. - Résistance variétale

La résistance variétale est la capacité d'une variété de produire une récolte de bonne qualité plus abondante que d'autres variétés face à une même densité de population d'un ravageur. Entre une variété immune qui n'est jamais attaquée et une variété hautement susceptible qui l'est davantage que les autres, existe une échelle avec des degrés de résistance plus ou moins accentués.

Une variété résistante serait, théoriquement, la solution idéale pour contrer la menace d'un organisme pathogène. En fait, quelles que soient les causes de cette résistance, anatomiques, chimiques ou simple tolérance, une telle variété doit posséder d'autres caractéristiques qui, malheureusement, ne se trouvent pas toujours réunies:

· avoir d'autres qualités qui la rendent agronomiquement intéressante (rendement, précocité, taille, port, réponse aux engrais,...)

· ne pas être sensible à d'autres ravageurs (phytophages, maladies,...)

· conserver cette résistance partout où elle est cultivée,

· ne pas perdre cette résistance avec le temps.

La recherche de variétés résistantes demeure une voie prioritaire.

4.3. - Ennemis naturels

Malgré leur puissance extraordinaire de multiplication, insectes et acariens restent numériquement à peu près constants d'une année à l'autre. Cela tient à ce que la plupart sont détruits par des agents adverses ou se trouvent dans l'impossibilité d'assurer complètement leur descendance. Outre des conditions climatiques parfois défavorables, les principaux facteurs de destruction sont représentés par des ennemis naturels: prédateurs vertébrés (oiseaux,...), insectes entomophages (prédateurs et parasites), mycoses, virus, maladies bactériennes. Tous ces organismes contribuent à maintenir ce qu'on appelle 1'«équilibre biologique». Toute modification de cet équilibre, par exemple par un traitement chimique inconsidéré, peut entraîner de graves répercussions.

Ne tuez pas les insectes utiles: ils vous aident.

L'utilisation, la «manipulation» devrait-on dire, par l'homme de ces organismes pathogènes constitue ce qu'on appelle «la lutte biologique». Ses applications sont délicates et demeurent limitées.

4.4. - Lutte chimique

On désigne sous ce terme l'ensemble des divers procédés d'application de substances chimiques, les «pesticides», sur les insectes en vue de les détruire, ou tout au moins, de faire baisser leur nombre à un niveau tel qu'ils cessent de représenter une menace pour les récoltes.

L'usage intensif et inconsidéré des pesticides peut présenter, outre une rentabilité aléatoire, plusieurs inconvénients qu'il faut se garder de sous-estimer:

· apparition de races résistantes: ce phénomène a contribué à l'augmentation des tonnages de pesticides épandus car on a cru venir à bout d'espèces devenues résistantes en augmentant la concentration de toxique dans les traitements. L'acquisition de cette résistance est malheureusement héréditaire et l'alternance des pesticides est une des solutions pour l'éviter.

· apparition de nouvelles espèces nuisibles: si un traitement détruit toute l'entomofaune présente, il en résulte un déséquilibre faunique qui peut provoquer la multiplication d'espèces qui n'étaient jusque-là pas dangereuses parce que le niveau de leurs populations était maintenu suffisamment bas par leurs ennemis.

· résidus toxiques: la réglementation sur les doses d'emploi, sur le délai entre le dernier traitement et la récolte et sur le taux admissible de résidus toxiques sur les produits destinés à la consommation, doit être respectée scrupuleusement.

· pollution de l'environnement: le phénomène de «concentration biologique» de pesticides peu biodégradables, ou de leurs métabolites, par le processus des «chaînes alimentaires» a conduit à l'interdiction, ou à la limitation dans l'utilisation, de certaines catégories de produits (métaux lourds, la plupart des insecticides organochlorés,...).

4.5. - Lutte intégrée

La lutte dite «intégrée» représente une stratégie qui prend en compte tous les moyens de lutte: façons culturales, variétés résistantes, lutte biologique et lutte chimique modérée, c'est-à-dire en épandant les pesticides aux doses efficaces au cours de traitements aussi peu nombreux que souhaitables effectués aux périodes les plus judicieuses.

V. Nomenclature des pesticides

Les insecticides de synthèse appartiennent à diverses catégories:

- les insecticides organochlorés,
- les insecticides organophosphorés, - les carbamates,
- les acaricides spécifques,
- les pyréthrinoïdes de synthèse, - les insecticides minéraux,
- les biopesticides.

5.1. - Insecticides organochlorés

Ces insecticides ont été très utilisés pendant les trois décennies qui ont suivi la guerre, y compris en Afrique, en particulier dans la lutte anti-acridienne et pour d'autres usages où leur bonne efficacité et leur longue rémanence en climat tropical les ont fait apprécier. Malheureusement, certains de leurs métabolites peuvent persister très longtemps dans le sol, les tissus végétaux et les graisses. C'est pourquoi, les risques d'accumulation dans les chaînes alimentaires et les conséquences qui peuvent en résulter pour la santé de l'homme et pour l'environnement ont conduit à interdire progressivement leur utilisation, ou à restreindre leur application à des situations très limitées excluant, de toute façon, leur épandage sur les cultures vivrières et maraîchères.

Toutefois, deux insecticides, le lindane et l'endosultan, restent largement employés en zones tropicales. Le lindane. reste un excellent insecticide du sol, un antiacridien apprécié et surtout un très bon insecticide pour la désinfection des semences. L'intérêt de l'endosultan réside dans sa polyvalence, son action réduite sur l'entomofaune utile et sa toxicité dermale très faible. C'est dire que ces deux insecticides organochlorés demeureront longtemps indispensables en régions tropicales.

5.2. - Insecticides organophosphorés

Ce groupe comprend des insecticides très nombreux et très variés au sein duquel on peut distinguer deux catégories: les insecticides de contact et les insecticides systémiques.

- Insecticides de contact

· Chlorméphos: en traitements du sol, contre les vers blancs.

· Chlorfenvinphos à n'utiliser qu'en granulés dans le traitement des insectes du riz tels que Chilo spp. et Diopsis spp.

· Chlorpyriphos: s'emploie dans les traitements du sol contre les «vers gris» et les «vers blancs».

· Diazinon: conditionné sous forme liquide, de granulés ou de microcapsules contre de nombreux ravageurs: insectes du sol, insectes du riz (foreurs blanc et rose, hispines, diopsides), cécidomyie du sorgho, thrips, mouches du haricot,...

· Ethoprophos: en traitements du sol, uniquement sur les pépinières.

· Fénitrothion: s'emploie contre les ravageurs des céréales (foreurs, Sesamia, cécidomyies) ainsi que contre les thrips, Maruca testularis.

· Fenthion: pour lutter contre les Diptères: cécidomyies, mouche du haricot, mouches des fruits et des cucurbitacées.

· Fonofos: en traitements du sol.

· Malathion: est utilisé contre les apions de la patate douce et les mouches des cucurbitacées.

· Parathion: en traitements du sol, uniquement sur les pépinières et en solution huileuse contre les cochenilles.

· Phosalone: polyvalent s'emploie contre les cécidomyies. Sans effets sur l'entomofaune utile.

· Phoxime: en traitements du sol contre les «vers gris» et les termites et d'autre part, contre les chenilles mineuses des céréales.

· Pyrimiphos-méthyl: pour combattre les thrips, les aleurodes, Maruca testularis.

· Tétrachlorvenphos: s'utilise contre Maruca testularis.

· Trichlorfon: s'emploie contre les chenilles du genre Spodoptera et Sesamia, également contre les punaises et les mouches des fruits.

· Trichloronate: en traitements du sol.

- Insecticides systémiques

· Acéphate: efficace sur Heliothis armigera, les «vers gris», les aleurodes et les pucerons.

· Diméthoate: permet de lutter contre les mouches des fruits, les apions de la patate douce, les punaises, les pucerons, les aleurodes, les thrips,...

· Disulfoton: actif sur les pucerons.

· Phorate: utilisé pour combattre les pucerons.

5.3. - Carbamates

Ce groupe de pesticides comprend surtout des fongicides et des herbicides mais quelques-uns sont des insecticides intéressants.

· Carbaryl: très utilisé contre les insectes broyeurs: «vers gris», grillons, chenilles de Sesamia et de Plutella.

· Carbofuran: sous forme de granulés, contre les foreurs des graminées et les ravageurs du riz (Sesamia, diopsides); efficace sur les pucerons et la mouche du haricot.

· Dioxacarbe: employé pour la destruction des fourmilières.

· Pirimicarbe: insecticide sélectif actif sur les pucerons.

· Propoxur: surtout utilise dans la lutte antiacridienne et sur les grillons efficace sur les hispines du riz.

5.4. - Acaricides spécifiques

Beaucoup d'insecticides ont une action sur les acariens, mais certains pesticides, les acaricides, ont une action spécifique contre ceux-ci. Les uns sont toxiques pour tous les stades de leur cycle biologique, d'autres sur l'un de ces stades seulement ou encore, certains sont sans action sur les adultes.

Les traitements contre les acariens s'appliquent surtout en culture maraîchère et, lors de traitements répétés, mieux vaudra choisir chaque fois un acaricide d'un groupe différent. En effet, ces pesticides se répartissent en divers groupes:

- dérivés benzéniques

· Binapacryl: agit sur tous les stades de développement des acariens, même résistants aux organophosphorés (50 g/hl).

- dérivés staniques

· Cyhexatin: agit sur les formes résistantes aux organophosphorés (30 g/hl).

- cartinols

· Dicofol: agit sur tous les stades (30 à 50 g/hl).

- sulfones et sulfonates

· Fénizon: efficace seulement sur les œufs et les larves (50 g/hl).

· Tétrasul: sans action sur les adultes (40 g/hl).

5.5. - Pyréthrinoïdes de synthèse

Les pyréthrinoïdes sont des toxiques dotés d'un large spectre d'action, possédant un effet de choc remarquable, non systémiques et agissant rapidement par contact. Elles sont très stables et très rémanentes. Elles sont toxiques pour les poissons, mais fort peu sur les animaux à sang chaud.

Leur emploi est particulièrement intéressant dans la lutte contre les chenilles à tous les stades. Toutefois, leur utilisation excessive et inconsidérée a provoqué dans plusieurs pays (au Sénégal, entre autres) l'apparition de lignées résistantes, sur Heliathis notamment.

La faveur dont jouissent ces pesticides s'explique non seulement par leur efficacité spectaculaire sur des ravageurs redoutables comme les chenilles mais aussi par l'insignifiance des résidus sur les produits récoltés. Les pyréthrinoïdes sont souvent appliquées par des pulvérisations UBV, et leur faible toxicité les rend extrêmement séduisants dans ce type d'interventions qui accroît toutefois les risques d'intoxication pour l'exécutant.

Les nombreux attraits de ces insecticides ont amené, depuis le début de cette décennie, l'homme à les utiliser à outrance et, comme c'était prévisible, on assiste maintenant à l'apparition d'une résistance parmi les ravageurs visés. Il serait regrettable que, par légèreté et ignorance, il devienne à l'avenir impossible de bénéficier de leurs qualités. Une trêve dans leur utilisation représenterait peut-être une sage mesure.

· Bioresméthrine: sert au traitement des denrées stockées contre les charançons, mais peut s'employer contre les aleurodes sous abri (6 g/hl).

· Cyperméthrine: polyvalente, surtout utilisée contre les chenilles défoliatrices (3 g/hl) et les coléoptères phyllophages (25 g/ha).

· Deltaméthrine: très polyvalente; efficace sur les chenilles (7,5 g/ha).

· Fenvalérate: actif sur de nombreux insectes; possède une action acaricide.

5.6. - Insecticides minéraux

· Phosphure d'aluminium: ce produit, conditionné en pilules ou en comprimés, dégage, au contact de l'humidité de l'hydrogène phosphoré, insecticide gazeux employé dans la protection des denrées emmagasinées. Peut servir à la destruction des termites à l'intérieur de leurs termitières.

· Soufre: fongicide pouvant servir à combattre les acariens verts.

5.7. - Biopesticides

Les biopesticides, ou pesticides de «troisième génération», regroupent un ensemble de nouvelles substances: régulateurs de croissance, analogues d'hormones, antihormones, préparations bactériennes,... qui ont l'avantage sur les insecticides classiques de n'avoir qu'un faible impact sur l'environnement. Parmi ces nouveaux produits, les régulateurs de croissance semblent pouvoir s'insérer à court terme, dans des programmes de traitements, compte tenu de leur grande sélectivité. Plusieurs produits se trouvent déjà sur le marché.

- régulateurs de croissance

· Téflubenzuron (CME 134, Nomolt®) (30 à 45 g/ha).

· Fenoxycarb (Insegar®) contre les cochenilles des arbres fruitiers ( 10 g/hl).

· Chlorfluazuron (AIM®) contre les larves de Lépidoptères et de Coléoptères phyllophages (10 à 30 g/ha).

· Cyromazine (Tricard®) contre les larves de Diptères (10 à 30 g/ha).

· Diflubenzuron (Dimilin®) contre les noctuelles défoliatrices (74,25 g/ha). Ce produit est le plus ancien et commence à être commercialisé dans les pays tropicaux, notamment dans le sud-est asiatique.

- préparations bactériennes

· Bacillus thuringiensis (Bactospéine®) contre les chenilles défoliatrices (6 g de p.c/ha).

- préparations virales entomopathogènes

· Baculovirus «Heliothis» (contre Heliothis armigera).

Ne traitez pas avec n'importe quoi: choisissez votre pesticide.

VI. Formulations

6.1. - Définition

Une formulation est une préparation prête à l'emploi, contenant une ou plusieurs matières actives associées à d'autres substances de manière à être présentée sous une forme convenable. (Une préparation qui contient plus d'une matière active peut être dénommée «association».)

6.2. - Nécessité des formulations

Pour pouvoir être utilisées et développer au maximum leur efficacité biologique, les formulations doivent être élaborées de façon à optimiser leurs qualités. Les buts de la formulation sont donc de:

- faciliter et améliorer l'action des toxiques, celle-ci pouvant se trouver modifiée en fonction du mode de préparation;

- permettre une répartition régulière d'une dose minime de matière active sur une vaste superficie tout en assurant la persistance de son efficacité pendant une durée suffisamment longue;

- conjuguer l'action toxique de plusieurs substances différentes (insecticide et fongicide, par exemple) pour réduire le nombre de traitements.

6.3. - Composition des pesticides

Un pesticide est une substance ou une préparation permettant de lutter contre les ennemis des cultures et des produits récoltés, et plus particulièrement, de tuer les insectes s'il s'agit d'un insecticide.

C'est un produit industriel composé de plusieurs substances. En effet, une matière active à l'état pur ne constitue que rarement un pesticide, car elle doit être préparée formulée avant de pouvoir être utilisée. La nature et la qualité des substances qui lui sont associées, ainsi que les procédés de fabrication, peuvent avoir une influence considérable sur le comportement biologique de la matière active. La transformation physique de la matière active vise à obtenir une substance: - facilement utilisable, quel que soit le mode d'épandage,

- à haut potentiel toxique pour le parasite, mais sans effets secondaires indésirables ni dangereux pour l'environnement,

- capable de ne pas s'altérer durant les transports et le stockage,

- suffisamment économique pour que son coût ne représente pas un obstacle à son emploi.

On ajoute donc à la matière active:

- un diluant ou une charge, substances neutres, permettant de réduire la consommation de matière active et d'avoir:

· une facilité accrue de dilution à la préparation,

· une meilleure répartition de la matière active lors du traitement si celle-ci agit à très faible concentration,

· éventuellement, une toxicité moindre pour l'utilisateur.

- des adjuvants, qui améliorent l'efficacité de la matière active ainsi que les propriétés physiques et physicochimiques de la préparation.

Ces adjuvants peuvent être:

· des mouillants qui diminuent la tension superficielle des goutelettes, réduisant ainsi les forces internes s'opposant à leur finesse de pulvérisation et à leur continuité d'étalement,

· des adhésifs qui augmentent la viscosité des gouttelettes prolongent leur présence sur le végétal,

O des dispersifs ou émulsifs qui facilitent la préparation du liquide à pulvériser, donc son homogénéité,

· des stabilisants qui réduisent l'action de l'oxygène de l'air et des radiations solaires de même que l'interaction entre les différents composants,

· des synergistes qui augmentent l'efficacité de la matière active,

· des substances colorantes qui permettent de mieux identifier les produits très toxiques,

· des substances odoriférantes qui ont pour objet d'éviter les contusions avec des aliments.

6.4. - Codage des formulations

En présence de l'augmentation continue de la fabrication, la formulation et l'usage des pesticides,' associé à un accroissement parallèle des types de formulations mises sur le marché, il est apparu nécessaire de disposer d'un système harmonisé pour désigner les formulations qui soit utilisé sur un plan international et indépendant de la langue du pays utilisateur.

Le code retenu, établi en 1984 par le GIFAP (*), est constitué de deux lettres pour chaque type. Il présente soixante-quatre types de formulations.

(*) Groupement International des associations nationales de Fabricants de Produits agrochimiques.

6.5. - Types de formulations

Les pesticides sont disponibles, en zones tropicales, sous les principales formulations suivantes:

- Produits pour le traitement des semences

Code GIFAP

Nom du type de produit ou de la formulation

Définitions

Ancienne dénomination encore usitée

DS

poudre pour traitement des semences à sec

poudre destinée a être appliquée en l'état sur les semences

PP pour semence

LS

liquide pour traitement des semences

solution destinée à être appliquée sur les semences en l'état ou après dilution


PS

semences traitées ou enrobées



SS

poudre soluble pour traitement des semences

poudre destinée à être appliquée sur les semences après dissolution dans l'eau


WS

poudre mouillable pour traitement humide

poudre destinée à être appliquée sur semence sous forme de bouillie aqueuse concentrée.


- Concentrés à diluer dans les solvants organiques

Code GIFAP

Nom du type de produit ou de la formulation

Définitions

Ancienne dénomination encore usitée

OL

liquide miscible à L'huile

formulation liquide à diluer avant emploi dans un liquide organique miscible

O.P. signifie souvent les insecticide organophosphorés

OP

poudre à disperser dans l'huile

formulation pulvérulente destinée à être appliquée après dispersion dans un liquide organique


OF

suspension concentrée diluable dans l'huile

suspension stable d'une matière active dans un liquide destinée à être appliquée après dilution dans un liquide organique


- Produits à appliquer sans dilution

Code GIFAP

Nom du type de produit ou de la formulation

Définitions

Ancienne dénomination encore usitée

CG

granulé encapsulé

granulé avec enrobage de protection ou à relargage progressif


DP

poudre pour poudrage

poudre fluente applicable par poudrage

PP

ED

liquide chargeable électriquement

formulation liquide spéciale pour pulvérisation électrostatique ou électrodynamique

formulation pour electrodyn®

FG

granulé fin

granule de dimension comprise entre 300 et 2 500 microns


GG

macrogranule

granule de dimension comprise entre 2 000 et 6 000 microns


GP

poudre á pulvériser

poudre pour poudrage, très fine, destinée aux applications pneumatiques en enceinte close

PP

GR

granulé

produit solide fluent se présentant sous forme de granulé de dimensions définies, prêt à l'emploi


MG

microgranulé

granulé de dimension comprise entre 100 et 600 microns


SU

suspension pour application à très bas volume

suspension prête à l'emploi dans un appareil de traitement à très bas volume

ULV ou UBV

TP

poudre de piste

rodenticide ou poudre agissant par contact

PP

UL

liquide pour application à très bas volume

liquide homogène, prêt à l'emploi dans un appareil de traitement à très bas volume (TBV)

ULV ou UBV

- Concentrés à diluer dans l'eau

Code GIFAP

Nom du type de produit ou de la formulation

Définitions

Ancienne dénomination encore usitée

EC

concentré émulsionnable

liquide homogène, destinée à être appliquée après dilution dans l'eau sous forme d'émulsion

CE

EO

émulsion de type formulation fluide hétérogène huileux (émulsion inverse)

constituée par la dispersion de fins globules de solution aqueuse de produits phytosanitaires dans une phase liquide organique continue


EW

émulsion de typ aqueux (émulsion aqueuse)

formulation fluide constituée par la dispersion dans une phase aqueuse continue de gouttelettes contenant le produit phytosanitaire


SC

suspension concentrée(concentré fluidifiable, Flow)

suspension stable de matière(s) active(s) dans un liquide pour emploi après dilution dans l'eau

FL

SG

granulés solubles dans l'eau

formulation constituée de granulés destinée à être appliquée sous forme de solution, dans l'eau, de la matière active mais pouvant contenir des matières inertes insolubles


SL

concentré soluble

formulation liquide homogène destinée à être appliquée après dilution dans l'eau sous forme de solution vraie de la matière active


SP

poudre soluble dans l'eau

formulation pulvérulente destinée à être appliquée après dissolution dans l'eau sous forme de solution vraie de la matière active mais pouvant contenir des matières inertes solubles


TB

tablette

formulation solide se présentant sous forme de pastilles de petite taille


WG

granulés à disperser dans l'eau

formulation constituée de granulés, destinée à être appliquée après délitage et dispersion dans l'eau

GFL(Dry Flowable)

WP

poudre mouillable

formulation pulvérulente destinée à être dispersée dans l'eau en vue de son application, soit immédiatement, soit après agitation avec addition progressive d'eau

PM

- Produits divers Plusieurs autres formulations existent pour des usages très spécifiques: appâts, protection des stocks en milieux confinés (silos, entrepôts,...). Le lecteur consultera à ce sujet le code GIFAP.

6.6. - Propriétés physiques des formulations

- poudres

Une poudre est une substance fluente se présentant sous forme de particules de 0,075 mm à 0,150 mm de diamètre.

Les poudres se caractérisent par leurs propriétés physiques:

· granulométrie: une poudre fine est constituée principalement de particules de moins de 0,075 mm, tandis qu'une poudre grossière est principalement formée de particules dont la plus grande dimension est comprise entre 0,075 mm et 0,150 mm;

· densité: elle est variable et dépend de la charge; la densité influe sur le comportement de la poudre pendant et après le traitement;

· fluence: la fluence est la propriété que possède une poudre de s'écouler librement par un orifice. Une granulométrie régulière favorise la fluence.

- granulés

Les granulés sont des solides de petites dimensions, moins de 600 microns pour les microgranulés, qui se caractérisent par leur:

· granulométrie: elle classe les particules selon leur grosseur et découle des procédés de fabrication; elle influe sur la tenue du produit dans les matériels d'épandage et au sol.

· densité: celle-ci peut s'exprimer de trois façons: réelle: c'est le ratio «poids/volume». apparente: on tient compte du volume apparent du granulé, c'est-à-dire comprenant des «vides».

«vrac»: elle correspond au poids, exprimé en kilogrammes qu'occupe un volume d'un litre rempli par gravité.

· dureté: les granulés doivent être suffisamment durs pour éviter leur écrasement lors des manipulations et des transports ou lors du passage dans les appareils, et assez friables pour éviter l'abrasion dans les organes de distribution.

· fluence: les granulés doivent se comporter dans les machines à la façon d'un liquide, pour qu'il ne se produise pas de voûtage.

Les granulés employés dans les traitements insecticides sont surtout des microgranulés, lesquels présentent de nombreux avantages:

· ce sont des produits secs, prêts à l'emploi et s'utilisant à faibles doses,

· ils permettent un meilleur ciblage des applications, par absence de dérive due au vent, d'où moins de pertes, une plus grande sauvegarde de l'environnement et des risques réduits pour l'utilisateur,

· ils sont faciles à épandre, soit à la main, soit mécaniquement du fait de la légèreté et du faible encombrement de certains appareils.

Dans les granulés ou les microgranulés épandus sur les parties aériennes de la plante ou dans le sol, la diffusion de la matière active se fait lentement de sorte que la période d'efficacité se trouve prolongée, que le toxique agisse par contact ou par action systémique.

La matière active se trouvant libérée par l'humidité, l'efficacité immédiate peut se trouver diminuée en cas de déficit pluviométrique ou d'absence de rosées matinales (vents forts).

- liquides

· les concentrés solubles dans l'eau doivent l'être totalement et contenir des mouillants qui leur assurent un pouvoir mouillant suffisant. Ils doivent ni se cristalliser, ni se décomposer par hydrolyse avec le temps; aussi ces formulations sont-elles préparées avec un solvant miscible à l'eau.

· les concentrés émulsifiables et les émulsions concentrées doivent avoir un bon pouvoir de recouvrement (ce qui est généralement le cas avec un solvant huileux ou hydrocarboné) et rester stables suffisamment longtemps dans l'eau. Les émulsions doivent faire preuve d'une bonne tenue: les constituants ne doivent pas se séparer.

· les autosuspensibles (UL, SU) souvent appelés «Flo»doivent également avoir une bonne tenue, être faciles à diluer et à rendre à nouveau homogènes grâce à des adjuvants qui s'opposent à ce que les fines particules s'agglomèrent.

- microcapsules

La microencapsulation consiste à enfermer la matière active liquide à l'intérieur de microcapsules poreuses. Le toxique encapsulé est conditionné en suspension dans un liquide mais possède une viscosité légèrement supérieure qui nécessite souvent un empâtage préalable.

Après la pulvérisation, la matière active microencapsulée diffuse lentement à travers la paroi de la capsule, la porosité et l'épaisseur de cette paroi régissent la vitesse de diffusion.

6.7. - Etiquetage

Tout produit phytosanitaire doit porter sur son emballage une étiquette précisant:

· le nom commercial de la préparation,
· la dénomination de la ou des matières actives,
· la teneur en matière(s) active(s)

en pour cent, pour les solides

en grammes par litre, pour les liquides,

· les utilisations autorisées,
· les doses recommandées,
· les dangers du produit et les précautions à prendre,
· les premiers soins à donner en cas d'intoxication, . le nom du fabricant.

6.8. - Réglementation

Périodes d'interdiction de traitements des parties aériennes des végétaux avant la récolte et teneurs maximales admises sur les denrées consommables.
(Normes françaises)

Insecticide

Délais en jours

Résidus en mg/kg

Acéphate

7 (14: laitue et artichaut)

1

Bacillus thuring

0


Binapacryl

21

0,3 (0,05: bulbes et racines)

Carbaryl

7

3 (choux, salades),



1 (aut. légumes)

Cyhexatin

7 (a, b)

1 (fraises, cornichons),



0,5 (Solanacées),



0,05 (autres légumes)

Cypermèthrine

7

2 (salades), 0,5 (tomates)

Deltaméthrine

15

0,5 (salades),



0,2 (aut. légumes)

Diméthoale

15 (légumes) (c)

1


7 (autres cultures)


Endosulfan

15 (a)

1 (légumes), 0,2 (racines)

Fénitrothion

15 (c)

0,5

Fénizon

7 (c)


Fenthion

15 (c)

0,2

Fenvalérate

30 (sur épis de céréales) (a, b)


Lindane

15

2 (feuilles), 0,5 (tomates),



0,1 (carottes)

Malathion

7 (c)

3 (légumes), 0,5 (racines)

Parathion

15 (c)

0,5 (parathion-éthyl)



0,2 (parathion-méthyl)

Perméthrine

15 (b)

I (choux, salades),


40 (sur maïs)

0,5 (autres légumes)

Phosalone

15 (a)

1 (fraises, légumes)


21 (fourrage)


Pirimicarbe

7 (a)

0,5

Pyrimiphos-méthyl

7 (c)

2

Tétrasul

7 (a)

0,2

Trichlorfon

7 (c)

0,5

(a) sans danger pour les abeilles
(b) dangereux pour les poissons
(c) interdit pendant la floraison

VII. Utilisations des insecticides

L'emploi des insecticides s'avère parfois indispensable, mais il ne doit être envisagé qu'en tant qu'ultime recours, en complément ou en remplacement des autres méthodes de lutte. Il doit représenter une des composantes du système de lutte intégrée.

Une fois prise la décision d'effectuer un traitement phytosanitaire pour combattre un ou plusieurs ravageurs sur une culture, se pose le problème du choix de l'insecticide et de son mode d'épandage. Ces interventions sont trop coûteuses pour que l'on puisse se permettre aujourd'hui (comme ce fut hélas trop souvent le cas dans le passé) d'essayer de lutter contre un phytophage avec n'importe quelle spécialité (celle qu'on a sous la main !), n'importe comment et à n'importe quel moment.

En bref, la lutte chimique doit être menée de façon rationnelle et concertée afin d'être à la fois: efficace, rentable et sans danger pour l'homme et l'environnement.

Quels sont donc les critères qui guident le choix du produit et son mode d'application ?

7.1. - Choix du produit

Les vendeurs de pesticides insistent presque toujours sur la polyvalence de leurs produits. Cette affirmation est globalement exacte et correspond d'ailleurs à la conception actuelle

en matière de lutte, laquelle recherche une rentabilité accrue en offrant à l'utilisateur la possibilité d'atteindre plusieurs espèces nuisibles à l'aide d'un seul produit. En pratique, les choses sont beaucoup moins simples et un minimum de connaissances devrait permettre d'éviter erreurs et échecs inutilement coûteux.

- le ravageur

A chaque catégorie, à chaque famille ou même à chaque espèce correspond toute une panoplie de toxiques qu'il y a lieu de choisir de préférence à d'autres moins spécifiques, donc moins efficaces, ou même tout à fait inappropriés sinon déconseillés. Le mode d'épandage dépend, en premier lieu de l'ennemi à combattre.

Par exemple, les insecticides ayant essentiellement une action de contact ne sauraient convenir pour lutter contre des insectes qui vivent à l'intérieur de la plante, de même que les produits ayant une action systémique ne n'emploient que contre les insectes piqueurs-suceurs ou contre certaines espèces endophytes.

- le produit

· matière active: à travers les multiples appellations commerciales, il est d'abord primordial de connaître le principe actif des produits, renseignements qui figure obligatoirement sur les emballages;

· teneur: la concentration de la préparation à épandre sera calculée en fonction de la teneur en matière active de la spécialité choisie;

· présentation: la formulation du produit conditionne son mode d'épandage, celui-ci étant fonction, non seulement de l'insecte à combattre, mais souvent dans la pratique du matériel dont on dispose;

· spécificité et rémanence: il va de soi que le choix dépendra de la spécificité du toxique à l'égard du ravageur. Plus la rémanence sera élevée, moins il sera nécessaire de traiter à nouveau. Lorsque les organes traités sont destinés à

être consommés dès la récolte, il y aura lieu de respecter les délais entre celle-ci et le dernier traitement;

· prix et origine: il est naturel de rechercher la spécialité la moins chère, mais une extrême vigilance est nécessaire pour en connaître l'origine, la date de fabrication et celle de son importation.

7.2. - Modalités d'application

L'ensemble du cycle culturel et de la période de conservation d'une production agricole donnent lieu à une succession de traitements qui comprend quatre séquences:

- la désinfection des semences, des boutures et des tubercules, - la désinfection des sols,
- la protection des cultures par traitements des parties aériennes,
- la protection des denrées stockées (*).

(*) Cet aspect de la lutte phytosanitaire a déjà fait l'objet d'une publication, dans cette même collection: «Le stockage des produits vivriers et semenciers».

7.2.1. - Désinfection des semences

La désinfection des semences devrait être systématique pour toutes les semences sélectionnées. Les formulations employées peuvent renfermer un seul pesticide (insecticide ou fongicide) ou plusieurs (insecticide et fongicide avec, ou non, un nématicide, un répulsif pour oiseaux,...).

Ce type d'opération s'effectue avec:

· des poudres adhésives pour traitement à sec (DS);
· des poudres à dissoudre dans l'eau (SS);
· des poudres à appliquer sous forme de bouillie aqueuse concentrée (WS)
· des solutions (LS), ou des suspensions (FS) à appliquer en l'état ou après dilution.

Le procédé le plus élémentaire consiste à brasser quelques minutes à la main la spécialité et les graines jusqu'à ce que celles-ci soient correctement enrobées. On peut aussi pelleter le tas de graines sur lequel on a épandu le pesticide.

Une autre technique consiste à remplir au tiers de sa capacité un fût métallique hermétiquement clos avec les semences et le produit et à le rouler doucement sur le sol. On peut également transformer ce fût en poudreuse de type «baratte» en le transperçant par un axe oblique terminé extérieurement par une manivelle et en le disposant sur un châssis assez élevé pour faciliter les manutentions. Enfin, on trouve parfois, dans certains centres de production semencière des poudreuses à moteur comprenant essentiellement, une trémie à graines, une trémie à poudre, un cylindre mélangeur-élévateur, un dispositif d'ensachage.

7.2.2.- Désinfection des bulbes, tubercules, boutures

On traite ces organes avec les mêmes produits que pour les semences, mais le traitement s'effectue par immersion dans des bouillies.

7.2.3. - Désinfection des sols

Indépendamment des traitements du sol contre les nématodes et les champignons, on combat également de cette façon certains insectes répartis dans la plupart des familles d'intérêt agricole: termites, fourmis, «vers blancs», «vers gris», cochenilles, foreurs,...

Le pesticide est apporté sous différentes formes: - liquide

· par arrosage: l'arrosage d'eau contenant des pesticides à l'aide d'un arrosoir à main muni d'une pomme une technique simple très commune chez les maraîchers des centres urbains;

· par injection: cette technique consistant à injecter dans le sol à l'aide d'un pal injecteur un pesticide à tension de vapeur élevée (en fait un fumigant») est surtout utilisée contre les nématodes mais peut s'appliquer aussi aux insectes.

- solide

· les poudres à poudrer sont incorporées au sol au moment des façons culturales précédant les semis ou repiquages;

· les granulés, de plus en plus répandus sont mélangés à la terre de la même manière.

Il existe des composés mixtes engrais-pesticides qui ont l'avantage de ne nécessiter qu'une seule application.

7.2.4. - Traitements des parties aériennes

- poudrage

On distingue parmi les techniques de poudrage:

· le saupoudrage: épandage manuel ou mécanique d'une poudre grossière, peu adhésive, sur les cultures basses ou sur le sol;

· le poudrage sec: le plus répandu autrefois

· le poudrage humide: la poudre est chargée d'humidité avant d'être répartie.

Bien que le poudrage ait été largement utilisé comme procédé de traitement lors des premières applications en Afrique des nouveaux insecticides de synthèse, cette technique est en régression et, seuls quelques petits maraîchers pratiquent encore le saupoudrage.

L'abandon du poudrage s'explique par les inconvénients de ce mode d'application: adhésivité insuffisante et répartition imparfaite du produit sur la plante, faible rémanence, forte dérive due au vent,... mais surtout par la mise au point de formulations et procédés de traitements beaucoup plus efficaces et pratiques: granulés, microcapsules, liquide autosuspensible pour traitements UBV.

- épandage de granulés

Cette technique consiste à épandre ou localiser sur des cibles choisies, notamment les gaines foliaires des céréales, des formulations sèches sous forme de microgranulés. Elle ne devrait pas cesser de se développer pour peu que l'on puisse disposer d'une gamme suffisante de produits ainsi formulés et d'un matériel simple pour les épandre.

Cette formulation permet de se passer d'eau, de pouvoir intervenir rapidement, le produit étant prêt à l'emploi et de n'utiliser que peu de produit: 20 à 25 kg/ha. Enfin, l'existence de vent n'empêche pas de traiter. Elle entraîne, par contre, une concentration ponctuelle de matière active plus importante. Les faibles doses utilisées exigent un matériel parfaitement bien réglé et le coût relativement élevé de celui-ci représente un facteur limitant à l'extension de ce procédé.

- pulvérisation

La pulvérisation consiste à diviser un liquide en gouttelettes plus ou moins fines. Correctement exécutée, elle doit permettre:

· d'épandre exactement la quantité de produit calculée, c'est-à-dire sans sous-dosage, qui rendrait le traitement inopérant, ni sur-dosage qui serait cause de gaspillage, sinon d'accidents de toxicité;

· d'obtenir une répartition régulière et homogène des gouttes;

· d'avoir une bonne pénétration du produit au sein de la masse végétale.

Une taille judicieuse des gouttes permet de satisfaire ses exigences, celle-ci dépendant des caractéristiques et de l'usure des buses ainsi que de la pression de l'appareil (laquelle doit être adaptée aux buses).

Plus les gouttes seront fines, plus élevé sera le «pouvoir couvrant». A la limite, on obtient un brouillard qui risque d'être par le vent. Ce type de pulvérisation convient aux pesticides agissant par contact. Des gouttes de plus grandes dimensions auront un «pouvoir mouillant» plus important, mais il faudra alors veiller à éviter le ruissellement sur les feuilles. Ce type de pulvérisation s'applique aux traitements d'insecticides systémiques.

Les appareils doivent être robustes, conçus de sorte qu'ils soient faciles à faire fonctionner, à régler correctement et à entretenir. Pour éviter un mauvais fonctionnement, avec toutes les conséquences négatives qui en résultent, il est indispensable que les utilisateurs aient été préalablement formés par des techniciens avertis.

Les microcapsules s'appliquent avec le matériel classique de pulvérisation, car la formulation se mélange aisément à l'eau. Outre cette facilité d'emploi, la microencapsulation apporte un moindre risque pour l'utilisateur, une rémanence accrue, par diffusion progressive du toxique, donc une plus grande efficacité et une diminution du nombre des applications.

- pulvérisation à ultra-bas volume (UBV)

Depuis quelques années, on assiste en Afrique à un remplacement progressif des pulvérisations classiques, par des pulvérisations à UBV dont les avantages expliquent cet engouement:

· affranchissement de la contrainte que représente l'approvisionnement en eau;

· meilleure répartition et meilleure adhérence des gouttes;

· matériel simple, rustique, fiable (il s'agit d'un pulvérisateur mécanique centrifuge à main fonctionnant avec des piles de 1,5 V), rendant l'exécution des traitements plus rapide et moins pénible, au point que ceux-ci sont souvent confiés à des enfants, ce qui est absolument à proscrire;

· la finesse des gouttes permet d'utiliser le vent pour épandre l'insecticide sur une certaine largeur.

Toutefois, par forte chaleur, à cause des courants de connexion, le nuage toxique reste en suspension dans l'air. Une

nouvelle technique permet de remédier à cet inconvénient en chargeant les gouttelettes d'électricité positive.

Le volume réduit épandu (quelques litres à l'hectare) entraîne une forte concentration en matière active, ce qui accroît les risques pour l'utilisateur.

La tendance à toujours vouloir réduire davantage le volume répandu à l'hectare (on descend jusqu'à un litre par hectare) a des limites. En effet, il arrive alors que toutes les parties de la plante ne soient pas recouvertes et que certains ravageurs, pucerons, acariens,... soient moins bien contrôlés, aussi, comme il n'est pas question d'abandonner cette technique, met-on désormais l'accent sur les liquides autosuspensibles qui permettent de diluer les matières actives dans l'eau en toutes proportions, comme pour les poudres mouillables, mais avec, sur ces dernières, plusieurs avantages:

· une tenue en suspension dans l'eau parfaite par simple agitation, sans préparation et faciles à doser;

· une absence d'obstruction et une moindre usure des appareils, les particules étant jusqu'à dix fois plus fines;

· une répartition plus régulière;

· la possibilité d'obtenir une concentration élevée.

Dans la pratique, il existe un inconvénient qui a son origine dans les piles:

· l'utilisateur se trouve à court, faute de s'en être procuré suffisamment à temps;

· l'utilisateur les fait fonctionner au-delà du temps raisonnable et l'appareil ne tourne pas à sa vitesse optimale, ce qui nuit à la qualité du traitement;

· les piles proviennent d'un stock ancien et les conséquences sont les mêmes.

7.3. - Conditions d'application

Pour que la lutte chimique puisse être à la fois efficace et rentable, on doit réunir toutes les conditions nécessaires et indispensables à la réussite des interventions phytosanitaires. Trois questions sont donc posées:

Faut-il traiter? Quand traiter? Comment traiter?

7.3.1. - Nécessité des traitements

- Faut-il traiter ? La gravité des dommages dont est responsable un insecte n'est pas obligatoirement en rapport avec le nombre d'individus présents sur la plante. Ainsi, une seule chenille à l'intérieur d'une tige de riz, d'un épi de mais ou d'une tomate est à l'origine de pertes de récolte autrement plus importantes que de nombreuses chrysomèles rongeant le limbe. La pullulation d'un insecte, si elle est parfois catastrophique, comme dans le cas des criquets, peut aussi conduire à surestimer leur action, d'où l'intérêt de savoir identifier le ravageur en cause.

La vulgarisation des acquis de la recherche en matière d'entomologie agricole, de sérieuses connaissances des conseillers agricoles, ou à défaut une longue expérience de l'agriculteur, devraient permettre de pouvoir répondre le plus exactement possible à cette interrogation primordiale, car la rentabilité d'interventions chimiques sur des cultures vivrières n'est pas assez évidente pour que soit négligé cet aspect des choses.

Le dilemme est, en effet, simple:

· ne pas traiter, et constater une baisse sensible des rendements, ou
· traiter, et ne pas réussir à récupérer les frais de traitement dans la valeur de la récolte.

7.3.2. - Opportunité des traitements

- Quand traiter ? Certains agriculteurs ou maraîchers procèdent sur leurs cultures à des séries de traitements préventifs. Si, quelquefois cette attitude se justifie, la plupart du temps ce «matraquage» est inutile et antiéconomique. En outre, il favorise l'apparition de lignées résistantes et pollue exagérément le milieu. Souvent, ces traitements interviennent trop tôt ou sont sans objet lorsque le ravageur, contrairement aux années précédentes, se manifeste peu ou pas du tout. Il existe, au sein de certaines populations animales, et en particulier chez les insectes, des périodes successives d'intense multiplication (progradation) et de déclin (rétrogradation). Bien que dans les pays chauds, les insectes à cycle court soient présents à tous les stades et que leurs générations se chevauchent, on a pu constater chez beaucoup l'existence de périodes d'accélération et de ralentissement. S'il apparaît, en effet, logique de stopper le ravageur en période de propagation, il est, par contre, d'un intérêt discutable de traiter en période de rétrogradation. D'autre part, il faut prévoir d'intervenir, non pas au moment où les insectes semblent avoir atteint leur maximum de pullulation, mais au cours de la période qui précède ce «pic».

Il arrive aussi que tous les stades de l'animal ne soient pas également sensibles. C'est dès leur naissance qu'il faut détruire les chenilles car elles sont alors vulnérables et n'ont pas encore commencé à faire de dégâts; vers la fin de leur vie larvaire, elles sont assez résistantes aux toxiques et se sont déjà montrées nuisibles.

7.3.3. - Caractéristiques des traitements

- Comment traiter ? Le choix de la matière toxique, sa formulation et la façon de l'épandre dépendront principalement de la biologie et du comportement du ravageur. La manière dont il s'alimente et se montre nuisible, son accessibilité (vit-il dans le sol, à l'intérieur des tiges, sur ou sous les feuilles ? S'agit-il d'un insecte broyeur, piqueur-suceur,... ?), sa mobilité, sa taille,... autant de facteurs à considérer. Recherche-t-on un effet de choc ou, au contraire, une longue persistance d'action ? Enfin, le matériel d'épandage dont on dispose influence nécessairement la décision finale.

A quoi peut-on attribuer d'éventuels échecs ?

· travail mal exécuté: l'opérateur ne traite pas la plante, ou l'organe végétatif (intérieur de la masse végétale, face inférieure des feuilles, par exemple) dans son intégralité ou bien néglige, ou oublie, d'intervenir sur la totalité de la superficie du champ;

· mauvais état de fonctionnement de l'appareil: certaines pièces, les buses en particulier, sont usées et n'ont pas été remplacées en temps voulu, à moins qu'elles ne soient encrassées à la suite de négligences dans l'entretien. Le débit peut être mal réglé (piles usées dans les pulvérisateurs UBV, notamment);

· matière active mal choisie, doses mal calculées, produit de mauvaise qualité (trop vieux ou provenant de «brokers»,...);

· type de traitement peu judicieux (pulvérisation du feuillage contre des foreurs des tiges,...).

Traitement mal fait: traitement inutile.

VIII. Toxicité

On assiste actuellement à une campagne généralisée et virulente sur les conséquences catastrophiques et les effets meurtriers consécutifs à l'emploi des pesticides dans les pays en voie de développement. Ces clameurs alarmistes qui visent à interdire la lutte chimique dans ces pays sont excessives: c'est oublier bien vite que les insecticides ont permis de sauver la vie de millions d'Africains de maladies endémiques (paludisme, onchocercose, typhus,...) et de famine (lutte antiacridienne). Grâce à eux, le rendement du riz a doublé dans plusieurs régions.

Certes plusieurs de ces griefs ne sont pas infondés et il est vrai que des produits reconnus trop dangereux pour continuer à être autorisés dans les pays industrialisés sont encore exportés vers les pays du Tiers monde. C'est le cas, en particulier de la plupart des insecticides organochlorés (DDT, Dieldrine,...). Ces pratiques, moralement indéfendables, devraient cesser et c'est dans cette optique que la FAO a élaboré son «Code de bonne conduite».

S'il est impossible de chiffrer le nombre de morts consécutifs à un empoisonnement par les pesticides dans les pays du Tiers monde, il est, par contre aisé d'en déterminer les causes:

- accidents

Ceux-ci résultent d'une mauvaise information de l'utilisateur (surdosages), d'un manque total de précautions dans la manipulation et l'application de ces toxiques, ou encore de leur utilisation à d'autres usages que ceux pour lesquels ils ont été formulés (consommation, emploi dans les soins corporels pour éliminer divers parasites,...).

- actes conscients visant à provoquer la mort

Il s'agit dans ce cas d'un usage conscient des pesticides soit sur soi-même pour se suicider, soit sur autrui dans l'intention de tuer (acte de vengeance, crime rituel), soit encore sur le gibier (acte de braconnage).

Il est donc nécessaire d'être conscients de ces risques et de se comporter de manière à les prévenir et, par là-même, à empêcher les accidents, car il serait, en effet, utopique d'exiger d'un pesticide, substance chimique médicamenteuse, une inocuité absolue.

Cependant, il faut se convaincre que l'usage rationnel de ces produits impliquant le respect rigoureux des précautions recommandées, ne représente pas un danger.

8.1. - Législation

L'homologation des produits phytosanitaires a pour objet d'écarter du marché les produits dont l'utilisation serait dangereuse.

Encore très peu de pays importateurs du Tiers monde ont édifié une législation pour homologuer et contrôler les produits agropharmaceutiques, bien que quelques-uns aient mis en place des dispositifs incomplets.

Le manque de personnel qualifié ne leur permettant pas de s'opposer à l'importation et a la commercialisation de produits toxiques, la FAO et l'OMS ont donc entrepris d'aider ces pays à élaborer des procédures d'évaluation et d'homologation de ces produits, ce qui a débouché sur la rédaction et la diffusion d'un «Code international de conduite pour la distribution et l'utilisation des pesticides» par la FAO en 1986.

«Les objectifs de ce Code sont de fixer les responsabilités et d'établir des règles volontaires de conduite pour tous les organismes publics et privés s'occupant de ou intervenant dans la distribution et l'utilisation des pesticides, en particulier lorsque la législation nationale réglementant les pesticides est inexistante ou insuffisante». (Art. I, paragraphe 1).

8.2. - Différentes toxicités

Tous les pesticides sont toxiques à des degrés divers et demandent donc à être manipulés et utilisés en connaissance de cause.

- toxicité à l'égard des manipulateurs: l'homme qui utilise ces produits est susceptible de s'intoxiquer de plusieurs façons:

· par ingestion: elle se manifeste par la consommation accidentelle d'une préparation,

· percutanée la peau peut être traversée par le produit si celui-ci rentre en contact avec elle, d'où la nécessité de porter des gants et des vêtements de protection malgré le poids de ces contraintes en pays tropicaux,

· par inhalation: l'inhalation de produits toxiques à forte tension de vapeur est le mode d'intoxication le plus fréquent et le port d'un masque protecteur est loin d'être entré dans les moeurs.

- toxicité à l'égard des consommateurs: la plupart des pesticides déposés sur les végétaux ne passent pas dans la consommation car la majorité des traitements s'effectuent à une période où les plantes n'ont pas encore atteint leur complet développement et où les fruits ne sont pas encore consommables. Entre le dernier traitement et la récolte, les agents atmosphériques amenuisent la quantité des dépôts, cependant la législation prévoit, pour les fruits et légumes, un certain délai à respecter de façon que la teneur en résidus demeure inférieure à la tolérance admise.

- toxicité à l'égard des animaux: plusieurs catégories d'animaux sont exposées aux dangers des traitements pesticides:

· les autres insectes: en particulier, les espèces utiles: abeilles, insectes pollinisateurs, entomophages, sauf si l'on emploie des granulés,

· les animaux à sang chaud: le cheptel, les animaux domestiques, les oiseaux sont sensibles aux pesticides soit directement par ingestion d'une forte quantité de matière active très toxique ou par absorption répétées de substances moins toxiques, soit indirectement par empoisonnement de leur nourriture (insectes, rongeurs,..) ou destruction de leur niche écologique. Les pulvérisations aériennes pratiquées, par exemple, dans la lutte antiacridienne, provoquent de véritables hécatombes parmi la faune, gibier compris,

· les poissons: les poissons sont très sensibles aux pesticides, même aux pyréthrinoïdes; le poison passe directement dans le sang au niveau des branchies. Les poissons sont empoisonnés accidentellement lors du nettoyage du matériel dans les marigots ou lors du traitement des rizières contre les foreurs des tiges.

- toxicité à l'égard des végétaux: en principe, les fabricants s'efforcent de commercialiser des spécialités ne présentant pas de risques de toxicité pour le végétal. Les accidents de phytotoxicité s'expliquent le plus souvent par le non-respect des concentrations d'emploi préconisées ou par la sensibilité plus grande des jeunes organes. Les manifestations de phytotoxicité se traduisent par des brûlures du feuillage ou des nécroses des pousses ou encore par une couture au moment de la floraison.

Se conformer aux précautions d'emploi, c'est préserver sa santé.

8.3. - Précautions à prendre et conduite à tenir pour éviter les accidents

8.3.1. - Formation et information

Toute personne ayant à effectuer des traitements phytosanitaires (surtout la première fois) doit, au préalable, avoir reçu de la part des techniciens des services agricoles, des stations de recherches, des vendeurs (détaillants ou agents commerciaux), des avis, conseils et renseignements portant sur:

- l'identification du ravageur,

- la justification économique et l'opportunité du traitement,

- le choix de la matière active et la formulation du produit,

- le calcul de la quantité à épandre et la préparation du produit,

- le mode d'application et le fonctionnement de l'appareil,

- la fréquence des interventions,

- les précautions à prendre,

- la conduite à tenir en cas d'intoxication.

De telles actions de vulgarisation, préalables à toute utilisation de produits phytosanitaires, ne peuvent que diminuer les risques que leur usage inconsidéré implique, tout en évitant les gaspillages que des traitements inappropriés entraînent.

Il serait même souhaitable d'inclure dans les programmes d'hygiène de l'enseignement primaire un chapitre relatif aux précautions à prendre dans l'utilisation des pesticides.

8.3.2. - Acquisition des produits

- Bien choisir la spécialité dont la matière active est recommandée pour combattre le ravageur dont on désire se débarrasser. Demander l'avis impartial de personnes compétentes.

- Vérifier soigneusement l'origine des produits. S'assurer de leur provenance permettra d'éviter l'acquisition d'une marchandise fournie par des «brokers».

- Contrôler les dates de fabrication ou d'importation, pour avoir la certitude que les qualités du produit n'ont pas été altérées par un long stockage.

- Savoir acheter en temps voulu: ni trop tôt, pour ne pas avoir à entreposer le pesticide plusieurs mois, ni trop tard, pour ne pas risquer d'en manquer au moment où l'on en a besoin.

- Veiller à l'intégrité absolue des emballages pour être certain qu'il n'y a pas eu substitution du contenu et que celui-ci correspond exactement par sa nature, son poids ou son volume au libellé de l'étiquette. Celle-ci doit toujours être présente et lisible.

8.3.3. - Transport des produits

- Transporter les produits phytosanitaires à l'écart et soigneusement isolés des denrées alimentaires ou des voyageurs.

- Charger sacs et bidons de façon qu'ils ne puissent ni tomber, ni se renverser au cours du trajet.

- S'assurer qu'aucune aspérité (clou, ferrure, éclat de bois) n'est susceptible d'endommager le chargement.

8.3.4. - Détention des produits

- Les enceintes (magasins, armoires,...) à l'intérieur desquelles sont entreposés les pesticides doivent être exclusivement réservés à cet usage et ne jamais rien contenir d'autre, même lorsqu'elles sont vides.

- Les locaux où sont conservés les pesticides doivent être prévus:

· en dehors et à l'écart des lieux d'habitation, de façon à supprimer toute possibilité de contamination accidentelle par fuites ou contusion;

· de dimensions suffisantes, mais pas trop grands;

· à l'abri du soleil et de la forte chaleur ainsi que de l'eau et de l'humidité;

· pour que l'air puisse y circuler.

- Les lieux de stockage des pesticides doivent se trouver en permanence fermés à clé et être inviolables. La clé ne doit pas se trouver dans un emplacement convenu, mais être détenue par une personne dont la responsabilité est engagée.

- Toute entrée ou sortie de produit devra être enregistrée. La personne qui aura livré, ou à qui aura été remis le produit, la désignation et la quantité de celui-ci ainsi que la date de l'opération seront précisées.

- Stocker à part les herbicides.

- Ne pas conserver les semences traitées avec les autres graines.

8.3.5, - Manipulation des produits

- Conserver toujours les produits dans leur emballage d'origine et ne jamais les transvaser, même provisoirement, dans des récipients servant à des usages alimentaires.

- Si un emballage se trouve accidentellement détérioré (sac déchiré, bidon percé), en transvaser le contenu dans d'anciens emballages vides conservés en prévision d'une telle éventualité et y apposer aussitôt l'étiquette de l'emballage abîmé, pour éviter toute confusion ultérieure.

- Avant d'ouvrir un emballage:

· Lire attentivement l'étiquette afin de respecter les précautions particulières, de s'assurer que la spécialité choisie convient, de par sa composition et sa formulation au ravageur à combattre,

· Porter un masque et des vêtements spéciaux afin de se protéger des poussières s'il s'agit d'un produit solide, ou des éclaboussures s'il s'agit d'un liquide.

- Ne jamais brasser les produits avec les mains nues, mais se servir d'un bâton.

- Eloigner les enfants et les spectateurs. Opérer, pour les poudres, le dos au vent et introduire la gueule du sac dans le récipient avant de verser le contenu.

- Utiliser uniquement des ustensiles réservés à cet usage (entonnoirs, seaux, bassines).


Figure


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8.3.6. - Exécution du traitement

- S'assurer, avant de le remplir de produit, que l'appareil de traitement se trouve en état de marche.

- Ne jamais diminuer ni augmenter les doses prescrites.

- Respecter les périodes d'application, en particulier les délais avant récolte.

- Ne pas manger, ni boire, ni fumer durant la préparation et l'exécution du traitement.

- Eviter le contact du produit avec la peau, les muqueuses et les yeux. Pour cela, et malgré la gêne qui en résulte, porter des gants, lunettes, masque et vêtements de protection.

- Veiller à ce que les dérives et retombées n'atteignent pas le voisinage, les points d'eau, les villages, les autres cultures.

- Ne pas se servir de sa bouche pour siphonner ou désobstruer une buse ou une canalisation.

Les enfants peuvent ramasser les insectes mais ils ne doivent jamais participer aux traitements.

8.3.7. - Opérations à effectuer après traitement

- Nettoyer immédiatement et soigneusement les appareils de traitements et les ustensiles ayant servi au transvasement des produits en opérant loin d'un point d'eau, pour ne pas le polluer.

- Ne pas laisser traîner les emballages vides: brûler les sacs (sauf les emballages d'herbicides qui devront être enfouis), percer les fûts et les bidons pour exclure leur réemploi à d'autres usages.

- Se laver abondamment sans attendre, mains, visage et cheveux au savon ou à grande eau.

- Se débarrasser des vêtements de travail, les nettoyer et les ranger.

- Si, à un moment quelconque, il s'est produit des fuites ou si de la poudre ou du liquide toxiques se sont renversés, les absorber avec de la terre, du sable ou de la sciure, puis ramasser l'ensemble et l'enfouir profondément en terre. Laver à grande eau l'emplacement.

Détruisez les emballages: ils contiennent encore du poison.

8.3.8. - Précautions générales préliminaires

- Il serait souhaitable que les personnes appelées à utiliser des produits phytosanitaires subissent une visite médicale constatant qu'elles ne sont atteintes d'aucune affection pathologique incompatible avec cette activité: asthme, insuffisance respiratoire, atteintes hépatiques, néphropathies, taux anormal de cholinestérases,...

- Toutes les notices d'utilisation de pesticides recommandent l'hospitalisation d'urgence de la personne accidentellement intoxiquée; une telle mesure n'est pas toujours facilement applicable en brousse où il faut parfois plusieurs heures pour rejoindre un dispensaire pas forcément équipé pour faire face à ce type d'accident: il devrait, en effet pouvoir assurer au malade une ventilation mécanique et disposer d'antidotes comme l'atropine.

C'est pourquoi des campagnes d'information devraient être prévues auprès des utilisateurs pour, d'une part, les sensibiliser aux risques qu'ils encourent en ne prenant pas les précautions recommandées, et d'autre part leur apprendre les premiers gestes thérapeutiques, comme le bouche à bouche, en même temps que ceux à éviter.

8.4.- Intoxication

Une intoxication étant toujours possible, il est bon de savoir en reconnaître les manifestations et de pouvoir adopter un comportement qui permette au malade d'attendre les soins du médecin dans les conditions les plus à même de sauvegarder ses chances de survie.

Si les empoisonnements sont généralement dus à la matière active, ils peuvent également provenir des solvants.

8.4.1. - Symptômes

- intoxication par organochlorés
Maux de tête, tremblements, nausées, arrêt temporaire de la respiration.

- intoxication par organaphosphorés et carbamates
Sueurs, sécrétion salivaire abondante, ralentissement du rythme cardiaque, diarrhée, convulsions.

- intoxication par les pyréthrinoides
Maux de tête, vomissements, parfois tremblements et convulsions.

8.4.2. - Gestes thérapeutiques

- intoxication par organochlorés
Lavage de la peau si l'intoxication est d'origine cutanée, bouche à bouche.

- intoxication par organophosphorés et carbamates
Bouche à bouche; allonger le malade sur le côté ou à plat, mais avec la tête sur le côté.

- intoxication par les pyréthrinoïdes
Lavage gastrique et cutané.

Quelle que soit l'origine de l'empoisonnement, ne pas chercher à faire vomir et ne pas faire boire de lait.

IX. Commerce

9.1. - Structure du négoce

En Afrique tropicale, les circuits commerciaux des pesticides sont différents de ceux qui existent dans les pays industrialisés.

La demande, c'est-à-dire la «clientèle» est représentée principalement par des:

- organismes et des sociétés de développement dépendants de l'Etat,
- grandes plantations industrielles privées,
- coopératives nationales et des centres d'encadrement du paysannat,
- paysans non encadrés.

Les trois premières catégories emploient des cadres et des techniciens qui ont la responsabilité de l'exploitation et la direction de la production agricole y compris sa protection contre les facteurs adverses.

Seul, le petit paysan livré à lui-même retiendra notre intérêt, tant il reste à faire concernant son information et sa formation.

L'offre provient de:

- grandes firmes européennes, japonaises ou américaines, détentrices de brevets protégeant les matières actives qu'elles fabriquent et possédant souvent sur place une représentation ou une agence commerciale,

- sociétés, ou personnes, se livrant à l'import-export et servant d'agents commerciaux pour une firme qui n'est pas directement représentée dans le pays,

- sociétés locales de formulations (la matière active étant le plus souvent importée), pouvant, elles aussi, représenter des firmes n'ayant pas d'autre agent localement,

- courtiers («brokers»), sérieux ou non, proposant des spécialités de firmes ou des substances banales qui n'ont pas de représentation en Afrique, souvent des produits interdits par la législation des pays industrialisés, comme certains insecticides organochlorés.

En fait, les structures du négoce sont simples, l'achat des produits phytosanitaires se faisant presqu'exclusivement par appel d'offres (80 %) puisque les marchés de gré à gré demeurent l'exception (20 %) et que les petits commerçants vendeurs de pesticides ne se rencontrent pratiquement pas. Cette procédure offre toutes garanties quant à la qualité du produit et à son prix. Malheureusement, elle concerne assez peu le paysan qui désire protéger ses cultures vivrières, lorsque les services de la Protection des Végétaux ne sont pas suffisamment présents. Il se trouve alors à la merci des «brokers».

9.2. - Les «brokers»

Depuis quelques années, on assiste dans les pays en voie de développement, à l'invasion de «brokers», escrocs internationaux, camouflés derrière de petites sociétés d'import-export, qui commercialisent des produits inefficaces ou dangereux, d'origine douteuse, contenant de nombreuses impuretés (souvent plus toxiques que les matières actives elles-mêmes). Ils réalisent d'importants bénéfices illicites, car ils travaillent à la limite de la légalité avec des charges très faibles (à la limite, une ligne téléphonique).

De quoi les «brokers» se rendent-ils coupables ?

- de contrefaçon de brevet (soit brevet de produit, soit brevet de formulation, soit brevet d'application),

- de contrefaçon de marques: elle constitue un délit pénal, - concurrence déloyale: elle peut être attaquée référé,

- tromperie: il y a induction en erreur sur certaines caractéristiques du produit,

- falsification: il y a modification de la composition normale du produit.

Quels procédés utilisent-ils ?

- le vol,

- la dilution (surtout ceux solubles dans l'eau),

- la formulation de pesticides non conformes à l'étiquetage,

- la vente sous des emballages identiques à ceux du «vrai produit», de pesticides à base d'une autre matière active non conforme,

- la livraison de produits inactifs dont ils recommandent l'emploi sur des insectes inoffensifs ou inexistants.

On peut contrer ou gêner ces fraudeurs, d'abord par une information plus large, ensuite par un contrôle renforcé des achats effectués par ceux qui bénéficient des aides internationales (Banque mondiale, C.E.E., F.E.D.). Ces donateurs ont déjà pris des mesures en ce sens, qui ont pour but de vérifier strictement l'origine des produits et qui exigent des garanties comptables des sociétés qui répondent aux appels d'offres

Enfin, la profession a défini plusieurs axes prioritaires: une harmonisation des législations phytosanitaires et leur extension aux pays en voie de développement, le renforcement des échanges entre l'administration et les industries phytosanitaires, la labellisation des produits, la création de fermetures inviolables,...

ACHEVÉ D'IMPRIMER SUR LES PRESSES LIENHART & Cie

EN OCTOBRE 1988 DE L'IMPRIMERIE AUBENAS D'ARDÈCHE

N° 3486. Imprimé en France
DÉPÔT LÉGAL: OCTOBRE 1988

Agence de coopération culturelle et technique

L'Agence de Coopération Culturelle et Technique, organisation intergouvernementale créée par le Traite de Niamey en mars 1970, rassemble des pays liés par l'usage commun de la langue française à des fins de coopération dans les domaines de l'éducation, de la culture, des sciences et de la technologie, et plus généralement, dans tout ce qui concourt au développement de ses Etats membres et au rapprochement des peuples.

Les activités de l'Agence dans les domaines de la coopération scientifique et technique au service du développement sont orientées essentiellement vers l'élaboration, la diffusion et l'échange de l'information scientifique et technique, l'inventaire et la valorisation des ressources naturelles, et la promotion socioéconomique des jeunes et des communautés rurales.

Pays membres: Belgique - Bénin - Burundi - Canada - République Centrafricaine Comores - Congo - Côte d'lvoire - Djibouti - Dominique - France - Gabon - Guinée Haïti - Haute-Volta - Liban - Luxembourg -Mali - Ile Maurice - Monaco - Niger Rwanda - Sénégal - Seychelles -Tchad - Togo - Tunisie - Vanuatu - Vietnam - Zaïre.

Etats associés: Cameroun - Egypte - Guinée-Bissau - Laos - Maroc -Mauritanie Sainte-Lucie.

Gouvernements participants: Canada Nouveau-Brunswick - Canada-Québec.

Le centre technique de coopération agricole et rurale (C.T.A.)

Le Centre a été créé dans le cadre se la seconde Convention de Lomé liant 63 états d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et les 10 états membres de la Communauté européenne.

Il a pour objectif de rassembler, disséminer et faciliter l'échange d'information scientifique et technique dans le domaine du développement agricole et rural.

A ce titre, il réalise des études, encourage la rencontre de spécialistes et prépare des publications.

Adresse postale: Postbus 380, 6700 AJ WAGENINGEN, PAYS-BAS
Téléphone: 08380 20484
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et 92.0928.129.4

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