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close this bookInsectes nuisibles aux cultures vivrières et maraîchères Tome 2: Ravageurs et moyens de lutte (Maisonneuve et Larose, 1988)
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Insectes nuisibles aux cultures vivrières et maraîchères Tome 2: Ravageurs et moyens de lutte (Maisonneuve et Larose, 1988)

DEUXIÈME VOLUME
Ravageurs et moyens de lutte

par Jean Appert et Jacques Deuse

LE TECHNICIEN D'AGRICULTURE TROPICALE

1. Le Riz pluvial , par Michel JACQUOT et Brigitte COURTOIS.

2. Le Maïs , par Guy ROUANET.

3. Le Bananier plantain , par Hugues TEZENAS DU MONTCEL.

4. Le Stockage des produits vivriers (en deux volumes), par Jean APPERT.

5. Le Cotonnier en Afrique tropicale , par Gérard SEMENT.

6. Le Manioc , par Pierre SILVESTRE.

7. Le Désherbage des cultures tropicales , par E. M. LAVABRE.

8. Insectes nuisibles aux cultures vivrières et maraîchères (en deux volumes), par Jean APPERT et Jacques DEUSE.

LE TECHNICIEN D'AGRICULTURE TROPICALE

Collection dirigée par
René COSTE

Membre de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer
Ingénieur général d'agronomie

Agence de Coopération

Centre technique de Coopération

Culturelle et Technique

agricole et rurale (C.T.A.)

13, quai André-Citröen

Postbus 380

F 75015 PARIS

NL 6700 AJ WAGENINGEN

Editions Maisonneuve et Larose

15, rue Victor-Cousin

75005 PARIS

© G.-P. Maisonneuve et Larose et A.C.C.T., 1988
ISBN: 2.7068.0972.8 et 92.9028.128.6 (ouvrage complet)
2.7068.0974.4 et 92.9028.130.8 (2 e volume)

La loi du 11 mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part, que les «copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective» et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, «toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite» (alinéa 1 er de l'article 40).

Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal.

Avertissement

Les différents insectes nuisibles répertoriés ici, sont ceux que l'agriculteur africain rencontre le plus souvent sur ses cultures et contre lesquels il peut avoir à lutter. Il ne s'agit donc pas d'une liste exhaustive de l'entomofaune des cultures Poivrières et maraîchères de l'Afrique au sud du Sahara.

La description des espèces a été voulue sommaire, mais toutefois suffisante pour permettre l'identification du ravageur par des personnes averties peu familiarisées avec l'entomologie. Le lecteur désireux d'obtenir des précisions sur la biologie de ces espèces, pourra consulter, entre autres, les publications et les fiches techniques éditées par:

· l'ACCT (Agence de coopération culturelle et technique),

· l'ACTA (Association de coordination technique agricole),

· le CDH (Centre pour le développement de l'horticulture), Dakar,

· le CTA (Centre technique de coopération agricole et rurale),

· le GTZ (Office allemand de la coopération technique),

· l'IRAT-CIRAD (Institut de Recherches agronomiques et des cultures Poivrières),

· les Services nationaux de Protection des végétaux, et autres organismes ou groupements.

Les pesticides recommandés par les auteurs appartiennent surtout au groupe des «banalités», produits largement connus et utilisés dans les Pays en voie de développement et dont les conditions d'emploi sont bien précisées et le prix de vente faible. Il peut toutefois arriver que ces produits aient une origine douteuse: le choix du fabricant est donc primordial. On conseillera donc au lecteur de ne choisir que des fabricants membres d'une association du GIFAP.


N° 1. Heliothis armigera (Cliché Th. ERWIN).


N° 2. Spodoptera exigua (sur oignon) (Cliché D. BORDAT).


N° 3. Spodoptera littoralis (Cliché Th. ERWIN).


N° 4. Nymphula depunctalis (sur riz) (Cliché BRENIÈRE).


N° 5. Chilo zacconius (Cliché D. BORDAT).


N° 6. Maliarpha separatella (Cliché SAUPHANOR).


N° 7. Sesamia calamistis (Cliché D. BORDAT).


N° 8. Diaspis thoracica (Cliché SAUPHANOR).


N° 9. Orseolia oryzirora (Cliché COUTIN).


N° 10. Aciguna ignefuscalis (Cliché D. BORDAT).


N° 11. Eldana saccharina (Cliché SAUPHANOR).


N° 12. Raghuva spp . (sur mil) (Cliché VERCAMBRE).


N° 13. Trichoplusia ni (Cliché D. BORDAT).


N° 14. Plutella xylostella (Cliché D. BORDAT).


N° 15. Crocidolomia binotalis (Cliché D. BORDAT).


N° 16. Henosepilachna elaterii (sur pastèque) (Cliché D. BORDAT).


N° 17. Didacus sp . (Cliché D. BORDAT).


N° 18. Didacus vertebratus (Cliché D. BORDAT).


N° 19. Liriomyza trifolii (sur niébé) (Cliché VERCAMBRE).


N° 20. Maruca testularis (Cliché VERCAMBRE).


N° 21. Thrips (sur aubergine) (Cliché D. BORDAT).


N° 22. Tetranychus urticae (Cliché D. BORDAT).


N° 23. Margaronia endica (adultes sur courgette) (Cliché D. BORDAT).


N° 24. Margaronia indica (chenilles sur courgette) (Cliché D. BORDAT).


N° 25. Pachnoda interrupta (sur gombo) (Cliché D. BORDAT).


N° 26. Nezara viridula (sur piment) (Cliché D. BORDAT).


N° 27. Mylabris sp . (sur gombo) (Cliché D. BORDAT).


N° 28. Aulacaphora africana (sur melon) (Cliché D. BORDAT).


N° 29 Asbecesta senegalensis (sur melon) (Cliché D. BORDAT).


N° 30. Aphis gossypii (sur gombo) (Cliché D. BORDAT).


N° 31. Aculops Iycopersici (sur pomme de terre) (Cliché D. BORDAT).


N° 32. Earias insulana (adultes sur gombo) (Cliché D. BORDAT).


N° 33. Earias biplaga (chenilles sur gombo) (Cliché D. BORDAT).


N° 34. Earias sp . (dégâts sur gombo) (Cliché D. BORDAT).


N° 35. Cryptophlebia leucotreta (sur Jaxtu) (Cliché D. BORDAT).


N° 36. Thrips sp . (sur melon) (Cliché D. BORDAT).

I. Ravageurs polyphages

1.1. – Insectes polyphages défoliateurs

1.1.1. – Chenilles

1.1.1.1. – Heliothis armigera (Photo n° 1)

La chenille peut atteindre 40 mm; sa coloration est variable: brun, vert ou jaune. Des lignes sinueuses noires et blanches (en particulier une large ligne blanche sur les côtés) parcourent le corps sur toute sa longueur; celui-ci est hérissé de minuscules aspérités épineuses avec des tubercules sétifères bleu-métallique.

La chrysalide mesure de 15 à 20 mm; elle est brun-rouge avec le bord des stigmates brun foncé et l'extrémité de l'abdomen muni de deux épines d'1 mm.

La larve, dès son éclosion se nourrit des tissus du végétal sur lequel elle est née et, le lendemain, elle commence à errer à la recherche de la partie la plus succulente de celui-ci.

La grande faculté migratrice du papillon, sa considérable fécondité, l'extrême polyphagie de la larve contribuent à faire de cette noctuelle un ravageur dangereux.

1.1.1.2. – Spodoptera exigua (Photo n° 2)

La chenille peut atteindre 30 mm; elle est vert pâle, avec la tête noire à l'éclosion. Ensuite, la coloration varie selon la phase: solitaire ou grégaire. En phase grégaire, la face ventrale est vert clair, la face dorsale brun clair, toutes deux striées de fines bandes brunes. En phase solitaire, le vert remplace le brun dans l'ornementation de la larve.

La chrysalide mesure 15 mm; sa teinte est cuivrée avec, sur l'extrémité de l'abdomen, une légère proéminence ornée d'une paire d'épines séparées à la base et infléchies vers la face ventrale.

Après leur éclosion, les chenilles restent groupées puis se dispersent en se laissant pendre au bout d'un fil de soie. D'abord diurne, leur activité devient nocturne et elles s'abritent au pied des plantes pendant la journée. Elles commencent par ronger le limbe en respectant l'épiderme opposé, puis finissent par dévorer la feuille toute entière à l'exception de la nervure principale. Des champs entiers peuvent se trouver entièrement défoliés. Les fleurs et les fruits peuvent, eux aussi, être consommés. Ces larves que leur instinct grégaire conduit à se déplacer en bandes, sont parfois responsables de dégâts localement très importants.

1.1.1.3. – Spodoptera littoralis (Photo n° 3)

La chenille peut atteindre 50 mm; à sa naissance, elle est vert vif, la tête et la plaque thoracique noir brillant, ensuite elle devient brun-verdâtre au terme de sa croissance, brun-noir taché de blanc avec une ligne dorsale brun-rouge séparant deux rangées symétriques de taches noires à l'aspect velouté, bordées à leur base par une bande jaune.

Contre les chenilles, pulvériser immédiatement.

La chrysalide mesure 20 mm; de teinte brun-rouge, elle porte à l'extrémité de l'abdomen deux épines courbes et robustes froncées à leur base.

Cette noctuelle est l'un des ravageurs tropicaux les plus à redouter en raison de sa très grande polyphagie, de sa voracité, de sa prolificité et de la rapidité de son développement (environ un mois).

A leur éclosion, les chenilles demeurent groupées à la face inférieure des feuilles dont elles rongent le parenchyme, puis elles se dispersent en se laissant choir au bout d'un fil de soie. Durant les trois premiers stades, la larve reste sur la plante durant la journée, puis elle acquiert des mœurs nocturnes, se nourrissant seulement la nuit et se cachant dans les crevasses du sol et les débris végétaux pendant le jour. Les chenilles trouvent toujours une plante-hôte dont elles attaquent les organes à récolter: épis des céréales, fruits de tomates et d'aubergines, cœurs des salades et des choux, rameaux et tiges de la plupart des cultures.

LUTTE CONTRE LES CHENILLES DÉFOLIATRICES

L'efficacité des traitements dépend beaucoup de la rapidité des interventions. Il est, en effet, essentiel de réagir aussitôt que l'on décèle la présence d'œufs les premiers symptômes d'attaques ou des larves à leur premier stade.

- contre Heliothis:

Des pulvérisations du baculovirus entomopathogène «Heliothis» sont recommandées. Les pyréthrinoïdes sont conseillées et ce sont les seuls pesticides à prévoir au cours des quinze jours précédant la récolte des productions maraîchères. On choisira les moins coûteuses: cyperméthrine (50 g/ha), deltaméthrine (25 g/ha), fenvalérate (75 a 100 g/ha) en pulvérisations hebdomadaires.

L'endosulfan (1 000 g/ha) ou l'acéphate (750 g/ha) peuvent également être utilisés en alternance.

- contre Spodoptera spp.

Prévoir des pulvérisations hebdomadaires de pyréthrinoïdes: cyperméthrine (6 g/hl), deltaméthrine (2 g/hl) fenvalérate (12 g/hl). On peut aussi alterner endosulfan (500 g/ha) et trichlorphon (300 g/ha).


1.1.2. – Acridiens

1.1.2.1. – Sauterelles

Ces acridiens migrateurs, appelés aussi Sauterelles ou Criquets, ont laissé dans la mémoire des peuples d'Afrique le souvenir d'épouvantables catastrophes responsables de millions de morts par la faim et de souffrances dues à la famine et à l'exode des populations.

Le péril acridien représenté par l'invasion inexorable de myriades de sauterelles dont les principales sont le criquet pèlerin et le criquet migrateur, demeure très fluctuant dans le temps et l'espace. A plusieurs années consécutives d'invasions succèdent de longues périodes d'accalmie. Quoi qu'il en soit, le paysan est totalement impuissant devant ce fléau et il appartient aux Etats et à des organismes internationaux spécialisés de prendre en compte la lutte contre ces ravageurs, grâce à leurs réseaux de surveillance, à leurs équipements, leur matériel et leur personnel qualifié.

1.1.2.2. – Sauteriaux

Ces acridiens sédentaires ne se manifestent pas de façon violente et périodique comme les précédents, mais représentent cependant un danger certain pour les cultures tropicales. Ces sauteriaux sont endémiques et les paysans les tolèrent malgré le tribut qu'ils prélèvent tous les ans sur leurs récoltes. Cette attitude peut se comprendre tant qu'ils demeurent peu nombreux, mais quand certaines espèces se mettent à pulluler, il est souvent indispensable d'intervenir. Ces pullulations soudaines résultent souvent de modifications survenues dans l'environnement et dans les systèmes de cultures: extension de périmètres irrigués, introduction de variétés nouvelles, généralisation de la mécanisation...

LUTTE CONTRE LES SAUTERIAUX

- procédés mécaniques

Ceux-ci consistent en un ramassage manuel, de bonne heure le matin (quand les insectes sont encore engourdis) suivi de destruction par écrasement ou incinération. Ce procédé est applicable si toute la collectivité y participe et s'il ne s'agit pas d'une invasion importante, auquel cas il faudra prévoir des traitements insecticides.

- lutte chimique

· poudrages

Sur de petites surfaces, on peut se servir de poudreuses à main à membrane. L'emploi des sacs poudreurs n'est pas conseillé car l'exécution de ce genre de poudrage est fastidieux et surtout sa qualité laisse a désirer. On choisit, pour les poudrages, du lindane ou du propoxur à raison de 100 à 200 g/ha.

· pulvérisations

Les pulvérisations se font avec des pulvérisateurs à dos à jet projeté, ou pneumatiques. On utilise du diazinon (700 g/ha), du fénitrothion (150 à 500 g/ha), du lindane (200 à 300 g/ha), du malathion (500 à 750 g/ha), du chloropyriphos-éthyl (240 g/ha) ou du propoxur (100 à 200 g/ha).

Des pulvérisations UBV de deltaméthrine (10 à 12 g/ha) sont efficaces, ont un faible impact sur l'environnement, mais coûtent plus cher.

· appâts

A 100 kg de son, de mil ou de brisures de riz humidifies avec de l'huile ou de l'eau mélassée, on ajoute 20 g de propoxur. Cet appât est épandu au pied des plantes ou le long des lignes à raison d'1 kg/100 m 2.


Nombreuses sont les espèces de sauteriaux, les plus connues étant le «Criquet puant» Zonocerus variegatus et Œdalus senegalensis .

Les dégâts sont le résultat du prélèvement de substance végétale sur pratiquement tous les organes ainsi que des lésions sur les conduits de sève et de blessures susceptibles d'ouvrir la voie à la pénétration de microorganismes pathogènes.

1.2. – Insectes vivant dans le sol

1.2.1. – «Vers gris»

1.2.1.1. – Scotia ipsilon

La chenille peut atteindre 50 mm; à sa naissance, elle est vert clair, avec de petits tubercules sétifères, puis elle devient brun-gris, glabre avec la face ventrale claire et, sur le dos, deux lignes longitudinales claires de part et d'autre d'une ligne médiane plus foncée. Chaque segment porte latéralement quatre taches brunes. On la trouve enroulée sur elle-même au pied des plantes.

La chrysalide mesure 18 mm; elle est brun-rouge avec deux épines courbes divergentes à l'extrémité de l'abdomen.

Dès leur naissance, les chenilles se comportent en défoliatrices voraces; elles se nourrissent pendant la nuit et s'enfouissent à faible profondeur durant le jour. Ces larves affectionnent les terrains lourds, humides, irrigués, supportant une végétation dense. Jeunes, elles rongent les feuilles, ensuite elles sectionnent en partie, ou en totalité les plantules au ras du sol et même les pétioles et les basses feuilles.

LUTTE CONTRE LES «VERS GRIS»

Un labour précoce, à condition que le sol demeure libre de toute végétation ne peut que s'avérer bénéfique.

La lutte chimique contre ces larves terricoles se pratique de plusieurs manières:

- traitement des semences

On emploie à cet effet du lindane, que l'on mélange souvent à un fongicide et dont on enrobe les grains par la méthode «slurry».

- épandage de granulés

Seulement dans le cas d'une infestation importante du sol, on traitera celui-ci «en plein», sinon il est plus économique de localiser le produit le long des lignes de semis ou de plantation. Pour ce type d'intervention, on dispose des produits suivants: carbaryl (30 kg/ha de p.c à 5 %), chlorpyriphos (50 kg/ha de p.c à 2 %), phoxime (75 kg/ha de p.c à 5 %).

- pulvérisations

On pulvérise sur le pied ou sur le collet de la plante de l'acéphate (900 g/ha) ou de la cyperméthrine (30 g/ha).

- appâts

Les larves âgées étant très résistantes aux insecticides, il est souvent préférable de les combattre avec des appâts. Ces derniers existent sous forme de granules à base de carbaryl ou de lindane, mais il est possible de mélanger le toxique à du son ou des brisures de riz, par exemple de endosulfan (200 g/100 kg de son) ou du lindane (400 g/100 kg de son). Prévoir de 30 à 50 kg d'appât a l'hectare.

Ces traitements sont à effectuer en fin de journée dès les premiers symptômes d'une attaque.

Rappelons que, sur de petites surfaces, on peut aussi capturer les «vers gris» par piégeage, en disposant des planchettes dans les champs: les chenilles s'abritent dessous et il est facile de les ramasser le matin.


1.2.2. – «Vers blancs»

Les «vers blancs» sont des larves de Coléoptères appartenant aux familles des Mélolonthidés et des Dynastidés.

· Schizonycha africana
· Heteronychus oryzae

Voir: Riz.

· Heteroligus appius
· Heteroligus meles
· Prionoryctes caniculus

Voir: Igname.

LUTTE CONTRE LES VERS BLANCS

Les labours profonds et répétés ramènent à la surface les «vers blancs»: ceux-ci sont alors la proie des oiseaux. Quant aux nymphes, qui sont très fragiles, elles meurent d'avoir été dérangées.

La lutte chimique consiste à traiter les semences ou le sol.

- traitement des semences

On traite les semences par la méthode «slurry» avec du lindane auquel on associe un fongicide.

- traitement du sol

Pour les traitements en plein, on a le choix entre des granulés de chlorméphos (5 kg/ha), chlorpyriphos (5 kg/ha), diazinon (10 kg/ha), ethoprophos (4 kg/ha), fonofos (4 kg/ha), lindane (1,5 kg/ha), parathion-éthyl et méthyl (10 kg/ha), phoxime (5 kg/ha) et trichloronate (5 kg/ha). Parathion et ethoprophos s'utilisent exclusivement en pépinières.


1.2.3. – Courtilières et grillons

1.2.3.1. – Gryllotalpa africana (Courtilière africaine)

Cette «taupe-grillon» atteint 40 mm; elle est brune, avec les élytres plus clairs, les pattes postérieures fortes et larges, adaptées au fouissage. Le prothorax ovalaire cache en partie la tête, laquelle est munie de puissantes pièces buccales.

Cet Orthoptère vit dans des galeries souterraines qu'il creuse rapidement à l'aide de ses pattes fouisseuses. Les œufs sont déposés dans une loge au sein de laquelle les jeunes demeurent à leur naissance. Il recherche les terrains meubles et frais tels qu'on les rencontre dans les jardins potagers dont c'est un hôte fréquent.

Les dégâts sont parfois importants sur les semis qui se trouvent bouleversés par les trous et les galeries que creuse l'animal. De plus, les plantules sont sectionnées plus ou moins complètement au ras du sol; la coupure est irrégulière et ses bords déchiquetés. Les tubercules de pomme de terre sont percés.

1.2.3.2. – Gryllus bimaculatus

Grillon de 30 mm, noir brillant avec deux taches ovalaires jaunâtres à la base des élytres.

Les larves se nourrissent de racines et de matières organiques. Larves et adultes coupent, à l'aide de leurs puissantes mandibules, le collet et les racines. Les semis et les pépinières de légumes sont spécialement menacés.

1.2.3.3. – Brachytrupes membranaceus

Grillon de 45 à 50 mm, noir brillant avec la partie postérieure de la tête plus claire; les tibias des pattes postérieures sont armés de forts éperons.

Cet insecte vit dans des galeries étendues, quelquefois assez profondes, s'ouvrant à la surface par un vaste orifice, où il abrite ses pontes et alimente ses jeunes avec des rameaux et des feuilles fraîches. C'est une espèce polyphage dangereuse pour les cultures maraîchères. Les tigelles, au niveau du sol, sont sectionnées et les bourgeons terminaux dévorés.

1.2.3.4. – Brachytrupes megacephalus

Grillon de 32 à 40 mm, avec la tête très large, courte, aplatie en avant; le pronotum est très court, aplati en avant; la couleur est fauve.

Il creuse de profonds terriers. Sa biologie et ses dégâts sont comparables à ceux de B. membranaceus .

LUTTE CONTRE LES COURTILIÈRES ET LES GRILLONS

La submersion complète du terrain, lorsqu'elle est réalisable, permet de réduire les populations de ces ravageurs. Sinon, c'est surtout au moyen d'appâts empoisonnés que l'on peut combattre ces insectes souterrains. On épand l'appât en fin de journée, au pied des plantes ou le long des lignes de plantation. Il est ainsi composé:

Son (ou tourteaux, sciure, bagasse): 10 kg.
Eau: 8 à 10 1.
Sucre: 0,500 kg.
Carbaryl. Lindane ou propoxur: 25 g.

1.2.4. – Termites

Les Termites sont des insectes sociaux qui vivent dans le sol ou dans des termitières et qui se nourrissent de cellulose. Il en existe de nombreuses espèces dont certaines peuvent s'avérer préjudiciables aux cultures, surtout en sol pauvre et lors de sécheresse prolongée,

Les Termites sont nuisibles parce qu':

- ils rendent le sol stérile à l'emplacement des termitières,

- ils provoquent l'affaissement des tiges et la mort du végétal en pénétrant dans celui-ci à quelques centimètres sous la surface du sol, et en évidant l'intérieur du collet et de la racine principale,

- ils rongent les organes souterrains: racines de sorgho ou de maïs, gousses d'arachide,...

- ils creusent des galeries souterraines et édifient des galeries le long des tiges.

LUTTE CONTRE LES TERMITES

Une colonie de termites n'est vraiment détruite que si la reine est tuée. A défaut de pouvoir obtenir ce résultat par des moyens mécaniques, on se sert d'insecticides.

Le lindane reste le toxique le plus recommandé à cet effet. Sur les surfaces cultivées, on traite le sol avec des granulés. On peut aussi utiliser sous cette même forme du phoxime, qui a l'avantage de persister trois mois et d'agir simultanément sur les «vers gris» et les «vers blancs». Hors des zones de cultures, on conseille de verser dans la termitière 30 l de bouillie de lindane dans des trous préalablement forés en divers emplacements de celle-ci. Le produit devant atteindre le cœur de la termitière, il est utile de se servir d'un tuyau que l'on introduit profondément.

Un autre procédé efficace consiste à introduire dans quinze à vingt trous des comprimés de phosphine (utilisés pour la désinfection des stocks) et de les reboucher avec de l'argile humide.

1.2.5. – Fourmis

Beaucoup de fourmis sont utiles et jouent un rôle capital dans le maintien de certains équilibres biologiques en tant que prédateurs. Par contre, plusieurs espèces sont considérées comme nuisibles parce que:

- elles élèvent et propagent des cochenilles et des pucerons,

- elles édifient des fourmilières, rendant ainsi le sol impropre à la culture sur leur emplacement,

- elles piquent le personnel d'entretien ou de récolte.

LUTTE CONTRE LES FOURMIS

On dispose a proximité des nids des appâts empoisonnés sucrés (2 % de diméthylarsinate de sodium). Le diazinon sous forme microencapsulée (240 g/l de diazinon) s'utilise en pulvérisations à la dose de 0,125 1 de p.c/hl pour des traitements localisés ou en plein. La destruction des fourmilières peut se faire avec du diazinon (27 g/hl), du dioxacarbe (100 g/hl), du lindane (20 à 25 g/hl) ou du phoxime (10 g/m 2).

II. Céréales

2.1. – Riz

En Afrique de l'Ouest, 60 % environ du riz est cultivé en riziculture sans submersion (riz pluvial) et 40 % en riziculture avec submersion (riziculture de mangrove et riziculture d'eau douce avec ou sans maîtrise de l'eau). Il n'est pas superflu de rappeler ces différents modes de culture, car, si certaines espèces d'insectes nuisibles au riz se rencontrent sur riz pluvial et sur riz irrigué, d'autres ne sont nuisibles qu'à l'un ou à l'autre de ces types de cultures. De plus, l'importance des dommages est différente de même que les modalités de la lutte. Enfin et surtout, la rentabilité des traitements chimiques sur riz pluvial est beaucoup plus aléatoire que sur riz aquatiques puisque les rendements respectifs de ces deux types de riziculture sont de 1 tonne/ha et de 3 tonnes/ha.

Ce qui complique beaucoup la lutte contre les insectes nuisibles au riz en Afrique de l'Ouest, ce sont, à la fois le caractère sporadique, imprévisible et brutal des infestations de certaines espèces, lesquelles ne se manifestent généralement pas chaque année aux mêmes endroits – ce qui interdit toute mesure préventive – et l'aspect insidieux des attaques, ce qui conduit à minimiser leur incidence où à réagir trop tard quand l'ampleur des dégâts apparaît évidente.

Il reste beaucoup à faire, aussi bien dans le domaine de la recherche, que dans celui de la vulgarisation, pour parvenir à maîtriser ce problème que constitue la juste évaluation des dégâts potentiels et l'estimation du seuil économique.

Les espèces les plus à redouter sont les Lépidoptères dont les larves vivent en mineuses à l'intérieur des tiges et, dans une moindre mesure, des Diptères dont les larves se comportent également en mineuses. Pour secondaires qu'ils apparaissent, d'autres ravageurs, chenilles défoliatrices, punaises, ne sont pas à négliger.

L'identification d'un déprédateur, au vu des dégâts observés, s'avère particulièrement délicate en ce qui concerne le riz, car les symptômes sont souvent les mêmes et peuvent aussi traduire une carence ou une maladie physiologique pieds chétifs, feuilles qui jaunissent, se décolorent et se dessèchent, panicules vides, déformées, blanches et desséchées, «cœur mort» (dessèchement de la tige centrale), réduction ou accroissement du nombre de talles.

RIZ PLUVIAL


LES JEUNES PIEDS VÉGÈTENT, LE FEUILLAGE JAUNIT


- La plante est coupée au ras du sol

Courtilières

- Les racines sont rongées

Vers blancs

- Les racines sont recouvertes d'une couche cireuse blanche

Cochenilles

PEPINIERES


LE FEUILLAGE BLANCHIT ET SE DESSÈCHE


- Le limbe des feuilles est miné

Hispines

- Les feuilles Sont cisaillées transversalement.

Nymphula spp

RIZ PLUVIAL ET RIZ IRRIGUE


L'EXTRÉMITÉ DE LA TIGE SE DESSÈCHE


- Formation de «cœurs morts» et émission de talles supplémentaires

Chenilles mineuses ou Diopsides

LA PANICULE AVORTE


- Formation d'«épis blancs»

Chenilles mineuses ou Punaises

LES FEUILLES SONT ATTAQUÉES


- Le limbe est rongé ou perforé par des chenilles

Spodoptera spp.

- Les feuilles sont cisaillées transversalement

Nymphula

- Le limbe est enroulé en «feuille d'oignon»

Cécidomyies

- Le limbe présente des stries décolorées

Hispines

- Les feuilles se dessèchent; la croissance est retardée

Punaises

LES GRAINS SONT VIDES, PLATS, NOIRCIS


- Ils sont piques

Punaises

2.1.1. – Courtilières

Voir: Insectes polyphages.

2.1.2. – «Vers blancs»

2.1.2.1. – Schizonycha africana

L'adulte est un hanneton roux et la larve est un «ver blanc». Cette dernière ronge les racines provoquant ainsi un retard de croissance, la fanaison et le dépérissement du pied.

2.1.2.2. – Heteronychus oryzae

L'adulte est un hanneton de 10 mm, de couleur brun-rouge à brun-noir. La larve est un «ver blanc» de petite taille. L'espèce recherche les tas d'herbes en décomposition. Adultes et larves rongent les racines à 2 cm sous la surface. Les jeunes plants de moins de six semaines pourrissent à partir des feuilles centrales.

2.1.3. – Cochenilles

2.1.3.1. – Dysmicoccus brevipes

Le corps de cette Pseudococcide est rose, mais cette coloration demeure entièrement cachée par la couche cireuse blanche sécrétée par l'animal. Fixée sur les racines, elle suce la sève donnant ainsi aux pieds de riz un aspect souffreteux.

2. 1.4. – Hispines

Les Hispines constituent une sous-famille des Chrysomélides, dont plusieurs représentants sont des déprédateurs du riz. Les adultes sont rectangulaires avec, sur le thorax et les élytres, de fortes excroissances épineuses.

2.1.4.1. – Dorcathispa bellicosa

L'adulte mesure 5 à 6 mm; il est noir et porte de fortes épines; les élytres sont nettement recourbés autour de l'abdomen.

La larve creuse entre les deux épidermes des feuilles des galeries irrégulières, souvent allongées parallèlement aux nervures et remplies de déjections. L'adulte ronge le parenchyme en ménageant un épiderme: l'attaque se présente sous forme de petites lignes blanchâtres.

2.1.4.2. – Trichispa sericea

L'adulte mesure 3 à 4 mm; la coloration est brun-noir et une fine pubescence verdâtre donne a l'insecte un aspect mordoré.

La larve vit en mineuse dans le parenchyme foliaire en creusant des galeries parallèles aux nervures. L'adulte ronge extérieurement l'épiderme parallèlement aux nervures. Les premières attaques sont observées en pépinières quelques semaines après la levée. Les feuilles blanchissent, se dessèchent et le végétal meurt. Au moment du repiquage ou en rizières, les dégâts seront plus ou moins graves selon l'importance de la population et la vigueur de la plante.

2.1.5. – Chenilles défoliatrices

2.1.5.1. – Nymphula depunctalis (photo n° 4)

L'adulte est un petit papillon blanc nacré long de 12 mm, avec des taches brun-jaune sur les ailes.

La chenille atteint 20 mm; le corps est vert clair, transparent et la tête brune.

Les œufs, déposés en deux rangées contiguës sur la graine foliaire, donnent naissance à de jeunes larves qui grimpent sur la feuille et la cisaillent transversalement à 20 mm de l'extrémité en laissant un lambeau qui sert d'attache. L'arrivée de la sève se trouvant ainsi interrompue, la feuille s'enroule autour de la chenille par manque de turgescence; celle-ci clôt alors l'étui par quelques fils de soie, coupe la dernière partie du limbe et se laisse tomber dans l'eau le long d'un fil. L'étui se remplit d'eau, la chenille nage avec la partie antérieure du corps vers une autre tige sur laquelle elle grimpe et dont elle se nourrit. Ce processus se renouvelle plusieurs fois au cours de la vie larvaire.

Les dommages peuvent être graves, surtout en pépinières ou lorsque la deuxième génération succède à une première précoce. Le développement des jeunes pieds se trouve retardé, ou tout au moins compromis. Sur un pied déjà bien avancé, les dégâts sont moins préoccupants. Les infestations progressent par taches et sont quelquefois suffisamment considérables pour exiger une intervention urgente.

2.1.5.2. – Mythimna unipuncta

La chenille peut atteindre 30 mm; elle est gris pâle, avec des lignes longitudinales grisâtres, et les segments tachés de noir et blanc.

Les jeunes larves décapent les feuilles puis, au cours de leurs derniers stades, elles deviennent grégaires et extrêmement voraces au point de pouvoir détruire la totalité de la plante. Elles sectionnent les panicules.

2.1.5.3. – Spodoptera exempta

La chenille atteint 40 mm; la tête est d'abord noire, puis devient jaune-cire; l'écusson thoracique est noir, chiné de blanc. Dorsalement, le corps est noir, strié longitudinalement de blanc verdâtre, ventralement, il est verdâtre, les flancs sont parcourus d'une bande rouille.

La chrysalide mesure 17 mm; d'abord brun-verdâtre, elle fonce progressivement et devient noire.

Il existe à peu près une génération par mois à 30°. Cette noctuelle se caractérise par l'apparition subite d'importances populations larvaires en des endroits très éloignés les uns des autres, qui résulteraient de migrations de papillons en rapport avec la direction des vents.

Les jeunes larves rongent l'épiderme inférieur des feuilles, rendant ainsi celles-ci «transparentes». Plus âgées, elles dévorent totalement le limbe, des bords vers le centre. Les jeunes pieds de riz sont ainsi entièrement détruits. L'impossibilité de prévoir une invasion, la difficulté de repérer les premiers stades larvaires, la rapidité de développement des larves, leur voracité ainsi que leur prédilection pour les jeunes plants, font de cet insecte un ravageur dangereux lorsqu'il se manifeste.

2.1.6. – Chenilles mineuses (foreurs)

- Pyrales (Foreurs blancs)

2.1.6.1- Chilo zacconius (Photo n° 5)

La chenille a la tête brun foncé et le corps blanc ivoire parcouru de sept bandes longitudinales rosâtres.

La chrysalide mesure de 11 à 12 mm; elle est brun foncé. Deux saillies proéminent en avant des yeux; l'extrémité de l'abdomen porte deux crêtes l'une avec quatre pointes, l'autre avec deux.

C. zacconius se rencontre surtout sur le riz pluvial sur lequel peuvent se succéder deux générations, la première entre les gaines foliaires ou les larves rongent le parenchyme, la seconde dans la tige, à partir de la floraison, entraînant la formation d'épis blancs ou desséchés. Ensuite, les chenilles descendent dans la tige qu'elles perforent en divers endroits. Une seule tige peut héberger plusieurs chenilles. Cette espèce ne passe pas l'intersaison dans les chaumes, mais poursuit son développe ment sur les repousses, le riz sauvage ou les graminées adventices comme Sorghum arrundinaceum ou Echinochloa spp .

2.1.6.2. – Chilo diffusilineus

Espèce proche de la précédente avec laquelle on la rencontre parfois. En pratique, seules les caractères morphologiques des chrysalides permettent de différencier les deux espèces.

2.1.6.3. – Chilo aleniellus

Espèce comparable aux deux précédentes mais dont l'incidence économique est moindre.

2.1.6.4. – Maliarpha separatella (Photo n° 6)

La chenille a une tête brun foncé, petite, étroite avec le cou enfoncé. Elle peut atteindre 26 mm; blanc nacré à la naissance, le corps jaunit progressivement.

La chrysalide mesure 20 mm; elle est brune avec une tache dorsale rouge au niveau du 5° segment abdominal. L'extrémité de l'abdomen est émoussé sans crête ni épines, avec seulement trois paires de fins poils raides.

Les œufs sont déposés pendant le tallage sur les feuilles dressées, en une ponte allongée, collée par un enduit qui, en séchant, provoque un pincement caractéristique de la feuille, laquelle enveloppe et protège ainsi entièrement la ponte.

Environ une semaine plus tard, les chenilles naissent toutes ensemble le matin et gagnent l'extrémité des feuilles pour s'y suspendre au bout d'un fil de soie qu'elles sécrètent. En fin de journée, elles pénètrent entre une gaine foliaire et la tige et descendent en rongeant la gaine, puis la tige au-dessus d'un entre-nœud où elles pénètrent dans la cavité centrale. Chaque chenille passera la totalité de sa vie larvaire dans la même tige, passant d'un entre-nœud à l'autre en perforant les nœuds. La nymphose a lieu à la base des tiges.

Ce foreur est strictement inféodé au genre Oryza; on ne le rencontre donc que sur les riz cultivés et les riz sauvages. Il existe plusieurs générations annuelles, mais jamais plus de deux sur la même plante. En fin de saison, la larve, au terme de son développement, entre en quiescence à la base des chaumes desséchés et ne se nymphose qu'au retour de l'humidité. Les pertes de récolte ne sont vraiment sensibles que lors de fortes infestations et dans le cas d'une riziculture intensive prévoyant deux ou trois récoltes annuelles avec des variétés à hauts rendements.

- Noctuelles (Foreurs roses)

2.1.6.5. – Sesamia calamistis (Photo n° 7)

La chenille atteint 28 mm; le corps, surtout la face dorsale, est nettement rose; il est glabre et luisant avec la plaque thoracique brun clair. La chrysalide mesure 17 mm; elle est dorsalement brun-rouge, ventralement brun-jaune. L'extrémité de l'abdomen porte deux épines dorsales et une protubérance ventrale.

Cette noctuelle est polyphage et attaque aussi bien les graminées spontanées ( Panicum, Paspalum, Pennisetum, Andropogon ) que les céréales (riz, maïs, mil, sorgho) et la canne à sucre. En riziculture, c'est surtout un ennemi du riz pluvial.

Les jeunes larves, à leur naissance, une semaine après la ponte, se rassemblent à l'abri de la gaine foliaire dont elles rongent superficiellement la face interne et la face externe de la tige, ce qui se traduit par des plages blanchâtres. Ultérieurement, elles pénètrent à l'intérieur des tiges en creusant, dans le cornet ou la gaine, des orifices qu'elles tapissent de soie, puis émigrent sur une autre tige ou un autre pied. La vie larvaire dure de quatre à dix semaines et la nymphose a lieu dans la tige, dans les replis des gaines desséchées.

Dans les régions humides, le cycle ne s'interrompt pas et on dénombre cinq à six générations par an, mais seulement trois en climat sahélien.

Les dégâts sont comparables à ceux occasionnés par les foreurs blancs, mais les attaques précoces sont rares; ils se caractérisent par la présence d'épillets incomplets, blancs, et le jaunissement suivi de dessèchement des feuilles centrales. Les tiges minées cassent et les panicules avortent. Contrairement aux Chilo et à Maliarpha, les sésamies peuvent, à cause de leurs déplacements, endommager plusieurs pieds.

Sesamia nonagrioides botanephaga est une autre sésamie, voisine de la précédente, plus fréquente dans les zones forestières où la saison sèche est brève, mais toujours moins abondante que S. calamitis . Elle commet les mêmes dégâts.

Résumé des dégâts dus aux chenilles mineuses des tiges.

La gravité des dégâts dépend de l'espèce de foreur et du stade végétatif du riz au moment de l'attaque.

- Au début et au cours du tallage:

La présence de la larve à la base de la tige peut entraîner la mort de celle-ci; le riz réagit en émettant des talles supplémentaires qui arriveront plus tardivement à épiaison.

- Peu avant la fin du tallage et jusqu'à la floraison:

C'est la période la plus sensible. Quand de nombreuses talles ont déjà été émises, la plante n'est plus en mesure de compenser celles qui sont détruites, par la production de nouvelles. A la floraison, les chenilles (souvent plus nombreuses, si elles sont issues d'adultes nés de la première génération) se retrouvent dans la hampe florale sous la panicule, ce qui a pour effet de donner une panicule blanche ou desséchée («cœur mort»).

- De la floraison a l'épiaison:

Les chenilles se trouvent alors à la base de la tige; en se nourrissant, elles lèsent les conduits de sève, perturbant ainsi l'alimentation de la panicule: celle-ci avorte alors plus ou moins complètement («panicule blanche»).

- Après l'épiaison:

Une infestation tardive est peu à craindre. D'ailleurs, à ce stade, la plante est, en principe, incapable d'assurer le développement complet de l'insecte.

En résumé, le plus gros des dégâts se produit au cours de la période qui précède l'initiation des panicules et se traduit par l'avortement des panicules et la non-formation des grains. En outre, la prise de nourriture par ces larves affaiblit la vigueur du plant et provoque la cassure de la tige.

Bien que les panicules blanches soient facilement repérables au milieu de la couleur verte des pieds de riz, leur nombre, ramené à l'unité de surface, ne donne pas une estimation précise du niveau de la population du ravageur car, une tige hébergeant une ou plusieurs larves ne donne pas obligatoirement une panicule blanche et, de plus, il existe chez ces insectes, un effet de bordure très net qui fausse toute tentative de dénombrement. Cet effet de bordure a pour conséquence d'augmenter le pourcentage des attaques sur les petites parcelles.

2.1.7. – Diopsides

Les Diopsides sont des Diptères facilement identifiables par leur curieuse morphologie: les yeux sont situés sur un renflement à l'extrémité de deux longs pédoncules divergents de part et d'autre de la tête. Ces insectes affectionnent les endroits ombreux, humides et marécageux et on les rencontre surtout dans les rizières.

2.1.7.1. – Diopsis macrophtalma (= D.thoracica) (Photo n° 8)

La mouche mesure de 8 à 10 mm; le thorax est noir brillant, l'abdomen rouge orangé.

La larve est un asticot jaunâtre avec deux prolongements abdominaux terminés par des crochets noirs rabattus vers l'avant.

Les larves, nées des œufs pondus sur les feuilles, s'introduisent dans la tige au niveau des ligules et se nourrissent des tissus sains. On ne rencontre qu'une seule larve par tige. Le cœur de la tige est coupé en biseau à une dizaine de centimètres au-dessus du niveau du sol. Les feuilles engainantes n'étant pas atteintes, seules les terminales jaunissent. Quand la tige commence à pourrir, l'asticot l'abandonne pour une autre et peut ainsi détruire trois autres tiges durant sa vie larvaire qui dure environ un mois.

Les attaques se produisent au cours du tallage pour culminer un mois après le repiquage. Les premières rizières établies à la fin de la saison sèche sont les plus menacées par les individus ayant traversé cette période auprès des mares et des marigots.

La plante réagit par l'émission de nouvelles talles, d'autant plus nombreuses que l'attaque a été précoce et en fonction de la capacité de tallage et de la résistance à cet insecte manifestée par la variété de riz cultivé. Les dégâts se traduisent par la formation de «cœurs morts».

2.1.7.2. – Diopsis apicalis

Espèce plus petite que la précédente (5 à 6 mm) et s'en différenciant en outre, par l'existence d'une tache enfumée à l'extrémité des ailes.

La larve est trapue et tronquée à la partie postérieure; les deux prolongements abdominaux sont disposés en mamelons émoussés.

Elle cohabite avec D. thoracica, mais elle manifeste une préférence moins marquée pour le riz. La larve peut aussi se nourrir de tissus décomposés et même se comporter en prédatrice à l'égard des larves de l'autre espèce et des chenilles mineuses. Les dégâts sont les mêmes.

2.1.8. – Cécidomyies

2.1.8.1. – Orseolia oryzivora (Photo n° 9)

L'adulte est grand pour une cécidomyie, il atteint, en effet, 5 mm; il ressemble à un moustique rougeâtre, avec les antennes et le thorax foncés.

La larve ressemble à un ver minuscule, de moins de 3 mm, de couleur blanche avec deux paires d'épines à l'extrémité de l'abdomen qui disparaissent au 3e stade.

Après son éclosion, la larve descend entre la gaine et la tige. Elle pénètre dans la tige et s'établit dans une galle tubulaire, à la base de celle-ci, dans laquelle elle passera, seule, sa vie larvaire. Cette partie tubulaire, creuse, longue, de couleur blanc nacré, appelée «feuille d'oignon» est typique de la présence de cet insecte. Trois semaines après le début de l'infestation, l'adulte sort, les feuilles jaunissent et se dessèchent. C'est durant le tallage que le riz, surtout le riz aquatique, est attaqué et ce, d'autant plus gravement qu'il est plus jeune.

Certaines années, la cécidomyie se rencontre dans des zones encore limitées. L'échelonnement des stades végétatifs des différentes rizières d'une même région accroît l'importance des dommages car les générations se succèdent, toujours plus nombreuses, pendant toute la saison des pluies.

2.1.9. – Punaises

Diverses espèces de Punaises (voir: Tableau I) s'attaquent au riz. Leurs piqûres affaiblissent la plante entraînant un retard de croissance, le flétrissement du feuillage, l'avortement des panicules ou la présence de grains vides, aplatis et noircis.

LUTTE CONTRE LES INSECTES NUISIBLES AU RIZ

Courtilières
Voir «Insectes polyphages».

Cochenilles et hannetons
Arroser les pieds avec une bouillie à base de parathion-éthyl.

Hispines
Traiter l'eau de la rizière avec des granulés de diazinon (600 g/ha) ou pulvériser sur le feuillage du phosphamidon (200 à 500 g/ha).

Chenilles défoliatrices
Contre les chenilles du genre Nymphula, l'assèchement de la rizière pendant trois jours, lorsque l'opération est réalisable, peut s'avérer efficace. Sinon pulvériser du parathion (500 g/ha), du furadan (600 g/ha) ou du carbaryl (1000 g/ha). Les spécialités à action systémique conviennent, mais agissent plus lentement.

Contre les chenilles Spodoptera exempta (de même que contre d'autres espèces), en cas d'invasion massive, procéder à des pulvérisations UBV de pyréthrinoïdes, d'acéphate ou d'endosulfan. (Voir: Insectes polyphages).

Chenilles mineuses (foreurs)
Il convient, comme pour les autres céréales, de profiter de la saison sèche pour obtenir une rupture aussi complète que possible du cycle de l'insecte en détruisant les larves par l'un des différents procédés suivants que l'on choisira en fonction des conditions locales:

· immersion légère des rizières destinée à provoquer la pourriture des chaumes,

· pâturage intensif et piétinement des bovins

· labour précoce de déchaumage, à condition de pulvériser les grosses mottes,

· utilisation, en saison sèche, des sols de rizières de deuxième saison.

Ces dispositions ne sont évidemment pas applicables là où les conditions climatiques permettent une culture ininterrompue du riz toute l'année. En attendant que les sélectionneurs réussissent à mettre à la disposition du riziculteur, des variétés qui soient localement, à la fois résistantes aux insectes, aux maladies et autres éléments adverses, tout en répondant parfaitement à la fumure et en donnant un tonnage satisfaisant, force est de constater que les seules armes dont il dispose actuellement sont les interventions chimiques, la lutte biologique n'ayant pas encore, dans ce domaine, apporté de solutions.

Sauf dans les régions où de fortes populations de foreurs sont endémiques et ou les rendements potentiels sont élevés, les traitements préventifs ne sont pas à envisager de façon systématique. Le degré d'infestation d'une rizière par les chenilles mineuses peut être mesuré par dissection de tiges et s'exprimer par le nombre moyen d'individus par mètre carré de rizière ou par mètre linéaire de plants repiqués. Il est ensuite possible de traduire les chiffres obtenus en densités de populations larvaires à l'hectare aux différents stades phénologiques de la culture ou encore en terme de pourcentage de touffes ou de talles minées.

Les pulvérisations du feuillage sont déconseillées car elles s'avèrent préjudiciables au complexe parasitaire des foreurs dont le rôle dans la limitation des populations n'est pas négligeable. C'est pourquoi l'épandage de granulés est le seul mode de traitement à retenir.

Contre les «foreurs blancs», on épand dans l'eau de la rizière (si on en possède la maîtrise) des granulés de lindane (2 000 g/ha), de carbofuran (800 g/ha), de chlorfenvinphos (2 000 g/ha) ou de diazinon (1 500 g/ha).

En principe, pour les variétés à cycle court, on traite une quarantaine de jours après le repiquage ou, pour celles à cycle long susceptibles d'être attaquées tôt, une première fois en début de tallage et une deuxième en début de montaison.

Contre les «foreurs roses», on lutte préventivement par incorporation dans le sillon de semis, ou par épandage dans la rizière de granulés de carbofuran (1000 à 1500 g/ha) ou de lindane (1500 à 2000 g/ha) et curativement comme pour les «foreurs blancs».

Diopsides
La lutte chimique contre ces Diptères ne se justifie qu'en riziculture aquatique et pour d'importances populations, c'est-à-dire au moins cinq adultes par mètre carré de culture précoce et dix par mètre carré de culture tardive. Une infestation tardive, en fin de tallage, n'aura qu'une incidence minime sur la productivité.

Dans les régions où le ravageur est fréquent, il convient de pratiquer une lutte chimique préventive par épandage, une semaine et un mois après repiquage, de granulés de lindane (2 000 g/ha), de diazinon (2 000 g/ha), de carbofuran (800 g/ha) ou d'isofenphos (1000 g/ha). Un traitement insecticide de la pépinière, à dose double, permet de supprimer le premier épandage après repiquage tout en assurant une protection sanitaire comparable a un moindre coût.

Sur de petits périmètres de culture irriguée, le traitement des bordures des rizières, où se maintiennent des essaims d'adultes en contre-saison, peut s'avérer efficace.

Les variétés à fort tallage, capables d'émettre des talles compensatoires quand les premières tiges d'un pied sont précocement détruites, doivent être recommandées dans les zones où les dégâts du ravageur sont généralement importants (*).

(*) D'après: «Ravageurs des cultures vivrières tropicales». Fiches techniques de l'IRAT (Défense des cultures).

Cécidomyies
Les méthodes de lutte sont les mêmes que contre les Diopsides.

Punaises
En riziculture irriguée, la destruction de la végétation sur les diguettes durant l'intersaison contribue a éliminer les punaises qui s'y abritent.

Sur de petites surfaces et en présence d'espèces de grande taille, il est toujours possible de procéder a un ramassage mécanique, à la main ou avec un filet. On s'efforcera également d'éviter de faire coïncider la période de pullulation de l'insecte et le stade sensible de la plante en agissant sur la date de semis ou en choisissant une variété soit hâtive, soit tardive.

Si ces mesures s'avèrent insuffisantes ou difficile à mettre en pratique et si la récolte est sérieusement menacée, on envisagera alors de traiter.

On interviendra soit au moment de la floraison, soit lorsque l'on constate un trop grand nombre d'individus sur la culture, par des pulvérisations classiques ou à UBV, avec du diméthoate (300 g/ha), de l'endosulfan (350 g/ha), du fénitrothion (500 à 1000 g/ha), du monocrotophos, du pyrimiphos-méthyl ou du trichlorfon, tous les trois à raison de 500 g/ha.

2.2. – Maïs, mils, sorgho

Le maïs, le mil et le sorgho sont, avec le riz, la base de la nourriture des populations africaines. Ces céréales sont cultivées de manière extensive, très fréquemment dans des conditions trop précaires pour qu'une vigueur végétative suffisante leur permette de résister aux déprédateurs. La plante supporte rait mieux leurs attaques si les conditions d'un rendement satisfaisant se trouvaient réunies: préparation complète du sol, fumure équilibrée, densité de plantation optimale, utilisation de variétés adaptées aux conditions locales et résistantes aux ravageurs les plus menaçants.

Beaucoup d'insectes s'attaquent aux céréales, la plupart étant d'ailleurs polyphages, mais seulement quelques-uns peuvent parfois se montrer dangereux. Les plus redoutables sont généralement les chenilles mineuses des tiges.

MAÏS


LES PIEDS SE BRISENT


- Le collet est coupé irrégulièrement; présence de galeries dans le sol

Courtilières

- Le collet est cisaillé au ras du sol

Vers gris

- Le collet et les racines sont creusés de galeries

Termites

LA TIGE SE BRISE OU SE DESSÈCHE

Chenilles mineuses

LES FEUILLES SONT RONGÉES OU PERFORÉES

Chenilles ou Sauteriaux

LES FEUILLES SONT DÉFORMÉES


- Le limbe est enroulé d'un côté

Cochenilles

- Le limbe présente des symptômes de mosaïque

Pucerons

LES FEUILLES SONT STRIÉES


- Le limbe est parcouru de galeries

Hispines

- Rayures chlorotiques typiques du «Streak»

Cicadelles

LES FEUILLES SONT TACHÉES OU DÉCOLORÉES


- Le limbe est recouvert de fumagine

Pucerons, Cochenilles ou Cicadelles

- Le limbe est tache de rouge et est recouvert de toiles

Acariens

- Les feuilles jaunissent et se rident

Thrips

LES ÉPIS AVORTENT


- Les inflorescences et les grains sont dévorés

Chenilles

LES GRAINS SONT VIDES, RIDÉS, APLATIS


- Traces de piqûres

Punaises

MILS, SORGHO


LES PIEDS SE FANENT


- Les racines sont rongées par des larves

Vers blancs

- Les feuilles sont piquées

Punaises

LES PIEDS SE BRISENT, LES FEUILLES JAUNISSENT


- Le collet est creusé de galeries

Termites

- Présence de larves dans le collet des pieds de mil

Charançons

- Emission de talles supplémentaires

Chenilles mineuses ou asticots

LES FEUILLES SONT RONGÉES ou PERFORÉES


- Le parenchyme est rongé

Chrysomèles

- Les perforations sont symétriques

Chenilles mineuses

- Les perforations ne sont pas symétriques

Chenilles ou Sauteriaux

LES FEUILLES SONT DÉFORMÉES


- Le limbe est enroulé d'un côté

Cochenilles

- Le limbe des feuilles de sorgho est tordu

Punaises

LES FEUILLES SONT STRIÉES


- Le limbe est parcouru de galeries

Hispines

- Le limbe du mil est strié de bandes rousses

Forficules

LES FEUILLES SONT TACHÉES OU DÉCOLORÉES


- Le limbe est recouvert de fumagine

Pucerons, Cochenilles ou Cicadelles

- Le limbe est taché de rouge et recouvert de toiles

Acariens

- Les feuilles jaunissent et se rident

Thrips

LES GRAINS AVORTENT


- Les fleurs sont dévorées

Coléoptères ou Chenilles

- Les grains sont dévorés

Chenilles

- Présence d'une larve orange dans le grain

Cécidomyies

LES GRAINS SONT VIDES, RIDES, APLATIS


- Traces de piqûres

Punaises

2.2.1. – Courtilières

Voir: Insectes polyphages.

2.2.2. – Termites

Voir: Insectes polyphages.

2.2.3. – Vers gris

Voir: Insectes polyphages.

2.2.4. – Coléoptères

- Hannetons et «vers blancs».

2.2.4.1. – Heteronychus oryzae

Voir: Riz.

- Charançons

2.2.4.2. – Elattocerus senegalensis

L'adulte mesure environ 3 mm; le corps est noir, recouvert de soies blanches.
Les larves rongent les tiges de mil en minant la base des pieds.

- Chrysomèles
Galérucinés

2.2.4.3. – Asbecesta cyanipennis

2.2.4.4. – Asbecesta senegalensis

Voir: Cultures maraîchères.

- Hispinés

2.2.4.5. – Dorcathispa bellicosa

Voir: Riz.

- Mylabres

2.2.4.6. – Mylabris holosericea

L'adulte mesure environ 13 mm; le corps est cylindrique, allongé et mou. Les élytres sont recouverts de longues soies et sont ornés de taches jaunes disposées en quatre séries transversales.

En dévorant les fleurs, les adultes sont responsables de l'avortement d'une partie plus ou moins importante des grains.

2.2.4.7. – Psalydolytta flavicornis

2.2.4.8. – Psalydolytta pilipes

Mylabres gris-roux responsables du même type de dégâts sur mil.

2.2.5. – Mouche du sorgho

2.2.5.1. – Atherigona soccata

La larve est un asticot de 5 à 8 mm, très allongé, avec les pièces buccales noires.

Les jeunes plants de graminées, surtout de sorgho, sont attaquées quatre à six jours après la levée et demeurent vulnérables pendant un mois. Des œufs pondus sous les feuilles, éclosent des larves qui pénètrent aussitôt dans la plantule en perforant transversalement le faisceau de feuilles et minent la tige; elles se nourrissent d'abord des tissus, puis de la pourriture qui s'y installe. Les dégâts se manifestent par un «cœur mort»: les feuilles centrales jaunissent, sèchent et restent dans la main si on les tire. La plante réagit à une attaque tardive par l'émission de rejets qui peuvent être eux-mêmes attaques et demeurer stériles.

2.2.6. – Chenilles mineuses (Foreurs)

Les «Foreurs des tiges» commettent sur les pieds de maïs, depuis le stade 4-6 feuilles jusqu'à la maturation de l'épi, trois types de dégâts:

· consommation du bourgeon terminal du jeune plant, entraînant sa mort,

· forage des entre-nœuds au cours de la montaison et de l'épiaison, provoquant, soit la cassure de la tige, soit un affaiblissement du plant et une baisse de la productivité de son épi,

· attaque de l'épi lui-même au cours de sa formation ou de sa maturation, engendrant une destruction partielle de ses grains (*).

(*) D'après: «Ravageurs des cultures vivrières tropicales». Fiches techniques de l'IRAT (Défense des cultures).

- Pyrales.

2.2.6.1. – Acigona ignefuscalis (Photo n° 10)

La chenille atteint 17 mm; elle est gris-jaunâtre, avec des taches ovalaires noires.

Les larves s'alimentent d'abord aux dépens du feuillage du maïs, du mil et du sorgho avant de pénétrer à l'intérieur des tiges où elles demeurent environ un mois avant de s'y nymphoser. A la fin de la saison des pluies, les larves entrent en diapause jusqu'à la prochaine saison.

Elles provoquent la formation de «cœurs morts» et l'émission de talles supplémentaires qui demeurent stériles.

2.2.6.2. – Chilo orichalcociliellus

La chenille peut atteindre 25 mm; elle est de teinte crème avec, dorsalement, deux rangées de taches brunes.

Les larves se nourrissent d'abord des tissus tendres de la feuille, provoquant ainsi des trous irréguliers, mais symétriques, puis plusieurs jours plus tard, pénètrent dans la tige à travers la nervure principale ou le bouquet terminal. Le pied se déssèche et il y a formation de «cœurs morts». Sur maïs, en fin de végétation, on peut trouver des chenilles dans les épis.

2.2.6.3. – Eldana saccharine (Photo n° 11)

La chenille atteint 20 mm; elle est gris-blanchâtre avec des soies rousses.

A leur naissance, les larves peuvent être détritiphages avant de ronger la face supérieure de la gaine foliaire et de percer le bourgeon terminal pour pénétrer dans la tige. On les trouve dans les parties basses de la plante. Il y a formation de «cœurs morts» et de talles supplémentaires.

- Noctuelles

2.2.6.4. – Busseola fusca

La chenille atteint 40 mm; elle est blanc-rosâtre avec, de chaque côté du corps, une bande longitudinale sombre.

Jeunes, les chenilles mangent les feuilles du cornet; plus âgées, elles pénètrent dans la tige en perçant les feuilles enroulées et dévorent la substance médullaire. Les larves provoquent la formation de «cœurs morts». La génération suivante attaque les épis et les grains. Elles passent l'intersaison à la base des tiges.

2.2.6.5. – Sesamia calamistis

Voir: Riz.

La désorganisation des structures internes des tiges par les chenilles affecte la formation normale du grain et de l'épi. Ceux-ci peuvent être aussi consommés par les chenilles, puis pourrir à la suite d'infections cryptogamiques. Enfin, la tige ou le pédoncule peuvent se rompre entraînant la chute de l'épi.

2.2.7. – Chenilles nuisibles aux feuilles ou aux grains

2.2.7.1. – Spodoptera exempta

Voir: Riz.

2.2.7.2. – Spodoptera exigua

2.2.7.3. – Spodoptera littoralis

Voir: Insectes polyphages.

2.2.7.4. – Mythimna unipuncta

Voir: Riz.

Sur sorgho, les chenilles s'établissent dans le cornet terminal et, sur maïs, elles sectionnent les barbes des épis.

2.2.7.5. – Heliothis armigera

Voir: Insectes polyphages.

Sur maïs, les chenilles rongent, à l'abri des spathes, l'inflorescence mâle et le sommet des épis, les glumes, les glumelles et les grains tendres.

2.2.7.6. – Cryptophlebia leucotreta (Photo n° 35)

La chenille atteint 15 mm; crème à la naissance, avec la tête noire, elle devient grisâtre tachetée de brun et, dorsalement de rose. Chaque segment porte des soies bien visibles plantées sur un cercle brun-clair.

La chrysalide mesure de 5 à 7 mm; brune, incurvée, elle présente une double rangée d'épines sur le dessus de chaque segment abdominal.

La chenille dévore les grains de maïs,

2.2.7.7. – Raghuva spp. et Masalia nubila (Chenilles des chandelles du mil) (Photo n° 12)

La chenille du complexe Raghuva atteint 25 mm; elle est verdâtre ou jaunâtre avec deux bandes latérales claires. Celle de Masalia nubila a les mêmes dimensions, mais elle est rougeâtre et parcourue de lignes blanchâtres et brun-rouge.

A leur naissance, les chenilles dévorent les fleurs de mil et, plus âgées, elles s'abritent entre le rachis et les fleurs, puis sectionnent les pédoncules. L'espèce passe la saison sèche dans le sol sous forme de chrysalide. Les vols d'adultes interviennent un mois après les premières pluies et durent de 45 à 60 jours.

Les jeunes larves percent les glumes pour dévorer les fleurs et trahissent leur présence par leurs déjections, lesquelles ont l'aspect de petits granules blancs. Les larves plus âgées attaquent les chandelles selon un tracé spiralé caractéristique. Elles empêchent la formation du grain ou provoquent sa chute quand elles coupent les pédoncules floraux.

2.2.8. – Sauteriaux

Voir: Insectes polyphages.

2.2.9. – Cochenilles

2.2.9.1. – Ferrisia virgata

Voir: Manioc.

2.2.9.2. – Heterococcus nigeriensis

Le corps est ovalaire, violet, globuleux, recouvert de cire blanche.

Les feuilles de maïs, mil, sorgho sont déformées et s'enroulent d'un côté sous l'effet des piqûres.

2.2.10. – Pucerons

2.2.10. 1. – Macrosiphum euphorbiae

Voir: Cultures maraîchères.

2.2.10.2. – Melanaphis sacchari

Puceron jaune clair de 2 mm.

Contrairement aux autres espèces, M. sacchari recherche de préférence les feuilles âgées. Néanmoins, on le trouve aussi sur les jeunes feuilles et les épillets de sorgho, souvent en compagnie de Rhopalosiphum maïdis . Il produit un abondant miellat sur lequel se développe une fumagine. Ce dommage, ajouté au prélèvement de sève, ralentit la croissance, dessèche les feuilles et diminue le rendement. Infestés jeunes, les pieds de sorgho peuvent succomber. Il transmet au sorgho la maladie du «Red stripe».

2.2.10.3. – Rhopalosiphum maïdis

L'adulte mesure 2 mm; le corps est vert pâle, les cornicules noires.

Larves et adultes sucent la sève des tissus et des grains laiteux des céréales, entravant ainsi leur développement. Une fumagine envahit les organes attaqués. Cette espèce est vectrice de virus.

2.2.10.4. – Schizaphis graminum

La femelle aptère est vert pâle avec des bandes vert sombre sur l'abdomen. Ces pucerons piquent les feuilles des céréales pour en sucer la sève. Il se produit des taches jaunes ou rouille et le développement de la plante est retardé. Sur mil et sorgho, l'attaque commence au stade plantule et se poursuit jusqu'à la montaison, ce qui amène la mort du pied. En général, les infestations demeurent localisées et ce ravageur a une importance secondaire.

2.2.11. – Cicadelles

2.2.11.1. – Locris rubra

L'adulte mesure 12 mm; il est rouge ou orange, parfois strié de noir. Il suce la sève des céréales, mais les dommages sont peu sensibles.

2.2.11.2. – Cicadula mbila

L'adulte mesure de 2 à 3 mm; de couleur crème, il présente une paire de taches noires entre les yeux et qui se prolongent le long des ailes.

Cette espèce, ainsi que d'autres appartenant au même genre, est nuisible au mais en tant que vecteur d'une virose, le «Streak» qui se manifeste par de minces stries chlorotiques longitudinales sur les feuilles. Les conséquences de cette maladie sur le rendement varient avec l'âge de la plante au moment de l'infestation. Un pied contaminé tôt meurt.

2.2.12. – Punaises

Plusieurs espèces de Punaises s'attaquent au maïs, au mil et au sorgho. (Voir: Tableau 1). Certaines piquent les organes jeunes et laissent sur les feuilles des taches noirâtres, mais c'est essentiellement parce qu'elles piquent les grains laiteux, surtout du mil et du sorgho, que les punaises commettent des dégâts. Les grains se rident, s'aplatissent et noircissent; ils ne sont plus consommables.

Tableau I

PUNAISES DES CÉRÉALES




Riz

Maïs

Mil

Sorgho

8 mm

vert-brun clair. avec un petit point noir sur le thorax: hémélytres transparents parfois opalescents; apparence fragile

Creontiades pallidus


+

+

+

8 mm

fauve clair. Avec les fémurs des pattes antérieures rouges

Creontiades tellinii




+

4 mm

brun-fauve à verdâtre, avec une surface brun-foncée fortement marquée autour de la base des pattes et de l'abdomen

Taylorilygus vosseleri

+

+

+

+

15 mm

rougeâtre avec les hémélytres brun-clair traversés au milieu par une bande noire; abdomen cerclé de rouge et de blanc

Dysdercus volkeri

+

+

+

+

9 mm

tète et thorax rouges, antennes et pattes noires; tache triangulaire noire sur la tète

Graptostethus servus



+


10 mm

gris, avec une fine pilosité; thorax avec deux épines

Acanthomia horrida



+


30 mm

noire, avec l'extrémité des antennes rouges; thorax épineux; fémurs des pattes postérieures renflées et incurvées, portant chez le mâle une épine

Anoplocnemis curvipes

+

+

+

+

8 mm

bistre, macule de brun

Cletus trigonus

+




11 mm

vert, plus clair sur le dessus, avec les ailes noires

Homoeocerus pallens

+


+


15 mm

rouge clair avec les angles postérieurs du thorax noirs; antennes noires avec la base du 4e article jaune; allure effilée; appendices grêles

Leptocorisa apicalis

+


+


11 mm

brun-rouge, avec l'extrémité de l'écus son jaune, les cuisses de la paire de pattes postérieures renflées portant une rangée d'épines; tibias incurves termines par une épine

Mirperus jaculus

+


+

+

15 mm

brun-noir; le dessus de la tête est brun jaune, maculé de noir et de jaune; les angles postérieurs du thorax portent une épine

Riptortus dentipes



+


14 mm

vert; le thorax porte deux épines latérales

Acrosternum acutum




+

10 mm

brun-grisâtre, les ailes dessinant un plus clair

Agonoscelis pubescens




+

12 mm

jaune ou rougeâtre, marbré de noir ou de brun, avec la face ventrale jaune et l'abdomen maculé de noir le long du bord postérieur des segments

Agonoscelis versicolor



+

+

9 mm

brunâtre, avec le thorax portant deux épines latérales et trois larges bandes blanchâtres disposées en triangle

Aspavia albi-domaculata

+


+

+

17 mm

rouge-orangé ventralement et vert-bronze avec de larges taches brunes dorsalement,
tête allongée, terminée vers l'avant par deux pointes aiguës; le thorax porte deux épines latérales

Callidea dregii Diploxys spp




+

14 mm

vert, aplati en forme de bouclier

Nezara viridula

+


+

+

9 mm

vert pale, avec des marbrures marron; abdomen vert-jaune avec des petits points noirs aux angles postérieurs de chaque segment

Nesara prunasis

+


+


10 mm

vert-jaunâtre, avec l'avant du thorax, les bords du corps et les antennes brun

Piezodorus hybneri



+


2.2.13. – Forficules

· Forficula senegalensis

L'adulte mesure 22 mm; le corps est jaune ou brun.

Ces forficules sont très nombreux sur les pieds de mil; ils pondent à l'intérieur des cornets terminaux où on les trouve rassemblés. Leurs morsures occasionnent des stries rousses sur les feuilles entraînant le jaunissement et même le dépérisse ment des plants. Les étamines et les grains de sorgho sont rongés.

Tableau II

CHENILLES DES CÉRÉALES




Riz

Maïs

Mil

Sorgho

17 mm

gris-jaunâtre avec des taches ovalaires noires; une grande tache recouvre presque entièrement la face dorsale du premier segment thoracique ainsi que le dernier segment abdominal

Acigona ignefusalis


+

+

+

40 mm

blanc-rosâtre avec, de chaque côté du corps, une bande longitudinale sombre et les deux extrémités foncées

Busseola fusca


+

+

+

13 mm

blanc-ivoire, parcouru de sept bandes longitudinales rosâtres; tête marron

Chilo zacconius

+




20 mm

gris-blanchâtre, avec des soies fous ses; tête brun foncé; pattes jaunâtres saccharine

Eldana

+

+

+

+

40 mm

brun foncé jusqu'à vert ou jaune, avec des lignes longitudinales noires et blanches; le corps est hérisse de minuscules aspérités épineuses avec des tubercules sétifères bleu métalliques

Heliothis armigera

+

+

+

+

26 mm

blanc nacré, puis jaunâtre, avec la tête brun foncé, petite et étroite, le cou enfoncé

Maliarpha separatella

+




25 mm

verdâtre ou jaunâtre avec deux bandes claires de chaque côté

Raghuva spp.



+


28 mm

rose surtout la face dorsale; le corps est glabre, luisant avec la plaque thoracique brun-clair

Sesamia calamistis

+

+

+

+

40 mm

noir, strié longitudinalement de blanc verdâtre dorsalement et verdâtre ventralement avec latéralement une bande rouille; la peau est rugueuse ornée de soies implantées sur des tubercules saillants

Spodoptera exempta

+

+

+

+

30 mm

variable, vert ou brun; le tégument est lisse avec quelques soies exigea

Spodoptera

+

+

+

+

50 mm

d'abord vert, puis devant brun, maculée de blanc avec une ligne dorsale médiane brun-rouge séparant deux rangées symétriques de taches noires triangulaires

Spodoptera littoralis

+

+

+

+

2.2.14. – Thrips

2.2.14.1. – Haplothrips sorghicola

L'adulte mesure au plus 3 mm; le corps est brun-roux très foncé, les yeux volumineux.

On trouve ces thrips en colonies dans le cœur, sur les épis en floraison ou à la face inférieure des feuilles de mais et de sorgho. Ils provoquent sur ces dernières des lésions superficielles qui se manifestent sous forme de taches, d'abord blanches, puis brunâtres. Les feuilles apparaissent ridées et jaunissent. Le développement de la plante est retardé.

2.2.14.2. – Anaphothrips sudanensis

L'adulte mesure au plus 3 mm; le corps est gris foncé, les pattes jaunes.

Larves et adultes lacèrent les tissus foliaires et sucent la sève entraînant le blanchissement des feuilles de sorgho.

2.2.15. – Cécidomyies

2.2.15.1. – Contarinia sorghicola (Cécidomyie du sorgho)

L'adulte est une sorte de moucheron d'1,5 mm, au corps rouge, aux ailes transparentes recouvertes de soies et aux longues pattes.

La larve est rouge orangé.

Les œufs sont pondus à l'intérieur des fleurs. A leur éclosion, les larves gagnent l'ovaire et vivent une dizaine de jours aux dépens du grain. La population adulte culmine vers 8 heures et la femelle ne vit qu'un jour.

Les variétés à croissance lente sont davantage sensibles. Il n'y a, de toute façon, qu'une larve dans chaque grain et le nombre de grains qui avortent est fonction de l'importance de la population de cécidomyies. Les glumes des fleurs attaquées conservent leur forme serrée et plate qu'elles avaient au moment de la floraison. En pressant entre le pouce et l'index, des épillets attaqués, il en sourd une gouttelette de couleur orange indiquant la présence d'une larve ou d'une pupe.

2.2.15.2. – Geromyia penniseti (Cécidomyie du mil)

L'adulte mesure 2,5 mm; il est orangé avec de longues pattes.

La larve mesure 1,5 mm et est orangée.

L'émergence a toujours lieu à la tombée du jour. La naissance des adultes coïncide souvent avec la floraison des mils précoces. Les femelles choisissent les épis ou les parties d'épis parvenus au début du stade «floraison femelle» et insèrent leur organe de ponte entre deux fleurs pour y déposer leurs œufs au contact des soies de l'involucre ou des plumes. Lors de l'éclosion, trois jours plus tard, les larves s'introduisent dans la fleur au stade «floraison mâle», les étamines se trouvant dégagées et les plumes écartées. Les larves dévorent l'ovaire pendant une semaine, puis se nymphosent. En début de saison sèche, elles attendent le retour des pluies. Cet insecte provoque l'avortement des grains.

2.2.16. – Acariens

2.2.16.1. – Oligonychus indicus

L'adulte mesure 0,3 mm; le corps est rouge.

La présence de ces acariens se manifeste par l'existence sur les feuilles des céréales de toiles à l'intérieur desquelles ils s'abritent et par l'apparition, le plus souvent près de la nervure principale, de taches rougeâtres, brunâtres, brillantes résultant des innombrables piqûres. Les feuilles se dessèchent.

N'utilisez pas toujours le même pesticide.

LUTTE CONTRE LES INSECTES NUISIBLES AU MAIS, AUX MILS ET AU SORGHO

Courtilières
Voir: Insectes polyphages.

Termites
Voir Insectes polyphages.

Vers gris
Voir: Insectes polyphages.

Hannetons et charançons
Arroser la base des pieds avec une bouillie de parathion-éthyl.

Chrysomèles
Contre ces Coléoptères, on utilisera en pulvérisations des insecticides susceptibles d'être en même temps efficaces contre d'autres ravageurs. C'est ainsi que l'endosulfan est également efficace sur les pucerons, le malathion agit aussi sur les acariens et les sauteriaux, la phosalone permet de combattre à la fois les acariens, les pucerons et les cécidomyies. Le phosphamidon s'utilise contre les hispinés et les pucerons. La deltaméthrine a l'avantage de convenir pour lutter contre l'ensemble des insectes nuisibles aux céréales.

Mylabres (Photo n° 27)
Ces Coléoptères sont difficiles à détruire. Utiliser de la deltaméthrine.

Mouche du sorgho
Pulvériser sur les jeunes pieds du diméthoate (50 g/hl), ou du fenthion (50 g/hl).

Chenilles mineuses
La destruction systématique des chaumes après la récolte, par enfouissement profond, avant que la terre ne durcisse trop est une mesure théoriquement conseillée, mais qui, dans la pratique, n'est malheureusement pas toujours exécutée, ni parfois exécutable. A défaut, l'incinération de ces résidus végétaux permet de détruire une quantité appréciable de larves et de chrysalides qui s'y abritent pendant l'intersaison.

Une bonne fumure assurant un bon démarrage et un bon état végétatif de la céréale, ainsi que le choix de variétés connues pour être davantage résistantes à ces ravageurs, sont des mesures dont les effets permettent de réduire considérablement les dommages car, en raison de la faible rentabilité de ces céréales en culture traditionnelle, les traitements insecticides sont difficilement envisageables, sauf exceptionnellement sur maïs, sur des champs semenciers ou sur des cultures à hauts rendements, gravement menacées.

On dépose dans le cornet foliaire des microgranulés qui se dissolvent dans l'eau qui séjourne à cet emplacement et dont la matière active tue les larves avant qu'elles ne pénètrent dans la tige. Diazinon, lindane, carbofuran, endosulfan, fénitrothion ou deltaméthrine conviennent parfaitement à cet usage.

Si l'on craint des attaques précoces, il est possible de procéder à la désinfection des semences avec du carbofuran.

Les pulvérisations UBV de deltaméthrine permettent de préserver les épis et les grains des attaques des chenilles ainsi que de celles des cécidomyies et des punaises.

Chenilles nuisibles aux feuilles et aux grains
Des pulvérisations UBV de deltaméthrine permettent de préserver les différents organes aériens de la plante des attaques de chenilles, en même temps que de celles des pucerons, cécidomyies et punaises.

Contre les «chenilles des chandelles du mil»:

– Labourer le terrain au début ou en fin de cycle de manière a détruire un maximum de chrysalides en diapause.

– Semer tardivement ou choisir une variété à cycle long dans la mesure où ces dispositions n'exposent pas la culture aux attaques d'autres espèces de ravageurs aussi dangereux: foreurs, cécidomyies, punaises,...

– Adopter une fumure et des variétés donnant des épis lourds et compacts.

– Si le rendement espéré permet de rentabiliser le traitement, pulvériser une ou deux fois en début d'épiaison (à cinq ou sept jours d'intervalle) de l'endosulfan (500 à 700 g/ha, de la deltaméthrine (1,75 g/hl) sur les chandelles.

Sauteriaux
Voir: Insectes polyphages.

Cochenilles
Voir: Manioc.

Pucerons
La plupart des insecticides sont efficaces contre les pucerons: acéphate, diazinon, diméthoate, endosulfan, fenthion, etc., sont utilisables. (Voir: page 242).

Cicadelles
La lutte contre Locris rubra ne s'impose pas. Quant à Cicadula mbila , il est plus réaliste de rechercher les variétés les moins sensibles au «Streak», que de procéder à des traitements.

Punaises
Voir: Riz.

Forficules
Les forficules sont sensibles à la plupart des insecticides, mais il est douteux qu'un traitement se justifie.

Thrips
Labourer les champs après la récolte afin de tuer les larves qui sont dans le sol et les adultes qui séjournent sur la végétation, chaque fois que cela est possible. Pulvériser de la deltaméthrine (1,75 g/hl), du diazinon (30 g/hl) ou du diméthoate (75 g/hl).

Cécidomyies
L'incinération, au début de la saison sèche, de tous les épis et chandelles infestées réduira d'autant le nombre d'individus qui naîtront au moment des prochaines plantations.

A condition qu'elle soit appliquée simultanément sur la totalité des champs environnants, le choix de variétés à floraison brève et qui ne s'échelonne pas, représente une mesure intéressante.

La lutte chimique, si elle s'impose, consistera en pulvérisations UBV de deltaméthrine (1,75 g/hl), de diazinon (30 g/hl) ou de fenthion (50 g/hl).

Acariens
Pour combattre les Acariens, seule la lutte chimique est à envisager.

Pour cela, on prendra en considération les données suivantes:

– ces ravageurs sont minuscules et leurs colonies se tiennent à la face inférieure des feuilles à l'abri de toiles qu'ils sécrètent;

– leur rythme de reproduction étant extrêmement rapide, il est impératif d'intervenir dès que leur présence est décelée;

– il ne faut surtout pas utiliser n'importe quel insecticide (un toxique à action de contact ne pouvant que favoriser leur pullulation) mais, de préférence des produits spécifiques, les acaricides, ou, à défaut, des spécialités à action systémique. Ces produits seront exclusivement appliqués en pulvérisations. On choisira donc entre l'azocyclotin (30 g/hl), le benzoximate (50 g/hl), le cyhexatin (30 g/hl), le dicofol (50 g/hl), le tetrasul (40 g/hl) ou le fenizon (50 g/hl). Les divers acaricides ne sont pas tous actifs à la fois sur les œufs, les larves et les adultes, ainsi, le tetrasul est sans action sur les adultes mais stérilise les femelles. Les acariens acquièrent rapidement une résistance à un type de produit, aussi vaut-il mieux changer fréquemment de produit en choisissant un acaricide d'un groupe chimique différent.

Azocyclotin et cyhexatin appartiennent au groupe des dérivés staniques.

Benzoxymate appartient au groupe des dérivés de l'acide benzhydroxamique.

Dicofol appartient au groupe des carbinols.

Fénizon et tetrasul appartiennent au groupe des sulfones et sulfonates.

Diméthoate et parathion-éthyl, bien que n'étant pas des acaricides spécifiques, peuvent occasionnellement être utilisés à la concentration de 30 g/hl.

Dans le cas des Acariens verts, on préférera le soufre, très actif et très peu toxique.

Il est tout à fait exceptionnel qu'une seule catégorie de ces ravageurs commette seule des dégâts d'une importance telle qu'un traitement insecticide se justifie économiquement. Par contre, si plusieurs d'entre elles, pucerons, punaises, forficules, mylabres, cécidomyies, etc., sont présentes ensemble, il est possible que la sommation de leurs dommages respectifs affecte notablement le rendement. Les traitements à prévoir, dans une telle éventualité utiliseront donc des toxiques suffisamment polyvalents.

III. Racines, tubercules

Aussitôt après les céréales, un autre groupe très important d'aliments constitue la base du régime alimentaire d'une grande partie de la population mondiale, les racines et les tubercules: manioc, igname, patate douce, pomme de terre. Ces cultures occupent en Afrique de vastes superficies. Leur valeur nutritive et leur teneur en protéines sont plus faibles, mais leur teneur élevée en glucides et en vitamines en font une source précieuse d'énergie.

3.1. – Manioc

Le manioc occupe la seconde place, après le riz, dans la production alimentaire du Tiers monde. N'étant pratiquement consommé que dans les pays où on le cultive, il est demeuré longtemps à l'écart des préoccupations des sélectionneurs et on est encore peu renseigné sur l'incidence des attaques des ravageurs de cette culture sur les rendements.

C'est heureusement une plante assez peu attaquée par les insectes. Ses principaux ennemis étant des espèces piqueuses-suceuses: cochenilles, punaises, thrips, aleurodes, acariens.... dont les piqûres affaiblissent la plante ou lui transmettent des viroses.

LES BOUTURES NE REPRENNENT PAS


- Les tiges sont creusées de galeries

Termites

- Les tiges et les rameaux sont couverts de«croûtes» d'insectes immobiles verts ou bruns

Cochenilles

LE BOURGEON PRINCIPAL NOIRCIT ET MEURT


- La tige est piquée par de petits insectes aux ailes plumeuses

Thrips

LES FEUILLES SE FLÉTRISSENT


- Les rameaux et les jeunes pousses sont criblés de piqûres

Punaises

- Les rameaux et la face inférieure des feuilles sont recouverts d'insectes vert-jaune; présence de fumagine

Cochenilles

LES FEUILLES JAUNISSENT


- Elles sont couvertes de filaments blanchâtres; présence de fumagine

Cochenilles

- Elles présentent une panachure et se recroquevillent: mosaïque; présence de «mouches blanches»

Aleurodes

- Elles sont tachées de jaune, virant au rouge le long des nervures, puis se dessèchent

Acariens

LES FEUILLES SONT TROUÉES OU RONGÉES


- Le limbe est perforé ou brouté à partir du bord

Chenilles ou criquets

3.1.1. – Termites

On peut avoir affaire à plusieurs espèces de termites, lesquelles pénètrent dans la tige à quelques centimètres sous la surface du sol et provoquent ainsi le dépérissement de la bouture.

3.1.2. – Cochenilles

Diverses espèces de cochenilles s'attaquent au manioc.

- Coccides

3.1.2.1. – Coccus viridis (Cochenille verte)

Le bouclier de la femelle est ovale, aplati sur les bords, légèrement caréné au milieu, avec une étroite échancrure vert-jaune.

Larves et adultes peuvent vivre plusieurs mois à la face inférieure des feuilles. Cette espèce sécrète un miellat très apprécié des fourmis sur lequel se développe une fumagine qui nuit à l'assimilation. La présence de cette cochenille affaiblit le végétal.

3.1.2.2. – Saissetia coffeae

Le bouclier est globuleux, brillant, régulièrement hémisphérique, brun, sans ornementation.

Les feuilles tombent et le développement du manioc est perturbé par le prélèvement de sève que ces insectes, fixés sur les tiges, font subir à leur hôte.

- Pseudococcides

3.1.2.3. – Ferrisia virgata

Les femelles sont de teinte violacée et les larves jaune rougeâtre. Les colonies de F. virgata se présentent sous la forme d'amas blanchâtres d'individus dissimulés dans un foisonnement de filaments et de flocons de cire blanche.

Les feuilles jaunissent, la croissance se ralentit, il y a formation de fumagine et, si l'espèce est abondante, la plante peut mourir.

- Diaspidides

3.1.2.4. – Aonidomytilus albus

Sous leur bouclier blanchâtre, les femelles sont rouges et ont la forme d'un sac.

Contrairement aux autres cochenilles que l'on trouve sur le manioc et qui sont polyphages, A. albus est strictement inféodée à cette culture qu'elle envahit parfois de façon spectaculaire. Les rameaux inférieurs en sont alors recouverts, les feuilles s'étiolent, se flétrissent et tombent. Le développement radiculaire est perturbé, la reprise des boutures compromise. La présence de cet insecte est souvent lié à un mauvais état général de la plante.

3.1.2.5. – Pseudaulacaspis pentagone

Sous leur bouclier circulaire blanc crème, les femelles sont jaunes. La plante dépérit; les pieds vieux et souffreteux sont particulièrement vulnérables.

3.1.3. – Thrips

3.1.3.1. – Retithrips syriacus

Les adultes mesurent un peu plus d'un millimètre. Brun-rouge, avec les ailes dorées à la naissance, le corps devient brun et les ailes brun clair. Cette espèce est inféodée au manioc. Larves et adultes sucent la sève, chaque piqûre faisant apparaître un point gris; les taches noires représentent les excréments. Le bourgeon terminal noircit et meurt.

3.1.4. – Punaises

Plusieurs punaises polyphages se rencontrent sur manioc.

- Pyrrhocorides

3.1.4.1. – Graptostethus serres

L'adulte mesure de 8 à 9 mm; il est rouge et noir.

En absorbant la sève par ses piqûres, l'insecte provoque le flétrissement du feuillage et l'affaiblissement de la plante.

- Coréïdes

3.1.4.2. – Leptocorisa apicalis

L'adulte mesure de 13 à 15 mm; punaise très effilée avec les appendices grêles, de coloration roux clair et noir.

Ses dégâts sont les mêmes que ceux de G. servus .

3.1.5. – Aleurodes

Plusieurs espèces de «Mouches blanches» sont préjudiciables au manioc en Afrique: Bemisia tabaci, Bemisia handcocki, Trialeurodes rara ,...

3.1.5.1. – Bemisia tabaci

L'adulte mesure un millimètre et est entièrement recouvert de cire blanche. Ces Homoptères s'enfuient d'un vol léger lorsqu'on pénètre dans la culture.

On leur reproche de transmettre au manioc la Mosaïque qui se manifeste par une dissymétrie des feuilles et une panachure vert-jaune.

3.1.6. – Acariens

La plupart des Acariens étant cosmopolites et polyphages, plusieurs espèces peuvent se rencontrer sur le manioc.

3.1.6.1. – Mononychellus tanajoa

Les feuilles présentent des symptômes de mosaïque et des taches jaunes, puis noircissent, se déforment et se dessèchent. Bourgeons et feuilles meurent à partir du sommet.

3.1.6.2. – Tetranychus cinnabarinus

Sa présence se traduit par l'apparition le long des nervures des basses feuilles, de taches jaunes virant au rouge. S'il ne pleut pas, les dommages s'étendent à la totalité du feuillage qui se dessèche.

LUTTE CONTRE LES INSECTES NUISIBLES AU MANIOC

Termites
Les Termites sont des insectes sociaux qui vivent dans le sol ou dans des termitières et qui se nourrissent de cellulose. Il en existe de nombreuses espèces dont certaines peuvent s'avérer préjudiciables aux cultures, surtout en sol pauvre et lors de sécheresse prolongée,

Les Termites sont nuisibles parce qu':

- ils rendent le sol stérile à l'emplacement des termitières,

- ils provoquent l'affaissement des tiges et la mort du végétal en pénétrant dans celui-ci à quelques centimètres sous la surface du sol, et en évidant l'intérieur du collet et de la racine principale,

- ils rongent les organes souterrains: racines de sorgho ou de maïs, gousses d'arachide,...

- ils creusent des galeries souterraines et édifient des galeries le long des tiges.

Cochenilles
Un bon état végétatif de la plante permet à celle-ci de mieux résister. On peut, préventivement, tremper pendant 15 minutes les boutures dans une émulsion d'oléoparathion à 3 % de m.a. (200 cc pour 10 l d'eau).

En cas de fortes pullulations en cours de végétation, on peut envisager des pulvérisations d'oléoparathion en sachant bien que de telles interventions seront difficilement rentables, porteront préjudice à l'entomofaune utile et présenteront des risques de phytotoxicité.

Thrips
Les labours entraînent la mort des nymphes présentes dans le sol. Irrigation et arrosage réduisent le niveau des populations. On peut également diminuer les risques de dégâts important en semant plus tôt, en modifiant la densité de plantation ou en faisant choix (surtout pour les oignons) de variétés peu sensibles, sinon résistantes. Si ces mesures se montrent insuffisantes, on aura recours à la lutte chimique. Celle-ci prévoit de pulvériser les deux faces des feuilles, dès que l'on dénombrera plus de cinq adultes par feuille, avec du diazinon (30 g/hl), de l'endosulfan (200 g/hl) ou du diméthoate (75 g/hl). Ajouter un mouillant pour le traitement des oignons.

Punaises
Le ramassage est la seule mesure à mettre en œuvre.

Aleurodes
Ces Homoptères sont difficiles à combattre aux différents stades larvaires. Pulvériser sous le feuillage des pyréthrinoïdes: bioresmothrine (6 g/hl) cyperrnéthrine (5 g/hl), deltaméthrine (1,25 g/hl) ou de l'acéphate (75 g/hl), du diméthoate (30 g/hl), du priphos-méthyl (75 g/hl).

Utiliser des clônes résistants à la mosaïque.

Acariens
Pour combattre les Acariens, seule la lutte chimique est à envisager.

Pour cela, on prendra en considération les données suivantes:

– ces ravageurs sont minuscules et leurs colonies se tiennent à la face inférieure des feuilles à l'abri de toiles qu'ils sécrètent;

– leur rythme de reproduction étant extrêmement rapide, il est impératif d'intervenir dès que leur présence est décelée;

– il ne faut surtout pas utiliser n'importe quel insecticide (un toxique à action de contact ne pouvant que favoriser leur pullulation) mais, de préférence des produits spécifiques, les acaricides, ou, à défaut, des spécialités à action systémique. Ces produits seront exclusivement appliqués en pulvérisations. On choisira donc entre l'azocyclotin (30 g/hl), le benzoximate (50 g/hl), le cyhexatin (30 g/hl), le dicofol (50 g/hl), le tetrasul (40 g/hl) ou le fenizon (50 g/hl). Les divers acaricides ne sont pas tous actifs à la fois sur les œufs, les larves et les adultes, ainsi, le tetrasul est sans action sur les adultes mais stérilise les femelles. Les acariens acquièrent rapidement une résistance à un type de produit, aussi vaut-il mieux changer fréquemment de produit en choisissant un acaricide d'un groupe chimique différent.

Azocyclotin et cyhexatin appartiennent au groupe des dérivés staniques.

Benzoxymate appartient au groupe des dérivés de l'acide benzhydroxamique.

Dicofol appartient au groupe des carbinols.

Fénizon et tetrasul appartiennent au groupe des sulfones et sulfonates.

Diméthoate et parathion-éthyl, bien que n'étant pas des acaricides spécifiques, peuvent occasionnellement être utilisés à la concentration de 30 g/hl.

Dans le cas des Acariens verts, on préférera le soufre, très actif et très peu toxique.

Il est tout à fait exceptionnel qu'une seule catégorie de ces ravageurs commette seule des dégâts d'une importance telle qu'un traitement insecticide se justifie économiquement. Par contre, si plusieurs d'entre elles, pucerons, punaises, forficules, mylabres, cécidomyies, etc., sont présentes ensemble, il est possible que la sommation de leurs dommages respectifs affecte notablement le rendement. Les traitements à prévoir, dans une telle éventualité utiliseront donc des toxiques suffisamment polyvalents.

Chenilles
Les dégâts ne sont jamais tels qu'ils justifient une intervention.

3.1.7. – Chenilles

Peu de chenilles s'attaquent au manioc, sauf parfois Spodoptera littoralis qui ronge les feuilles..

3.2. – Igname

Les deux-tiers des ignames dans le monde sont cultivés au Nigeria, surtout dans les régions humides du sud où cette production constitue, avec le manioc, la denrée alimentaire de base, comme également en Côte d'Ivoire. En Afrique de l'Ouest, l'igname est attaqué par plusieurs espèces de «vers blancs», susceptibles d'affecter notablement les rendements. En outre, diverses espèces de cochenilles nuisent au développement et à la reprise des boutures. D'autres insectes, parmi les Orthoptères et les Coléoptères peuvent, à l'occasion, s'en prendre au feuillage et aux tiges.

LES BOUTURES NE REPRENNENT PAS


- Les parties aériennes sont recouvertes d'amas farineux et de fumagine

Cochenilles

LES FEUILLES SONT ATTAQUÉES


- Les feuilles jaunissent; la plante végète

Cochenilles

- Les feuilles sont rongées par des Coléoptères

Scarabées ou Chrysomèles

LES TUBERCULES SONT ATTAQUÉS


- Les tubercules sont ratatinés

Cochenilles

- Les tubercules sont rongés

Scarabées

3.2.1. – Cochenilles

- Pseudococcides

3.2.1.1. – Geococcus coffeae

Cette cochenille farineuse se rencontre sur les racines et les tubercules et parfois sur les organes aériens. A la récolte, elle peut proliférer au point d'entraîner le ratatinement des tubercules et l'avortement des boutures.

Diaspidides

3.2.1.2. – Ferrisia virgata

Espèce polyphage (Voir: Manioc) vit aussi sur igname.

3.2.1.3. – Aspidiella hartii

Cochenille de couleur crème.

Le développement du végétal est compromis par la présence sur les tubercules, et aussi sur les parties aériennes, de ces insectes à tous les stades. Les tubercules stockés sont également atteints et leur repiquage en l'état permet à la cochenille d'être à nouveau présente.

3.2.1.4. – Aspidiotus destructor

Le bouclier femelle est circulaire, grisâtre et abrite le corps de la femelle qui est jaune.

Elle provoque le jaunissement des feuilles et le dépérissement de la plante.

3.2.2. – Scarabés

3.2.2.1. – Heteroligus meles

Les adultes mesurent environ 30 mm; ils sont brun-foncé ou noir avec, sur la tête, deux tubercules confluents formant une arête.

Ce coléoptère vit dans la terre humide au bord de l'eau. Dès le début de la saison des pluies, les adultes migrent vers les cultures d'ignames dont ils consomment les boutures. Leur voracité atteint son maximum à partir d'août jusqu'à ce qu'ils retournent pondre dans un sol humide. Les dégâts sont imputables aux adultes qui, en se comportant en phyllophages, affaiblissent la plante, altérant ainsi la qualité des tubercules au point de provoquer leur pourriture ou de les rendre invendables. Les pieds de plus d'1,25 m apparaissent davantage attractifs. Les premières attaques peuvent être constatées peu avant la récolte, en octobre au Nigeria.

3.2.2.2. – Heteroligus appius

Cette espèces ressemble à la précédente, mais est plus petite, 22 mm.

Les larves, ou «vers blancs», issus des œufs pondus à proximité de l'igname, se nourrissent des racines et des tubercules. Larves et adultes affectent les rendements.

3.2.2.3. – Prionoryctes caniculus

3.2.2.4. – Prionoryctes rufopiceus

3.2.2.5. – Heteronychus licas

Ces trois espèces ont un comportement similaire. Les œufs, pondus au début de la saison sèche, dans la terre humide donnent des «vers blancs» qui, après s'être comportés en détritiphages, se nourrissent de racines. Au début de la saison des pluies, les adultes sortent et migrent vers les champs d'ignames dans lesquels ils creusent un trou à la base des pieds pour y consommer les tubercules en y creusant des galeries; le système radiculaire peut aussi se trouver endommagé.

3.2.3. – Chrysomèles

3.2.3.1. – Lilioceris livide

L'adulte est brun-rouge à noir avec les élytres beige, tachetés de brun ou de noir. La larve est épaisse et charnue.

Larves et adultes se nourrissent des feuilles et des bourgeons.

LUTTE CONTRE LES INSECTES NUISIBLES A L'IGNAME

Cochenilles
Pour combattre les cochenilles vivant sur les parties aériennes, appliquer les mêmes mesures que pour le manioc. Quant à celles qui vivent sur les organes souterrains, les traitements se confondent avec ceux dirigés contre les scarabés.

Scarabés
On incorpore au sol, au pied de chaque plant ou le long de la ligne de plantation des granulés ou des microgranulés de diazinon, de fonofos, de parathion-éthyl ou de phoxime. (Voir: «Vers blancs».).

Chrysomèles
Il est peu probable qu'un traitement s'impose. De toute façon, ces insectes sont sensibles à la plupart des insecticides.

3.3. – Patate douce

Cultivée dans toutes les régions chaudes pour ses tubercules, la patate douce est malheureusement attaquée par divers insectes qui s'en prennent à ses différents organes végétatifs. Les plus nuisibles sont les Cassides qui rongent les feuilles et les Charançons dont les larves minent les tubercules.

3.3.1. – «Vers gris»

Voir Insectes polyphages.

LES TIGES SE CASSENT


- Le collet est cisaillé


+ Présence dans le sol de chenilles enroulées

Vers gris

+ Présence de trous et de galeries dans le champ

Courtilières
Grillons

- Les tiges sont minées par des larves apodes


LES FEUILLES SON T ATTAQUÉES


- Les feuilles sont rongées ou perforées


+ Petites perforations circulaires dues à des charançons effilés

Apions

+ Perforations irrégulières et parfois importantes


* Présence de petits criquets

Sauteriaux

* Présence de coléoptères plats et dorés ou de leurs larves épineuses

Cassides

* Présence de grosses chenilles avec une corne

Sphinx

* Présence de chenilles blanches et noires

Spodoptera spp.

+ La partie supérieure seule est rongée; les nervures sont plus ou moins respectées


* Présence de chenilles vert-noir, épineuses

Acraea

* Présence de larves épineuses

Cassides

- Les feuilles se dessèchent, elles sont enroulées ou reliées par des toiles

Chenilles

- Les feuilles présentent des symptômes de viroses: elles sont déformées, marbrées, chlorotiques s'il y a présence de «mouches blanches»

Pucerons
Aleurodes

- Les feuilles sont tachées de blanc et ont un aspect fané; galeries entre les épidermes

Chenilles

- Les feuilles se décolorent, brunissent et tombent: présence de minuscules animaux rouges à la face inférieure

Acariens

- Les feuilles jaunissent et la plante dépérit: présence d'amas farineux et de fumagine Cochenilles

Cochenilles

LES TUBERCULES POURRISSENT


- Ils sont creusés de galeries contenant des larves apodes épaisses ou plus minces

Charançons
Apions

3.3.2. – Courtilières et Grillons

Voir: Insectes polyphages.

3.3.3. – Charançons

3.3.3.1. – Alcidodes dentipes

Gros charançon de 12 à 15 mm, brun avec quatre bandes blanches le long des élytres.

Les adultes rongent les feuilles et les tiges tandis que les larves creusent des galeries dans les tubercules et peuvent aussi miner les feuilles en y formant des galles.

3.3.4. Apions

Les Apions sont, comme les charançons, des Curculionides, mais de petite taille, cylindriques, grêles. Leur allure évoque une fourmi. Plusieurs espèces du genre Cylas sont des ennemis de la patate douce.

3.3.4.1. – Cylas cyanescens

L'adulte mesure 7 mm; la coloration générale est noire. Les élytres et la face ventrale de l'abdomen sont fortement bombés.

Les œufs sont pondus dans les tubercules que les larves minent en comblant leurs galeries de déjections rendant ceux-ci inconsommables. Les adultes rongent le feuillage.

3.3.4.2. – Cylas formicarius

L'adulte mesure 6 mm; la coloration générale est bleu-noir, avec le thorax, les antennes et les pattes rougeâtres.

La femelle pond dans la tige ou dans les tubercules. Les larves se nourrissent des tubercules qu'elles criblent de galeries dans lesquelles on trouve leurs déjections. Les dégâts sont comparables à ceux de C. cyanescens.

3.3.4.3. – Cylas puncticollis

L'adulte mesure 7 mm; il est uniformément noir; la face dorsale est creusée de minuscules cupules.

Les adultes percent les feuilles de trous circulaires; on les rencontre aussi sur les jeunes tiges et les tubercules. Plus nuisibles sont les larves qui percent les tiges au-dessus comme au-dessous de la surface du sol, entraînant ainsi le dépérissement des boutures. Sur les pieds adultes, tiges et tubercules sont minés et souillés. La plante peut pourrir ou se déssécher et les tubercules sont impropres à la consommation.

3.3.5. – Sauteriaux

Voir: Insectes polyphages.

3.3.6. – Cassides

Les Cassides sont de petits Coléoptères dont le corps, aplati et ovalaire, évoque une tortue ou un bouclier.

3.3.6.1. – Aspidomorpha apicalis

L'adulte mesure de 6 à 7 mm de long et 4 à 5 mm de large; la partie supérieure du thorax est jaune doré et les élytres verts. La larve a un corps ovale, plat, bordé de prolongements épineux; l'extrémité postérieure porte un long appendice prolongé par une sécrétion noire filamenteuse.

Larves et adultes sont nuisibles au système foliaire. Si les jeunes larves ne rongent que la cuticule supérieure et le parenchyme, en ne touchant ni à l'épiderme opposé ni aux nervures, les larves âgées et les adultes, par contre, perforent le limbe au point de n'en rien laisser subsister. La plante réagit par l'émission de nouvelles feuilles, mais le traumatisme subi par le végétal se traduit par un retard de la récolte et une baisse de rendement.

3.3.7. – Chenilles

- Noctuelles

3.3.7.1. – Spodoptera littoralis

Voir: Insectes polyphages.

3.3.7.2. – Trichoplusia ni (Photo n° 13)

Voir: Cultures maraîchères.

- Lyonetiides

3.3.7.3. – Bedellia spp.

La chenille, de forme aplatie, bistre ou rouge, est munie de quatre paires de pattes abdominales.

Les larves vivent en mineuses dans l'épaisseur du parenchyme foliaire et leurs galeries étroites confluent pour former des taches dans les feuilles donnant ainsi à la plante un aspect fané et entraînant un ralentissement de la croissance.

- Sphingides

Les «Sphinx» sont des papillons trapus, au corps volumineux, en forme de cigare. Leurs larves sont volumineuses et portent sur l'avant-dernier segment un éperon charnu recourbé.

3.3.7.4. – Agrius convolvuli

La chenille jeune est vert-clair; plus âgée, elle devient verte, brune ou rose avec, du 7 e au 11 e segment, une bande latérale oblique jaune, bordée de noir sur le dessus et peut alors dépasser 100 mm.

Les chenilles sont voraces et dévorent rapidement d'importantes surfaces de limbe. Les dommages peuvent être sensibles si le nombre d'individus est élevé.

3.3.7.5. – Hippotion celerio

La chenille, épaisse, grasse, atteint 70 à 80 mm; sa couleur varie du jaune verdâtre au noir. La cuticule est maculée latéralement par une tache orbiculaire blanche et noire. L'éperon est droit, brun, bien développé. Les chenilles broutent le bord des feuilles, qu'elles découpent profondément en se tenant sur la face inférieure. Les dégâts, parfois sérieux, sont assez sporadiques.

- Nymphalides

3.3.7.6. – Acraea acerata

La chenille atteint 20 mm; elle est noir verdâtre et recouverte d'épines ramifiées.

Grégaires, les chenilles rongent la partie supérieure des feuilles, puis devenues solitaires, elles dévorent la feuille à l'exception des nervures primaires. Une forte attaque peut entraîner la défoliation complète de la plante et une attaque légère provoque un retard de croissance et une diminution du rendement.

3.3.8. – Pucerons

3.3.8.1. – Aphis gosypii (Photo n° 30)

3.3.8.2. – Macrosiphum euphorbiae

3.3.8.3. – Myzus persicae

Voir: Cultures maraîchères.

LUTTE CONTRE LES INSECTES NUISIBLES À LA PATATE DOUCE

Charançons et apions
Mieux vaut attendre deux à trois ans avant de planter à nouveau des patates douces sur un terrain qui a été infesté par les Cylas, ou alors, effectuer une rotation avec une culture non susceptible comme le riz.

Butter assez haut, ou planter profondément, pour que les femelles ne puissent aller pondre sur les tubercules.

Pour la même raison, éviter la formation de crevasses dans le sol. Après la récolte, brûler les débris de la plante, en particulier les racines infestées qui ne doivent surtout pas demeurer à terre. Planter des variétés hâtives qui forment profondément des racines longues à épiderme épais.

Tremper au moment de la plantation les tubercules dans une bouillie d'endosulfan contenant 20 g de m.a. pour 10 l d'eau, ou arroser les pieds avec un demi-litre de cette bouillie par pied. On peut aussi incorporer à la terre des granulés de lindane.

Des que les Apions et les Charançons commencent à proliférer sur le feuillage, effectuer une pulvérisation de diméthoate (50 g/hl), ou de malathion (100 g/hl), ce dernier permet de combattre en même temps les Acariens. Bien mouiller la face inférieure des feuilles.

Cassides
Dès l'apparition des Cassides, pulvériser, surtout le dessous des feuilles, avec du diméthoate (50 g/hl).

Chenilles
Pulvériser la culture avec des pyréthrinoïdes. Dans le cas des Sphinx, le ramassage à la main est souvent suffisant.

Cochenilles
Voir: Manioc.

Acariens
Voir: Maïs, mil, sorgho.

3.3.9. – Aleurodes

3.3.9.1. – Bemisia tabaci

Voir: Manioc.

3.3.10. – Cochenilles

3.3.10.1. – Ferrisia virgata

3.3.10.2. – Pseudaulacaspis pentagona

Voir: Manioc.

3.3.11. – Acariens

3.3.11.1. – Tetranychus cinnabarinus

3.3.11.2. – Brevipalpus phoenicis

Les piqûres de ces Acariens provoquent une décoloration puis un brunissement du limbe; ensuite, les feuilles se dessèchent et tombent.

3.4. – Pomme de terre

Bien que cette Solanacée ne puisse être considérée comme une production agricole de pays chauds, elle est néanmoins cultivée là où les conditions climatiques liées à la latitude ou à l'altitude le permettent. Elle est attaquée par des ravageurs polyphages et par d'autres, spécifiques des Solanacées.

LES FEUILLES JAUNISSENT, LA CROISSANCE EST RETARDÉE


- Elles s'enroulent «en cuiller» et se déforment; présence de fumagine

Pucerons

- Pas de fumagine, mais de petites taches décolorées

Punaises

- Le jaunissement débute par les bords et se généralise; il y a brunissement et nécroses

Jassides

- La face inférieure devient brillante

Acariens

LES FEUILLES RESTENT VERTES


- Elles sont rongées entre les deux épidermes

Teigne

- Le limbe est dévoré; les nervures subsistent

Chenilles

- Le limbe est découpé ou perforé

Sauteriaux

LES TIGES SONT ATTAQUÉES


- Elles sont minées par des chenilles

Teigne

- Elles sont coupées; présence de galeries dans le sol

Courtilières ou Grillons

- Elles sont coupées; présence de chenilles enroulées au pied de la plante

Vers gris

LES TUBERCULES SONT TROUÉS


- Présence de galeries dans le sol

Courtilières ou Grillons

- Les tubercules sont minés; présence d'excréments près de l'orifice. Ils pourrissent

Teigne

3.4.1. – Pucerons

3.4.1.1. – Aphis gossypii (Photo n° 30)

3.4.1.2. – Lipaphis erysimi

3.4.1.3. – Myzus persicae

Voir: Cultures maraîchères.

3.4.2. – Punaises

3.4.2.1. – Halticus tibialis

3.4.2.2. – Nezara viridula (Photo n° 26)

Voir: Cultures maraîchères.

3.4.3. – Jassides

3.4.3.1. – Jacobiasca Iybica

Voir: Cultures maraîchères.

3.4.4. – Acariens

3.4.4.1. – Polyphagotarsonemus latus

Voir: Légumineuses.

3.4.5. – Chenilles

3.4.5.1. – Spodoptera exigua

3.4.5.2. – Spodoptera littoralis

Voir: Insectes polyphages.

3.4.5.3. – Trichoplusia ni (Photo n° 13)

Voir: Cultures maraîchères.

3.4.5.4. – Phthorimaea operculella (Teigne de la Pomme de terre)

La chenille atteint 11 mm; elle est rose pâle, avec la tête, la plaque thoracique, le dernier segment abdominal et les pattes noires; sur chaque segment, existe une rangée de taches noires avec une soie.

Les œufs sont pondus dans les crevasses du tubercule ou les replis de la plante. Dès leur naissance, les chenilles creusent de fines galeries sinueuses dans l'épaisseur du limbe ou minent les tubercules. Les feuilles deviennent argentées et se nécrosent et les tubercules, minés par des galeries, pourrissent et deviennent impropres à la consommation.

LUTTE CONTRE LA TEIGNE DE LA POMME DE TERRE

Planter aussi profondément que possible et butter les pieds au moment de la formation des tubercules. Irriguer régulièrement pour qu'il ne se forme pas de fissures dans le sol.

On utilise, dans les traitements du sol en localisation du chlorpyriphos-éthyl (50 kg/ha de p.c. à 2 %), ou du phoxime (75 kg/ha de p.c. à 5 %). Ces insecticides permettent en même temps de combattre les «vers gris».

A la récolte, ne pas laisser les tubercules exposés aux pontes et les recouvrir de sable ou de terre sèche sur une épaisseur de 5 cm. On peut aussi poudrer les tubercules avec du malathion à 1 ou 2 % de m.a. ou du carbaryl à 10 % de m.a. a raison d'1 kg/tonne.

IV. Cultures vivrières et oléagineuses

4.1. – Arachide

L'arachide a relativement peu à souffrir des insectes. L'espèce la plus dangereuse est le puceron qui transmet le virus de la «Rosette».

MANQUANTS À LA LEVEE


- Les racines sont rongées

Vers blancs

- Les racines sont sectionnées

Charançons

- Les racines sont minées

Termites

LA PLANTE LÈVE MAL ET VÉGÈTE


- Présence d'une couche cireuse blanche

Cochenilles

- Présence de fourmis

Cicadelles

LE LIMBE DES FEUILLES EST RONGÉ OU PERFORÉ

Chenilles

LES FEUILLES JAUNISSENT, SE DÉFORMENT, SE DÉSSÈCHENT


- Présence de petits insectes noirs, sauteurs

Punaises

- Symptômes de «Rosette»

Pucerons

LES FLEURS SONT DÉVORÉES


- Présence d'insectes cylindriques, noirs et jaunes

Mylabres

LES GOUSSES SONT PERFORÉES


- Orifice près du bec

Termites

4.1.1. – Vers blancs

4.1.1.1. – Schizonycha africana

Les larves de ce hanneton attaquent et rongent la racine principale des pieds d'arachide sans la sectionner. La plante réagit d'autant mieux qu'elle est plus vigoureuse et que le sol est plus humide. Au voisinage du bourrelet cicatriciel, se développe un chevelu de racines adventices qui permettent au végétal prendre le dessus si la blessure n'a pas été envahie par les termites ou les champignons.

4.1.2. – Charançons

4.1.2.1. — Anaemerus fuscus

Charançon de 14 mm, élancé, gris clair, varié de gris foncé et de noir, dont les larves sectionnent la racine principale ou l'axe hypocotylé des jeunes pieds d'arachide.

4.1.3. – Termites

4.1.3.1. – Eutermes parvulus

Espèce errante commune dans les terres sablonneuses du Sénégal. Ces termites ceinturent le bas de la plante en élevant au bas de la tige un manchon à l'abri duquel ils creusent une galerie. Les dégâts précoces résultent d'une attaque antérieure d'un autre déprédateur. Ceux-ci peuvent être plus graves en fin d'hivernage quand la gousse presque mûre est perforée: seule est touchée la graine proche de l'orifice, mais la lésion, quoique légère, suffit à provoquer flétrissement et dessication. La menace des termites est davantage préoccupante les années où les pluies cessent tôt.

4.1.4. – Cochenilles

4.1.4.1. – Dysmicoccus brevipes

Cochenille blanche fixée sur les racines. Elle sécrète une fumagine et épuise la plante.

4.1.5. – Cicadelles

4.1.5.1. - Hilda patruelis

L'adulte mesure 5 mm et est marbrée de vert et de brun avec trois bandes latérales blanches sur les ailes.

Cet insecte vit en étroite association avec les fourmis. Le prélèvement de sève qu'adultes et larves opèrent sur les organes souterrains de l'arachide affaiblit la plante et entraîne son dépérissement.

4.1.6. – Chenilles

4.1.6.1. - Achaea finita

La chenille est vert-jaune avec d'étroites lignes latérales roses. Les chenilles dévorent les feuilles.

4.1.6.2. - Spodoptera littoralis

Voir: Insectes polyphages.

4.1.6.3. - Amsacta moloneyi

La chenille atteint 50 mm: très velue, elle est jaune bariolée de brun.

Les dommages que provoquent les chenilles en se nourrissant des feuilles sont d'autant plus importants que la plante est jeune et que la population est élevée.

4.1.7. – Punaises

4.1.7.1. - Halticus tibialis

L'adulte peut atteindre 2 mm; il est noir luisant avec les pattes postérieures adaptées au saut.

Souvent très abondant sur le feuillage, ses piqûres entraînent le jaunissement de celui-ci et, parfois, le dépérissement de la plante.

4.1.8. – Pucerons

4.1.8.1. – Aphis craccivora

Puceron globuleux brun-noir ou noir brillant avec des tibias clairs.

Il prolifère pendant la saison des pluies et, en saison sèche, il se réfugie dans les crevasses du sol ou sur la végétation subsistance. Sur arachide, on le trouve en plus grand nombre sur les semis à faible densité et sur les rangs de bordure. Ses attaques débutent un mois après la levée et culminent pendant la floraison. Il transmet à ses plantes-hôtes divers virus pathogènes et, en particulier à l'arachide, le complexe viral de la «Rosette».

4.1.9. – Mylabres

4.1.9.1. – Mylabris holosericea

Voir: Maïs, mils, sorgho.

LUTTE CONTRE LES INSECTES NUISIBLES À L'ARACHIDE

Vers blancs
On désinfecte les semences en les enrobant d'une poudre à base de lindane ou bien, on incorpore a la terre, au moment du semis des granulés de ce même toxique le long des lignes. Le diazinon, le fonofos ou le phoxime conviennent également dans le traitement du sol.

Les labours profonds et répétés ramènent à la surface les «vers blancs»: ceux-ci sont alors la proie des oiseaux. Quant aux nymphes, qui sont très fragiles, elles meurent d'avoir été dérangées.

La lutte chimique consiste à traiter les semences ou le sol.

- traitement des semences
On traite les semences par la méthode «slurry» avec du lindane auquel on associe un fongicide.

- traitement du sol
Pour les traitements en plein, on a le choix entre des granulés de chlorméphos (5 kg/ha), chlorpyriphos (5 kg/ha), diazinon (10 kg/ha), ethoprophos (4 kg/ha), fonofos (4 kg/ha), lindane (1,5 kg/ha), parathion-éthyl et méthyl (10 kg/ha), phoxime (5 kg/ha) et trichloronate (5 kg/ha). Parathion et ethoprophos s'utilisent exclusivement en pépinières.

Charançons
Les traitements prévus contre les vers blancs peuvent s'appliquer.

Termites
Contre les attaques en début de végétation, les procédés prévus contre les vers blancs conviennent. En fin de cycle, l'emploi de variétés hâtives mûrissant leurs graines avant que l'humidité du sol n'ait complètement disparue réduit la menace.

Cochenilles
Arroser les pieds avec une solution de parathion-méthyl.

Cicadelles
Traiter le sol, comme pour les vers blancs, avec du diazinon.

Chenilles
Voir: Maïs, mils, sorgho.

Punaises
Voir: Riz.

Pucerons
La plupart des insecticides sont efficaces contre les pucerons, mais la protection de l'arachide contre la «Rosette» ne passe pas par des interventions chimiques contre son agent de transmission mais par l'emploi de variétés résistantes à cette maladie.

Mylabres
Voir: Maïs, mils, sorgho.

Un traitement du sol avec du parathion (10 kg/ha) permet de lutter à la fois contre les différentes catégories de ravageurs qui attaquent l'arachide en terre: vers blancs, larves de charançons, termites, covchenilles et cicadelles.

V. Cultures maraîchères

Les cultures maraîchères représentent en Afrique de l'Ouest une spéculation agricole dont l'importance s'accroît chaque année. Cette situation est lice à la fois à l'urbanisation continue et à l'intérêt que suscite l'exportation de produits de contre-saison en Europe en même temps qu'à l'extension des surfaces irriguées.

Les denrées destinées aux marchés extérieurs doivent être conformes à des normes de qualité beaucoup plus contraignantes que celles vendues sur les marchés locaux. Une protection phytosanitaire sévère s'impose, qui doit simultanément être appropriée et respecter les impératifs de la législation quant aux toxiques à utiliser, aux doses employées et aux délais séparant le dernier traitement de la récolte.

Les jardins maraîchers et les terrains dévolus à la culture des légumes constituent des emplacements propices à la prolifération des organismes pathogènes parce qu'ils sont situés dans des bas-fonds, à proximité de nappes d'eau ou bien sont en permanence arrosés ou irrigués. Il se crée ainsi un environnement toujours humide et verdoyant particulièrement attractif, surtout en saison sèche et dans les régions sahéliennes.

Parmi les différents ennemis des cultures légumières, les insectes justifient à eux seuls, que soient envisagées des méthodes de lutte.

Cette lutte devra être le plus possible préventive et se traduire par:

- un bon entretien du sol: labours, désherbage, rotations judicieuses, fumure équilibrée,...

- un choix raisonné des cultivars: variétés résistantes à ou aux organismes les plus à craindre, saines, de bonne qualité, et éventuellement désinfectées;

- une surveillance fréquente permettant de déceler immédiatement la présence d'organismes pathogènes ou les symptômes d'une attaque;

- une intervention rapide et judicieuse pour stopper dès le début toute atteinte à l'intégrité du végétal.

Parmi les ravageurs des cultures maraîchères, certains sont polyphages tandis que d'autres sont plus ou moins inféodés à

une famille.

LES TIGES SE CASSENT


- Le collet est cisaillé; présence de chenilles grises au pied de la plante

Vers gris

- Le collet est cisaillé; présence de trous et de galeries dans le champ

Courtilières ou Grillons

LES FEUILLES SONT ATTAQUÉES


- Le limbe est rongé ou perforé

Sauteriaux ou chenilles

- Elles se fanent, jaunissent ou présentent des symptômes de virose

Pucerons ou aleurodes

LES FRUITS POURRISSENT


- Ils sont dévorés par des

Chenilles

5.1. – Tous légumes

5.1.1. – Vers gris

Voir: Insectes polyphages.

5.1.2. – Courtilières

Voir: Insectes polyphages.

5.1.3. – Grillons

Voir: Insectes polyphages.

5.1.4. – Sauteriaux

Voir: Insectes polyphages.

5.1.5. – Pucerons

5.1.5.1. – Aphis craccivora

Bien qu'affectionnant plus particulièrement les légumineuses, ce puceron se rencontre aussi sur la plupart des familles auxquelles appartiennent les cultures maraîchères.

Voir: Arachide.

5.1.5.2. – Aphis fabae

Ce puceron est plutôt brun foncé avec des taches sombres irrégulières sur l'abdomen.

Il transmet plusieurs catégories de virus et se rencontre sur les divers légumes. Il épuise également la plante-hôte.

5.1.5.3. – Aphis gossypii (Photo n° 30)

La coloration est très fluctuante: vert, jaune ou brun.

Espèce polyphage également vectrice de virus, qui occasionne, lorsqu'il est abondant, une déformation du feuillage. Il vit à la face inférieure des feuilles, lesquelles se recouvrent, sur le dessus, de fumagine.

5.1.5.4. – Macrosiphum euphorbiae

Le corps est vert avec des bandes plus foncées sur le dos.

Ce puceron ralentit la croissance surtout quand il recouvre les bourgeons, mais il est surtout dangereux comme vecteur de viroses.

5.1.5.5. – Myzus persicae

La coloration est verte, plus ou moins jaune.

Espèce polyphage dont les colonies se tiennent sous les feuilles. En suçant la sève, ces insectes provoquent une boursouflure du feuillage. De plus ils transmettent différents virus.

5.1.6. – Aleurodes

5.1.6.1. – Bemisia tabaci

L'adulte mesure 1 mm; les ailes sont blanches. Cette «Mouche blanche» s'envole en un essaim blanchâtre lorsque l'on agite le feuillage.

Les dommages dont ces insectes sont à l'origine sur toutes les cultures maraîchères, résultent de l'effet mécanique des innombrables piqûres ou de la toxicité de la salive ou encore de l'inoculation de virus pathogènes responsables de diverses mosaïques.

5.1.7. – Thrips

5.1.7.1. – Thrips tabaci (Thrips de l'oignon)

Espèce polyphage dont les larves et les adultes, en suçant la sève et en détruisant la chlorophylle, affaiblissent le végétal et diminuent son rendement. A la limite, les jeunes plants peuvent mourir. Les dommages peuvent être importants sur oignons et poireaux dont l'extrémité des feuilles se dessèche. Le feuillage se recroqueville et devient argenté.

5.1.8. – Chenilles

5.1.8.1. – Heliothis armigera

5.1.8.2. – Spodoptera exigua

5.1.8.3. – Spodoptera littoralis

5.1.8.4. – Trichoplusia ni (Photo n° 13)

La chenille atteint 35 mm; elle est verte, mélangée dorsalement de blanc et parcourue longitudinalement de trois lignes blanches.

Les chenilles percent les feuilles de grands trous irréguliers. Nombreuses, elles peuvent entraîner des retards de croissance et une dépréciation du légume qu'elles attaquent: chou, haricot, laitue, tomate, pomme de terre...

5.2. – Crucifères (choux, navets, radis)

LES PLANTULES DE CHOUX VÉGÈTENT


- La hase des feuilles est minée

Chenilles

LES FEUILLES SONT RONGÉES


- Le limbe est perforé ou les feuilles sont enroulées

Chenilles

LES FEUILLES JAUNISSENT


- Elles sont couvertes de fumagine

Pucerons

- La plante se fane

Punaises

- Le parenchyme foliaire est miné

Agromyzides

LES FRUCTIFICATIONS SONT DÉVORÉES

Chenilles

5.2.1. – Chenilles

5.2.1.1. – Plutella xylostella (Teigne des Crucifères) (Photo n° 14)

La chenille mesure 10 cm environ; elle est vert clair, amincie aux deux extrémités.

La chrysalide mesure 6 mm; elle est fusiforme, vert-jaune, enclose dans un vaste cocon aux mailles accolées aux nervures de la face inférieure des feuilles.

Les jeunes larves creusent une galerie sinueuse dans le tissu lacuneux, puis elles en ressortent, filent quelques soies, muent et rongent le parenchyme foliaire inférieur en respectant les nervures et la face supérieure. Plus âgées, elles forent des trous circulaires; la feuille prend une teinte plombée. Au terme de leur croissance, elles tissent un fourreau soyeux, réunissant plusieurs feuilles rongées où elles se nymphosent. En pépinières et après repiquage, elles peuvent également dévorer le cœur des plantules. L'importance des dégâts dépend du nombre d'individus par pied, lequel atteint souvent plusieurs dizaines, et de la quantité de pieds attaqués.

5.2.1.2. – Crocidolomia binotalis (Photo n° 15)

La chenille atteint 15 mm; elle est velue, avec la tête orange, le dessous du corps jaune et le dos vert clair parcouru de fines lignes blanches.

La chrysalide mesure 9 mm; elle est fortement épaissie au niveau thoracique et son extrémité porte deux épines divergentes.

Les larves dévorent les bourgeons, les fleurs, le dessous des feuilles. Généralement, les attaques sont limitées à quelques pieds. On peut avoir des choux totalement détruits par une cinquantaine de chenilles abritées dans un réseau de fils.

5.2.1.3. – Hellula undalis (Foreur du chou)

La chenille atteint 15 mm; la tête est noire, le corps beige ou brun parcouru de lignes longitudinales brunâtres.

Les jeunes larves se nourrissent des bourgeons, puis pénètrent dans la tige et y creusent une galerie descendante vers le cœur de la plante, atteignant parfois même les racines. Elles dévorent les nervures des feuilles qui s'enroulent alors autour des chenilles qu'elles abritent. Les semis récents meurent, tandis que les pieds plus âgés ont leur croissance retardée et ne produisent rien. Les dégâts sont surtout à craindre en saison des pluies.

5.2.1.4. – Spodoptera littoralis

Les chenilles rongent les feuilles et creusent des galeries larges et profondes dans les pommes des choux.

Voir: Insectes polyphages.

5.2.1.5. – Trichoplusia ni (Photo n° 13)

Les chenilles perforent les feuilles de grands trous irréguliers.

Voir Tous légumes.

5.2.2. – Pucerons

5.2.2.1. – Brevicoryne brassicae (Puceron cendré du chou)

Le corps est vert clair et est recouvert d'une sécrétion cireuse blanche.

Ce puceron inféodé aux Crucifères se rencontre en colonies nombreuses à la face inférieure des feuilles sur lesquelles il provoque un jaunissement, des décolorations et un enroulement. Il sécrète un abondant miellat; la plante végète et peut mourir.

5.2.2.2. – Lipaphis erysimi

Le corps est vert ou vert-jaune,

Le prélèvement de sève exercé par plusieurs centaines d'individus provoque un gaufrement et un jaunissement du feuillage; une fumagine se développe sur le miellat. La plante végète et peut mourir. On ne rencontre pas cette espèce par fortes chaleurs et lors de pluies abondantes.

5.2.3. – Punaises

5.2.3.1. – Bagrada hilaris

L'adulte mesure de 5 à 7 mm; la tête et le thorax sont noirs avec des taches jaune pâle à rouge orangé; une ligne axiale ponctuée de rouge traverse le thorax et se prolonge jusqu'aux deux tiers de l'abdomen; la face ventrale et les pattes sont jaunes avec des lignes noires.

En suçant la sève des feuilles, l'insecte fait dépérir, et parfois mourir le végétal.

5.2.4. – Agromyzides

5.2.4.1. – Liriomyza spp.

5.2.4.2. – Phytomyza atricolis

Voir: Légumineuses.

5.3. – Cucurbitacées (concombres, courges, courgettes, melons, pastèques)

LA PLANTE VÉGÈTE


- Les bourgeons terminaux sont déformés

Thrips

- Les tiges et les feuilles sont piquées

Punaises

LES FEUILLES SONT RONGÉES OU PERFORÉES


- Le limbe est troué

Chenilles ou Chrysomèles

- Le dessous des feuilles présente des stries parallèles

Coccinelles

LES FEUILLES SONT DÉFORMÉES OU JAUNISSENT


- Le dessous des feuilles héberge des insectes et le dessus est recouvert de fumagine

Pucerons ou Aleurodes

- Les feuilles présentent des symptômes de virose

Pucerons ou Aleurodes

LES FRUITS SONT TACHÉS, POURRISSENT OU TOMBENT


- Présence de larves trapues, épaisses

Charançons

- Présence d'asticots

Mouches des cucurbitacées

- Présence de coléoptères

Chrysomèles ou coccinelles

- Les fruits sont déformés et durcis

Punaises

5.3.1. – Thrips

5.3.1.1. – Ceratothripoides cameroni

Abondant sur melons et pastèques en saison des pluies, ce thrips déforme les bourgeons terminaux et freine le développement de la plante.

5.3.2. – Punaises

5.3.2.1. – Aspongopus viduatus

L'adulte mesure 20 mm de long et 10 mm de large; la coloration générale est noire sauf l'avant du corps qui est jaune-brun.

L'insecte apparaît peu après les premières pluies. Larves et adultes piquent les feuilles, les tiges et les fruits entraînant le flétrissement du pied et la chute des fruits.

5.3.2.2. – Leptoglossus membranaceus

L'adulte mesure 24 mm; c'est une grosse punaise brun-noir avec deux épines de chaque côté du thorax reliées par une bande jaune-orangé; les tibias des pattes postérieures sont élargis en une palette denticulée.

Suce la sève des bourgeons, entraînant le flétrissement et le dessèchement de l'organe ou de la plante.

5.3.3. – Chenilles

5.3.3.1. – Hymenia recurvalis

La chenille atteint 18 mm; d'abord verte, avec une bande médiane noire, elle devient brun-orange avant la nymphose; la peau est transparente, la tête brun clair tachetée de sombre.

La chrysalide mesure 12 à 15 mm; elle est brun clair, étroite, avec l'extrémité ornée d'un tubercule foncé entouré d'une couronne d'épines perpendiculaires à l'axe et six crochets effilés.

Le tissu palissadique des feuilles est rongé; les chenilles réunissent aussi plusieurs feuilles par des fils de soie, en les dévorant et en les remplissant de leurs excréments. Les dégâts sont fonction de l'abondance de l'espèce.

5.3.3.2. – Heliothis armigera

5.3.3.3. – Spodoptera littoralis

Voir: Insectes polyphages.

5.3.3.4. – Margaronia indica (Photos n° 23 et 24)

La chenille atteint 20 mm; elle est vert clair, brillant, avec deux bandes longitudinales blanches.

Les chenilles dévorent le feuillage et s'en prennent parfois à la peau des melons.

5.3.4. – Chrysomèles

5.3.4.1. – Asbecesta cyanipennis

L'adulte mesure 6 mm; les élytres sont ponctués de bleu, violet ou vert métallique.

Les larves rongent le collet et les racines tandis que les adultes dévorent les fleurs et les fruits.

5.3.4.2. – Asbecesta senegalensis (Photo n° 29)

L'adulte mesure 6 mm; il est jaune paille avec deux taches noires sur chaque élytre.

Cette espèce commet les mêmes dégâts que A. cyanipennis Elle est quelquefois abondante sur le feuillage souvent en compagnie d' Aulacophora africana et d' Henosepilachna elaterii ,

5.3.4.3. – Aulacophora africana (Photo n° 28)

L'adulte mesure 8 mm; il est de forme allongée, rouge-orange sur le dos et noir sur la face ventrale.

La larve ne dépasse pas 15 mm; elle est cylindrique, grêle, ivoire avec la face ventrale jaune.

Les larves rongent le collet sous la surface du sol et peuvent même pénétrer dans la racine principale provoquant la mort de la plante. Les adultes trouent les feuilles. L'espèce n'est dangereuse que si elle est abondante.

5.3.5. – Coccinelles

5.3.5.1. – Henosepilachna elaterii (Photo n° 16)

L'adulte est une grosse coccinelle hémisphérique pouvant atteindre 8 mm; elle est rouge-orange avec douze points noirs circulaires disposés en trois rangées transversales; le corps est recouvert de fins poils dorés.

La larve mesure 8 mm; elle est jaune-orange, plus large au centre, avec dorsalement, six rangées longitudinales de longues soies noires ramifiées.

Larves et adultes se tiennent à la face inférieure des feuilles, de préférence de concombre et de melon, dont ils dévorent l'épiderme et le parenchyme tout en respectant les nervures et l'épiderme supérieur; les morsures se présentent sous forme de stries parallèles et les feuilles prennent une teinte grisâtre. Leur action affecte le rendement et peut entraîner la mort des jeunes plants.

5.3.6. – Pucerons

5.3.6.1. – Aphis gossypii (Photo n° 30)

La coloration est très fluctuante: jaune, vert, brun; les cornicules sont noirs.

Cette espèce se rencontre en colonies importantes à la face inférieure des feuilles, sur les jeunes pousses et les boutons floraux. La culture est rapidement envahie et à la suite des piqûres, le feuillage et les pousses terminales se gaufrent, se recroquevillent et se déforment entraînant un arrêt de la croissance, une altération de la qualité des fruits et une réduction de leur nombre. Une fumagine se développe sur le miellat. En outre, ce puceron transmet des virus.

5.3.7. – Aleurodes

5.3.7.1. – Bemisia tabaci

Voir: Tous légumes.

5.3.8. – Charançons

5.3.8.1. – Acytopeus trägardhi

Charançon de 7 mm, entièrement noir, au rostre très fort et aux élytres profondément striés.

Les larves épaisses et trapues vivent dans les fruits, surtout les melons, et les rendent inconsommables.

5.3.9. – Mouches

- Lonchaeides

5.3.9.1. – Lamprochaea aurea

L'adulte est une petite mouche de 3 mm; le corps est épais, la tête et les antennes noires, le thorax et l'abdomen vert métallique.

La femelle pond dans le fruit vert et l'asticot se développe dans la chair des fruits, lesquels se ramollissent et pourrissent.

- Téphritidés

5.3.9.2. – Didacus ciliatus (Photo n° 17)

L'adulte mesure 6 à 7 mm. Les yeux sont brun-rouge, le thorax roux avec de nombreuses petites soies et des taches jaune-soufre; l'abdomen est recouvert d'une pubescence grise. Les ailes sont transparentes, incolores, frisées avec une étroite zone enfumée le long du bord antérieur.

Les œufs sont pondus par groupes d'environ une dizaine sous l'écorce des fruits (les melons de plus de 8 cm de diamètre ne sont plus attaqués). L'incubation ne dépasse pas deux jours; quand les larves commencent à se nourrir, les zones autour des trous de ponte se ramollissent et brunissent puis s'étendent au fur et à mesure que les larves se développent et parfois s'affaissent complètement. Si l'infestation est légère, une partie du fruit peut demeurer saine, mais si elle est importante, la totalité du fruit, sauf l'écorce, est consommée. En outre, des champignons et des micro-organismes s'installent, provoquant sa pourriture.

5.3.9.3. – Didacus vertebratus (Photo n° 18)

Espèce ressemblant à la précédente, mais plus grosse (8 à 10 mm), avec l'abdomen brun-rouge.

On la rencontre souvent en compagnie de D. ciliatus , mais elle préfère les régions sèches à saison fraîche. Les dégâts sont les mêmes.

5.3.9.4. – Myiopardalia pardalina

L'adulte mesure de 6 à 8 mm; la tête et le thorax sont jaune-paille avec des reflets dorés. La zone médiane antérieure du thorax est rousse et devient ivoire à la périphérie, avec de larges taches brunes circulaires.

La femelle pond dans l'écorce du melon ou de la pastèque. Les asticots s'enfoncent dans le fruit qu'ils consomment. Le fruit est creusé de galeries qui se dirigent vers le centre et pourrit.

5.4. – Légumineuses (haricots, pois, pois d'angole, niébé, doliques, crotalaires, soja...)

LES JEUNES PLANTS SE FANENT


- Les racines sont rongées par des chenilles

Vers gris

- Le collet Ou les tigelles sont coupées; présence de trous et de galeries

Grillons, Courtilières

- Le collet s'épaissit; la plante émet des racines adventices

Mouche du haricot

- Le collet est rongé et le feuillage perforé

Apions

LES FEUILLES SONT RONGÉES OU PERFORÉES


- Présence de criquets

Sauteriaux

- Présence de coléoptères cylindriques

Mylabres

- Nombreuses petites perforations

Apions, chenilles, Chrysomèles

LES FEUILLES SONT MINÉES


- Présence d'asticots

Mouche du haricot

LES FEUILLES JAUNISSENT OU SE DÉFORMENT


- Présence de nombreux insectes aux ailes plumeuses

Thrips

- Présence de gros insectes qui piquent les feuilles

Punaises

- Symptômes de maladies

Aleurodes, Pucerons, Jassides

LES FEUILLES DEVIENNENT GRISES

Acariens

LES FLEURS SONT PIQUÉES


- Présence de nombreux insectes aux ailes plumeuses

Thrips

LES FLEURS SONT DÉVORÉES


- Présence de coléoptères

Mylabres, Chrysomèles

- Présence de larves

Chenilles

LES GOUSSES SONT PERFORÉES ET LES GRAINES RONGÉES


- Présence de coléoptères

Chrysomèles

- Présence de larves

Chenilles

LES GRAINES SONT PIQUÉES

Punaises

LES GRAINES SONT MINÉES

Apions

5.4.1. – Vers gris

Voir: Insectes polyphages.

5.4.2. – Grillons et Courtilières

Voir: Insectes polyphages.

5.4.3. – Mouches du haricot

5.4.3.1. – Ophiomyia phaseoli

L'adulte est une petite mouche de 1,7 à 2 mm, noir brillant, sauf les balanciers, les pattes, les antennes et les nervures des ailes qui sont brun clair.

La mouche pond, durant les heures chaudes, dans la face supérieure des feuilles ou dans les tissus cotylédonaires exposés au soleil des différents genres de Légumineuses. La larve éclot au bout de deux à quatre jours et pénètre dans l'épiderme jusqu'à ce qu'elle atteigne une nervure par laquelle elle gagne la nervure principale, le pétiole, la tige et même le collet. La pupaison prend place dans la tige au niveau du sol. Vie larvaire et nymphose durent chacune environ une dizaine de jours.

Ce Diptère s'attaque surtout aux plantules et provoque le jaunissement et le ramollissement des deux premières feuilles. La plante s'épaissit au niveau du collet et émet des racines adventices. Si elle survit, son feuillage jaunit, elle manque de vigueur et la production est réduite. Les plantes attaquées ont les feuilles zébrées de lignes claires à reflets argentés et il est possible de repérer la larve; un seul pied peut abriter plusieurs larves.

5.4.3.2. – Lyriomyza spp. (Photo n° 19)

L'adulte qui mesure 1 mm, a les yeux volumineux, les antennes et la face jaune paille, le dos noir, sauf une partie du thorax qui est jaune, les ailes transparentes, incolores, densément pubescentes, l'abdomen noir, étroit couvert de longues soies.

La larve mine le parenchyme foliaire des pois et des Crucifères.

5.4.3.3. – Phytomyza atricornis

L'adulte mesure 2,2 mm; c'est une mouche au thorax à pubescence grise très fine et très serrée, au front jaune pâle, aux ailes vastes, incolores, irisées, l'abdomen noir avec de larges bandes latérales ivoire et une ligne jaune au bord postérieur de chaque segment.

La larve mine les feuilles des Légumineuses, Composées, Crucifères, en creusant des galeries entre les deux épidermes; l'épiderme supérieur se soulève et se déchire pour libérer l'adulte en fin de pupaison.

5.4.4. – Apions

5.4.4.1. – Piezotrachelus varium

Ce charançon mesure, rostre non compris, 2,5 mm; il est noir, globuleux, glabre avec un rostre long et arqué.

Les œufs sont pondus dans les gousses. Les larves s'enfoncent dans les graines, lesquelles réagissent par une prolifération des tissus autour de partie lésée. Les attaques affaiblissent la plante et font avorter les fleurs, compromettent le développement des gousses, atrophient les graines tout en leur faisant perdre leur faculté germinative.

5.4.5. – Mylabres

Diverses espèces sont des ravageurs des Légumineuses dont elles perforent le feuillage.

5.4.6. – Chenilles

5.4.6.1. – Etiella zinckenella

La chenille atteint 17 mm; sa coloration est variable, mais plutôt verdâtre avec la tête jaune et trois points bruns sur le premier segment thoracique.

Peu après leur naissance, les jeunes larves pénètrent dans la gousse à l'abri d'une toile qu'elles ont tissée; on ne trouve jamais plus de deux individus dans une même gousse. La nymphose a lieu en terre à moins de 5 cm de profondeur.

Les premiers dommages se manifestent par la chute des fleurs et des jeunes gousses. Lorsque les gousses sont transformées, elles sont entièrement minées, le point de pénétration de la chenille étant visible sous forme d'un petit point noir. Une même larve peut endommager plusieurs gousses. Des moisissures se développent sur les excréments et déprécient davantage la récolte.

5.4.6.2. – Maruca testularis (Photo n° 20)

La chenille atteint 17 mm; sa coloration est crème à vert-jaune, décorée dorsalement sur chaque segment de quatre points noirs ou vert sombre, formant des raies longitudinales.

Les chenilles perforent les feuilles, les organes floraux, les gousses encore vertes dans lesquelles elles dévorent quelques graines. La présence de l'insecte peut être décelée par les excréments qui restent accrochés aux fils soyeux avec lesquels ces larves lient les organes.

5.4.6.3. – Heliothis armigera

Cette Noctuelle ronge les feuilles et perfore les gousses, mais elle n'est pas particulièrement attirée par les Légumineuses.

Voir: Insectes polyphages.

5.4.6.4. – Spodoptera exigua

5.4.6.5. – Spodoptera littoralis

Voir: Insectes polyphages.

5.4.6.6. – Trichoplusia ni (Photo n° 13)

Voir: Tous légumes.

5.4.6.7. – Amsacta moloneyi

Voir: Arachide.

5.4.6.8. – Utetheisa pulchella

La chenille atteint 25 mm; elle est poilue, jaunâtre avec des taches foncées. Cette espèce s'attaque surtout aux crotalaires, mais on la trouve aussi sur Vigna, sur tomates et sur aubergines. Les chenilles rongent les feuilles, les fleurs et les graines à l'intérieur des gousses.

5.4.6.9. – Cosmolyce boeticus

La chenille atteint 20 mm; elle est verte, avec une ligne dorsale longitudinale rougeâtre et des lignes latérales vertes.

Les chenilles pénètrent dans les gousses et s'y nourrissent des graines.

5.4.6.10. – Deudorix antalus

Cette espèce commet les mêmes dégâts que C. boeticus .

5.4.6.11. – Pyrameis cardui

La chenille atteint 40 mm; elle est gris-jaunâtre avec de légers dessins noirs et porte des épines rosâtres à pointes noires.

Les chenilles rongent dès leur éclosion le parenchyme foliaire jusqu'à défolier totalement la plante.

5.4.7. – Chrysomèles

5.4.7.1. – Asbecesta cyanipennis

5.4.7.2. – Aulacophora africana

Voir: Cucurbitacées.

5.4.8. – Thrips (Photo n° 21)

5.4.8.1. – Megalurothrips sjöstedti

Ce thrips vit à l'intérieur des fleurs dont il pique la base des pétales.

5.4.8.2. – Frankliniella schulzei

Ce thrips râpe l'épiderme supérieur des feuilles alors qu'elles sont encore dans le bourgeon, entraînant ainsi leur déformation; les fleurs sont également piquées. Il s'ensuit un retard de croissance qui peut se répercuter sur le rendement. Seuls, les jeunes plants sont menacés.

5.4.9. – Punaises

5.4.9.1. – Halticus tibialis

Voir: Arachide.

De nombreuses espèces de Punaises se rencontrent sur les Légumineuses. En suçant la sève, elles affaiblissent la plante et en piquant les graines, elles provoquent leur déformation.

Voir: Céréales, tableau I.

5.4.10. – Aleurodes

5.4.10.1. – Bemisia tabaci

Voir: Manioc.

5.4.11. – Pucerons

5.4.11.1. – Aphis craccivora

Voir: Arachide.

5.4.11.2. – Aphis fabae

5.4.11.3. – Aphis gossypii (Photo n° 30)

5.4.11.4. – Macrosiphum euphorbiae

5.4.11.5. – Myzus persicae

Voir: Tous légumes.

5.4.12. – Jassides

5.4.12.1. – Jacobiasca lybica

Voir: Solanacées.

5.4.13. – Acariens

5.4.13. 1. – Oligonychus indicus

Voir: Mais, mils, sorgho.

5.4.13.2. – Tetranychus urticae (Photo n° 22)

Cet acarien vit à la face inférieure des feuilles dont il pique l'épiderme provoquant ainsi des décolorations, malformations, dessèchement et affaiblissement de la plante; sur haricot, le limbe est criblé de minuscules points blancs.

5.4.13.3. – Polyphagotarsonemus latus

Cet acarien se multiplie intensément à la face inférieure des feuilles où il vit de façon grégaire. Les dégâts se traduisent par un brunissement et une nécrose de la partie inférieure de la feuille, laquelle se plisse progressivement. Bien qu'il concentre ses attaques sur les jeunes pousses, contrariant ainsi leur croissance, on le rencontre aussi sur les jeunes rameaux et les feuilles âgées.

5.5. – Malvacées (Gombo, Oseille de Guinée)

LES TIGES SONT RONGÉES


- Présence à la base de larves épaisses

Charançons

LES FEUILLES SONT ATTAQUÉES


- Le limbe est ronge ou perforé

Chenilles ou cétoines

- Les feuilles sont enroulées; elles tombent

Chenilles

- Les feuilles se fanent

Aleurodes

- Les feuilles sont tachées et couvertes de toiles

Acariens

LES CAPSULES SONT ATTAQUÉES


- Elles sont perforées

Chenilles

- Elles sont piquées, ridées

Punaises

5.5.1. – Charançons

5.5.1.1. – Elattocerus senegalensis

L'adulte mesure 3 mm; il est noir, recouvert de soies blanches.

Les larves, courtes et épaisses, rongent les tiges en minant la base des pieds.

5.5.2. – Chenilles

- Noctuelles

5.5.2.1. – Heliothis armigera

Les chenilles rongent le feuillage mais surtout perforent les capsules de gombo.

Voir: Insectes polyphages.

5.5.2.2. – Earias biplaga (Photo n° 33)

5.5.2.3. – Earias insulana (Photo n° 32)

La chenille dépasse 15 mm; sa coloration varie du jaune au vert-olive; elle est trapue, boudinée avec des tubercules sétifères charnus.

Les chenilles pénètrent dans les fruits et les grains immatures d'Oseille de Guinée et les dévorent (Photo n° 34).

5.5.2.4. – Xanthodes graellsi

La chenille atteint 40 mm; elle est verte avec des lignes jaunes et des taches surmontées de longues soies blanches ou bien elle porte uniquement une paire de points jaunes sur chaque segment.

En saison des pluies, ces larves dévorent le feuillage des Malvacées.

- Pyrales

5.5.2.5. – Sylepta derogata

La chenille atteint 24 mm; typiquement rose, elle est souvent verdâtre et est à moitié transparente.

Les jeunes larves demeurent d'abord groupées et enroulent les feuilles en mangeant les tissus tendres et en respectant les nervures puis elles sectionnent la feuille à peu de distance du pétiole et enroulent en cornet la partie détachée. Les cornets foliaires restent verts et sont maintenus par des nappes de soie. L'intérieur est garni de déjections et de débris de feuillage; finalement, la feuille tombe.

- Gelechiides

5.5.2.6. – Pectinophora gossypiella

La chenille, appelée «ver rose» atteint 15 mm; d'abord crème, elle devient ensuite rose, chaque segment étant traversé de deux traits rouges.

L'attaque n'est pas visible car la perforation d'entrée est refermée et le fruit présente à peine une légère décoloration. Ce n'est qu'après la sortie de la larve qu'apparaît un orifice de 2 mm de diamètre. Les fleurs et les boutons floraux, attaqués avant la formation des fruits, tombent. Les graines sont évidées.

5.5.3. – Cétoines

5.5.3.1. – Pachnoda sp. (Photo n° 25)

Gros coléoptère massif de 20 mm, brun foncé bordé de jaune.

Ces insectes, qui apparaissent après les premières pluies, dévorent le feuillage, les tiges et les capsules.

5.5.4. – Aleurodes

5.5.4.1. – Bemisia tabaci

Voir: Tous légumes.

5.5.5. – Acariens

5.5.5.1. – Oligonychus indicus

Voir: Mils, sorgho.

5.5.6. – Punaises

5.5.6.1. – Oxycarenus hyalinipennis

Petite punaise noire de 4 mm, étroite et aplatie aux hémélytres transparents.

Larves et adultes sucent les organes des Malvacées avec une préférence pour l'huile des graines.

5.5.6.2. – Dysdercus völkeri

L'adulte mesure une quinzaine de millimètres; le corps est rougeâtre avec la membrane des élytres noire, chaque élytre brun clair étant marqué en son milieu d'une bande noire; l'abdomen est cerclé de rouge et de blanc.

L'insecte est abondant sur Hibiscus esculentus et H. sabdariffa dont il pique les fruits, les déforme ou laisse des points noirs sur le calice.

5.6. – Solanacées (tomates, poivrons, aubergines, piment)

LES FEUILLES SONT RONGÉES OU PERFORÉES


- Présence de larves

Chenilles

- Présence de coléoptères globuleux

Coccinelles

- Présence de coléoptères cylindriques' allongés

Mylabres

LES FEUILLES JAUNISSENT


- La plante se fane à la suite de piqûres

Punaises

- Les feuilles se dessèchent, présence de fumagine

Pucerons

- Présence de mouches blanches

Aleurodes

- Présence d'insectes sauteurs

Jassides

LES FEUILLES DEVIENNENT GRISES


- La face inférieure est brillante; elles se dessèchent

Acariens

LES FRUITS POURRISSENT, ILS SONT DÉVORÉS


- Présence de larves

Chenilles

- Présence d'asticots

Mouches des fruits

- Présence de gros coléoptères

Cétoines

5.6.1. – Chenilles

Gelechiides

5.6.1.1. – Phthorimaea operculella

Voir: Pomme de terre.

5.6.1.2. – Scrobipalpa ergasima

La chenille atteint 8 mm; elle est translucide ponctuée de dessins foncés.

Les chenilles pénètrent sous le pédoncule à l'intérieur des fruits qu'elles minent.

Tortricides

5.6.1.3. – Cryptophlebia leucotreta (Photo n° 35)

Les chenilles font pourrir les fruits en se nourrissant de la pulpe et en y introduisant des microorganismes pathogènes.

Voir: Maïs.

- Pyrales

5.6.1.4. – Daraba laisalis

La chenille atteint 16 mm; jeune, sa coloration est ivoire, striée transversalement de gris; plus âgée, elle prend un aspect massif et se teinte dorsalement de violet.

Les chenilles vivent dans les fruits d'aubergines, parfois de tomates, dans lesquels elles creusent des galeries où s'installent des pourritures. Les dommages peuvent être importants et n'apparaissent pas toujours extérieurement.

- Noctuelles

5.6.1.5. – Eublemma olivacea

La chenille atteint 15 mm; à sa naissance, sa coloration est crème avec de longues soies; plus âgée, elle devient vert-jaune, striée longitudinalement de gris avec de longues soies hérissées.

Les chenilles se nourrissent des jeunes feuilles d'aubergine qu'elles replient en les réunissant avec des fils de soie. Le parenchyme est rongé, le pied végète, mais les dommages sont rarement graves. L'espèce se manifeste en saison sèche.

5.6.1.6. – Heliothis armigera

Les feuilles sont rongées, les bouquets floraux sectionnés et les fruits creusés de galeries. Ces derniers tombent, s'ils ont été attaqués jeunes, ou sont déformés ou encore pourrissent.

Voir: Insectes polyphages.

5.6.1.7. – Utetheisa pulchella

Voir: Légumineuses.

5.6.1.8. – Pyrameis cardui

Voir: Légumineuses.

5.6.1.9. – Selepa docilis

La chenille atteint 11 mm; ivoire à l'éclosion, elle devient progressivement gris-vert avec une bande dorsale jaune-clair; elle porte de longues soies souples.

Les chenilles sont souvent groupées en colonies importantes, surtout quand elles sont jeunes. Elles dévorent le parenchyme en respectant les nervures. C'est sur les jeunes plants qu'elles peuvent se montrer nuisibles.

5.6.2. – Coccinelles

Plusieurs espèces de coccinelles rongent le limbe des feuilles de Solanacées.

5.6.3. – Mylabres

5.6.3.1. – Epicauta tomentosa

L'adulte mesure 12 mm; sa coloration est grisâtre.

Il sectionne les plantules et perfore les feuilles de tomate.

5.6.4. – Punaises

5.6.4.1. – Urentius hystricellus

L'adulte mesure 3 mm; la face dorsale est brun-jaune et recouverte d'épines; les ailes évoquent de la dentelle.

Ces insectes piquent la face inférieure des feuilles où ils vivent en colonies. Le feuillage jaunit et tombe, tandis que les excréments forment de petites taches noires brillantes; la croissance de l'aubergine est perturbée.

5.6.4.2. – Nezara viridula (Photo n° 26)

5.6.4.3. – Anoplocnemis curvipes

5.6.4.4. – Taylorilygus vosseleri

Voir: Céréales, tableau I.

5.6.4.5. – Halticus tibialis

Voir: Arachide.

5.6.5. – Pucerons

5.6.5.1. – Aphis craccivora

Voir: Arachide.

5.6.5.2. – Aphis fabae

5.6.5.3. – Macrosiphum euphorbiae

5.6.5.4. – Myzus persicae

Voir: Tous légumes.

5.6.5.5. – Aphis gossypii (Photo n° 30)

Voir: Cucurbitacées.

5.6.6. – Aleurodes

5.6.6.1. – Bemisia tabaci

Voir: Tous légumes.

5.6.7. – Jassides

5.6.7.1. – Jacobiasca lybica

L'adulte mesure 3 mm; il est vert clair avec les ailes brillantes et transparentes.

La salive des larves et des adultes a un effet toxique qui se manifeste par des décolorations de couleur jaune ou brune, un retard, et même un arrêt de la croissance. Le rendement est affecté. Cette espèce est vectrice de maladies et de viroses.

5.6.8. – Acariens

5.6.8.1. – Aculops lycopersici (Photo n° 31)

Les piqûres provoquent le noircissement et la mort des cellules épidermiques: les tiges et la face inférieure des feuilles prennent un aspect brillant et une teinte bronzée. La totalité du végétal se déssèche.

5.6.8.2. – Polyphagotarsonemus latus

Cet acarien donne aux feuilles de piment et de poivron une allure filiforme.

5.6.9. – Mouche des fruits

5.6.9.1. – Ceratitis capitata

La mouche mesure de 4 à 5 mm; la tête est jaune avec de longues soies noires entre les yeux, lesquels sont vert émeraude; le thorax est gris, taché de noir.

Les asticots qui naissent d'œufs pondus sous l'épiderme se nourrissent de la chair des fruits de piment et de poivron. Ceux-ci pourrissent et tombent avant maturité.

5.6.10. – Cétoines

5.6.10.1. – Diplogoratha gazates

Ces Coléoptères attaquent les aubergines et les tomates.

LUTTES CONTRE LES INSECTES NUISIBLES AUX CULTURES MARAÎCHÈRES

Chenilles
Pour détruire ces larves, on recommande globalement d'utiliser les produits suivants: carbaryl, endosulfan (1 000 g/ha), fenitrothion, trichlorfon (300 g/ha) ainsi que les divers pyréthrinoïdes de synthèse: cyperméthrine (50 g/ha), deltaméthrine (25 g/ha), fenvalérate (75 à 100 g/ha), en n'utilisant pas plusieurs fois de suite le même toxique lorsque l'on doit effectuer plus d'un traitement. Ces insecticides s'emploient en pulvérisations classiques ou à UBV.

- Arctiides

· Amsacta moloneyi
· Utetheisa pulchella

Pulvériser le feuillage avec de l'endosulfan (500 à 1 000 g/ha) si les chenilles apparaissent en quantité telle que l'on redoute la défoliation des jeunes plants ou la destruction des fleurs et des gousses.

- Gelechiides

· Pectinophora gossypiella
· Scrobipalpa ergasima

Pulvériser, avant la formation des fruits, de l'acéphate ou de l'endosulfan (750 g/ha). Ces insecticides permettent en même temps de combattre les autres ravageurs, tels que pucerons, punaises,...

- Lycènes

· Cosmolyce boeticus
· Deudorix antalus

Intervenir de la même façon que contre les Arctiides.

- Noctuelles

· Earias spp.
· Eublemma olivacea
· Heliothis armigera

Intervenir tôt, quand les chenilles sont encore petites et avant la nouaison des fruits Utiliser l'un des produits suivants: acéphate (75 g/hl), endosulfan (50 g/hl), tétrachlorvinphos (75 g/hl) ainsi que des pyréthrinoïdes et Bacillus thuringiensis . Si nécessaire, répéter les traitements tous les huit jours et choisir de préférence des pyréthrinoïdes pour les dernières interventions avant la récolte.

· Selepa docilis

Cette chenille est un ravageur d'importance secondaire qui justifie rarement que l'on intervienne. Si l'on y était contraint, procéder comme pour Heliothis.

· Spodoptera exigua
· Spodoptera littoralis

Ces noctuelles peuvent être très nuisibles quand elles sont nombreuses et il importe d'intervenir dès leur apparition avec du trichlorfon, de l'acéphate, de l'endosulfan, des pyréthrinoïdes ou avec une spécialité à base de Bacillus thuringiensis . Répéter les traitements aussi souvent que nécessaire. Si les pulvérisations sont appliquées sur des choux, il peut être utile d'ajouter éventuellement un mouillant..

Prévoir des pulvérisations hebdomadaires de pyréthrinoïdes: cyperméthrine (6 g/hl), deltaméthrine (2 g/hl) fenvalérate (12 g/hl). On peut aussi alterner endosultan (500 g/ha) et trichlorphon (300 g/ha).

· Trichoplusia ni

Si les individus sont peu nombreux, on peut les ramasser, sinon on procédé comme pour Spodoptera spp . Prévoir des pulvérisations hebdomadaires de pyréthrinoïdes: cyperméthrine (6 g/hl), deltaméthrine (2 g/hl) fenvalérate (12 g/hl). On peut aussi alterner endosultan (500 g/ha) et trichlorphon (300 g/ha).

· Xanthodes graellsii

Appliquer le même traitement que pour Earias spp .

- Plutellidés

· Plutella xylostella

On commencera les traitements dés l'apparition des premières perforations dans les feuilles, en les renouvelant tous les huit ou quinze jours si nécessaire.

On choisira parmi les produits suints: Bacillus thuringiensis (sérotypes 3A et 3B), carbaryl (100 g/hl), endosulfan (50 g/hl) ou des pyréthrinoïdes Sur choux, il peut être utile d'ajouter un mouillant au produit.

- Pyrales
+ Pyrales des Crucifères

· Crocidolomia binotalis
· Hellula undalis

Les traitements contre ces espèces sont les mêmes que pour P. xylostella

+ Pyrales des Cucurbitacées

· Hymenia recurvalis
· Margaronia indica

Intervenir contre ces espèces phylophages dés que leur pullulation menace le bon état végétatif de la plante, comme pour Spodoptera spp . Prévoir des pulvérisations hebdomadaires de pyréthrinoïdes: cyperméthrine (6 g/hl), deltaméthrine (2 g/hl) fenvalérate (12 g/hl). On peut aussi alterner endosultan (500 g/ha) et trichlorphon (300 g/ha).

+ Pyrales des Légumineuses

· Etiella zinckenella
· Maruca testularis

Afin de réduire la pression de ces ravageurs sur la plante, on peut, soit prévoir une densité de semis dense (200 000 pieds/ha au minimum pour le niébé et le haricot), soit choisir des variétés résistantes ou tolérantes.

Les insecticides conseillés sont les pyréthrinoïdes: cyperméthrine (20 à 30 g/ha), deltaméthrine (12,5 g/ha), perméthrine (10 g/ha), le tétrachlorvenphos ou l'endosulfan (500 g/ha). Le premier traitement se situera en début de floraison, les autres à une semaine d'intervalle, leur nombre étant fonction du niveau de l'infestation

+ Pyrale des Ogivales

· Sylepta derogata

Appliquer le même mode de traitements que pour Spodoptera spp . Prévoir des pulvérisations hebdomadaires de pyréthrinoïdes: cyperméthrine (6 g/hl), deltaméthrine (2 g/hl) fenvalérate (12 g/hl). On peut aussi alterner endosultan (500 g/ha) et trichlorphon (300 g/ha).

+ Pyrale des Solanacées

· Daraba laisalis

On lutte contre cette espèce de la même façon que contre Heliothis armigera . Prévoir des pulvérisations hebdomadaires de pyréthrinoïdes: cyperméthrine (6 g/hl), deltaméthrine (2 g/hl) fenvalérate (12 g/hl). On peut aussi alterner endosultan (500 g/ha) et trichlorphon (300 g/ha).

- Tortricidés

· Cryptophlebia leucotreta (Photo n° 35)

Pulvériser les poivrons dès la nouaison avec des pyréthrinoïdes et répéter les traitements si la menace persiste.

Punaises
Quand le ramassage ne peut être mis en pratique, et si les dommages mettent en cause la productivité, on pulvérisera du diméthoate (50 g/hl), qui agit aussi sur les pucerons, de l'endosulfan (50 g/hl), déjà conseillé contre les chenilles.

Pucerons
La lutte contre les pucerons permet de mettre en pratique les différentes méthodes de la lutte intégrée:

- procédés culturaux: semis précoces et éradication de la végétation pouvant constituer des réservoirs de virus,- sélection génétique: choix de variétés résistantes,

- utilisation des entomophages: protection des parasites et prédateurs des pucerons,

- traitements chimiques: ceux-ci complètent les précédentes mesures. La plupart des insecticides sont actifs contre les pucerons (certains, comme le carbaryl, sont sans action) mais, pour protéger les entomophages, il serait souhaitable de n'utiliser que des aphicides stricts comme le pirimicarbe (37,5 g/hl). Sinon, on choisira l'acéphate (75 g./hl), lé diméthoate (50 g/hl), l'endosulfan (60 g/hl).

Pour la protection des champs semenciers, on peut employer, en traitement du sol, uniquement sous forme de granulés en localisation, des insecticides systémiques: aldicarbe (1 kg/ha), disulfoton (1 kg/ha).

Aleurodes
Ces Homoptères sont difficiles à combattre aux différents stades larvaires. Pulvériser sous le feuillage des pyréthrinoïdes: bioresméthrine (6 g/hl)? cyperméthrine (5 g/hl), deltaméthrine (1,25 g/hl) ou de l'acéphate (75 g/hl), du diméthoate (3(3 g/hl), du priphos-méthyl (75 g/hl).

Jassides

· Jacobiasca lybica

Dès l'apparition des premiers symptômes d'une attaque, pulvériser la plante, et en particulier, le dessous des feuilles, avec de l'acéphate (75 g/hl) ou de la phosalone (60 g/hl).

Thrips (Photo n° 36)
Les labours entraînent la mort des nymphes présentes dans le sol. Irrigation et arrosage réduisent le niveau des populations. On peut également diminuer les risques de dégâts important en semant plus tôt, en modifiant la densité de plantation ou en faisant choix (surtout pour les oignons) de variétés peu sensibles, sinon résistantes. Si ces mesures se montrent insuffisantes, on aura recours à la lutte chimique. Celle-ci prévoit de pulvériser les deux faces des feuilles, dès que l'on dénombrera plus de cinq adultes par feuille, avec du diazinon (30 g/hl), de l'endosulfan (200 g/hl) ou du diméthoate (75 g/hl). Ajouter un mouillant pour le traitement des oignons.

Acariens
Pour combattre les Acariens, seule la lutte chimique est à envisager.

Pour cela, on prendra en considération les données suivantes:

– ces ravageurs sont minuscules et leurs colonies se tiennent à la face inférieure des feuilles à l'abri de toiles qu'ils sécrètent;

– leur rythme de reproduction étant extrêmement rapide, il est impératif d'intervenir dès que leur présence est décelée;

– il ne faut surtout pas utiliser n'importe quel insecticide (un toxique à action de contact ne pouvant que favoriser leur pullulation) mais, de préférence des produits spécifiques, les acaricides, ou, à défaut, des spécialités à action systémique. Ces produits seront exclusivement appliqués en pulvérisations. On choisira donc entre l'azocyclotin (30 g/hl), le benzoximate (50 g/hl), le cyhexatin (30 g/hl), le dicofol (50 g/hl), le tetrasul (40 g/hl) ou le fenizon (50 g/hl). Les divers acaricides ne sont pas tous actifs à la fois sur les œufs, les larves et les adultes, ainsi, le tetrasul est sans action sur les adultes mais stérilise les femelles. Les acariens acquièrent rapidement une résistance à un type de produit, aussi vaut-il mieux changer fréquemment de produit en choisissant un acaricide d'un groupe chimique différent.

Azocyclotin et cyhexatin appartiennent au groupe des dérivés staniques.

Benzoxymate appartient au groupe des dérivés de l'acide benzhydroxamique.

Dicofol appartient au groupe des carbinols.

Fénizon et tetrasul appartiennent au groupe des sulfones et sulfonates.

Diméthoate et parathion-éthyl, bien que n'étant pas des acaricides spécifiques, peuvent occasionnellement être utilisés à la concentration de 30 g/hl.

Dans le cas des Acariens verts, on préférera le soufre, très actif et très peu toxique.

Il est tout à fait exceptionnel qu'une seule catégorie de ces ravageurs commette seule des dégâts d'une importance telle qu'un traitement insecticide se justifie économiquement. Par contre, si plusieurs d'entre elles, pucerons, punaises, forficules, mylabres, cécidomyies, etc., sont présentes ensemble, il est possible que la sommation de leurs dommages respectifs affecte notablement le rendement. Les traitements à prévoir, dans une telle éventualité utiliseront donc des toxiques suffisamment polyvalents.

Coléoptères (charançons, chrysomèles, coccinelles, cétoines, mylabres)
Pour les grosses espèces, le ramassage à la main ou au filet suffit le plus souvent. Seulement en cas de pullulation excessive, pulvériser les deux faces des feuilles avec de la deltaméthrine (1,75 g/hl), du diazinon (75 g/hl), du malathion (100 g/hl) ou de la phosalone (60 g/hl).

Mouches agromyzides
Réunir toutes les conditions susceptibles d'assurer une bonne vigueur végétative à la plante de telle sorte qu'elle puisse, le plus rapidement possible, acquérir assez de robustesse pour résister aux attaques de l'insecte. Semer précocement et, dans les régions fortement infestées, interrompre un certain temps la culture pour réduire le volume des populations.

Biner le sol après la levée et, pour combattre Ophiomyia phaseoli , butter la plante après le stade quatre feuilles pour permettre l'émission de nouvelles racines au-dessus de la partie attaquée et arrêter le développement de la larve. La récolte une fois achevée, brûler tous les résidus végétaux qui pourraient abriter des larves et des pupes. Le traitement des semences au carbofuran protège la plante pendant deux à trois semaines. Quatre pulvérisations du feuillage sont à prévoir, à une semaine d'intervalle, la première intervenant à la fin de la germination, avec du diazinon (30 g/hl) ou du fenthion (50 g/hl).

Mouches des fruits
Incinérer chaque jour les fruits attaqués avant que les larves ne se transforment en pupes. Dés l'apparition des dégâts, pulvériser du diméthoate (50 g/hl), du fenthion (50 g/hl) ou du trichlorfon (100 g/hl). On peut aussi mélanger ces toxiques à une solution mélassée ou à un hydrolysat de protéines. Renouveler le traitement dix jours plus tard si nécessaire.

Mouches des Cucurbitacées
La destruction systématique et rigoureuse, par le feu et non par enfouissement, des fruits attaqués, aussitôt que la nécrose entourant la piqûre devient apparente, est une mesure qui s'impose et qui est trop rarement pratiquée. Si le niveau des populations de mouches est habituelle ment très élevé, l'utilisation de plantes-pièges est à envisager. L'insecte ne séjourne pas en permanence dans la culture et se réfugie, pendant les heures chaudes, dans la végétation voisine. On peut donc envisager la plantation, en intercalaire, de maïs ou de haies brise-vent en bordure. Ces plantes-pièges seront établies en nombre réduit pour ne pas perdre une surface excessive de terrain et éviter une trop forte dispersion des mouches. Elles seront traitées aux heures chaudes avec des pulvérisations classiques de diméthoate (50 g/hl), de fenthion (50 g/hl), de malathion (100 g/hl) ou de trichlorfon (100 g/hl).

Plutôt que de pulvériser la culture, on recommande d'appliquer l'insecticide sous forme d'appât empoisonné. On mélange à cet effet à 10 l d'eau sucrée, 10 g d'hydrolysat de protéines auxquels on ajoute le toxique.

Ce mélange est épandu à l'aide d'un balai à paille de riz ou de branchages que l'on trempe et que l'on secoue sur la plante. L'adulte est attiré par l'hydrolysat et s'empoisonne en l'absorbant. Il n'est pas nécessaire de traiter toute la superficie du champ, mais seulement les bordures sur 5 à 10 m de large si le champ a de 50 à 100 m de côté ou par des bandes alternées, un rang sur deux, pour les parcelles de faible surface. Le premier traitement est a effectuer juste avant l'apparition des premières fleurs et doit se poursuivre jusqu'à ce que les derniers fruits aient atteint une taille suffisante pour ne plus être réceptifs (environ 8 cm de diamètre pour les melons).

Economisez votre argent: respectez les doses prescrites.

Lexique

Abdomen: Partie postérieure du corps d'un insecte.

Action insecticide : Faculté que possède une substance ou une préparation de provoquer une mortalité au sein d'une population d'insectes.

Adjuvant: Substance dépourvue d'activité biologique, mais capable d'améliorer les qualités physico-chimiques d'une préparation.

Adventices: Mauvaises herbes.

Allergie: Sensibilité à une substance.

Antennes: Appendices articulés situés en avant de la tête et ayant un rôle de perception.

Apode: Sans pattes.

Appât: Aliment destiné à attirer un animal en un lieu déterminé et à le tuer lorsqu'il est empoisonné.

Aptère: Sans ailes.

Asticot: Larve de Diptères.

Attractif: Substance dont l'addition à un appât ou à un pesticide incite l'animal à se diriger de préférence vers cet appât ou ce pesticide.

Bouillie: Liquide prêt à l'emploi pour pulvérisation, arrosage ou trempage et dans lequel sont dispersés le ou les produits agropharmaceutiques à appliquer.

Carence: Absence ou insuffisance dans l'alimentation d'une plante de certains éléments nécessaires à son développement.

Chenille: Larve de Lépidoptères.

Chrysalide: Pupe de Lépidoptères. (Quelquefois enclose dans un «cocon»).

Classe: Division zoologique, elle-même divisée en «Ordres».

Concentration: Masse de matière active ou de préparation contenue dans l'unité de volume de bouillie à épandre. (Ne pas confondre avec «dose»).

Déchaumage: Enfouissement à l'aide d'une charrue des «chaumes» ou pailles de céréales restant en terre après la moisson.

Densité: Nombre de plants à l'unité de surface.

Déprédateur: Organisme qui commet des dégâts sur une plante ou sur des denrées, le plus souvent dans le but de se nourrir.

Diapause: Période de la vie de l'insecte durant laquelle cesse tout développement jusqu'au retour de conditions favorables.

Dose: Quantité de matière active ou de préparation appliquée par unité de matériel traité, unité se rapportant à une longueur (mètre), une surface (mètre carré ou hectare), un volume (mètre cube, litre, hectolitre), ou une masse (kilogramme, quintal, tonne).

Eclosion: Naissance de la larve.

Elytres: Etuis cornés remplaçant la paire d'ailes antérieures chez les Coléoptères.

Emergence: Naissance de l'adulte. (A partir de la pupe).

Emulsion: Système hétérogène constitué par la dispersion de fins globules d'un liquide dans un autre liquide formant une phase continue.

Emulsion concentrée : Préparation commerciale sous forme d'émulsion qui doit être diluée au moment de l'emploi dans un liquide dispersant.

Endémique: Caractérise un fléau qui règne en permanence dans un pays.

Entomofaune: Ensemble des différentes espèces d'insectes présents en un lieu donné.

Epiaison: Stade de développement du riz au cours duquel la panicule émerge de la gaine foliaire.

Epillet: Fleur de graminée. (Chaque épillet donne un grain).

Eradication: Action d'extirper, d'arracher.

Façons superficielles : Travail du sol dont la profondeur demeure inférieure à 10 cm.

Fémur: Troisième article des pattes d'un insecte.

Fongicide: Pesticide destiné à détruire les champignons sur les plantes.

Fumagine: Champignon de couleur se développant sur le miellat.

Fumigant: Produit agropharmaceutique volatil capable de diffuser, essentiellement sous forme de gaz, de vapeur ou de fumée et d'agir à distance de son point d'application.

Glumes: Paire de feuilles qui enveloppe l'épillet d'une graminée.

Glumelles: Enveloppes de la fleur d'une graminée.

Hémélytre: Aile antérieure des Hétéroptères avec une partie basale épaissie et une partie distale membraneuse.

Incubation: Durée du stade œuf. (Sépare la ponte de l'éclosion).

Initiation paniculaire : Stade végétatif du riz durant lequel débute la formation des panicules. (Précède la «montaison»).

Jachère: Etat d'une terre qu'on laisse temporairement reposer sans la cultiver.

Larve: Etat de l'insecte compris entre l'éclosion et la nymphose.

Lutte: Ensemble de mesures et de techniques destinées à combattre un déprédateur.

Mandibules: Partie antérieure des pièces buccales d'un insecte; elles ont un rôle broyeur.

Matière active : Constituant d'une préparation auquel est attribué en tout, ou en partie, son efficacité.

Maturation: Phase de développement d'une plante précédant immédiatement le terme de celui-ci, et durant laquelle, chez les céréales, les grains se remplissent.

Métabolisme: Ensemble de transformations subies par un être vivant, par l'assimilation et la désassimilation des substances qui le constituent.

Métamorphoses: Modifications visibles dans la forme et l'apparence entre la naissance et la maturité d'un insecte. Elles sont provoquées par une hormone et s'accompagnent de changements biologiques considérables au cours desquels les tissus de l'adulte se substituent progressivement à ceux de la larve.

Miellat: Substance sucrée, excrétée par les cochenilles et les pucerons sur laquelle se développe la fumagine et qui attire les fourmis.

Montaison: Phase de développement du riz comprise entre l'initiation des panicules et l'épiaison.

Mouillant: Adjuvant dont la présence améliore l'état d'une préparation sur une surface traitée.

Mue: Phénomène hormonal séparant deux stades larvaires consécutifs. (La dernière mue précède la nymphose).

Nymphe: Etat de l'insecte compris entre le dernier stade larvaire et l'adulte. (Prend fin par l'émergence de l'adulte).

Nymphose: Transformation de la larve en nymphe. Durée du stade nymphal.

Panicule: Ensemble des épillets portés par une tige.

Parasite: Organisme se développant et se nourrissant aux dépens d'un être vivant sans le tuer immédiatement.

Persistance d'activité : Synonyme de «Rémanence».

Pesticide: Substance ou préparation permettant de lutter contre les ennemis des cultures ou des produits récoltés.

Phytotoxique: Qualifie une substance ou une préparation capable d'occasionner aux végétaux des altérations passagères ou durables.

Polyphage: Qui consomme plusieurs sortes d'aliments appartenant au même règne.

Prédateur: Animal se nourrissant d'un autre appelé «proie». (Ne pas confondre avec «déprédateur»).

Préparation: Produit prêt à l'emploi, contenant une ou plusieurs matières actives et généralement d'autres substances.

Pronotum: Partie dorsale du prothorax.

Prothorax: Partie antérieure du thorax.

Pubescence: Ensemble de poils fins et courts.

Pupaison: Transformation de la larve en pupe.

Pupe: Etat de l'insecte séparant le dernier stade larvaire de l'adulte. (Terme surtout employé pour les Diptères).

Ravageurs: Animaux nuisibles aux cultures.

Rémanence: Persistance d'une action. (Action toxique pour un pesticide).

Rostre: Partie antérieure allongée de la tête chez les charançons.

Sélectif: Qualifie un produit agropharmaceutique qui, utilisé dans des conditions d'emploi définies, permet de lutter contre les ravageurs en épargnant les organismes utiles.

Soies: Fines excroissances de la peau ressemblant à des cheveux.

Stades: Périodes caractérisant les différentes phases de la vie d'un insecte. (On parle également de «stades larvaires» pour désigner l'âge de la larve).

Synergie: Action conjuguée de deux ou plusieurs produits qui, associés, provoquent un effet supérieur à celui qui résulterait de l'addition des propriétés de chacun des produits pris séparément.

Stigmates: Orifices respiratoires des insectes.

Tallage: Phase de croissance d'une céréale durant laquelle elle émet des tiges secondaires, à la base de la tige principale, appelées «talles».

Tarses: Nom des différents segments d'une patte d'Arthropode, donc d'insecte.

Teneur: Quantité de matière active contenue dans une unité de masse ou de volume d'une préparation.

Thorax: Partie du corps d'un insecte portant les trois paires de pattes et la paire d'ailes et séparant la tête de l'abdomen.

Tibia: Partie de la patte d'un insecte faisant suite au fémur.

Traitement: Opération consistant à appliquer ou à mettre en œuvre un ou plusieurs agents physiques, chimiques ou biologiques en vue de protéger ou d'améliorer la production agricole.

Ouvrages de vulgarisation

Cultures vivrières et maraîchères

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CET OUVRAGE A ÉTÉ

ACHEVÉ D'IMPRIMER

EN OCTOBRE 1991

SUR LES PRESSES

DE L'IMPRIMERIE

LIENHART & C ie A

AUBENAS D'ARDÈCHE

N° 3486. Imprimé en France

DÉPÔT LÉGAL: OCTOBRE 1988

AGENCE DE COOPERATION CULTURELLE ET TECHNIQUE

L'Agence de Coopération Culturelle et Technique, organisation intergouvernementale créée par le Traite de Niamey en mars 1970, rassemble des pays liés par l'usage commun de la langue française à des fins de coopération dans les domaines de l'éducation, de la culture, des sciences et de la technologie, et plus généralement, dans tout ce qui concourt au développement de ses Etats membres et au rapprochement des peuples.

Les activités de l'Agence dans les domaines de la coopération scientifique et technique au service du développement sont orientées essentiellement vers l'élaboration, la diffusion et l'échange de l'information scientifique et technique, l'inventaire et la valorisation des ressources naturelles, et la promotion socio-économique des jeunes et des communautés rurales.

Pays membres: Belgique - Bénin - Burundi - Canada - République Centrafricaine Comores - Congo - Côte d'ivoire - Djibouti - Dominique - France - Gabon - Guinée Haïti - Haute-Volta - Liban - Luxembourg -Mali - Ile Maurice - Monaco - Niger Rwanda - Sénégal - Seychelles -Tchad - Togo - Tunisie - Vanuatu - Vietnam - Zaïre.

Etats associés: Cameroun - Egypte - Guinée-Bissau - Laos - Maroc -Mauritanie - Sainte-Lucie.

Gouvernements participants: Canada Nouveau-Brunswick - Canada-Québec.

LE CENTRE TECHNIQUE DE COOPERATION AGRICOLE ET RURALE (C.T.A.)

Le Centre a été créé dans le cadre se la seconde Convention de Lomé liant 63 états d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et les 10 états membres de la Communauté européenne.

Il a pour objectif de rassembler, disséminer et faciliter l'échange d'information scientifique et technique dans le domaine du développement agricole et rural.

A ce titre, il réalise des études, encourage la rencontre de spécialistes et prépare des publications.

Adresse postale: Postbus 380, 6700 AJ WAGENINGEN, PAYS-BAS
Téléphone: 08380484
Ligne internationale: 31 8380 20484
Télex: 30169

ISBN: 2.7068.0972.8 et 92.9028.128.6

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