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Le lapin (Maisonneuve et Larose, 1993)

24

Denis Fielding
Traduit de l'anglais par
Context Language Services

LE TECHNICIEN D'AGRICULTURE TROPICALE
Collection couronnée par l'Académie d'Agriculture de France et dirigée par
René COSTE
Membre de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer Ingénieur général d'agronomie (H.)

Agence de Coopération Culturelle et Technique
13, quai André-Citröen
F 75015 PARIS

Centre technique de Coopération agricole et rurale (C.T.A.)
Postbus 380
NL 6700 AJ WAGENINGEN

Editions Maisonneuve et Larose
15, rue Victor-Cousin
F 75005 PARIS

Les opinions exprimées ainsi que les orthographes des noms propres et les limites territoriales figurant dans le présent document n'engagent que les auteurs et nullement la position officielle et la responsabilité de l'Agence de Coopération Culturelle et Technique et le Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale.

REMERCIEMENTS

Les remarques constructives de MM. J. Ascough et G. Matheron sur le manuscrit ont été particulièrement appréciées. L'auteur tient également à remercier M. C. Daborn pour son aide, et plus précisément pour les suggestions portant sur le chapitre 11. Il exprime aussi sa reconnaissance envers M. T. Fison, de Tanzanie, pour les échanges fructueux de correspondance sur l'élevage du lapin en région tropicale.

MM. T. Fison et R. W. Matthewman ont aimablement fourni quelques unes des photographies illustrant certaines parties du livre.

Le Directeur de la Collection, R. Coste, a particulièrement apprécié le soin apporté par M.L. Letenneur, chargé de mission auprès du Directeur de l'IEMVT, à la révision de la traduction en français du texte britannique. Il l'en remercie.

Les éditeurs ont tenté, dans la mesure du possible, de respecter les droits d'auteur. Si certains auteurs ont néanmoins été oubliés, les éditeurs se feront un devoir de prendre au plus vite les dispositions nécessaires pour y remédier.

Edition anglaise originale parue en 1991 sous le titre Rabbits dans la collection The Tropical Agriculturalist publiée par The Macmillan Press Ltd, Houndmills, Basingstoke, Hampshire RG21 2XS, Grande-Bretagne, en collaboration avec le C.T.A., établi aux Pays-Bas. Les détenteurs du copyright ne sont pas responsables des modifications apportées au texte original anglais.

Edition française publiée par Maisonneuve et Larose, l'A.C.C.T. et le C.T.A. Tous droits réservés.

© Denis Fielding et Macmillan Press Ldt, 1993
ISBN: 2-7060-1091-2 et 92-9020-207-X
ISSN: 0290.3540

La loi du 11 mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part que les «copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective» et, d'autre part que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, «toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite» (alinéa 1 er de l'article 40).

Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal.

LE TECHNICIEN D'AGRICULTURE TROPICALE

1. Le Riz pluvial , par Michel JACQUOT et Brigitte COURTOIS.

2. Le Maïs , par Guy ROUANET.

3. Le Bananier plantain , par Hugues TEZENAS DU MONTCEL.

4. Le Stockage des produits vivriers (en deux volumes), par Jean APPERT.

5. Le Cotonnier en Afrique tropicale , par Gérard SEMENT.

6. Le Manioc , par Pierre SILVESTRE.

7. Le Désherbage des cultures tropicales , par E.M. LAVABRE.

8. Insectes nuisibles aux cultures vivrières et maraîchères (en deux volumes), par Jean APPERT et Jacques DEUSE.

9. Les légumineuses vivrières tropicales , par Marc BORGET.

10. Le théier , par Denis BONHEURE.

11. Le caféier , par H.R. CAMBRONY.

12. L'écrevisse rouge des marais , par Jacques C.V. ARRIGNON, Jay V. HUNER et Pierre J. LAURENT.

13. Aménagements villageois et du terroir , par Gérard JOSSET.

14. Le cacaoyer , par Guy MOSSU.

15. Les plantes tropicales à épices , par M. BORGET.

16. Les crustacés tropicaux d'élevage , par J. ARRIGNON, J.M. GRIESSINGER, D. LACROIX, P. GONDOUIN et M. AUTRAND.

17. La canne à sucre , par R. FAUCONNIER.

18. Le sorgho , par J. CHANTEREAU et R. NICOU.

19. L'élevage de la volaille , par A.J. SMITH (deux volumes).

20. Manuel pratique de vulgarisation agricole , par M. MORIZE (deux volumes).

21. Ravageurs des cultures tropicales , par E.M. LAVABRE.

22. Culture des fleurs à couper , par R. KROLL.

23. Le mouton , par R.M. GATENBY (deux volumes).

24. Le lapin , par D. FIELDING.

Préface

La production animale a été marquée, ces dernières années, par de nombreux progrès techniques ayant des applications potentielles dans les régions tropicales. Force est cependant de reconnaître que la plupart n'ont pas réussi à satisfaire les besoins essentiels des populations rurales: un apport alimentaire sûr, en particulier en protéines. Dans ces conditions, la question de l'autosubsistance alimentaire prend une grande importance tant aux niveaux national que familial, surtout dans une conjoncture actuelle marquée par des problèmes internationaux croissants. Dans ce contexte, le lapin est un animal qui présente de nombreux avantages: à la différence des autres animaux domestiques, il parvient en effet à produire, à partir de fourrage, des protéines de haute qualité tout en restant un investissement à la portée des familles les plus pauvres.

L'objectif de cet ouvrage a été d'étayer l'expérience de l'auteur par les articles, feuillets et autres brochures rédigés ces dernières années par un certain nombre d'agences et d'organismes qui tentent de tirer profit des caractéristiques et du potentiel des lapins en région tropicale. Le but recherché était également d'écrire un ouvrage pratique, intéressant à lire et surtout réaliste, étant données les nombreuses difficultés techniques auxquelles est confronté le cuniculteur rural qui gère une petite exploitation en région tropicale. Nous espérons y avoir inséré tous les éléments nécessaires pour que toute personne motivée puisse, à l'appui de ce livre, se lancer sérieusement dans la production cunicole et viser l'autosuffisance en protéines animales.

Anthony J. Smith
Rédacteur de la série sur le bétail

1. Le lapin, ressource alimentaire et financière

Introduction

La lecture de cet ouvrage n'est pas un gage de réussite de l'élevage du lapin, mais elle vous épargnera sans doute quelques erreurs propres aux débutants. Par exemple, celle de ne pas se rendre compte qu'un chien affamé peut être suffisamment tenace pour pénétrer dans un clapier! Une autre méprise assez répandue chez les novices consiste à croire que les lapins se contentent d'une poignée d'herbe quotidienne pour se reproduire et se développer rapidement. Les cuniculteurs débutants sont souvent très surpris d'apprendre que l'élevage du lapin demande beaucoup de savoir-faire, un travail intensif et une grande quantité de nourriture.

La cuniculture n'est certes pas facile, mais elle n'est pas plus difficile que l'élevage d'un autre animal. Les ressources locales suffisent généralement à fournir l'abri et à satisfaire les besoins alimentaires des lapins. L'investissement de départ pour une femelle et un mâle est ordinairement limité; souvent, d'ailleurs, les cuniculteurs acquièrent les mâles en commun et se répartissent le travail et les frais d'élevage.

Pourquoi élever des lapins?

La cuniculture en région tropicale se justifie pour deux raisons principales: elle peut être une source de nourriture et/ou de revenus.

L'élevage des lapins est intéressant et rémunérateur; ces animaux peuvent donner beaucoup de satisfaction et d'avantages, qu'ils soient élevés en petit nombre ou par centaines. Leur observation et leur gestion sont à l'origine de la création, dans le monde entier, de nombreux clubs, associations, magazines, journaux et concours; toutes ces activités encouragent tant les relations amicales entre les éleveurs que les connaissances en cuniculture de ces derniers.

La cuniculture, à laquelle tous les membres de la famille peuvent prendre part, constitue une excellente initiation à l'élevage en général.

La cuniculture présente également plusieurs avantages sur le plan du développement national et agricole:

- l'investissement de départ est limité;

- la cuniculture produit des protéines de haute qualité à moindre coût, en n'utilisant que le fourrage fourni sur place et des résidus alimentaires n'ayant aucune valeur immédiate pour l'homme;

- la cuniculture ne souffre d'aucun tabou ni croyance particulière susceptible d'empêcher la consommation de viande de lapin ou sa promotion en tant que produit alimentaire;

- la taille du lapin permet de le consommer en un seul repas, ce qui élimine les problèmes de conservation;

- en cas de nécessité, quand d'autres sources protéiques sont inexistantes, le lapin peut, moyennant une alimentation adéquate, fournir très rapidement des protéines de haute qualité;

- l'élevage du lapin est une activité idéale pour les écoles, particulièrement les internats, ainsi que pour les clubs de jeunes: il peut être au centre de programmes scolaires et d'activités de loisir;

- le lapin permet d'acquérir le savoir-faire de base propre à l'élevage; s'il préfère la douceur, il résiste aussi aux traitements parfois maladroits du novice. Il se prête bien aux enregistrements simples de données, comme la croissance hebdomadaire et la reproduction, ce qui permet aux jeunes étudiants en agronomie et élevage de se familiariser avec la notion de gestion de données;

- l'odeur de l'animal n'est pas incommodante; le lapin n'est pas bruyant et peut facilement être élevé à proximité d'établissements scolaires ou d'habitations;

- il attire beaucoup les enfants handicapés qui aiment le soigner et s'en occuper.

La manipulation

Nous abordons ici, en début d'ouvrage, le thème de la manipulation des lapins afin de favoriser dès le départ un élevage de qualité.

Il est essentiel de manipuler correctement l'animal: les mauvais traitements sont cause de stress et peuvent également se révéler cruels. Le squelette du lapin n'est pas aussi lourd ni aussi solide que, par exemple, celui d'un chat de même taille. Comme sa colonne vertébrale subit facilement des lésions (menant souvent à la paralysie) à la suite d'une chute, il est très important de le manipuler avec soin.

La plupart des lapins domestiques se laissent facilement attraper, mais certains peuvent se montrer agressifs, grogner, ou même mordre. Il ne faut donc les manipuler qu'à dessein et avec fermeté. Si nécessaire, on peut se servir d'une planchette ou d'un morceau de carton pour les maîtriser dans le clapier ou dans la cage. La plupart du temps, il suffit de les tenir à la base des oreilles et de leur cacher la tête et les yeux pour qu'ils restent immobiles (voir la figure 1), ce qui évite une poursuite.

Il ne faut jamais soulever un lapin par les oreilles: cette prise lui fait très mal et peut provoquer un étirement de la base des oreilles qui deviennent tombantes alors qu'elles doivent rester droites.

Autre point important: parlez toujours d'un ton apaisant au lapin que vous manipulez. Vous découvrirez d'ailleurs en lui un auditeur très attentif!

Il y a deux manières de tenir un lapin:

- par la peau du cou;

- par le bassin, méthode généralement réservée aux jeunes lapins.

Par la peau du cou

Première précaution: veillez à avoir des ongles courts. Agrippez le lapin par la peau derrière les oreilles - la peau du cou - que vous empoignez au complet et en une fois. Pour soulever et soutenir l'animal, posez ensuite l'autre main sous son arrière-train, comme illustré à la figure 2. Ne serrez pas les nattes arrières: ce geste incite le lapin à se débattre et à donner des coups; en le soutenant simplement par l'arrière-train ou en le tenant contre vous, vous dissuaderez rapidement toute résistance.


Fig. 1: tranquilliser le lapin en lui tenant les oreilles.

C'est la meilleure manière de porter le lapin pour les débutants. Il est indispensable de s'entraîner, de préférence dans un endroit où le lapin ne risque pas de tomber ni de se blesser.

Par le bassin (méthode généralement réservée aux jeunes lapins)

Les jeunes lapins devant être transférés rapidement du clapier dans un panier peuvent être soulevés par le bassin ou la peau du râble, comme illustré par la figure 3.

Le transport

Pour transporter un lapin sur une courte distance, il est recommandé de le tenir contre soi: c'est à la fois plus facile pour l'éleveur et plus confortable pour le lapin. Ce dernier aimera enfouir sa tête dans le creux de votre bras, comme l'illustre la figure 4.


Fig. 2: comment porter un lapin par la peau du cou.

Pour les longues distances, il est recommandé d'utiliser une cage de transport, qui aura, pour un lapin adulte, les dimensions reprises à la figure 5.


Fig. 3: comment porter un lapin par le bassin.


Fig. 4: contention du lapin pour le transport.

La cage doit dissimuler le lapin mais être bien aérée; vous pouvez donc utiliser à cet effet une boîte en carton ou un panier en osier. Elle doit être munie d'un couvercle, qui empêchera l'animal de sauter et de se blesser. Il vaut mieux habituer le lapin à sa cage avant le transport, en plaçant par exemple celle-ci dans le clapier quelques heures avant de l'utiliser. Les cages de transport réutilisables doivent être nettoyées et désinfectées après chaque utilisation (voir chapitre 11, p. 119).

Animal de compagnie ou source de revenus?

Avant de poursuivre la lecture de cet ouvrage, il est essentiel que vous vous posiez la question suivante: élevez-vous des lapins pour le plaisir ou pour en tirer un profit? Ces raisons sont aussi valables l'une que l'autre mais, très souvent, ce qui était au départ un projet lucratif devient une activité d'agrément, avec les conséquences fâcheuses que cela peut entraîner pour l'alimentation de la famille!


Fig. 5: cage de transport pour lapins (poignée, fermoir).

Si votre objectif est d'en faire une source de revenus, ne laissez pas les enfants ou les personnes les plus tendres de votre famille choyer les lapins ni jouer avec eux à l'intérieur. Il devient évidemment difficile de tuer pour le manger ou de vendre pour l'abattage, un lapin auquel votre famille s'est attachée. Comme les enfants sont souvent particulièrement attirés par les lapins blancs, il est plus sage dans un but lucratif d'élever des animaux d'une autre couleur.

Votre élevage ne sera rentable que si vous trouvez un marché où vendre vos lapins, soit vivants, soit en carcasses. Il vous faut dès lors trouver ce marché avant d'entamer la production.

Si vous élevez des lapins comme animaux de compagnie, ils vous apporteront beaucoup de satisfaction. Vous pourrez aisément les dresser à faire quelques exercices, comme sauter au-dessus de petites barrières ou se dresser sur les pattes arrière pour atteindre la nourriture.

Races locales

Vous trouverez en annexe 1 une petite liste des races de lapins, accompagnée d'une brève description de chacune d'entre elles. Les races les plus courantes pour la production de viande sont celles du Néo-Zélandais blanc et du Californien. Sous les tropiques, chaque pays connaît généralement une race locale peu répandue, ou un type adapté à la région. Il peut s'agir d'une race tout à fait locale ou de lapins issus d'un croisement de la race locale avec une des races mentionnées plus haut.

Le cuniculteur débutant a plus de chances de réussir son élevage en choisissant une race locale de lapins adaptés au fourrage et aux plantes dont ils se nourriront principalement, et mieux préparés à résister aux maladies et au climat de leur région.

Si vos lapins d'origine locale n'ont subi aucun croisement avec des lapins d'une autre race, il serait intéressant de les décrire de la manière la plus détaillée possible: taille adulte, couleur du pelage, taille normale de la portée, ainsi que toute particularité éventuelle. Ont-ils des oreilles pointues qui restent dressées, ou des oreilles tombantes?

En fait, que vous soyez un cuniculteur novice ou expérimenté, votre race locale vous donnera les meilleures chances de réussite.

Les quatre chapitres suivants présentent quelques données scientifiques et historiques élémentaires concernant le lapin. Nous vous recommandons vivement de les lire afin de connaître l'animal sous tous ses aspects. Si vous préférez directement savoir comment construire un clapier et commencer réellement à élever des lapins, reportez-vous au chapitre 6, page 51.

A la fin du livre, un glossaire explique un certain nombre de termes.

II. Physiologie de l'environnement

L'environnement du lapin

Chaque lapin vit dans un environnement particulier avec lequel il est en interaction, et dont les principaux éléments sont:

- le microclimat, notamment la température, l'hygrométrie et la ventilation du clapier;

- l'espace, au sol et en volume, disponible par lapin;

- le nombre d'autres lapins présents;

- l'existence de parasites et de germes pathogènes;

- le cuniculteur;

- autres facteurs environnants: bruit, présence d'enfants, de chiens, de rats, de serpents, etc.

Le cuniculteur doit veiller à réunir les meilleures conditions de production. Le lapin lui-même l'y aide, car il dispose de mécanismes comportementaux et physiologiques permettant de se protéger des attaques de l'environnement. Quand il fait trop chaud, par exemple, il s'étend de tout son long pour évacuer la chaleur en trop, son rythme respiratoire s'accélère et le flux sanguin s'accroît dans les oreilles; s'il fait trop froid, il se recroqueville pour conserver sa chaleur, et il se réfugie dans un coin sombre quand il est effrayé ou perturbé.

Homéothermie

Le lapin est un animal homéotherme: pour qu'il reste en vie, la température de son corps doit être maintenue à l'intérieur de certaines limites. Sa température corporelle normale, mesurée à l'aide d'un thermomètre spécial placé dans le rectum, est de 37° à 39,5°C (99° à 103°F). Pour la conserver, le lapin a recours à la combustion ou à la dégradation des aliments ingérés et, si nécessaire, à une activité qui le réchauffe, comme le tremblement.

Le lapin est en interaction constante avec son environnement, soit pour évacuer de la chaleur, soit pour en gagner, selon la température ambiante (voir la figure 6). Quand celle-ci augmente, il arrive que le lapin ne puisse évacuer la chaleur excédentaire suffisamment vite et que sa température corporelle devienne alors trop élevée.


Fig. 6: le lapin et son environnement.

Si la chaleur persiste et si la température corporelle du lapin dépasse 40°C, il souffre de stress thermique.

Dans des circonstances normales, quand la température extérieure se situe dans une zone de confort de 16 à 19°C (61 à 66°F), le lapin non stressé évacue la chaleur et garde sa température corporelle aussi proche que possible de 37 à 39,5°C (99 à 103°F), de l'une des quatre façons suivantes:

- par évaporation: la chaleur du corps est évacuée sous forme d'eau s'évaporant sur toute la surface du corps;

- par convection: la chaleur est évacuée quand l'air, chauffé par le corps de l'animal, monte et s'échappe;

- par radiation: la chaleur est évacuée sous la forme d'ondes directement diffusées par le corps de l'animal, comme l'est la chaleur d'une bougie ou d'une ampoule électrique;

- par conduction: la chaleur est évacuée en étant transmise à des matériaux solides; elle passe par exemple de la patte du lapin au sol du clapier.

Le mode principal d'évacuation de la chaleur est l'évaporation par la bouche et les poumons qui contiennent de l'eau.

Contrairement à l'homme, le lapin possède peu de glandes sudoripares et transpire très peu. Dès lors, il ne peut perdre que peu de chaleur par évaporation de la sueur à la surface du corps. Le lapin perd moins facilement de la chaleur par évaporation si son corps est humide, notamment durant la saison des pluies, quand l'hygrométrie est très élevée.

La chaleur est évacuée par convention lorsque l'air chaud monte et s'échappe du corps pour laisser la place à l'air froid. Malheureusement, la fourrure du lapin maintient l'air chaud près du corps et l'empêche de monter.

La chaleur irradiée se déplace sous forme d'ondes, comme la lumière et le son. Des individus chauds, comme le lapin,

émettent de la chaleur. Si la température s'élève dans le clapier, par exemple en milieu de journée, la chaleur extérieure est irradiée vers le lapin. Elle s'ajoute à la chaleur corporelle et peut provoquer un stress thermique.

La conduction est la transmission de chaleur entre deux objets qui se touchent. Si le lapin est assis dans son clapier, il ne peut évacuer la chaleur corporelle que par les parties de son corps en contact avec les parois du clapier. La quantité de chaleur ainsi perdue est minime. Si le sol est plus chaud que les pattes du lapin, il y aura conduction du clapier au lapin.

Ces quatre modes de déperdition de chaleur sont illustrés à la figure 7.

Il est parfois nécessaire de garder l'animal au chaud: tel est le cas des jeunes lapereaux, et en particulier pendant la nuit. La connaissance des mécanismes de déplacement de la chaleur pourra être utilisée à cette fin. La boîte à nid abritant l'animal doit être en bois, matériau ne perdant que très lentement sa chaleur par conduction. D'autre part, la mère protège le lapereau de sa fourrure pour éviter que la chaleur émise par son corps ne s'échappe, en d'autres termes, pour éviter la déperdition de chaleur par convention.


Fig. 7: les différents modes de déperdition de chaleur chez le lapin.

Le stress thermique

La chaleur ambiante est une source de problèmes réels pour le lapin et un obstacle majeur pour la réussite de la production cunicole. A l'exception des oreilles, qui sont bien irriguées et qui jouent le rôle de radiateurs et de convecteurs de chaleur, le lapin n'est pas adapté à de brusques pertes de chaleur. A moins que des races purement tropicales ne soient créées, il reste un animal des régions tempérées, qui s'adapte mieux au froid qu'à la chaleur.

La chaleur risque, en particulier, de provoquer un stress quand l'animal est soumis à une brusque augmentation de la température extérieure, à laquelle il n'a pas le temps de s'adapter. L'exposition directe du lapin au soleil, l'utilisation partielle ou exclusive de tôle pour le clapier, le manque d'ombre ou d'aération, ou une hygrométrie élevée sont des facteurs favorisant le stress thermique. Dans ces circonstances, il arrive que le lapin ne puisse évacuer suffisamment de chaleur et que sa température corporelle, mesurée dans le rectum, dépasse la normale.

Lorsque la température ambiante excède les 28 à 30°C, il devient très difficile de contrôler la température rectale.

Le stress thermique produit les effets suivants:

- réduction progressive de l'ingestion de nourriture, en particulier du fourrage, quand la température extérieure dépasse 20°C;

- consommation d'eau plus importante, le lapin ayant besoin de plus d'eau pour refroidir son corps quand la température extérieure augmente;

- ralentissement progressif de la croissance à une température extérieure dépassant 20 à 30°C;

- troubles de la reproduction: la femelle produit des embryons plus petits, et les perd plus fréquemment au-delà de 25°C; quant au mâle, il montre une concentration réduite du sperme et un pourcentage plus élevé de spermatozoïdes anormaux;

- si l'on ne réagit pas, le stress entraîne la mort, précédée d'une phase de respiration rapide, et parfois de formation d'écume dans la bouche, accompagnée de sang dans les narines. Ce dernier symptôme annonce une mort imminente.

La gravité des effets repris ci-dessus varie considérablement en fonction des circonstances et des lapins eux-mêmes. Les facteurs intervenant sont le degré d'acclimatation et d'adaptation, la durée et l'intensité de l'exposition à la chaleur, l'hygrométrie et l'état physiologique du lapin (en lactation ou non). Les lapins les plus productifs sont également les plus sensibles à la chaleur, car ils s'activent davantage; la chaleur accrue qui résulte de leur activité doit donc être évacuée.

Pour vaincre ce stress thermique, le cuniculteur peut utiliser des ventilateurs, asperger le lapin, ou couvrir le clapier de sacs humides.

Si le lapin survit au stress, les effets de la chaleur sur sa croissance et sur la reproduction ne sont heureusement que temporaires; toutefois, le sperme du mâle met plusieurs semaines à redevenir normal si ce dernier a gravement souffert de la chaleur.

Eclairement

Les variations de la durée du jour affectent l'activité sexuelle des lapins sauvages en région tempérée. Ces variations sont captées par les yeux et, par l'intermédiaire du cerveau et du système hormonal, elles stimulent la reprise ou l'arrêt de l'activité reproductrice. Dans les régions tropicales, les variations d'éclairement sont minimes et leurs effets éventuels sur la reproduction ne sont pas connus. Des recherches plus approfondies doivent être menées dans ce domaine.

Cependant, il est certain que le lapin ne doit pas être élevé dans l'obscurité totale, car cela conduirait très vite à l'arrêt de l'activité reproductrice.

III. Physiologie de la nutrition

Introduction

La nutrition du lapin est l'aspect le plus important de la production cunicole. Un lapin convenablement nourri résiste mieux aux maladies et réagit mieux au stress causé par son environnement ainsi qu'aux erreurs du cuniculteur.

La nutrition du lapin peut être étudiée sous deux aspects: l'anatomie et le fonctionnement de l'appareil digestif d'une part, et les besoins nutritionnels du lapin d'autre part.

L'appareil digestif

Il se divise en trois parties principales:

- la bouche et les dents;

- l'estomac et l'intestin grêle;

- le cæcum et le gros intestin.

La bouche et les dents

Le schéma de la figure 8 montre la dentition d'un côté de la bouche du lapin. Les incisives servent à couper; les prémolaires et les molaires servent à broyer les aliments. La partie antérieure des incisives est recouverte d'une épaisse couche d'émail qui forme un bord aiguisé à l'endroit où la dent coupe l'aliment. Les incisives sont dites à racine ouverte, ce qui signifie qu'elles continuent à pousser tout au long de la vie du lapin et qu'elles s'usent par l'usage.


Fig. 8: la dentition du lapin.

Les aliments sont mélangés à la salive lorsque les molaires les broyent et les réduisent en particules. La nourriture est ensuite avalée et progresse, dans l'œsophage, jusqu'à l'estomac.

La figure 9 décrit schématiquement l'appareil digestif du lapin.

L'estomac et l'intestin grêle

L'estomac représente environ 40% du volume total du système digestif. Les aliments y sont soumis à un milieu acide, et des enzymes entament le processus de digestion. Par de légères contractions musculaires, l'estomac fait pénétrer les aliments dans la première partie de l'intestin grêle, le duodénum. Les aliments sont d'abord dilués dans la bile qui, sécrétée par le foie et emmagasinée dans la vésicule biliaire, pénètre dans le duodénum par le conduit biliaire. Les sels biliaires facilitent la digestion des graisses contenues dans les aliments.

A mesure que les aliments progressent dans le duodénum, ils sont mélangés à des enzymes produites par le pancréas, qui arrivent par le canal pancréatique. L'action digestive des enzymes est rapide et les protéines alimentaires sont dégradées en acides aminés qui traversent la paroi intestinale pour passer dans le système sanguin. Les acides gras, glycérol, glucose et autres sucres simples résultent de la digestion des graisses et des glucides. Ils sont à leur tour absorbés lors du transit des aliments dans l'intestin grêle.


Fig. 9: l'appareil digestif du lapin.

Le caecum et le gros intestin

Chez le lapin, la fermentation - c'est-à-dire la dégradation des aliments par les bactéries - s'effectue surtout dans la partie terminale du système digestif, soit dans le cæcum. Toute la paroi du cæcum est recouverte de cellules absorbantes et sécrétrices. L'organe se termine par une petite poche fermée, l' appendice.

Le cæcum contient une multitude de bactéries qui se développent et se multiplient sur les aliments partiellement digérés. Ces bactéries sont essentielles, car elles synthétisent la vitamine B. en particulier la thiamine, et dégradent les fibres végétales. Cette dégradation entraîne la production d'acides gras acétiques, proprioniques et butyriques, qui sont libérés par le cæcum et par le gros intestin et que le lapin utilise comme source d'énergie. Si le lapin est soigné par antibiotiques pour lutter contre une maladie bactérienne, les bactéries cæcales risquent d'être éliminées également. Cette situation peut provoquer des troubles de l'appareil digestif.

Les matières fécales du lapin sont de deux types: les crottes molles (cæcotrophes) qui contiennent de nombreuses bactéries et qui sont réingérées, et les crottes dures qui sont évacuées par la voie normale (voir p. 36 à 38).

L'eau est réabsorbée lors de son passage dans le cæcum et le gros intestin. C'est ce qui explique l'aspect caractéristique des déjections fécales du lapin, relativement dures et sèches.

Les besoins nutritionnels

Bien que l'eau ne puisse techniquement être considérée comme un nutriment, elle satisfait un besoin vital. Le lapin consomme plus d'eau qu'on ne le pense, particulièrement une femelle en lactation.

Comme tous les autres animaux, le lapin a besoin de quatre grands groupes de nutriments:

- glucides et lipides;

- protéines;

- minéraux;

- vitamines.

Glucides et lipides

Les glucides et les lipides fournissent de l'énergie. De même qu'une voiture n'avance pas sans carburant, le lapin ne survivrait pas longtemps sans énergie. Le soleil produit celle-ci sous forme de chaleur et de lumière; les végétaux la capturent et la transforment en composés chimiques tels que glucides, amidon et cellulose, ainsi que lipides et autres substances. En mangeant et en digérant ces végétaux, ou encore leurs graines ou leurs fruits, le lapin peut récupérer une partie de l'énergie fournie à l'origine par le soleil. Une de ces sources d'énergie, la cellulose, n'est pas altérée par les propres enzymes du lapin; elle ne peut être dégradée que par les enzymes bactériennes produites dans le cæcum.

L'énergie sert d'une part à contracter les muscles, ce qui permet au lapin de bouger, et d'autre part à unir des substances nécessaires à la construction du corps de l'animal et à la production de matières telles que les poils et le lait. Après quelques jours d'existence, le lapin ajuste sa consommation d'aliments sur ses besoins énergétiques. Si les aliments à valeur énergétique concentrée lui permettent de satisfaire ces besoins, le fourrage n'y suffit pas, car il constitue généralement une source diluée d'énergie. Dès lors, un lapin nourri uniquement avec du fourrage ne parviendra pas à avoir autant d'énergie que celui qui reçoit des aliments concentrés, comme des grains de maïs ou du son de céréales.

Les unités de mesure de la valeur énergétique des aliments varient selon les pays. Elles reprennent:

- le pourcentage total de nutriments digestibles (TDN);

- les kilocalories d'énergie digestible/kg de matière sèche (kcal ED/kg MS);

- les mégajoules d'énergie digestible/kg de matière sèche (MJ ED/kg MS);

- les mégajoules d'énergie métabolisable/kg de matière sèche (MJ EM/kg MS).

Dans un élevage de lapins, il est généralement recommandé que la nourriture contienne:

- de 65 à 66% TDN; ou

- 2600 à 2700 kcal ED kg MS; ou

- 2,4 à 3,5 MJ ED/kg MS; ou encore

- 2 à 3 MJ EM/kg MS.

Protéines

Tous les tissus corporels autres que les os, les dents et la graisse (par exemple les muscles, les poils et la peau) sont des protéines. Les enzymes et les hormones, qui sont d'importants composants chimiques du corps, sont aussi principalement des protéines. Ces dernières sont constituées de nombreux acides aminés différents, dans des combinaisons très variées. Le lapin produit ses propres protéines à partir des protéines et acides aminés qu'il puise dans sa nourriture, selon un processus de fabrication qui requiert de l'énergie.

Bien qu'il existe plus de 200 acides aminés dans la nature, seule une vingtaine d'entre eux sont largement répandus dans les tissus végétaux et animaux. Parmi ceux-ci, dix sont considérés comme essentiels à la survie et à la croissance du lapin. Ces 10 acides aminés essentiels sont:

- lysine;

- méthionine;

- arginine;

- phénylalanine;

- histidine;

- valine;

- thréonine;

- tryptophane;

- leucine;

- isoleucine.

Le lapin ne peut synthétiser les acides aminés essentiels de la même façon que les acides non essentiels. Dans la liste ci-dessus, il faut être spécialement attentif à la lysine et à la méthionine, car ce sont les deux acides aminés qui font le plus couramment défaut dans le régime alimentaire du lapin.

Les acides aminés sont généralement mesurés en grammes par kilogramme (g/kg) de matière sèche d'un aliment. Cependant, pour des raisons pratiques, il est courant de se référer uniquement aux protéines brutes contenues dans un aliment et non à la proportion d'acides aminés. La protéine brute représente une mesure approximative de la proportion totale d'acides aminés. Pour le lapin, le niveau recommandé de protéines brutes dans la matière sèche de la ration alimentaire est de:

- plus de 18 % pour les lapins sevrés;

- 16 à 18 % pour les lapins de 12 à 24 semaines;

- 15 à 17 % pour les femelles gestantes;

- 12 à 14 % pour tous les autres.

Minéraux

La majorité des minéraux du corps du lapin sont contenus dans les os et les dents, qui renferment de grandes quantités de calcium et de phosphore. Les lapins ont besoin de minéraux de deux catégories: les majeurs et les mineurs. Les minéraux majeurs doivent être présents en assez grande quantité alors que le corps se satisfait de traces de minéraux mineurs. Le tableau 1 donne la liste de ces différents minéraux.

Tableau 1: minéraux majeurs et mineurs souhaitables pour l'alimentation du lapin

Minéraux majeurs

Minéraux mineurs

calcium

fer

phosphore

cuivre

magnésium

soufre

sodium

cobalt

potassium

zinc

chlore

manganèse

sélénium

iode

Le calcium et le phosphore donnent aux os leur rigidité. Ils contribuent également à maintenir l'équilibre acido-alcalin dans le sang. Le phosphore intervient également dans le transfert d'énergie au sein des cellules corporelles. Le calcium le phosphore et la vitamine D sont souvent analysés ensemble, du fait de leur interaction. Le magnésium est un autre composant des os et joue un rôle important dans les réactions chimiques où interviennent les enzymes.

Le sodium, le potassium et le chlore sont essentiels pour maintenir l'équilibre acido-alcalin du corps.

Le niveau de fer est très élevé dans le foie du lapin nouveau-né et suffit à sa croissance jusqu'au sevrage.

Vitamines

Les vitamines sont des éléments chimiques nécessaires en très petites quantités pour accélérer les réactions chimiques dans le corps du lapin. Les principales vitamines sont les vitamines A et D, et les vitamines B choline et thiamine.

Le tableau 2 montre les compositions préconisées de minéraux et de vitamines. Ces recommandations ne sont que des estimations, aucune étude suffisamment approfondie n'ayant été réalisée dans des conditions tropicales.

Tableau 2: recommandations générales pour les principaux minéraux et vitamines.


Croissance

Gestation

Minéral

(% de la MS des aliments)


calcium:

1

1 à 1,2

phosphore:

0,5

0,5

sel:

0,5 à 0,7

0,5 à 0,7

Vitamine

unités internationales (UI)/kg de MS


A

8000

8000

D

1000

1000


mg/kg de la MS des aliments


B (choline)

1500

1500

B (thiamine)

1200

1200

Si les valeurs données dans ce tableau sont intéressantes, elles ne sont d'une utilité pratique que si l'on connaît la composition nutritive des différents aliments. Ce n'est bien sûr pas le cas dans les petites exploitations basées exclusivement sur le fourrage, où il est important de veiller à varier l'alimentation. Une certaine variété dans le fourrage devrait satisfaire les besoins en minéraux et en vitamines, et de jeunes fourrages devraient assurer un niveau acceptable d'énergie et de protéines brutes. Un régime alimentaire apportant tous les nutriments dans les proportions adéquates est considéré comme un régime équilibré.

La cæcotrophie

Un aspect particulièrement intéressant du système nutritif du lapin est la cæcotrophie, c'est-à-dire la réingestion des déjections provenant du cæcum. Ces crottes cæcales sont parfois appelées crottes molles parce qu'elles sont beaucoup plus souples que les déjections fécales ordinaires. En réalité, il ne s'agit pas à proprement parler de déjections, puisqu'elles sont réingérées et non évacuées. Le tableau 3 établit une comparaison entre les compositions des crottes molles et des crottes dures. Celle des crottes molles varie en fonction des aliments consommés.

Tableau 3: compositions approximatives des crottes molles et des crottes dures

Composante

crottes dures

crottes molles

MS %

50 à 80

40 à 50

% de MS



protéines brutes

10 à 15

30 à 40

lipides (extraction à l'éther)

1 à 2

1 à 2

fibres brutes (glucides)

30 à 50

15 à 30

extractif non azoté (glucides)

40 à 50

40 à 50

cendres (minéraux)

7 à 10

7 à 10

phosphore

1 à 2

1 à 3

sodium

1 à 2

1 à 2

Les crottes molles contiennent davantage de protéines brutes et moins de fibres brutes que les crottes dures. Cette haute teneur en protéines est due à leur pourcentage élevé de bactéries. S'il ne peut mettre en œuvre la cæcotrophie, le lapin peut survivre plusieurs jours, mais la mort est fréquente si cette impossibilité persiste plusieurs mois. L'ingestion des crottes molles est, pour le lapin, une nécessité physiologique vitale; elle commence vers l'âge de 4 semaines, et a lieu quand l'animal n'est pas dérangé, en général la nuit. Chez le lapin adulte, la cæcotrophie se produit généralement une fois par jour. Quand il est très stressé (par exemple s'il est effrayé par un chien ou par des bruits inhabituels) ou malade, le lapin peut cesser d'ingurgiter ses crottes molles qui tombent alors au fond du clapier, plus luisantes que les crottes dures.

La cæcotrophie est un processus digestif très important chez le lapin. Elle permet le recyclage de certains nutriments non dégradés et la réalimentation de l'intestin grêle en bactéries riches en protéines et en vitamines B nécessaires à la digestion enzymatique.

La digestibilité

La digestibilité apparente est la mesure standard de la quantité de nutriments contenus dans un aliment. Elle représente la quantité de nourriture ingérée qui reste dans l'organisme du lapin, par rapport à la quantité totale ingérée. La nourriture en question peut être constituée de protéines, de glucides ou de tout autre aliment qui nous intéresse, et la relation est exprimée par rapport à la matière sèche. Dans l'exemple qui suit, la composante alimentaire étudiée est la quantité totale de matière sèche dans la ration.

Digestib. de MS = [(MS dans l'aliment - MS dans les déjections)/ MS dans l'aliment] x 100 %

Le lapin peut digérer une protéine contenue dans son fourrage aussi bien que le font la vache, la chèvre ou le mouton, pourvu que cette protéine soit suffisamment dissociée des fibres végétales. Les fibres sont des glucides composés de lignine, de cellulose et d'hémicellulose, qui donnent aux plantes leur rigidité. Parmi les mangeurs de fourrage tels que les cochons d'Inde, les chevaux, les moutons, les chèvres et les vaches, le lapin est l'animal qui digère le moins bien les fibres. La raison principale de ces difficultés à digérer les fibres est la vitesse à laquelle les aliments traversent l'appareil digestif. Chez le lapin, la plupart des aliments mettent 30 h à traverser l'appareil digestif. Les mêmes aliments ingérés par une vache le traversent en 120 h. Plus le pourcentage de fibres est élevé dans les aliments, plus vite ils traversent l'appareil digestif du lapin, et moins bonne est la digestion. Si les aliments ne restent pas longtemps dans l'appareil digestif, ils ne peuvent évidemment pas être digérés.

La cæcotrophie ne semble pas beaucoup améliorer la digestion des fibres, celles-ci étant très peu nombreuses dans les crottes molles; dans le cas contraire - si la cæcotrophie pouvait l'améliorer -, on devrait s'attendre à y trouver un grand nombre de fibres qui passeraient ainsi une seconde fois dans l'appareil digestif.

Le pourcentage de digestibilité de la matière sèche des fourrages verts est supérieur à 70 %, alors que celui des fourrages vieux n'est que de 45 à 50 %. Dès lors, il vaut mieux éviter de donner aux lapins des plantes ou des herbages trop mûrs.

Il convient cependant de souligner que le lapin a besoin d'ingérer des aliments fibreux tels que des herbages ou des racines alimentaires. Les fibres qu'ils contiennent jouent un rôle important pour favoriser le passage normal des aliments tout au long du système digestif. Un lapin qui n'ingère pas assez de matières fibreuses peut commencer à mordre dans les morceaux de bois à sa portée et pourrait même s'en prendre à la fourrure de ses congénères!

IV. Physiologie de la reproduction

Introduction

La reproduction est un processus complexe, réglé par de nombreuses substances appelées hormones. Celles-ci sont produites, en très faible quantité, par les glandes endocrines et dans des organes tels que les ovaires. Elles sont ensuite transportées vers les organes sur lesquels elles agissent - les organes cibles - par le système sanguin. Pour assurer une reproduction efficace, diverses hormones agissent sur différentes parties du système reproducteur, à différents moments.

L'appareil génital de la femelle

L'appareil génital de la femelle est constitué de plusieurs parties:

- ovaires (2)

- oviductes ou trompes de Fallope (2)

- utérus (2)

- col utérin (2)

- vagin

- vulve

- glandes mammaires (8 - 10)

Le schéma de la figure 10 indique l'agencement de ces organes. De chaque côté du corps, se trouvent un ovaire, une trompe de Fallope (oviducte) et un utérus. Les deux utérus complètement distincts débouchent séparément (2 canaux cervicaux) dans le vagin par 2 orifices externes. Les ovaires produisent les œufs femelles - ovules - à l'intérieur des follicules qui se développent sur la paroi ovarienne. Lors de l'expulsion, ces ovules sont entraînés par des filaments tissulaires les franges du pavillon - vers les trompes de Fallope. Grâce aux contractions musculaires et aux cils vibratiles fixés aux parois des trompes, les ovules traversent celles-ci pour y rencontrer les spermatozoïdes du mâle, qui les fécondent.

Ces œufs fécondés se divisent en quelques heures pour devenir des embryons, qui progressent alors vers les utérus. Ces derniers sont faits de nombreuses circonvolutions et sont très bien irrigués. Les embryons se fixent aux parois utérines et se développent en fœtus. A la fin de la gestation, après 31 jours, les jeunes lapereaux passent par le col utérin, le canal urogénital et sortent par la vulve.


Fig. 10: l'appareil génital de la femelle.

L'appareil génital du mâle

L'appareil génital du mâle est constitué des parties suivantes, dont l'agencement est indiqué sur le schéma de la figure 11:

- testicules (2)

- canaux déférents (2)

- pénis

- glandes annexes

Les cellules reproductrices mâles - les spermatozoïdes - sont produites dans les deux testicules qui se trouvent normalement à l'extérieur du corps, dans le scrotum. Les testicules descendent dans le scrotum dès que le lapin atteint l'âge de 10 à 12 semaines. Pour produire des spermatozoïdes viables, les testicules doivent avoir une température inférieure à la température normale du corps. Chaque testicule est muni d'un conduit - le canal déférent - qui assure le transport du sperme vers le canal urogénital et le pénis.


Fig. 11: l'appareil génital du mâle.

Le contrôle hormonal de la reproduction

Le tableau 4 reprend les principales hormones réglant la reproduction, leur site de production et les organes cibles.

Tableau 4: principales hormones reproductrices chez le lapin, sites de production et organes cibles

Hormone

Site producteur

Organe cible

Hormone folliculostimulante (FSH)

hypophyse

ovaire ou testicule

Hormone lutéinisante (LH)

hypophyse

ovaire ou testicule

Prolactine

hypophyse, tissus fœtaux

utérus et tissus mammaires

Ocytocine

hypophyse

utérus et tissus mammaires

Œstrogènes

ovaires

utérus et tissus mammaires

Progestérone

ovaires (corps jaune)

utérus et tissus mammaires

Testostérone

testicules

glandes et muscles annexes aux organes génitaux

Les hormones stimulent la croissance et l'activité des organes sur lesquels elles agissent. Ces organes produisent à leur tour des hormones contrôlant la production de l'hormone stimulante de départ. Ce mécanisme de rétroaction assure un équilibre et permet d'éviter une production hormonale excessive ou un dérèglement de l'activité de l'organe cible.

Chez la femelle

L'hormone folliculo-stimulante stimule la croissance des follicules sur la paroi de chaque ovaire. Chaque follicule contient un ovule. Les follicules restent à maturité pendant une dizaine de jours, et si la saillie n'a pas lieu, ils meurent et disparaissent alors que d'autres se développent. De nouveaux follicules sont ainsi continuellement produits. Pendant leur développement, les follicules produisent des œstrogènes qui, par rétroaction, agissent sur l'hormone folliculo-stimulante. Les œstrogènes stimulent également les signes de l'œstrus et du comportement œstral. Ces signes comprennent notamment le rougissement de la vulve, un état général d'agitation et l'envie de se frotter la tête contre l'abreuvoir et les parois du clapier. Ces signes œstraux ne sont cependant pas toujours apparents et la femelle peut s'accoupler alors qu'elle n'en montre aucun.

La saillie stimule la libération d'une poussée d'hormone lutéinisante, qui provoque l'expulsion des ovules par les follicules, 10 à 12 h après la saillie. Dans certains cas, l'expulsion des ovules peut également être provoquée par une femelle qui, par jeu, chevauche une autre ou par la simple présence d'un mâle, ce qui peut entraîner une grossesse nerveuse (voir le chapitre 8, p. 86).

La progestérone est produite dans les sites des ovules expulsés. Ces sites sont appelés corps jaunes. La progestérone, associée à d'autres hormones, agit sur l'utérus pour l'empêcher de se contracter et d'expulser les embryons qui s'y développent.

A la fin de la gestation, et en partie en réponse aux signaux hormonaux émis par le fœtus, les variations de niveaux d'œstrogènes et de progestérone sensibilisent les utérus à la production d' ocytocine par l'hypophyse. Une montée importante d'ocytocine provoque des contractions utérines et l'expulsion du jeune, normalement après un délai d'une à deux heures.

Les muqueuses qui ont abrité le fœtus pendant sa croissance sont également expulsées. Normalement, la mère les ingère, probablement pour récupérer les nutriments qu'elles contiennent. Il arrive qu'un jeune lapereau soit emmêlé dans celles-ci et soit alors mangé par sa mère. Il ne s'agit bien sûr pas de cannibalisme proprement dit, mais d'une méprise de la mère!

Les œstrogènes contenus dans les tissus entourant le fœtus stimulent le développement du conduit de la glande mammaire tandis que la progestérone et la prolactine, de la même source, stimulent le développement des alvéoles, les cellules lactogènes des glandes. La prolactine, également produite par l'hypophyse, agit sur l'arrêt ou la reprise de la production de lait — la lactation.

Lors de l'allaitement, la mère libère du lait en réponse à la stimulation des mamelons par les jeunes lapereaux. Cette stimulation provoque une brusque poussée d'ocytocine, qui entraîne la contraction des alvéoles et l'éjection de lait. A l'état sauvage, la mère n'allaite ses petits qu'une fois par jour, aux premières heures du jour et pendant seulement trois à quatre minutes. Moyennant une nutrition de qualité, la production de lait peut durer de 40 à 50 jours, avec un pic de plus de 250 g par jour au milieu de cette période. Au début de la lactation, la mère doit généralement puiser dans ses réserves de graisses, qui constituent une source complémentaire de nutriments permettant la production du lait. Dans les meilleures conditions, la production de lait peut atteindre plus de 7 kg par lapine.

Chez le mâle

Chez le mâle, les hormones folliculo-stimulante et lutéinisante stimulent la production de sperme. L'hormone mâle, la testostérone, produite par les testicules, stimule le développement du canal déférent et des glandes annexes. Elle est également responsable du développement musculaire, plus important chez le mâle que chez la femelle, et de l'odeur masculine, qui incite la femelle à rester immobile lors de la saillie.

Le sperme est conservé dans le canal déférent avant de se disperser, par éjaculation, dans le corps de la femelle, lors de la saillie. Le lapin peut éjaculer plus de 6 ml d'un mélange de spermatozoïdes et de nutriments liquides. Le sperme doit subir une maturation de quatre à cinq heures dans l'appareil génital de la femelle avant d'être apte à féconder les ovules. Ce processus est appelé la capacitation.

Le potentiel élevé de fertilité du lapin domestique élevé dans les meilleures conditions de nutrition et de gestion peut être illustré de la manière suivante:

- une lapine convenablement nourrie peut concevoir dès 6 mois;

- une lapine en bonne santé accepte normalement le mâle à la première présentation, même si elle vient de mettre bas ou si elle allaite;

- la période de gestation ne dépasse pas 31 jours;

- la taille habituelle de la portée à la naissance est de 8 à 10 jeunes;

- la lapine peut continuer à avoir des portées jusqu'à l'âge de 3 ou 4 ans.

La très courte période journalière d'allaitement est une cause importante de mortalité dans les portées. En effet, le jeune lapereau doit absolument, dans ces conditions, profiter de l'occasion de téter pour survivre; s'il n'y arrive pas, il meurt. Cette caractéristique constitue l'obstacle majeur à l'augmentation de la production de lapins.

Malgré cet inconvénient et grâce aux facteurs repris plus haut, plus de 50 jeunes peuvent être sevrés par lapine et par an, dans les meilleures conditions. Avec un système moins onéreux, basé sur une alimentation exclusivement fourragère, on peut viser un objectif plus réaliste d'une vingtaine de jeunes sevrés par an.

V. Le lapin sauvage et la domestication

Introduction

Un bon élevage cunicole repose sur la connaissance et la compréhension de l'animal élevé, et en particulier de son comportement.

Le nom scientifique du lapin est Oryctolagus cuniculus. Il fait partie de la famille des lagomorphes et a, semble-t-il, fait son apparition dans le sud-ouest de l'Europe et en Afrique du Nord.

Le présent chapitre décrit le comportement du lapin sauvage afin de nous permettre de mieux comprendre celui du lapin domestique.

Comportement

A l'état sauvage, le lapin est en activité tout au long de l'année. A l'aide des ongles très résistants de ses pattes, il creuse un terrier dans le sol: juste après l'entrée, une galerie d'un à deux mètres se termine par un évasement qui lui sert d'aire de repos (voir la figure 12).

Le lapin sauvage est un animal sociable, vivant avec ses congénères en groupes qui peuvent atteindre une centaine d'individus. Tous les terriers sont proches les uns des autres et communiquent parfois entre eux. L'ensemble forme une communauté appelée garenne.

Les mâles dominants marquent leur territoire par de l'urine et des odeurs provenant de leur cou et des glandes anales. Le territoire d'un mâle dominant peut s'étendre sur un rayon de 150 à 200 mètres autour du terrier. Certaines femelles ont également une position dominante par rapport aux autres. De même, la progéniture de parents dominants a tendance à être dominante au sein de sa génération.

A mesure que les lapins se reproduisent et que leur nombre au sein de la communauté augmente, chaque animal voit se réduire l'espace qui lui appartient. Les lapins deviennent plus agressifs les uns vis-à-vis des autres et des combats se font jour de plus en plus souvent. Les animaux les plus faibles et les lapereaux sevrés sont ainsi forcés de partir et de creuser ailleurs leur propre terrier.

Le terrier est un endroit relativement sûr, où le lapin passe de longues heures à dormir pendant la journée; pour se nourrir, il en sort généralement à l'aube et le soir, et c'est alors qu'il est menacé par les prédateurs. Heureusement, trois éléments lui permettent de détecter la présence de ceux-ci avant d'être découvert: le premier est un sens de l'ouïe très développé dont témoigne la taille de ses oreilles; d'autre part, ses yeux très sensibles à la lumière lui donnent une vision nocturne de loin supérieure à celle de ses prédateurs; enfin, la position des yeux donne à chacun d'eux un angle de vision de 180 à 190°, ce qui lui permet, quand il relève la tête, de détecter en même temps les mouvements se produisant dans n'importe quelle direction: devant, derrière et sur les côtés.


Fig. 12: le terrier d'un lapin.

Pendant que les lapins se nourrissent, quelques-uns font le guet, assis sur les pattes arrières. Si l'un d'entre eux détecte un danger, il le signale aux autres en frappant le sol de la patte arrière et tous s'enfuient aussitôt dans leur terrier ou dans un autre abri. Selon certains observateurs, la tache blanche située sous la queue du lapin, visible quand il court, sert également à alerter les autres en cas de danger. Ce comportement de fuite est très différent de celui du lièvre, son proche cousin, qui parvient à rester parfaitement immobile à l'approche du danger dans l'espoir de passer inaperçu.

A l'état sauvage, dans les régions tempérées et méditerranéennes, le lapin change de fourrure - il mue - deux fois par an. Sa reproduction est saisonnière: les portées naissent depuis la fin de l'hiver jusqu'à la fin de l'été. En dehors de cette période, les testicules du mâle disparaissent dans la cavité abdominale et la production de sperme normal s'interrompt. Chez le lapin sauvage, la saillie a généralement lieu tôt le matin ou le soir.

La lapine met bas dans le nid qu'elle a construit dans le terrier. A la naissance, un lapereau pèse 30 à 40 g. La mère ne retourne au nid pour nourrir ses petits qu'une fois par jour, et ne reste généralement pas plus de dix minutes avec eux. C'est pour cette raison que son lait est très concentré. Jusqu'à l'âge de deux ou trois semaines, les lapereaux dépendent totalement d'elle pour se nourrir et éliminer leurs excréments, dont elle suscite l'expulsion en leur léchant la zone anale.

On retrouve bon nombre de modèles comportementaux du lapin sauvage chez le lapin domestique: agressivité, coups de patte, creusement d'un terrier si l'élevage se fait au sol et allaitement unique sur la journée. Nous recommandons d'observer ces caractéristiques et d'autres - chez ses lapins.

Histoire de la domestication

L'histoire de la domestication du lapin sauvage est encore mal connue. Bien que les Romains aient élevé des lapins en grandes colonies, il semble que la domestication réelle, fruit du travail de communautés religieuses, n'ait commencé qu'au 17 e siècle.

Tous les lapins domestiques du monde descendent du lapin sauvage d'Europe et d'Afrique du Nord. Les très nombreuses races et les caractères qui apparaissent aujourd'hui chez le lapin domestique sont le fruit de sélections intenses et attentives réalisées pendant des années.

Au 19 e siècle, les navigateurs quittant l'Europe pour explorer le monde emmenaient des lapins sur leurs bateaux et les relâchaient souvent dans les pays où ils accostaient. Leur but était de laisser ces lapins se reproduire et se multiplier afin d'avoir, à leur passage ultérieur dans la région, une source de viande fraîche assurée. C'est ainsi que le lapin a été introduit dans de nombreuses régions du monde.

Dans le passé, les lapins étaient recherchés pour leur fourrure utilisée pour la confection de manteaux ou de couvertures. Plus récemment, ils ont été utilisés pour la production rapide de viande en période de pénurie, comme en temps de guerre: ce fut le cas pendant et après les première et seconde Guerres Mondiales en Europe. De même, après la Guerre du Biafra, au Nigéria, les lapins ont été élevés dans certaines parties du pays pour produire dans un délai très court de la viande destinée à nourrir les populations ayant perdu récoltes et animaux.

Le lapin est encore élevé à petite échelle dans presque tous les pays: parfois en vue de concours, pour sa fourrure et son cuir ou encore pour sa viande.

Dans de bonnes conditions de nutrition et d'élevage, le lapin est un des animaux les plus aptes à transformer sa nourriture en viande. C'est pourquoi de nombreux pays exploitent d'importants centres d'élevage intensif de lapins, comprenant parfois des centaines d'animaux par bâtiment. La viande produite dans ces centres est commercialisée, après surgélation ou mise en conserve, dans les supermarchés des villes du monde entier.

Les lapins fugitifs

Dans le passé, des lapins sauvages ou semi-sauvages ont été introduits dans de nouvelles régions où ils n'avaient aucun prédateur. Ce fut le cas de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. L'absence de prédateurs naturels a permis à ces animaux de se multiplier rapidement, au point de devenir un véritable fléau, détruisant les récoltes des paysans. Bien qu'il n'existe aucun exemple de lapins entièrement domestiques fugitifs ayant connu le même destin, le risque de reproduction non maîtrisée n'est pas à exclure et il faut en tenir compte avant d'introduire pour la première fois des lapins dans une région.

VI. Le logement et son aménagement

Introduction

Le logement des lapins (clapier ou cage) et le matériel qui l'équipe diffèrent d'un pays à l'autre. Les facteurs qui déterminent leur conception sont le climat, les matières premières disponibles et leur coût, l'échelle et le système de production ainsi que les compétences de l'éleveur. Aucun type de clapier ou de matériel ne convient à toutes les situations, même dans un même pays. Il existe cependant des exigences fondamentales à respecter, et il faut vérifier si les clapiers ou le matériel, qu'ils soient neufs ou déjà utilisés, y satisfont.

Exigences concernant le logement

Un clapier doit offrir suffisamment d'espace et de protection au lapin tout en étant pratique pour l'éleveur.

Espace

Comme le lapin passe sa vie entière dans un clapier, il doit disposer de suffisamment de place pour ne pas souffrir de stress à cause de la limitation de ses mouvements. Il faut tenir compte des dimensions verticales autant qu'horizontales: le lapin doit pouvoir mener une activité normale et, notamment, se lever sur les pattes arrière. Un espace suffisant est également indispensable pour assurer une ventilation correcte et une température adéquate dans le clapier; ces deux exigences sont essentielles pour garantir le confort du lapin et prévenir l'apparition de maladies.

Protection

Le lapin doit être protégé contre différentes agressions: le risque de se blesser dans le clapier, la pluie, l'exposition directe au soleil et au vent, les courants d'air, les bruits soudains, les prédateurs tels que chiens, chats, rats, serpents, fourmis safari, oiseaux de proie, mangoustes et, très important, les voleurs.

Commodité des installations et facilité d'organisation

Pour que l'élevage soit organisé de manière satisfaisante, le clapier doit être conçu de manière à faciliter certaines tâches de l'éleveur, telles que l'observation, le maniement, l'alimentation, les saillies, ainsi que le nettoyage et la désinfection des cages. La reproduction des lapins étant rapide, il faut prévoir dès le début l'agrandissement des installations: par exemple, il peut être nécessaire de superposer des clapiers lorsque le nombre de lapins augmente après quelques mois de production. A partir de trois ou quatre mois, les mâles et les femelles doivent être mis dans des clapiers différents et, en principe, chaque lapin adulte doit disposer d'une cage.

Comment répondre aux exigences de logement

Tant les clapiers extérieurs qu'intérieurs illustrés à la figure 13 permettent de satisfaire aux exigences mentionnées ci-dessus.

Clapiers extérieurs: ils restent dehors en permanence.

Clapiers intérieurs: ils sont installés dans un bâtiment fermé ou sous un hangar ouvert.

Les méthodes de logement au sol sont un cas particulier et sont abordées plus loin. Le tableau 5 énumère les avantages et les inconvénients respectifs des clapiers extérieurs et intérieurs.

Clapiers extérieurs

La conception, la construction et l'emplacement adéquats des installations peuvent satisfaire aux besoins d'espace, de protection et de facilité d'organisation.


Fig. 13: clapiers extérieurs et intérieurs.

Tableau 5: avantages et inconvénients respectifs des clapiers extérieurs et intérieurs

Avantages

Extérieur

Intérieur

assez peu onéreux;

bonnes conditions de vie pour le et de travail pour l'éleveur;

convient pour le démarrage d'un élevage.

observation aisée des lapins;


entretien et utilisation faciles du clapier individuel;


particulièrement utile dans de grands élevages;


protection plus commode des la pins contre les prédateurs.

Inconvénients

Extérieur

Intérieur

impossibilité d'assurer une protection totale à tout moment, par exemple lors d'une tempête;

implique un investissement de départ important, trop élevé pour le débutant.

difficulté de garder le clapier propre et sec;


difficulté d'accroître rapidement le nombre de clapiers.


Conception

Les dimensions normales d'un clapier à usage général sont les suivantes:

à environ 1 m au-dessus du sol
hauteur: 60 cm à l'avant, 50 cm au fond
largeur: de 50 à 60 cm
longueur: de 90 à 120 cm

Le tableau 6 donne de plus amples détails sur ces recommandations.

Une fois calculé l'espace nécessaire, il faut décider si l'on construira plusieurs clapiers ou un seul, compartimenté.

Tableau 6: dimensions recommandées pour le clapier

Espace au plancher

alimentation fourragère, élevage à petite échelle: 1 m² par adulte, rien en plus pour la litière; système intensif, à grande échelle


poids vif de 0 à 4 kg: 0,35 m² par individu

de 4 à 6 kg: 0,5 m² par individu


plus 0,2 m² pour la litière

Conception du plancher

S'il est plein, le plancher doit être incliné vers l'avant; les sols grillagés doivent avoir un maillage de 1 à 1,5 cm² et être en métal galvanisé; les lattes ont au moins 2,5 cm de large et sont espacées de 1 cm.

Hauteur

Suffisante pour que le lapin puisse se dresser entièrement (50 à 70 cm)

Comme les lapins se multiplient rapidement, il faut être conscient du fait que deux clapiers pour commencer l'exploitation - un pour le mâle et un autre pour la femelle deviendront insuffisants dès que la première portée sera sevrée, ce qui se produit facilement trois à quatre mois après le lancement de l'exploitation.

Caractéristiques générales d'un clapier:

- dimensions: celles recommandées dans le tableau 5 et illustrées à la figure 14;

- toiture en surplomb pour protéger de la pluie et réduire l'exposition directe du clapier au soleil;

- trois parois latérales sans ouvertures pour protéger de la pluie, du vent et du soleil et un côté grillagé ou fermé par des lattes en bois pour permettre l'observation et la ventilation;

- plancher latté de bois ou grillagé. Si le sol grillagé se nettoie de lui-même, il peut par contre provoquer des plaies aux pattes: il faut donc inspecter régulièrement la plante des pattes;

- un plancher plein offre une protection nettement supérieure contre les prédateurs qui peuvent attaquer par en-dessous, et est plus confortable, mais il requiert un nettoyage complet et régulier, et une quantité importante de litière;

- le clapier ne doit avoir aucun rebord ou recoin où les déjections peuvent s'accumuler. La figure 15 montre comment une latte métallique posée biais sur ces rebords peut résoudre le problème;

- portillon d'accès sur le côté ou au-dessus du clapier; une ouverture dans le haut procure un meilleur accès et est très facile à fabriquer, mais elle rend le nettoyage plus difficile; un cadenas peut être nécessaire pour décourager les voleurs éventuels;

- le clapier doit reposer sur des pieds d'au moins 1 m de haut afin de dissuader les prédateurs tels que les rats et les chats; des plateformes posées à mi-distance du sol empêchent les rats et les souris de voler la nourriture; pour éloigner les fourmis safari, les pieds peuvent plonger dans de l'eau;

- des couvertures, des planches ou des sacs doivent être prêts à être rabattus sur les côtés grillagés ou lattés du clapier en cas de tempête ou de forte pluie.


Fig. 14: modèle type de clapier.

Construction

Pour construire un clapier, on se sert généralement de matériaux peu coûteux ou gratuits. Avec un peu d'astuce, on peut utiliser beaucoup de choses: branches entrelacées, tiges de bambou, boue, métal, plastique. Toutefois, si ces matériaux empêchent le lapin de sortir de sa cage, ils n'empêchent pas toujours les chiens et autres prédateurs d'y pénétrer. En quelques minutes, un chien affamé peut anéantir des mois de travail attentif. Il est dès lors recommandé d'installer, si possible, une clôture munie d'une porte cadenassée autour des clapiers extérieurs et de veiller à la solidité de la construction. Comme le lapin aime ronger et mâcher, il parvient vite à se frayer un chemin vers la liberté si les parois de son clapier sont fixées des ficelles et des cordes. Un morceau de bois tendre fixé dans le cage, spécialement destiné à être rongé, peut parfois l'empêcher de s'attaquer au clapier.


Fig. 15: le rebord est recouvert d'une latte métallique pour éviter l'accumulation des déjections.

Les zootechniciens et les promoteurs de l'élevage du lapin devraient recourir à des méthodes et à des matériaux de construction dont pourraient s'inspirer les apprentis cuniculteurs.

La figure 16 présente deux clapiers conçus par des éleveurs, qui sont loin de remplir toutes les conditions énumérées plus haut, mais qui peuvent convenir dans certains cas spécifiques.


Fig. 16: clapiers simples conçu par des éleveurs.

La construction d'un clapier adéquat demande un grand savoir-faire. Il vaut mieux être patient et attendre d'avoir rassemblé suffisamment de matériaux de qualité avant d'en entamer la construction.

Emplacement

S'il n'y a qu'un ou deux clapiers extérieurs, il est assez facile de les déplacer en fonction de l'expérience acquise et des circonstances. Les éléments suivants interviennent lors du choix de l'emplacement des clapiers extérieurs:

- un clapier placé près d'un mur ou d'une clôture est à l'ombre et à l'abri des rayons du soleil, de la pluie et du vent. Alors qu'un trop grand ensoleillement peut être stressant, le manque de soleil est également à éviter car alors le clapier peut devenir humide, le rôle désinfectant des rayons ultraviolets est limité et la synthèse de la vitamine D par le lapin se trouve entravée;

- dans les pays très chauds, il peut être nécessaire d'installer les clapiers sous des arbres ou de rechercher des endroits près de points d'eau afin de profiter des brises rafraîchissantes;

- un clapier annexé à la maison de l'éleveur est généralement plus à l'abri des voleurs et des prédateurs, mais cette situation peut nuire aux lapins à cause des bruits et autres perturbations venant de l'habitation; le lapin est vite effrayé et sa santé s'altère s'il vit dans un climat de peur constante.

Clapiers intérieurs

Le cuniculteur dont l'élevage est fructueux constate rapidement qu'à cause de son manque de souplesse, le système de clapiers extérieurs limite la production. Les cages sont vite surpeuplées, et surgissent alors des problèmes de stress et de maladies. La nécessité d'installer les clapiers dans un bâtiment couvert peut dès lors s'imposer très vite. La construction et le choix de l'emplacement du bâtiment doivent prendre en compte les facteurs examinés plus haut (espace, protection et facilité d'organisation).

Les clapiers qui sont installés dans le bâtiment peuvent être beaucoup plus rudimentaires que ceux installés à l'extérieur, et se réduire à de simples cages grillagées, suspendues de plusieurs manières, comme le montre la figure 17.

Le système de clapiers suspendus convient au cuniculteur bien établi sur le marché, qui peut se permettre l'investissement que suppose l'installation d'un tel système.

Logement au sol

La méthode de logement au sol consiste à élever les lapins à même le sol, dans un espace clôturé muni de simples cages servant d'abri, plusieurs femelles pouvant se partager cet enclos. Cette méthode convient spécialement aux régions très arides ou aux éleveurs qui ne peuvent obtenir ou acheter les matériaux nécessaires à la construction de clapiers adéquats. Dans ce cas, il est primordial de veiller à ce que le sol reste sec, condition facile à réaliser dans les régions semi-arides. Ailleurs, on peut étendre une épaisse couche de paille, de balles de riz ou de copeaux de bois sur le sol. Des abris en terre séchée ou en bois, verrouillables la nuit, assureront une protection contre les prédateurs. On peut laisser les lapins creuser un terrier et y élever leur progéniture, mais il est préférable d'utiliser des boîtes à nid (voir page 65) de la manière habituelle.

A moins que l'espace soit insuffisant, les mâles sont séparés des femelles et des lapereaux. Les combats entre femelles peuvent également être évités par l'octroi de suffisamment d'espace, soit un minimum d'1 m² par lapine.

Pour être efficace, la méthode de logement au sol suppose un entretien régulier et elle ne peut souffrir la surpopulation. Elle n'est pas très répandue et demande une gestion très attentive pour être rentable.


Fig. 17: différents agencements de clapiers intérieurs.

Matériel équipant le clapier

L'équipement du clapier comprend quatre pièces essentielles: abreuvoir;

- mangeoire;

- râtelier à fourrage;

- boîte à nid.

Peuvent également être utiles, un panier de transport et un espace de rangement pour la nourriture et les objets divers.

Exigences relatives au matériel

Il existe plus d'un modèle valable. Chaque élément doit répondre à certains critères de base que nous reprenons ci-dessous.

Quant à l'abreuvoir et à la mangeoire:

- il doit être impossible de les renverser;

- le lapin ne doit pas pouvoir éparpiller leur contenu;

- leur taille et leur profondeur doivent être adéquates;

- ils ne doivent pas pouvoir blesser le lapin;

- leur coût doit être raisonnable, ou ils doivent être fabriqués sur place.

Quant au râtelier à fourrage, qui peut être fixé dans le clapier, à l'extérieur du portillon ou entre deux clapiers mitoyens:

- le lapin doit pouvoir y accéder à tout moment et y manger à volonté;

- il doit avoir une contenance suffisante.

Quant à la boîte à nid:

- elle doit offrir un endroit sécurisant et sec où la mère peut mettre bas à l'abri des courants d'air;

- elle doit empêcher les lapereaux de sortir avant l'âge minimal de deux à trois semaines.

Comment répondre aux exigences de matériel

L'abreuvoir

Il peut être facilement réalisé avec une boîte de conserve et une bouteille, comme illustré à la figure 18. Il est fixé à la paroi ou au sol du clapier et est, si possible, surélevé pour éviter d'être souillé par des déjections ou de l'urine. Un simple bol ou un pot peuvent être utilisés, mais ils se salissent vite.


Fig. 18: abreuvoirs fabriqués par l'éleveur.

La mangeoire

Si des aliments concentrés sont utilisés, ils ne doivent pas être gaspillés, du fait de leur coût. La mangeoire est fixée à la paroi du clapier; elle est munie d'un bord «anti-gaspillage» et a une profondeur minimale de 7 à 8 cm, comme l'indique la figure 19. Un bol profond et lourd en terre cuite peut convenir. Il vaut mieux ne pas utiliser une boîte de conserve ou un bol trop léger, à moins de le fixer au sol, comme illustré à la figure 19.


Fig. 19: mangeoires pour aliments concentrés fabriquées par l'éleveur.

La boîte à nid

Elle peut être faite de bois ou de tiges de bambou tressées. On peut utiliser aussi bien une boîte fermée qu'une boîte ouverte (voir figure 20). Le toit d'une boîte à nid fermée peut permettre à la lapine de se reposer quand elle veut interrompre l'allaitement des petits. A défaut, une étagère spéciale ou une planche placée plus haut peuvent lui permettre de s'isoler.


Fig. 20: boîtes à nid ouvertes et fermées.

Entretien des clapiers et du matériel

Aussi satisfaisants que soient les clapiers et le matériel au début de l'élevage, ils se dégradent rapidement s'ils ne sont pas entretenus régulièrement.

Un entretien adéquat comprend:

- le nettoyage du clapier et du matériel tous les deux ou trois jours;

- un nettoyage approfondi à l'eau savonneuse entre les litières et, si possible, au désinfectant. L'idéal est de laisser complètement sécher et désinfecter au soleil;

- la vérification et, au besoin, la réparation des planches, parties métalliques ou grillages endommagés qui permettraient aux lapins de s'échapper ou de tomber au-travers du clapier, ou encore à un prédateur d'y pénétrer;

- une inspection destinée à vérifier qu'aucun bord tranchant pouvant causer des blessures ne se forme dans les clapiers ou sur le matériel.

VII. Les aliments et la nutrition

Introduction

Quel que soit l'animal, la clé du succès est une alimentation adéquate accompagnée de mesures sanitaires rigoureuses. Le lapin élevé en clapier ou en colonie dépend entièrement de l'éleveur pour sa nutrition: il ne peut manger que ce que celui-ci lui apporte. A l'état sauvage, il peut choisir sa nourriture et son instinct l'aide à sélectionner un régime alimentaire équilibré. Le cuniculteur, qui n'a pas cette sagesse innée, doit étudier attentivement les aliments qui conviennent le mieux au lapin.

Les systèmes d'alimentation

Dès le départ, il convient de réfléchir au système d'alimentation qui sera utilisé, avec ses avantages et ses inconvénients. Il en existe trois:

- élevage extensif: l'alimentation est fondée exclusivement sur le fourrage et les déchets domestiques;

- élevage intensif: l'alimentation est fondée exclusivement sur les aliments concentrés de l'industrie agro-alimentaire;

- élevage semi-intensif: utilisation combinée de fourrages et d'aliments concentrés préparés.

Les avantages et les inconvénients respectifs de ces systèmes sont les suivants:

Elevage extensif


avantages

inconvénients

coût réduit,

il revient entièrement à l'éleveur de choisir les aliments adéquats,

il est facile de fournir la quantité requise -

la quantité de fourrage disponible peut varier sur l'année,


la qualité est variable et est souvent trop faible pour une production valable, demande beaucoup de travail,


peut être la source de maladies et de problèmes sanitaires (voir chapitre 11, )

Elevage intensif


avantages

inconvénients

le temps consacré à l'alimentation des animaux est modeste,

coût très élevé,

permet de hauts niveaux de productivité,

dépend des stocks fournis par l'usine alimentaire (pas toujours disponibles, ni de bonne qualité)

réduit les risques d'introduction de maladies par les aliments


Elevage semi-intensif

Cette méthode offre un compromis entre les avantages et les inconvénients des méthodes d'élevage extensif et intensif. Elle est également la plus efficace pour le petit éleveur, car elle lui permet de tirer le meilleur parti du fourrage tout en utilisant à bon escient des aliments concentrés aux moments importants de la production, par exemple, le dernier tiers de la période de gestation, la lactation et la période de post-sevrage.

Le savoir-faire du nourrisseur: Le sens de l'observation

Quand on parle de savoir-faire en alimentation, on pense rarement à l'observation. Il s'agit de repérer et de mémoriser les différentes sortes de plantes nécessaires à l'alimentation du lapin, ainsi que l'endroit où on les trouve dans la région.

L'observation permet également de noter la réaction des lapins face aux divers aliments qui leur sont proposés, pour savoir ce qu'ils aiment et ce qu'ils n'aiment pas. A partir de cet exercice d'observation, il faut dresser une liste des plantes locales qui se sont révélées appropriées à l'alimentation du lapin, et en discuter avec d'autres cuniculteurs.

L'apport de nutriments

Nous avons examiné au chapitre 3 les différents nutriments (glucides et lipides, acides aminés, minéraux et vitamines) indispensables au lapin. Le cuniculteur ne connaît pas la teneur en acides aminés, en minéraux et en vitamines des différents fourrages. La seule manière de satisfaire tous les besoins nutritionnels est donc de fournir au lapin une grande diversité d'aliments, en particulier ceux connus pour leur richesse en nutriments indispensables. Il est conseillé de donner au moins trois fourrages différents à chaque repas.

Les fourrages verts présentent généralement une teneur élevée en acides aminés et en vitamines, mais faible en minéraux. En revanche, des fourrages et des graines plus mûrs ont généralement une teneur supérieure en minéraux.

Des déchets domestiques tels que des légumes crus et des restes de repas composés de légumes ou de céréales peuvent être donnés au lapin en respectant certaines règles:

- ces déchets domestiques doivent être frais et non altérés;

- s'ils ne sont pas consommés après quelques heures, ils doivent être retirés;

- ils doivent représenter moins de la moitié de la ration alimentaire quotidienne du lapin.

Les éleveurs de bétail donnent souvent aux animaux des blocs de sel comme sources de minéraux; le lapin peut en recevoir des morceaux. Il est recommandé de les fixer à une paroi du clapier pour éviter souillures et gaspillage.

Aliments concentrés usuels

Il faut, dans la mesure du possible, proposer une alimentation concentrée équilibrée au lapin aux moments critiques de la croissance. Le tableau 7 reprend une liste des aliments concentrés usuels ainsi que des recommandations sur la manière de les combiner.

Les groupes A et B comprennent des aliments à haute teneur protéique et les groupes C et D, des aliments à haute teneur énergétique. Tous les aliments contiennent en principe chaque nutriment, mais à des doses parfois si faibles qu'elles sont sans réelle valeur.

Il faut veiller à ce que les divers aliments soient bien mélangés, au besoin en les pilant pour émietter les gros morceaux.

Une boîte de Coca-Cola dont le couvercle a été retirée, marquée de points de repère à chaque tiers comme à la figure 21, peut servir de doseur. Il faut donner chaque jour un tiers de boîte d'aliments concentrés par paire de lapereaux récemment sevrés pendant trois semaines au minimum; un tiers de boîte à une lapine gestante; deux tiers à une lapine allaitante et une boîte entière si la portée excède 6 jeunes.

Tableau 7: aliments concentrés usuels et manières de les combiner



% protéines brutes

Groupe A

tourteau de tournesol

26


tourteau d'arachide

40

Groupe B

haricots bouillis et séchés

18


tourteau de coton (peu de gossypol)

22


tourteau de palmiste

15

Groupe C

farine de maïs, de riz, de sorgho, de mil

7


son de maïs, de riz, de sorgho, de mil

9

Groupe D

manioc desséché

2


patate douce desséchée

2

Mélanges possibles:

4 tasses de C et 1 de A


3 tasses de C et 2 de B


2 tasses de D,2 de B et 1 de A.

(Un récipient quelconque peut être utilisé à la place d'une tasse)

En outre, le lapin doit avoir en permanence à sa disposition du fourrage de qualité: des jeunes plantes ou le foin tiré de celles-ci.

Il est recommandé d'observer l'état du lapin et, si possible, de surveiller régulièrement son poids (voir chapitre 9, figure 26). La quantité de nourriture est adaptée en fonction du poids. Un lapin sous-alimenté peut d'abord ne manifester que des signes imperceptibles de croissance limitée, car il puise dans ses réserves; un pesage régulier est le seul moyen de constater ces changements imperceptibles mais déterminants.

L'ingestion spontanée

L'ingestion spontanée de nourriture est importante à deux titres:

- la première exigence liée à un aliment est que le lapin le mange. S'il en ingère beaucoup, il importe peu que l'aliment soit pauvre en nutriments;

- le lapin se nourrit avant tout pour survivre. S'il mange peu, la plus grande partie des aliments sera utilisée pour assurer sa survie, c'est-à-dire le bon fonctionnement de son corps Plus il mange, plus il peut consacrer d'énergie à la production annexe: lait, croissance et gestation.


Fig. 21: boite de Coca-Cola utilisée comme doseur d'aliments concentrés.

Facteurs influençant l'appétit

De nombreux facteurs influent sur l'ingestion des aliments. Les principaux sont repris ci-dessous.

L'apport en eau

Bien que le lapin utilise l'eau de manière très efficace (ses excréments sont secs, ils contiennent très peu d'eau), il faut veiller à ce qu'il ait toujours de l'eau fraîche, propre, et renouvelée chaque jour. Un manque d'eau entraîne une diminution de l'appétit.

La santé

Un des symptômes de mauvaise santé du lapin est une diminution de l'appétit (voir chapitre 11, page 116). Il arrive même qu'en cas de carence d'un nutriment, le lapin montre une dépravation de l'appétit, et commence à ronger les parois de son clapier de manière inhabituelle. S'il manque de fibres, il peut s'en prendre à la fourrure de ses congénères.

La température

L'appétit diminue dès que la température dépasse 20°C; il peut diminuer de plus de la moitié à une température avoisinant 30°C.

L'état physiologique

La gestation ou la lactation tendent à stimuler l'appétit de la lapine. Toutefois, elle mange moins les derniers jours de la gestation car le développement des fœtus provoque une gêne croissante.

La qualité des aliments

Le lapin ne continue à manger que si les aliments déjà ingérés progressent facilement dans le tube digestif. Comme la vitesse du transit dépend de la qualité des aliments, la quantité ingérée augmente avec la qualité des aliments.

La variété

Plus le choix d'aliments offerts au lapin est grand, plus celui-ci mange. L'apport de diverses plantes (herbes de pâturage, herbes potagères et mauvaises herbes), encourage sa consommation alimentaire.

La fraîcheur des aliments

La nourriture défraîchie diminue l'appétit, surtout si elle est souillée par de l'urine ou des excréments. Le lapin ne consommera pas les herbes salies et fanées, s'il a faim. La règle d'or est: «nourrir peu, mais souvent».

La conception et l'accessibilité de la mangeoire

Le râtelier à fourrage doit être suffisamment accessible pour que le lapin puisse en retirer des touffes d'herbe. La mangeoire pour aliments concentrés doit être conçue de manière à ne pas pouvoir être renversée, ni souillée par les déjections du lapin (voir chapitre 6, page 64). Si le clapier abrite plusieurs lapins, l'accès à la mangeoire doit être suffisant pour que chaque lapin ait sa part de nourriture.

L'éleveur doit prendre en compte tous les facteurs ci-dessus et les appliquer chaque jour afin de rendre la meilleure possible l'ingestion alimentaire du lapin.

Efficience de la conversion alimentaire

Définition

L'efficience de conversion alimentaire (FCE) est généralement exprimée sous la forme d'un coefficient qui représente le rapport entre la nourriture ingérée et une unité de gain de poids vif; exemple pour les aliments concentrés: 4,5 g de nourriture pour un gain de 1 g de poids vif, soit 4,5 :1. En principe, la nourriture ingérée est exprimée en grammes de matière sèche. Les aliments concentrés peuvent être considérés comme contenant de 90 à 100 % de matière sèche; par contre, la teneur en matière sèche des fourrages peut varier considérablement, ce qui rend difficile la mesure de l'efficience de conversion alimentaire pour les herbes et autres aliments pauvres en matière sèche. Comme les aliments concentrés sont chers, il est plus important de connaître leur coefficient de conversion que celui des fourrages, que l'on peut se procurer à moindres frais.

Le cuniculteur doit tenter d'obtenir une productivité maximale à partir des aliments concentrés utilisés. L'efficience de conversion alimentaire dépend avant tout de l'appétit, dont nous avons étudié plus haut les facteurs déterminants. En termes pratiques, ces facteurs peuvent être divisés en recommandations positives et négatives (à faire et à ne pas faire) dont voici la liste:

A faire:

- s'informer sur la manière dont les lapins étaient nourris avant leur acquisition, pour leur donner le même régime pendant une à deux semaines et passer ensuite progressivement à son propre système;

- fournir de l'eau fraîche et propre;

- donner de la nourriture fraîche en petite quantité, mais souvent;

- utiliser les abreuvoirs adéquats;

- retirer la nourriture non consommée;

- nourrir les animaux aux mêmes heures tous les jours;

- les nourrir au moins trois fois par jour;

- varier les aliments, mais passer progressivement d'un régime à l'autre;

- laver les aliments poussiéreux récoltés sur les bas-côtés de la route et ne les donner à manger qu'après séchage.

A ne pas faire:

- nourrir à même le sol;

- donner des fourrages très humides;

- donner de la nourriture détériorée ou défraîchie;

- donner de la nourriture moisie ou souillée;

- donner de la nourriture souillée par des déjections, en particulier des déjections canines (voir chapitre 11);

- modifier chaque jour les heures de repas;

- nourrir les animaux moins de trois fois par jour si la source principale de nourriture est le fourrage;

- donner toujours la même nourriture;

- changer brusquement de régime alimentaire.

L'utilisation optimale du fourrage

En région tropicale, le fourrage de bonne qualité n'est disponible que pendant de courtes périodes de l'année, notamment pendant et un peu après la saison des pluies. Dès lors, un système exclusivement fourrager est presque impossible et, au mieux, il n'apportera qu'une faible productivité, qui ne rémunère sans doute pas les efforts consentis. Dès lors, il est important de déterminer les méthodes qui permettent de tirer le meilleur parti du fourrage.

Il en existe quatre, qui peuvent être empruntées séparément ou conjointement:

- culture de légumineuses;

- fenaison;

- ajout de concentrés;

- restriction de la production.

La culture de légumineuses

Les légumineuses sont des plantes qui´ fournissent leur propre engrais en fixant l'azote dans le sol. Leur teneur en protéines brutes est supérieure à celle des herbes et elles restent plus longtemps vertes pendant la saison sèche. Cependant, elles peuvent contenir des composants toxiques (voir page 78). Si l'éleveur cultive des légumineuses dans le but de nourrir ses lapins, leur alimentation s'en trouvera nettement améliorée.

La culture de légumineuses peut poser quelques problèmes. Il peut s'avérer nécessaire d'appliquer un traitement spécial aux semences, de les arroser tous les jours pour leur croissance, de placer une clôture pour éviter que d'autres animaux (en particulier des chèvres) ne soient tentés d'en manger. Il est avant tout nécessaire de déterminer quelle légumineuse cultiver dans la région de l'élevage; pour cela, il faut interroger le technicien en agriculture. Le Leucaena est une légumineuse largement cultivée en région tropicale. Cette plante arbustive polyvalente permet de satisfaire les besoins alimentaires durant une grande partie de la saison sèche. Cependant, il vaut mieux éviter d'en faire un usage exclusif ou excessif. Il existe d'autres légumineuses éventuelles: la luzerne, le Stylosanthes et le Centrosema.

La fenaison

Il s'agit de la fauche, du séchage et du stockage de fourrage quand la matière première est excédentaire, à savoir pendant la saison des pluies. Les herbes doivent être coupées si possible avant la floraison, et séchées aussitôt. Le fourrage séché est alors entreposé dans un endroit sec et bien ventilé pour servir de nourriture pendant la saison sèche ou aux périodes critiques, comme la lactation. Il est recommandé de faner le plus possible de fourrage de haute qualité, comme des herbes ou des légumineuses jeunes.

L'apport de suppléments

L'ajout de quantités limitées d'aliments concentrés aux moments critiques de la croissance, tel qu'il est décrit plus haut, est un bon moyen de combiner l'utilisation de fourrages et d'aliments concentrés.

La restriction de la production

Il s'agit d'adapter les besoins alimentaires à la quantité de nourriture disponible, principalement le fourrage. Ainsi, il peut être nécessaire de réduire à quatre une portée de six jeunes pour s'assurer que chacun des lapereaux reçoit suffisamment de lait maternel. Restreindre la production peut représenter un choix difficile, car il est pénible de tuer des lapereaux nouveau-nés. Il faut en outre avoir de l'expérience pour savoir à quel moment et dans quelle mesure il faut ainsi mutiler la portée.

La nourriture toxique et vénéneuse

Bon nombre de plantes tropicales contiennent des substances toxiques qui, consommées en grande quantité, peuvent entraîner des troubles graves, parfois même la mort. Les herboristes et les personnes âgées connaissant bien souvent ces plantes dangereuses, il est recommandé de les consulter pour identifier ces végétaux.

Deux méthodes permettent de minimiser les problèmes de toxicité: d'une part, fournir des aliments variés pour que la substance toxique éventuelle soit diluée dans les autres aliments; d'autre part, utiliser une nourriture de base connue pour sa non-toxicité, et ensuite essayer de nouveaux aliments en quantités très réduites.

Utilisés en quantité excessive sur de longues périodes, pratiquement tous les aliments sont mortels. Il revient à l'éleveur de varier l'alimentation du lapin pour lui éviter l'ingestion excessive d'aliments toxiques.

La mimosine est un exemple de substance toxique présente dans les aliments. On retrouve cet acide aminé toxique dans le Leucaena, légumineuse tropicale. Leucaena est un arbre polyvalent de plus en plus souvent utilisé dans les régions subtropicales humides. Il est très intéressant d'en planter avant de construire une unité cunicole. Certaines variétés sont cependant riches en mimosine, et avoir recours à un tel aliment, s'il représente plus de 10 à 20 % de l'ingestion totale de matière sèche, peut entraîner la chute des poils et entraver la reproduction du lapin. Heureusement, la mimosine est en partie neutralisée si la plante est séchée avant d'être utilisée. Des variétés de Leucaena à faible teneur en mimosine sont de plus en plus répandues.

Le lisier

Le lisier est un sous-produit de la cuniculture. Un certain nombre de caractéristiques en font un produit utile en agriculture:

- son odeur n'est pas incommodante et, sous forme sèche, il est facile à manipuler; il peut ainsi être vendu;

- le lisier frais peut être directement mélangé au sol sans risquer de «brûler» les récoltes;

- il peut être incorporé à du fumier pour améliorer la vitesse et la qualité du compostage;

- il est généralement de meilleure qualité que le fumier de bovins et constitue un bon engrais quand il est mélangé à des cendres de bois, source de minéraux; la qualité du lisier dépend de celle de la nourriture ingérée, la qualité maximale étant assurée par l'ingestion d'aliments concentrés;

- le lisier correctement protégé de la pluie et conservé dans une caisse adéquate peut servir à l'élevage de vers, source de nourriture et de protéines pour les poules coprophages; les vers font également de bons appâts pour la pêche!

VIII. Le cycle de production

Le présent chapitre décrit le cycle de production, depuis le sexage d'un lapin récemment sevré jusqu'au sevrage de sa propre progéniture. En système semi-intensif, cette période couvre environ sept à huit mois.

Le sexage et le début de la croissance

Déterminer le sexe du lapin n'est pas difficile, cela demande seulement un peu d'expérience. L'opération peut avoir lieu très vite après le sevrage, quand les jeunes animaux ont six ou huit semaines. C'est en effet à ce moment qu'il faut séparer les mâles des femelles pour les garder dans des clapiers distincts. Pour déterminer son sexe, il est préférable de maintenir le lapin sur une surface plane; la peau entourant les parties génitales est doucement écartée à l'aide du pouce et de l'index. Il faut veiller, ce faisant, à ne pas provoquer de déchirure. Se dégage alors le pénis chez le mâle, sous la forme d'un petit tube arrondi; chez la femelle, la vulve apparaît sous la forme d'un orifice ovale à l'extrémité de l'appareil génital, comme l'illustre la figure 22.


Fig. 22: le sexage d'un jeune lapin.

Une fois bien examinés le mâle et la femelle, il sera facile de les différencier. En cas de problème, l'examen des parties génitales de lapins adultes aidera à déterminer le sexe chez les Jeunes.

La première période de croissance du lapin doit se poursuivre sans cassure, au rythme de la courbe normale de croissance de l'animal (voir la figure 23). Pendant cette période, il faut veiller à fournir des aliments de la meilleure qualité possible. En effet, un jeune lapin en pleine croissance qui ne reçoit que du fourrage de mauvaise qualité devient généralement ballonné. En effet, il peut être privé de certains nutriments tout en recevant une nourriture abondante, or son appareil digestif est trop petit pour traiter une quantité suffisante de cette nourriture pauvre en nutriments. Il en résulte une croissance déficiente et éventuellement le rachitisme.


Fig. 23: courbe normale de croissance du lapin.

La puberté est définie comme le stade de développement où l'animal devient apte à la reproduction. Selon l'apport alimentaire, ce stade correspond généralement à quatre ou cinq mois. Toutefois, le lapin élevé dans un système semi-intensif est trop petit à cet âge-là pour une reproduction efficace; il doit encore prendre du poids et attendre l'âge de huit à neuf mois pour s'accoupler.

La sélection des reproducteurs

Le cheptel des reproducteurs peut être sélectionné dès l'âge de 4 à 5 mois. La sélection doit prendre en compte les facteurs suivants:

- le poids vif: choisir le lapin le plus lourd, en tenant compte des différences d'âge si les lapins sont sélectionnés dans plusieurs portées;

- la taille de la portée dont est issu le lapin: si le nombre de portées le permet, préférer les lapins issus des portées les plus fournies;

- l'état de santé: le lapin ne doit montrer aucun symptôme de mauvaise santé (voir chapitre 11);

- les mâles doivent être sélectionnés en fonction des recommandations précédentes; en outre, un examen doit confirmer que tous ont bien deux testicules dans le scrotum; les testicules descendent de la cavité abdominale dans le scrotum vers l'âge de 12 semaines.

Nous conseillons au lecteur de se reporter au chapitre 10 pour déterminer la méthode de reproduction des lapins élevés en grand nombre. Dans un petit élevage, le choix des reproducteurs se limite à la réforme des mâles qui ne sont ni normaux ni en bonne santé, et à la sélection du plus lourd en fonction de son âge, comme décrit plus haut.

Ces recommandations sont à observer lors de l'achat des lapins en vue de la constitution d'une unité cunicole. Il faut acheter de préférence les lapins chez un éleveur qui applique la même méthode d'élevage que celle que l'on envisage soi-même de suivre. C'est courir au désastre que d'acheter des lapins dans un élevage basé sur une alimentation concentrée, et brusquement les faire passer à une alimentation exclusivement fourragère.

L'accouplement

En système fourrager, la lapine est normalement apte à s'accoupler vers l'âge de huit à dix mois. A cet âge, son rythme de croissance ralentit, ce qui lui permet de consacrer une plus grande partie de la nourriture ingérée à la reproduction. Pour chaque race ou type de lapin, il existe un poids idéal pour l'accouplement, qu'il faut absolument essayer d'identifier en observant les lapins, en enregistrant les données recueillies et en discutant avec d'autres cuniculteurs qui élèvent le même type de lapins.

La même constatation vaut pour le mâle, mais celui-ci est généralement apte à se reproduire vers six ou huit mois, selon son état.

La proportion de femelles par mâle ne doit pas excéder 10 pour 1; par mesure de sécurité, il est sage d'avoir deux mâles s'il y a plus de six femelles, ou trois mâles s'il y en a plus de douze. Comme le coût de l'élevage de mâles peut être important, il peut être utile de s'arranger avec d'autres cuniculteurs pour les partager.

L'expérience confirme qu'il vaut mieux réaliser les saillies tôt le matin ou le soir. Il faut en tout cas éviter les heures les plus chaudes de la journée pour cette opération.

Il faut amener la femelle dans la cage du mâle et non l'inverse; sinon, la femelle pourrait attaquer le mâle et le blesser.

Si la femelle est prête pour la saillie, elle s'immobilise rapidement, s'étire et relève légèrement l'arrière-train pour permettre au mâle de la couvrir et de la pénétrer, comme l'illustre la figure 24. Quand la saillie est réalisée, le mâle effectue une poussée vers l'avant (coup de rein), puis tombe littéralement à côté de la lapine, dans un mouvement très reconnaissable. Par contre, s'il se retire derrière la lapine sans tomber, la saillie n'a pas eu lieu. Après l'accouplement, la femelle doit être retirée de la cage du mâle, où elle peut retourner quelques heures plus tard pour une nouvelle saillie. C'est là une bonne méthode à suivre pour les nouveaux éleveurs.


Fig. 24: l'accouplement chez le lapin.

Si la lapine refuse de se placer devant le mâle ou si elle l'attaque, il est inutile d'insister. Il vaut mieux la ramener dans son clapier et réessayer le lendemain. Dans la plupart des cas, la saillie réussit à cette deuxième tentative. Si la lapine n'est pas réceptive, il ne faut jamais la laisser en compagnie du mâle sans surveillance, ni pendant la nuit, car tous deux risquent de se battre.

La gestation

Palpation

Comme une lapine gestante accepte souvent le mâle, le refus de la saillie n'est pas un indice de gestation. La première confirmation réelle de cet état peut être obtenue environ 14 jours après la saillie. La lapine doit être détendue et assise dans une position naturelle. L'éleveur passe la main doucement le long de l'abdomen, entre les cuisses (voir la figure 25): en cas de gestation, il repère des protubérances disposées en chapelet; ce sont des foetus. Le cuniculteur débutant peut s'exercer à repérer un état de gestation sur des lapines gestantes de 20 jours, stade auquel les foetus sont aisément identifiables.


Fig. 25: détection d'une gestation par palpation.

A environ 28 jours, les glandes mammaires ont pris un volume considérable, ce qui peut être considéré comme la confirmation définitive de la gestation. A 29 jours, la lapine commence à s'arracher la fourrure du ventre pour faire un nid.

Grossesse nerveuse

Les lapines font parfois des grossesses nerveuses, qui peuvent être causées par la simple présence d'un mâle, par une tentative de chevauchement d'un mâle ou par le chevauchement par une autre femelle. Aucun ovule n'est fécondé, mais les circonstances déclenchent les changements hormonaux habituellement liés à la gestation. Une lapine faisant une grossesse nerveuse, parfois appelée pseudo-gestation, ne peut concevoir pendant les 17 à 19 jours suivants. Après cette période, la grossesse nerveuse se termine. La lapine s'arrache alors la fourrure du ventre pour faire son nid, comme elle le fait à la fin d'une gestation normale. En outre, les glandes mammaires se développent légèrement à ce moment. Les grossesses nerveuses sont plus fréquentes quand plusieurs lapines se trouvent dans le même clapier. La lapine qui a eu plus d'une grossesse nerveuse doit être réformée.

La gestation

Elle dure de 30 à 32 jours. Pendant cette période, la lapine doit être nourrie de manière adéquate et protégée contre le stress provoqué par les chiens ou par tout autre bruit en général. Le stress thermique est particulièrement nuisible pendant la gestation et peut entraîner la mort des embryons. Il est donc utile d'assurer une atmosphère fraîche à la lapine gestante en plaçant un store spécial ou en recouvrant le clapier de sacs humides pour assurer un rafraîchissement par évaporation.

Après 20 à 25 jours de gestation, il faut nettoyer le clapier de la lapine et y installer une boîte à nid propre et récemment désinfectée, avec de la litière fraîche et sèche, par exemple de l'herbe séchée, de la paille ou des copeaux de bois. Cette boîte à nid, qui sert à garder les lapereaux nouveaux-nés ensemble pendant les premiers jours - les plus difficiles de la vie - peut être ouverte ou fermée.

Une boîte fermée procure de l'obscurité et un sentiment de sécurité à la mère et à sa portée. Au deuxième stade de l'allaitement, quand les lapereaux exigent beaucoup de lait, le toit de la boîte sert également de refuge à la mère. Une boîte à nid ouverte permet à l'éleveur de mieux observer ce qui s'y passe et peut s'avérer plus adéquate quand il fait très chaud. Il est par ailleurs plus facile d'y ajouter, si nécessaire, de la litière, et d'en retirer les cadavres de lapereaux. Un éleveur débutant peut préférer commencer avec une boîte semi-ouverte.

A environ 29 jours de gestation, la femelle commence à faire un nid avec la fourrure qu'elle s'arrache du ventre. Les mamelons gonflés et prêts à allaiter sont ainsi mis à nu. Bon nombre de cuniculteurs insistent sur la nécessité, à ce stade-ci, de garantir à la lapine un accès facile à l'eau, pour qu'elle ne se déshydrate pas.

La déshydratation peut conduire la mère à dévorer un ou plusieurs jeunes à la naissance ou peu après celle-ci. C'est ce qu'on appelle le cannibalisme. Cependant, le cannibalisme est un phénomène complexe qui ne résulte pas uniquement de la déshydratation.

Une fois accomplis ces préparatifs, il n'y a plus qu'à attendre la mise bas.

La parturition

La lapine met généralement bas pendant la nuit. Sitôt après, la mère prélève à nouveau de la fourrure de son ventre pour couvrir les lapereaux. Il est conseillé de ne pas la déranger pendant les deux ou trois jours qui suivent la mise bas, sauf en cas de problème manifeste. Il est recommandé de prévoir de l'ouate pour couvrir la portée si la mère ne l'a pas fait de manière satisfaisante.

Lors de l'examen de la portée, l'éleveur doit éviter de laisser l'odeur de ses mains sur les lapereaux. Pour ce faire, il faut retirer la mère du clapier et se frotter les mains dans la litière humide pour qu'elles prennent l'odeur de la mère. Une autre solution consiste à laisser dans le nid deux bâtons ou même un gant, qui portent ainsi l'odeur de la mère, et à s'en servir pour dégager un côté du nid lors de l'examen.

Pendant les premières 24 heures, les lapereaux ne peuvent pas téter; plus tard, la mère ne le permet qu'une fois par jour. Il est dès lors très important de laisser au calme la lapine et sa portée pendant les quelques premiers jours: si une tétée n'a pas eu lieu à cause d'une perturbation, la survie des petits peut être menacée. Il vaut mieux ne pas nettoyer la boîte à nid avant que les petits ne soient capables d'en sortir et d'y rentrer tout seuls.

Si un lapereau est mort, il se peut que la mère le sorte de la boîte à nid et l'abandonne dans le clapier. Sinon, il faut l'enlever du nid selon une des manières décrites plus haut. Si des nouveaux-nés se trouvent par terre dans le clapier, il faut les remettre dans la boîte à nid, de nouveau en utilisant une des manières déjà citées, car la lapine ne le fera pas d'elle-même. A la naissance, les lapereaux sont nus et ont les yeux clos. Ceux-ci s'ouvrent vers l'âge de 10 à 11 jours; la fourrure commence à pousser à peu près en même temps. Il peut être nécessaire de laver les yeux du lapereau pour les aider à s'ouvrir.

L'adoption

L'adoption revient à inciter la femelle à accepter un ou plusieurs lapereau(x) d'une autre portée. Cette opération demande beaucoup d'habileté et de précautions. Elle vaut la peine d'être envisagée principalement dans des systèmes exclusivement fourragers où une petite et une grande portée sont nées en même temps. L'adoption de quelques lapereaux de la portée la plus grande par l'autre égalise la taille des portées et donne à chaque lapereau des chances égales de survie. Une portée adopte normalement deux lapereaux au plus.

Voici quelques indications pour mener à bien l'adoption: - la saillie des femelles a eu lieu le même jour;

- les portées en cause doivent être nées tout au plus à 3 ou 4 jours d'intervalle;

- les lapereaux à adopter n'ont pas plus de 5 jours;

- la mère adoptive et la mère donneuse sont retirées de leur clapier;

- les lapereaux à adopter sont soigneusement retirés de leur nid, en les dérangeant le moins possible et sans toucher aux autres; la mère donneuse est replacée dans le clapier;

- chaque lapereau à adopter est frotté à l'aide d'un bout de tissu ayant l'odeur de la litière humide du nid adoptif;

- les lapereaux sont introduits dans le clapier adoptif sans défaire le nid;

- les nouveaux adoptés sont laissés dans le nid pendant quelques heures pour qu'ils aient tous la même odeur;

- enfin, la lapine adoptive est replacée dans le clapier et reçoit quelques aliments qu'elle apprécie.

Si toutes ces étapes sont respectées, l'adoption a de fortes chances de réussir. Le facteur principal est l'instinct maternel des lapines. Certaines adoptent facilement des petits provenant d'une autre portée, d'autres ne les acceptent jamais. Parfois, des apprentis cuniculteurs réussissent, alors que des habitués échouent. L'adoption est un aspect très intéressant de l'élevage du lapin: elle teste les connaissances de l'éleveur sur les lapins et leur comportement.

De la mise bas au sevrage

Le lait de la lapine est très riche en nutriments. Le premier lait, appelé colostrum, est particulièrement concentré, mais même le lait produit plus tard dans la phase de lactation est 3 à 4 fois plus riche que le lait d'autres animaux domestiques. Le lait de lapine contient environ 10 à 12 % de protéines, 12 à 14 % de lipides et 2 à 2,5 % de lactose. Le pic de lactation journalière est atteint à environ 3 semaines dans de bonnes conditions alimentaires, mais survient plus tôt en cas d'alimentation exclusivement fourragère. Quand les petits commencent à ingérer des aliments solides et ne stimulent plus la lapine en essayant de téter, la production laitière diminue. Dans tous les cas, elle s'annule très vite; en système fourrager, les mamelons s'assèchent 30 à 40 jours après la mise bas.

L'alimentation artificielle des petits après 1 à 2 semaines est possible, mais très difficile. Un compte-gouttes ou une seringue sans aiguille peuvent être utilisés à cet effet. Du lait de vache enrichi d'un peu de jaune d'œuf peut ainsi être versé goutte à goutte dans la bouche du lapereau. Cela demande beaucoup de soins et de patience. Le risque majeur est qu'un peu de lait arrive dans les poumons, provoquant une pneumonie par inhalation.

Les deux premières semaines qui suivent la mise bas constituent une période très critique pour la lapine à cause de la demande de lait. L'apport en eau est particulièrement important en région tropicale; la lapine allaitante consomme facilement 1 à 2 litres d'eau par jour. C'est également à cette période qu'il faut, si possible, lui donner des aliments concentrés (chapitre 7). N'importe quel son (de sorgho, de riz ou de maïs) peut convenir si un mélange adéquat pour lapins ne peut être fourni. Il faut également utiliser du foin de la meilleure qualité à cette période. Tout produit qui favorise la production laitière permet une meilleure croissance des petits et leur donne davantage de chances de survivre à la phase critique qu'est le sevrage.

Le sevrage

Le sevrage - la séparation de la mère et de ses petits - doit avoir lieu environ 6 à 8 semaines après la mise bas. La meilleure méthode consiste à retirer la mère de la portée; si, à l'inverse, les lapereaux sont séparés de leur mère et placés dans un clapier inconnu, ils subissent un double stress.

Certains éleveurs préfèrent sevrer progressivement en retirant tous les deux jours les plus gros lapereaux, pendant une semaine, jusqu'à ce que tous soient sevrés.

La période de post-sevrage est également difficile pour les lapereaux et il est bon de leur donner alors, si possible, des aliments concentrés; en effet, même de faibles quantités d'aliments concentrés peuvent alors fortement influencer la vitesse de croissance. A mesure que les lapereaux grandissent, la quantité d'aliments concentrés peut être progressivement réduite, mais la vitesse de croissance diminue alors automatiquement. Très vite, la portée a besoin de plus d'espace dans le clapier. Les jeunes perdent leur premier duvet à environ 2 mois.

Après le sevrage, il faut laisser le temps à la mère de se reconstituer avant de la présenter à nouveau à un mâle. Le temps de repos nécessaire dépend beaucoup de son alimentation, mais il est généralement d'au moins quatre semaines. Le pesage hebdomadaire est le seul moyen fiable de vérifier si la lapine reconstitue ses réserves. Une lapine peut normalement continuer à avoir des portées jusqu'à l'âge de 3 ou 4 ans.

Problèmes éventuels

Un certain nombre de problèmes peuvent apparaître au cours du cycle de production que nous venons de décrire. Les plus courants sont repris ci-dessous sous forme de questions dont la formulation peut indiquer leur solution.

Le mâle refuse de s'accoupler

- La saillie est-elle entreprise dans le clapier de la femelle?

- Ne fait-il pas trop chaud ou trop humide?

- Le mâle est-il en bonne santé?

- N'est-il pas trop gros?

- S'il est jeune, les deux testicules sont-ils dans le scrotum?

- A-t-il des plaies aux coussinets des pattes arrières?

- N'est-il pas trop âgé?

- A-t-il refusé la saillie avec plus d'une femelle?

La femelle refuse de se laisser saillir

- Mêmes questions que ci-dessus, sauf celle portant sur les testicules.

- La femelle a-t-elle eu au moins trois occasions de s'accoupler sur environ une semaine?

- La femelle a-t-elle été présentée à plus d'un mâle?

La femelle fait son nid sur le plancher du clapier

- Est-ce la première portée de cette femelle, manque-t-elle d'expérience?

- La boîte à nid a-t-elle été convenablement nettoyée?

- Y a-t-il moyen d'entourer le nid d'un cadre en bois qui fait office de boîte à nid?

La mère porte ses jeunes hors du nid et les abandonne par terre

- Y a-t-il moyen de les remettre dans la boîte à nid sans leur donner l'odeur de l'éleveur?

Il est important d'observer les lapins d'un bout à l'autre du cycle de production afin de détecter le plus tôt possible les problèmes éventuels et d'en tirer des leçons pour le cycle suivant.

IX. Le savoir-faire de l'éleveur et ses interventions

Introduction

Pour garantir le succès de son élevage, le cuniculteur doit effectuer de nombreuses interventions faisant appel à de réelles qualités d'éleveur. Ce chapitre décrit celles que nous n'avons pas étudiées ailleurs, mais le tableau 8 résume les principales.

Tableau 8: Interventions de l'éleveur

1. Observation et sens de l'observation
2. Examen des lapins
3. Enregistrement et analyse de données
4. Conception, construction et choix de l'emplacement des clapiers
5. Identification, sélection, production et stockage de la nourriture
6. Conduite de l'élevage:

- sexage
- saillie
- gestation
- mise bas
- adoption
- lactation
- sevrage
- identification
- pesage
- taille des ongles

7 Réforme et sélection pour l'amélioration des caractères génétiques
8. Abattage et nettoyage
9. Détection des affections et des maladies
10. Premiers soins

Les interventions décrites dans ce chapitre sont les suivantes:

- observation, sens de l'observation

- examen des lapins

- pesage

- taille des ongles

- identification

- enregistrement de données et leur analyse

- premiers soins

Observation, sens de l'observation

Observer ne signifie pas seulement regarder, mais aussi voir. Cette qualité essentielle de l'éleveur repose sur l'intérêt réel presque l'amour, que celui-ci porte aux lapins. Elle se développe avec l'expérience, mais les choses peuvent être accélérées par la prise en compte de quelques questions à se poser chaque fois qu'on se rend dans l'élevage ou qu'on achète de la nourriture.

Quand le cuniculteur fait le tour de son élevage, il doit se poser les questions suivantes:

- est-ce que rien n'a changé depuis ma dernière visite?

- si la clôture est pliée, est-ce parce que des chiens ou des voleurs ont pénétré dans l'exploitation?

- le fil de clôture n'est-il pas détaché?

- les clapiers sont-ils dans un état normal?

- y a-t-il encore du liquide dans les pièges à fourmis?

- les lapins réagissent-ils comme d'habitude, soit en s'avançant, soit en se réfugiant dans un coin au fond du clapier?

- reste-t-il de la nourriture?

- l'abreuvoir est-il plein, n'est-il pas renversé et vide?

- y a-t-il beaucoup de poils dans le clapier, signe que le lapin mue?

- le bois du clapier est-il rongé?

- tous les lapins sont-ils en train de manger, n'y en a-t-il pas un qui reste à l'écart ?

- y a-t-il des traces de sang ?

- y a-t-il des traces de déjections liquides, de diarrhées?

- tous les lapereaux sont-ils présents, aucun d'eux n'est-il tombé par une ouverture?

- y a-t-il des signes de la présence de fourmis safari ou de rats?

- des déjections s'accumulent-elles sous le clapier?

- tout est-il en ordre?

D'autres questions concernent l'achat de nourriture, par exemple:

- dans quelle région trouve-t-on le meilleur fourrage?

- quels aliments présentent les meilleures qualités?

- quel fourrage est toxique?

Cette liste n'est pas exhaustive et ouvre la voie aux propres questions de l'éleveur. La méthode de questions-réponses se révèle très utile pour développer la qualité essentielle de l'observateur: savoir regarder et voir.

Examen des lapins

Il peut être nécessaire de procéder à l'examen complet d'un lapin qui vient d'être acheté ou qui peut être sélectionné pour la reproduction. La liste qui suit reprend les différents points à vérifier. Si l'une des réponses est positive, l'animal risque d'être en mauvaise santé.

Commencer par observer le lapin sans le déranger.

- A-t-il l'air en mauvaise santé?

- Penche-t-il la tête d'un côté?

- Secoue-t-il la tête de manière excessive?

- Reste-t-il à l'écart des autres lapins?

- Y a-t-il des crottes molles dans le clapier?

- Les crottes dures sont-elles anormales?

Retirer ensuite le lapin du clapier et le placer sur une surface plane à hauteur de sa poitrine, dans un endroit bien éclairé. Le caresser doucement.

- L'abdomen du lapin est-il gonflé ou distendu?

- Est-il maigre, a-t-il la peau sur les os?

- La fourrure est-elle rude au toucher?

- Y a-t-il des taches de peau à nu?

- A-t-il les narines encombrées, le nez qui coule?

- A-t-il le regard terne, les yeux qui coulent?

- Présente-t-il des croûtes sur la peau?

- A-t-il des plaies dans les oreilles?

Maintenir ensuite le lapin en position assise.

- La fourrure entourant l'anus est-elle souillée par des déjections?

- Le dessous des pattes arrière montre-il des plaies?

Libérer le lapin.

- Boîte-t-il ou a-t-il une démarche irrégulière?

Si possible, peser l'animal.

- A-t-il un poids inadéquat pour son âge?

Si une des réponses aux questions énoncées est positive, le lapin a probablement un problème de santé. Il est dès lors prudent de contacter un éleveur expérimenté, un vétérinaire, ou un zootechnicien.

Pesage

Tout au long de cet ouvrage, nous avons souligné combien il est important de peser les lapins pour vérifier leur rythme de croissance et leur état général. Il existe deux instruments pour les peser: une balance à plateau et un peson à ressort, illustrés à la figure 26.


Fig. 26: modes de pesage d'un lapin.

Généralement, un lapin habitué à des manipulations peut être simplement posé sur le plateau d'une balance. Il est évident que ce plateau doit être suffisamment grand pour que le lapin se sente à l'aise.

Comme les balances à plateau sont onéreuses et pas toujours disponibles, une autre solution consiste à utiliser un peson à ressort et à placer le lapin dans un sac approprié. Cette solution est toutefois plus stressante pour l'animal, et il faut veiller à le placer très délicatement dans le sac.

Taille des ongles

Un lapin élevé en clapier n'use pas ses ongles comme celui qui creuse un terrier ou qui gambade. Si on laisse pousser ses ongles, le lapin peut facilement griffer l'éleveur, ou coincer ses griffes dans les mailles du clapier. Il est facile de les lui tailler à l'aide d'une paire de ciseaux ordinaire bien aiguisée, ou d'un simple coupe-ongles.

Il faut emmener le lapin dans un endroit bien éclairé et le maintenir de la façon illustrée à la figure 28, ou comme il convient le mieux à l'éleveur et au lapin. A la lumière, on peut facilement distinguer la partie foncée de l'ongle de la partie terminale plus claire, à couper. Il vaut mieux commencer par l'extrémité et ne couper que de petites rognures en évitant d'atteindre la partie foncée, qui est sensible et peut saigner; dès qu'il sent la douleur, le lapin retire d'ailleurs sa patte. Essayer de tailler les ongles en biais pour leur donner le profil de la figure 27.


Fig. 27: ongles trop longs, avant et après la taille.


Fig. 28: contention d'un lapin pour la taille des ongles.

Identification

Par l' identification, l'éleveur donne à chaque lapin une marque ou un numéro qui permet de le distinguer des autres. Pour celui qui n'a qu'une ou deux femelles, cela semble (et est souvent) inutile; mais le cuniculteur qui souhaite enregistrer des données sur l'évolution hebdomadaire d'une portée de 5 ou 6 jeunes doit pouvoir reconnaître ceux-ci. Il existe trois procédés.

Le marquage dans l'oreille

Si la peau des oreilles du lapin est claire, on peut utiliser un marqueur indélébile ou de couleur pour y inscrire un numéro. Comme le numéro reste visible pendant une semaine environ, l'opération doit être répétée régulièrement.

Le baguage

La patte arrière est l'endroit le plus courant pour placer une étiquette ou une bague (figure 29). Moyennant certaines précautions, l'éleveur peut les fabriquer lui-même avec du métal ou du plastique, à condition de veiller à ce qu'elles n'entaillent ni ne blessent la patte.


Fig. 29: identification au moyen d'une bague placée autour de la patte.

Les entailles dans l'oreille

Cette méthode consiste à entailler les oreilles du lapin à différents endroits, de façon à pouvoir reconnaître un chiffre. Il existe différents codes pour associer l'entaille à un nombre; la figure 30 nous donne un exemple. Cette méthode est permanente et efficace, mais exige l'utilisation d'un appareil spécial qui peut être obtenu auprès d'un zootechnicien.


Fig. 30: exemple code permettant l'identification d'un lapin par entailles.

L'enregistrement des données et leur analyse

Au début de l'exploitation, quand il n'y a qu'un ou deux lapins, l'enregistrement de données peut sembler inutile, mais il est surprenant de constater avec quelle rapidité on oublie certains détails, surtout quand le nombre de lapins augmente. Deux types d'enregistrement sont nécessaires:

- données financières,

- données animales.

Les données financières

Les données financières peuvent être notées dans un petit cahier, en reprenant sur une page les sorties et sur la page opposée, les entrées. Il suffit alors d'inscrire les montants dépensés pour les lapins et les sommes rapportées par ceux-ci. Si l'éleveur consomme lui-même un lapin, il doit noter sur la page des entrées la somme qui aurait été perçue si le lapin avait été vendu, en restant réaliste!

Les données zootechniques

Le tableau 9 donne un exemple de fiche d'enregistrement de données pour une femelle. Elle comprend différentes colonnes: date de la saillie, mâle utilisé, date de la mise-bas, nombre de petits (morts et vivants), date du sevrage et nombre de lapereaux sevrés. Une colonne vide permet d'ajouter des remarques relatives à la santé ou à l'élevage de l'animal, notamment s'il a mis bas par terre dans le clapier, ou le poids total de la portée au sevrage. D'autres enregistrements de données peuvent viser à contrôler le gain hebdomadaire de poids vif des portées en cours de croissance ou à contrôler le poids et le nombre de saillies effectuées par les mâles.

Tableau 9: exemple d'une fiche d'enregistrement de données pour une femelle

nom_______________________

date de naissance______________________________________

date de la saillie

mâle utilisé

date de mise bas

nombre de lapereaux nés (vifs/morts)

date du sevrage

nombre de sevrés

remarques


















































Une boîte de conserve attachée à l'avant du clapier peut servir de support pour la fiche. Celle-ci doit être accrochée hors de portée du lapin, qui risque de la manger, et recouverte de plastique pour être à l'abri de la pluie. En pratique, il est généralement préférable de conserver ces fiches à l'intérieur, dans un endroit sûr.

L'analyse des données

Il ne sert à rien d'enregistrer des données si on ne les analyse pas ultérieurement.

Les données financières

Au bout de 6 ou 12 mois, selon le rythme qui convient le mieux à l'éleveur, faire le total des entrées et des sorties, puis déduire le second total du premier pour obtenir le bénéfice réalisé. Ce résultat peut être négatif la première année, car les frais de démarrage peuvent être supérieurs au résultat des ventes.

Les données zootechniques

A la fin de l'année, les données doivent être analysées pour faire ressortir les paramètres suivants:

- nombre moyen de portées par femelle et par an (3 ou 4);

- taille moyenne de la portée à la naissance (supérieure à 6);

- taille moyenne de la portée au sevrage (supérieure à 5);

- taux de mortalité moyen de la portée (inférieur à 20 %).

Les chiffres placés entre parenthèses donnent une idée des performances auxquelles on peut s'attendre dans un système exclusivement fourrager. Mais ils ne sont donnés qu'à titre indicatif. Les meilleurs éléments de comparaison sont les chiffres enregistrés l'année antérieure. C'est là que réside toute la valeur des enregistrements: permettre au cuniculteur de voir l'évolution des performances des lapins.

Les premiers soins

Il arrive que les lapins se blessent, généralement à cause des bords tranchants des sols grillagés ou des abreuvoirs, parfois aussi dans des combats. Il est important de soigner ces blessures au plus vite afin d'éviter toute aggravation.

Les premiers soins comprennent les démarches suivantes:

- nettoyer la blessure avec une solution antiseptique;

- laisser sécher;

- enduire de pommade antiseptique;

- protéger pour éviter de nouvelles blessures ou une infection.

Il faut notamment protéger la blessure pour éviter qu'une mouche y dépose ses œufs, ce qui peut entraîner de graves complications.

Sur un sol grillagé, c'est souvent le bas des pattes, en particulier les pattes arrière, qui présente des blessures risquant de se transformer rapidement en plaies difficiles à guérir. Après avoir donné les premiers soins, il vaut mieux bander la patte et recouvrir le grillage d'une planche de bois, pour éviter que le bandage ne se défasse et aussi, parce que c'est plus confortable pour le lapin.

Une trousse de secours peut être très utile. Elle doit contenir le matériel suivant:

- un récipient pour y verser de l'antiseptique;

- un tissu propre;

- de l'antiseptique sous forme concentrée;

- de la pommade antiseptique;

- de l'ouate;

- une paire de ciseaux ou une lame de rasoir;

- des bandages;

- une seringue sans aiguille pour appliquer, sans gaspillage, la solution antiseptique sur la blessure et pour donner au lapin une dose de médicament contre la coccidiose, par exemple.

Les autres interventions de l'éleveur reprises dans le tableau 8 sont étudiées dans les chapitres correspondants.

X. L'amélioration génétique

Introduction

Il existe quatre grands moyens d'accroître la production cunicole:

- l'amélioration de l'alimentation;

- l'amélioration de la gestion, y compris celle du logement;

- l'amélioration du contrôle sanitaire;

- l'amélioration génétique.

Cet ouvrage insiste surtout sur les trois premiers points, qui sont les plus importants pour les petits élevages. Cependant, il est également utile de comprendre comment les caractères génétiques du lapin peuvent être améliorés. Les méthodes décrites dans ce chapitre ne peuvent s'appliquer dans leur intégralité qu'à un élevage comptant plusieurs dizaines de lapines, mais l'approche et les principes généraux, en particulier ceux faisant référence aux croisements, sont valables pour toute unité de production.

La diversité des animaux

L'observation des lapins montre qu'il existe de grandes différences entre des individus du même âge nourris de la même manière: certains sont plus grands, ou grandissent plus vite que les autres; certaines lapines ont de grandes portées de 8 ou 10 jeunes, d'autres des petites, voire aucune.

C'est le phénotype du lapin qui apparaît lors de l'observation. Le phénotype est l'effet de l'interaction du génotype de l'animal les gènes portés par les 44 chromosomes - et de l'environnement. Dans le cas de la cuniculture, l'environnement comprend tant la gestion de l'élevage et l'alimentation du lapin que le climat.

Phénotype = génotype + environnement

Si un lapin présente un phénotype favorable, comme un taux de croissance élevé ou des portées nombreuses, nous ne savons pas si ces caractéristiques résultent de son génotype ou de son environnement, ou des deux. C'est un problème réel! De même, nous ne savons pas si cette supériorité sera transmise à la progéniture. Heureusement, nous savons que certains caractères sont transmis - hérités - dans des proportions variables.

Ce degré de transmission est repris sous le terme d' héritabilité. Le tableau 10 reprend l'héritabilité de certains caractères chez le lapin.

Tableau 10: héritabilité de certains caractères importants

Taille de la portée née vivante

1 à 10 %

Taux de survie à 56 jours

1 à 10 %

Poids à la naissance

30 à 50 %

Gain journalier

40 à 60 %

Poids en carcasse

55 à 65 %

Pourcentage d'habillage

55 à 65 %

Les caractères ayant un pourcentage élevé d'héritabilité sont plutôt déterminés par les gènes, alors que les autres sont plutôt influencés par l'environnement. Par conséquent, un lapin dont le taux de croissance est élevé - caractère à héritabilité moyenne à grande - a de fortes chances d'avoir une progéniture présentant le même caractère de croissance élevée dans des conditions d'élevage identiques. Par contre, ce n'est pas parce qu'une mère a de grandes portées que ses filles auront forcément des portées aussi importantes: puisque la taille de la portée a un degré d'héritabilité assez faible, elle est fortement influencée par l'environnement, notamment par la manière dont l'éleveur nourrit et élève la lapine. Les caractères à faible héritabilité sont également déterminés par les gènes, mais ne sont pas transmis aussi systématiquement que les caractères à forte héritabilité.

Objectif

L'objectif de l'éleveur est d'essayer, par une reproduction sélective, de concentrer tous les bons aspects - les bons gènes de tous les lapins - en une race améliorée. Comme nous venons de l'expliquer, il y arrivera plus facilement avec certains caractères qu'avec d'autres. En termes très simples, disons que la méthode consiste à trouver les meilleurs lapins présentant le caractère recherché pour les croiser.

Il est extrêmement important de décider des caractères à améliorer: la vitesse de croissance, la taille de la portée, ou les deux? Est-ce pour des élevages dont le système d'alimentation repose exclusivement sur du fourrage, sur des aliments concentrés ou sur un régime mixte? Il faut, dans la mesure du possible, comparer les lapins à sélectionner dans l'environnement qui sera celui de leur progéniture: logement, nourriture et gestion.

Les progrès seront plus rapides si l'on se concentre sur un seul caractère, et plus lents si les essais portent en même temps sur plusieurs caractères, car il est plus difficile de trouver des lapins qui se démarquent par plusieurs caractères.

Une fois l'objectif fixé, il ne faut pas en changer, sinon les efforts déjà consentis auront été vains. Pour la plupart des éleveurs ayant une petite unité de production en région tropicale, les objectifs sont les suivants:

- vitesse de croissance avec un apport minimal, voire nul, d'aliments concentrés;

- portées régulières d'une moyenne de 6 à 8 jeunes.

L'enregistrement des données et les comparaisons

On ne peut mettre en évidence les meilleurs lapins qu'en les comparant à d'autres de la même génération. Pour cela, il faut recueillir des données et, pour éviter toute erreur, les enregistrer.

Les lapins peuvent être comparés en fonction de divers critères. Le premier point de comparaison est la conformation essentielle, qui renvoie à tout défaut ou caractéristique physique indésirable, telle que la claudication ou une oreille qui touche le sol alors qu'elle devrait être dressée (cette dernière malformation peut entraîner une infection et une maladie de l'oreille). La lapine doit avoir au moins 8 mamelons. Les pattes ne peuvent présenter aucune malformation. Tous les lapins qui pourraient servir à la reproduction doivent donc être examinés pour s'assurer qu'ils sont physiquement sains.

A la conformation essentielle s'oppose la conformation non essentielle, qui recouvre des caractéristiques n'ayant aucun rapport avec la production, comme la couleur et la structure du pelage, la forme de l'oreille et de la tête.

Une autre méthode de comparaison repose sur l'enregistrement des données relatives aux performances: il s'agit de mesurer et d'enregistrer les performances des individus pour les comparer entre elles. Les principaux points d'intérêt sont:

- chez les lapines:

· la taille de la portée à la naissance

· le taux de mortinatalité

· la taille de la portée au sevrage

· le poids au sevrage

· l'instinct maternel

· le poids pour l'âge

· la présence éventuelle de maladies

- chez les jeunes, mâles et femelles:

· le poids pour l'âge

· la présence éventuelle de maladies

· la réceptivité ou l'empressement à la saillie.

Les lapins ainsi examinés et comparés doivent être élevés dans les mêmes conditions.

Il existe encore d'autres méthodes de comparaison, notamment le test sur la descendance, par lequel un individu est évalué sur la base du comportement de sa progéniture. Ainsi, l'aptitude d'un mâle à transmettre les gènes déterminant la vitesse de croissance est mesurée en étudiant à quel rythme sa progéniture grandit par rapport aux jeunes issus d'autres mâles.

On admettra sans peine que les comparaisons peuvent être difficiles à établir. Par exemple, un lapin issu d'une petite portée a une vitesse de croissance jusqu'au sevrage supérieure à celle d'un lapin issu d'une portée nombreuse, car il a reçu davantage de lait. De même, la vitesse de croissance varie d'une période à l'autre de l'année selon la quantité de nourriture disponible et selon les variations de la température ambiante.

Dans les élevages comptant plusieurs centaines de lapins, on peut tenir compte de ces facteurs de confusion en leur appliquant des facteurs de correction, qui font l'objet d'un calcul spécial. Dans de plus petites exploitations, il est presque impossible de tenir compte de ces facteurs autrement qu'en faisant appel au bon sens.

Sur la base des mesures, des données enregistrées et des comparaisons établies, les lapins peuvent ensuite être classés; les meilleurs sont alors retenus pour la reproduction. Ce procédé est appelé la sélection.

La sélection et la réforme

La sélection consiste à choisir les femelles et les mâles qui seront les parents de la génération suivante. Sa réussite dépend de la valeur des données enregistrées. Par ailleurs, il faut que le choix puisse s'effectuer parmi un grand nombre de lapins, ce qui est rarement le cas dans les petites unités de production, où l'amélioration génétique est dès lors difficilement praticable.

En général, les mâles sont sélectionnés pour leur vitesse de croissance et leur conformation essentielle; les femelles sont d'abord retenues pour leur vitesse de croissance, et ensuite pour la taille de leurs portées et les résultats de leur progéniture.

La réforme consiste à isoler les lapins dont on ne veut pas pour la reproduction. Ils peuvent être consommés ou vendus; l'important est de ne pas les utiliser pour la reproduction. Les lapins à réformer sont ceux qui présentent des défauts: croissance faible et lente, maladies ou plaies cutanées permanentes, portées restreintes ou stérilité. A titre d'exemple, une lapine doit être réformée si, à deux reprises, sa portée est très petite ou médiocre. Dans un sens, la réforme équivaut à la sélection, tout en se basant sur le processus inverse; elle élimine les moins bons sujets tandis que la sélection garde les meilleurs.

L'accouplement

Les meilleurs individus mâles et femelles sélectionnés peuvent s'accoupler selon deux modes de reproduction envisageables:

- la consanguinité;

- l'«out-breeding».

La consanguinité consiste à accoupler des animaux qui ont des liens plus étroits que la moyenne des individus. En d'autres termes, il s'agit de l'accouplement d'un frère et d'une sœur, ou d'un père et de sa fille. Il vaut mieux éviter ce genre de méthode, car elle tend à appauvrir l'état général de santé des lapins.

On peut éviter la consanguinité en échangeant des mâles avec d'autres cuniculteurs. L'échange doit avoir lieu au terme de la première année, car c'est alors que les filles du premier mâle utilisé sont aptes à la reproduction.

L'«out-breeding» consiste à accoupler des individus qui n'ont aucun lien de parenté, soit de même race, races pures, soit de races différentes, croisements simples ou races hybrides. Un lapin appartenant à une race locale de qualité peut, par exemple, être croisé avec une nouvelle race comme le Néo-Zélandais blanc ou le Californien. Le croisement est abordé de manière plus détaillée ci-dessous.

Croisement simple et croisement d'implantation (grading-up)

Quand la reproduction se fait par croisement avec une nouvelle race, on obtient un premier croisement, F1. F1 a reçu de la race locale certaines caractéristiques de tolérance au stress et, de la nouvelle race, d'autres caractéristiques comportementales améliorées. Ce premier croisement est souvent plus viable et plus résistant aux maladies que ses parents, phénomène appelé vigueur hybride ou hétérosis.

Une question primordiale à se poser est alors de savoir comment accoupler la génération F 1, qui fait preuve de vigueur hybride. Trois solutions existent:

- croisement de retour, c'est-à-dire revenir aux reproducteurs de la race locale;

- reproduction avec d'autres F1;

- croisements continus avec la nouvelle race, c'est-à-dire grading-up.

Il est conseillé aux petits éleveurs de se contenter, dans un premier temps, des deux premières solutions.

Si le grading-up est pratiqué de manière régulière, les gènes de la race locale finissent par disparaître et sont remplacés par ceux de la nouvelle race, qui peut être sensible au stress dû à la température, ou aux maladies locales. Le tableau 11 montre comment une race locale est remplacée par une nouvelle en seulement quatre générations.


Tableau 11: grading-up d'une race locale pour obtenir une nouvelle race

Après seulement quatre générations, les gènes sont à 93,75 % ceux de la nouvelle race. Or, l'objectif d'un petit éleveur est de produire un croisement qui présente un maximum de caractères de la race locale et de la nouvelle race. Il a donc intérêt à garder une grande part de gènes de la race locale dans les croisements, ce qui justifie notre conseil de reproduire des individus F1 entre eux ou de revenir à la race locale. Ceci permet de garantir un pourcentage de gènes de race locale d'au moins 50 %.

L'amélioration génétique est une opération à long terme qui demande 5 à 10 ans de soins et de sélections attentifs afin d'obtenir un type de lapin qui réponde le mieux possible aux conditions ambiantes. Cette opération ne doit pas pour autant être envisagée dès la première année de production, quand il faut surtout apprendre à connaître les lapins et les nourrir de manière efficace.

Le cycle d'amélioration

Nous pouvons résumer aux éleveurs ce qui précède comme suit:

- fixez vos objectifs; choisissez les caractères à améliorer;

- prenez des mesures, enregistrez-les et comparez-les;

- sélectionnez;

- accouplez les meilleurs sujets ensemble: race pure ou croisement;

- prenez des mesures sur la progéniture, enregistrez-les et comparez-les;

- comparez avec les objectifs fixés;

- sélectionnez;

- accouplez les meilleurs sujets entre eux;

- répétez le cycle.

Au chapitre 1, nous avons expliqué que le meilleur type de lapins pour le producteur débutant est sans aucun doute celui de race locale. C'est donc à ce dernier que les méthodes d'amélioration génétique seront appliquées en premier lieu.

XI. La santé et les maladies

La santé du lapin

Placé dans de mauvaises conditions, un lapin en bonne santé peut devenir faible et malade. L'influence de ces conditions peut être résumée par la formule suivante:

lapin en bonne santé + stress + germe pathogène = lapin malade

Par conséquent, l'éleveur doit veiller à ce que les lapins sains ne soient soumis à aucun stress et que leur environnement contienne le moins possible de germes pathogènes.

Par ailleurs, le lapin sain est toujours un lapin bien nourri, ce qui suppose:

- un régime alimentaire équilibré;

- le respect des recommandations relatives à l'alimentation énoncées au chapitre 7..

Un lapin en bonne santé présente les caractéristiques suivantes:

- il mange et boit normalement;

- il est vif, éveillé et curieux;

- il fait sa toilette;

- son poil est brillant, doux et propre, surtout sur les pattes avant et autour de l'anus;

- ses yeux sont propres et brillants, sans écoulement;

- ses narines sont dégagées et ne coulent pas;

- sa température est normale, de 37 à 39,5°C;

- il respire normalement et silencieusement, de 40 à 65 fois par minute;

- la cæcotrophie est normale, pas de crottes molles par terre;

- son poids est croissant ou, pour un adulte, constant.

Les facteurs favorisant la maladie chez le lapin sont:

- le manque d'eau;

- un régime alimentaire déséquilibré et pauvre en énergie, protéines, minéraux ou vitamines;

- le manque de nourriture;

- l'ingestion d'aliments toxiques ou vénéneux;

- une alimentation basée exclusivement sur des produits riches en fibres, cause de ballonnement;

- l'ingestion d'aliments défraîchis ou souillés, source de diarrhée;

- le manque de propreté et de ventilation du clapier, qui favorise la propagation des germes pathogènes.

Les signes de mauvaise santé sont l'opposé de la liste plus haut: le lapin ne mange pas, il perd du poids, il est sujet aux diarrhées, ses yeux ou ses oreilles coulent, sa respiration est bruyante, son poil est rêche d'aspect, des crottes molles jonchent le sol du clapier. Trompé par la fourrure du lapin, l'éleveur peut ne pas remarquer une perte de poids s'il ne pèse pas l'animal. A défaut, il peut le palper pour vérifier son état de santé: en passant régulièrement la main sur les côtes et la colonne vertébrale, il peut détecter des changements dans l'état de santé du lapin, signes d'un éventuel problème de sous-alimentation ou de santé.

Certains lapins semblent mieux résister que d'autres: ils restent sains alors que leurs congénères souffrent de vomissements et de problèmes de santé. Ce sont, de toute évidence, des sujets qui doivent être retenus pour la reproduction.

Le stress

Le stress désigne toute épreuve infligée à l'un ou l'autre des systèmes du lapin, comme le système de régulation thermique, l'appareil digestif ou le mode normal de comportement. La grossesse, la mise bas, la lactation, le sevrage et l'accouplement sont des périodes de stress naturel et inévitable. L'éleveur doit tenter de limiter au maximum toute autre forme de stress.

Ces autres formes de stress peuvent être favorisées par de multiples facteurs, mais le risque d'occurrence est réduit par:

- une bonne conception du clapier (étanche et à l'abri des courants d'air);

- un emplacement adéquat;

- une gestion routinière visant à éviter le stress thermique;

- un nombre raisonnable de lapins par clapier;

- l'exclusion des chiens, serpents et visiteurs bruyants;

- un régime alimentaire adapté et bien équilibré;

- une bonne gestion générale, conforme à celle décrite au chapitre 8, veillant en particulier à ce que le plancher reste propre et sec et que la litière soit abondante.

Les germes pathogènes

Il existe plusieurs façons de garder le lapin à l'abri des germes pathogènes, et de limiter la concentration de ces germes:

- prévoir un plan de clapier qui assure une bonne ventilation, sans courants d'air, et qui permet l'évacuation des déjections et de l'urine;

- construire les clapiers avec du bois neuf ou des matériaux qui n'ont pas encore été utilisés dans des clapiers;

- nettoyer et désinfecter complètement et régulièrement les clapiers pour éliminer tout germe pathogène éventuel;

- acheter des lapins auprès de cuniculteurs dont l'élevage est sain;

- mettre en quarantaine pendant deux semaines des lapins qui viennent d'être achetés et les examiner régulièrement afin de détecter d'éventuels signes de maladie;

- ne donner que de l'eau et de la nourriture propres et fraîches;

- isoler les animaux malades;

- ne pas mélanger inutilement des lapins (attention en cas de partage de mâles avec d'autres éleveurs);

- nettoyer complètement le clapier où un lapin est mort, avant de le réutiliser;

- mettre en attente les clapiers après leur nettoyage: ne pas les utiliser pendant deux à trois semaines.

Le nettoyage et la désinfection du clapier

Le nettoyage et la désinfection du clapier permettent à l'éleveur de lutter contre les germes pathogènes avant que le lapin n'en soit victime. Ces deux opérations doivent comporter les étapes suivantes:

- racler toutes les déjections et autres déchets;

- laver à l'eau chaude savonneuse;

- sécher au soleil;

- laver avec une solution désinfectante, suivant les recommandations du vétérinaire;

- sécher au soleil en retournant régulièrement la cage pour l'exposer, si possible, intégralement au soleil;

- mettre le clapier en attente pendant deux à trois semaines avant de le réutiliser.

Chaque étape a son importance. Le séchage au soleil permet de désinfecter la cage sans frais grâce aux rayons ultraviolets.

Les principales affections et maladies

L'application des mesures recommandées ci-dessus permet de réduire les risques d'apparition d'affections et de maladies, sans pour autant les supprimer. Un lapin sain résiste à la plupart des germes pathogènes, mais pas à tous. N'importe quel éleveur expérimenté peut vous confirmer que le lapin est un animal fragile. Le taux global de mortalité atteint souvent 10 ou 20 %. Il faut donc accorder la priorité absolue à la prévention, ainsi qu'à la reconnaissance précoce des signes de maladie.

Nous reprenons ci-dessous quelques-unes des principales affections et maladies courantes en région tropicale, ainsi que leurs symptômes. Les organismes favorisants sont:

- les parasites internes;

- les parasites externes;

- les bactéries;

- les virus.

En outre, d'autres causes non spécifiques peuvent être à l'origine d'une maladie. Par exemple, une plaie ouverte ou une écorchure due à un bord tranchant ou blessant dans le clapier peut être un point d'entrée pour des germes pathogènes.

A l'apparition de problèmes ou de maladies graves, mieux vaut contacter un vétérinaire.

La coccidiose

Les coccidies sont les parasites internes les plus répandus chez le lapin. Une variété de coccidies attaque l'épithélium des voies biliaires et provoque la coccidiose hépatique, reconnais sable à l'autopsie par la présence de nodules blanchâtres à la surface du foie. La plupart des espèces de coccidies attaquent l'épithélium intestinal et entraînent l'inappétence et une certaine asthénie. Ces symptômes sont suivis d'une forte diarrhée qui conduit à la déshydratation et à la mort rapide. La diarrhée peut être sanguinolente.

Les coccidies sont présentes dans l'intestin de tout animal, même sain, sans provoquer d'effet nuisible apparent, mais dès l'apparition d'un stress (sevrage ou mauvais temps), elles se multiplient rapidement. La diarrhée ainsi provoquée souille la fourrure autour de la région anale. Sans intervention de l'éleveur, les mouches déposent leurs œufs dans l'enchevêtrement de poils et les asticots qui s'y développent se nourrissent alors de la chair du lapin, causant immanquablement la mort de ce dernier.

Les jeunes lapins sont le plus souvent affectés par la coccidiose juste après le sevrage. Cette maladie se répand très vite et la mortalité qui en résulte est souvent très élevée. Les lapins plus âgés peuvent présenter des coccidioses chroniques qui sont à l'origine d'une asthénie et d'un retard de croissance.

Des coccidiostatiques peuvent être ajoutés à l'eau offerte aux lapins, dans un but préventif ou curatif. La propreté du clapier est une mesure préventive indispensable; un sol grillagé qui laisse passer les déjections permet d'obtenir un état sanitaire suffisant pour limiter les risques d'apparition de la maladie.

Les coccidies ne sont pas les seuls organismes à causer la diarrhée. Une alimentation irrégulière et trop chargée en aliments humides et défraîchis constitue une des nombreuses autres causes. Aux premiers signes de diarrhée, le lapin ne doit plus recevoir que du fourrage sec et de l'eau fraîche et propre.

La gale des oreilles et de la peau

Des parasites externes, tels que les acariens, peuvent provoquer diverses affections de la peau et des oreilles. Chez un lapin atteint de gale des oreilles (gale auriculaire ou psoroptique), l'intégralité du conduit auditif peut être couvert de croûtes. A défaut de traitement, ces croûtes s'étendent sur toute la tête.

Il faut examiner régulièrement les lapins, spécialement au niveau des oreilles, pour détecter la présence éventuelle de gale ou de plaies cutanées. Un animal atteint de gale auriculaire secoue très souvent la tête.

La gale causée par des acariens peut être facilement traitée au moyen de gouttes ou de crèmes acaricides, produits généralement assez coûteux. Bien souvent, la gale auriculaire peut être éradiquée en saupoudrant chaque jour un peu de fleur de soufre dans l'oreille atteinte; la gale de la peau peut, quant à elle, être traitée en baignant le lapin dans une solution acaricide adéquate, en suivant les recommandations du vétérinaire.

Le coryza

Le coryza est une maladie bactérienne des voies respiratoires comparable au rhume de l'homme. L'apparition de cette maladie est favorisée par la mauvaise ventilation ou la surpopulation du clapier, ou par la présence d'une grande quantité d'ammoniac due à l'accumulation d'urine. L'ammoniac irrite l'épithélium des voies respiratoires et le rend plus fragile aux attaques des germes pathogènes. Cette maladie est très contagieuse.

Les symptômes sont des éternuements, une respiration bruyante, un écoulement nasal, des poils mouillés et emmêlés autour de la face et à l'intérieur des pattes avant, que le lapin utilise pour se frotter le nez et la face. Les individus atteints doivent être isolés. Un traitement à base d' antibiotiques peut être efficace, mais l'issue de la maladie est souvent mortelle et, chez le lapin qui survit, l'affection réapparaît dès qu'un nouveau stress se manifeste.

La mammite

La mammite est une affection bactérienne des lapines allaitantes, qui survient généralement quelques jours après la mise bas. Les mamelles s'infectent, rougissent et apparaissent enflées et très chaudes au toucher; la sécrétion de lait est fortement diminuée. La mammite tend malheureusement à atteindre les meilleures femelles. Le temps que l'éleveur se rende compte de la situation, il est souvent trop tard; les petits ne peuvent plus être sauvés et meurent d'inanition.

S'ils survivent, ils peuvent être nourris artificiellement de lait de vache épaissi avec un peu de jaune d'œuf, qu'on peut introduire précautionneusement dans la bouche avec une seringue sans aiguille. Le risque de voir du lait pénétrer dans les poumons du lapereau, causant sa mort par pneumonie par inhalation, est élevé; il est en fait très difficile de nourrir un lapin artificiellement.

Les lapereaux d'une mère atteinte de mammite ne peuvent pas être adoptés par une autre mère, en raison du risque de propagation de la maladie.

Comme les lapines atteintes ont de fortes chances de souffrir à nouveau de mammite à la lactation suivante, elles doivent, si possible, être réformées dès la première apparition du mal. La propreté du clapier est une mesure préventive essentielle.

L'inflammation des yeux

Des aliments poussiéreux ou des substances irritantes pour les yeux peuvent provoquer une inflammation bactérienne, entraînant une sécrétion aqueuse et purulente. En cas d'apparition de la maladie, il faut laver les yeux et les traiter avec un onguent, des gouttes ou de la poudre antibiotiques.

La myxomatose

La myxomatose est une maladie virale. Parmi les symptômes, signalons le gonflement des paupières ainsi que des convulsions. Cette maladie se propage rapidement, et est généralement transmise par des puces. Aucun traitement n'existe et la mort est l'issue la plus fréquente. Les lapins peuvent être vaccinés contre la maladie si elle sévit dans la région. Des cas de myxomatose n'ont été enregistrés que dans quelques pays tropicaux, mais cette maladie représente une grande menace partout dans le monde.

La maladie hémorragique virale (épizootique)

Cette maladie est également causée par un virus. Depuis quelques années, elle est devenue une menace sérieuse pour les grandes unités de production cunicole dans toutes les régions du globe. Le taux de mortalité peut atteindre 80 à 90 %. La maladie est très contagieuse et un animal peut mourir après n'avoir présenté que quelques symptômes, voire aucun. L'autopsie révèle généralement des hémorragies internes et externes, ainsi que des lésions au foie. Cette maladie est encore mal connue; diverses formes pourraient exister. Il semble qu'elle soit causée par un complexe viral contre lequel il est difficile de vacciner tout un élevage. Pour le moment, cette maladie ne représente pas une menace pour les petits élevages isolés dans des pays où relativement peu de lapins sont élevés. La meilleure prophylaxie consiste à mettre en quarantaine les lapins récemment achetés, le temps de vérifier qu'ils ne sont atteints ni de cette maladie, ni d'aucune autre.

La cœnurose

Les effets de cette maladie sont impressionnants mais, heureusement, les cas sont très rares. Le lapin atteint tourne continuellement en rond dans son clapier et crie parfois.

Après quelques minutes, il est paralysé et meurt généralement dans les 24 ou 48 heures.

La maladie est causée par le kyste formé par le cestode du chien. Le lapin ingère des fragments de ce ver en mangeant des herbes souillées par des déjections canines. La larve qui se développe dans le corps du lapin progresse vers son cerveau, où elle se fixe et forme un kyste. C'est ce kyste cérébral qui est à l'origine des symptômes impressionnants décrits plus haut. De nombreuses larves forment des kystes dans le tissu musculaire, mais ceux-ci n'ont généralement aucune influence sur la santé du lapin.

Il n'existe aucun traitement. Il faut veiller à ne pas fournir aux lapins des herbes souillées par des déjections canines.

Les maux de pattes

Les maux de pattes sont causés par l'infection bactérienne de plaies aux pattes, elles-mêmes dues aux irrégularités du plancher, en particulier quand il s'agit de grillages ou de fil très fin. Le traitement consiste à nettoyer les plaies, les laisser sécher et les traiter à l' onguent antibiotique, et ensuite à veiller à corriger le facteur à l'origine de la plaie.

Le proverbe «mieux vaut prévenir que guérir» s'applique on ne peut mieux au lapin! C'est particulièrement vrai pour les petites unités rurales de production: ou bien les médicaments ne sont pas disponibles, ou bien ils le sont à un coût supérieur à la valeur du lapin. Dans ce cas, il est conseillé de réformer les lapins contaminés qui n'ont aucune chance de survivre et de les enterrer dans un endroit adéquat.

XII. L'abattage et le traitement

Introduction

En dehors de circonstances particulières telles que fêtes ou cérémonies, le lapin doit être abattu quand il a atteint le bon stade de croissance, c'est-à-dire celui où le gain de poids vif hebdomadaire commence à diminuer (figure 23, page 82). Le lapin élevé en régime principalement fourrager atteint ce stade à l'âge de 6 ou 7 mois. Cependant, le pesage régulier est le meilleur moyen de déterminer le moment de l'abattage.

Il est conseillé de préparer tout le matériel avant de procéder à l'abattage et au traitement de la carcasse. Voici ce dont on a besoin:

- un endroit propre, à l'abri des mouches et des chiens;

- de quoi suspendre le lapin pendant le nettoyage, par exemple, une branche ou un bâton, ou encore une paire de tinets fixés à cet effet;

- une corde ou un fil de fer fin;

- un couteau bien aiguisé;

- un bâtonnet de la grosseur d'un crayon, arrondi à une extrémité;

- un récipient ou une source d'eau propre;

- un récipient pour récolter le sang et les viscères, ainsi que tout ce qui n'est pas laissé sur la viande;

- un récipient propre muni d'un couvercle pour ranger la carcasse;

- un séchoir, comme celui illustré à la figure 31.

Si le pourcentage d'habillage doit être calculé (voir page 131) il convient de peser le lapin juste avant l'abattage.

L'abattage

Le lapin ne doit recevoir que de l'eau pendant les 12 heures qui précèdent l'abattage. Grâce à cette précaution, son appareil digestif sera partiellement vide et risquera peu d'éclater pendant le nettoyage de la carcasse. Si cet éclatement se produisait, le contenu du système digestif souillerait la viande, ce qui pourrait ensuite entraîner une intoxication alimentaire chez le consommateur.


Fig. 31: séchoir.

L'abattage doit avoir lieu rapidement et proprement, en faisant souffrir le moins possible le lapin. Il existe deux méthodes d'abattage d'un lapin, qui consistent toutes deux à étourdir l'animal et à lui couper la tête pour permettre la saignée.

La dislocation cervicale (le coup du lapin)

Il s'agit ici de rompre le cou du lapin, de la même façon que l'on tue les poules. Si l'éleveur est droitier, il doit tenir les deux pattes arrière de la main droite. Le cou est maintenu par derrière entre l'index et le majeur, ou entre le pouce et l'index de la main gauche. Le lapin est étiré à partir de la cuisse gauche et le cou est tendu vers le bas, tandis que la tête est courbée vers l'arrière, comme l'illustre la figure 32. Si on tire assez fort, le cou cède soudain; en d'autres termes, il est rompu par dislocation.


Fig. 32: dislocation cervicale.


Fig. 33: étourdissement.

Le lapin doit immédiatement être pendu tête en bas, accroché par les pattes arrières comme le montre la figure 34. La tête est coupée au-dessus du bac à déchets, ou de tout autre récipient, si le sang est récupéré. La décapitation, plus facile au point de dislocation du cou, permet de vider le corps de son sang. Une autre méthode consiste à pratiquer une incision sur le côté du cou pour couper la veine jugulaire, mais l'opération est plus difficile et limite le saignement.


Fig. 34: lapin prêt à être habillé.

L'étourdissement

Comme la dislocation cervicale demande une certaine force, les jeunes ou les personnes moins vigoureuses préféreront l'étourdissement. Si l'éleveur est droitier, il doit tenir le lapin la tête en bas, les pattes arrières dans la main gauche. Les oreilles doivent tomber vers l'avant et l'arrière de la tête doit être dégagé. A l'aide d'un morceau de bois ou de métal d'une certaine taille, il faut ensuite frapper d'un coup sec le point situé à l'arrière des oreilles, comme illustré à la figure 33. Le lapin, assommé, perd connaissance. Il faut alors immédiatement le suspendre et lui couper la tête pour permettre la saignée.

L'écorchement

La manière la plus simple consiste à accrocher le lapin par les pattes arrière, à la hauteur des épaules de l'opérateur. Il faut ensuite couper les pattes avant à mi-hauteur, ainsi que la queue. La peau de chaque jarret est découpée juste en-dessous de la corde qui lie les pattes, puis incisée à l'intérieur de chaque jarret jusqu'à la zone anale et la queue. Grâce au bâtonnet arrondi, la peau est alors soigneusement tirée vers le bas et le corps est entièrement dépouillé. Le bâtonnet permet de séparer la peau du corps sans la couper, opération très difficile à réaliser avec un couteau. Enfin, la peau est placée sur un séchoir; elle pourra être nettoyée plus tard (figure 31).

Le nettoyage

Il faut ouvrir le corps en prenant soin de laisser intacts les viscères, qui sont ensuite retirés. Les reins, le cœur et le foie peuvent être mis à part, avec les autres parties destinées à la consommation. L'animal peut alors être dépendu et lavé, il est prêt à être cuisiné. Ceci fait, on peut procéder à l'écharnage de la peau, en prenant soin de ne pas faire de coupure.

Si le lapin a été pesé avant l'abattage, le rapport en pourcentage entre le poids de la carcasse nettoyée et le poids vif peut être calculé. Le résultat est appelé le pourcentage d'habillage.

Poids carcasse/ poids vif x 100 % = pourcentage d'habillage

Chez le lapin, ce pourcentage tourne normalement autour de 50 à 56 %. Il peut être plus élevé si le lapin a atteint l'âge adulte et est plus gras, et s'il a été privé de nourriture pendant 12 heures ou plus avant l'abattage. Par contre, ce chiffre se rapproche de 50 %, voire moins, si le lapin est jeune, mince et s'il avait l'estomac plein à l'abattage.

La viande de lapin

Grâce à certaines caractéristiques importantes, la viande de lapin est particulièrement adaptée aux besoins de la consommation. Le tableau 12 détaille sa composition par rapport à d'autres viandes.

Tableau 12: composition chimique de la viande de lapin et d'autres animaux

viande

matière sèche %

protéines

lipides MJ/kg

énergie

lapin

20-23

20-22

10- 12

7-8

poulet

20-23

19-21

11-13

7-8

dinde

38-42

19-21

20-22

10-12

bœuf

40-50

15- 17

27-29

11- 14

agneau

40-50

14-18

26-30

11-14

porc

50-55

10- 12

42-48

17-20

Comme l'indique ce tableau, la viande de lapin a une teneur particulièrement élevée en protéines et une teneur faible en lipides. En outre, les graisses contenues dans la viande de lapin sont principalement de type insaturé, réputé être plus sain que le type saturé fréquent dans d'autres viandes. La viande de lapin contient moins de cholestérol que la plupart des autres viandes, ce qui serait également meilleur pour la santé.

La cuisson de la viande

La viande de lapin est une viande assez tendre qui ne doit pas cuire longtemps. Elle convient parfaitement pour la cuisson à la vapeur sèche ou à la poêle. Le lapin peut être cuit en fricassée, mais si la cuisson est trop longue, la viande tombe en morceaux. C'est la viande idéale pour les personnes souffrant de troubles digestifs ou celles dont la dentition est en mauvais état.

Pour la conservation, la viande de lapin peut être fumée comme toute autre viande.

Le traitement de la peau

Dans certains cas, il peut être utile de traiter la peau pour éviter qu'elle ne se putréfie avant la commercialisation ou l'utilisation ultérieure. Il faut malheureusement des centaines, voire des milliers de peaux à traiter par semaine pour justifier l'établissement d'une chaîne de traitement. On peut toutefois recourir à des méthodes locales de tannage en utilisant notamment des écorces d'arbre. L'essentiel étant d'empêcher la peau de se putréfier, la meilleure solution consiste à la sécher. Le séchage doit se faire lentement, à l'ombre; s'il est trop rapide, la peau se craquelle et perd sa valeur. Cette opération doit se faire sur un séchoir en bois, comme illustré à la figure 35, et la peau doit avoir été parfaitement écharnée au préalable.

Il est possible de conserver la peau par salage. Ce procédé consiste à frotter du sel fin sur toute la peau pour provoquer une réaction chimique contre l'humidité et empêcher le déclenchement du processus de putréfaction. Mais le sel est souvent coûteux en région tropicale et, par ailleurs, la méthode décrite plus haut donne entière satisfaction. Quand plusieurs peaux ont été séchées, elles peuvent être vendues ou utilisées pour l'un ou l'autre projet. Malheureusement, la vente des peaux est souvent peu rémunératrice.


Fig. 35: séchage d'une peau de lapin sur un séchoir en bois.

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Glossaire

Acclimatement: action de s'habituer ou de s'adapter à un nouveau climat.

Acides aminés: plus de 22 acides aminés, combinés de différentes manières, constituent toutes les protéines du corps animal.

Adaptation: capacité de s'adapter aux circonstances environnantes.

Ambiant: relatif au milieu environnant. Exemple: la température des environs.

Anal: relatif à l'anus, sphincter situé en partie terminale du gros intestin.

Boîte à nid: boîte spéciale pour la mise bas, nid artificiel.

Cæcotrophie: action de réingérer certaines matières fécales produites dans le cæcum du gros intestin.

Calorie: unité d'énergie; quantité de chaleur nécessaire pour augmenter la température d'un gramme d'eau d'un degré centigrade.

Capacitation: maturation des spermatozoïdes dans l'appareil reproductif de la femelle.

Caractère: caractéristique génétique, par exemple le taux de croissance.

Clapier: cage ou logement spécialement fabriqué pour abriter des lapins.

Contagieux: facilement transmissible (maladies).

Domestication: action de rendre soumis à l'homme un animal sauvage.

Fanon: épais repli cutané, parfois multiple, qui se forme autour du cou et que l'on retrouve chez certaines espèces ou races mais pas chez d'autres.

Fourrage: partie verte comestible des herbages, arbustes et arbres; se conserve très bien.

Franges: filaments tissulaires qui font progresser les ovules expulsés de l'ovaire vers l'oviducte.

Garenne: ensemble de terriers.

Génotype: constitution génétique d'un lapin telle qu'elle est représentée par ses gènes.

Gossypol: substance chimique toxique que l'on retrouve dans certains aliments.

Homéotherme: dont la température corporelle doit être maintenue dans certaines limites.

Joule: unité d'énergie; travail effectué par une force d'un newton dont le point d'application se déplace d'un mètre dans la direction de la force.

Kilocalorie: mille calories.

Kilojoule: mille joules.

Lagomorphes: groupe de mammifères rongeurs ayant deux paires d'incisives supérieures, par exemple le lapin et le lièvre.

Lièvre: animal sauvage de la famille du lapin, vivant en région tempérée. Le lièvre n'est pas un animal domestique et ne se reproduit jamais avec le lapin.

Lignine: glucide végétal complexe non dégradé lors du processus normal de digestion.

Mega: un million.

Microclimat: environnement immédiat dans lequel le lapin évolue.

Mue: renouvellement de la fourrure d'un animal, généralement à certaines périodes de l'année.

Oreilles dressées: oreilles qui restent droites ou redressées au-dessus de la tête.

Oreilles tombantes: oreilles qui ne restent pas dressées mais retombent sur le côté ou au-devant de la tête.

Organe cible: organe sur lequel agit une hormone ou un médicament déterminé.

Palpation: examen de détection par le toucher ou l'effleurage.

Peau du cou: large repli de peau au-dessus des épaules du lapin.

Période de gestation: grossesse; période comprise entre la conception et la naissance.

Phénotype: résultat de l'interaction des gènes et de l'environnement pour un ou plusieurs traits de l'animal, telle qu'elle est ici observée chez le lapin.

Physiologique: relatif aux fonctions du corps.

Pneumonie par inhalation: pneumonie causée par l'inhalation de liquide, par exemple du lait artificiel, dans les poumons.

Prédateur: animal qui chasse et se nourrit de proies.

Rachitisme: trouble de l'ossification lié à un manque de calcium, de phosphore ou de vitamine D.

Stress: toute agression physique ou mentale.

Tannage: traitement des peaux pour en faire du cuir.

Terrier: habitat du lapin sauvage, creusé dans le sol.

Total des nutriments digestibles: unité d'énergie.

Zone de confort: la fourchette de températures dans laquelle le lapin maintient le plus facilement sa température corporelle normale.

Agence de coopération culturelle et technique

L'Agence de Coopération Culturelle et Technique, organisation intergouvernementale, créée par le Traité de Niamey en mars 1970, rassemble des pays liés par l'usage commun de la langue française, à des fins de coopération dans les domaines de l'éducation, de la culture, de la communication, des sciences et des techniques, et plus généralement, dans tout ce qui concourt au développement de ses pays membres et au rapprochement des peuples.

Les activités de l'Agence dans les domaines de la coopération scientifique et technique pour le développement se groupent en cinq programmes:

- agriculture

- environnement

- énergie

- prospection et concertation en sciences et techniques pour le développement

- information scientifique et technique

La vocation de l'Agence de favoriser les échanges, la circulation des hommes et des idées et la coopération au sein de la francophonie, fait que la constitution de réseaux et la diffusion de l'information ont toujours été des actions privilégiées.

Etats membres: Belgique, Bénin, Burkina Faso. Burundi, Canada, République Centrafricaine, Comores, Congo, Côte d'Ivoire, Djibouti, Dominique, France, Gabon, Guinée, Guinée Equatoriale, Haïti, Liban, Luxembourg, Madagascar Mali, Ile Maurice, Monaco, Niger, Rwanda, Sénégal, Seychelles, Tchad, Togo, Tunisie, Vanuatu, Vietnam, Zaïre.

Etats associés: Cameroun, Egypte, Guinée-Bissau, Laos, Maroc, Mauritanie, Sainte-Lucie.

Gouvernements participants: Nouveau-Brunswick, Québec.

ACCT, 13, quai André-Citroën, 75017 Paris. Tél. (1) 45 75 62 41
Télex: AGECOOP 20 19 16. Télécopie: (1) 45 79 14 98

LE CENTRE TECHNIQUE DE COOPERATION AGRICOLE ET RURALE

Le Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (CTA) est installé depuis 1963 à Ede/ Wageningen au titre de la Convention de Lomé entre les Etats Membres de la Communauté européenne et les Etats du groupe ACP Le CTA est à la disposition des Etats ACP pour leur permettre un meilleur accès à l'information, à la recherche, à la formation ainsi qu'aux innovations dans les secteurs du développement agricole et rural et de la vulgarisation.

Siège: « De Rietkampem », Galvanistraat 9, Ede, Pays Bas
Adresse postale: CTA, Postbus 380, 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas
Téléphone: (08380)-20484
Ligne internationale: 31-8380-20484
Télécopie: (31) (0) 8380-31052
Télex: (44) 30169 CTA NL

LE TECHNICIEN D'AGRICULTURE TROPICALE
Collection couronnée par
L'ACADEMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 1992

ISSN: 0298.3540
ISBN: 2-7068-1091-2 et 92-9028-207-X

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