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Voir cette section du texteII. Qualité des fruits
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Voir cette section du texteX. Glossaire
Voir cette section du texteXI. Bibliographie sommaire


Les petits fruits (Maisonneuve et Larose, 1996)

par
R. KROLL

Editions Maisonneuve et Larose
15, rue Victor-Cousin
F 75005 PARIS

CTA

LE TECHNICIEN D'AGRICULTURE TROPICALE

1. Le Riz pluvial , par Michel JACQUOT et Brigitte COURTOIS.

2. Le Mais , par Guy ROUANET.

3. Le Bananier plantain , par Hugues TEZENAS DU MONTCEL.

4. Le Stockage des produits vivriers (en deux volumes), par Jean APPERT.

5. Le Cotonnier en Afrique tropicale , par Gérard SEMENT.

6. Le Manioc , par Pierre SILVESTRE,

7. Le Désherbage des cultures tropicales , par E.M. LAVABRE.

8. Insectes nuisibles aux cultures vivrières et maraîchères (en deux volumes), par Jean APPERT et Jacques DEUSE.

9. Les légumineuses vivrières tropicales , par Marc BORGET.

10. Le théier , par Denis BONHEURE.

11. Le caféier , par H.R. CAMBRONY.

12. L'écrevisse rouge des marais , par Jacques C.V. ARRIGNON, Jay V. HUNER et Pierre J. LAURENT.

13. Aménagements villageois et du terroir , par Gérard JOSSET.

14. Le cacaoyer , par Guy MOSSU.

15. Les plantes tropicales à épices , par M. BORGET.

16. Les crustacés tropicaux d'élevage , par J. ARRIGNON, J.M. GRIESSINGER, D. LACROIX, P. GONDOUIN et M. AUTRAND.

17. La canne à sucre , par R. FAUCONNIER.

18. Le sorgho , par J. CHANTEREAU et R. NICOU.

19. L'élevage de la volaille , par A.J. SMITH (deux volumes).

20. Manuel pratique de vulgarisation agricole , par M. MORIZE (deux volumes).

21. Ravageurs des cultures tropicales , par E.M. LAVABRE.

22. Culture des fleurs à couper , par R. KROLL.

23. Le mouton , par R.M. GATENBY (deux volumes).

24. Le lapin , par D. FIELDING.

25. Le cocotier , par G. DE TAFFIN.

26. Pisciculture en eau douce: le Tilapia , par J. ARRIGNON.

27. L'avocatier, par J.P. GAILLARD et J. GODEFROY.

28. Le porc , par D.H. HOLNES.

29. Les cultures maraîchères , par R. KROLL.

30. L'igname, par L. DEGRAS.

31. Conditionnement et commercialisation des cuirs et peaux bruts tropicaux , par A.H. ROBINET.

32. L'hévéa, par M.A. DELABARRE et J.B. SERIER.

33. Le palmier à huile , par J.C. JACQUEMARD.

34. L'alimentation des ruminants , par J. CHESWORTH.

35. Les petits fruits , par R. KROLL.

36. La production laitière , par R.W. MATTHEWMAN.

37. L'arachide, par R. SCHILLING.

LE TECHNICIEN D'AGRICULTURE TROPICALE

Collection couronnée par l'Académie
d'Agriculture de France et dirigée par
René COSTE
Membre de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer
Ingénieur général d'agronomie (H.)

L'édition de cet ouvrage a bénéficié d'un soutien de l'Agence de la Francophonie.

Les noms de lieux ou de personnes et leur orthographe les limites territoriales les jugements de valeurs sur les hommes et les faits, les idées et opinions exprimés dans cet ouvrage n'engagent que son auteur et ne sauraient être considérés comme reflétant un point de vue ou une position officielle de l'Agence de la Francophonie.

© Maisonneuve et Larose - 1996
ISBN: 2-7068- 1226.5
ISSN: 0298.3540

La loi du 11 mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part, que les «copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective» et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, «toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite» (alinéa 1 er l'article 40).

Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal.

I. Introduction

Cet ouvrage se propose de mieux faire connaître des fruits tropicaux encore peu vulgarisés (corrosol, goyave, papaye, etc.), dont la culture pourrait être développée et, pour certains, la production exportée. Il a aussi pour objet d'instruire les populations africaines sur des fruits répandus aux Indes, en Malaisie ou ailleurs, qui pourraient être cultivés dans leur pays pour y diversifier les ressources fruitières, voire aussi pour l'exportation.

Il n'est pas dans l'intention de l'auteur de détailler les techniques culturales de certaines espèces (agrumes, avocatier, bananier, dattier, etc.) ayant déjà fait l'objet de publications dans la collection «Techniques agricoles et productions tropicales». Son ambition se limite à faire part au lecteur de ses connaissances et de son expérience sur nombre de fruits encore peu connus du grand public mais qui, par leurs qualités, méritent cependant d'occuper une place, certes modeste, au côté des fruits de grande consommation: bananes, agrumes, avocats, etc.

Les statistiques succinctes ci-après (XI) attestent de l'importance du commerce auquel donne lieu quelques-uns de ces fruits.

Il y a peu de temps les fruits tropicaux étaient pratiquement inconnus dans les pays tempérés; absence de transports rapides et ignorance des techniques de conservation et d'entreposage des fruits frais. Cette situation a depuis, beaucoup évolué. Dans certains pays il existe maintenant de véritables industries du fruit: ananas à Hawaii et Côte d'Ivoire, citrus aux États-Unis et au Brésil, etc. On dispose aujourd'hui pour conserver les fruits de locaux à atmosphère contrôlée (O et CO 2) et ventilée. Ces mêmes locaux sont aussi généralement équipés pour traiter les stocks par le froid. Grâce enfin aux avions-cargo il est parfaitement possible actuellement de consommer des fruits tropicaux 72 h seulement après leur récolte.

La majorité des cultures fruitières est encore l'apanage de l'agriculture dite «de case» et du petit verger familial. Ceux-ci fournissent à la population les ressources alimentaires essentielles: bananier-plantain, manioc, arachides, etc. C'est la raison pour laquelle le présent ouvrage s'adresse tout particulièrement aux populations rurales, dont les conditions d'existence peuvent s'en trouver sensiblement améliorées.

Souhaitons enfin, pour atteindre cet objectif, que l'enseignement fruitier dans les écoles d'agriculture soit, en conséquence, largement développé.

II. Qualité des fruits

En Europe, ainsi qu'aux USA, on déplore une perte évidente de saveur (sapidité) des fruits, des fruits européens en particulier. Les consommateurs le constatent, mais sans réaction. A cela plusieurs raisons:

La rentabilité

Les sélectionneurs se sont intéressés à une petite demi-douzaine de fruits: pommes, poires, raisins, pêches, prunes, etc., en fonction des rendements immédiats. C'est ainsi que l'on a assisté à la disparition lente, mais constante, d'un grand nombre de variétés intéressantes, mais peu productives.

Le commerce

Le commerce des fruits est de plus en plus le domaine des grandes firmes qui exigent une belle présentation. Il faut donc que les fruits aient bel aspect, calibre satisfaisant, couleur agréable, etc. Ils doivent aussi résister à de longs transports, supporter des manipulations parfois brutales. On sélectionnera donc des fruits à peau et chair fermes, cela presque toujours au détriment du goût, qui lui, sera uniformisé.

Les saisons

Les saisons n'interviennent plus dans la commercialisation. Les fraises, par exemple, provenant de serres, sont en vente à partir de février jusqu'en juillet; elles ont peu d'arôme. Les pommes et poires récoltées en septembre-octobre sont conservées pendant de longs mois en atmosphère contrôlée, où la composition même de l'air a été modifiée. Ainsi peut-on vendre ces fruits, qui n'ont pas mûris au soleil, toute l'année.

Conclusions

Cette situation offre des avantages pour les pays africains exportateurs.

a) Exportations en contre-saison (hiver et début du printemps en Europe).

b) Possibilité de commercialiser des fruits cueillis à un stade plus avancé de maturité. Ce qui d'ailleurs se pratique pour les fleurs coupées l'est aussi possible pour les fruits mûrs: ce n'est qu'une question d'organisation. Il ne faut pas oublier qu'on reproche souvent en Europe à ces fruits exotiques: bananes, mangues, avocats, etc., une consistance trop ferme, leur verdeur; leur maturité incomplète les prive plus ou moins de leurs qualités gustatives. Le consommateur est déçu, la clientèle se détourne...

Il reste, évidemment, et c'est l'essentiel, à convaincre les exportateurs.

III. Climat et sols

1 - Le climat

Le climat d'une région est la résultante de divers phénomènes: la température, la pression atmosphérique, la pression barométrique, les vents, l'humidité de l'air, la nébulosité et les pluies.

L'Afrique est le plus tropical des continents, l'équateur le traversant à peu près en son centre et ses limites se situant à 37° N. et 35° S. La plus grande partie de l'Afrique se trouve entre les deux tropiques.

De part et d'autre de l'équateur et sur une étendue de 10 à 12° de latitude, on observe le climat équatorial caractérisé par une chaleur et une humidité élevées. Absence de saison sèche, mais deux saisons des pluies. Au Nord et au Sud le climat tropical est caractérisé par deux saisons sèches et deux saisons des pluies. Plus on se rapproche des tropiques, plus la durée de la saison des pluies diminue; au tropique même, il n'y a qu'une courte saison des pluies et une très longue saison sèche. Plus au Nord encore et au Sud les climats sont pré-désertiques et désertiques (Sahara et Kalahari).

La terre au cours de sa révolution autour du soleil effectue une oscillation apparente annuelle de part et d'autre de l'équateur, laquelle conditionne le système climatique. Le centre de la zone pluvieuse, chaude et humide, passe par l'équateur deux fois par an aux équinoxes et atteint les tropiques Nord et Sud une fois par an aux solstices. Le régime des pluies est intimement lié à ces mouvements.

1.1 - Températures

En régions tempérées, les variations de températures au cours de l'année sont très importantes; elles constituent le facteur essentiel différenciant les saisons. L'écart entre le maximum et le minimum est de l'ordre de 40 à 50°C.

En climat tropical, les variations saisonnières sont déterminées non par la température qui, élevée toute l'année, accuse une grande uniformité, mais par le régime des pluies.

Les températures maxima et minima suffisent à exclure de certaines zones climatiques nombre de végétaux. C'est ainsi que les plantes à bourgeons non protégés se trouvent dans les zones équatoriales et celles à bourgeons protégés sont cantonnées dans les zones à fort écart de températures.

1.2 - Pluies

En zone équatoriale, la chaleur et l'humidité sont remarquablement élevées (24 à 26°C en moyenne annuelle). Il faut distinguer en Afrique quatre types de climats en relation avec les pluies:

a. Équatorial caractérisé par des pluies annuelles de l'ordre de 1500 à 3000 mm;
b. Tropical soudanien avec deux maxima de pluies;
c. Tropical sénégalien avec un seul maximum de pluviosité;
d. Guinéen caractérisé par des pluies très abondantes de 3 à 4000 mm.

Le facteur pluies a donc une très grande importance, car en cas d'insuffisance, il implique souvent le recours à l'irrigation. Il conditionne aussi la date des semis ou des plantations.

1.3 - L'insolation

L'insolation est beaucoup moins forte en saison pluvieuse qu'en saison sèche. Sous les tropiques, l'intensité lumineuse est très élevée, même par temps couvert. La transparence de l'air est nettement plus élevée en saison des pluies.

Le nombre d'heures de lumière diurne est à peu près constant à l'équateur (12 heures) et augmente en direction des tropiques suivant les saisons, sans être très important (13 h 30 au tropique du Cancer, 16 h au centre de la France en été).

L'interaction entre ces trois éléments: la température, l'insolation et la pluviosité, est évidente.

Le photopériodisme est le phénomène d'alternance des périodes lumineuses et obscures. Certaines espèces y sont particulièrement sensibles. Il existe en effet des plantes dites de «jours courts» et d'autres de «jours longs»; certaines n'y sont pas sensibles.

En zone tropicale, les différences de température (thermopériodisme) diurne et nocturne sont peu importantes, plus particulièrement en saison sèche. Il existe pourtant certaines limites car, par exemple, la germination exige un minimum et un maximum, à savoir de 15 à 40°C. La croissance et la fructification demandent 20 à 25°C optimum pour la photosynthèse; au-delà de 45 à 50°C, c'est la siccité.

1.4 - Altitude

Dans les régions de hauts plateaux et de montagnes, on constate un autre type de climat. En effet, l'accroissement de l'altitude provoque une diminution de la température de 1°C environ par 180 m soit 7°C à 1200 m. La chaleur est donc relativement modérée, les nuits fraîches, avec parfois risque de gel, des pluies peu nombreuses, mais bien réparties dans l'année (Kenya-Rwanda). Cela permet des cultures qui ne sont pas envisageables en zones équatoriales basses et humides (légumes et fruits d'Europe).

Au pied des montagnes et jusqu'à 1500 m, les températures moyennes varient de 30 à 20°C; à 2000 m elles sont de l'ordre de 20 à 14°C et en haute montagne 14 à 7°C, avec gelées possibles la nuit.

Le relief dans les régions montagneuses exerce une influence sur le régime des pluies en s'opposant au déplacement de l'air humide, provoquant ainsi des pluies abondantes. L'exposition a une grande importance pour l'insolation, la chaleur et l'humidité. Cette insolation diminue d'un quart avec 2 à 5° de déclivité du versant nord et près de la moitié avec 6° et plus en comparaison du versant sud.

1.5 - Hygrométrie

L'humidité relative ou hygrométrique est le rapport entre la pression de vapeur d'eau dans l'air et la pression de la vapeur saturante, c'est-à-dire la quantité maximale de vapeur d'eau à une température donnée que peut contenir l'air ambiant.

Cette humidité relative est étroitement liée à la pluviosité et à la température. C'est ainsi que l'on observe en août dans l'hémisphère au nord de l'équateur:

- 70 à 90% d'humidité relative en zone forestière humide;
- 50 à 90% d'humidité relative en zone tropicale;
- 30 à 90% d'humidité relative en zone aride;
- 20 à 40% d'humidité relative en zone très aride.

Au point de vue météorologique, la vapeur d'eau contenue dans l'air a une grande importance. En effet:

1. L'air humide s'échauffe plus vite que l'air sec, car il a un pouvoir absorbant plus grand que ce dernier.

2. De grandes variations de température sont indues avec la formation et la condensation de la vapeur d'eau.

3. A égalité de température, plus l'air est sec et plus le dessèchement du sol est rapide, plus active est aussi la transpiration des plantes.

4. Par sa condensation, la vapeur d'eau est à l'origine des nuages, des brouillards, des pluies et rosées.

Cette humidité relative est importante aux premières heures du jour, plus faible vers 15 h. L'atmosphère en zone équatoriale, si elle est très humide pour l'homme, est au contraire assez sèche pour la végétation. Les vrais inconvénients d'un taux d'humidité relative élevée sont:

- le développement des maladies cryptogamiques;
- la pollinisation plus difficile;
- l'inadaptation fonctionnelle de certaines espèces végétales.

1.6 - Température du sol

Celle-ci est généralement un peu plus élevée que celle de la couche d'air sus-jacente. En région de basse altitude et humide, on a observé:


A 10 cm de profondeur

A 50 cm de profondeur

Sol nu

Maximum 40°C

Maximum 27°C

Sol couvert

Maximum 25°C

Maximum 25°C

Sol sous forêt

Maximum 23°C

-

La température du sol décroît donc avec la nébulosité, la couverture du sol ou le couvert forestier, la profondeur.

La température relativement élevée de l'air et du sol, jointe à l'humidité relative, favorise le développement des végétaux supérieurs, mais également des micro-organismes.

On ne saurait trop insister sur la nécessité de la couverture du sol (morte ou vivante), dont le rôle est:

1. la protection contre les brusques variations de température du sol et des radiations solaires bactéricides;

2. d'éviter le dessèchement du sol par excès d'évaporation directe;

3. d'enrayer l'action mécanique des pluies, le tassement du sol et de freiner le ruissellement;

4. de favoriser la formation de l'humus.

1.7 - Climat pré- et sahélien

Le passage du climat équatorial au climat désertique a lieu par transitions successives: la somme des pluies diminue progressivement. Cela est d'ailleurs fidèlement répercuté par la végétation qui varie de l'exubérance de la forêt équatoriale jusqu'à la pauvreté végétale des déserts, en passant par la savane boisée, puis buissonnante et, enfin, herbacée.

La formation climatique peut se résumer comme suit:

a. Forêts ombrophiles ou pluviisilvae

Elles sont caractérisées par diverses strates dont la plus haute peut atteindre 50 m. On y voit des arbres à contreforts, des lianes, des épiphytes, un sous-bois peu développé.

b. Forêts de savanes ou hiemisilvae

Elles sont en général claires, constituées d'arbres peu élevés, peu de sous-bois, pas de lianes et épiphytes.

c. Savanes

Elles sont principalement constituées de graminées, d'arbustes et d'arbres isolés. Le sol est généralement pauvre. Les arbres et arbustes perdent leurs feuilles en période sèche.

d. Pré-sahélien

Il s'agit de savanes herbeuses, parfois arbustive, mais avec de grandes étendues de sol nu. Présence de nombreux acacias épineux, en parasol.

2 - Les sols

Sous les tropiques, les types de sol les plus répandus sont les sols latérisés et les vertisols.

A côté de leurs composants minéraux, qui reflètent la composition de la roche dont ils proviennent, les sols renferment une certaine dose de matière organique ou humus. Cet humus est peuplé de micro-organismes très variés, d'algues, de moisissures et de bactéries qui jouent un rôle important dans la transformation de la matière végétale et qui, pour la plupart, ont une influence capitale sur leur fertilité.

Les altérations du sol en régions tropicales sont le résultat de phénomènes analogues à ceux constatés en régions tempérées, mais en région tropicale, ces phénomènes sont beaucoup plus rapides et intenses et se manifestent à des profondeurs plus grandes. En cause: la température et les pluies.

Les hydroxydes ferriques limoniteux sont partiellement ou parfois totalement déshydratés et forment des anhydrides partiels, intermédiaires entre la limonite et l'oxyde ferrique; leurs teintes passant du brun-jaunâtre au rouge vif.

Au cours de cette action les alcalis, la chaux et la magnésie ainsi que la silice provenant de la roche, sont éliminés. Il ne reste que de l'hydrate d'alumine, de l'oxyde ferrique et des hydroxydes ferriques, ceci au stade final qui est la latérite. Il est évident que ce type de sol est impropre à toute végétation. Aux sols latéritiques qui sont chimiquement pauvres et qui retiennent peu d'engrais, correspond un couvert végétal pauvre qui se dégrade rapidement avec perte d'humus et latérisation.

Afin d'éviter ces phénomènes, il n'y a qu'une réponse, la couverture du sol: recru forestier (jachère), apport de compost (humus), de paillis ou par une couverture verte importante (légumineuses de préférence).

Les vertisols sont rencontrés en Afrique tropicale. Ils sont de teinte noire, pauvres en humus et généralement basiques. Ces sols sont difficiles à cultiver car ils gonflent comme une éponge en saison des pluies, puis forment une plaque dure et crevassée en saison sèche. L'irrigation peut apporter une solution. On observe ces sols au Togo, au Mali, au Sénégal.

Dès que le sol est dépourvu de son manteau végétal et qu'il a subi les premières dégradations de la saison sèche, il est soumis, sans protection, au ruissellement des violentes averses du début de la saison des pluies. C'est l'érosion avec ses conséquences néfastes qui s'intensifie lorsque la déclivité des terrains est accusée. Les seuls remèdes sont: adoption d'une rotation courte, favorisant la végétation arbustive et la couverture du sol.

IV. Situation et types d'entreprises

En culture dite de «case», on ne saurait trop insister pour que les habitants plantent des arbres fruitiers. Ceux que l'on observe le plus souvent sont des bananiers, manguiers, papayers, agrumes, accompagnés d'ananas, pastèques, etc. Ces petites cultures peuvent être florissantes si on leur apporte des ordures végétales ménagères (compost) que l'on aura soin d'enfouir. Les résultats peuvent être remarquables et les frais nuls.

Le verger est généralement situé hors de la zone urbaine. Il procurera la nourriture de la famille ou même du clan, mais également des produits vendus sur le marché local. La disponibilité de main-d'œuvre locale ne doit pas être oubliée. La culture reste traditionnelle avec peu ou pas d'engrais, manuelle ou avec la traction animale.

Plus évoluées sont les entreprises moyennes créées sous forme de paysannat ou en collaboration avec de grandes entreprises auxquelles le petit producteur pourra livrer ses récoltes. L'irrigation est souvent de mise suivant les disponibilités locales en eau (rivières, puits, barrage).

Le terrain sera choisi de préférence plat ou avec une pente de 1 à 2% maximum, afin d'éviter les cultures en terrasses, toujours onéreuses. Les antécédents de ce terrain sont importants: il est en effet préférable de choisir une forêt secondaire non incinérée, une savane arborée ou même les emplacements d'anciennes cultures maraîchères.

Le terrain sera clôturé par une ligne d'arbres brise-vent disposée perpendiculairement aux vents dominants. Ceux-ci seront choisis pour leur ample couronne, leur feuillage persistant et leur aptitude à se régénérer spontanément. Ceux qui conviennent le mieux sont: Acacia, Cassia, Casuarina, Eucalyptus, bien entendu suivant les régions climatiques.

V. Quelques notions culturales

1 - Multiplication des plantes

Le mode de multiplication le plus naturel est le semis, mais il est souvent intéressant d'utiliser d'autres méthodes qui permettent un gain de temps et une reproduction plus fidèle.

1.1 - Le semis

Ce mode de multiplication le plus courant consiste à mettre en terre des graines mûres et bien vivantes mais il présente un inconvénient, celui de ne pas assurer la transmission fidèle des caractères variétaux. Il faut compter sur la variabilité naturelle des plantes et sur les hybridations toujours possibles (avocatier par exemple). Les éléments nécessaires à une bonne germination sont: fraîcheur de la graine, température satisfaisante, humidité de la terre, (terrain léger) de l'air.

Les semis peuvent se pratiquer:

a - En place

Assez rarement, car de nombreuses essences ont besoin de soins lors de la germination et de leur jeune âge car les risques de fortes pluies, de déprédations d'animaux, de croissance irrégulière, sont importants,

b - En pépinière

Convient pour les plants exigeant un repiquage. Ce semis permet une sélection aisée des sujets malingres, difformes: il est pratiqué pour la culture des porte-greffes. On sèmera de préférence en lignes pour faciliter l'entretien. La pépinière sera composée de planches régulièrement espacées, permettant aussi l'évacuation de l'excès d'eau. Elles peuvent être disposées en billons dans les terrains trop humides. On peut aussi semer directement en paniers ou en sacs polyester.

1.2 - Le bouturage

La bouture est la partie de végétal qui, enracinée, permet d'obtenir un individu exactement semblable au plant-mère. Ce procédé a pourtant un inconvénient, sa répétition excessive peut provoquer l'apparition de signes de dégénérescence. On peut activer l'enracinement par des hormones rhizogènes en vente dans le commerce.

1.3 - Le greffage

Le greffage est un mode de multiplication qui consiste à souder une portion de végétal, le greffon à un autre végétal le sujet, qui deviendra son support et lui fournira une partie des éléments nécessaires à son développement. Le greffon et le sujet doivent avoir certaines affinités, appartenir à la même espèce, au même genre ou ordre et présenter plus ou moins la même vigueur. Le greffage permet entr'autres avantages d'introduire des variétés étrangères greffées sur des sujets locaux plus tolérants aux maladies, plus productifs. Par cette méthode, il est même possible d'obtenir un plant à fleurs mâles et femelles séparées mais provenant d'un sujet dioïque. Différentes méthodes de greffage sont employées en arboriculture.

a - En écusson

C'est la greffe la plus facile et la plus rapide. Le greffon est prélevé sur un rameau de l'année. A l'endroit où l'on désire greffer, on pratique une incision en T et on soulève l'écorce des deux côtés de l'incision. Le rameau à greffer est débarrassé de ses feuilles à l'endroit à greffer. Si l'écusson comprend un peu de bois, on éliminera celui-ci sans évider l'œil. Ainsi préparé, l'écusson est introduit dans l'incision faite sur le sujet, puis ligaturé à l'aide de raphia ou bande de coton, l'œil restant dégagé. La reprise a lieu généralement après 10 jours... Dès que l'œil tend à se développer, on coupera la tige quelques centimètres plus haut et on enduira la plaie de goudron végétal ou de tout autre produit commercial.


Greffe en écusson

1. Délimitation de l'écusson.
2. Ecusson prêt à l'emploi.
3. Sujet préparé.
4. Ecusson en place définitive.


Greffe en fente

1. Taille d'un scion.
2. Séparation du greffon.
3-4. Préparation du sujet.
5. Greffe terminée.
1-7. Greffe en fente double.

La greffe en écusson se pratique le plus couramment pour les agrumes (en anglais: T budding). Il existe plusieurs variantes à ce genre de greffe:

- Pastillage (bud grafting).

La pastille rectangulaire est placée sur une ouverture de même dimension.

- Flute (flute budding).

Opération plus ou moins similaire.

- Annulaire (annular budding).

b - En fente (whip grafting)

La greffe en fente peut se pratiquer «de côté» ou «en tête». Cette méthode consiste à couper la base de la tige à greffer en forme de biseau et à l'introduire dans une fente de même dimension réalisée sur le sujet. Le tout est ligaturé et mastiqué.

c - En approche (grafting by approach)

Appelée également «siamoise». Une plaie est faite sur le tronc du sujet et de même sur une branche de l'arbre que l'on désire reproduire. Ligature et masticage. Cette greffe est pratiquée pour le manguier.

Les conditions de réussite sont les suivantes:

- Le greffon sera choisi sur un arbre sain, donc vierge de toutes maladies ou carences visibles.

- Le porte-greffe doit être sain et vigoureux.

- On greffe de préférence en saison des pluies lorsque le sol de la pépinière est bien pourvu d'eau.

- On opèrera sur des sujets bien en sève.

- Les yeux (écussons) seront choisis «dormant».

- On conseille de doubler le nombre de greffes que l'on désire planter.

- Disposer d'un bon greffeur.

- Pendant l'opération, le greffeur veillera à ne jamais mettre le doigt sur la surface interne de l'écusson (pouriture de cambium).

Un bon greffeur parvient à réaliser 2 à 3000 greffes par jour (en fente).

1.4 - Le marcottage

Cette méthode est employée pour le goyavier. Ce n'est qu'un bouturage spécialisé, consistant à enterrer un rameau qui s'enracinera.

1.5 - Reproduction in vitro

Ce nouveau mode de reproduction est commercialisé pour nombre de plantes.

Il existe, dans plusieurs pays, des laboratoires industriels de multiplication des végétaux par voie génétique ( in vitro ). De tels laboratoires sont parfaitement aptes à fournir des variétés nouvelles, plus productives, d'un comportement meilleur vis-à-vis des conditions écologiques et susceptibles d'accuser une résistance presque totale aux maladies virales.

L'utilisation des insecticides et fongicides, coûteuse et parfois dangereuse, est considérablement réduite par l'emploi de ce matériel génétique.

Devant la complexité du procédé, les investissements importants, la présence d'un personnel hautement qualifié, le strict suivi de l'entreprise, il semble plus rentable que la reproduction in vitro soit pratiquée dans les laboratoires spécialisés. En effet, les nouvelles plantules peuvent voyager plusieurs jours sans perdre leur pouvoir de reprise. Il suffit d'avoir des pépinières de réception et de transit pour fournir le matériel aux petites entreprises. Seuls quelques responsables bien informés seraient nécessaires sur place pour la réception. L'horticulteur intervient pour l'acclimatation en milieu naturel. Les plantules sont triées puis repiquées et trois mois plus tard, empotées ou mises en culture sous abri provisoire.

Sans entrer dans le détail de la biologie végétale (voir littérature scientifique à ce sujet), il est bon d'en avoir un aperçu.

La multiplication par voie végétative de culture de tissus mérismatiques (méristème: tissu végétatif formé de cellules non différenciées) repose sur l'utilisation de cellules apicales ou non différenciées pour recréer des individus strictement semblables. Ces cellules élevées dans des conditions très étudiées peuvent en quelques mois produire des dizaines de milliers de nouvelles plantes. Cette nouvelle population est indemne de viroses et de maladies cryptogamiques.

Le stade suivant sera l'acclimatation en milieu naturel. C'est alors l'horticulteur qui intervient. A la réception des jeunes plants, ceux-ci seront triés puis repiqués et, trois mois plus tard, empotés ou mis en culture sous abri.

Cette acclimatation peut avoir lieu également hors sol, c'est-à-dire sur un substrat totalement artificiel (laine de verre, laine de roche, perlite, etc.). Les arrosages fertilisants et normaux auront lieu comme pour la culture traditionnelle, avec contrôle sanitaire, humidité et éclairage contrôlés. Le transport est fait par palettes pouvant contenir plusieurs centaines de milliers de jeunes plants. Ceux-ci peuvent supporter une température allant de 4°C à 25°C et 4 à 5 jours sans éclairement.

A la réception, une organisation adéquate, avec notamment le concours d'un agent en douane disposant des certificats sanitaires, est nécessaire pour éviter toute perte de temps.

Les laboratoires proposent aux horticulteurs et aux pépiniéristes une gamme de plus en plus variée de plants issus de culture in vitro . Ceux-ci sont acclimatés pendant deux ou trois mois. De plus, si l'horticulteur découvre une nouvelle variété, il peut en obtenir rapidement la multiplication intensive. Si le coût de l'opération est considéré comme prohibitif, il est possible d'en réduire l'importance et de produire des pieds-mères parfaitement sains, dont on tirera les boutures.


Culture in vitro : ananas


Culture in vitro : bananiers

Une étude économique du prix de revient est indispensable, afin de déterminer l'avantage de l'une ou l'autre méthode, in vitro et semis/bouturage, en tenant compte des éléments suivants:

prix d'achat

ou

résultat des semis et greffage

transport aérien


main-d'œuvre nécessaire

état sanitaire et rapidité


dégénérescence

2 - Travaux de culture

2.1 - Choix du terrain

La production des arbres dépendra fortement de ce choix. Il faut toujours préférer un sol forestier à un sol de savane sachant que cette production peut être trois fois supérieure en sol forestier. La présence d'une forte futaie composée de nombreuses essences différentes et d'un sous-bois de régénération sont des signes très favorables. Par contre, un très petit nombre d'essences, peu ou pas de sous-bois, de nombreuses lianes peu développées et la présence d'abondantes plantes herbacées (maranthacées, etc.) sont des signes peu encourageants.

On creusera ensuite un certain nombre de fosses de 2 m de profondeur sur 1,50 m de large, afin d'étudier le profil du terrain choisi. On y prélèvera les échantillons de terre pour analyse. On appréciera également la profondeur et l'importance de la nappe phréatique. Ceci est important surtout dans les régions basses, marécageuses, les îles ou près des rivières.

2.2 - Préparation du terrain

Le terrain à planter peut être préparé de deux façons: par brûlage ou non-brûlage de la forêt abattue.

2.2.1 - Brûlage complet

Le sous-bois est abattu à la machette puis on abat la grosse forêt et l'on débite immédiatement car le travail est plus facile avec du bois vert. Celui-ci est effectué un à deux mois avant le début de la saison sèche, ce qui permettra un séchage complet.

Un premier brûlage sera opéré mais il ne débarrassera pas tout le terrain, d'où un second brûlage après avoir réuni les non-brûlés en tas. On procédera ensuite au piquetage et à l'ouverture des lignes.

Les inconvénients majeurs de cette méthode sont clairs et irréfutables: les réserves naturelles du sol en humus sont presque immédiatement détruites: action du soleil par stérilisation, puis les pluies lessivent le sol par ruissellement (lixiviation) et érosion. Cette absence d'humus détruit le pouvoir absorbant du sol qui entraîne en profondeur les éléments solubles.

2.2.2 - Non-incinération

Cette méthode permet de conserver toute la matière organique qui ne sera libérée qu'après décomposition lente de la futaie.

On commence par abattre le sous-bois, puis on procède au piquetage des lignes de plantation. Parfois, à ce stade, on prépare les fosses de plantation.

La grosse futaie est ensuite abattue et, dans la mesure du possible, les arbres seront coupés et abattus dans le sens des lignes, ce qui permettra de les ranger (endains) plus facilement dans les interlignes après débitage.

Une fois les lignes bien dégagées, on procédera rapidement à la plantation définitive des fruitiers; les interlignes seront occupés par une plante de couverture telle que:

- Pueraria javanica (P. phaseolides) : Légumineuse très vigoureuse;
- Indigofera endecaphilla : Moins intéressante;
- Callopagonium mucunoïdes : Légumineuse également vigoureuse, bonne couverture;
- Centrosema pubescens : Végétation plus lente.

Quoiqu'éminemment variables suivant les types de forêt (primaire, secondaire), la topographie, la main-d'œuvre plus ou moins spécialisée, on peut estimer le coût des travaux comme suit:

Incinération

journée/ha

Non-incinération

journées/ha

Délimitation

2

Délimitation

2

Routes (45 m/ha)

50

Routes (45 m/ha)

50

Abattage sous-bois

10

Sentiers

8

Abattage futaie

40

Abattage sous-bois

10

Couchage, mise en tas


Piquetage

4

et incinération

90

Dégagement des lignes

18

Piquetage

4

Abattage de la futaie

40

Sentiers (25 m/ha)

3

Mise en endains interlignes

120

Déblayage des lignes

30

Couverture

2

Couverture

2




231


254

Il apparaît clairement que la non-incinération n'est pas beaucoup plus coûteuse que l'incinération laquelle détruit le sol. En exploitation industrielle fruitière, hélas, il faudra incinérer pour permettre le passage des engins motorisés.

2.2.3 - Piquetage définitif

Il peut s'opérer de plusieurs manières: en quinconce, en carré, en rectangle, en triangle. Il sera fonction de l'espèce d'arbre cultivée. On fera usage d'un pantomètre pour les visées, de décamètres ou de câbles étalonnés.

2.2.4 - Trouaison

Les trous ou fosses auront une forme cylindrique et des mesures appropriées aux espèces à cultiver. Ces trous seront rebouchés si la plantation n'a pas lieu les jours suivants, ceci afin d'éviter le durcissement des parois. Chaque emplacement sera marqué d'un petit jalon.

2.2.5 - Plantation

La plantation aura lieu toujours au début de la saison des pluies car celle-ci favorise la reprise et le développement racinaire. On peut planter à racines nues (sujets extraits de pépinières) mais les plants seront alors «pralinés», les racines seront bien étalées dans le fond du trou.

Le succès de reprise est plus grand avec la plantation en mottes. Pour plus de sécurité, les moites sont entourées d'un morceau de sac. La plantation en sacs plastique est plus aisée, mais on ne doit pas omettre de libérer les racines en enlevant le sac.

La question fondamentale pour la reprise du plant est le tassement de la terre autour du pivot. Une perte de 10 à 15% doit être considérée comme normale, les manquants seront remplacés au plus tôt.

2.2.6 - Houage

Le houage manuel est de pratique courante. Pour préparer le sol, le houeur attaque la surface jusqu'à 4-5 cm de profondeur. Cela se pratique généralement en début de saison des pluies. Cette méthode exige beaucoup de main-d'œuvre et ses rendements sont mauvais.

2.2.7 - Bêchage

Le bêchage ameublit le sol jusqu'à 20-25 cm de profondeur et on profitera de ce travail du sol pour enfouir les engrais et composts. Le bêchage rend la terre perméable à l'air et l'eau, facilite la pénétration des racines. On pratiquera alors le dressage et la délimitation des plates-bandes ou billons (préparation des germoirs et des pépinières). Le labour se fait également à la charrue à versoir, mais nécessite une traction animale ou à moteur. En zone aride, le labour sera peu profond.

2.2.8 - Binage

Cette opération a pour but d'aérer la terre et d'atténuer son dessèchement. L'action du soleil provoque très rapidement la formation d'une carapace dure et imperméable, néfaste. Le binage est très efficace après une pluie intense en réduisant l'évaporation.

2.2.9 - Sarclage

Il consiste en l'enlèvement des mauvaises herbes. On opèrera lorsque le sol est humide. Les plantes adventices doivent être arrachées avec leurs racines, l'enlèvement simple des feuilles et de la tige étant inutile. L'entretien des sentiers en plantation pérenne se fait généralement à la machette ou à la faux rudimentaire (vieille lame ressort). On peut également faire appel au sarclage chimique à l'aide d'herbicides de contact en pulvérisations.

2.2.10 - Taille

Pour une grande partie des essences fruitières citées dans cet ouvrage, la taille est une nécessité. Elle concentre la vigueur dans certaines parties de l'arbre en supprimant certaines portions avec pour objectif d'obtenir de meilleures récoltes, une qualité de fruits supérieure et, pour certaines espèces, de les maintenir à une hauteur permettant une exploitation plus aisée (basses tiges).

Alors qu'ils sont encore jeunes, les arbres sont conduits par une taille appropriée à former une belle couronne avec des branches radiantes. En favorisant la formation d'un bloc droit, on favorise aussi la circulation de la sève. Comme, en Afrique, on n'observe pas de réelle saison de repos, la taille aura lieu de préférence après la récolte, tout en évitant une période de longue sécheresse. Le mangoustanier, le durian, le manguier, l'avocatier se taillent assez peu. On se contente d'assurer la formation puis d'éliminer les pousses centrales en trop grand nombre afin de favoriser l'aération et la pénétration de la lumière. Il est évident que les palmacées, papayers, bananiers, passiflores, monstera ne se taillent pas.

a - Taille de formation

Elle a pour but de donner une charpente saine et bien équilibrée. Elle est surtout importante pour les basses-tiges qui produiront plus tôt et seront plus aisément récoltées. Il faut éviter toute ramification (départ des charpentières) située à moins de 50 cm du sol ou à moins de 20 cm de la greffe.

La taille de formation est réalisée en pépinière ou directement en champ. Elle consiste à étêter les jeunes plants à une hauteur de 0,80 à 1 m de hauteur (bois bien aoûté). On provoque ainsi l'apparition de nombreuses pousses Un peu plus tard, on en éliminera beaucoup, principalement celles qui ont un port érigé, pour n'en garder que quelques-unes séparées de 20 à 25 cm: ce sont les futures charpentières. On supprimera les nouvelles pousses qui apparaissent sur le tronc.

Quelques principes généraux sont à respecter:

- On utilisera un sécateur propre, bien affûté.
- Les coupes seront nettes et faites en biais.
- Pour la taille de formation, on coupera juste au-dessus d'un œil pointant dans la direction désirée.
- C'est à hauteur d'une fourche que l'on taille une branche latérale.
- Les plaies seront traitées au mastic, de préférence avec fongicide.
- Là où les vents sont violents, la taille de la couronne sera plus sévère

b - Taille de fructification

En général, les premiers fruits apparaissent après 2-3 ou 4 ans; ils seront supprimés pour ne pas affaiblir l'arbre. On taillera les «gourmands». Ils sont très visibles: rejets vigoureux, érigés et parfois de teinte un peu différente des pousses normales.

Les rameaux fructifères seront taillés court après récolte, afin de permettre le développement des rameaux secondaires porteurs de la récolte suivante.

c- Taille d'entretien

Consiste essentiellement à maintenir la forme de la couronne, à contrôler la hauteur et à supprimer le bois mort. Elle aura lieu tous les ans. Il ne faut pas oublier qu'une taille trop sévère diminue la production de l'année suivante.

2.2.11 - L'irrigation

L'irrigation est obligatoire dans les pays à climat sec, à courte saison des pluies, car les récoltes dépendent essentiellement d'elle. L'irrigation exige de grandes dépenses de travail et de moyens. Elle ne sera employée que dans deux régions distinctes d'Afrique:

a. En zone à climat sec et aride excluant les cultures non irriguées et à pluviométrie inférieure à 400 mm par an (Sahel Pré-Sahel).

b. Ailleurs (sauf en zone équatoriale), où les précipitations sont stables et assez importantes, mais où l'on désire une production maximum et mieux répartie dans l'année (plusieurs récoltes).

Avant toute initiative, il est recommandé de procéder à une analyse complète du bilan hydrique comportant différents paramètres:

- la pluviométrie et sa répartition dans l'année;
- les besoins de l'arbre suivant son stade de végétation;
- la composition du sol;
- l'évaporation globale (humidité relative - vents).

Il existe plusieurs formules pour calculer l'ETP (Evapo-Transpiration Potentielle) pour estimer les quantités d'eau évaporée par la végétation et le sol.

a - Irrigation à la raie ou rigole

L'eau est amenée par gravitation sur un terrain n'accusant pas plus de 1% de déclivité. En amont, on disposera d'une retenue d'eau (barrage, réservoir) destinée à stocker les eaux en période de pluies ou d'une autre source d'alimentation: rivière, canal, puits. Les sillons ou rigoles qui amènent l'eau seront établis de part et d'autre des rangées d'arbres. La distribution a lieu à l'aide de vannes ou clapets en bois ou en métal. Aucune contre-pente n'est admise.

Cette irrigation est inopérante en sol de mauvaise qualité tel que latéritique ou trop sablonneux où la retenue est insuffisante. Le contrôle des débits est difficile mais ce système, primitif, permet de maîtriser l'irrigation sans pression par les cultivateurs qui ne peuvent supporter l'investissement nécessaire à un système plus perfectionné.

b - Irrigation sous pression

Irrigation par aspersion

La culture est arrosée en simulant la pluie à l'aide de rampes mobiles. C'est le système le moins cher en investissement, mais il nécessite une main-d'œuvre importante. Ce système n'est pas bien adapté à l'arboriculture fruitière, la hauteur des arbres ne permettant pas le déplacement aisé des tuyaux.

Quel que soit le système employé, les éléments de base restent les mêmes, à savoir:

- L'eau proviendra d'une source, puits, rivière, barrage-retenue, lac. Elle sera puisée, la plus propre possible, tant au point de vue sanitaire que de la présence de corps étrangers.

- La pompe, soit électrique, soit essence-diesel, sera équipée d'une crépine pour éviter l'envahissement de corps étrangers, d'un clapet de retenue d'eau afin de faciliter le réamorçage.

- Une vanne d'entrée de la conduite principale.

- La conduite principale, dont le diamètre sera fonction des besoins de l'ensemble de l'installation. Cette conduite ne sera jamais sous-dimensionnée, afin d'éviter les pertes de charge et la surpression.

- Les conduites secondaires, dont le nombre sera fonction des surfaces à irriguer. Ces conduites peuvent être mobiles, c'est-à-dire établies en surface.

- Les rampes seront en polyéthylène et raccordées aux conduites secondaires; les rampes pourvues d'asperseurs maintenus à une certaine hauteur, afin d'assurer une bonne dispersion et munis d'un socle (stabilité).

Quoi qu'il en soit, toute installation devra faire l'objet d'une étude précise dont les principaux paramètres sont:

- surface à irriguer;
- besoins des plantes en eau;
- le climat et la saison;
- durée de l'aspersion;
- nombre de jours;
- nombre de rampes et d'asperseurs.

Beaucoup plus sophistiquée est l'aspersion en couverture intégrale qui est employée en culture industrielle. En arboriculture, on emploie l'irrigation sur et sous-frondaison.

Irrigation en «goutte-à-goutte»

Ce système nécessite un réseau dense de canalisations et un ou plusieurs goutteurs par arbre. Sous chaque goutteur, se forme un bulbe humide de forme différente suivant le type de sol.

Ce système est très avantageux:

- économie importante d'eau;
- l'ensemble de la plante n'est pas humidifié (maladies);
- moins d'adventices;
- pas de main-d'œuvre;
- pas d'érosion en terrain en pente, donc pas de nivellement;
- distribution aisée des intrans (engrais et phytosanitaires).

Par contre, il y a quelques inconvénients:

- l'eau doit être très pure;
- filtrée pour éviter les corps étrangers (sable - débris);
- de faible salinité (colmatage des goutteurs);
- coût élevé de l'infrastructure.

En arboriculture fruitière, le système «goutte-à-goutte» n'est plus mobile et ne nécessite pas d'enrouleurs; il peut même être souterrain.

L'irrigation, comme on le constate, exige l'intervention de professionnels, mais présente de grands avantages:

- augmentation des rendements;
- mise en culture de terrains qui n'auraient pu autrement être exploités;
- peu de main-d'œuvre; économie d'eau;
- application d'engrais et produits phytosanitaires;
- les interlignes ne sont pas humidifiés inutilement.

L'administration des intrans doit être étudiée soigneusement. Les engrais doivent être solubles et seront mis à décanter pendant un jour ou deux. La concentration est généralement comprise entre 5‰ et 1%. D'après Kulker, les engrais suivants ne présentent aucun problème:

- chlorure de potasse: KCL;
- nitrate de potasse: KNO 3;
- engrais binaire NK sans phosphate;
- sulfate d'ammonium: (NH 4)2SO4.

Sont interdits:

- nitrate de calcium: Ca(NO 3)24H2O;
- sulfate de potasse: K 2SO4;
- superphosphate: Ca(H 2PO4)2.

2.2.12 - Drainage

Sur les sols à humidification excessive, favorable à l'anaréobiose, on pratique des travaux d'amélioration par l'assèchement des terres à l'aide d'un drainage par des fossés et par des canalisations enterrées. On peut même travailler le sol en planchettes, buttes, semis sur ados, ameublissement profond. Tout projet de drainage devra être étudié agronomiquement, les investissements étant importants.

2.2.13 - Entretien

En culture pérenne et pendant quelques années après la mise en place, on peut envisager certaines cultures intercalaires, telles que des légumineuses (arachides, etc.). Le sol sera travaillé en conséquence avec apport d'engrais vert et chimique. L'emprise de ces cultures diminuera avec le temps, car le système racinaire des arbres s'étend, souvent superficiellement et occupera le terrain.

Sans culture intercalaire, on aura soin de couvrir les interlignes soit par un paillis (mulch), soit par une couverture permanente de légumineuses ou de graminées, fauchées régulièrement.

Ceci nous amène à exposer les moyens de lutte contre les plantes adventices responsables:

- d'une baisse de rendements;
- de l'absorbtion d'éléments nutritifs;
- en outre elles s'enroulent autour des cultures;
- elles sont en compétition hydrique avec d'autres plantes;
- elles provoquent un plus grand nombre de travaux (binages sarclages).

Parmi les adventices, on distingue particulièrement:

- Cuscuta sp . (Convolvulacées), plante annuelle sans feuille qui s'enroule et se fixe à l'aide de ses suçoirs.

- Striga lutea (Scrophulariacées), plante parasite annuelle répandue dans toute l'Afrique tropicale. Elle attaque les racines de son hôte et n'apparaît en surface que tardivement, d'où son danger.

- Setaria verticillata (Poacées), hauteur 30 à 50 cm, mais les racines peuvent atteindre une profondeur de 50 cm.

- Ipomea triloba (Convolvulacées), plante rampante à tiges dressées ayant plus d'un mètre de hauteur. Souvent dans les vergers.

- Imperata cylindrica (Poacées), graminée de 1,50 m de hauteur. Les rhizomes atteignent 1 m de profondeur.

- Cyperus rotundus (Cyperacées). Le souchet, répandu dans toute l'Afrique, surtout actif en saison des pluies. Les racines s'enfoncent à plus d'un mètre.

- Solanum carolinense (Solanacées). La morelle est vivace, elle possède un système racinaire très puissant atteignant 2,50 m de profondeur.

Cette liste est loin d'être exhaustive. Presque toutes ces plantes ont en commun la quantité considérable de graines produites par plant, un puissant système racinaire. Les moyens de lutte sont la couverture végétale vivante (légumineuses) ou morte (paillis-mulch), le sarclage, les herbicides chimiques. Lorsque les arbres sont bien développés, ce problème devient moins important.

3 - Germoirs et pépinières

La plupart des essences citées dans cet ouvrage sont multipliées en pépinière. Celle-ci sera établie généralement aux abords immédiats du futur verger. Le terrain sera choisi avec soin, à peu près plat, d'aussi bonne qualité que possible, situé près d'une source ou d'une rivière, protégé des vents, avec des possibilités d'extension.

Le terrain sera parfaitement dessouché car le danger des souches est double: elles empêchent le développement des racines pivotantes de certaines espèces de fruitiers et peuvent propager des maladies cryptogamiques.

La surface sera labourée à 0,50 m de profondeur, puis nivelée. Il est formellement déconseillé de procéder au brûlage qui, par l'accumulation des cendres, rendrait la terre trop alcaline pour les jeunes plants.

Le terrain sera ensuite divisé en planches séparées par des sentiers permettant l'accès facile pour les entretiens, arrosages et arrachages. L'irrigation par aspersion ou goutte-à-goutte est très souvent prévue, ainsi qu'un ombrage temporaire.

Après greffage, des pertes sont inévitables. Par exemple, il faut compter sur un tiers de sujets à la sortie de pépinière ou au mieux la moitié. Il faut donc semer au moins le double de ce qui sera nécessaire.

La pépinière sera entretenue avec grand soin en éliminant les adventices, afin d'éviter la concurrence racinaire et ce, par binage au moins deux fois par mois.

Pour certaines essences, il est nécessaire de prévoir des germoirs. Ceux-ci peuvent être établis directement en pleine terre, en veillant à ne pas trop serrer les graines. Ils seront très ombragés: on installe un toit de palmes 1,80 m au-dessus du sol.

Lorsque les quantités ne sont pas importantes, il est parfois plus intéressant de semer directement en pots ou en paniers, surtout lorsque le terrain prévu pour la pépinière, trop léger, ne permettait pas l'arrachage «en motte».

Lorsque la germination de certaines graines est trop lente ou que leur coque est très épaisse, on sème parfois en caissettes en mélange avec du charbon de bois. Le tout est largement arrosé puis placé dans une fosse garnie de matière fermenticible ( Pueraria ou Calopagonium ) d'une bonne épaisseur. Les caissettes seront recouvertes de même. La fermentation se déclenche rapidement et la température ne dépassera pas 40°C. On emploie un thermomètre-plantoir pour la surveillance. Si la température baisse, la matière végétale sera tassée plus fortement; dans le cas contraire, elle sera allégée. Un abri temporaire recouvrira la fosse à une hauteur permettant la surveillance de la germination. Le charbon de bois sera humidifié régulièrement. Dès l'apparition des germes, les graines seront retirées et mises en pépinière.

4 - Fumures

Si on compare les différentes qualités des sols européens, on se rend compte que la plupart des sols africains sont loin de posséder la richesse nécessaire au plein développement des cultures. Il faut dès lors envisager des améliorations. Celles-ci consistent en amendements et fertilisants.

4.1 - Amendements

4.1.1 - Terreau

Le terreau provient de la décomposition de matières végétales. D'apparence noire, grasse et onctueuse, il est obtenu à partir de fumier ou compost très décomposé. L'humus apporté contribue à l'ameublissement de la terre, est source d'azote et de carbone et joue un rôle important dans son pouvoir absorbant.

4.1.2 - Chaux

En général, les terres africaines étant toujours plus ou moins acides, il est bon d'épandre lors d'un premier labour 10 à 15 kg de chaux éteinte à l'are. La chaux sert à l'alimentation directe des plantes; elle est nécessaire à la vie des micro-organismes. Une terre doit normalement en contenir 5‰. Le pH indique seulement l'intensité de la réaction acide, mais n'a aucun rapport avec la quantité nécessaire de chaux pour la saturation de cette acidité.

4.2 - Engrais organiques

4.2.1 - Fumier

Là où existent encore des troupeaux, il est très utile de récolter le fumier. Il sera stocké en meules bien comprimées afin de favoriser la fermentation et d'éviter les pertes d'azote (gaz ammoniac). Une bonne fumure à l'hectare représente 40 t.

4.2.2 - Paillis

L'épandage dans les interlignes d'une couverture morte (mulch), composée de paille et de chaumes, assure une bonne protection thermique, d'autant plus efficace que le paillis épais. Il réduit l'évaporation de l'eau du sol et enrichit le terrain en humus.

Cette couverture morte est surtout intéressante dans les régions à saison sèche prononcée. Une mention spéciale doit être accordée au paillis «plastique». Il s'agit d'étendre sur le sol un film plastique de teinte blanche ou claire, après une copieuse humidification. Le film sera troué à chaque emplacement végétatif.

4.2.3 - Compost

Dans les centres et parfois même à l'intérieur du pays, il est très difficile, sinon impossible, de se procurer du fumier, d'où la nécessité du compost. La matière première proviendra de divers végétaux, ni trop âgés, ni trop ligneux. Toute matière verte peut convenir, telle que tonte de pelouse, haie, fauchage d'interlignes. On peut également enrichir le mélange en y ajoutant un engrais chimique composé 10-20-20, à raison de 1% du poids de la masse.

On peut saupoudrer le mélange avec de la chaux éteinte, qui favorise la décomposition des matières organiques et leur nutrification (l'azote organique se transforme en azote ammoniacal, puis en azote nitrique). Le compost sera préparé en compostière artisanale ou semi-industrielle suivant les besoins (voir croquis).


Compostière (a)


Compostière (b)


Mélange d'engrais

On déversera dans la fosse n°1 de la matière verte comme décrite ci-dessus, le tout bien tassé et arrosé. Le deuxième mois, la n° 1 passera dans la fosse n° 2 et y restera un mois. La n° 1 sera rechargée de nouvelle matière verte. Le troisième mois, la n° 2 sera transférée dans la n° 3 et y séjournera également un mois. Le quatrième mois, la 3 passera dans la 4 pour y demeurer également un mois. Enfin, le cinquième mois, la n° 4 sortira de fosse et sera prête à l'usage. Le cycle ainsi établi, l'apport de compost sera régulier et indéfini. Pendant la saison sèche, les fosses seront arrosées régulièrement.

4.3 - Engrais chimiques

Dans de nombreux pays, il n'existe aucune industrie d'engrais chimiques. Il faut donc les importer, à grands frais de pays étrangers. Les apports d'engrais minéraux, onéreux, seront fractionnés au cours des cultures. L'excès, comme l'insuffisance de matière nutritive, ont une influence négative sur les végétaux.

4.3.1 - Azotés

Nitrate de soude (NO 3Na)

Il peut être naturel, en provenance du Chili, ou synthétique. Celui du Chili titre 15,5 à 16% d'azote mais renferme des impuretés, telles que le bore, l'iode, le brome et la magnésie, qui peuvent avoir une influence favorable sur la végétation.

Le nitrate de soude synthétique (16% d'azote) est un sel blanc, soluble dans l'eau, hygroscopique; il sera entreposé dans un local sain. Cet engrais peut être enfoui lors de la préparation du terrain ou appliqué en couverture ou encore en dissolution dans l'eau d'arrosage. Son défaut: l'élimination rapide par les pluies.

Sulfate d'ammoniaque

Il se présente sous la forme d'un sel blanc plus ou moins finement cristallisé, quelquefois légèrement grisâtre à bleuâtre. Il titre 20% d'azote ammoniacal et est soluble dans l'eau.

Cet engrais ne convient pas aux terres manquant de calcaire, sa nitrification nécessite en effet une base. En terre adéquate, la nitrification s'opère en deux ou trois semaines. Son action est plus lente mais plus durable que celle du nitrate de soude. En général, on applique lors de la préparation du terrain 2 à 4 kg à l'are. En traitement «goutte-à-goutte», il ne sera pas employé avec des eaux contenant plus de 70 mg de calcium par litre.

Cyanamide

Cet engrais contient plus ou moins 20% d'azote et de la chaux; il se présente sous forme de poudre grasse ou en granulés. Il convient aux terres pauvres en chaux.

Ammonitrates (NO 3NH3)

Ils renferment 15,5% d'azote mi-ammoniacal et mi-nitrique, associé à un support calcaire ou colloïdal. Vendu sous les noms de nitramo, calconitre.

Nitrate de calcium

Varie suivant les provenances entre 13% et 15,5% d'azote nitrique, ainsi que 28% de chaux combinée. Il est soluble dans l'eau.

L'application d'engrais a lieu généralement au début de la saison des pluies ou une fois par mois en goutte-à-goutte.

Urée (CO(NH 2)2)

45% d'azote dérivé de la cyanamide.

4.3.2 - Phosphatés

Superphosphate

Poussière grise, plus ou moins granulée, grasse au toucher et à odeur acide, contenant 14 à 16% d'acide phosphorique soluble dans l'eau. Il est préférable de l'enfouir. Son action est rapide. Dose: 4 à 5 kg à l'are. Il n'est pas utilisable en «goutte-à-goutte». Les superphosphates doubles dosent 40 à 50% d'acide phosphorique soluble à l'eau. Ces engrais sont concentrés et les doses seront réduites en conséquence. Ils sont intéressants en cas de transport à longue distance.

4.3.3 - Potassiques

Sulfate de potasse

Convient à tous les sols et contient 45 à 54% de potasse. C'est un sel blanc, soluble dans l'eau. Sous sa forme cristallisée, on observe quelques difficultés d'utilisation en «goutte-à-goutte».

Nitrate de potasse

Azote 12% et potasse 45%. Engrais cher, mais qui peut être employé comme engrais mixte dans les formules d'engrais composés; aucun problème en «goutte-à-goutte».

Chlorure de potasse

Dose: 50 à 60% de potasse. Cet engrais n'est pas à conseiller en raison de la toxicité du chlore.

4.3.4 - Engrais composés

Ils sont d'un prix plus élevé et leur composition varie avec les fabricants. Ces engrais apportent deux ou trois éléments essentiels auxquels on en ajoute d'autres tels que: soufre, magnésie, manganèse, oligo-éléments, cuivre, bore, zinc. Les proportions sont données par trois chiffres: 5-6-8, par exemple, signifie 5% d'azote, 6% d'acide phosphorique et 8% de potasse.

On peut composer facilement soi-même un engrais composé, tout en veillant à respecter le tableau concernant les mélanges possibles et interdits. Il existe également des engrais dits «binaires»: 0-5-8: absence d'azote, 5% de phosphate et 8% de potasse.

Seule une analyse du sol permettra d'établir un bilan. Elle déterminera les réserves du sol en éléments fertilisants (N-P-K- etc.), non seulement en totalité, mais en éléments dits «assimilables», susceptibles d'être utilisés par les plantes. Elle renseignera également sur la réaction du sol (pH) et les besoins en chaux. Il est indispensable à l'arboriculteur de connaître le degré d'acidité ou d'alcalinité de ses terres.

- pH 3 à 4

terre infertile.

- pH 4 à 5

nitrification et fixation de l'azote entravées.

- pH 5 à 6

activité des bactéries entravée.

- pH 6 à 6,5

acidité faible.

- pH 6,5 à 7,5

terre fertile.

- pH 7,5 à 8

alcalinité faible.

- pH 8 à 9

activité bactérienne réduite.

Au vu des résultats de laboratoire, l'engrais de fond sera épandu suivant une formule générale de fumure, en tenant compte des besoins spécifiques de chaque plante. C'est la raison pour laquelle il n'est pas possible de spécifier une formule.

Le contrôle foliaire permet, dans une certaine mesure, de diagnostiquer les carences en éléments nutritifs et de surveiller l'état sanitaire de la plantation.

4.3.5 - Remarques

Azote

Détermine la croissance des tissus végétaux. Lorsque l'alimentation est insuffisante, la coloration vert foncé des tissus et feuilles pâlit de plus en plus: c'est la chlorose ou la «faim d'azote». L'excès, par contre, provoque une exubérance du feuillage.

Phosphore

C'est un régulateur du développement de la plante qui favorise l'aoûtement des jeunes rameaux. Les boutons à fruits sont plus nombreux et la maturation est meilleure.

Potasse

Indispensable à la synthèse des glucides. Est en association étroite avec la fumure azotée, dont elle conditionne l'efficacité sur le développement des végétaux.

5 - Insectes

La lutte contre les insectes et les maladies est certes aussi importante que la lutte contre les plantes adventices. Après avoir assuré les besoins nutritifs des plantes, il importe de les protéger. Cette lutte doit être conduite avec soin et efficacité. L'invasion d'insectes est souvent significative d'un déséquilibre du milieu naturel (monoculture).

5.1 - Types d'insecticides et d'acaricides

5.1.1 - Origine végétale

Nicotine, pyréthrine, roténone, produits respectivement par Nicotiana, Chrysanthemum Cinerariaefolium, Derris elliptica . Le Derris n'est pas nocif pour l'homme, sa rémanence est fort limitée. Le pyréthre permet de détruire de très nombreux insectes et entre dans la composition des insecticides ménagers. Il est concurrencé actuellement par les pyréthrinoïdes synthétiques.

5.1.2 - Origine minérale

Sont considérés comme trop dangereux.

5.1.3 - Origine de synthèse

a - Les organochlorés

Ils sont généralement plus dangereux que les organophosphorés, plus rémanents, non systémiques et non acaricides. Dans ce groupe: DDT, aldrine, dieldrine, tous interdits en Europe. Les chlorés et les alogénés sont à proscrire.

b - Les organophosphorés

Ce sont les plus employés actuellement. On les divise en deux groupes:

- les externes restant localisés sur les feuilles et tiges;
- les systémiques qui pénètrent dans les tissus végétaux, rendant la plante totalement nocive.

c - Les carbamates

Ce sont des dérivés de l'acide carbamique utilisés également dans certains cas comme herbicides et fongicides.

d - Les sulfones

Principalement acaricides. Obtenus par l'action de l'acide sulfurique sur des composés benzéniques.

e - Les carbinols

Acaricides.

f - Les pyrétrinoïdes

Produits de synthèse peu toxiques. Intéressants.

La lutte contre les insectes et les maladies doit être menée avec grand soin et prudence. Les accidents sont dus à la méconnaissance des produits et les insuccès à leur mauvaise application. L'usage des pesticides est réglementé dans de nombreux pays, à juste raison. Nécessité est de s'informer auprès des fabricants du mode d'emploi, de l'homologation du produit, de sa rémanence. Le stockage pose également problème, ainsi que l'élimination des emballages.

Il existe des centaines de pesticides. La FAO a établi un code international pour l'utilisation des antiparasites.

6 - Maladies

Elles sont provoquées par des bactéries, mais surtout par des champignons microscopiques. Il existe une vaste gamme de produits composés (polyvalents) associant insecticides et fongicides.

6.1 - Bactéries

6.1.1 - Pseudomonas

Taches de nécrose produisant des macules noires sur les feuilles. Pulvérisation de cuivre et zinèbe. Affecte le manguier.

6.1.2 - Xanthomonas

Macules circulaires de nécrose sur les feuilles. Bouillie cuprique.

6.2 - Cryptogames

6.2.1 - Oïdium

Poudre blanche bien connue, attaquant le feuillage principalement en saison sèche. Remède: soufre 80 g/hecto. Affecte principalement les agrumes.

6.2.2 - Anthracnoses

Dépérissement des feuilles, fruits et branches. Aspersion cuprique. Souvent sur agrumes, bananiers, manguiers.

6.2.3 - Cercosporioses

Taches foliaires très communes chez le manguier. Remède: manèbe.

6.2.4 - Cladosporioses

Assez semblable au précédent, même remède. Noircissement des deux côtés des feuilles. Affecte le bananier.

6.2.5 - Rhizoctone

Apparition de nombreuses taches brunes sur les feuilles provoquant le flétrissement. Remède: le bénomyl.

6.2.6 - Sclerotinia

Plus ou moins semblable au précédent. Remède: iprodione.

6.2.7 - Pourridiés

Par Armillaria mellea qui attaque le système racinaire et la base du tronc. Affecte le manguier par Ganoderma lucidium (il est moins grave que le précédent) ou par Fomes lignosus (mycelium courant le long des racines parasitées puis production de carpophores). Les racines atteintes seront traitées avec une solution à 2% de sulfate de cuivre.

6.2.8 - Phytophthora

Pourriture du collet et des racines dégageant une mauvaise odeur. Traitement par captafol. Affecte les agrumes, l'ananas, l'avocatier.

6.2.9 - Moisissures

Principalement dues à Penicillium digitatum qui attaque les fruits d'agrume en produisant des spores de teinte verte à bleue avec mycelium blanc. Les Fusarium sp . causent la pourriture des ananas et des bananiers par envahissement complet du végétal.

La transmission des maladies cryptogamiques se fait en principe par les semences, le vent, la pluie, le sol, les anciennes souches d'arbre.

6.3 - Nématodes

Ce sont des vers minuscules pourvus d'un tube digestif. Ils peuvent infester le sol, surtout si celui-ci est léger et humide. Les nématicides sont en général très toxiques. On sera très prudent lors de leur emploi.

6.3.1 - Meloidogyne sp.

Affecte particulièrement l'ananas, le bananier. Il provoque la destruction des racines et dépérissement de la plante.

6.3.2 - Radopholus similis

Affecte les bananiers «Cavendich». En général, la lutte consiste à ne choisir que des sols indemnes et en traitant les rejets à planter avec un nématicide (par pralinage).

7 - Herbicides

La première question à se poser est: la main-d'œuvre locale coûtet-elle moins cher ou plus cher que le recours à l'herbicide (main d'œuvre, produit et matériel). Dans le premier cas, l'enlèvement des adventices se fera à la main, binette, sarclette, etc. Dans le deuxième cas, on fera appel aux nombreux herbicides commercialisés pour les plantations industrielles.

On distingue les herbicides totaux à employer aux doses prescrites et à des époques bien précises (avant semis ou plantations) et les herbicides sélectifs qui n'agissent que sur certaines plantes à des stades divers. Parmi ceux-ci, les uns agissent sur les racines, d'autres sur les feuilles en postlevée.

Parmi ces derniers, on remarquera les herbicides de contact provoquant des nécroses et brûlures sans diffusion dans la plante et les herbicides systémiques qui pénètrent et sont véhiculés par la sève provoquant des troubles métaboliques et la mort.

Dans les vergers, les adventices les plus dangereux sont entre autres:

Les vivaces

- Cynodon dactylon;
- Cyperus rotundus;
- Imperata cylindrica ;
- Paspalum dilatatum .

Les annuels

- Poa annua;
- Setaria;
- Digitaria;
- Echinocloa.

Avant la plantation, le sol sera labouré dans les interlignes. On incorporera toujours avant plantation, 30 à 40 kg/ha M.a. (matière active) de dalapon qui est un acide organique halogéné de faible toxicité, ainsi que 15 kg/ha de monuron. Sur jeunes plantations, les mêmes produits seront employés tout en veillant à ne rien appliquer à moins de 60-70 cm du pied des arbres. Ceci est particulièrement valable pour les agrumes. En prélevée des adventices, on fera usage de simazine à raison de 2 à 5 kg/ha M.a. ou d'atrazine à la dose de 2 kg/ha. La rémanence est très bonne.

D'autres herbicides peuvent être envisagés également:

- diuron: 5 kg/ha;
- amétrine: 3 à 4 kg/ha;
- dalapon: 6 à 8 kg/ha.

Ces herbicides peuvent être mélangés pour en élargir le spectre d'utilisation. Pour le mode d'application et pour les quantités à utiliser, on s'en tiendra scrupuleusement aux indications du fabricant.

VI. Obligations phytosanitaires

Le transport aérien et l'importation en Union Européenne sont soumis à une série de règlements variables de pays à pays.

Les langues des documents d'expédition sont le néerlandais, français, anglais et allemand. Chaque lot doit porter le nom de l'expéditeur et du réceptionnaire.

Il existe un certain nombre de restrictions à l'importation concernant les fruits et légumes:

Belgique

Certificat sanitaire et inspection sanitaire à l'arrivée. Ce certificat signalera également le pays d'origine, l'absence de vers et de poux de San José.

France

Les règlements sont assez variables. Renseignements: Ministère de l'Agriculture, Service Protection des Végétaux, 231, rue de la Convention, Paris.

Allemagne

Le certificat sanitaire doit porter la mention: Die Deutschen Planzenschutzbestimmungen sind beachtet.

Luxembourg

Idem Belgique.

Hollande

Restrictions à l'importation de vignes.

Suisse

Les légumes et fruits en provenance de certains pays ne peuvent être importés.

En principe, chaque pays impose à l'exportation comme à l'importation une inspection sanitaire et délivre les certificats phytosanitaires et d'origine. Il s'agit d'une convention internationale indispensable pour éviter la propagation des maladies.

En date du 1/1/93, une nouvelle réglementation est parue dans le Journal officiel de l'Union Européenne sous le numéro L376/69 à 37 du 31/12/92:

1. Elle demande l'établissement d'une liste limitée de ports et aéroports d'importation.

2. Si le contrôle est satisfaisant, les produits seront admis à circuler librement sur tout le territoire communautaire avec le passeport phytophysaire. Celui-ci est délivré, après contrôle, en échange du certificat phytosanitaire d'origine.

VII. Transport et stockage

Le transport de la plantation au port ou à l'aéroport est effectué le plus souvent par camions réfrigérés qui, à l'arrivée, déchargent les fruits dans un terminal également réfrigéré. La construction de ces locaux est financée par l'Etat ou par les sociétés multinationales concernées.

Après inspection sanitaire, les fruits présentés au moins deux heures avant le départ de l'avion sont chargés, en général par les services de la compagnie nationale d'aviation du pays concerné. Il s'agit de vols de nuit. Les palettes sont pesées, dédouanées et séparées dans l'avion de celles contenant des fleurs ou des légumes.

En général, l'emballage dans les cartons est fait directement à la ferme, les exportateurs fournissant le matériel nécessaire.

A Nairobi, en pleine période (octobre à avril), il est courant de voir, au cours d'une nuit, charger 250 tonnes de produits horticoles.

L'entreposage et la conservation sont affaire de spécialistes. Il faut éviter la concentration de CO 2, de chaleur, et maintenir une température la plus uniforme possible. Les techniques varient suivant le type de fruits. La ventilation est indispensable pour éliminer le CO 2 et l'éthylène développés par les fruits. Les avocats se conservent à des températures entre +2 et +10°C, les bananes à 12,5°C et les agrumes entre 0 et +7,5°C.

Lorsque le transport est prévu pour les jours qui suivent, les fruits sont traités à l'éthylène. C'est un hydrocarbure gazeux C 2H4, odorant, obtenu par la déshydratation de l'alcool par de l'acide sulfurique. Il a la propriété de stimuler la respiration du fruit et, de ce fait, de le faire mûrir plus rapidement ainsi que de lui donner une coloration (banane).

L'emballage est partout standardisé, bien différent suivant les pays d'origine. C'est ainsi que les oranges et clémentines sont conditionnées en carton de 12 à 15 kg, les avocats par 4 kg (une douzaine de fruits). Les litchis caramboles, fraises, physalis, par exemple, sont emballés dans des cartons nettements plus petits, car plus délicats ou moins demandés dans le commerce.

VIII. Importations intra U.E. et extra U.E. vers U.E.

Statistiques Eurostat Echanges commerciaux intérieurs et extérieurs de l'U.E.
Période: janvier-décembre 1994
Publication: 15/5/1995


Ecus 1000

Tonnes 1000

Pulpe déshydratée de noix de coco

Côte-d'Ivoire

5839

7336

Sri Lanka

13687

18843

Malaisie

3145

4464

Indonésie

8403

11014

L'importateur le plus important: Royaume-Uni, puis Allemagne, Pays-Bas

Noix de coco, fraîches ou séchées (à l'exclusion de pulpe déshydratée)

Côte-d'Ivoire

4438

11422

République Dominicaine

3775

14781

Sri Lanka

2210

4704

L'importateur le plus important: Royaume-Uni, puis Pays-Bas, Italie.

Noix du Brésil, fraîches ou séchées (même sans leurs coques ou décortiquées)

Brésil

12475

8711

Bolivie

5596

2640

L'importateur le plus important: Royaume-Uni, puis Allemagne, Italie.

Noix de Cajou, fraîches ou séchées (même sans leurs coques ou décortiquées)

Inde

98777

23625

Brésil

7251

2391

Viernam

821

225

Indonésie

747

184

L'importateur le plus important: Pays-Bas, puis Allemagne, Royaume-Uni

Dattes fraîches ou séchées

Tunisie

42703

19538

Algérie

11998

7175

Israël

6493

2708

L'importateur le plus important: France, puis Royaume-Uni, Allemagne.

Figues fraîches

Turquie

4783

3869

Italie

2153

2683

Brésil

1697

518

L'importateur le plus important: Allemagne, puis Royaume-Uni, France.

Figues séchées

Turquie

3312

25588

Grèce

5400

3436

L'importateur le plus important: Allemagne, puis France, Royaume-Uni.

Goyaves, mangues et mangoustans frais ou sec

Brésil

12877

894

Afrique du Sud

7616

5255

Côte-d'Ivoire

7259

4999

Pastèques fraîches

Espagne

68381

171317

Italie

25184

94276

Grèce

24256

64880

L'importateur le plus important: Allemagne, puis Pays-Bas, Royaume-Uni

Melons frais

Espagne

124742

194658

Brésil

23072

49634

Pays-Bas

18937

22969

L'importateur le plus important: Royaume-Uni, Pays-Bas, France.

Papayes fraîches

Brésil

7605

5114

Pays-Bas

2757

1907

Jamaïque

1557

1251

Tamarins, pomme cajou, fruit de jacquier, litchis, sapotilles, frais

Madagascar

22084

7743

Afrique du Sud

3114

1440

Pays-Bas

1738

753

Notes

1. Ces statistiques ont été publiées le 15/5/95, elles concernent les importations de janvier à décembre 1994.

2. Les pays européens qui apparaissent dans les listes ne produisent souvent par eux-mêmes, mais importent et réexportent dans d'autres pays européens.

3. La disparité des prix ECU à la tonne provient soit de la qualité des produits qui peut être très variable, soit du moment de la vente dans l'année.

4. D'une manière générale, ces statistiques laissent apparaître les faiblesses du continent africain (papayes, noix, etc.), mais également des points forts (noix de coco, goyaves).

IX. Cultures spéciales

Anacardier ou noix Cajou

Anacardium occidentale . Anacardiacées. Nom anglais: Cashew-nut.

Description

Originaire d'Amérique tropicale, on le trouve actuellement dans toutes les régions tropicales du monde et plus particulièrement aux Indes et en Malaisie. Parfaitement adapté en Afrique de l'Ouest et de l'Est. Appelé également «acajou à pomme». Cet arbre est naturalisé dans les forêts d'Afrique de l'Ouest.

Il atteint 10 m de hauteur et possède des feuilles oblongues à lancéolées, simples, parcheminées, glabres, marquées de 10 à 15 paires de nervures latérales 8 à 15 cm de longueur et 5 à 10 cm de large. Les pétales de la fleur sont au nombre de 5, et 10 étamines. Les fleurs sont couvertes de larges bractées légèrement pubescentes. Ces fleurs polygames sont groupées en racèmes, d'un côté de la branche. Le fruit est composé de deux parties:

a. la queue charnue ayant la forme d'une poire de 6 à 10 cm de longueur, contenant un jus acide et astringent (la pomme cajou);

b. La noix grise ou brune, réniforme de 2 à 3 cm de longueur, un tiers du poids du fruit entier est une akène. C'est la partie qui est consommée; elle possède un goût très agréable et est présentée généralement grillée. L'enveloppe de la noix est toxique et âcre.

Climat

Cet arbre convient aux régions basses et moyennes, humides, jusqu'à 1000 m, mais il supporte bien la saison sèche. Le sol sera humifère, bien drainé, riche.

Multiplication

Par graines. La germination a lieu un mois après le semis.

Culture

On sème directement en place, à 7X7 m d'écartement. On peut également semer en sacs et en pépinière. Dès que les plants sont suffisamment développés, ils seront transplantés. Une taille d'entretien sera pratiquée régulièrement Une culture intercalaire peut être envisagée pendant les deux ou trois premières années: par exemple, une culture vivrière qui protégera le sol (arachide, etc.).

Récolte

Comme pour beaucoup d'arbres fruitiers tropicaux, la première récolte a lieu vers l'âge de 5 à 6 ans. On peut espérer en bonne situation récolter plus d'une tonne de fruits par arbre.

Le traitement des noix est opéré industriellement comme suit: tout d'abord, un léger grillage pour séparer la noix de la coque; puis le concassage suivi d'un séchage assez poussé; enfin, la séparation des impuretés et un triage final éliminant les noix cassées ou hors standard.

Usages

La noix est oléagineuse (près de 50% de lipides), également riche en sucre et protides (15 à 20%) ainsi qu'en vitamine C. Au Mozambique, on distille la pomme cajou (partie a.) pour obtenir une boisson alcoolisée. L'écorce de l'arbre peut être incisée; elle donne une encre indélébile. Les principaux exportateurs de noix sont le Mozambique et la Tanzanie. La noix cajou est largement employée en chocolaterie par certain pays.

Les annones

Familles des Annonacées qui comporte des arbres, arbustes et lianes, en zone tropicale uniquement. Les fruits sont des baies à albumen. Parmi ces fruits comestibles, on distingue:

a. le Cherimolier;
b. le Corossolier;
c. la pomme cannelle ;
d. le Cœur de bœuf.


Anacardier Cajou

Ils sont tous originaires d'Amérique centrale et se retrouvent à l'état subspontané en forêts africaines.

Cherimolier

Annona cherimolia . Annonacées. Nom anglais: Cherimoya ou Cherimola.

Description

Petit arbre ne dépassant pas 3 à 4 m, caractérisé par des feuilles duveteuses à la face inférieure lisse. La fleur est composée de six pétales, les étamines sont nombreuses. Le fruit atteint la grosseur d'une pomme mais, suivant les variétés, il peut être rond, oblong ou en forme de cœur. Il est vert tournant au brun lorsqu'il est mûr. La peau est écailleuse. Son poids peut atteindre plus d'un kg. Il ressemble assez bien au cœur de bœuf ( Annona reticulata ) et à la pomme cannelle ( Annona squamosa ) mais sa qualité est nettement supérieure. Le fruit est considérée avec les mangues et les ananas, comme un des meilleurs. Origine: Pérou.

Il existe quelques variétés dont «Quotemoya» et «Atemoya» qui diffèrent par la forme des fruits, oblongs ou ovoïdes.

Climat

Ne convient que pour les situations de moyennes et hautes altitudes, même à saison sèche de longue durée. Le sol sera profond et bien enrichi en humus. Le cœur de bœuf est très cultivé à Madère et en général dans les îles Canaries, ainsi qu'au sud de l'Espagne.

Culture

Le cherimolier se multiplie par graines mais plusieurs variétés parmi les plus recherchées n'en produisent pas. On multipliera donc celles-ci par greffage. La mise en place définitive sera faite à 9 m d'écartement, puis les sujets seront greffés (greffe en écusson). On peut faire appel à des hybrides entre le cherimolier et le corrosolier.

Récolte

L'arbre commence à produire après quatre ans une douzaine de fruits par sujet, ce qui représente 10 à 20 kg. La maturité est signalée par le changement de teinte, qui passe du vert au brun.

Usage

Fruit à consommer frais. La pulpe blanche est consommée à la cuillère après enlèvement des graines. Ce fruit est très connu en Amérique du Sud ainsi qu'à Madère et au sud de l'Espagne. Il offre un marché prometteur mais est encore insuffisamment connu en Europe, sauf en Angleterre. Vendu à Londres sous le nom erroné de «custard appel» ( Annona squamosa ).

Remarque

Il existe une annone assez semblable au cherimolier, originaire du Mexique et qui convient mieux aux régions basses et moyennes. Il s'agit de Annona diversifolia.

Corossolier

Annona muricata . Annonacées. Nom anglais: Soursop.

Description

Originaire d'Amérique du Sud et des Indes. C'est un petit arbre de 4 à 5 m de hauteur, à croissance rapide, assez buissonnant. Les feuilles sont luisantes, vert foncé à la face supérieure et vert pâle à la face inférieure. Elles dégagent une odeur de laurier. Le fruit est cordiforme à ovoïde ou réniforme. La peau est munie de nombreuses épines molles qui disparaissent à maturité. Le fruit peut peser 2 à 3 kg. La pulpe est blanche, un peu cotonneuse, bien que juteuse, englobant des graines noires.

Climat. Sol

Convient jusqu'à une altitude de 1000 m. Le sol sera profond et bien composté. Climat chaud et humide.

Culture

Reproduction par graines en pépinières ou boutures. Mise en place après quelques mois à 4X4 m d'écartement.

Récolte

Un peu avant maturité, lorsque le fruit est encore ferme. La récolte est abondante dès la troisième année après mise en place définitive.

Usages

Le jus, quoique légèrement acide, est consommé comme boisson rafraîchissante; il est également utilisé pour la fabrication de sorbets.


Corossolier (a)


Corossolier (b)

La pomme cannelle

Annona squamosa . Annonacées. Nom anglais: Sweet-sop.

Description

Petit arbre de 4 m de hauteur. Les feuilles sont lancéolées, lisses. Le fruit est rond, de la taille d'une pomme. Sa peau, de coloration jaune-verdâtre, est assez particulière; elle est constituée de nombreuses écailles réparties en échelle, qui s'ouvrent à pleine maturité dégageant une pulpe blanche, granuleuse, crémeuse et agréablement sucrée. Origine: Amérique du Sud.

Climat. Sol

Contrairement au cherimolier, cet arbre s'adapte mieux aux altitudes moyennes à basses, mais il exige un sol bien drainé.

Culture

On multiplie généralement par semis en pépinière. Après un an, les plants seront mis en place à 4 m d'écartement en tous sens.

Récolte

La récolte a lieu dès la 4e année. Pour l'exportation, les fruits seront récoltés un peu avant maturité, soit avant l'ouverture des écailles. Il existe une variété à fruits rouges. La production de cet arbre est assez importante.

Usages

Comme le cherimolier.

Cœur de bœuf

Annona reticulata . Annonacées. Nom anglais: Bullock's Heart ou Sugar-Apple.

Description

Originaire d'Amérique du Sud, cet arbre de 5 à 6 m de hauteur est d'aspect assez buissonneux car sa souche est abondamment ramifiée. Les feuilles, alternes, présentent une pubescence un peu rougeâtre. Le fruit, à la forme d'un cœur, peut peser 1 kg; la peau, verte ou rougeâtre, est légèrement squameuse. Le fruit contient quelques graines brun sombre de la taille d'un haricot ainsi qu'une pulpe crémeuse blanche.

Climat. Sol

Convient pour les altitudes basses et moyennes. Assez indifférent quant aux sols.

Culture

Semis en pépinière, puis mise en place à 4X4 m.

Récolte

A partir de la troisième année.

Usages

A manger cru. La peau et les graines sont retirées. Pulpe très agréable.


Cherimolia

Remarques

Cette famille des Annonacées comporte encore quelques arbres à fruits comestibles mais qui sont peu connus, tels que:

- Monodora myristica: arbre très commun en Afrique de l'Ouest en régions de basse altitude. Il peut atteindre 20 m de hauteur. Le feuillage est très dense et les feuilles sont simples, entières, alternes et coriaces. Les fleurs sont suspendues à un long pédicelle naissant à l'aisselle des feuilles. Les fruits, assez gros, globuleux (7 à 8 cm de diamètre), renferment sous une coque très dure, de nombreuses graines de la grosseur d'un petit haricot, entourées d'une pulpe blanche. Ces graines ont une odeur et un goût agréable de poivre, elles sont exportées en Europe comme succédané du poivre.

- Xylopia aethiopica: arbre très commun en Afrique de l'Ouest pouvant atteindre 20 m de hauteur. Feuilles alternes, coriaces, simples. En saison des pluies, L'arbre se couvre d'une abondante floraison d'assez longue durée. Les fleurs répandent une odeur très pénétrante semblable à celle de l'ylang-ylang (parfumerie). Les fruits en forme d'ombelle, sont composés de nombreuses petites gousses cylindriques. Les graines qui dégagent une odeur agréable de poivre, sont utilisables comme condiment.

Arbre à pain

Artocarpus incisa. Moracées. Nom anglais: Bread Tree.

Description

Cet arbre peut atteindre 15 à 20 m de hauteur; originaire des îles du Pacifique et de Java et introduit aux Indes suite à la révolte du «Bounty» qui transportait en 1787 plus de 1000 plants de Tahiti. Introduit également en Afrique tropicale où il est devenu très commun.

Les feuilles sont grandes, fortement incisées, d'un beau vert, brillant, foncé. Lorsque l'écorce est blessée, elle laisse exsuder un abondant latex. Les fleurs sont unisexuées, les fleurs mâles sont groupées en épis ayant la forme de masse, 30 cm de longueur.


Artocarpus incisa.

Le fruit, rond ou ovoïde, 15 à 20 cm de longueur et 10 cm de large, est composé d'akènes groupés en syncarpe. Les meilleures variétés ne produisent pas de graines (Var. non seminifera ).

Climat. Sol

Très bien adapté aux régions basses et humides et ce, jusqu'à 5 à 600 m d'altitude. Convient à tout type de sol.

Multiplication

Par semis si l'on obtient des graines, mais principalement par marcottages des racines ou drageons naturels de ces racines. Ces tronçons de racines seront plantés directement en place en laissant une extrémité 1 à 2 cm hors sol.

Culture

Semis en pots, paniers ou plus facilement, directement en place à 10 m en tous sens. Cet arbre, à forte croissance, est le plus souvent utilisé en bordure d'allées.

Récolte

Quatre à six années après la mise en place définitive, un arbre adulte peut produire 500 kg de fruits. La récolte a lieu avant le ramollissement de la pulpe.

Usages

Le fruit sera pelé et la partie centrale éliminée. La chair blanche sera coupée en tranches, puis rôtie. Les graines (s'il y en a) sont coupées en tranches puis grillées ou cuites. On peut en faire une farine, après séchage. Aliment riche en hydrates de carbone et en vitamines A, B. C. Il est peu apprécié en Europe et absent des marchés.

Caïnitier

Chrysophyllum Caïnito . Sapotacées. Nom anglais: Cainito, Star-apple.

Description

Bel arbre de taille moyenne à grande, originaire d'Amérique tropicale. Les feuilles sont alternes, jaune-cuivrée à la face inférieure, persistantes. L'écorce exsude un latex.

Le fruit avant maturité contient également un latex visqueux. A maturité, il est pourpre, arrondi, à peau lisse, 5 à 7 cm de diamètre et contient 4 à 6 graines brunes, il présente, coupé en deux, une conformation en étoile d'où son nom anglais (Star-apple). C'est la pulpe qui est comestible; elle est sucrée, blanche, semi-transparente, ressemblant à de la gelée. Il existe plusieurs variétés de taille et de qualité différentes.


Caïnitier

C. monapyrenum: arbre moins vigoureux et de port plus érigé que le précédent. Les fruits ont la taille d'une datte, pourpre-noir à maturité; ils sont peu comestibles.

Climat

Pour altitudes basses et moyennes.

Culture

Cet arbre n'est pas l'objet d'une culture. Il est le plus souvent employé pour l'ombrage et l'agrément.

Multiplication par graines.

Carambolier

Averrhoa carambola . Oxalidacées. Nom anglais: Carambola.

Description

Natif des îles Moluques, cet arbre peut atteindre 5 à 10 m de hauteur. Les feuilles sont composées, pennées, les folioles sont au nombre de 4 à 5.

Les fleurs sont petites, rosâtres, en grappes. Le fruit est assez curieux: ovoïde, de teinte vert-jaunâtre, charnu, il présente six côtes bien marquées, étoilées. Les fruits sont réunis en grappes.

Climat

Cet arbre est rencontré un peu partout en zone tropicale et équatoriale de basse et moyenne altitude.

Multiplication

Par graines, mais mieux par marcottage.


Averrhoa carambola .

Culture

Les jeunes plants issus de pépinière seront placés à une distance de 5X5 cm. On ne connaît qu'une maladie: la cercosporiose qui sera traitée au manèbe, à raison de 150 à 200 g de M.A. par hecto, sur le feuillage.

Récolte

La récolte a lieu lorsque le fruit présente une teinte ambrée, mais la chair doit rester ferme. Pour l'exportation, il sera cueilli encore vert et emballé séparément, très soigneusement.

Usages

La saveur de ce fruit est à la fois acide et sucrée. Il peut être consommé cru. Il est également utilisé pour la préparation de confitures, gelées et en pâtisserie. Le jus est une boisson très rafraîchissante.

La carombole est vendue un peu partout en Europe, mais est encore assez peu connue.

Remarque

L'Averrhoa Bilimbi nom anglais: Cucumber-tree. Cet arbre possède des feulles pennées plus petites que celle du genre précédent. Le fruit ressemble à un petit concombre, 10 à 12 cm de longueur et apparaît en grappes sur le tronc et les plus anciennes branches. Il entre dans la composition des pickles. Parfois il est traité en confiture et curry. Cet arbre convient aux altitudes moyennes.

Christophine ou chayotte

Sechium edule . Cucurbitacées. Nom anglais: Cho-Cho, Christophine.

Description

Plante vivace, grimpante, originaire d'Amérique centrale. Elle peut atteindre plus de 6 m de hauteur. Les feuilles ressemblent à celles du concombre. Les fleurs, très petites, apparaissent à l'aisselle des feuilles. Le fruit, en forme de poire (10X15 cm), est vert ou blanchâtre et ne contient qu'une graine. La peau est lisse ou épineuse. Les racines, tubéreuses, sont également comestibles. Cette plante est souvent considérée comme un légume.

Multiplication

Par graines ou boutures.

Climat. Sol. Fumure

Une situation de moyenne altitude à partir de 1000 m convient à la chayotte. Elle est régulièrement cultivée sur tout le pourtour méditerranéen. Cette plante végète bien en sol abondamment fumé. Comme il s'agit d'une culture pérenne, le compost sera renouvelé périodiquement.


Chayote glabre.


Chayote épineuse.

Culture

Plantation directement en place en poquets espacés d'un mètre. Plusieurs méthodes de tuteurage peuvent être employées:

- rangées de tuteurs (type haricots) de 2 à 3 m de haut, espacés d'un mètre, puis reliés entre eux par des barres horizontales tous les 25 cm;

- entre deux piquets solides, on étendra un grillage à larges mailles. Un léger ombrage est nécessaire en plaine. La variété blanche semble la mieux adaptée aux basses altitudes. Plante sensible à l'humidité.

Récolte

Le fruit peut germer avant sa récolte. Sa formation est très rapide: 2 à 3 mois. Il peut peser 1 à 1,5 kg.

Usages

Cette plante produit toute l'année.

- Fruits: crus en salade, cuits, farcis, compotes ou gratins.
- Jeunes pousses: comme des épinards.
- Racines: frites ou cuites, choucroute.

A noter que cette plante est cultivée en France, dans la région niçoise.

Durian

Durio zibethinus . Bombacacées. Nom anglais: Durian-Civet fruit.

Description

Très grand arbre, de 30 à 40 m, à tronc droit, originaire de Malaisie et cultivé à Java, en Birmanie, pour ses fruits. Les fleurs apparaissent sur les branches adultes. Les feuilles sont digitées. Le fruit, remarquable, rond ou ovoïde, jaune à maturité, peut peser plus de 5 kg. Le fruit est couvert d'épines de un cm de longueur; à maturité, il dégage une odeur désagréable. Son intérêt réside en sa pulpe intérieure, inodore, fort savoureuse, crémeuse. Il existe plusieurs variétés donnant des fruits de formes, poids et arômes différents.

Climat

Croît facilement en régions basses et humides, jusqu'à 700 m. Terre profonde, alluviale ou argileuse.

Culture

N'est pas cultivé, mais plutôt planté ça et là. Se multiplie par graines. La durée de conservation de celles-ci est très courte. La germination dure 8 jours.

Récolte

Il s'écoule 4 à 5 mois entre la floraison et la maturité du fruit.

Usage

La pulpe comestible ressemble à celle du cœur de bœuf, mais conserve une certaine odeur de fromage (gorgonzola).

Les graines, bien mûres, seront grillées.

Fraisier

Fragaria sp . Rosacées. Nom anglais: Strawberry.

Description

Plante vivace à feuilles persistantes, émettant des stolons qui se marcottent dans l'espace environnant, constituant ainsi de nouveaux plants. Les feuilles sont composées de trois folioles dentelées; les fleurs sont blanches. Les fruits charnus sont comestibles, présentant en leur surface externe de nombreuses graines.

Multiplication

Par stolons, également par graines (plus aléatoire).

Variétés

1. Fraisiers à gros fruits , issus des espèces américaines qui ont elles-mêmes subi de nombreux croisements. Grandes fleurs et fruits gros à très gros. Ce sont les fraisiers les plus cultivés, il en existe plusieurs variétés: Karina hâtif, Korona hâtif, Tago tardif, Bogota tardif.

2. Fraisiers remontants , qui sont dus au hasard des semis de fraisiers à gros fruits et non au croisement de ces derniers avec les fraisiers des quatre saisons. Ils sont appelés ainsi parce qu'ils donnent une première récolte, puis une seconde un ou deux mois plus tard. Ostara (un des meilleurs): baies juteuses et fermes, Rabunda.

3. Fraisiers des quatre saisons . Les plants sont vigoureux et remontants. Ils produisent pendant plusieurs mois.

Climat. Sol. Fumure

Il faut considérer sous les tropiques le fraisier comme une plante de luxe, car il n'atteindra jamais les rendements obtenus en climat tempéré. L'altitude idéale se situe entre 1000 et 1500 m que l'on trouve en Afrique de l'Est seulement (Kenya). Les raisons du succès mitigé proviennent d'un manque d'hivernage d'une part et, d'autre part, de températures trop élevées, voire d'une hygrométrie trop accusée.

Il faut savoir que la production de stolons est favorisée par les jours longs, mais que la production florale, elle, est influencée par les jours courts. En Afrique, la durée des jours (photopériodisme), varie de 12 à un maximum de 14 heures, insuffisante pour le fraisier.

Une solution existe, celle de faire venir d'Europe des plants qui ont déjà hiverné, sachant cependant qu'ils ne croîtront pas à partir de 30-31°C.

Le fraisier demande une terre bien fumée de longue date (les terrains acides ne lui conviennent pas). En préparant les planches de fraisiers, on incorporera 500 kg de compost/fumier, un engrais composé de 15-5-20 NPK à raison de 3 kg à l'are répartis en plusieurs apports par an.

Culture

Dès que les stolons sont bien enracinés, on plante directement en lignes distantes de 50 à 60 cm et à 30 cm dans celles-ci. Un film plastique perméable à l'air et l'eau peut être étendu dans l'interligne, cela évitera la croissance des mauvaises herbes et, surtout, empêchera le contact des fruits avec la terre.

La dégénérescence sera évitée en renouvelant l'emplacement cultivé tous les trois ans.

Maladies

Phytophtora fragariae

Attaque la plante à son collet. Remède: pulvérisations de daconyl, benalaxyl.

Tarsonemus

Les feuilles se déforment, restent petites, anormales. Il s'agit d'une attaque d'un petit acarien de 0,1 à 0,2 mm. Remède: pulvérisations répétées de nexion.

Rhizoctonia

Est également signalé. Attaque les racines. Remède: bénomyl.

S'il y a importation de plants européens, ceux-ci doivent provenir de cultures «in vitro», fournissant actuellement des sujets rebelles aux virus et à la dégénérescence.

Récolte

En attente de vente la récolte journalière est mise en chambre froide.

Remarque

Plusieurs stations européennes mettent à disposition des multiplicateurs de fraisiers, des plants sains frais frigo, des microplants communément appelés «plants méristèmes», de nouveaux cultivars, ainsi qu'une technique d'assainissement suivie de multiplication rapide.

a. plants sains

Produits en laboratoire puis placés en champs au cours de la première année, ne sont pas garantis 100%, car ils peuvent être attaqués par le Phytophtora.

b. Méristèmes

Par reproduction «in vitro». Fournis en bocaux stériles. Garantie: 100% exempts de maladies ou insectes. A noter qu'une palette de 40000 plants ne pèse que 13 kg, donc coût du fret aérien peu élevé.

Fruits de la passion

Passiflora edulis . Passifloracées. Nom anglais: Passion-fruit ou Sweet-cup.

Description

Appelée également pomme grenadille. C'est une liane grimpante, volubile, à tiges munies de vrilles, 10 à 12 m de longueur, originaire du Brésil. Au départ de la végétation, les feuilles sont entières, puis deviennent trilobées, dentées. Les fleurs sont blanc-rosé. Le fruit est une baie de la grosseur d'un œuf, en général jaune, parfois pourpre à maturité: la peau est ridée par rétrécissement, coriace, 5 cm de diamètre.

Climat. Sol

La variété pourpre est cultivée en altitude seulement. On rencontre cette plante jusqu'à 1000 à 2000 m d'altitude. La variété jaune est moins intéressante. Le sol sera riche et la plante abritée.

Culture

Le semis a lieu en germoir bien ombragé. La mise en place intervient après trois mois, à une distance de 5 m en moyenne. Les plantes seront guidées dans un treillis. La multiplication par bouturage est possible en pépinière, puis mise en place à même distance. Après la première récolte, le plant sera recepé, afin de favoriser le développement de nouvelles branches. La durée de vie est normalement de 6 à 8 ans.


Fruit de la passion

Récolte

Elle est abondante, soit 10 à 15 t/ha. Ramassage des fruits au sol d'où intérêt à veiller au bon entretien des interlignes.

Usages

Le fruit a une pulpe odorante, sucrée, juteuse, contenant de petites graines également comestibles. On en extrait par centrifugation un jus qui est commercialisé dans le monde entier sous forme de sirop ou de boisson aqueuse. Les principaux pays exportateurs sont le Kenya et la Tanzanie, ainsi que la Côte-d'Ivoire. La variété pourpre est la meilleure: la jaune est nettement plus acide.


Fleurs et fruits de la passion

Remarque

Autres variétés: Passiflora laurifolia : originaire des Indes à feuilles entières, ovales, cultivée pour ses fruits ou pour l'ornementation. Le fruit ovoïde, de 5 à 10 cm de longueur et 5 cm de diamètre, jaune-orange à maturité, contenant une pulple juteuse très estimée. Multiplication par boutures. Nom anglais: Water-lemon, Bell Apple.

Goyavier

Psidium guyava . Myrtacées. Nom anglais: Guava.

Description

Originaire d'Amérique tropicale, c'est un petit arbre buissonnant, typique. Il atteint 3 à 10 m de hauteur. Les feuilles sont simples, opposées, ovales à lancéolées, sans stipule, légèrement pubescentes et glanduleuses, 15 cm de longueur, les nervures sont bien marquées. L'écorce est squameuse.

Les fleurs sont blanches à rosâtres, parfumées, 3 cm de diamètre, groupées par deux à trois. Les meilleures variétés produisent des fruits juteux, ronds ou ovoïdes, devenant jaune-citron à maturité. La baie, dont la pulpe est rougeâtre à jaune, contient de très nombreuses petites graines.

Climat. Sol

Cet arbre convient parfaitement au climat équatorial chaud et humide, mais moins bien là où la saison sèche est de longue durée. Il n'a aucune exigence de sol.

Culture

La croissance est rapide et vigoureuse. La propagation a lieu par graines, greffes et drageons, en pépinière. Aucune taille n'est prévue. Après quelques mois, les sujets sont mis en place définitive, à 8 m en tous sens.

Récolte

Trois mois après la floraison. Pour l'exportation, le fruit sera récolté encore bien ferme. La première récolte a lieu quatre ans après la mise en place définitive.

Usages

Production: au moins 20 kg de fruits par arbre peuvent être obtenus. Ce fruit se rencontre rarement en Europe car non importé et méconnu de ce fait. Il existe de nombreuses variétés ayant la forme d'une poire, d'un citron, d'une pomme. La goyave est utilisée en confiture, gelée et sirop.


Psidium Guyava

Remarque

Psidium Cattleianum

Une mention spéciale doit être faire pour ce qui concerne la «goyave-fraise». Il s'agit d'un arbre de la même famille, mais nettement plus petit, portant des fruits petits, pourpres, arrondis, dont le goût est légèrement acide. Il est natif d'Amérique du Sud. L'écorce du tronc est épaisse, les feuilles obovales, luisantes et coriaces. Le fruit a la taille d'une prune dont la pulpe rose à rouge a un goût très agréable, très semblable à celui de la fraise. Il convient parfaitement à la fabrication de tartes, confitures, gelées, sirop, mais peut être consommé cru. Il contient 250 mg de vitamine C par 100 g de fruit. Cet arbre est bien adapté à l'altitude (500 à 1000 m), même si des risques de gelée sont à craindre. Il se multiplie par graines, mais la greffe et le marcottage sont à conseiller. Deux récoltes peuvent être attendues en situation favorable.


Physalis peruviana


Goyave

Psidium pomiferum

Le fruit rond a la grosseur d'une pomme et sa pulpe est rougeâtre.

Psidium guineensis

Fruit de teinte fauve, c'est une baie de la taille d'une noix, la pulpe est rouge.

Grenadier

Punica granatum . Myrtacées (Punicacées). Nom anglais: Pome-granate.

Description

Arbuste assez buissonnant, épineux. Les feuilles sont obovales, luisantes, opposées. Les fleurs, rouge à rouge-orange, très jolies, comptent de nombreuses étamines.

Le fruit est une baie de la taille d'une pomme, à peau dure, d'une teinte rouge brillant à jaune orange à maturité; il est surmonté d'une petite couronne qui est le vestige du calice. La pulpe est aigre-douce et contient de très nombreuses graines rouges. Certaines variétés n'ont pas de graines, elles sont très sucrées et parfumées. Arbre subtropical: Afrique du Nord et Méditerranée.

Climat. Sol

Convient plus particulièrement aux régions orientales d'Afrique (Kenya), quoiqu'il se rencontre au centre du Zaïre. Bien adapté aux régions à longue saison sèche.

Le grenadier privilégie les sols légers, profonds et frais.


Grenadier


Fruits du grenadier

Culture

La croissance est lente. Multiplication par boutures, marcottes, greffes, mais également, sans difficulté, par graines.

Récolte

La maturité est constatée par la teinte du fruit.

Remarque

Il existe une variété à fleurs doubles, écarlates, très grandes, mais stériles, à vocation de plante ornementale.

Groseiller du Cap

Physalis peruviana . Solanacées. Nom anglais: Cape gooseberry ou Peruvian Cherry.

Description

Origine: Pérou. C'est une plante rampante ou grimpante. Les feuilles sont acuminées, à nervures saillantes à leur face inférieure, lancéolées à cordiformes. Le fruit a la taille d'une petite cerise de teinte jaune. Il est enveloppé dans un calice formant une sorte de sac qui reste intact, même après maturité.

Climat. Sol

Ne convient pas pour les zones équatoriales, basses et moyennes, mais il est largement cultivé à l'altitude de 800 à 2000 m, donc en conditions subtropicales. Les terrains sablo-argileux conviennent bien.

Multiplication

Semis par graines en pépinière ombragée, qui sera suivi d'un premier repiquage, puis mise en place à 1 m en tous sens. Le sujet sera tuteuré comme des plants de tomates. C'est une plante pérenne, mais on conseille son remplacement tous les ans ou deux ans.

Usages

Consommé frais (goût de tomate, mais plus sucré) ou en confiture. Ce fruit, en provenance d'Afrique du Sud est vendu en Europe, mais il est encore peu connu.

Remarque

Le Physalis franchetti est une plante ornementale (lanterne chinoise), originaire du Japon. Les tiges peuvent atteindre 50 à 60 cm. Fleurs axillaires blanches, le fruit n'est pas consommé.

Jacquier

Artocarpus integrifolia . Moracées. Nom anglais: Jack Fruit.

Description

Originaire des Indes, cet arbre se distingue surtout par ses fruits. Il est de taille moyenne: 10 à 15 m de hauteur. Les feuilles sont entières, elliptiques, atteignant 20 cm de longueur. Les fleurs mâles sont très petites, groupées en épis massifs.

Les fruits apparaissent sur le tronc et sur les branches les plus anciennes, parfois même à la base du tronc. Botaniquement, le fruit est composé de nombreux akènes entourés de périanthes charnus et groupés sur un réceptacle commun.

Le fruit est généralement oblong à rectangulaire, parfois presque rond. Il peut peser 30 kg; sa longueur est de 30 à 90 cm sur une largeur de 25 à 50 cm. La peau est dorée, coriace, la chair riche en amidon. C'est un des plus gros fruits connus.

Climat. Sol

Convient aux régions basses et humides jusqu'à 700 m d'altitude en région tropicale. Le sol sera de préférence profond, riche et bien drainé.

Multiplication. Culture

Les graines sont mises en place, en pots ou en paniers, car les plantules supportent difficilement la transplantation. Se reproduit également par bouturage.

En cas de semis «in situ», on placera trois graines dans un trou préalablement garni de terreau à un écartement de 10X10 cm. On conservera ensuite le plant le plus trappu. L'enraciement est profond, la croissance rapide.

Récolte

La maturité a lieu huit mois après la floraison et se constate par le dégagement d'une forte odeur caractéristique. La pulpe n'est pas consommable: seules le sont les nombreuses graines.

Usages

Normalement, les graines sont grillées à la façon des châtaignes, mais peuvent être préparées, après cuisson, en salade de fruits avec du riz et du lait de noix de coco.


Artocarpus integrifolia . Le jacquier

Remarque

Il existe plusieurs variétés de jacquier dont un, A. nobilis, produit des fruits plus petits dont on ne consomme que les graines rondes, blanches, de la grosseur d'un petit pois.

Jujubier

Ziziphus jujuba . Rhamnacées. Nom anglais: Jujube.

Description

Petit arbre épineux, de 8 à 10 m de hauteur, à ramure étalée, originaire des Indes et de Malaisie, mais cultivé au Sénégal, Gambie, Niger, Togo, Sierra Leone, etc. Il serait le produit d'un croisement entre Z. mauritiana et Z. spina-christi . Les feuilles sont elliptiques, tomenteuses à la face inférieure, 5 à 7 cm de longueur sur 1 à 3 cm de large. Les fleurs en cyme sont assez nombreuses, de teinte crème. Les fruits rougeâtres, de la taille d'une cerise, ont 2 cm de diamètre. Le fruit est une amande.

Climat. Sol

Cet arbre ne convient qu'aux régions à saison sèche bien accusée.

Culture

Multiplication par marcottage et greffage. Il n'est pas systématiquement cultivé et encore non exporté.

Récolte

Souvent très abondante.

Usages

Le fruit a un goût aigrelet, agréable. La pulpe séchée, farineuse, est englobée pour la préparation d'un pain.

Litchi

Nephelium litchi . Sapindacées. Nom anglais: Litchee.

Description

Originaire de Chine méridionale, le litchi est cultivé dans toute l'Asie tropicale et plus récemment en Afrique (Est et Sud), ainsi qu'aux USA (Floride). Cet arbre, de taille moyenne, 8 à 10 m de hauteur, se distingue par ses feuilles brillantes à la face supérieure et mates à leur face inférieure. Elles sont vertes et parifoliées (2 à 4), coriaces.

Les fleurs, petites, vert pâle, sont groupées en racèmes à l'extrémité des branches. Elles sont diclines, c'est-à-dire qu'elles ne portent les organes que d'un seul sexe (étamines ou pistil). Il existe pourtant des phases transitoires, ce qui permet la pollinisation de l'arbre et des arbre entre eux. La floraison a lieu habituellement en saison sèche.

Les fruits sont réunis en grappes. Ils ont la taille et la forme d'une prune. La peau est dure, verruqueuse; à maturité elle devient rose à pourpre puis brun terne. Le fruit contient une graine brun foncé, entourée d'une gelée blanche presque translucide, d'un goût sucré, mais acide. Le fruit est inerme (sans poil ou épine). Il existe plusieurs variétés de litchi différenciées par la taille, l'aspect et la qualité du fruit.

Climat

Cet arbre se plaît en climat subtropical, à saison sèche bien marquée, mais à saison de pluies abondantes (1500 mm). L'humidité de l'air sera d'au moins 80%. Ce climat est rencontré en Afrique de l'Est à 1000 m d'altitude avec une température moyenne de 25°C (minimum de 4 à 5°C). Il est répandu à Madagascar et à la Réunion.

Sol. Fumure

Comme pour le Ramboutan, le sol sera profond, argileux et peut être un peu acide. Un apport de 50 kg de compost par arbre adulte est recommandé.


Nephelium litchi

Multiplication

Par semis ou greffe mais le meilleur procédé est la marcotte. Les graines perdent rapidement leur pouvoir germinatif et sont lentes à lever. Les jeunes plants seront placés en pépinière ombragée puis, après quelques mois, mis en place.

Culture

L'écartement généralement adopté est de 12 m X 12 m, soit 77 arbre à l'ha. La transplantation s'opère en mottes, en paniers ou en sacs plastique. Une culture intercalaire peut être envisagée.

Récolte

La première récolte peut être attendue vers l'âge de six ans et, au fil du temps, elle sera de plus en plus importante. Il est parfois possible d'obtenir deux récoltes dans l'année. La période de production est assez courte, tous les fruits venant à peu près à maturité en même temps.

Usages

Fruit bien connu des restaurants chinois et présenté comme dessert. On le trouve également et de plus en plus dans les supermarchés d'Europe. Il est soit présenté frais ou conservé en boîtes métalliques. En vue de l'exportation, il sera entreposé dans un local humide et frais.

Macadamia

Macadamia ternifolia var. integrifolia. Protéacées. Nom anglais: Qucensland-nut.

Description

Egalement appelé noix du Queensland (Australie du Nord). C'est un arbre de taille moyenne, 10 à 15 m de hauteur. Le feuillage est dense, vert foncé, composé de feuilles étroites, lancéolées, glabres, groupées en verticilles de trois à quatre. Les fleurs, blanches, sont hermaphrodites et la noix, entourée d'un péricarpe lisse, présente une coque extrêmement dure, ce qui est un désavantage. Diamètre de la noix: 3 cm, semblable à une grosse bille. Arbre à croissance lente.

Climat. Sol

Il se rencontre actuellement un peu partout mais principalement dans les pays de l'Est africain et en Californie. Il convient aux altitudes moyennes. Le terrain sera meuble et fertile, légèrement acide et bien drainé.


Macadamia ternifolia var. integrifolia


Inflorescence du Macadamia ternifolia

Culture

La reproduction a lieu par graines en pépinière ou en bacs séparés, sous ombrage. La germination est assez lente. Le greffage peut être pratiqué lorsque le plant atteint 30 cm.

On choisira les sujets les plus robustes comme porte-greffe. Les jeunes plants seront alors placés définitivement à 12 m dans la ligne et autant en interligne, ce qui permettra une culture intercalaire pendant quelques années (3 à 4). On peut également prévoir une plante de couverture.

On recommande une taille ne conservant qu'une branche tous les 50 cm.

Récolte

Par ramassage au sol. La production ne commence que vers cinq ans.

Traitement

Assez semblable à celui de l'anacardier: concassage, séchage assez poussé, puis triage.

Usages

Les noix grillées, salées, se vendent en Europe. Elles sont également consommées fraîches.

Mangoustanier

Garcinia mangostana . Guttiféracées. Nom anglais: Mangus, Mangosteen.

Description

C'est un arbre de petite à moyenne taille, 10 à 20 m de hauteur, de forme conique, originaire de Malaisie et de l'Indonésie. Les feuilles sont simples, opposées, sans stipule, assez larges, coriaces, elliptiques à lancéolées, vert intense. Il est dioïque (fleurs mâles et femelles sur pieds séparés). Les fleurs apparaissent à l'extrémité des rameaux; elles sont jaunes à bord rouge. Les fruits, de la taille d'une petite pomme, ont la peau lisse, brun pourpre. Les graines, généralement au nombre de cinq, sont entourées d'une pulpe blanche, translucide, neigeuse, contrastant avec la peau pourpre. Les graines sont parfois absentes.

Climat. Sol

Cet arbre est assez indifférent quant à l'altitude, mais un climat humide, un sol riche en humus, profond, bien drainé et argileux, lui sont favorables.

Multiplication

Elle s'opère généralement par semis en pépinière ou par marcottage. Les graines perdent rapidement leur pouvoir germinatif. Ombrage nécessaire. Comme la transplantation est assez délicate, il est recommandé de semer en pots, paniers ou caissettes. Afin d'améliorer les rendements et la qualité, on peut procéder au greffage sur porte-greffes à tige bien aoûté.

Culture

Le séjour en pot ou pépinière sera au moins de deux ans. Lorsque le plant atteindra 25 à 30 cm, on procédera à sa mise en place. La croissance est lente pendant les premières années et exige un ombrage léger. Ecartement 10 m en tous sens.

Récolte

Ce n'est que vers la 10 e à 12 e année que les récoltes seront valables, plus de 10 kg par arbre. Le mangoustan est considéré comme un des meilleurs fruits tropicaux. Il gagnerait à être mieux connu, car d'un très bon rapport. La cueillette se pratique un peu avant la maturité; le fruit supporte aisément le transport.

Remarque

Il existe une autre variété, le Garcinia xanthochymus , originaire des Indes et Malaisie. Cet arbre de 8 à 10 m de hauteur a un aspect assez buissonnant. Les feuilles sont larges, coriaces, 6 à 7 cm de largeur et 30 cm de longueur. Très nombreux fruits jaunes de la taille d'une orange à l'extrémité acuminée. C'est la pulpe jaune, juteuse, qui est consommée. Multiplication par graines. Il convient aux régions basses et moyennes.

Le Garcinia cambogia , autre variété cultivée plus particulièrement aux Indes. C'est un arbre de taille moyenne, d'aspect arrondi et à branches retombantes. Il convient aux régions humides. Le fruit, de la taille d'une orange, présente extérieurement de 6 à 8 sillons (lobes) verticaux et de teinte rouge à jaune-orange. Il contient une pulpe aigre-douce. Reproduction par graines. Convient jusqu'à une altitude de 5 à 800 m.

Barbadine

Passiflora quadrangularis . Passifloracées. Nom anglais: Granadilla.

Description

C'est une plante grimpante s'accrochant à l'aide de vrilles axillaires simples. Les fleurs sont grandes, ovales, alternes, acuminées avec de larges stipules. Les tiges sont quadrangulaires, ailées. Les fleurs sont parfumées, grandes, à pétales roses et blancs. Elles sont solitaires, de 10 à 12 cm de diamètre et caractérisées par leur androgynophore (soudure par leurs filets des cinq étamines en forme de tube).

Les fruits sont des baies, larges, oblongues, atteignant 25 cm de longueur sur 10 à 16 cm de large. Ils sont verts à vert-jaunâtre, comme les pastèques. Le fruit contient une pulpe pourpre, aigre-douce, en mélange avec des graines plates, brunes, nombreuses. La pulpe entourant la graine a un goût très agréable.

Climat. Sol

Convient parfaitement au climat équatorial chaud et humide. Sol bien drainé.

Culture

Multiplication par graines en germoir ou par boutures directement en place, à 2 ou 3 m de distance. Le développement sera facilité par un treillis à larges mailles. Cette plante peut également croître contre un arbre à branches basses. Les fleurs sont généralement pollinisées par les insectes mais, afin d'obtenir une bonne récolte, il est bon de polliniser artificiellement. Lorsque la récolte est terminée, la plante sera rabattue en ne conservant que le tronc et quelques branches maîtresses.

Usages

L'enveloppe extérieure peut être consommée avant maturité, cuite en guise de légume. A maturité, c'est la pulpe qui est normalement consommée fraîche.

Melon

Cucumis melo . Cucurbitacées. Nom anglais: Melon, Cantaloupe.

Description

Plante annuelle à tiges rampantes, rondes et feuilles lobées. Ces tiges portent des fleurs mâles et, plus tard, des fleurs femelles sur les rameaux plus jeunes. Les fruits peuvent être ronds, ovoïdes ou allongés, avec ou sans côtes, à peau lisse ou brodée et à chair rouge, orange, blanche ou verte.

Multiplication

Semis directement en place.

Variétés

On distingue deux groupes:

- Melons «brodés» (couverts de lignes entrelacées).
Ananas d'Amérique, Perlita, de Cavaillon.

- Melons cantaloups (de 8 à 12 côtes).
Cantaloup Prescott, Noir des Carmes, Charantais (le plus connu).

Climat. Sol. Fumure

Réussit assez bien en régions d'altitude moyenne et haute, mais à saison sèche bien marquée. En zone équatoriale humide, le rendement est faible car en saison des pluies, l'humidité et le faible ensoleillement provoquent un jaunissement prématuré et rapide du feuillage; les fruits sont mal colorés et peu sucrés.

Le melon privilégie un terrain moyen, bien fumé. On lui donnera avant semis 500 kg de compost, une fumure NPK de 15-20-26 à raison de 3 kg par are. En cours de végétation, engrais liquide 3 g par litre d'eau.

Culture

Les melons «brodés» sont de culture nettement plus facile sous climat tropical que les cantaloups, très sensibles aux maladies. Le melon émet des tiges qui bifurquent, les deux premières ramifications ne donnent que des fleurs mâles, la troisième des fleurs femelles. C'est une plante monoïque d'où nécessité de soumettre chaque sujet à une taille échelonnée pour accélérer la formation des rameaux fertiles.

a. Quand la plante a 3 à 4 feuilles, on taille au-dessus des deux premières feuilles.
b. Pincer ensuite à 3 à 4 feuilles, les deux branches issues de la première taille.
c. Pincer également sur 4 feuilles les rameaux de la deuxième génération.
d. Les rameaux de la troisième génération porteront les fleurs femelles et les fruits.

Les coupes seront nettes et au moins à 2 cm de la dernière feuille, afin d'éviter le dessèchement de celle-ci. Ne conserver que 3 à 4 melons par pied et pincer à 4 feuilles au-dessus du dernier fruit. Semis en poquets à raison de 3 à 4 graines. A la levée, on ne gardera que le plus robuste. Distance: 1 m en tous sens.

Ne pas négliger les arrosages en cours de végétation et le paillis pour protéger les fruits au contact du sol. La culture sur treillis est intéressante pour ses bons rendements; la taille sera conduite de la même façon.

Récolte

La récolte a lieu normalement, après 90 jours, lorsque le pédoncule du fruit montre une gerçure circulaire plus ou moins régulière; à l'odeur du melon également.

Cent kilogrammes de fruits et feuilles exportent 400 g d'azote, 200 g d'acide phosphorique et 300 g de potasse. Rendements: 10 à 15 t/ha

Maladies

Outre les Thrips, qui seront combattus par Phosan, plusieurs maladies sont à signaler:

Erysiphe

C'est l' Oïdium également appelé «le blanc». Les tiges et feuilles se couvrent d'une poudre blanche. Il faut pulvériser un fongicide tous les 15 jours.

Pucerons

Lutte par le Phosan. Il existe actuellement plusieurs variétés résistantes (voir catalogue des producteurs).

Noyer du Brésil

Bertholletia excelsa . Lecythidacées. Nom anglais: Brazil-nut, Savory-nut.

Description

Bel arbre de grande taille (plus de 30 m de hauteur), originaire de l'Amazonie et de l'Orénoque (région de Para). Les feuilles sont longues, ondulées, coriaces, 30 cm de long sur 6 de large. Les fleurs sont blanches, à six pétales, groupées en panicules, suivies de gros fruits, bruns, arrondis ou ovoïdes. La floraison a lieu en saison sèche. La coque du fruit est ligneuse, très dure, brune.

Climat. Sol

Climat chaud et humide. Sol riche, profond, alluvionnaire.

Culture

En raison de son développement, les écartements sont grands (minimum 20 m). Le fruit demande 8 à 9 mois pour sa maturité.

Récolte

La première récolte n'aura lieu qu'après 15 ans. Le fruit a 10 à 12 cm de diamètre et contient 12 à 15 noix, angulaires, assez grosses: ce sont les noix du Brésil commerciales. A l'extrémité du fruit, se trouve un orifice clos par une cheville fibreuse, mais trop étroit pour laisser échapper les noix.


Noix du Brésil décortiquées


Carica papaya

Usages

Les coques doivent être sciées ou cassées à l'aide d'un marteau ou d'une machine.

Remarque

Il existe un autre noyer brésilien assez semblable, le Lecythis Zabacajo , dont la noix est d'une qualité supérieure et mesure 5 cm de longueur, oblongue, ridée. La coque extrêmement dure est également fermée par un opercule qui, à maturité, tombe et laisse échapper les noix, d'où difficulté de récolte et prix plus élevé. Nom anglais: Monkey-pot ou Paradise-nut. Même famille botanique. Cette noix est utilisée en chocolaterie et en confiserie.

Papayer

Carica papaya . Caricacées. Nom anglais: Paw-Paw (parfois Tree-melon).

Description

C'est une plante arborescente, à stipe non ramifié, à grandes feuilles palmées en touffe terminale. Elle est originaire d'Amérique centrale où sa culture est très ancienne, mais actuellement répandue dans tous les pays tropicaux. Hauteur: 5 à 7 m.

Les feuilles, groupées en couronne terminale, possèdent sept lobes (palmati-lobées) et longuement pétiolées. Lorsqu'elles tombent, fanées, elles laissent une cicatrice très apparente sur le tronc.

Les fleurs femelles apparaissent par groupe de deux ou trois à l'aisselle des feuilles; les mâles, plus vertes, se présentent sous forme de panicules (25 à 15 cm de longueur) également à l'aisselle des feuilles. C'est un arbre dioïque, les pieds sont mâles ou femelles mais il existe des arbres hermaphrodites (bisexués). C'est ainsi que les arbres mâles peuvent produire des fruits, mais ceux-ci, petits, constituent des grappes.

Le fruit est vert virant au jaune-orangé à maturité, de forme ronde à ovoïde. Coupé, il présente une cavité contenant de petites graines noires entourées d'un produit visqueux, translucide. Elles sont très nombreuses, comestibles, mais parfois rares ou mêmes absentes.

La chair du fruit est juteuse, assez épaisse, de teinte orangée à rosée suivant les variétés; elle est consommée en général crue avec ou sans sucre ou avec du jus de citron, en confiture, ou appertisée Le fruit mesure de 20 à 30 cm de longueur et 10 à 15 cm de largeur et pèse de 2 à 4 kg.

Climat. Sol

Le papayer est cultivé du bord de la mer jusqu'à 1000 m d'altitude où il bénéficie d'un climat, soit humide, chaud toute l'année, avec des pluies régulières (2000 m).

Un sol bien drainé, humifère, riche, est recommandé pour cette culture exigeante. Un apport de 50 kg de compost à chaque arbre (ce qui est très possible en «culture de case») est vivement conseillé.

Le papayer est très sensible aux engrais chimiques.

Multiplication. Culture

Les graines récoltées seront séchées, puis utilisées sans tarder dans les bacs-germoirs contenant un terreau riche. La levée a lieu après trois semaines. Un mois plus tard, les jeunes plantules seront repiquées en pots afin d'éviter une reprise difficile lors de la mise en place (racine pivotante).

On procède à cette mise en place au début de la saison des pluies. Le plant est placé dans une fosse de 50x50x50 cm, bien garni de terreau. Les écartements peuvent être assez divers: 2x3 m soit 1500 plants/ha, ou 2x2 m en doubles lignes avec interligne de 4 m, ce qui semble être la meilleure solution car elle facilite l'entretien et permet la pratique d'une culture intercalaire.

La production commence entre le 10 e et le 12 e mois après la mise en place. Le papayer sera remplacé après quatre ans, sa durée de vie économique.

Récolte

Pour l'exportation, la récolte a lieu peu de temps avant maturité, dès qu'un changement de teinte apparaît. Chaque arbre peut produire 40 à 60 fruits par an, de poids très variable suivant les variétés. Les fruits commercialisés en Europe proviennent du Brésil. La récolte a lieu toute l'année.

Variétés

Les plus connues sont la «Solo» de Hawaii et la «Puna» et, pour leur richesse en papaïne, la «Madagascar» et la «Sri Lanka».

Sélection

Suivant Vandenput ( Les principales cultures en Afrique Centrale , p. 1020):

- Lorsque les plantes à fleurs femelles sont fécondées par des plantes à fleurs mâles, leur descendance est constituée de 50% de mâles et 50% de femelles.

- Lorsque les plantes à fleurs bisexuées (hermaphrodites) sont auto-fécondées, leur descendance sera constituée de 66% de pieds bisexués et 33% de pieds femelles.

- Lorsque les plantes à fleurs femelles sont fécondées par le pollen de fleurs bisexuées, leur descendance sera de 50% de pieds bisexués et 50% de pieds femelles. Cette dernière solution évite totalement les pieds mâles, qui sont improductifs.

Maladies

A virus

La frisolée jaune attaque d'abord les feuilles, puis les fruits qui restent sur l'arbre et exsudent de la gomme, puis réduit l'arbre à un tronc avec une petite touffe de feuilles au sommet. Cela se produit par temps sec et chaud. On préconise l'arrachage immédiat des plantes atteintes.

A champignons

Pourriture de la base s'accompagnant du flétrissement et de la chute des feuilles. Est due à Pythium et Fusarium .

Les nématodes attaquent le système racinaire. C'est au stade de la pépinière qu'il y a lieu d'être le plus attentif; il existe de nombreux produits nématicides (dazomet-carbofuran, etc.).

Usages

A consommer cru sans sucre ou avec du jus de citron. On prépare également de la confiture. Les fruits encore verts peuvent être cuits comme des légumes. Il en est de même avec les jeunes racines qui seront consommées comme des salsifis. Pour attendrir une viande trop coriace, on l'emballe dans une ou plusieurs feuilles, le tout placé au réfrigérateur pendant un ou deux jours.

Une mention spéciale doit être faite au sujet de la papaïne, diastase contenue dans le latex s'écoulant du fruit. On lui a découvert de multiples usages:

- en médecine pour combattre les insuffisances gastriques (dissoudre les protéines);
- en tannerie;
- pour la fabrication du «chewing-gum»;
- en brasserie;
- en industrie textile pour «adoucir» les laines et soies.

Au Sri Lanka, le latex du fruit est obtenu par de fines incisions à l'aide d'un canif ou d'un tesson de verre. Le jus s'écoule assez rapidement et est récolté dans un gobelet en aluminium, puis versé dans un bocal en verre avant d'être mis à sécher, au soleil si le temps le permet.

On obtient entre 10 et 15 g de latex par fruit et par jour soit 15% de matière sèche. Le séchage aura lieu le plus rapidement possible et sera terminé dans les 24 heures, puis le produit sera réduit en poudre ou en granulé comme de la semoule. La teinte est grise et l'odeur peu agréable.

La papaïne est placée en sachets hermétiques ou en boîtes étanches en vue de l'exportation. Le produit est généralement raffiné en Europe. Les fruits peuvent être saignés à intervalle de 2 à 3 jours et restent sur pied tant qu'ils produisent.

Il existe un autre procédé de récolte du latex. Il consiste à placer un cerceau en liane soutenu par trois piquets fourchus, le tout recouvert d'une toile dont le col entoure le tronc. Les incisions sont faites à l'aide d'une lame de rasoir introduite dans un bouchon. On peut ainsi régler la profondeur de l'incision. La récolte du latex se pratique à l'aide d'une spatule.

Enfin, on trouve actuellement assez facilement dans le commerce des boîtes hermétiques contenant des feuilles de papayer finement hachées, mais d'un goût extrêmement amer ou des fruits en morceaux.

Les pays exportateurs de papaïne sont: Tanzanie, Ouganda, Hawaii, Sri Lanka, Côte d'Ivoire, Zaïre.

Pastèque

Citrullus lanatus . Cucurbitacées. Nom anglais: Water Melon.

Description

Plante originaire d'Afrique tropicale, annuelle, à tiges rampantes pouvant atteindre 5 m de longueur.

Les fruits sont longs ou oblongs, à peau lisse et sans côtes, à chair blanche, sucrée, rouge, très rafraîchissante. Les graines sont dispersées dans tout le fruit, contrairement au melon. Elles sont noires, jaunes, blanches ou rouges.

Multiplication

Par graines.

Variétés

- Sugar baby (fruit rond).
- Charleston (allongé).
- Panonia (hybride F1).

Climat. Sol. Fumure

Plante peu exigeante quant au sol. Celui-ci sera humide en permanence. La pastèque est très résistante à la sécheresse et très bien adaptée à la chaleur. Le terrain sera bien composté. Elle est cultivée sur tout le pourtour méditerranéen et plus particulièrement en Somalie.

Culture

Semis directement en place en poquets distants de 1 à 4 m suivant les variétés et à raison de 2 à 3 graines. A la levée, on ne gardera que le plant le plus robuste. On taillera assez rapidement pour provoquer la ramification. Quelques arrosages en début de végétation suffiront.

Récolte

On récolte peu de temps avant la maturité. Les fruits peuvent peser de 3 à 5 kg, parfois plus.

Maladies

Parfois, il y a attaque de Cercospora qui sera combattue avec bénomyl.

Usages

Cru, très aqueux et peu parfumé.

Plaqueminier

Diospyros Kaki . Ebénacées. Nom anglais: Persimmon, Kaki ou Date-plum.

Description

Egalement appelé figue-caque ou plaquemine. C'est un petit arbre à croissance lente, dont les feuilles sont élégantes, ovales ou cordées, opposées. Les fleurs sont unisexuées, dioïques. On veillera à conserver quelques plants mâles pour une vingtaine de femelles. Les fleurs mâles ont un ovaire rudimentaire et les femelles, des staminodes (étamines incomplètement développées). Elles sont groupées en panicules à l'aisselle des feuilles. Le fruit est une baie, 8 à 10 cm de diamètre, ressemblant à une tomate. Teinte: jaune-orangé ou pourpre sombre, suivant les variétés. Origine: Chine et Japon.

Climat. Sol

C'est un fruit cultivé dans son pays d'origine, ainsi qu'en Israël et sur la Riviera. Ne convient donc absolument pas en climat humide et de basse altitude, mais mieux adapté au climat de l'Est africain, au-dessus de 1000 m d'altitude.

Récolte

Le fruit est brillant et de teinte jaune-orange. Il contient deux graines, mais certaines variétés n'en possèdent pas. La pulpe est molle et sucrée, son goût se situe entre celui de l'abricot et celui de la nèfle.

Usages

Fruit très connu en Europe et fort apprécié. Il doit être consommé très mûr. Séché, il est comparable à la figue séchée.

Remarque

Le Diospyros discolor (Velvet Apple) est un arbre de taille moyenne, à croissance lente, provenant des Philippines. Le fruit à peau satinée, rose, a la taille d'une pomme; il contient de grosses graines et une pulpe de peu de qualité.

Pomme-rose ou jambosier

Eugenia jambos . Myrtacées. Nom anglais: Rose-Apple.

Description

Il provient d'Amérique tropicale, Asie et Malaisie. Cet arbre de taille moyenne (9 à 12 m de hauteur) a des feuilles lancéolées, assez longues (20 cm) à nervures bien apparentes. Les fleurs, d'un blanc-verdâtre (jusqu'à 8 cm de diamètre) possèdent de nombreuses étamines. Le fruit, de teinte blanche à rosâtre, a la taille d'un œuf et le goût d'eau de rose. La chair est comestible, jaune, assez peu juteuse et contient quelques graines brunâtres.

Climat. Sol

Convient pour basses et moyennes altitudes jusqu'à 1000 m; végète bien en sol profond, humide et fertile.

Culture

La reproduction s'opère par semis en pépinière, puis la plante est mise en place définitive à 5 m en tous sens.

Récolte

A partir de la cinquième année, on peut obtenir deux récoltes par an.

Usages

A consommer frais ou en confitures, gelées et sorbets.

Remarque

Il existe plusieurs autres variétés connues plus particulièrement en Asie:

- E. jambolana

Provient des Indes, 10 à 20 m de hauteur. Sa couronne, souvent penchée, est sphérique. L'écorce est grise, les feuilles de teinte sombre, odoriférantes lorsque froissées. Les fleurs groupées sont petites et le fruit a la forme d'un œuf et contient un jus légèrement acide, mais délicieux. Il est consommé frais ou en confiture. Cet arbre se reproduit par graines ou rejetons.

- E. javanica

Fruits roses, brillants, de la taille d'une fraise. Peu intéressant.

- E. malaccensis

Principalement ornemental. Pulpe cotonneuse, non consommée.

Les Eugenia sont peu connus en Europe.

Ramboutan

Nephelium lappaceum . Sapindacées. Nom anglais: Rambutan.

Description

Arbre d'origine malaise, appelé parfois le «poilu». Il peut atteindre 15 m de hauteur; son port est assez étalé et élégant. Les feuilles sont dépourvues de stipules, composées de deux à trois folioles, brillantes, assez fermes. Les inflorescences sont groupées en grands racèmes. La fleur est dicline (arbre dioïque) à 5 sépales et 5 pétales.

Les fruits en grappes suspendues à l'extrémité des branches, sont de teinte rouge brillant, orange à jaune et de la taille d'une grosse groseille couverte de longues épines colorées un peu charnues et molles. Cette enveloppe contient une graine entourée d'une chair blanche, fondante, d'un agréable goût acidulé. Malheureusement, le fruit est très souvent consommé par les oiseaux.

Climat

C'est un arbre cultivé principalement en régions de basse altitude jusqu'à un maximum de 500 m. L'humidité de l'air sera d'au moins 80%, ce qui exclut la culture en régions semi-arides ou à saison sèche de longue durée.

Sol. Fumure

Le terrain sera profond et bien travaillé avant la mise en place définitive. Un apport de compost régulier sera très bénéfique (25 à 35 kg par pied).

Multiplication

En petite culture, cette multiplication est opérée par graines mais la fidélité de la descendance n'est pas assurée. La méthode la plus fiable est le marcottage des branches basses ou le greffage. Les graines ont un pouvoir germinatif de courte durée; il y a lieu d'en tenir compte.

Culture

Les graines, dont on aura enlevé la pulpe et la capsule, seront placées en pépinière à 1 cm de profondeur. Les seedlings y resteront six mois, puis seront transplantés en motte à leur place définitive à 12x12 m d'écartement, en quinconce, soit 77 sujets à l'ha. Une couverture, morte ou vivante, sera maintenue dans les interlignes. Après récolte: taille d'entretien. Une culture intercalaire est conseillée les premières années.

Récolte

Essentiellement saisonnière. Peu importante au début (6 ans), elle augmentera peu à peu pour atteindre plusieurs centaines de kg par arbre. Le temps de récolte est très court.

Usages

Les fruits sont consommés frais mais ils sont également mis en boîtes. La conservation nécessite un local frais à froid et humide, avant expédition. Les ramboutans se vendent de plus en plus en Europe au même titre que les litchis, particulièrement en hiver.

Remarques

a. Il existe en Malaisie un arbre similaire, le Nephelium mutabile (chryseum). Il diffère pourtant du précédent par ses feuilles, dont la partie inférieure est grisâtre. Les fruits sont plus gros, pourpre à brunâtre. Les conditions écologiques sont les mêmes. Le goût est supérieur à celui du Ramboutan. Arbre peu connu.

b. Originaire des Indes, Birmanie et sud de la Chine, le «Longan» ( Nephelium Longana ) est de la même famille. Cet arbre à couronne étalée, assez grand, écorce grise, douce au toucher, produit des fruits semblables au Ramboutan mais moins appréciés. C'est l'arille qui est consommé. Nom anglais: Longana.

Safoutier

Dacryodes edulis . Burséracées ( Pachylobus saphu ). Nom anglais: saphu.

Description

Arbre originaire d'Afrique de l'Ouest et Centrale. Spontané au Nigeria, au Cameroun et au Zaïre, il atteint facilement 25 m de hauteur en forêt mais sera maintenu à 10 m en culture. La couronne est très feuillue, d'un vert sombre. Les feuilles sont composées de 3 paires de folioles plus une foliole terminale à pétiole court. Ces folioles peuvent atteindre 20 cm de longueur sur 5 à 6 cm de large, veloutées, tomenteuses. Les fleurs sont en panicules denses ou en grappes. Les sépales et pétales sont tomenteux de teinte rouille. Les fruits sont oblongs à ellipsoïdes, d'un bleu brillant, 7 cm de long et 3 à 5 cm de large, assez semblables à une prune. L'écorce est résinifère et produit une substance à odeur de térébenthine. Arbre utilisé également pour le reboisement.

Climat. Sol

Pour les altitudes basses et moyennes, jusqu'à 700 m. Un sol profond et bien drainé est nécessaire.

Culture

Les graines seront mises directement en place en pots ou en sacs. Cet arbre ne supporte pas la transplantation. Ceci est dû à sa racine pivotante qui ne peut être sectionnée. Les écartements seront de l'ordre de 10 à 15 m.

Récolte

A maturité, le fruit vire au pourpre-violet. La récolte a lieu presque toute l'année.

Usages

Grillé, sous la cendre ou frais. Le noyau est très dur, ovale et contient une petite graine allongée, aplatie, huileuse, comestible.

Sapotillier

Achras sapota . Sapotacées. Nom anglais: Sapodilla-Plum.

Description

Arbre de taille moyenne (7 à 10 m de hauteur), à port symétrique, originaire d'Amérique tropicale. Les feuilles sont elliptiques, vert sombre, luisantes, coriaces, alternes. Les fleurs sont petites, vert pâle; les fruits sont ovoïdes ou arrondis, à enveloppe mince, roussâtre à brun. Lorsqu'il est bien mûr, le fruit contient une pulpe brun pâle, translucide, très savoureuse, ainsi qu'une dizaine de graines noires et brillantes. Il existe plusieurs variétés différenciées par la taille et l'aspect du fruit.


Fruit du safoutier

Climat. Sol

Croît partout jusqu'à 1000 m d'altitude, mais préfère les régions basses et humides. Le sol sera riche et bien pourvu en humus. Un apport important de compost est particulièrement bénéfique.

Multiplication

Habituellement par graines, mais il est préférable de prévoir le prévoir le greffage en pépinière. greffage en pépinière.

Culture

La plantation a lieu en mottes à une distance de 5 m en tous sens. C'est un arbre à croissance très lente. Les premières récoltes ne peuvent être espérées qu'après 5 à 6 ans et le plein rendement n'est atteint qu'après quelques dizaines d'années.

Récolte

Il est possible d'obtenir deux récoltes par an. En pleine production, cet arbre donne plusieurs milliers de fruits. Fruit encore peu connu en Europe.

Remarque

Cet arbre donne également par saignée du tronc le chicle, sorte de gomme parfumée servant à la fabrication du «chewing-gum». Des incisions en V ou en oblique sont pratiquées dans l'écorce. Le latex est récolté sur des feuilles ou dans des récipients. Il sera ensuite filtré, puis chauffé pour le coaguler. Enfin pétri et pressé. Un arbre peut produire 3 à 4 kg de latex par an.

Spondias

Spondias mangifera . Anacardiacées. Nom anglais: Hog plum ou Ambarella.

Description

Arbre de taille moyenne, 10 à 15 m de hauteur. Origine: Iles du Pacifique, mais introduit dans toutes les régions tropicales. Connu dans toute l'Afrique de l'Ouest (Gambie, Côte d'Ivoire, Nigeria, etc.). Le branchage est en forme de couronne irrégulière. L'écorce est ridée, d'un brun gris, résineuse. Les fleurs sont alternes, pennées (5 à 8 pinnules), oblongues à lancéolées, 5 à 10 cm de long et 2 à 5 cm de large. Fleurs petites, polygames, en panicules. Le fruit est rond ou ovoïde, de la taille d'une grosse prune ou d'une petite mangue, de teinte ambre à maturité. Il contient une noix entourée de fibres et de pulpe blanche ou jaune à odeur agréable.

Climat. Sol

Bien acclimaté en Afrique de l'Ouest. Le sol sera sablo-argileux.

Culture

Multiplication ordinairement par rejetons. Plantation définitive à 10 m en tous sens.

Récolte

A noter que certaines variétés ne sont pas consommables.

Remarque

Confitures, gelées et, pour les bonnes variétés, en frais.

Une autre espèce, le Spondias tuberosa , originaire du Brésil (zone aride), se distingue par ses racines tubéreuses. Le fruit, ovoïde, 3 à 4 cm de longueur, peut être consommé frais ou en marmelade.

Terminalia catappa

Terminalia catappa . Combrétacées. Nom anglais: Country almond.

Description

Cet arbre, appelé également Myrobalanier, originaire de Malaisie, est introduit en Afrique depuis longtemps. Il peut atteindre 10 à 20 m de hauteur et est caractérisé par ses grandes feuilles coriaces, luisantes, alternes, obovoïdes, ayant parfois 30 cm de longueur sur 15 cm de largeur. Avant leur chute, elles prennent une teinte pourpre (deux fois par an). Les fleurs forment des épis (racèmes). Le fruit, de la taille d'une prune, faiblement compressé sur ses deux côtés, est plus allongé que large, ellipsoïde, 4 à 6 cm de longueur.

Climat. Sol

Se cultive du bord de la mer jusqu'à 700 m d'altitude. Il n'est pas exigeant quant à la qualité du sol.

Culture

Reproduction par graines. Cet arbre, surtout employé pour son aspect ornemental, est souvent planté en bordure d'avenues.

Usages

Les noix ont un goût agréable d'amande douce, crues ou grillées. On en extrait également une huile semblable à celle de l'amande. Cet arbre a sa place ornementale dans les parcs et jardins.

Tomates en arbre

Cyphomandra betacea . Solanacées. Nom anglais: Tree Tomato.

Description

Ce buisson ou petit arbre, natif du Pérou, est semi-ligneux et toujours vert. Feuilles assez grandes à nervures bien marquées. Les fleurs sont réunies en grappes vers l'extrémité des rameaux. Le fruit, de la taille d'un œuf, a une peau très fine. Au début, ces fruits, vert-pourpre, virent au jaune-pourpre. Cet arbre a une croissance rapide.

Climat. Sol

Pour altitudes moyennes à hautes. Le sol sera profond, bien fumé.

Culture

Multiplication par graines et boutures. Les écartements sont de l'ordre de 5 m en tous sens.

Récolte

Il est possible de récolter dès la 2e année. La durée de cette production est de 5 à 6 ans, mais elle est très abondante presque toute l'année. A maturité, le fruit est de coloration pourpre foncé.

Usages

Le fruit peut être consommé cru mais également cuit, en compote et confiture. Il est presque inconnu en Europe.

Fruits divers

Outre les nombreux fruits qui précèdent, il a paru utile de citer d'autres espèces, moins connues ou encore ignorées en Europe. Toutefois, il faut considérer que certains fruits peuvent être consommés par certaines personnes et non par d'autres. Les goûts et habitudes varient souvent d'un pays à l'autre. Les Blighia et Coula sont consommés, par exemple, par les populations de certains pays de l'Ouest africain, alors qu'ils sont dédaignés ailleurs.

D'autre part, de nombreux fruits originaires des Indes, Malaisie, Indonésie, sont consommés localement mais sont encore inconnus en Afrique, si ce n'est dans les collections des jardins botaniques. Nous pensons entre autres à:

- Bactris utilis (Peachnut)
Palmacées: pulpe semblable à la datte.

- Cynometra cauliflora (Nam-Nam)
Légumineuses: gousses vertes.

- Mimusops bojeri
Sapotacées: assez semblable à la Sapote.

- Zisyphus jujuba (Jujube)
Rhamnacées: fruit dont on extrait le jujube.

et bien d'autres...

1. Blighia

Blighia sapida . Sapindacées. Nom anglais: Akee.

Description

Arbre assez commun des forêts d'Afrique de l'Ouest (Sénégal, Sierra Leone, Cameroun, Togo, Niger, etc.). Il peut atteindre 8 à 15 m de hauteur et se distingue par sa couronne étalée et ses branches à écorce striée. Les feuilles sont composées, pennées; les fleurs sont groupées en racèmes axillaires, parfumées, blanc-verdâtre.

Le fruit est une capsule triangulaire, rouge à maturité, de 4 à 6 cm de longueur sur 3 cm de diamètre, rugueuse lorsque sèche, s'ouvrant sur trois graines oblongues, luisantes, chacune possédant un arille blanc-jaunâtre. La graine est noire et de la taille d'un gros pois. C'est l'arille qui est comestible.

Climat

C'est un arbre de savanes observé jusqu'à 700 m d'altitude.

Culture

Rencontré dans le verger familial, dit «de case».

Récolte

Le fruit doit absolument être récolté sur l'arbre car, tombé ou trop mûr, il peut être toxique; il doit être consommé immédiatement. En effet, le péricarpe exposé à l'air développe une saponine qui est d'ailleurs employée dans plusieurs pays pour la pêche en rivière, en raison de son action paralysante sur les poissons.

Usages

L'arille peut être frite au beurre ou bouillie et assaisonnée de sel et de poivre. Entre les lobes de l'arille se trouve un tégument qui doit être enlevé avant la préparation culinaire. Certains Anglais préfèrent cette préparation au traditionnel «eggs and bacon» au petit déjeuner.

2. Canarium

Canarium schweinfurthii . Burséracées. Nom anglais: Country almond.

Description

Arbre de grande dimension atteignant 40 m de hauteur, ressemblant assez aux vieux chênes européens; il ne possède que de faibles accotements. L'écorce, blessée, laisse exsuder une résine blanchâtre, combustible, utilisé pour la fabrication de torches. Les feuilles sont grandes, composées, imparipennées, 6 à 8 paires de folioles. Les jeunes feuilles et pousses présentent une teinte rouge violacée. L'arbre perd ses feuilles en fin de saison sèche.

Les fleurs, en grappes de 20 cm de longueur, sont blanc-verdâtre, unisexuées. Les fruits, à maturité, ressemblent à une prune à surface bleuâtre et contiennent un noyau très dur, triangulaire qui, lui-même, renferme une petite graine aplatie, huileuse, comestible.


Canarium schweinfurthii

Climat. Sol

Cet arbre, rencontré dans toute l'Afrique de l'Ouest jusqu'à 700 m d'altitude, prospère en sol profond et bien drainé.

Culture

Multiplication par graines. Cet arbre convient également pour la plantation en avenues.

Récolte. Usages

Peut produire deux récoltes par an. La graine est consommée fraîche ou grillée, elle est également utilisée pour la fabrication d'une huile comestible, a un goût d'amande.

3. Coula

Coula edulis . Oléacées.

Description

Arbre d'assez grande taille, plus de 30 m, assez commun en forêt tropicale de l'Ouest africain, de la Côte d'Ivoire, au Zaïre.

Les feuilles sont grandes (20 à 30 cm de longueur sur 9 à 10 cm de largeur), elliptiques à oblongues. Les feuilles sont couvertes d'une pubescence ferrugineuse foncée et, adultes, elles deviennent coriaces. Les fleurs sont groupées en panicules de teinte rouille et situées à l'extrémité des rameaux.

Le fruit globuleux est vert-brunâtre, 4 cm de longueur. Il contient une pulpe charnue ainsi qu'une graine sphérique, très oléagineuse; comestible, à goût de châtaigne, très agréable à consommer. Elle est entourée d'une coque très dure de 6 mm d'épaisseur. Cet arbre n'est pas cultivé.

L'Ongokea gore , de la même famille, est assez semblable, quant à ses fruits de 2 à 5 cm de longueur en trois segments; peau verdâtre, pulpe charnue, graine très oléagineuse et comestible. Cet arbre se rencontre dans les mêmes régions que le Coula. Hauteur 30 m. Feuilles alternes, simples, coriaces, d'un vert luisant. Fleurs disposées en ombelle formant de grandes panicules.


Coula edulis

4. Dialium

Dialium guineense . Légumineuse. Nom anglais: Velvet Tamarind.

Description

Arbre atteignant 20 à 25 m de hauteur, dont 8 à 10 m de fût. Il n'est pas cultivé, mais se rencontre à l'état sub-spontané dans les forêts du Sénégal, de Gambie, du Nigeria, du Cameroun, du Gabon et du Zaïre.

Les feuilles ont 5 à 7 folioles, rarement trifoliées. Les folioles sont ovales, oblongues et en général longuement acuminées. Les fleurs, groupées en panicules denses, très ramifiées, sont au sommet des rameaux. Elles sont très nombreuses, petites, jaunâtres, à 5 sépales, extérieurement pubescentes, un peu ferrugineuses; un seul pétale, très petit, blanc, qui dépasse à peine la longueur des deux étamines (beaucoup de légumineuses ont des étamines au nombre de 10 ou plus). Le fruit ne rappelle pas la gousse caractéristique de la presque totalité des légumineuses. Il ne contient qu'une graine un peu comprimée et entourée d'une pulpe farineuse sucrée, mais acide. Ce fruit a la grosseur d'une cerise et possède une peau brunâtre. En savane, cet arbre reste généralement petit et buissonnant.

Climat

Se rencontre un peu partout en Afrique occidentale.

Multiplication

Par graines.

Usages

Consommé cru.


Dialium guineense

5. Feijoa

Feijoa sellowiana . Myrtacées. Nom anglais: Feijoa.

Description

Buisson ou petit arbre buissonnant, 3 à 5 m de hauteur, originaire d'Amérique subtropicale et de culture assez récente (Californie). Il est semblable au goyavier, surtout son fruit. Celui-ci est ovoïde, 6 à 8 cm de longueur, peau verte parfumée; sa chair est jaune clair.

Usage

C'est un fruit à peler que l'on consomme cru, en confiture ou en gelée. Son goût se situe entre celui de la fraise et celui de l'ananas. On le trouve parfois dans les magasins spécialisés en fruits tropicaux. Mérite d'être connu.

6. Figuier

Ficus carica . Moracées. Nom anglais: Figs.

Description

Petit arbre sarmenteux, originaire d'Asie mineure, principalement cultivé sur le pourtour méditerranéen ainsi qu'en Turquie, en Afrique du Sud et en Californie.

Les feuilles sont larges, incisées. Après fécondation de la fleur, le réceptacle se ferme et forme l'infructescence (sycone). La figue peut être noire (violette) ou blanc-verdâtre.

L'arbre perd ses feuilles en saison froide.

Climat

La culture du figuier ne peut être envisagée qu'en altitude dans les régions à climat sec et à saison froide. Il n'a donc pas sa place en Afrique tropicale. L'irrigation est employée pendant la période de la formation des fruits et arrêtée lors de leur maturité.

Culture

Le sol sera sablo-argileux, mais surtout bien drainé. Arbre à protéger des grands vents. Reproduction par boutures.

Usage

Consommation des fruits frais ou séchés.

7. Hibiscus

Hibiscus sabdariffa . Malvacées. Nom anglais: Red Sorrel, Rozelle.

Description

Plante buissonnante, à port érigé, 2 à 3 m de hauteur, originaire des Indes où elle est très cultivée. L'Hibiscus est annuel et se distingue par ses branches colorées en rouge, minces, poilues. Feuilles ovales ou trilobées, glabres. La fleur est jaune avec centre pourpre, 2 à 3 cm de longueur. Le calice à maturité devient charnu, poilu et contient un fruit de teinte rouge. Origine: Indes.

Climat

Plante très cosmopolite, rencontrée partout jusqu'à plus de 1000 m d'altitude en régions chaudes.

Culture

Multiplication par graines en pépinière, puis mise en place à 1,50 m x 1 m d'écartement au début de la saison des pluies. Cette plante est souvent utilisée en culture dérobée.

Récolte

Elle a lieu 4 à 5 mois après la plantation et se prolonge durant deux mois.

Usages

Les sépales charnus sont consommés crus mais, le plus souvent, ce fruit est utilisé pour la fabrication de gelée; il est aussi consommé en boisson. Les jeunes feuilles peuvent être consommées comme des épinards.

8. Mammea

Mammea americana . Guttiféracées. Nom anglais: St. Domingo Apricot.

Description

Origine: Amérique tropicale et Indes. C'est un petit arbre à croissance lente. Les feuilles sont assez grandes, brillantes, coriaces, les fleurs parfumées, blanches. Le fruit, rond, a 10 à 15 cm de diamètre, peau lisse, brune, ressemblant à de l'écorce. Le fruit présente à son extrémité un petit mamelon et contient une graine, parfois deux, couvertes de fibres, le tout entouré d'une pulpe orange, épaisse (15 cm de diamètre). Les fleurs sont de teinte crème; parfumées et distillées, elles donnent un alcool appelé «crème de Créole».

Culture

Le sol sera riche, humide, mais bien drainé. Cette plante est cultivée sporadiquement un peu partout en Afrique de l'Ouest (Niger, Cameroun, Zaïre). Fruit intéressant qui pourrait être amélioré par sélection.

Usage

La pulpe est consommée crue ou en confiture. Ce fruit équivaut au mangoustan, mais son goût rappelle celui de l'abricot.

9. Monodora

Monodora myristica . Anonacées. Nom anglais: Calabash Nutmeg.

Description

Arbre pouvant atteindre 20 m de hauteur, assez commun en Afrique de l'Ouest. Tronc irrégulier à couronne très feuillue, dense, vert foncé. Les feuilles sont alternes, simples, coriaces, mates à la face inférieure et luisantes à la face supérieure avec une belle nervation. Les fleurs sont isolées, pendantes, suspendues à un long pédicelle. Six pétales dont les trois extérieurs, très longs et ondulés; les trois intérieurs, plus larges, formant une sorte de dôme. Le fruit, presque globuleux, 7 à 8 cm vert luisant. La coque, très dure, contient de nombreuses graines aromatiques de la grosseur d'un haricot brun ou jaune, entourées de pulpe blanche.

Climat. Sol

Pour régions basses et humides. Sol de bonne qualité.

Culture

Ne fait habituellement pas l'objet d'une plantation.

Usage

Les graines ont un goût et une odeur agréable de poivre. Parfois exportées en Europe.

Remarque

Le Xylopia œthiopica de la même famille, est un arbre de dimensions moyennes (15 à 20 m). Les feuilles sont entières, coriaces, alternes, vert foncé. La floraison en saison des pluies est très abondante. La fleur dégage un parfum semblable à celui de l'ylang-ylang. Elle est blanche, six pétales longs et étroits. Le fruit est une sorte de gousse de 5 à 6 cm de longueur devenant rougeâtre à maturité. Elle contient des graines de la taille d'une fève. Elles sont utilisables comme condiment, poivre.

Le Xylopia aromatica est un arbre buissonnant originaire d'Afrique de l'Ouest, dont les graines possèdent les mêmes qualités que celles de la variété précédente.

10. Monstera

Monstera deliciosa . Aracées. Nom anglais: Ceriman.

Description

Cette plante épiphyte, très connue en Europe pour sa valeur décorative, est citée ici à titre de curiosité. Originaire du Mexique, elle possède de très belles feuilles perforées (fenestrées), brillantes, pouvant atteindre 80 cm de longueur sur 60 cm de large, coriaces. Les pétioles sont assez longs, engainants; ils sont renflés à leur base. Les racines sont aériennes. L'inflorescence est un spadice de près de 20 cm de longueur, entouré d'une spathe. Ce spadice est pourvu d'un grand nombre de baies qui, à maturité, sont comestibles, mais peu juteuses, à odeur d'ananas.

La pulpe contient de l'oxalate de chaux qui provoque une irritation de la gorge. C'est un fruit non consommable

Multiplication par boutures placées dans un substrat d'écorces d'arbres et de terreau de feuilles. Le Monstera nécessite un soutien.

11. Opuntia ou figuier de barbarie

Opuntia dillenii . Cactacées. Nom anglais: Prickly Pear.

Description

Plante buissonnante dont les tiges sont en forme de raquettes épineuses, à pointes très acérées. C'est une plante xérophyle, charnue.

Sa culture n'est à envisager qu'au bord de la mer et en climat sec, pratiquement toute l'année; les racines sont, en effet, très sensibles à l'humidité.

L'Opuntia est également employé en haies défensives. Les fleurs sont spiralées et donnent un fruit comestible après enlèvement des épines. La peau jaune-orangé est garnie de picots, très fins, mais dangereux. Le fruit est vendu très couramment en Europe.

12. Telfairia

Telfairia pedata . Cucurbitacées. Nom anglais: Telfaria-nut.

Description

Plante grimpante pouvant atteindre 30 m de longueur. La tige est mince et ligneuse. Les feuilles sont elliptiques à ovales, courte ment acuminées, jusqu'à 15 cm de longueur sur 10 cm de large. La tige produit des vrilles. C'est une plante dioïque dont les fleurs se situent dans la partie supérieure; elles sont de teinte crème avec un œil central rouge.


Opuntia (a)


Opuntia (b)

Le fruit atteint la taille de 40 à 60 cm de longueur sur 10 cm de large. Il présente une douzaine de stries extérieures, de teinte vert glauque et contient de nombreuses graines rondes de 3 cm de diamètre.

Origine

Afrique de l'Est.

Climat

Régions à saison sèche bien accusée.

Usage

Les graines peuvent être consommées fraîches ou grillées. Elles contiennent une huile que l'on dit équivalente à celle de l'olive.

13. Les prunoïdées et pomoïdées

Ceux-ci sont donnés à titre indicatif:

- Prunus domestica : le prunier-plum.
- Prunus armeniaca : l'abricot-apricot.
- Prunus persica : la pêche-peach.
- Prunus institia : la reine-claude-greengage.
- Prunus cerasifera : l'amandier-almond-tree.
- Pyrus communis : le poirier-pear.
- Pyrus malus : le pommier-apple.

Rendre à César ce qui appartient à César. Ces fruits sont l'apanage sans conteste des pays tempérés, dont ils sont originaires, que ce soit d'Europe ou d'Asie. Entre les deux tropiques, leur culture a très peu de chance de réussir, sauf dans les régions d'altitude très élevée (Kenya, etc.).

Les fruits que l'on pourrait obtenir ne sont absolument pas à comparer avec ceux des régions tempérées et ne sont utilisables que pour la fabrication de compote avec addition de sucre. Les pays méditerranéens et européens tempérés, ainsi que l'Afrique du Sud, sont les grands producteurs.

14. La vigne

Vitis vinifera . Vitacées. Nom anglais: Grape-Vine.

La vigne est cultivée au sud de l'Europe, en Asie mineure, en Afrique du Nord et du Sud, en Australie et aux Etats-Unis. En Afrique tropicale, on ne la rencontre pratiquement qu'au Kenya et à Madagascar sur les hauts plateaux. La vigne, en effet, a besoin d'un repos hivernal après récolte, qui ne s'observe qu'en haute altitude sous les tropiques. C'est pourquoi après la récolte, en même temps que la taille, on dénude des racines et on les laisse à l'air libre pendant quelques semaines. En bref, la culture n'est possible qu'en haute altitude, en région à saison sèche prolongée ainsi que sur tout le pourtour méditerranéen.

X. Glossaire

Acuminé: organe terminé en une pointe effilée.

Bractée: feuille ou écaille ayant à leur aisselle une fleur ou un groupe de fleurs.

Bulbille: petit bulbe se développant dans l'inflorescence ou à côté du bulbe principal.

Chromosome: élément figuré, caractéristique du noyau au moment de la division cellulaire. C'est un organite cylindrique en forme de bâtonnet plié en L ou en V.

Cyme: inflorescence formée d'un axe principal terminé par une fleur et portant latéralement un ou plusieurs axes secondaires qui se ramifient. On distingue: cyme dichotome, trichotome et scorpioïde.

Dicline: plante qui possède des fleurs d'un seul sexe (étamines ou pistil).

Dioïque: plante dont les fleurs mâles et femelles sont sur des sujets différents.

Embryogénèse: forme par laquelle passe un organisme végétal depuis l'état de spore jusqu'à l'état adulte.

Haploïde: espèce équipée sexuellement de la moitié du nombre normal de chromosomes des cellules somatiques.

Héliophile: qui aime l'exposition au soleil.

Inflorescence: mode de groupement ou ensemble des fleurs groupées sur une plante: capitule, grappe, etc...

Lancéolé: étroit, élargi au milieu et insensiblement atténué aux extrémités.

Monocarpique: qui ne porte qu'une fois des fruits, inflorescence terminale.

Monopodial: tige sans ramification: stipe du palmier.

Nucelle: partie centrale de l'ovule d'une plante angiosperme.

Ombrophile: qui aime l'ombrage et l'humidité.

Panicule: sorte de grappe à pédoncules inégaux et ramifiés: vigne.

Pétiole: support du limbe foliaire.

Polycarpique: dont le sommet végétatif assure la continuité de la croissance.

Racème: inflorescence ayant un axe principal à ramification monopodiale.

Rhizome: tige souterraine, simple ou ramifiée.

Sépales: feuilles peu modifiées, dont l'ensemble forme le calice.

Spathe: bractée large, enveloppant complètement certaines inflorescences.

Spadice: inflorescence de fleurs ordinairement nues et unisexuées sur un axe plus ou moins charnu.

Staminode: étamine incomplètement développée ou transformée.

Stipule: production latérale sise à la base du pétiole.

Tomenteux: couvert d'un feutrage cotonneux, de poils denses et entremêlés.

Xérophile: qui aime les climats secs, désertiques.

XI. Bibliographie sommaire

AUGE (R.) et consorts . - La culture in vitro. Baillère, Paris, 1989.

HUTCHINSON (J.) and DAZIEL (J.M.). - Flora of West Africa .

TALLBERT (T.J.). - Growing fruit and vegetable . Ed. H. Kimpton, Londres, 1953.

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MACMILLAN (H.F.). - Tropical Planting and Gardening. Macmillan and Co, London.

BECKER (S.). - The production of Papain. The Botanical Garden, Bronx, New York.

MUNIER (P.). - Le palmier dattier . Maisonneuve et Larose, 1973.

VANDENPUT (R.). - Les principales cultures en Afrique Centrale . AGCD, Bruxelles, 1981.

PYNAERT (L.). - Les litchis et espèces voisines . Minicol, Bruxelles, 1955

POPE (W.T.). - The edible passion fruit in Hawaii . Station Bulletin Hawaii.

LASSOUDIERE (A.). - Le papayer . IRFA, Paris, 1968.

WILSON (R.J.). - The market for cashewnut Kernels London . Trop. Product Institut, 1975.

Mémento de l'Agronome, Ministère de la Coopération au Développement, 1991.

Collections «Le Technicien d'Agriculture Tropicale», Maisonneuve et Larose, Paris, le CTA (U.E.) et l'ACCT, Paris, et «The Tropical Agriculturist», CTA et Macmillan Education Ltd, Londres.

Documents photographiques

Ont participé à l'illustration de cet ouvrage: MM. Deschamps, Père Tiquet, Kroll (Cuba, Rwanda, Burkina Faso, Hawaï, Angola, Zaïre).

Dessins et croquis: R Kroll.

AGENCE DE LA FRANCOPHONIE (ACCT)

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